Je vais être honnête, écrire le point de vue de Michael est très dur. J'avais les abdos contractés pendant tous le temps que j'écrivais, parce que franchement j'essaye de vous transmettre quelque chose qui moi même me dépasse. En tous cas j'espère que vous apprécierez et bonne lecture, merci à tous pour votre soutien.

Ce chapitre est plus court mais j'ai bien galéré dessus alors soyez sympas xD.

Je ne dirait pas que ce passage est positif, mais il est nécessaire à ce que vous cerniez bien les deux personnages et leurs états d'esprit actuels. Désoler si vous vous sentez un peu déprimés, ou remués, et euh, bonne année :).


POV Adam :

Avoir passé toute la matinée à tenter de tirer correctement a vraiment fatigué Adam. De plus, écouter pendant des heures Dean lui parler des différents types d'armes et de munitions comme s'il comptait se marier avec un flingue prochainement n'est pas exactement sa définition de l'amusement.

Heureusement, Michael est une source de distraction sans fin.

-Allez ! Juste une petite bouchée ! Plaide le garçon pour la dixième fois au moins.

L'ange grimace en regardant le contenu de l'assiette d'Adam – de la tarte, c'est à peu près tout ce qu'il y a dans le frigo des Winchester – .

-Je ne comprends pas ton obsession de me nourrir puisque je n'en ai pas besoin.

-Tu ne peux pas rester sur terre sans manger, c'est une des meilleures expériences humaines, allez Mike !

-C'est inutile.

Adam soupire en s'affalant sur sa chaise, il commence vraiment à se demander si Michael n'a pas un blocage avec la nourriture.

-Tu ne sais pas comment faire, c'est ça, hein ? Tu n'as jamais appris à déglutir. Tu vas t'étouffer, ou te mettre à baver et tu perdras toute ta prestance angélique.

L'archange lève les yeux au ciel. Il attrape la fourchette du blond et avale un morceau de pomme en prenant à peine le temps de le mâcher.

-Satisfait ? Demande-t-il en rendant sa fourchette à Adam.

-Tu ne savoures même pas ! Se plaint le garçon en reprenant son couvert pour continuer à manger.

Adam réalise avec un rire à demi étouffé qu'il vient de faire manger de la pomme au prince du paradis. Son homonyme serait si fier de lui.

Le Milligan ne se sent pas plus fort ou plus en sécurité depuis qu'il a commencé à apprendre à devenir un chasseur, mais il sait pourquoi il fait cela. Il peut mieux gérer ses cauchemars en attrapant le flingue sur sa table de chevet. Il vise le plafond, le mur, le vide, mais il n'y a rien à tuer. Alors il repose son arme et se rendort.

Étonnamment la plupart du temps, les rêves sont pires que les cauchemars.

Evidemment, la vision de Michael le poussant contre un mur ou sur une table, en appuyant trop fort et en glissant trop vite, laissant sa peau douloureuse et hypersensible et son corps pantelant, n'est pas exactement la pire des choses.

Mais sa fierté en prend un coup, et il commence vraiment à avoir l'impression d'être une gamine de 13 ans.

De plus, l'archange lui paraît vraiment étrange ces derniers temps. Dire qu'il traite Adam comme s'il était en sucre serait encore en dessous de la vérité. Le Milligan commence à se sentir comme une dame du 17ème siècle, toujours prête à piquer un phare et à défaillir à la moindre secousse. Autant que Dean lui rappelle qu'il est fort, Michael lui rappelle qu'il est fragile. Ils en arriveraient presque à un équilibre, tiens.

POV Michael :

Michael regrette la cage.

La Terre... La Terre lui paraît trop imprévisible. Au moins, dans la fosse, sa grâce glissait à l'infini. Il sentait la présence d'Adam, où il était, ce qu'il faisait, à n'importe quel moment. Il pouvait entendre en permanence sa respiration et ses battements de cœur contre son aile. Il s'était habitué à ce son. Les humains évoluent ensemble et grandissent parmi leurs semblables, cela leur donne comme une sorte de rythme. Ils bougent complémentairement et se répondent autant physiquement qu'émotionnellement. Quelque chose que Michael n'a jamais pu comprendre, car lui est resté la même masse de force et de lumière céleste pendant des millénaires.

Sur Terre, Adam redevient instable. Il évolue, il change, il s'adapte, et l'archange ne peut rien y faire. Une partie de lui veut l'attacher à sa grâce et le maintenir immobile et protégé, juste là, pour toujours. Le déchirer et le reconstruire atome après atome, plus fort, plus stable, comme lui. Mais au lieu d'influencer Adam, c'est le contraire qui se produit. Michael ne peut pas s'empêcher de suivre son rythme, de la même façon qu'il ne pouvait s'empêcher de respirer en même temps que lui dans la cage.

