Disclaimer : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling

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DEUXIEME PARTIE

Chapitre 7

28 décembre 2008 - midi

Harry était comme mort. Il sentait vaguement que quelqu'un le prenait par l'épaule.

Il hurla quand on essaya de lui faire lâcher le corps de Draco. Mais les autres étaient plus forts que lui et bientôt, il fut entraîné hors de la pièce.

Il entendait une voix – Ron peut-être – lui dire :

- Viens Harry, tu ne peux pas rester ici ... laisse l'équipe scientifique faire son travail.

On lui posait des questions : où étais-tu ? As-tu une idée de qui a fait ça ? Comment se fait-il que Draco n'était pas à son bureau ?

Il n'écoutait rien, n'entendait rien. Il voulait Draco. Il voulait son mari, son amour, sa vie. Merlin, comment allait-il annoncer cette tragédie à ...

- Henry !

Il sursauta et empoigna Blaise par les épaules.

- Blaise ! Où est Henry ? Est-il au courant ? Merlin, est-ce qu'il va bien ?

- Henry va bien. Il était au parc avec Helena. J'ai envoyé Seamus les chercher tous les deux et les amener chez Ron et Hermione. C'est mieux que Henry ne voit pas son père ... ainsi.

Les larmes coulèrent de plus belle sur les joues de Harry. Il ne pouvait pas intégrer l'information. Il ne le voulait pas. Tout cela n'existait pas.

Il ferma les yeux. Il allait se réveiller et Draco serait à côté de lui. Oui, exactement comme chaque matin.

Il rouvrit les yeux mais il était toujours assis sur le perron du Manoir, entouré par Blaise et Ron. Sans Draco. Draco qui était allongé, mort, dans le salon.

Recommencer.

Fermer les yeux. Penser à Draco, à côté de lui. Ouvrir les yeux. Rien.

Recommencer.

- Harry ... Ron le secouait doucement. Harry ... viens, on va aller chez moi. Il faut que tu voies Henry...

Hébété, Harry se mit debout. Il tourna le regard vers la porte d'entrée.

- Que ... que vont-ils ... faire de lui ? Demanda-t-il avec peine.

Blaise dit doucement :

- Comme il s'agit d'un décès suspect, son corps va être examiné par le médicomage légiste. Même si on se doute de ce qui l'a ...tué, c'est la procédure obligatoire.

Harry hocha mécaniquement la tête. Ron le prit par les épaules :

- Viens Harry, tu n'es pas en état de transplaner seul. Accroche-toi à moi, on y va. Blaise va rester ici pour attendre le médicomage légiste.

Le brun s'accrocha à la robe d'Auror de son ami et ils transplanèrent.

Henry était assis au salon avec Helena et Hermione. Seamus se tenait en retrait.

Le petit garçon ne semblait pas encore au courant des évènements. Helena par contre avait les traits crispés et semblait sur le point de fondre en larmes.

- Daddy ! S'exclama le garçon quand il vit apparaître Harry dans le salon

Il se jeta dans ses bras et Harry le serra aussi fort qu'il le pouvait sans lui faire mal.

- Daddy ? Ça ne va pas ? Tu as l'air tout triste. Et où est papa ? Il est à son travail ?

Oh Merlin, donne-moi la force.

- Mon poussin... Il est arrivé quelque chose à papa ce matin ... Quelqu'un est entré au Manoir et lui a jeté ... un sort ...

- Il va bien ? Demanda Henry déjà inquiet. Papa est fort, il s'est défendu hein Daddy ?

Harry ravalait ses larmes du mieux qu'il pouvait.

- Papa n'a rien pu faire ... Personne ne sait rien faire contre ce sort. Il ... il a reçu un Avada Kedavra ... Il est mort, poussin.

Cette fois, c'était trop. Il pleura en serrant son fils dans ses bras. Henry se dégagea brutalement.

- NON ! Papa est fort ! Il n'est pas mort ! C'est un Malefoy ! Il est fort ! Il s'est défendu ! C'est le méchant qui est mort !

- Je suis désolé Henry ... je suis désolé ... oui papa était très fort mais je te jure qu'il n'a rien pu faire ...

Le petit garçon était en colère maintenant.

- MAIS POURQUOI PAPA EST MORT ET PAS TOI ? TOI AUSSI TU AS RECU LE SORT ET TU N'ES PAS MORT ! ALORS POURQUOI MON PAPA EST MORT LUI ?

