Disclaimer : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling
Rating : M - slash/yaoi - HPDM
Chapitre 11
29 décembre 2008 – 13 heures 15
- Je ... je ne comprends pas ...
Ron était livide.
- C'est pourtant simple, Ron, dit Blaise. Ce cheveu est celui de ta soeur.
- Mais que faisait-il là ? Ma soeur ne connaît pas Smith ... Quant à Malefoy ...
- Elle le déteste, Ron ... dit Seamus.
- Non ! Elle était un peu jalouse, c'est tout ... c'est vrai qu'elle a mal supporté le fait qu'Harry la quitte mais ... de là à ... Non, je ne peux le croire, dit Ron en se tenant la tête entre les mains.
- Ecoute, dit Blaise, il y a sans doute une explication logique à tout cela ... Mais on ne la trouvera pas si on n'interroge pas Ginny. Alors, laisse-nous faire, Ron. S'il te plait.
- Ok ... ok.
- Bon. Je vais envoyer un Auror la chercher.
29 décembre 2008 – 13 heures 30
Après sa visite à Azkaban, Harry se rendit chez les Greengrass.
Henry jouait aux échecs avec son grand-père tandis qu'Helena et Eléonore lisaient au salon.
Le petit garçon se jeta dans les bras de son père et s'accrocha à lui comme un koala.
- Bonjour mon grand ! Dit Harry. Tu as bien dormi ?
- Oui, daddy. Tu m'as manqué. Je rentre avec toi ce soir ? demanda-t-il à l'oreille de Harry, sans doute pour ne pas froisser ses grands-parents.
- Oui mon bonhomme, tu rentres avec moi.
Harry entra dans le salon et salua Matthew et Eléonore. Il leur annonça qu'il retournait au Manoir cet après-midi.
- Oh, dit Eléonore. Si tôt ?
- Oui ... j'y suis passé ce matin et tout est ... remis en état. Henry y a ses habitudes, je ne voudrais pas le perturber outre mesure.
- Vous avez raison, Harry approuva Matthew. Mais s'il y a quoi que ce soit, n'oubliez pas que nous sommes là.
- Je sais ... merci à vous. A ce propos, je souhaiterais vous parler de quelque chose. Henry, mon coeur, peux-tu accompagner Helena à la cuisine ? Je dois parler à tes grands-parents.
- Viens mon chaton dit Helena, on va demander à Dolly de te préparer un sandwich.
Harry remercia silencieusement Helena puis s'assit en face des Greengrass.
- Je suis allé voir Lucius Malefoy ce matin. Il avait demandé à me voir à propos de l'enterrement de Draco. Je trouve normal qu'il puisse assister, ainsi que sa femme, aux funérailles ...
- Bien entendu, dit Eléonore. C'était leur fils unique...
- Lucius m'a également demandé s'il pouvait rencontrer Henry. Je compte lui en parler mais je souhaitais également vous en parler à vous.
- C'est ... c'est vraiment gentil à vous de vous soucier de notre avis, Harry dit Eléonore.
- C'est normal, vous êtes la famille de Henry ... et je pense qu'il s'agit d'une décision importante que nous devons prendre tous ensemble.
- Quel est votre avis, Harry ? Demanda Matthew.
- Et bien ... étant personnellement orphelin, je considère que les liens familiaux sont fondamentaux ... même si dans le cas présent, le passé de Lucius est ... lourd, il reste le père de Draco, le grand-père de Henry ...
- Je suis d'accord avec vous dit Matthew. On peut reprocher beaucoup de choses à Lucius, vraiment beaucoup de choses, mais il aimait son fils. Il aurait fait n'importe quoi pour lui. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait en acceptant de se coucher aux pieds de Voldemort ! Il croyait sincèrement que ça apporterait la reconnaissance à sa famille ... Il ne pouvait se tromper davantage. Personnellement , je n'y vois pas d'inconvénient. Et toi Elie ?
