Disclaimer : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling

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Chapitre 9

28 décembre 2008 – 20 heures

Après être sorti de Sainte-Mangouste, Harry décida de se rendre chez les Greengrass. Il était presque 20 heures et il espérait voir Henry avant qu'il aille se coucher.

La porte du Manoir Greengrass s'ouvrit sur Eléonore.

- Oh Harry ! Dit-elle en le voyant et en le serrant dans ses bras. C'est affreux ce qui s'est passé ! C'est tellement affreux ! Comment allez-vous ? Vous tenez le coup ?

- Oui... c'est dur ... mais ça peut aller...

- Harry, si nous pouvons faire quoi que ce soit ..., dit Matthew qui était apparu derrière son épouse.

- Merci Matthew ... vous en faites déjà beaucoup. C'est gentil à vous de vous occuper de Henry.

- C'est normal, voyons, dit Eléonore.

- A ce propos ...

Il n'eut pas le temps de terminer qu'un bruit de course se fit entendre dans les couloirs du manoir. Un petit boulet blond le percuta de plein fouet.

- Daddyyyy !

Le petit garçon se jeta au cou de Harry et enserra sa taille de ses jambes.

- Oh Henry, mon coeur ! Dit Harry en le serrant tout contre lui.

- Pardon Daddy ! Pardon d'avoir été méchant avec toi tantôt ! J'ai cru que tu ne reviendrais pas, dit l'enfant est sanglotant dans son cou.

- Jamais je ne te laisserai mon poussin ! Jamais, tu entends !

Harry sentit son coeur se regonfler alors que son petit garçon s'accrochait à lui désespérément.

Il le reposa par terre et gagna le salon en compagnie de Matthew et Eléonore. Helena, qui était assise dans un fauteuil près de la cheminée, se leva à l'entrée de Harry. Elle avait les yeux rouges et gonflés d'avoir trop pleuré.

- Monsieur Potter ...

Elle ne s'était jamais résolue à les appeler par leurs prénoms même si Draco et lui le lui avaient expressément demandé. Après leur mariage, elle avait continué à les appeler Monsieur Potter et Monsieur Malefoy.

Harry s'approcha de la jeune femme. Un peu hésitant, il esquissa un geste pour la réconforter. Contre toute attente, Helena s'affaissa contre lui et posa sa tête contre son épaule.

- Monsieur Potter ... c'est tellement affreux ... je ... je n'arrive pas ... je ne peux pas imaginer ... que nous ne le ... reverrons plus, dit-elle en pleurant.

- Je sais Helena ... moi non plus, je n'y arrive pas ... répondit-il en lui caressant doucement le dos.

Ils restèrent ainsi encore une minute avant que la jeune femme ne reprenne contenance.

Helena, rentrez chez vous ce soir. Je vais m'occupez d'Henry.

- Mais Monsieur ...

- Helena, vous devez vous reposer. Le reste de la semaine risque d'être encore chargé et j'aurai besoin de vous, le temps que les vacances se terminent et que l'école d'Henry reprenne. Alors, ce soir, je prends le relais ... D'accord ?

- D'... d'accord. Merci Monsieur Potter.

- Pas de quoi, voyons.

La jeune femme rassembla ses affaires et salua les époux Greengrass. Avant qu'elle ne transplane chez elle, Harry la retint :

- Helena ... je ... je ne vous l'ai jamais dit mais ... merci. Merci pour tout ce que vous avez fait pour Draco et pour Henry. Et aussi pour moi. Je ne sais pas ce que je ferais sans vous ...

Helena eut un sourire timide.

- Ce n'est rien, Monsieur Potter. Je le fais avec plaisir.


Après le départ d'Helena, Harry emmena son fils dans la chambre que ses grands-parents lui réservaient dans leur manoir. En pyjama et les dents brossées, Henry se glissa sous la couette.

Harry s'allongea à côté de lui et le garçon se blottit contre son flan.