Harry était déchiré de l'intérieur. Oui, lui avait survécu deux fois au sort de mort ... Mais pas Draco. Comment expliquer ça à un enfant ? Comment ?

- Henry ... je ne sais pas ... je ne sais pas ... si je pouvais te donner une réponse, crois-moi je le ferais.

L'enfant pleurait à chaudes larmes. Il courut se réfugier dans les bras d'Helena qui sanglotait doucement.

Le coeur de Harry se brisa en mille morceaux mais il ne fit rien pour retenir l'enfant. Il n'y pouvait rien.

Hermione s'approcha pour serrer Harry dans ses bras et le brun s'abandonna complètement à cette étreinte dont il avait cruellement besoin. Il pleura et pleura encore.

Après avoir consulté Ron et Seamus, elle décida de lui administrer une potion calmante et de le faire allonger dans la chambre d'amis. Il fallait lui laisser une heure ou deux de repos avant de l'interroger formellement dans le cadre de l'enquête.

Helena proposa d'amener Henry chez ses grands-parents maternels. C'était la meilleure chose à faire puisqu'ils ne pourraient pas rentrer au Manoir de sitôt.

Il fallait également envoyer un hibou à Narcissa et faire prévenir Lucius à Azkaban. Sans doute faudrait-il également demander des autorisations pour qu'ils puissent assister aux funérailles de leur fils unique.

Hermione décida d'attendre qu'Harry se réveille pour en parler avec lui.


Pendant ce temps, au Manoir, l'équipe scientifique terminait de fouiller les lieux.

- Monsieur Zabini, nous avons trouvé cette baguette dans le salon. Elle avait roulé en dessous du sofa.

- Merci Spencer.

Zabini examina la baguette.

Il s'agissait de l'ancienne baguette de Draco. Celle en bois d'aubépine. Celle que Harry Potter lui avait arrachée des mains lorsqu'il était prisonnier au Manoir dans le Wiltshire. Celle avec laquelle il avait tué Voldemort.

Blaise connaissait l'histoire pour l'avoir entendue de la bouche même de Draco qui trouvait de la plus haute ironie qu'au final Voldemort ait été tué par la baguette du fils de son meilleur disciple. Un jour où Harry avait voulu la lui rendre, il lui avait dit en riant qu'il n'en voulait plus car elle avait été pervertie par un stupide gryffondor. Harry était soulagé car il s'était habitué à cette baguette et souhaitait la garder.

Blaise n'avait aucun doute. Il avait été le meilleur ami de Draco à Poudlard. Il avait partagé son dortoir pendant 7 ans et cette baguette, il l'avait eue sous les yeux tous les jours.

C'était celle de Draco et maintenant, c'était celle de Potter.

Avec appréhension, il pointa la baguette devant lui et dit :

- Priori Incantatum !


Au cottage, Ron, Hermione et Seamus étaient consternés. Depuis son mariage avec Harry, ils avaient appris à connaître Draco et à l'apprécier. Ils avaient du mal à imaginer qu'il était mort.

Mais ils s'inquiétaient surtout pour Harry. Il savait l'amour sans limite qu'il portait à son mari et ils craignaient qu'il ne tombe en dépression.

- Seamus, on va trouver l'ordure qui a fait ça ! Dit Ron en s'activant soudain. On va trouver ! Pour Malefoy mais surtout pour Harry et son fils.

- Vous avez déjà des pistes ? questionna Hermione

- Rien de précis. On sait que Draco était un avocat pénaliste réputé. Il a fait acquitter pas mal de monde. Il a certainement dû faire des mécontents ... Sans compter ceux qui sont restés bloqués sur son passé de mangemort ...

Au moment où il disait cela, un patronus en forme de panthère noire se matérialisa dans la pièce. La panthère ouvrit la gueule et la voix de Blaise retentit :

- Ron, Seamus, ramenez-vous. On a un problème.


Ron et Seamus transplanèrent aussitôt sur les lieux.

- On est là, Blaise. Qu'y a-t-il ? demanda le roux.

- La scientifique a trouvé cette baguette sous un sofa. Tu la reconnais Ron ?

- Heu ... je crois, c'est la baguette de Draco ...

- Mais encore ...

- Merlin ! C'est celle que Harry lui a arrachée au Manoir ! Celle qu'il utilise régulièrement depuis ...

