Victooooire ! J'ai récupéré mon ordinateur. Obligé d'écrire ce chapitre sur papier, suppliiiiice. Ma fanfiction Sabriel sortira dans les jours à venir, j'espère que vous la lirez et que vous l'aimerez :) ! Elle sera plus légère au niveau de l'ambiance, vu que Gabriel est tout de même beaucoup moins "lourd" émotionnellement parlant que Michael. Quand à pourquoi j'ai été punis, eh bien j'aimerais le savoir x).
Trois mois après le départ de Michael :
Michael est celui qui a donné cette perspective à Adam.
Quand le chasseur regarde les autres, les humains, qui s'agitent autour de lui, il ne comprend pas.
Il pense à l'archange souvent, tout le temps, et il se demande si tout ce qu'il imagine devient une prière.
Il y a du café qui s'écoule dans l'évier avec un bruit insupportable.
Il se demande ce que Michael pense de ses prières.
Mais où diable a t-il eu cette cicatrice ?
Et le son des tasses qui s'entrechoquent...
Est-ce que cette femme lui parle ? Non, elle ne le regarde même pas.
L'humanité est désespérante.
C'est quelque chose qu'il veut transmettre à Michael ça, oui.
On est peut être stupide, et minuscule, et tordu. La cruauté, l'absence de courage, les accès de colère, la mesquinerie, la peur. Mais on a des excuses quand même. C'est facile d'être parfait quand on sait pourquoi. Pourquoi on doit vivre, comment agir, ah c'est facile hein ? Dieu peut bien avoir un plan pour chacun de nous, ce serait sympa de nous le transmettre. En attendant, on avance les yeux bandés.
Et ton histoire de péchés capitaux là, c'est de la merde. C'est quoi déjà ? Il y a la colère, c'est ton préféré celui-là. L'orgueil aussi. Rien que le fait que ce soit Dieu qui nous dise de ne pas être orgueilleux, ça sent l'arnaque. L'envie, vouloir; l'avarice, garder. Disons que ça n'a pas marché pour moi, mais si tu ne veux rien avoir et rien garder, tu es en train de crever. La luxure, depuis que je sais que même les anges en sont capables, je le trouve plutôt ironique celui-là.
D'où vient cette odeur de pourri ?
La paresse. Avec tout ce que Dieu nous interdit de faire, en plus il nous interdit aussi de ne rien faire ! Et la gourmandise aussi. Mais celui-là est dans la nature humaine, il ne compte pas.
Le bois du comptoir est rêche contre sa joue, et une seconde plus tard, il a disparu.
Dean le pousse dans la voiture et il se laisse tomber contre la fenêtre, qui est froide. L'hiver couvre toute la ville de blanc immaculé.
Il y a toujours cette odeur. Quelque chose qui se décompose. Quelque chose de mort.
En arrivant il prend une douche, mais le savon industriel ne fait pas disparaître le relent doucereux et insupportable. Il a l'impression que c'est dans sa bouche, et que ça s'étale partout en lui.
C'est le fantôme de son sang qu'il avale.
Ou alors c'est lui, qui est en train de pourrir.
Il cherche l'effluve dans sa chambre. Sous son lit, dans sa table de chevet, dans son armoire. Dans celle-ci, il trouve une veste qui ne lui appartient pas. Elle est bleu marine, en coton fin pas adapté à la température. Il lui faut dix bonnes minutes pour que l'image de Michael l'enveloppant dans le vêtement lui revienne. Il la sent alors, pour retrouver un parfum, peut-être.
Mais elle sent le pourri, juste comme tout le reste.
Il sort dehors pour prendre l'air, mais comme toujours le froid est asphyxiant. La senteur disparaît quand ses membres commencent à s'engourdir.
-Michael, articule t-il soigneusement, goûtant le prénom sur ses lèvres gercées.
Il jette la veste devant lui comme si elle allait miraculeusement le mener à son propriétaire. Mais elle s'écrase juste dans la neige, avant d'être recouverte par les flocons. S'il la laisse là, s'il décide de s'en foutre, elle cessera d'exister. C'est logique, c'est immuable, tout ce dont on ne se soucie pas fini par disparaître.
-Michael, répète t-il plus fort, comme un avertissement.
Une main attrape son épaule, il se retourne.
Il ne connaît pas cette personne. Cette femme d'à peu près son age, aux yeux marrons clairs et aux cheveux châtains. ''Elle est belle'' pense-t-il naïvement juste avant que les yeux de la démone ne deviennent noirs.
-Je ne pensais pas tomber un jour sur un Winchester aussi faible, sourit-elle.
Il tombe sur le sol, avant de ressentir la douleur poignante à l'estomac.
-Pauvre gosse, cassé, incapable de se battre.
Il essaye de dire quelque chose, mais tout ce qui sort de sa bouche c'est du sang.
-Oh quelle impolie, je ne me suis même pas présentée ! Je suis Abbandon, et ton ex-petit-copain a détruit mon navire préféré. Dommage pour toi, tu vas devenir le nouveau. Je veux voir le regard de ton petit ange quand il se rendra compte que j'ai sali son précieux véhicule.
Adam veut se défendre, vraiment, mais ses muscles sont comme paralysés. Personne n'avait osé faire référence à Michael depuis des mois. Une douleur diffuse traverse ses membres et il ne peut rien faire quand elle l'attrape par le bras et disparaît avec lui. Parfois tu tends la main et on te tord le bras.
