Vraiment vraiment désolée de l'horrible temps que j'ai mis avant de poster mais je suis là maintenant. J'espère que ce chapitre vous plaira ! Merci pour les commentaires que vous avez laissé et j'espère que vous en laisserez encore plein ! Ca me fait toujours très très plaisir. Quant au titre ... eh bien ... il peut avoir de multiple signification, moi j'aimais bien le paradoxe et surtout le fait que chacun puisse y voir la signification qui lui plaise.

Oh et désolée mais je fais mon petit moment pub : s/11165916/1/Plume-nocturne allez au moins voir ce qu'il en est ^^ Sur ce bonne lecture et à bientôt j'espère !


La corde qui voulait se pendre

Un homme, à la carrure fine et au visage sévère me fixait à travers une paire de lunettes de soleil. C'était tout ce que je pouvais apercevoir de lui. Il faisait extrêmement sombre, je pouvais à peine voir mes jambes. Cependant, cela m'était égal. J'avais fini par m'habituer aux ténèbres de la nuit et à tous les monstres qui l'habitaient. Je montais délicatement dans l'habitacle quand on m'attrapa férocement le poignet. Je tombai sur un corps chaud et légèrement musclé ... c'était un gamin ...

Un coup retentit bruyamment me sortant violemment de mes constatations. Je sursautai. Le deuxième coup de feu trancha l'atmosphère. Je respirai de plus en plus rapidement, je ne comprenais pas. J'étais perdue et ... et j'avais peur. J'étais terrifiée, je me demandais ce qui se passait, mais ne pouvait plus parler. Et alors que je menais un réel combat intérieur, alors que je tremblais de terreur, il gardait son sang-froid comme si de rien n'était. Plusieurs coups retentirent à la chaîne. Cela dura une minute, peut-être deux néanmoins, j'avais l'impression que ma vie se jouait à ce moment précis.

Il cria à un chauffeur fantôme de démarrer tandis que je me débattais afin qu'il me lâche. Il consentit à me libérer une fois que nous eûmes tourné. Je me dépêchais d'ouvrir ma vitre cependant, il était trop tard : à l'instant où je sortis la tête, la voiture prit un virage et je quittais le quartier. Néanmoins, j'eus le temps d'apercevoir l'apocalypse.

Une épaisse couche de sang coulait le long des trottoirs tandis que je pouvais entendre les cris muets des prostituées. Certaines se débattaient férocement s'accrochant désespérément à la vie alors que les autres s'étaient simplement laissées faire. Mon coeur battait la chamade et je haletais de plus en plus rapidement. Les images tournaient encore et encore dans mon esprit. J'étais perdue, effrayée et ... déçue. Je venais d'être sauvée et je me sentais mal ...

J'aurai dû être comme toutes les autres, finir comme elles. J'aurai dû mourir ce soir-là cependant j'étais toujours là, à croire que l'univers entier en avait contre moi. Au fond, je méritais cette pénitence. Mon destin était de traîner mon corps sans vie à travers les rues vides de la Nouvelle-Orléans et de l'abandonner aux bras du premier pervers venu. Tel était mon châtiment : vivre éternellement. Je ne pouvais même plus pleurer, les larmes coulaient, acides, à l'intérieur et me rongeaient. J'en avais oublié la situation dans laquelle je me trouvais. Je ne cherchai pas à comprendre, je voulais mourir ou au moins, qu'on me laisse pourrir dans mon trou.

Les images de plus tôt ne cessaient de m'obséder. Je revoyais le sang et en même temps, me souvenais de l'étrange silence qui persistait comme si c'était prévu. En fait, ça l'était. Je le savais cependant, je n'avais aucune envie de savoir ce qui se tramait. Tout ça ne me concernait en rien et si je pouvais en être victime, je serai ravie.

Lorsque la voiture s'arrêta, le jeune homme sortit et m'attrapa d'une poigne de fer tandis que je me laissais lâchement faire. Qu'avais-je à perdre de toutes façons ? J'avançai d'un pas lent et traînant. Il nous fit entrer dans une bâtisse de style victorien. "Lettre à Elise" se faisait entendre dans la demeure et encore une fois, tout était sombre, seule la lumière de la lune m'éclairait mais cela m'était égal. Je ne prêtais attention ni à mon geôlier ni à ma prison.

Une porte s'ouvrit et une lumière vive m'aveugla subitement me faisant tomber en arrière. Le gamin me tira violemment et me jeta littéralement face à un immense bureau de bois brut. Je me tournais pour la première fois et le regardai enfin, dardant sur lui un regard meurtrier.

-Sérieusement ? Tu aurais au moins pu faire preuve d'un minimum de douceur ! Criai-je en me relevant difficilement.

Il s'approcha et tenta de m'impressionner de toute sa hauteur, il devait bien faire une tête voire deux de plus que moi.

-Je ne vais pas laisser une pute me parler ainsi. Lança-t-il froidement.

-Je ne vais pas laisser un gamin me traiter ainsi. Rétorquai-je me haussant sur la pointe des pieds afin d'être nez à nez avec sa petite tête de blond prématuré.

Il n'y avait rien de beau en lui, il ressemblait plus à un pic de glace sur pattes qu'autre chose. Tout en lui était blanc : sa peau translucide, ses cheveux d'un blond si clair qu'on aurait pu le croire albinos, même sa voix n'exprimait aucun sentiment. Il aurait pu être un robot. Cependant, on voyait parfaitement la jeunesse dans ses traits bien que durs. Peut-être aussi n'étais-je plus très objective, j'avais vu bon nombre d'hommes et à vrai dire,depuis fort longtemps, je ne trouvais plus aucune beauté en l'être humain en général. J'en étais d'ailleurs la parfaite illustration comme si j'avais essuyé toute la laideur du monde.

Dans tous les cas, il ne prit pas bien ma réponse et avant même d'avoir compris, je me retrouvai un revolver collé à la tempe.

-Répète. Grinça-t-il empli de rage.

Je ris.

-Répète. Grogna-t-il cette fois.

-Tu te penses fort hein ? Tu crois que je vais te supplier ? Je n'ai jamais rien eu à perdre. Je n'avais aucune envie d'être sauvée et si tu me tues maintenant tu me rendrais un grand service. Alors que dois-je faire pour que ta petite main boudinée de tapette appuie sur la détente ? Le questionnai-je confiante.

Je me tenais droite et ferme, assurée. Je n'attendais que ça. Ce serait rapide et sans douleur, tout ce que j'avais toujours demandé. Je savais qu'il était capable de le faire cependant, il fallait que je le pousse à bout.

-Oh, mais non. Tu ne le feras pas. Pourquoi ? Car tu es un lâche, un pov'gosse avec comme joujou un pistolet de pacotille. On ne joue pas dans la même cour toi et moi. Oui, je suis une pute, c'est mon boulot alors je ne prends pas ça comme une insulte par contre, t'es quoi toi ? Chienne attitrée du boss ? Continuai-je narquoisement.

-Je vais ... ! Hurla-t-il me fonçant dessus.

Il me fit tomber sur le bureau et prit mon cou dans l'étau de ses mains. Elles étaient glacées. La pression était si forte que je pouvais déjà sentir le sang me monter au crâne. J'avais du mal à respirer néanmoins, je ne cessai pas de sourire. Je touchais au but. Plus l'air s'échappait de mes poumons plus ma vue se brouillait. Je pouvais à peine respirer maintenant ... le néant m'attirait ... plus que quelques secondes ... plus que ...

-Il suffit !