- Je l'ai soumise au Priori incantatum ...

Ron n'était pas sûr de vouloir attendre la suite. Face au silence du roux, Blaise poursuivit.

- Avada Kedavra et Imperium ...

- Bordel ... là, on est mal ... fit Seamus.

- Je ne te le fais pas dire ...

- MERDE LES MECS ! C'EST IMPOSSIBLE ! Rugit Ron. Vous avez bien vu l'état dans lequel était Harry ! Il n'aurait jamais pu tuer Draco ! Il l'aimait comme un fou !

- On a déjà vu des crimes passionnels ... commença le métis.

- IL N'AURAIT JAMAIS PU FAIRE CA A HENRY !

Là Blaise dut admettre que Ron avait raison.

- Il doit y avoir une explication cohérente ... murmurait le rouquin plus pour lui-même qu'autre chose.

- Où est Harry en ce moment ? Questionna Blaise

- Il est chez moi. Hermy lui a donné une potion calmante pour qu'il se repose un peu ...

- Bon, on va aller chez toi et attendre qu'il se réveille. Ensuite, on l'emmène au Ministère pour l'interroger.

- Blaise ! Il vient de perdre son mari ... plaida Ron.

- C'est la procédure Ron ! Tu le sais très bien ... Si c'était n'importe qui d'autre que ton meilleur ami, tu le ferais !

- Mais ...

- Ron ! J'ai l'arme du crime entre les mains ! Et jusqu'à preuve du contraire, cette baguette appartient à Harry ! Je veux bien croire qu'il y a une explication à tout ça, mais si nous voulons la trouver, si nous voulons aider Harry, nous n'avons pas droit à l'erreur. Et pour ça, nous devons respecter la procédure !

- D'accord, soupira le roux. Allons-y.

De retour au cottage, Ron demanda à Hermione combien de temps la potion faisait effet.

- Il ne se calmait pas. J'ai dû lui en redonner un flacon. Là, je crois qu'il est parti pour plusieurs heures. Pourquoi ?

- Je ne peux rien te dire Hermione.

Mais Hermione était avocate. Par cette simple phrase, elle avait compris.

- Vous suspectez Harry ?

- Hermione, nous ne pouvons vraiment rien te dire !

- MERLIN MAIS C'EST PAS VRAI ! COMMENT POUVEZ-VOUS LE SUSPECTER D'AVOIR TUE L'HOMME QU'IL AIMAIT PLUS QUE TOUT !

- Hermy, calme-toi. Nous faisons notre travail c'est tout ! Dit Ron d'un ton ferme.

Puis se tournant vers Blaise, il dit :

- Blaise, rentre au Ministère avec Seamus pour continuer l'enquête. Moi je reste ici, le temps qu'Harry se réveille.


28 décembre 2008 - 13 heures 30

Seamus et Blaise décidèrent de se rendre tout d'abord au cabinet de Draco à Canary Wharf.

Il se présentèrent à l'accueil et demandèrent à parler à l'associé principal.

Il furent reçus immédiatement par William Brown et Andrew Hodgkins.

- Que pouvons-nous faire pour vous messieurs ? Demanda Brown.

- J'ai le regret devoir vous annoncer le décès de Draco Malefoy, Monsieur, dit Blaise.

- Merlin ! Dit l'homme en s'effondrant dans son fauteuil. Draco ? Mais ... mais comment ?

- Il semble qu'il ait été tué par un intrus dans son Manoir, expliqua Seamus afin de ne pas en dire trop.

- Je n'arrive pas y croire ! Si jeune ! Si talentueux ... disait Hodgkins.

- Nous sommes ici car nous souhaitons avoir accès à son bureau et saisir un certain nombre de choses lui appartenant pour les besoins de l'enquête. Nous souhaiterions également vous poser quelques questions, dit Blaise.

- Je peux vous donner accès à son bureau mais vous ne pourrez emporter que ses effets personnels. Les dossiers sont la propriété du cabinet et soumis au secret professionnel, répondit Brown.

Les Aurors acquiescèrent et suivirent les associés dans les couloirs du cabinet. Ils arrivèrent devant la porte du bureau de Malefoy.

- Bonjour Sofia, dit Brown.

- Oh ! Bonjour Me Brown ! Me Hodgkins ! sursauta la secrétaire qui n'avait pas l'habitude de voir les grands patrons dans ces parages.

