Bon ben je sais pas, je suis inspirée ces jours-ci ^^ j'espère que ça vous plait ! Enfin bref, si vous non plus n'avez pas le temps comme Haylin25, je suis ravie quand même de savoir que ne me lâchez pas ! Je ne sais pas si la suite va vous en apprendre plus ... mais si vous avez une idée de ce qui va suivre, ce qu'il se passe ou autre vous pouvez toujours envoyer une review et je vous dirai qui sera le proche de la vérité ! Sur ce bonne lecture et merci !


La corde qui voulait se pendre

Un grincement strident me tira soudainement de ma torpeur. Cela faisait déjà quelques jours - depuis son retour – que j'étais constamment dans ce même état d'hébétement. J'avais de plus en plus de mal à réfléchir posément, mes pensées n'avaient pas de sens tandis que je n'arrivais plus à garder l'esprit sur terre.

Je savais qu'elle reviendrait, je ne savais cependant pas quand. Rester ainsi dans le flou, ne plus être maître de la situation était une torture. Dans l'incapacité de prévoir l'avenir, je devais attendre. Elle m'y forçait et j'étais certain qu'elle s'en léchait les doigts tant me regarder me dandiner et me ronger la peau en patientant devait la satisfaire.

Encore une fois, l'insupportable sonnerie se fit entendre. Je m'empressai de décrocher sentant déjà le mal de crâne pointer. Je répondis machinalement sans vraiment y prêter attention. C'était mon père. Cela faisait bien plus d'un an que je ne lui avais pas parlé pourtant je n'étais pas surpris. Je savais déjà pourquoi il appelait.

-Carlisle … commençai-je fatigué d'avance.

-Elle est revenue. me coupa-t-il plutôt sèchement.

Je soufflai me demandant ce qu'elle avait bien pu faire. Je me pinçai l'arête du nez et fermai les yeux laissant Carlisle continuer son récit sans mot dire.

-Elle a laissé une lettre devant notre porte. Vide. Conta-t-il exaspéré.

-Hum … oui. Rétorquai-je las.

-Pourquoi ça ne semble pas t'importer ? Demanda-t-il soudain énervé.

Bien que sa voix restait calme et posé, je pouvais sentir la colère percer à travers. Il avait toujours su faire preuve d'un certain calme olympien et j'avais eu beau m'exercer, je n'avais jusqu'alors toujours pas réussi à atteindre son stade de sérénité. Cependant, comme tout dans notre famille, dans nos vies, ce n'était qu'une apparence et une fois qu'on apprenait à connaître le patriarche Cullen, difficile de se laisser prendre à ce genre de passe-passe.

-Elle est venue …

-Tu lui as parlé ?

-Non.

Je raccrochai. Au final, j'en avais marre. Je me rappelais soudain pourquoi nous ne nous étions pas parlé depuis tant de temps. Il me faisait chier et je n'étais pas le moins du monde en état d'écouter son discours moralisateur sur comment j'avais gâché la vie de tout le monde. Je préférais encore aller dormir.

Tanya dormait déjà depuis plusieurs heures, heureusement pour moi. Cela faisait plusieurs jours que je la fuyais en quelque sorte. Je montais à l'étage et sentis un courant d'air froid venant de la chambre. Je fronçai les sourcils me demandant pourquoi Tanya aurait laissé la fenêtre ouverte alors qu'il gelait pratiquement dehors.

J'entrai dans la salle l'esprit toujours embrumé, exténué. Je m'avançai vers les vitres, le regard perdu . Prêt à verrouiller le tout, je relevai la tête en me disant que tout cela n'était peut-être au final qu'une mauvaise blague venant d'un de nos nombreux ennemis lorsque je tombai sur deux grands yeux marrons qui m'observaient.

-Tu m'as l'air bien conservé pour un cadavre. Lança-t-elle de but en blanc.

