Chapitre 13 : Childish

Conte

Il était une fois, un roi et une reine qui ne pouvait pas avoir d'enfant.

En fait non, ce n'est pas du tout ça. On reprend.

Il était une fois, deux hommes qui se détestaient. Ils étaient ennemis depuis toujours. C'était des Seigneurs du Temps qui ont treize vies et changent de visage à chacune d'elles.

Au cours d'une de leurs habituelles chamailleries.

Non, je reprends à nouveau.

Au cours d'une de leurs habituelles batailles sanglantes, l'un d'entre eux dû se régénérer de façon difficile et se transforma en femme.

Et on en revient au début :

Il était une fois, un roi et une reine qui ne voulaient pas avoir d'enfant. Ils trouvaient que leur vie leur convenait ainsi, et la reine n'avait nul envie de renoncer à ses activités pour procréer.

Cependant le roi s'ennuyait dans son château.

En fait, ce n'était pas tout à fait un château. Je devrais même dire que ce n'était pas du tout un château. Je recommence.

Cependant, le roi s'ennuyait dans son TARDIS – Time And Relative Dimension In Space, c'est juste pour dire que cet engin voyage dans le temps et l'espace et qu'il est plus grand à l'intérieur.

Après une récente expérience dans sa vie, il se demandait s'il n'aimerait pas voir son patrimoine génétique se perpétuer.

C'est le terme qu'emploient les Seigneurs du Temps pour dire qu'il leur plairait bien de pouponner. Un peu trop intellectuels ces gens, à mon avis. Hein ? Quoi ? On se fiche de mon avis ? D'accord je continue.

« Ma douce amie », dit-il un jour à la reine.

En réalité, il ne l'appelait jamais « ma douce amie », mais on est dans un conte, donc on va utiliser le langage des contes, n'est-ce pas ?

« Ma douce amie, dit-il un jour à la reine. Que diriez-vous – il ne la vouvoyait pas non plus, mais… oh, d'accord, d'accord, j'arrête de faire des commentaires, mais c'était juste pour préciser… oui, oui je sais, plein d'autres conteurs sur le marché, je ne suis pas la seule, on pourrait très bien me remplacer… je reprends à nouveau.

« Ma douce amie… ah non, je l'ai déjà dit ça. Gna, gna, gna… ah oui : Que diriez-vous de fabriquer un autre Seigneur du Temps ? Pour peupler un peu ce TARDIS qui me semble bien grand pour nous deux.

– Quelle drôle d'idée ! lui répondit-elle. Et comment comptez-vous vous y prendre ? J'ai le souvenir que le docteur Frankenstein essaya jadis de fabriquer un être humain, mais ce ne fut pas franchement une réussite.

– Heu… je pensais à un moyen plus classique.

– Oh ? Tiens donc, je ne connais pas, s'exclama la reine. Expliquez-moi cela.

– Eh bien, vous savez… les fleurs, les abeilles, le cycle normal de la nature quoi. »

La reine resta un instant à réfléchir. Le roi l'entendait marmonner.

« Cycle de la nature… mmh… mmh… abeilles… mmh… mmh… qu'entend-il par là ?

Non, mais quelle cruche cette reine, j'vous jure ! Trop intellectuels, je vous dis !

– Les agneaux, lui précisa le roi. Les chatons, les chiots. Les bébés ! s'écria-t-il enfin, cessant de tourner autour du pot.

– Vous voulez que nous fassions… un bébé ?

– Oui, c'est ça ! s'exclama le roi, soulagé.

– Attendez… si j'ai bien compris… étant donné que je suis la, disons "femelle", de nous deux, c'est moi qui vais devoir porter cet enfant dans mon ventre ?

– J'ai bien peur que oui, bredouilla le roi, un peu gêné. Croyez-moi, chère amie, si je pouvais… mais la nature, vous savez. Bref, je n'ai pas la physiologie qui me permettrait de…

– Hé ! s'exclama la reine. Ma foi, c'est une expérience que je n'ai pas encore tenté, et je crois bien que ça pourrait être amusant. »

Le roi poussa un soupir de soulagement.

TTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT

À quelques temps de là, la reine se retrouva enceinte. Elle continuait néanmoins ses sorties habituelles sur des planètes qui avaient besoin de son aide pour être sauvées.

Ce qui faisait un bon paquet de courses, situations dangereuses, et autres enfermements dans de sombres cachots.