- Sofia, nous venons d'apprendre une nouvelle dramatique ... Draco ... Draco est mort.

Sofia hoqueta de surprise et porta la main à sa bouche pour étouffer un cri. Des larmes inondèrent ses yeux.

- Comment est-ce possible ?

- Ces messieurs sont justement ici pour enquêter. Nous devons leur donner accès au bureau de Draco...

- Oui ... oui, bien sûr. Suivez-moi.

D'une démarche tremblante, elle s'approcha de la porte et en poussa le battant. Elle se recula pour laisser les enquêteurs entrer.

- Appelez-moi si vous avez besoin de quoi que ce soit, dit-elle.

- Merci mademoiselle, dit Blaise. Messieurs, où pourrons-nous vous trouver ensuite ?

- Dans la salle de réunion au bout du couloir. Sofia vous y conduira.

- Merci. A tout à l'heure.

Seamus et Blaise commencèrent par jeter un coup d'oeil circulèrent à la pièce, sans rien noter de particulier, excepté sa dimension et sa beauté.

Blaise commença par bureau. Il était parfaitement rangé.

Il prit en main un cadre en bois dans lequel était fixée une magnifique photographie moldue d'Harry. Elle devait avoir été prise à son insu. Harry était debout devant une immense fenêtre et contemplait l'extérieur, un sourire aux lèvres. Il semblait indiscutablement heureux. De ce que Blaise pouvait voir, il s'agissait de l'ancien duplex de Harry, celui qu'il occupait avant son mariage avec Draco.

A côté, se trouvait une autre photo de Draco, Harry et Henry. Celle-là avait été prise par un photographe professionnel. Le petit garçon riait de toutes ses dents, entouré par ses pères.

Avec un soupir de tristesse, Blaise reposa les cadres et commença à ouvrir les tiroirs. Il en retira un agenda, ainsi qu'un petit calepin en cuir crème. Il les emporta enfin de les examiner au Ministère.

Tout le reste ne concernait que ses dossiers en cours. Seamus les parcourut rapidement mais rien de significatif ne lui apparut.

Ils rejoignirent ensuite Brown et Hodgkins dans la salle de réunion.

- Bien, Messieurs, commença Blaise. Pouvez-nous dire depuis quand vous connaissiez Monsieur Malefoy ?

- Nous l'avons engagé sitôt sa sortie de la faculté de droit, dit Hodgkins. Il était brillant, travailleur et a très vite progressé dans le cabinet. Il était un de nos plus jeunes associés.

- Cette ascension rapide a-t-elle suscité des ... commentaires dans le cabinet ? Demanda Seamus.

- Pas vraiment. Nous fonctionnons au mérite. Draco était le meilleur, c'est normal qu'il soit récompensé. Dans le cabinet, tout le monde accepte ce principe.

- Monsieur Malefoy était avocat pénaliste, n'est-ce-pas ?

- Spécialisé en droit pénal financier, oui, précisa Brown.

- Travaillait-il sur des dossiers sensibles ?

- Oui, indiscutablement. Ce sont des dossiers dont les enjeux financiers sont importants. Il en va également de la réputation de sociétés, d'homme d'affaires.

- Le travail de Monsieur Malefoy pouvait-il faire de mécontents ? Questionna Seamus

- Parmi ses clients, certainement pas. Il avait un taux de réussite phénoménal. Par contre, parmi ses adversaires, c'est possible. Mais de là à en venir à cette extrémité ...

- Votre cabinet a la particularité de gérer des dossiers moldus et sorciers, c'est bien cela ?

- Oui, en effet. Nous avons deux départements bien distincts. Mais plusieurs avocats travaillent dans les deux départements à la fois. C'était notamment le cas de Draco.

- Nous avons cru comprendre que Monsieur Malefoy était absent ces derniers jours ?

Afin de mieux répondre à cette question, Brown appela Sofia. C'est elle qui gérait l'agenda de son patron. Quelques minutes plus tard, elle revint avec un registre.

- Monsieur Malefoy s'est rendu à Jersey mardi matin. Il devait y rester trois jours. Je lui avais réservé une suite au Longueville Manor, à Saint Hélier. Bien qu'il s'agisse d'un dossier moldu, il a souhaité se déplacer par portoloin pour une question de rapidité. Il est parti de Londres mardi par le portoloin de 8 heures. Il devait rentrer aujourd'hui jeudi à 10 heures ...