- Non, aucun. Mais il faudra bien expliquer la situation à Henry ... Je crois qu'il s'est forgé une image très négative de ses grands-parents paternels.
- J'y veillerai. Merci à tous les deux.
- Mais dites-moi Harry ... comment Lucius a-t-il pris votre relation avec son fils ?
- Et bien, c'était surnaturel je dois dire ... Il était content que pour Draco car il savait que son fils était heureux.
- Ça alors ! S'exclama Eléonore. La prison l'a considérablement changé ... Quand je pense qu'il a arrangé le mariage de nos enfants justement parce qu'il voulait étouffer les sentiments que son fils avait pour vous ...
- Oui ... sans doute a-t-il pris conscience qu'il avait fait une erreur ... que Draco n'était pas heureux ... Sans vous offenser ! Se reprit Harry.
- Ne vous inquiétez pas Harry, voyons ... Nous n'étions pas dupes. Nous savions bien qu'il n'y avait pas d'amour entre Astoria et Draco.
- Cette décision vous a tout de même coûté votre fille, dit doucement Harry. Je ne sais pas comment vous avez fait pour surmonter ça ...
- Nous avons appris l'accepter. Chaque jour qui passait était un peu moins difficile que le précédent. Ça prend tu temps, mais on finit par y arriver. Et puis, nous avons Daphné. Et nous avons Henry, dit Eléonore.
- Oui ... Henry.
- Vous y arriverez, Harry, dit Eléonore en posant sa fine main sur celle du brun.
Harry se leva et rejoignit son fils à la cuisine.
- Tu sais qui je suis allé voir ce matin Henry ? Amena Harry.
- Non...
- Ton grand-père Lucius.
L'enfant ne dit rien mais son petit visage se ferma.
- Il sera là pour l'enterrement de papa. Il ... Il a demandé à te rencontrer.
- Je ne veux pas le voir ! Asséna l'enfant.
- Henry ...
- Je ne veux pas ! Il est méchant ! Il a rendu papa malheureux ! C'EST UN SALE MANGEMORT !
- HENRY ! JE T'INTERDIS DE PARLER COMME CA ! TON PERE AUSSI ETAIT UN MANGEMORT ET IL A CHANGE ! POUR MOI, IL A CHANGE !
Henry n'avait jamais vu Harry en colère. Ses yeux étaient agrandis par la peur et remplis de larmes. Il se jeta dans les jambes de Harry en pleurant :
- Pardon Daddy ! Pardon ! Je ne voulais pas être méchant avec papa ...
- Ce n'est rien mon coeur. C'est moi qui n'aurait pas dû crier comme ça, pardonne-moi, dit Harry en prenant son fils dans ses bras.
Ils restèrent quelques instants sans parler puis Harry dit :
- Grand-père Lucius a changé tu sais ... La prison, ça fait parfois réfléchir les gens. Ils comprennent qu'ils se sont trompés ... Et Lucius a compris qu'il s'était trompé. Les gens peuvent faire des erreurs, Henry et Lucius en a fait beaucoup. Mais c'est ton grand-père ... le père de ton papa. Il aimait énormément ton papa ... Il t'aimera aussi beaucoup.
- D'accord ... je veux bien le voir. Grand-mère Narcissa sera là aussi ?
- Je vais faire en sorte qu'elle soit là.
- On peut rentrer chez nous maintenant ? Demanda Henry d'une toute petite voix
- Oui, mon coeur. On rentre chez nous.
29 décembre 2008 – 14 heures 30
Au Ministère.
- Vous vous prenez pour qui par Merlin ! M'amenez ici comme une vulgaire criminelle !
- Je vous prie de baisser d'un ton Mrs Londubat ! Tonna le Chef des Aurors.
En raison de sa parenté directe avec l'un de ses hommes, Felton avait décidé de mener lui-même l'interrogatoire de Ginny Weasley-Londubat.