- Je t'aime, Daddy.

- Moi aussi je t'aime mon coeur. Et papa t'aimait très fort aussi ...

- Tu veux bien me raconter une histoire de Poudlard ?

- Bien sûr ... je vais te raconter comment papa m'a sauvé la vie ...

Henry se redressa, étonné.

- Il t'a sauvé la vie ? Mais je croyais que c'était toi qui l'avait sauvé ? Quand tu l'as pris sur ton balai dans la salle en feu ...

- Oui c'est vrai ... mais avant ça, papa m'a sauvé la vie ... deux fois.

Le petit garçon était toute ouïe.

- Pendant la guerre, Ron, Hermione et moi avons été faits prisonniers par des raffleurs. C'étaient des sortes de mercenaires qui traquaient les gens contre de l'argent. Juste avant que nous soyons attrapés, Hermione a eu le temps de me lancer un maléfice cuisant pour que les raffleurs ne me reconnaissent pas. L'un d'eux avait cependant un doute ... Ils nous ont donc emmenés au Manoir Malefoy où se trouvait Voldemort ... Ton papa était là aussi ... Je crois ... je crois qu'en fait, il était lui aussi prisonnier dans sa propre maison ...

- Oui, c'est ce qu'il me disait ... il ... il n'avait pas le choix ...

- Je sais mon coeur, je sais ... Donc, je disais. Les raffleurs nous amenés chez les Malefoy mais comme j'étais défiguré par le maléfice cuisant, personne ne pouvait dire avec certitude si j'étais effectivement Harry Potter. Alors, Bellatrix, la tante de ...

- la folle tarée psychopathe ...

- Oui, la folle tarée psychopathe, dit Harry en riant ... a demandé à papa de venir et de confirmer si c'était moi ou pas ... Papa m'a regardé, longuement. Quand nos yeux se sont croisés, j'ai su qu'il m'avait reconnu. J'en étais certain. Je me suis dit que c'était fichu, qu'il allait dire à tout le monde que j'étais Harry Potter ... Et Voldemort m'aurait tué sur le champ. Mais il ne l'a pas fait ... Il a menti. A sa tante. A son père. Il a dit qu'il ne savait pas ... qu'il ne me reconnaissait pas ... Grâce à ce mensonge, Ron et moi avons été enfermés dans le cachot et nous avons pu mettre un plan au point pour nous échapper. Si papa n'avait pas menti, je serais mort ce jour là.

- Et la deuxième fois ?

- La deuxième fois, c'était quelques jours plus tard ... dans la salle sur demande. Avant que Vincent Crabbe n'y mette le feu, un autre camarade de papa, Gregory Goyle, allait me lancer un sort. Papa l'en a empêché ...

- Daddy ? Pourquoi as-tu dit que tu pensais que papa allait te dénoncer ? Au Manoir, je veux dire ...

- Parce que ... parce qu'à l'époque, papa et moi on se détestait. Il n'y avait aucune raison pour qu'il me sauve la vie.

- Ce n'est pas vrai, dit placidement le garçon.

- Quoi donc ?

- Papa ne te détestait pas. Il t'aimait déjà. Il t'aimait depuis le Tournoi des Trois Sorciers. Il me l'a dit.

Harry était sans voix. Depuis la quatrième année ? Henry continua :

- Il a su qu'il t'aimait car il a failli mourir d'inquiétude quand tu as dû affronter le dragon. Il m'a dit que tu avais été impérial ! Qu'il n'avait jamais vu quelqu'un voler comme ça sur un balai ! Et puis, il y a eu le Bal de Noël. Il m'a dit que tu étais beau comme un Prince dans ta robe et qu'il t'avait regardé toute la soirée...

Le brun essuya les larmes qui coulaient sur ses joues.