Je l'observais pendant un moment sans pouvoir sortir une phrase. Elle était vraiment là. Assise sur le rebord de la fenêtre, tout près du vide. Sa longue chevelure brune qui semblait se fondre dans le paysage nocturne tranchait avec l'extrême pâleur de sa peau tandis que le croissant de lune la faisait presque scintiller.

Cela faisait si longtemps … pourtant, je me sentais comme si ma vie avait été mis sur pause tout le temps de son absence. Je me sentais idiot à rester figé ainsi mais je n'arrivais plus vraiment à réfléchir. Elle tourna la tête vers l'extérieur ne me laissant voir que son profil droit. Elle fuyait mon regard. Je repris contenance et avançai lentement comme si elle allait s'évaporer aussi rapidement qu'elle était apparue.

-Je t'attends depuis plusieurs jours. Lançai-je brisant l'atmosphère pesante.

Un fin sourire étira le coin de sa bouche. Son air ironique me sembla trop sincère . Elle était là, oui cependant, ce n'était plus la même. Elle avait toujours eu un ton sarcastique seulement elle ne l'était que dans une certaine mesure. Aujourd'hui, la désillusion et la déception se peignait sur son visage en un horrible masque.

-Cela fait des mois que je t'observe. Dit-elle simplement en haussant les épaules.

-Tu as bien choisi ton jour à ce que je vois. Rétorquai-je l'air de rien.

A vrai dire, je n'avais jamais pensé à ce jour, à ces retrouvailles. Contrairement à d'habitude, je n'avais rien à dire. Je ne savais pas ce que je devais faire ni ce qu'elle attendait. Elle était juste là sans que je puisse rien y dire. Je soufflai blasé.

-Tu sais, j'avais tout préparé. Jusqu'au plus infime détail. Ma vengeance était en marche. Railla-t-elle pour elle-même.

Je me laissai tombé assis au sol buvant ses paroles.

-Tu n'es pas la première à t'y être frottée. Je ris en repensant à ma liste d'ennemis. Qu'aurais-tu fait ? La questionnai-je intéressé et amusé à la fois.

Elle sauta à terre et rampa jusqu'à moi. Elle n'était plus qu'à quelques centimètres. Elle prit mes mains pendant que dans ses yeux, un brasier timide s'enflammait.

-D'abord, je l'aurai éloignée.

Elle pointa Tanya endormie voire inconsciente sur le lit. Je fronçai les sourcils ne comprenant pas.

-Oh ! Ne t'en fais pas, je lui ai juste administré des somnifères … un ou deux … peut-être toute une boîte qui sait en fait … s'éloigna-t-elle.

Elle se mit en tailleur face à moi, une de ses mains me lâcha pour caresser le parquet impeccablement ciré. Encore une fois, elle fuyait préférant se concentrer sur autre chose.

-Une fois que je l'aurais dégoûté de toi, j'aurais détruit ton empire. Cela est aisé d'entrer dans un commissariat après tout. Je leur aurais tout dévoilé. Ta famille aurait plongé aussi. Tu n'aurais plus rien eu … soupira-t-elle.

Elle semblait jouir d'imaginer ma souffrance. Fermant les yeux et inspirant profondément, son corps, je pouvais le ressentir, était traversé par des centaines de légers frissons. L'adrénaline.

-Je n'avais rien laissé au hasard. Je suis trop …

-Perfectionniste. La coupai-je.

Son attention revint vivement sur moi. Elle ne semblait pourtant pas prise au dépourvu, un peu comme si elle avait prévue mon élan ou peut-être étais-je devenu trop prévisible.

-Oui. C'est pour cela que je ne pouvais décemment pas laisser de côté le fait que c'était toi et non pas n'importe qui d'autre que j'attaquai. Admit-elle finalement.

-Cette fois, tu es bien la première à prendre ce facteur en compte. Souris-je fier avec une légère pointe d'orgueil.