- Vous êtes interrogée ce matin en tant que suspect dans le meurtre de Draco Malefoy.
D'un commun accord, les Aurors avaient décidé de ne pas divulguer l'information selon laquelle le corps retrouvé était en réalité celui de Isaac Smith tant qu'ils ne disposaient pas d'une piste sérieuse pour retrouver Draco.
- Quoi ? Mais vous êtes complètement malade ! Je n'ai rien fait !
- Vous avez assez mal supporté que votre petit ami de l'époque, Harry Potter, vous quitte, n'est-ce-pas ? Vous saviez par ailleurs quels étaient ses sentiments envers Monsieur Malefoy ?
- Ah, c'est donc ça ... mon mec me largue il y a 10 ans et ça me donne un mobile pour assassiner son mari ... Il va falloir trouver mieux que ça !
- Nous avons trouvé un de vos cheveux sur le corps ... L'analyse ADN est formelle.
Ginny Weasley pâlit considérablement.
- Je ... je ne comprends pas.
- C'est simple pourtant : vous vous trouviez au Manoir Malefoy-Potter au moment où Monsieur Malefoy a été assassiné ...
- NON ! NON ! Je vous jure que je n'y étais pas ! Ecoutez, soumettez-moi au véritasérum. Ainsi vous aurez la preuve que je dis la vérité.
Cette solution avait été envisagée et la fiole était déjà prête dans la pièce d'à côté.
Ginny avala la potion d'un trait et après cinq minutes d'attente, l'interrogatoire reprit.
- Mrs Londubat, avez-vous tué Draco Malefoy ?
- Non
- Avez-vous enlevé ou séquestré Draco Malefoy ?
- Non
- Etiez-vous présente au Manoir Malefoy-Potter le jeudi 28 décembre 2008 ?
- Non
- Où étiez-vous ?
- J'étais sur le Chemin de Traverse. Je suis allée chez le coiffeur et ensuite j'ai fait quelques courses.
- Quel coiffeur ?
- HairWizz.
- A quelle heure aviez-vous rendez-vous ?
- 9 heures 30.
- Quant avez-vous vu Monsieur Malefoy pour la dernière fois ?
- Le soir du réveillon de Noël organisé chez lui.
- Une dernière question : connaissez-vous Isaac Smith ?
- Oui
- Comment ?
- C'est l'attrapeur des Eagles
- Le connaissez-vous personnellement ?
- Non, seulement par ce que je lis dans la presse.
L'interrogatoire prit fin.
- Bien. Mrs Londubat, vous êtes libre, dit l'Auror Felton.
Ginny se leva dans un grand raclement de chaise. Elle sortit du local sans un mot pour personne et sans un regard pour son frère.
Felton sortit juste après.
- Bon, il semble clair qu'elle n'a rien à voir là-dedans. Par contre, vous allez vous rendre directement chez ce coiffeur du Chemin de Traverse. On sait maintenant où les coupables se sont procuré les cheveux de Ginny Weasley-Londubat. On ne pouvait pas faire plus simple ...
Ron et Seamus transplanèrent directement.
29 décembre 2008 – 14 heures 30
- Bilbo ? Appela Harry qui venait de transplaner dans le Manoir avec Henry et Helena.
Un plop sonore retentit et l'elfe de maison apparut.
- Maître Harry m'a appelé ?
- Oui Bilbo. Je t'informe qu'Henry et moi revenons vivre au Manoir dès maintenant.
- C'est une bonne nouvelle Maître Harry. Je suis content de reprendre le service. Bonjour Maître Henry ! Bonjour Madame Helena.
- Bonjour Bilbo, dirent en coeur le garçon et la jeune femme.
- Peux-tu préparer la chambre de Henry ainsi que le repas pour ce soir ? Demanda Harry
- Bien sûr, Maître Harry.
- Merci
- Maître Harry ?
- Oui Bilbo
- Je voudrais présenter au Maître toutes mes condoléances. C'est une grande perte que le décès de Maître Draco.