- Mais le vrai moment, celui où il n'a plus eu de doute, c'est quand ses parents l'ont obligé à se faire tatouer le truc qu'il a sur le bras et qu'il ne veut jamais montrer à personne ... Il m'a raconté que ce jour là a été le plus triste de sa vie car il était persuadé que tu l'aimerais plus jamais. C'est vrai Daddy ? Tu aurais rejeté papa à cause de son tatouage ?

- Aucun tatouage au monde ne m'aurait m'empêché d'aimer ton père, Henry ... Ton père est... était l'homme le plus complexe et le plus incroyable que j'ai jamais connu. Et le meilleur aussi. Alors que tout le monde sorcier m'adulait, ton père était le seul qui me ramenait les pieds sur terre. Qui me traitait comme un garçon ordinaire. A sa manière, Draco était un héros. Mon héros.

Le petit garçon luttait contre les larmes.

- Ton père était un homme formidable. Ne laisse jamais personne te dire le contraire. Tu peux être fier de lui, Henry.

- Je sais, daddy. Je sais.

- Allez bonhomme. Dors maintenant, la journée a été dure. Tu dois te reposer.

- Et toi daddy ? Tu vas dormir où ?

- Je vais aller chez Ron et Hermione. On se voit demain, promis !

- Bonne nuit daddy.

- Bonne nuit mon coeur.

Harry embrassa son fils et quitta la chambre sans bruit.

En bas, il salua les Greengrass et les remercia une nouvelle fois d'héberger Henry. Puis il transplana chez les Weasley.


Ron et Hermione étaient assis dans leur salon, un tasse de thé entre les mains.

- Tu en veux un peu Harry ? Demanda Hermione. Tu veux que je te prépare quelque chose à manger ? Tu n'as rien avalé de la journée ...

- Je n'ai pas faim ... mais je veux bien du thé, oui.

Pendant qu'Hermione était à la cuisine, Harry s'assit en face de Ron.

- Comment vas-tu vieux ? Tu tiens le coup ? Et comment va Henry ?

- Henry, ça va. Il a une force incroyable ce petit ... Quant à moi, je pense que je survis plus qu'autre chose. Mais je dois le faire pour Henry. S'il n'était pas là, je crois que ...

Harry ne pouvait pas terminer sa phrase. Mais Ron comprit et posa une main franche sur son épaule.

- Tu n'es pas seul, Harry. Tu le sais, hein ?

- Oui, je le sais. Merci Ron. Merci pour tout.

Hermione revint avec une tasse de thé fumant.

- Harry ... écoute, je suis désolée de te parler de cela maintenant mais il le faut. Que vas-tu faire pour ... les funérailles de Draco ? Je me disais qu'il faudrait prévenir ses parents, non ? Et peut-être demander une autorisation pour qu'ils puissent assister à l'enterrement ...

- Heu ... oui, en effet... tu as raison. Ron, as-tu une idée de quand ... je pourrai ...

- Je vais me renseigner demain matin Harry.

- Merci. Je vais envoyer à un hibou à Lucius et Narcissa Malefoy. Je ne veux pas qu'ils apprennent la mort de leur fils par les journaux ...

Hermione lui amena une plume et deux parchemins.

« Madame Malefoy,

J'ai l'immense tristesse de devoir vous informer de la mort de Draco. Il a été tué d'un avada dans notre Manoir, par une personne encore inconnue. L'enquête est en cours.

Je vais devoir prendre prochainement des dispositions pour son enterrement. Si vous le souhaitez, je pourrais faire en sorte d'obtenir pour vous ainsi que votre mari une autorisation spéciale pour que vous puissiez assister aux funérailles.

Je sais que je ne suis pas la personne que vous imaginiez pour votre fils mais je l'aimais vraiment et j'aime Henry de tout mon coeur.

Je sais aussi que vous ne souhaitiez pas que votre mari soit au courant pour Draco et moi. Mais compte tenu des circonstances, je ne peux pas faire autrement que de l'avertir. Je lui envoie donc un hibou à Azkaban dès ce soir.