Le roi la suivait dans ses aventures, bien que ce ne fut point sa tasse de thé, afin de la protéger comme il le pouvait. Ce qui lui valait nombres de coups sur la tête, ligotages, et autres bombes à désamorcer à la dernière minute.

Bref, au bout d'un certain temps, il en eu assez de se prendre des gnons pour éviter que le précieux ventre ne soit molesté.

Un jour, ils revinrent dans leur château – enfin TARDIS, haletant d'une longue galopade, après avoir échappés à des indigènes, qui avaient la ferme intention de les découper par le milieu pour les manger à la croque au sel.

« Vous… pantela le roi, vous pensez faire ça jusqu'au bout ?

– Jusqu'au bout… souffla la reine en déplaçant son ventre pour qu'il ne soit pas coincé contre le bras du siège. Jusqu'au bout de quoi, mon ami ?

– Eh bien, ma chère, jusqu'à votre dernier jour de grossesse. Ne pensez-vous pas que cela devient un peu dangereux pour le bébé ? Et pour vous également, bien entendu.

– Tiens, murmura la reine. Je n'y avais pas songé. Mais vous avez raison, mon ami. Je vais suivre vos conseils avisés et préparer la venue de cet enfant. »

« Ouf ! pensa le roi. Elle devient sage, enfin. »

TTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT

Le lendemain matin, il fut réveillé par un bruit aussi puissant qu'inattendu.

« On dirait… murmura-t-il. Mais oui, on dirait bien un bruit de tronçonneuse. »

Il se leva immédiatement et, suivant le son, il déboucha dans la pièce que la reine appelait son atelier, et où elle fabriquait toutes sortes d'objets, dont l'utilité n'était pas toujours évidente.

Elle était occupée à découper des planches dans un tronc d'arbre. Le roi, les yeux ronds, voyait passer la lame de la scie circulaire effroyablement près de la rotondité maternelle.

« Que faites-vous, ma chère ? cria-t-il pour dominer le vacarme.

– Hein ? lui répondit-elle. Qu'avez-vous dit ? »

La tirant prudemment à l'écart, il arrêta le dangereux instrument. Dans le silence revenu, il lui redemanda :

« Qu'avez-vous l'intention de faire avec ce bois ?

– Eh bien, mon ami, ne vous ai-je pas dit hier soir que j'allais préparer l'arrivée du bébé ? Je suis en train de fabriquer son berceau.

– Oh non ! soupira le roi. Je pensais que vous alliez entreprendre des activités moins physiques. Comme… tricoter la layette par exemple.

– Vous croyez ? Mais… le berceau…

– Je m'en charge, ma douce amie.

– D'accord. Je vais faire ses petits vêtements. »

TTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT

Le lendemain, tandis qu'il finissait de monter le cadre du berceau, il sentit une odeur bizarre.

« Ça sent la chèvre », grogna-t-il, les sourcils froncés.

Un murmure de voix diverses venaient de la salle de commande.

Assise dans le fauteuil, la reine était en train de tondre un des dix moutons qui occupaient le lieu.

« Ils sont un peu bizarres ces moutons, pensa le roi. J'en ai rarement vu se tenant ainsi sur leurs pattes arrière, et encore moins jouer aux échecs ou se gratter l'oreille comme un chien. »

« Tiens ! s'exclama la reine. Bonjour cher ami. Je te présente ces quelques brebis…

– Et un mouton, intervint un des animaux.

– Oui, bien entendu… et un mouton donc, qui ont bien voulus me donner de leur laine. Alors, ajouta-t-elle, si je me souviens bien, voici – en plus d'Einstein que tu connais déjà – Manivelle, Écrasette, Paupiette…

– Actuellement, c'est Module, fit remarquer l'intéressée.

– Oui, pardon. Donc je disais : Module…

– Ah, non, je viens de changer, repris la même brebis. Maintenant je suis Ventricule.

– D'accord. Je continue : Ficelle, Raquette, Tombédcamionne, Chaussette, La Fayette et… ben celle-ci, je n'ai jamais vraiment su son nom », ajouta-t-elle en désignant celle qui était maintenant occupée à ronger un os.*

– Que veux-tu faire de cette laine brute ? demanda le roi, craignant de connaître la réponse.