- Je te remercie Bilbo.
- La magie de Maître Draco doit encore être très présente, dit l'elfe d'un ton songeur ...
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Les elfes de maison sont attachés à leurs maîtres par un lien magique. Quand le maître meurt, l'elfe le sait car le lien magique s'éteint. Dans le cas de Maître Draco, je pense que sa magie doit être encore très présente car le lien ne s'est pas encore éteint ...
L'elfe partit ensuite en trottinant vers la cuisine, laissant un Harry plus que perplexe.
Harry monta dans sa chambre. A l'intérieur, son regard tomba à nouveau sur le dressing de Draco qu'il avait laissé ouvert en partant précipitamment tout à l'heure. Devait-il déjà se défaire de ses affaires ?
A peine cette pensée lui eut traversé l'esprit, qu'il ressentit une immense douleur à la poitrine. Hors de question ! Il ne voulait pas toucher aux affaires de Draco. Tout resterait comme ça, à jamais.
Au fond de lui, une petite voix lui disait qu'il ne pouvait pas transformer cette chambre en mausolée. Ce n'était pas sain...
Et alors ? Pourquoi pas ? Se rebella-t-il. Si j'ai envie de vivre dans un temple dédié à la mémoire de Draco, c'est encore mon droit non ?
Une colère irrationnelle était en train de le submerger.
Loin au fond de lui, il entendit une voix, la voix de Draco. Je vais te tuer ...
Merlin ! Qu'est-ce que c'est que ça ? Je deviens fou ...
Un livre était posé sur la table de chevet du côté de Draco. « Le plus grand bien » de Robert Badinter ... Il le prit en main, remarquant le soin que son mari portait à ses livres. Aucune page n'était cornée ou froissée. Le livre était parfait ... Ce stupide constat décupla la fureur de Harry ... Rien n'était plus parfait. Rien. Draco n'était plus là.
- TU M'AS ABANDONNE ! Hurla-t-il en jetant le livre contre le mur au dessus de la tête de lit.
La violence du geste fit se décrocher le tableau qui y était pendu. Une reproduction par Harry d'un paysage de leur île perdue de l'océan indien.
- Et merde ... dit Harry en se penchant pour ramasser le tableau.
Ce faisant, il remarqua une petite pastille noire, de la taille d'une noise, fixée à l'arrière du tableau.
Harry avait été élevé chez les moldus. Il reconnut du premier coup d'oeil un microphone sans fil.
Il replaça le tableau et sortit de la chambre sans rien dire.
29 décembre 2008 – 15 heures
Seamus et Ron venaient d'entrer dans le salon de coiffure HairWizz. Il fallut moins de deux minutes à Seamus pour emballer le patron du salon, un certain Monsieur Roger, et le convaincre de leur remettre son registre de clients.
- Bon, voyons ça, dit Ron. Patricia Fields, Agatha Morrow, Ginny Weasley, ... puis un nom barré, Mary Collins apparemment qui a été remplacé par I. Dali, Suzan Cheney et Abby Quinn, ...
- Monsieur Roger ? Demanda Seamus. Tous ces noms, ce sont des clientes habituelles ?
- Laissez-moi voir ça ... dit-il en parcourant la liste du doigt. Oui, toutes de très fidèles clientes. Sauf celle-ci : c'était la première fois qu'elle venait.
Il indiquait le nom de I. Dali.
- Je m'en souviens car elle est s'est présentée sans rendez-vous. Mais comme Miss Collins venait de se décommander et que ça semblait important, j'ai accepté de la prendre quand même.
- Elle est arrivée en même temps que Ginny Weasley ?
- A peine quelques minutes après.
- Bien, merci Monsieur.
De retour au Ministère, Ron et Seamus étaient un peu dépités.