Salutations,

Harry Malefoy-Potter ».

A Lucius, il écrivit un texte plus concis.

« Monsieur Malefoy,

Je suis au regret de devoir vous annoncer le décès de votre fils Draco. Il a été tué d'un avada par une personne encore non identifiée.

Je dois prendre les dispositions pour préparer ses funérailles. Si vous le souhaitez, je peux obtenir une autorisation spéciale afin que vous puissiez y assister.

Je vous remercie de ce que vous me ferez savoir par l'intermédiaire des services d'Azkaban.

Salutations,

Harry Malefoy-Potter ».

Harry avait hésité un moment avant de signer le parchemin de son nom complet d'époux. Il aurait pu se contenter d'un simple Potter afin de ne pas provoquer Lucius. Mais il se dit ensuite que si, dans de pareilles circonstances, Lucius n'était pas capable de passer outre, c'est qu'il était encore plus pourri qu'il ne l'imaginait.

Il cacheta les parchemins et les confia à Archimède, le hibou moyen-duc d'Hermione.

- Le premier est pour Narcissa Malefoy, à Paris. Le second est pour Lucius Malefoy à Azkaban, lui dit Harry.

Le hibou sembla frissonner à l'énoncé de la seconde destination mais s'envola néanmoins.

- Ron ? Pourras-tu également demander quand Henry et moi pourrons retourner au Manoir ?

- Tu ... tu vas retourner vivre là-bas, Harry ? Demanda Hermione.

- C'est notre maison, Hermy ... c'est la maison de Henry. C'est là qu'il a ses habitudes, ses souvenirs. Je ne peux pas lui retirer ça ...

- Je comprends ... mais et toi ? Toi, tu verras toujours ...

- ... son corps allongé par terre, oui. Mais je devrai surmonter ça. Tout comme je devrai accepter de dormir dans notre chambre. De voir sa tasse fétiche dans l'armoire. Ses habits dans la penderie. Ses roses dans le jardin. Je devrai le faire. Pour Henry.

- Je comprends, redit Hermione. Nous serons là, Harry. Nous serons là pour t'aider.

- Merci ... Je vais aller me coucher maintenant. Hermy ? Aurais-tu encore un peu de potion ... juste pour ce soir ... parce que c'est ...

- chhht Harry, dit la jeune femme en posant une main sur son bras ... ne te justifie pas. Je vais te la préparer tout de suite.

Harry enfila un T-shirt et un bas de pyjama et s'allongea sous la couette moelleuse. Il caressa d'un doigt son alliance puis le dragon tatoué sur son coeur.

Ensuite il but d'un trait la potion préparée par Hermione et sombra dans un sommeil sans rêve.


Pendant ce temps, quelque part à Londres.

- Merde ! Tu m'as fait peur !

- Hé du calme ! Tu m'avais donné rendez-vous ici que je sache ?

- Ouais ... j'avais oublié.

- Bon, alors ?

- Potter a été libéré.

- Et merde ...

- Comme tu dis, pauvre con ! C'est de ta faute aussi ! On devait aller chercher sa baguette et tu devais juste faire diversion quelques minutes. Mais non, il fallut que tu le baises ! Que tu le violes ! Tu lui as donné un alibi gros comme une maison, espèce d'idiot !

- ooh ça va ... de toute façon, on savait qu'il ne resterait pas suspect très longtemps ...

- Oui mais j'aurais aimé avoir un peu plus de temps quand même ...

- Et avec Smith, ça se présente comment ?

- Apparemment, notre crétin de frère et ses potes considèrent la piste sérieusement ... Ils sont tous à ses trousses et son appart est sous surveillance.

- Ahh bonne chance ! Ils ne sont pas près de le trouver !

- Non, c'est sûr ! Il est réveillé ?

- Pas encore ... faut dire que t'as mis la dose ...