– Eh bien, c'est pour la layette du petit, bien sûr ! Je vais la laver, la carder, la filer et la tricoter, dans la plus pure tradition des reines de légendes, mon ami. Ne sommes-nous pas dans un conte ?

– Certes, soupira le roi. Cependant, je pense qu'il aurait été plus simple de se fournir à la plus proche mercerie.

– Allons voyons, il n'en est pas question ! répliqua la reine. Je veux ce qu'il y a de mieux pour notre bébé. La meilleure laine qui existe, tendrement travaillée par sa chère maman. Au moins, je suis certaine qu'elle ne sera pas polluée par tous les produits chimiques utilisés par l'industrie lainière.

– À bas l'industrie lainière ! s'exclamèrent ensemble huit des neuf brebis – plus un mouton – tandis que la neuvième les accompagnait d'un « grôôôô » très impressionnant.

– Bien, ma douce amie, comme tu veux », bêla le roi en abandonnant le terrain aux ovins.

[* Vous aurez reconnu, je l'espère, les brebis du la bande dessinée Le Génie des Alpages. Tous les noms sont authentiques, la brebis qui se prend pour un chien aussi, et celle qui change tous le temps de nom également.]

TTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT

Dans la suite de l'histoire, le roi dû bêcher un jardin, afin de cultiver les bons légumes destinés à fabriquer les premières soupes du futur bambin.

Il s'efforça d'empêcher la reine d'aller elle-même recueillir le miel, pour adoucir ses premières bouillies, directement dans les ruches.

Il pataugea dans les marais afin de ramasser de la sphaigne pour fabriquer des couches écologiques.

« Ce n'est pas parce que nous sommes dans un conte, que nous devons saloper la planète », lui fit remarquer la reine.

Finalement, un jour, la reine dit, satisfaite :

« Eh bien, je crois que nous sommes prêts.

– Tant mieux ! soupira le roi. Je me demande si s'occuper d'un enfant ne sera pas moins fatigant.

– Nous verrons bien… Ah ! cria-t-elle soudain. Qui vient de me donner un coup dans le ventre ? »

N'ayant point encore d'expérience en la matière, elle ne savait pas reconnaître les premières contractions. Mais le roi comprit tout de suite de quoi il retournait, et mis en route leur machine vers l'hôpital le plus proche.

TTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT

Horreur

Le sang jaillit. Le Maître voit la chair s'ouvrir sous l'action de la lame. Il voudrait crier, mais sa gorge reste bloquée. La tête du monstre surgit de son trou, dégoulinant de mucosités mélangées au rouge liquide vital. Un hurlement glaçant s'échappe de sa gueule édentée.

Le Maître voudrait fuir ce lieu d'épouvante, mais ses jambes lui refusent toute action. Il déglutit péniblement, et s'appuie de l'épaule à la paroi pour ne pas tomber.

.

.

.

.

« …onsieur ! Monsieur ! MONSIEUR ! Vous allez bien ? »

Il ouvre les yeux qu'il avait fermés pour échapper à l'horrible spectacle. Un visage à demi masqué de vert, le contemple à quelques centimètres.

« Ça va », râle-t-il.

Ces deux mots lui font retrouver l'usage de la parole, et il chevrote un « pousse ! » qui se mêle à celui de la sage-femme. Le bébé glisse sur le champ stérile qui l'accueille. La praticienne le saisit avec adresse et le pose sur le ventre du Docteur qui rit et pleure de joie en même temps. Elle caresse le dos de son enfant, émerveillée d'avoir été capable de fabriquer ça.

Le Maître se retourne, et toussote. Il marmonne en frottant ses paupières :

« J'ai une poussière dans l'œil. Il ne devrait pas y avoir de poussières dans une salle d'accouchement, nom d'un petit Rassilon !

– Vous voulez couper le cordon, monsieur ?

– Hein ? Mais… »

Il contemple avec effroi les ciseaux chirurgicaux que lui tend l'infirmière. Lui qui n'a jamais hésité à tuer, même de ses propres mains, regarde avec appréhension cet instrument tranchant et le tuyau palpitant qui a nourri son enfant pendant neuf mois.

« C'est… c'est encore vivant, on dirait. Vous… on ne devrait pas attendre un peu ?

– Voulez-vous que je le fasse, monsieur ?