- Merci Sofia, ce sera tout, dit doucement Hodgkins.

- Bien, merci messieurs pour votre collaboration. Nous n'avons plus de questions pour le moment. Mais il se peut que nous vous contactions à nouveau. De votre côté, si quelque chose de particulier vous revient, appelez-nous, dit Blaise en se levant.

- Nous le ferons. Au revoir Messieurs, les saluèrent Brown et Hodgkins.


28 décembre 2008 - 15 heures

Avant de rentrer au Ministère, Seamus et Blaise décidèrent de se rendre au stade de Quidditch pour rencontrer le coach de Harry.

José Da Silva les regarda arriver d'un oeil intrigué.

- Monsieur Da Silva, commença Seamus. Nous avons quelques questions à vous poser concernant Harry Potter.

- Pourquoi ? Harry a fait quelque chose ?

- Contentez-vous de répondre à nos questions Monsieur Da Silva, dit Blaise.

- Pas si vite, Messieurs, si un de mes joueurs est impliqué dans un truc louche, je dois le savoir !

- Pour le moment, Monsieur Potter n'est impliqué dans rien, mentit Seamus. Nous voulons juste connaître son emploi du temps de ces derniers jours.

- Et bien, ... c'est très simple. Mardi matin, toute l'équipe a pris le portoloin de 8h15 pour se rendre à Stockholm où nous devions disputer un match contre les Komet. Nous y sommes restés trois jours. Le match a eu lieu hier soir. Les gars ont joué comme des trolls ... J'étais furieux alors quand on est rentré ce matin, je les ai obligé à faire directement un entraînement de décrassage. L'entraînement a duré jusqu'à 10h45, plus ou moins.

- Et ensuite ?

- Ben, ensuite, j'ai un peu discuté avec Harry. Je sais qu'il préfère traîner dans les vestiaires et attendre que les gars aient fini pour aller prendre sa douche.

- Pourquoi ? Il y a un problème avec les autres membres de l'équipe ?

- Non, il s'entend bien avec tout le monde. Mais j'ai cru comprendre que son mari est assez jaloux et supporte mal qu'Harry ait eu une histoire avec Smith, il y a quelques années.

- Quelle histoire ? demanda Blaise, les sourcils froncés.

- Je ne connais pas tous les détails, les histoires de cul de mes joueurs ne m'intéressent pas. Ceci dit, d'après ce que j'ai compris, Harry a eu une aventure avec Isaac Smith il y a deux ans de ça, quand il était encore chez les Falconi. Ça c'est terminé en vrac et Isaac l'a mal pris. Depuis l'altercation avec Malefoy, Harry essaye d'éviter les situations délicates avec Isaac ...

- Quelle altercation ? Questionna Seamus.

- Le mois dernier, on a organisé une soirée pour l'anniversaire de Ferguson. Harry est venu avec Draco. Ils n'étaient pas encore mariés. Le ton est monté avec Isaac. Devant tout le monde, il a dit à Malefoy, un truc du genre : « ça ne te fais rien que ton mec se soit tapé tous les blondinets aux alentours ». Je ne sais pas ce que Malefoy lui a répondu parce qu'il lui a parlé à l'oreille. Mais juste après, Isaac était blanc comme un linge. Ensuite, Malefoy lui a dit « dégage ». Et il est parti ... Je n'en revenais pas et je dois dire, j'étais assez satisfait que quelqu'un ait pu clouer le bec de Smith. Comprenez-moi, j'aime bien Isaac Smith et c'est un excellent attrapeur mais il se croit arrivé et fait des caprices de diva ... Avec Malefoy, il a trouvé son maître ! dit le coach en riant.

- Où peut-on trouver Smith ?

- Je vais vous donner son adresse. Il est parti à 10 heures et je ne l'ai plus vu depuis.

- Je croyais que l'entraînement avait duré jusqu'à 10 heures 45 ? Releva Seamus.

- Pour tous les autres, oui. Mais Smith a un entraînement à part. Il est parti à 10 heures car il devait aller voir Hastings, notre préparateur physique.

- Et ce Hastings, il est ici ?

- A cette heure ci, vous le trouverez à l'infirmerie.

- Bien, merci Monsieur Da Silva, dit Blaise.

- Dites ... que se passe-t-il ? Pourquoi ces questions ?