- Ouais ... mais je devrais prendre mes précautions. Bon, je vais aller le voir et lui descendre un repas au cas où il se réveillerait pendant la nuit. J'ai pas envie de le retrouver mort de faim.

- C'est quoi la prochaine étape ?

- Pour le moment, on ne bouge plus. Tant que les Aurors sont à la recherche de Smith, on est tranquilles.

- Et Potter, il est comment ?

- Exactement comme on l'espérait : anéanti.

- Parfait ...


29 décembre 2008 – 8 heures

Le lendemain au Ministère.

- Salut Blaise ! Du nouveau avec Smith ?

- Rien ! Les équipes de surveillance se sont relayées toute la nuit devant son appartement et il n'a pas réapparu ... dit Blaise

- Il se serait enfuit ?

-Il y a toujours un avis de recherche en cours. On a interrogé toutes les compagnies de portoloins mais aucun Isaac Smith n'a quitté le pays.

- Il a dû transplaner.

- Oui sûrement. C'est pourquoi on va lui poser la Trace. S'il fait de la magie, y compris pour transplaner, on le saura, dit Blaise.

- Je suis sûr que c'est lui qui a fait le coup, dit Ron catégorique.

- C'est très possible mais comme je te l'ai dit hier, il n'est pas seul. Nous devons éplucher toute sa vie pour trouver un ex, un frère, une soeur, un cousin au 15ème degré, n'importe qui qui pourrait être son complice.

Ron se servit une tasse de thé.

- On a reçu le rapport du médicomage légiste ? Demanda-t-il à Blaise

- Non pas encore.

- Harry demande quand il pourra récupérer le corps.

- Je vais appeler le médicomage pour savoir pour combien de temps il en a encore.

- Et il souhaite aussi savoir quand il pourra retourner au Manoir.

- Ça par contre, c'est quand il veut. Les lieux ont été libérés ce matin. Mais ... il veut vraiment y retourner ? Moi, je ne pourrai plus jamais mettre les pieds dans ce salon sans y penser ... dit Blaise dans un frisson.

- Ouais ... moi pareil. Mais bon, il y a Henry.

- Oui, en effet. Pauvre bonhomme.

Ils burent leur thé en silence.

- Qui doit-on encore entendre ? Demanda Ron

- Et bien, je pensais aux autres membres de l'équipe, dit Blaise. De toute façon, je comptais me rendre au stade ce matin. L'entrainement commence dans une heure. Qui sait ? Peut-être que Smith y sera ? Et par ailleurs, certains pourraient peut-être nous en dire plus sur lui.

- Bonne idée. De mon côté, je pense qu'on devrait parler à Margareth Crawley, dit Ron.

- Qui est-ce ?

- L'assistante du Procureur moldu. Elle était amie avec Draco et elle savait qu'il était sorcier ...

- Draco a dit ça à une moldue ? S'étonna Blaise

- Et oui... Apparemment, Draco lui faisait suffisamment confiance pour lui révéler sa nature. Je pense donc que ça vaut la peine de lui parler ... elle sait peut-être quelque chose. De plus, elle est de la partie. Elle pourrait nous aider.

- Pourquoi pas ! Commençons par le Stade. Ensuite nous passerons voir Mrs Crawley.


29 décembre 8 heures 45

Lorsqu'ils arrivèrent au stade, Blaise et Ron parcoururent immédiatement l'équipe des yeux. Manifestement, Smith n'était pas là. Ils se dirigèrent vers le coach.

- Monsieur Da Silva ? Vous vous souvenez de moi. Je vous présente un autre de mes collègue, Ron Weasley.

- Bonjour.

- Nous cherchons Isaac Smith dit Blaise.

- Et bien, vous êtes comme moi ! Rugit le coach. Ce petit péteux n'est pas là ! Je vous en foutrait moi des vedettes ! Non mais, pour qui se prend-il ?

Blaise et Ron échangèrent un regard entendu.

- Nous avons toutes les raisons de croire que Monsieur Smith s'est enfuit dit Ron.

