Un joyeux Halloween à vous, certes un peu en retard.:)
Réponse reviews :
Neiflheim : Naaaaaaaaan, comme si Mikie pouvait crever de deux, trois coupures, des bricoles te dis-je. Eventration = rhume pour un archange =). J'essaye de poster régulièrement mais ça dépend de mes cours en fait :/ Désolé je comprend que ça soit gavant xD.
Lalala1995 : Merci beaucouuup pour tes reviews, j'adore les lire, je t'imagine un doigt pointé sur ton écran en mode ''Noooooon pourquoooooi'' Pour la question du happy end, pour être honnête je ne sais pas encore comment cette fic se terminera.. Je verrai bien =p.
choup37 : Aaaaw j'adore te lire, quand j'écris je ne sais pas trop où je vais moi même, je le fais un peu au feeling, et ça me fait très plaisir -je suis plutôt sadique- de voir que j'arrive à te surprendre et à te provoquer des émotions fortes.
Adam pose à nouveau sa tête contre le torse de l'archange, et s'assure une énième fois que son cœur bat.
Son cœur bat. Très lentement, mais il bat, et il respire. Pourtant en neuf jours, son corps a à peine tiédi, et Dean a laissé entendre plusieurs fois qu'il pourrait n'être plus qu'une coquille vide se réchauffant uniquement par automatisme corporel. Adam ne peut pas le croire.
Michael a pris soin de lui pendant quatre ans, s'il l'a laissé mourir...
Non, il est vivant, il va se réveiller.
Kevin et Castiel l'avaient aidé à transporter l'ange à l'intérieure sans discuter, mais quand Sam et Dean étaient rentré, ils lui avaient clairement fait savoir à quel point dangereux et stupide il avait été de faire rentrer un ange psychopathe qui leur en avait bien fait baver dans leur maison. Ce à quoi Adam avait répondu en hurlant :
-Il s'est occupé de moi d'accord ?! Sans lui je me serai probablement dissous dans la cage et croyez moi, ça n'a rien d'agréable ! Il s'est occupé de moi alors que vous deux m'avez laisser pourrir là-bas après tout votre beau discours sur la fraternité !
Après ça, Sam avait fait lui même des points de suture à Michael et il n'avait plus jamais été question de le jeter dehors.
Adam se sent coupable, bien sûr, c'était vraiment un coup bas. Mais il n'avait pas eu le choix, Mike était alors tellement faible qu'il serait mort de froid dehors.
Adam grimace à cette pensée, parce qu'il n'aurait jamais voulu que ''Mike'' et ''faible'' prennent place dans la même phrase. Et encore moins ''Mike'' et ''Mort". C'est d'un archange dont on parle bon sang ! Il n'y a aucun moyen qu'il puisse mourir à cause de quelques entailles ridicules.
-Adam ? Dit Kevin en passant la tête par l'entrebâillement de la porte, je te pose ton assiette sur la commode, mange un peu.
-Plus tard, répond le blond d'une voix absente.
-Sam et Dean te font savoir qu'il doivent s'absenter pour une chasse et qu'ils seront de retour dans quelques jours.
-D'accord.
Dès qu'il entend la porte se refermer, il pose à nouveau sa tête contre la poitrine de l'ange. Il soupire de soulagement en entendant son pouls battre régulièrement.
Il ne sait pas quel genre de sentiments il a développé pour l'archange, mais il sait que ce n'est pas sain. Il le ressent comme une sorte de dépendance un attachement malade. Il recherche toujours sa lumière comme s'il pouvait encore sentir sa grâce pulser sous la peau du vaisseau. Il a conscience du fait que répéter une action plusieurs fois en espérant toujours obtenir un résultat différent est la définition de la folie, pourtant il a le sentiment que s'il prend son pouls suffisamment de fois, Mike finira par se réveiller. Comme s'il devait le mériter.
Il est tellement fatigué qu'à chaque fois qu'il pose la tête sur le torse de Michael, il s'y attarde un peu plus. Finalement, il oublie qu'il est dans cette position pour une raison et sombre dans l'inconscience.
Adam a l'impression de subir le supplice de l'eau. Dans son crane résonne continuellement un bruit de grattement, mêler à un grognement sourd, comme si une créature tentait de se frayer un chemin sous la terre. Il pense d'abord être de retour dans la fosse mais la fine pluie tombant sur son visage écarte rapidement cette possibilité.
Son cerveau envoie régulièrement des décharges d'adrénaline dans son corps mais ne réussit qu'à lui arracher de faibles sursauts dans les extrémités. L'engourdissement diminue, cependant, et le peu de conscience qu'il arrive à rassembler essaie de repérer le monstre qui gratte, probablement autour de la tête d'Adam.