Il se réveille à la sensation d'un fer chauffé à blanc appuyé contre son abdomen. Il hurle et tente de se mettre sur le côté pour ne pas s'étouffer avec le sang qui afflue dans sa gorge. Le sang qu'on lui fait boire.
-Ah je sais bien que ce n'est pas drôle, dit une voix féminine près de lui, mais Michael t'a marqué. Bien sûr qu'il t'a marqué, les anges sont d'une possessivité légendaire. Mais tu n'imagines pas la quantité de sang de démon nécessaire pour effacer sa marque. Évidemment, avec ange et démon à l'intérieur de toi, c'est un peu comme une explosion nucléaire dans tes entrailles.
Il sent ses ongles contre son ventre juste avant qu'elle ne perce la peau sensible. Le liquide chaud gicle partout quand la main s'enfonce dans sa cage thoracique. Une petite voix dans sa tête lui dit qu'il devrait déjà être mort, mais ce serait trop simple bien sûr.
Les heures suivantes, ses hurlements diminuent jusqu'à disparaître. Il arrête de se débattre, il arrête de prier pour de l'aide. Il cesse d'exister, il cesse d'être Adam Milligan. Le démon rentre en lui, morceau par morceau, et sa conscience est écrasé sous le poids de la haine. Ce n'est que quand il perd la marque de Michael qu'il la remarque, la boule de chaleur et de puissance au fond de lui, qui s'écrase et se dissout dans la noirceur. Il pense à des choses paisibles quand il se sent partir. Il pense à Sam quand il lui glissait ''Bon boulot'', il pense à Dean et Castiel quand ils l'aidaient à se nourrir et à se coucher comme deux papa poules, il pense à Kevin qui lui parlait pendant des heures en souriant calmement juste pour lui amener un peu de paix, il pense à sa mère, quand elle le serrait dans ses bras il y a bien longtemps. Et il se sent petit, fragile, un enfant blond aux yeux bleus qui ne sait rien du monde. Sa mère le serre dans ses bras, et c'est comme si elle pouvait le protéger de toutes les horribles créatures. Et puis il pense à Michael, à l'étreinte maladroite et désolée, à sa bouche brûlante contre la sienne, à sa grâce qui illuminait la cage.
Et il cesse d'exister.
POV Castiel :
Il faut trente minutes à Dean pour être terrifié.
Adam a disparu, en laissant juste une veste dans la neige derrière lui, et le chasseur commence vraiment à penser qu'il a fait une fugue ou pire. Castiel ne parvient pas à le localiser, et Sam a déjà fouillé tous les endroits où il aurait pu se réfugier sans voiture.
Kevin serre sa tête entre ses mains, il se sent coupable, il était celui chargé de surveiller Adam pendant leur absence.
-Tu es sûr que tu n'as rien entendu ? Répète Dean une vingtième fois.
Le prophète hoche piteusement la tête.
Voir l'aîné des Winchester dans cet état est suffisant pour convaincre l'ange d'agir stupidement.
-Je vais demander à Michael, dit-il, et il disparaît sans laisser le temps à Dean de dire non.
L'archange est facile à localiser, assis seul en haut d'une quelconque montagne. Il médite ou il prie, c'est difficile à dire. Castiel s'approche de lui, et lui dit sans détour :
-Adam a disparu.
Le prénom semble réveiller quelque chose, un spasme agite les mains de l'ange.
-Ce ne sont pas mes affaires, ses frères s'en occuperont.
Le plus jeune ange laisse un long silence passer avant d'oser formuler sa pensée.
-Tu me déçois.
-Je déçois tout le monde. Tout le monde me déçoit.
-Mais parfois, c'est important.
-Rien n'est important, sauf les ordres.
-C'est stupide et sans fondement ce que tu dis.
-Ça s'appelle la foi.
L'archange est monotone, inexpressif, pitoyable.
-Je ne peux pas te laisser tout briser comme ça, tu es mon frère.
Michael est debout face à en lui en un centième de seconde.
-Lucifer était mon frère, Raphaël était mon frère, Gabriel était mon frère. Toi, toi tu es un soldat de rang inférieur.
-Combien d'ange tu as tué ces derniers mois ?
-Je tue qui je veux, je suis la justice divine.
-Tu tues l'idée que tu te faisais des bons soldats. Tu tue ceux qui te ressemblaient, avant. Tu t'acharnes à tuer celui que tu étais, alors qu'il est déjà mort.
-Epargne-moi tes discours bien pensants.
-Pourquoi ? Tu ne me tueras pas de toute façon.
-Ah tu crois ?
-Tu as besoin que je te dise ce que tu dois faire.
Michael semble décontenancé pendant un moment. Mais Castiel sait, bien sûr, il se souvient du sentiment qui l'envahissait alors qu'il suppliait Annah de lui donner un ordre.
-Et qu'est-ce que je dois faire ? La voix de l'archange est plus basse, moins grave, plus fragile.
-Fais ce que tu veux.
-Je n'ai pas la droit, je n'ai jamais fait ça avant.
-Tu n'as jamais eu envie de rien avant.
-Si je ne dirige pas le paradis, cela va entraîner le chaos.
-Délègue à quelqu'un de confiance. S'il ne s'agit que de tuer les anges du genre de Zachariah, n'importe qui peut le faire.
Michael hoche doucement la tête, et étrangement, Castiel se sent comme un frère cette fois. Il espère simplement qu'il ne soit pas trop tard pour sauver Adam.