- Quoi ? Mais pourquoi ?

- Il n'est pas exclu qu'il soit impliqué dans la mort de Monsieur Malefoy.

- Oh c'est pas vrai ! Se lamenta Da Silva.

- Monsieur Da Silva, nous vous demandons la plus grande discrétion à ce propos.

- Oui, bien sûr ! Je ne vais sûrement pas aller dire à la presse que mon meilleur attrapeur est peut-être un meurtrier !

- Nous souhaitons interroger vos joueurs.

- Je vais leur demander de venir vous voir les uns après les autres.

- Merci Monsieur Da Silva dit Blaise.

La plupart des joueurs confirmèrent ce qu'ils savaient déjà à propos de l'altercation entre Isaac Smith et Draco. Et personne n'avait vu Smith depuis hier matin.

Blaise et Ron s'attardèrent avec Enzo Di Stefano et Alexei Ivanov, les coéquipiers directs de Harry.

- Avez-vous remarqué quelque chose de particulier entre Harry Potter et Isaac Smith ? Questionna Blaise.

- Bof... rien de spécial dit Alexei... Tout le monde était au courant de leur histoire. Mais je n'ai pas eu l'impression que Isaac essayait de retenter quoi que ce soit avec Harry. On savait tous qu'Harry était heureux en ménage et jamais il n'a eu de comportement ambigu avec Isaac.

- Et cette altercation ? Il semble que Smith était furieux de la manière dont Malefoy l'a remis en place ... dit Ron.

- Oui, ça c'est sûr ! Dit Enzo. Et il allait clairement vouloir se venger ! Mais pas comme ça ... On connaît Isaac. Son mode de fonctionnement, c'est l'humiliation publique. Pas le meurtre.

L'italien semblait catégorique et Alexei ne démentit pas.

- Et donc, vous n'avez pas vu Smith depuis hier matin ?

- Non, la dernière fois qu'on l'a vu, c'était au début de l'entrainement. Après il est parti pour son coaching perso, dit Enzo.

- Et aucun autre joueur n'a quitté le terrain pendant tout ce temps ? Demanda Blaise

- Non, personne, répondit Alexei.

- Ce sera tout pour l'instant. Merci Messieurs.

Cette visite n'avait pas apporté grand-chose. Blaise et Ron décidèrent d'aller directement au bureau du Procureur moldu sur Victoria Street.


29 décembre 2008 – 10 heures

Arrivés sur place, ils ôtèrent leur robe d'Aurors et se présentèrent à l'accueil comme des enquêteurs moldus.

- Bonjour Mademoiselle, dit Ron. Nous sommes enquêteurs au CID (NDLA : Criminal investigation Department – équivalent de la police judiciaire) d'Aberdeen. Nous souhaiterions rencontrer Mrs Crawley, à la section économique et financière.

- Vous avez rendez-vous ?

- Malheureusement non. Mais notre affaire est assez urgente et nous venons d'Aberdeen expressément et nous espérions que Mrs Crawley accepte de nous recevoir, dit Blaise avec sourire charmeur.

- Patientez un instant, s'il vous plait.

Une minute plus tard, l'employée les conduisit à travers les couloirs vers le bureau de Margareth Crawley.

Cette dernière accueillit les enquêteurs d'un ton un peu sec.

- Entrez Messieurs. Que puis-je faire pour vous ?

- Bonjour Madame Crawley, commença Blaise. Tout d'abord, nous vous devons la vérité. Nous ne sommes pas enquêteurs au CID d'Aberdeen ...

- Qu'est-ce que cela veut dire ? Qui êtes vous bon sang ?

- Nous sommes Aurors ...

- Aurors ? Comme ... les Aurors, les enquêteurs du ... hmhm... monde magique, dit-elle beaucoup plus bas comme si elle craignait d'être entendue.

- Exactement. Je suis Blaise Zabini et voici Ron Weasley.