Une douleur sourde vibre le long de ses muscles, une douleur que le froid devrait pourtant engourdir.
Alors il arrête de chercher le monstre parce que ce son, se son qui résonne tellement que ses dents s'entrechoquent, c'est le son de ses os qui se fissurent, craquent, et cèdent, et soudain il comprend pourquoi il ne peut pas bouger.
Il n'a aucun souvenir de son cauchemar, mais sa respiration précipitée lui indique que son sommeil n'avait pas été paisible. Son premier reflex est d'essayer de se rendormir mais la main négligemment posée dans ses cheveux le tire vers le monde réel.
Quand il s'assied, l'archange semble faire de même par automatisme. Il a toujours la main à moitié levée comme s'il hésitait vaguement à la reposer sur Adam et son regard glisse sur le visage du garçon comme à la recherche d'une ouverture. Le Milligan a encore les deux bras étalés sur le matelas et cherche activement quelque chose à dire, ne serait-ce que pour faire oublier à l'ange la façon dont il s'était pelotonné contre lui dans son sommeil. Cependant, c'est le brun qui s'exprime le premier, la tête penchée sur le côté comme Castiel le faisait si souvent, rappelant douloureusement Michael à Adam :
-Est-ce que ça va ?
Adam veut éclater d'un grand rire sarcastique et dire ''Oui ça va, disons qu'au moins on ne dirait pas que je me suis fait bouffer, puis recracher par une meute de loups enragés''. Mais son rire se bloque dans sa gorge et il se retrouve à laisser le silence planer dans la pièce.
Michael lève un peu plus la main vers le blond, la paume vers le haut, et Adam comprend qu'il lui offre de lire ses pensées. Non, il ne lui offre pas, à la façon dont l'archange se penche dans son espace personnel la demande sonne plus comme une supplique. Adam hoche la tête en acceptation, parce que de toute façon il n'y a rien d'horrible à propos de lui que Michael ne sache pas déjà.
L'engourdissement psychologique dans lequel il est plongé depuis quelques semaines, semble se lever de son esprit, et soudain il sait.
Il sait à quel point il a mal quand ses frères le regardent comme si il n'étaient pas sur qu'il soit humain alors que bon sang, il est leur frère. Il sait que quand Dean l'observe avec ce feu de culpabilité dans le regard il y a une douleur sourde dans son ventre qui lui donne envie de pousser là dessus, d'appuyer, jusqu'à ce que Dean soit vidé comme seul la cage peut le faire. A quel point il refuse d'en apprendre plus sur les léviathans et toutes ces conneries de monstres qui ont surgit du néant pendant qu'ils pourrissaient en enfer, parce que, parce que combien de ses amis ont fini comme casse-croûte ? Combien de ses proches ont sentit leur chair se déchirer comme il l'avait sentit lui même ? Combien des personnes, dont il connaissait le visage, abritaient à présent un ange, et se débattaient furieusement à l'intérieure en glissant peu à peu dans la folie ? Il sait qu'en pensant à tous les anges perdus sur terre, luttant pour survivre, il se dit ''On récolte ce que l'on sème''. Et pire, pire, pire, il sait qu'il y a toujours une partie de lui qui cherche ce qu'il a bien pu faire pour se retrouver en enfer. La partie de rationalisation enfantine qui pense ''Les méchantes personnes vont en enfer, et les gentilles au paradis'' parce que c'est comme ça, c'est logique. Alors il doit être quelqu'un de mauvais, et il cherche, il cherche la noirceur que Dieu a du voir en lui et qui lui a fait penser qu'il appartenait aux flammes de glace. Et il se rappel toutes ces petites choses pour lesquelles sa mère l'avait réprimandé, et le doute s'insinue au plus profond de lui. Se grave dans son esprit.
Il sait. Et les pensées résonnent enfin dans sa tête maintenant que Michael les écoute, parce qu'il ne veut pas exprimer inutilement, parler dans le vide, l'introspection appartient à ses années de solitudes dans la cage, quand il était allongé, perdu sur le sol gelé avec rien de mieux à faire que penser, penser, et penser.
Il est fatigué de toutes ces étiquettes qui lui collent à la peau ''Winchester'', ''Navire'', ''Orphelin'', ''Cassé'', ''Inutilisable'', pourtant c'est lui, c'est ça. C'est sa vie maintenant.
Le prince du ciel repose sa main sur son genou avec une moue désapprobatrice, mais il accepte de toute façon, et il prend tout.