- Pfff ... on va pas aller loin avec cette liste, dit Ron en posant le document devant Blaise. La seule personne qui pourrait nous intéresser est cette I. Dali mais c'est la première fois qu'elle venait. Le coiffeur nous en fait une description qui correspond à la moitié des sorcières du pays : blonde aux yeux bleus.
- Il a quand même dit qu'elle avait un très léger accent « slave » ... précisa Seamus.
- Ouais ... c'est sûr que ça aide ... ça va Blaise ?
Ledit Blaise semblait avoir un bug.
- Ouhou ! Blaise ! dit Seamus en claquant des doigts.
- Ielena Dali ...
- Quoi ?
- I. Dali, c'est Ielena Dali ... dit Blaise
- Et alors ? On la connaît ? Demanda Ron
- C'était l'épouse et la muse du peintre moldu Salvador Dali ...
- Ouais ... pour sûr, on la connaît, râlait Ron ... si c'est pour nous donner un cours d'histoire de l'art moldu, on repassera. Je te signale qu'on essaye de retrouver Draco ... vivant de préférence !
- Le vrai nom de Ielena Dali, c'est Ielena Ivanovna.
- Et donc, je repose ma question : qu'est-ce que ça peut nous foutre ! S'énervait le rouquin.
- Ielena Ivanovna. Helena Ivanov. La nounou d'Henry.
- QUOI ? s'exclamèrent les deux autres
- Je pense qu'on parle d'Helena, la nounou d'Henry. Elle est blonde aux yeux bleus. Crois-moi, je l'ai bien regardée ... et elle a un léger accent slave. On ne s'en rend pas compte parce qu'elle parle peu.
- Comment connais-tu son nom de famille ? Questionna Seamus.
- Je l'ai demandé à Draco juste après le réveillon ... Elle ... disons qu'elle me plaisait et je voulais lui faire livrer des fleurs. C'est aussi comme ça que je connais l'histoire de Dali ... j'avais fait quelques recherches ... pour la séduire, vous voyez...
Les trois hommes réfléchissaient.
- Ok, dit Blaise. Si c'est bien d'Helena dont on parle, on va devoir la jouer finement. Ne pas s'emballer. Il faut qu'elle continue à penser qu'on est à la recherche de Smith... On va commencer par prévenir Harry et lui dire ce qu'on sait. Ensuite on va éloigner Henry. Puis on ira chez elle. Elle y retient peut-être Draco.
- Il reste aussi à trouver qui est son complice, dit Seamus.
- Son vrai nom c'est Ivanov, c'est ça ? Dit Ron. Comme Alexei Ivanov ?
- Merlin ! A tous les coups c'est son frère ! Seamus ! Retourne à la Fédération de Quidditch et demande le dossiers d'Alexei Ivanov. Cette fois, je suis certain qu'on aura une correspondance. Essaye aussi d'obtenir tous les renseignements que tu peux afin de déterminer sa parenté avec Helena. Ron, viens avec moi, on va chez Harry ! Il faut absolument le prévenir !
- Me prévenir de quoi ? Dit une voix derrière eux.
Pendant ce temps, quelque part à Londres.
POV Draco
Depuis combien de temps suis-je enfermé dans cette cave sordide ?
C'est une petite pièce humide, sans fenêtre. Je ne sais pas si on est à Londres. Je ne sais même pas si je suis encore en Angleterre...
Tout ce que je sais, c'est qu'on est côté moldu car il y a l'électricité. Une ampoule nue au plafond qui reste allumée à longueur de temps ... Heureusement ceci dit, car j'ai horreur du noir.
Je suis allongé sur un lit de fortune. Des fers enserrent mes poignets. Ils sont reliés à des chaînes fixées au mur. Solidement.
Harry.
A chaque seconde, je pense à lui. Mon coeur se brise à l'idée qu'il me croit mort. Je sais qu'il m'aime plus que tout et qu'il endure mille souffrances. Je le sais. Je le sens. Ça doit être notre lien de mariage qui me fait ressentir ses émotions.