Finalement, d'une certaine manière, il réussit même à appréhender l'amour charnel.

Autant que l'idée le dégoûte, il désire ardemment creuser ses doigts dans la peau d'Adam, juste pour voir à quel point il est cassable. Mais le garçon est si fragile, des millions de cellules dont l'existence est si brève qu'elles se renouvellent en permanence. Comment les humains peuvent-ils même atteindre l'âge adulte sans être dévorés par des insectes ?

Mais il sait qu'il aurait suffisamment de contrôle pour serrer sans briser, comme il l'avait fait jusque là.

Michael ne sait pas ce qu'il veut faire d'Adam, ce n'est pas quelque chose qu'il peut comprendre ou imaginer, mais il sait qu'il finira par le faire. S'il ne peut plus sentir l'âme d'Adam contre sa grâce, il finira par faire quelque chose de sale, de désordonné et d'incontestablement humain juste pour pouvoir le sentir aussi proche.

Son père le traiterait d'abomination bien pire que Lucifer s'il savait cela.

Michael est terrifié de sentir que ça ne l'arrêterait pas.

Le mieux qu'il pourrait faire dans sa situation actuelle est de s'éloigner aussi loin que possible d'Adam comme Castiel avait essayé de le faire avec Dean, mais, comme pour Castiel, ça ne lui semble pas une option.

Il a besoin d'avoir Adam à porter de main, car si ses cellules se déchirent, il doit le réparer dans la seconde.

Et le plus jeune des Winchester semble tellement propice à tomber en pièces à n'importe quel instant. La culpabilité de ne pas avoir sauvé sa mère le dévore plus surement et plus vite que la cage.

Adam aspire à souffrir, d'une certaine manière, quand il force ses ongles dans sa peau fragile sans y prêter attention, ou quand il s'empêche de s'alimenter correctement.

Michael ne sait pas si le garçon le veut près de lui pour souffrir ou s'il s'accroche à lui parce qu'il sait que l'ange va le soigner de toute façon, et il ne voit aucune autre raison.

Les sentiments qu'il a pour l'humain, puisque qu'il est sûr qu'il s'agit bien de sentiments, continue à s'infiltrer et à gangrener sa grâce jusqu'au moment où il ne restera rien du guerrier de dieu obéissant, indifférent et insensible qu'il était, et alors il attrapera Adam et.. Et peu importe ce qu'il lui fera, ce ne sera pas bien.

Mais autant qu'il sait qu'il doit faire quelque chose pour arrêter cela, il sait qu'il en est incapable.

Et Adam est trop.. Innocent, inconscient, ingénu (autant de qualificatifs qui feraient probablement grimacer le Winchester) pour le repousser. Si, non, quand quelque chose arrivera, Michael sera le seul responsable.

Mais quand Adam avait lu ses pensées, Michael lui avait caché tout cela.

Il y a cette façon dont le garçon le regarde comme s'il était toujours la seule lumière dans la pièce, cette façon dont il s'accroche à lui ou le touche parfois comme pour vérifier s'il est encore là. Des petits coups, qu'il lui donne dans l'abdomen ou sur l'épaule et qui le blesseraient probablement s'il était humain; ou ses doigts qui attrapent subitement son T-shirt pour le tirer un peu plus proche de lui. Ça ressemble à des spasmes incontrôlés, et Adam ne semble pas se rendre compte qu'il fait cela tout le temps. Parfois il serre son poignet, comme s'il prenait son pouls et reste comme ça, quelques minutes, avant de recommencer à bouger subitement comme si le temps avait été figé pour lui. En voyant le regard de Sam quand Adam avait attrapé la main de l'ange pour la serrer contre son torse en se balançant doucement d'avant en arrière, Michael avait eu la confirmation que rien de tout cela n'était habituel pour un être humain.

L'archange le laisse faire de toute façon, car cela semble permettre à son ancien navire de reprendre le contrôle de lui-même. Il ne peut plus lire les pensées d'Adam, mais il est curieux de savoir à quel point, avec les limites de ses sentiments humains, Adam veut l'absorber.

Alors que le Winchester mange sa tarte avec une expression apaisée, sa main gauche serre son genou, puis dans un mouvement rapide et décousu, se tend vers Michael.

En une seconde, il vole sur la chaise à côté d'Adam et le laisse saisir sa main pour entremêler leurs doigts. Le regard du blond est vide et fixé sur un point invisible jusqu'à ce qu'il soit absolument sûr que sa main n'est pas une hallucination, et il le relâche.

Le Milligan tourne son visage vers lui avec un sourire intrigué, comme s'il se demandait pourquoi l'archange est soudainement venu vers lui.

Sur le pas de la porte, Dean les regarde avec un mélange de dégoût, de peur, et de fascination.