Elle se leva prestement comme brûlée mais ne semblant cependant pas avoir écouté ma remarque. Elle me tournait le dos, ses doigts fins agrippant son crâne. Je restais dans la même position jusqu'à ce qu'elle se décide à me regarder. Elle se retourna en grognant, son visage reflétait une telle souffrance …

-Mon plan était parfait. Mais non ! C'est toi. Le grand, le despotique Edward Cullen. M'en prendre à ta catin n'aurait eu aucune incidence sur toi, je parie qu'elle t'insupportes déjà au plus haut point. Quant à ta famille … que tu sois la cause de leur déchéance t'importe si peu … c'est vrai ! Je t'ai vu coller une balle entre les deux yeux de ton propre frère ! Sans aucun remord !

Elle criait maintenant, elle me reprochait tellement de choses.

-Et en prison ? Tu es le mal en personne, comme le plus vil virus, tu contamine tout autour de toi. Tu es autodestructeur mais tu as besoin des autres pour survivre. Tu ne peux pas te détruire seul, il faut à tout prix que tu emportes tout ce qui t'entoure dans ta descente aux enfers.

Elle me contemplait, dégoûtée et pourtant, je n'arrivais toujours pas à ressentir de culpabilité. Je décidais de lui faire face, après tout j'avais gagné, elle ne pouvait rien contre moi.

-Oui et alors ? Tu ne fais que dire ce que l'on sait déjà. Que compte-tu faire hein ? M'attaquer à coup de remarques sarcastiques ? Ouh … qu'elle est belle la vengeance, que j'ai peur. Me moquai-je m'approchant de plus en plus près tandis qu'elle reculait.

Je m'attendais à tout sauf à ce qu'elle fit à ce moment-là. Elle accourut à la fenêtre montant sur le cadran debout.

-Regarde-moi bien Edward. Contemple-moi, admire-moi, vénère cette image et garde-la bien ancrée dans ton esprit car plus jamais tu ne me reverras ainsi. Me menaça-t-elle avant de se laisser tomber dans le vide.

-Bella !

Je hurlai son nom me jetant littéralement à sa poursuite mais un simple coup d'œil à l'extérieur me fit comprendre qu'elle avait déjà tout prévu. Elle s'était évaporée comme une âme errante, cependant, quelque chose me disait qu'elle n'était pas que de passage et qu'elle comptait bien me hanter.

Chaque fois que j'avais pensé à elle ces dernières années, je m'étais dit mot pour mot ce qu'elle m'avait craché au visage mais jamais, pas une seule fois, je n'avais réussi à ressentir quelconque remord. Pourtant, j'avais mal, je l'avais brisée, détruite. Je l'avais vu avant qu'elle ne saute. J'avais vu toutes sortes d'émotions passer à travers les yeux de Bella.

Ils étaient un véritable miroir à son âme. Aujourd'hui, il n'y avait plus rien. Ses prunelles chocolatés qui pétillaient tant autrefois, n'exprimaient plus rien. Comme si cela avait influé sur tout son être, elle m'avait semblé d'une banalité sans borne. Autant Tanya était parfaite au point d'en devenir ennuyante à mourir autant Bella semblait si banale qu'elle en paraissait insignifiante.

J'avais mal, oui mais aucune culpabilité. Je souffrais en échos à ses propres maux.

(…)

-Hum … Edward ? Tu vas bien mon amour ? Chuchota légèrement Tanya derrière moi.

Elle émergeait enfin. Je n'avais pas pu fermer l'oeil de la nuit, j'étais donc resté prostré devant les vitres. Un instant plus tard, elle se matérialisait à mes côtés m'enlaçant amoureusement. Je me détachai vivement de sa prise brûlé.

Je sortis en trombe de la chambre sans lui jeter ne serait-ce qu'un coup d'œil. J'étouffais de plus en plus lorsqu'elle était dans le coin.

-Prépare tes affaires. On rentre. Grinçai-je simplement sèchement avant de m'éclipser.