J'essaye de me concentrer dessus pour lui faire ressentir que je suis vivant mais je suis trop faible ... Cette salope fait en sorte de me vider de mes forces en me faisant prendre des potions.
Huit ans ! Pendant huit ans, je lui ai fait confiance. Je lui ai confié Henry.
Et cette conne est tombée amoureuse de moi ... Remarquez, c'est pas étonnant. Elles tombent toutes amoureuses de moi ... Je suis la quintessence de l'idéal masculin.
Ironique, n'est-ce-pas ?
Une chose est sûre, toutes celles – et ceux – qui sont tombés amoureux de moi ne m'ont pas enlevé, séquestré et fait passé pour mort.
Elle, c'est une psychopathe. Et je m'y entends en psychopathe ... Ma tante en était un bel exemple.
Elle me dit qu'on va vivre ensemble, qu'on sera heureux, qu'elle m'a enfin pour elle toute seule, que je vais l'oublier.
Dans tes rêves, pauvre tarée ! Jamais tu ne me feras oublier l'homme que j'aime plus que tout. Il est ma vie. Plutôt crever pour de bon que de te toucher une nouvelle fois !
Tu m'as forcé à te baiser mais j'espère que tu en as bien profité car c'était la seule et unique fois !
Elle ne peut plus utiliser l'Imperium au risque d'être repérée. Alors, elle essaye les travaux pratiques... Pas de chance ! J'ai une force de caractère hors du commun. Si j'ai décidé de ne pas bander, je ne bande pas. Et au diable ma réputation ! Il n'est pas question que mon deuxième moi-même se redresse d'un millimètre pour cette garce.
Du coup, elle est assez frustrée. D'autant plus que je lui rappelle que la seule et unique fois où elle m'a eu en elle, c'était sous les traits de la Weasley. Je lui fais croire que les rousses m'excitent plus que les blondes ... ça la rend – encore plus – folle ...
Alors, elle hurle, elle me frappe mais je m'en fous. Elle peut me tuer si elle veut, je m'en fous. De toute façon, je suis déjà mort pour le seul qui compte ...
Harry.
J'entends le bruit de la serrure. Elle arrive. C'est bizarre, elle ne vient jamais à cette heure-ci. Je n'ai pas une notion très précise du temps qui passe mais j'ai des points de repères grâce à un rai lumineux en dessous de la porte qui m'indique au moins s'il fait jour ou pas.
Quand elle vient, c'est le soir. Or, ici, je vois de la lumière. J'ai la confirmation qu'il fait jour quand la porte s'ouvre et laisse entrer un flot de lumière froide d'hiver.
Je contemple la silhouette massive en haut des escaliers. Ce n'est pas Helena, c'est son frère, Alexei.
Je ne l'avais plus vu depuis le jour où ils m'ont enlevé.
J'étais au Manoir, je me préparais du thé. Je croyais qu'Helena était au parc avec Henry. En fait cette garce l'avait enfermé ici sous une potion de sommeil ... Je pourrais la tuer rien que pour ça.
Elle a transplané dans mon salon sous les traits de Ginny Weasley et m'a soumis à l'Imperium pour que je lui fasse ... enfin que je la baise. Si elle croit que ce simulacre de relation sexuelle était de l'amour ...
Juste après, son frère est apparu. Je ne savais même pas qu'elle avait un frère et encore moins qu'il s'agissait du coéquipier de mon mari.
A côté de lui, le corps d'un homme en tenue de quidditch levitait, manifestement stupéfixé. J'ai cru un instant avec horreur qu'il s'agit de Harry avant de reconnaître ce bâtard de Smith.
Après m'avoir lancé un sort d'entrave et un enervatum à Smith, ils lui ont fait boire une fiole de potion. Du polynectar car il a commencé à convulser et devenir ... moi. Ils lui ont fait enfiler des vêtements m'appartenant.
Et là ...