- Zabini ? Vous êtes un ami de Draco ? Il m'a parlé de vous.

- Justement... nous venons à propos de Draco. Nous devons vous annoncer une mauvaise nouvelle. Il ... est mort.

- QUOI ?

Margareth Crawley s'écroula dans son fauteuil de bureau, une main sur la bouche et les yeux écarquillés.

- Mon dieu ! Draco ! C'est impossible ... Comment est-ce arrivé ?

- Il a été assassiné.

- QUOI ? Seigneur ! C'est un cauchemar... qui ?

- Nous n'en savons encore rien. L'enquête est en cours.

La jeune femme était prostrée.

- Madame Crawley, ...

- Appelez-moi Margareth, je vous en prie.

- Margareth, Draco vous faisait suffisamment confiance pour vous révéler sa nature ... Est-ce qu'il vous aurait parlé de quelque chose en particulier ? De menaces dont il aurait fait l'objet ?

- Si l'enquête est confiée aux Aurors, c'est qu'il a été tué par un sorcier, non ?

- Oui, en effet. C'est ce que nous pensons.

Margareth soupira.

- Draco me parlait beaucoup de ses affaires, moldues ou sorcières. Il était très doué. Mais il était très correct, dans ses relations avec ses confrères, avec mon Bureau ou avec ses clients. Et jamais il ne m'a dit qu'il se sentait menacé ...

- Et en dehors de son travail ? Demanda Seamus.

La procureur eu un sourire triste.

- Il était tellement heureux depuis qu'il avait retrouvé Harry. Avant, il avait toujours un voile de tristesse dans le regard mais plus depuis 5 mois ... ça faisait plaisir à voir. La seule chose qui le tracassait, c'était ce coéquipier d'Harry, un certain Smit ou Smith je ne sais plus ... Ils s'étaient frittés à une soirée et il m'a toujours dit que ce type, il ne le sentait pas.

Seamus et Blaise échangèrent un regard. On en revenait encore à Smith.

- Vous croyez qu'il peut s'agir d'un crime homophobe ? Demanda Margareth.

- Ça semble difficile à croire. A part chez certaines familles de Sang-purs, pour des questions de descendance, les sorciers sont assez tolérants avec les préférences sexuelles. Et concernant Draco, la descendance était déjà assurée.

- Vous avez de la chance ! Ici, il y a encore des débiles étroits d'esprit pour trouver que l'homosexualité est contre-nature, ...

Ils restèrent silencieux un instant.

- Messieurs, dit Margareth, entre représentants de la loi, acceptez-vous de me donner des détails sur l'enquête ? Je suis soumise au secret professionnel et comme vous vous en doutez, je n'ai jamais trahi le secret de Draco ...

- Evidemment, Margareth ! Et appelez-nous Blaise et Ron.

Les Aurors lui firent un compte-rendu des faits et de l'enquête que Margareth écouta avec beaucoup d'attention.

Elle ferma douloureusement les yeux au récit du viol de Harry mais ne fit aucun commentaire. Elle était en mode « professionnel » où l'émotion n'avait pas sa place.

A la fin du compte-rendu, elle se leva et se posta devant sa fenêtre en soupirant.

- Ils sont deux, dit-elle.

- C'est ce que nous pensons aussi, dit Blaise.

- Et les auteurs visent Harry de manière personnelle.

- Harry ? Comment cela ? Interrogea Ron.

- Les auteurs veulent faire croire à Harry qu'il a été violé par son mari. Ils veulent obliger Harry à détester Draco pour ce qu'il a fait. Ensuite, ils tuent Draco. Ils veulent obliger Harry à vivre avec l'idée que les derniers sentiments qu'il a eu pour son défunt mari étaient des sentiments de haine. La souffrance qu'ils tentent de lui infliger est extrêmement ... intime. A mon avis, le mobile est personnel et même sentimental. C'est Harry qu'ils veulent faire souffrir.