Seamus et Blaise échangèrent un regard. Ce fut Blaise qui dit :

- Draco Malefoy a été retrouvé mort en fin de matinée, chez lui.

- Oh putain de bordel de merde !

- Comme vous dites ...

- Et Harry ? Ne me dites pas que vous le soupçonnez ...

- L'enquête vient seulement de commencer, Monsieur Da Silva, écourta Seamus. Maintenant, dites-nous où se trouve l'infirmerie.

Da Silva les accompagna. Avant de laisser partir le coach, Blaise demanda encore :

- Vous avez une idée de l'heure à laquelle Harry Potter a quitté le stade ?

- Non, mais les vestiaires ont un système de serrures à code qui enregistre les heures d'ouverture et de fermeture des portes. Si ça peut vous aider, je vais chercher le relevé.

- Oui, merci. Cela nous sera utile, dit Blaise.

Pendant que le coach allait chercher le document demandé, Blaise et Seamus entrèrent à l'infirmerie.

- Monsieur Hastings ?

- Oui

- Bonjour. Auror Blaise Zabini et voici l'Auror Seamus Finnigan. Nous avons une question à vous poser concernant Isaac Smith.

- Je vous écoute.

- Monsieur Smith devait venir vous voir ce matin à 10 heures, c'est bien cela ?

- Oui, c'était prévu mais il n'est pas venu.

- Ah ? Et vous ne l'avez pas vu de la journée ?

- Je l'ai vu commencer le décrassage à 9 heures mais plus après.

- Est-il coutumier du fait ? Je veux dire, ne pas respecter les rendez-vous ?

- Smith est une vedette avec tout ce que cela implique... mais en général, il ne pose pas de lapin. J'ai été étonné de ne pas le voir arriver mais sans plus.

- Bien. Merci Monsieur Hastings.

A la sortie de l'infirmerie, le coach da Silva vint à la rencontre des Aurors.

- Tenez Messieurs, j'espère que cela vous sera utile.

- Nous l'espérons aussi. Au revoir Monsieur Da Silva.


Chez Ron et Hermione, Harry s'était réveillé.

Pendant une seconde, cette toute petite seconde qui précède la prise de conscience quand on se réveille, il avait cru que tout était comme avant. Que rien n'était arrivé.

Mais bientôt, la réalité le frappa de plein fouet. Il fut submergé par une nouvelle vague de tristesse mais dans laquelle transparaissait une nouvelle émotion : la colère.

Cinq mois. Cinq petits mois de bonheur. C'est tout ce à quoi il avait eu droit. Mais qu'avait-il fait à Merlin pour souffrir autant ?

Il était orphelin depuis l'âge de 1 an. A 15 ans, il avait perdu ce qui se rapprochait le plus d'un père pour lui. A 17 ans, il avait vu mourir ses amis, Remus, Tonks, Fred, ... Après 10 ans, alors qu'il n'espérait plus rien, il avait enfin retrouvé l'homme de sa vie.

Et cinq mois plus tard, celui-ci meurt terrassé par l'Avada Kedavra.

De rage, il frappa l'oreiller de ses poings, ses larmes brûlantes coulant à flots.

Il en voulait à tout le monde.

Au coach pour l'avoir obligé à suivre ce décrassage stupide. S'il était rentré directement au Manoir, rien de tout ça ne serai arrivé ...

A Ron et Hermione. Eux étaient marié depuis 10 ans ... eux, ils n'avaient pas perdu de temps, ils ne s'étaient jamais éloignés l'un de l'autre ...

A Ginny qui par sa jalousie avait éloigné Draco ...

A Helena qui en ce moment consolait Henry ...

A Draco qui s'était bêtement laissé tuer par un intrus ...

A lui, parce qu'il n'avait pas su protéger sa famille ...

Il étouffa un cri de rage en mordant violemment l'oreiller. Tout était de sa faute. Tout était toujours de sa faute. Les gens qu'il aimait mourraient toujours autour de lui.

Son regard s'arrêta sur son alliance. Ce fin anneau d'or blanc. Il pouvait sentir l'inscription à l'intérieur : je t'attendais.

Oh Draco ... tu m'avais promis de ne pas me laisser ... Pourquoi ? Pourquoi ? Je ne pourrai pas continuer sans toi ... Attends-moi Draco ... attends-moi.

A cet instant, la seule chose qu'Harry souhaitait par dessus tout, c'était mourir.