Avada Kedavra
J'ai beau pas aimer Smith, il ne méritait pas ça.
Puis les conséquences de cette mise en scène ce sont imposées à moi ... J'étais mort. Pour tout le monde, à partir de cet instant, Draco Lucius Alexander Malefoy était mort.
Ensuite ce fut le trou noir. J'ai ressenti les effets d'un transplanage et je me suis retrouvé dans cette cave.
Tout cela n'avait pris que quelques minutes.
Et voilà maintenant que le frangin réapparaissait.
- Alors Malefoy, la vie est belle ? Dit-il avec un sourire mauvais.
- Va crever Ivanov ! Si tu crois que toi et ta folle de soeur allez vous en tirer ...
- Pour le moment, on s'en tire vachement mieux que toi ... dois-je te rappeler que tu es mort, petit blondinet ?
- Qu'est-ce que tu me veux ?
- Oh, rien de spécial... de donner des nouvelles de la surface.
Je le regarde avec une haine sans nom. Ça le fait rire. Son rictus de dément s'accentue quand il me dit :
- Tu savais que ton cher mari a été suspecté de ton meurtre ... après tout, c'est avec sa baguette que l'Imperium et l'Avada ont été lancés ...
- QUOI !?
Mon sang se glace dans mes veines.
- Personne ne va jamais croire une chose pareille ! Personne ! Tu entends pauvre taré !
- Oh ne t'inquiète pas ... il a été relâché ... Il faut dire que je lui ai donné un alibi en béton ...
Je ne dis rien. Je ne veux pas savoir.
- ... Il a un cul d'enfer ton Harry ... et ses cris ! Ah c'était la meilleure baise de ma vie ...
Une vague de colère me submerge. Je ne peux pas croire un instant ce que ce bâtard est en train de me dire. Harry ne me trompe pas ... il ne m'aurait jamais fait ça ...
Il esquisse un rictus mauvais et poursuit :
- T'emballe pas blondinet ... Il ne t'a pas trompé ton petit mari ...
Il s'interrompt et me regarde avec une lueur démente dans les yeux. Ses mots font leur chemin dans mon esprit.
- Non ... non ...
Ma colère est telle que je sens ma magie affluer sur tout mon corps.
- Ah tu as compris, blondinet ... t'es pas con pour un blond finalement ... Et oui, je me suis servi. Je l'ai pris de force. A sec. Contre le métal des casiers.
- ARRETE ! TA GUEULE SALE CONNARD !
- Oh putain, que c'était bon ! Il était si serré, si étroit ! Et comment il a crié quand je la lui ai mise d'un coup ...
- PUTAIN MAIS TU VAS TE TAIRE ESPECE DE SALE BATARD ! JE VAIS TE CREVER ORDURE ! JE VAIS TE TUER TU M'ENTENDS ! JE VAIS TE TUER !
Je suis tellement en colère que j'ai bien failli arracher les pitons du mur et me libérer des chaînes. Hélas, ma magie est trop faible et je m'écroule en avant, la voix brisée et des larmes plein les yeux.
Tu m'as abandonné ...
J'entends très loin au fond de moi la voix de Harry.
- Pourquoi ? Dis-je d'une voix pathétiquement faible et douloureuse.
- Pourquoi ? Parce que j'en avais envie ... tout simplement. Mais qu'est-ce que tu crois, Draco ? Ce n'est pas à toi que je dois dire ce que ça fait de le voir se balader à moitié à poil dans le vestiaire, le torse humide et les cheveux mouillés, avec ses grands yeux innocents et son sourire éblouissant ... Tu sais ce que ça fait, hein Draco ? De le voir nu sous la douche, savonnant son corps, ses longues jambes ...
- Tais-toi ... s'il te plaît, tais-toi ...
Et me voilà en train de supplier, moi, un Malefoy...
Mais j'ai tellement mal... Oh Merlin, arrêtez cette souffrance. Tuez-moi pour de bon.