Blaise et Ron n'avaient envisagé la situation sous cet angle.

- Draco ne serait qu'un ... dommage collatéral ? Dit Blaise.

- Non, la volonté de tuer Draco est claire et il s'agit sans doute d'une des finalités poursuivies par les auteurs. Mais l'autre est de faire souffrir Harry. Peut-être qu'un des auteurs visait Draco et l'autre Harry, pour des raisons différentes.

Margareth se rassit.

- Qu'ont donné les résultats de l'autopsie ?

- La quoi ? Demandèrent les Aurors de concert.

L'autopsie, répéta-t-elle en haussant les sourcils. Vous ne pratiquez pas d'autopsie ?

- Heu ... non. Qu'est-ce que c'est ?

- Et bien, il s'agit du pratique de médecine légale ...

- ... ah si ! Interrompit Blaise. Le corps a été examiné par le médicomage légal. Et il a confirmé que la cause de la mort est bien le sort appelé Avada Kedavra.

- Oui mais, et le reste ?

- Quel reste ?

- L'examen interne du corps ...

Les Aurors étaient perplexes.

- Bon, manifestement vous ne faites jamais d'autopsie. L'autopsie est un examen spécifique des cadavres visant à déterminer les causes de la mort. Elle se pratique en ouvrant le corps sur toute sa longueur et en examinant les organes.

- Mais ... c'est horrible ! Dit Ron.

- Ce n'est pas très plaisant en effet mais indispensable à la manifestation de la vérité en cas de mort violente.

- Mais on connaît les causes de la mort ... dit Ron.

- Vous savez qu'il a été soumis à un sort d'Avada Kedavra. Mais êtes-vous sûr que c'est ce qui l'a tué ? N'aurait-il pas pu être empoisonné avant ? Ou étouffé ? Ou encore poignardé ? Je sais que vous avez des sorts qui font disparaître les coupures sur la peau, Draco m'en a fait une démonstration un jour ...

Les propos de Margareth faisaient leur chemin chez les Aurors ... Elle arbora un petit sourire en coin que Draco n'aurait pas renié.

- Et bien ... comme quoi, les moldus peuvent être utiles aux sorciers de temps et temps ...

- Il faudrait que je me renseigne à Sainte-Mangouste mais je ne crois pas que nos médicomages pratiquent ce genre de ... chose, dit Blaise.

- Chez nous, la dissection du corps est incontournable mais chez vous, elle ne l'est peut-être pas. J'ai cru comprendre que vos médecins sont capables de voir l'intérieur d'un corps sans forcément l'ouvrir ...

- C'est possible en effet ... dit Blaise, soudain fébrile à l'idée qu'une piste reste inexplorée. Merci Margareth ! Merci de votre aide !

- Il n'y a pas de quoi ! Puis-je vous demander de me tenir au courant de l'issue de l'enquête ? Et si je peux faire quoi que ce soit d'autre ... n'hésitez pas.

- Bien sûr ! Dit Ron.

Elle les raccompagna jusque dans le couloir. Mais à peine avaient-ils fait quelques mètres que Margareth les rappella.

- Blaise ! Ron ! Attendez !

- Oui ?

- Quelque chose me tracasse ... Vous m'avez dit que le violeur de Harry avait pris l'apparence de Draco, n'est-ce-pas ?

- Oui, en effet, dit Blaise.

- Que se passe-t-il si la personne qui a pris l'apparence d'un autre meurt ? Il reprend sa véritable apparence ou il conserve celle de l'autre personne ?

Blaise devint livide.

- Il ... il garde l'apparence de l'autre ...

- Alors ma question va peut-être vous paraître idiote mais comment avez-vous pu déterminer que le corps retrouvé est celui de Draco et pas celui de l'imposteur ?

- OH MERLIN !

- Sans se soucier une minute de l'endroit où ils étaient, Seamus et Blaise transplanèrent.