– Non ! Non. Juste… laissez-moi un peu de temps pour m'habituer. »

La sage-femme marmonne à l'adresse de sa collègue :

« Encore un qui n'a jamais été capable d'écraser une araignée. Les hommes, je vous jure ! Et on dit que c'est le sexe fort ! »

TTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT

Guignol

(Dans une chambre décorée tout en noir et blanc)

Le Docteur : Ah, mais qu'est-ce que c'est que ci que ça ? Qu'est-ce que je vois ? Un joli bébé dont les féfesses sont toutes sales ! Oh, mais je ne peux pas m'en occuper maintenant. Je vais faire appel au Maître.

(Se tournant vers le public)

Le Docteur : Les enfants, aidez-moi à appeler le Maître pour me sortir de ce pétrin.

Le public scandant et tapant des pieds : Maître ! Maître ! Maître ! Maître !

Le Maître apparaissant par un côté de la scène : Mais qu'est-ce qui se passe ? Qui me demande ?

Le Docteur : Par ici, Maître. Il y a un bébé qui a besoin d'être changé.

Le Maître se tournant du côté opposé au Docteur : Où ça ? Où est-il ?

Le public montrant du doigt le Docteur avec le bébé dans les bras : Là ! Là ! Il est là !

Le Docteur s'avançant vers le Maître : Le voici. Prends-le et change-le.

Le Maître se retournant, mais toujours le dos au Docteur : Mais je ne le vois pas. Où est-il ?

Le public s'excitant et se levant : Ici ! Il est ici ! De l'autre côté !

Le Maître arpentant la scène, tournant toujours le dos au Docteur quelle que soit la position de celle-ci : Je l'entends, mais je ne la vois pas. Où est-elle ? Où est le Docteur et où est ce bébé ?

Le public hurlant, toujours le doigt tendu : Là ! Là ! Elle est là ! Tourne-toi !

Le Maître s'adressant au public : Que je me tourne ?

Le public d'une seule voix : Ouiiiiii !

Le Maître faisant soudain face au Docteur : Ah, mais la voilà !

(Le public trépigne)

Le Maître saisissant le bébé : Oh, mais cet enfant est plein de m…

Le Docteur mettant sa main sur la bouche du Maître : Non ! Il ne faut pas dire des mots grossiers. N'est-ce pas les enfants ?

Le public en chœur : Noooooon !

Le Maître : Il n'empêche que cet enfant est plein de caca !

(Le public se tord de rire)

TTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT

Comptine

Pour la musique, je vous laisser chercher vous-même l'air de "Il était une Bergère" sur youtube, étant donné que les adresses web ne passent pas sur ce site.

Il était un p'tit Maître

Et ron et ron, et on tourne en rond

Il était un p'tit Maître

Qui donnait le bib'ron, ron, ron

Qui donnait le bib'ron.

.

Le bébé le regarde

Et ron et ron, et on tourne en rond

Le bébé le regarde

D'un petit air fripon, ron, ron

D'un petit air fripon.

.

Il lui fit un fromage

Et ron et ron, et on tourne en rond

Il lui fit un fromage

Sur l'devant du plastron, ron, ron

Sur l'devant du plastron.

.

Le Maître au désespoir

Et ron et ron, et on tourne en rond

Le Maître au désespoir

Le traita de souillon, ron, ron

Le traita de souillon.

.

Le Docteur en colère

Et ron et ron, et on tourne en rond

Le Docteur en colère

Repris son enfançon, ron, ron

Repris son enfançon.

.

« Vas donc te nettoyer

Et ron et ron, et on tourne en rond

Vas donc te nettoyer

La bouche au savon, ron, ron

La bouche au savon.

.

N'apprenons pas de verbes

Et ron et ron, et on tourne en rond

N'apprenons pas de verbes

Vilains à ce garçon, ron, ron

Vilains à ce garçon !

.

Seul un joli langage

Et ron et ron, et on tourne en rond

Seul un joli langage

Convient au polisson, ron, ron

Convient au polisson.

.

– Mais vois donc mon amie

Et ron et ron, et on tourne en rond

Mais vois donc mon amie

Cet horrible bouillon, ron, ron

Cet horrible bouillon.

.

– Tu as sûrement fait pire

Et ron et ron, et on tourne en rond

Tu as sûrement fait pire

Quand tu étais un poupon, ron, ron

Quand tu étais un poupon. »

.

Vexé comme une puce

Et ron et ron, et on tourne en rond

Vexé comme une puce

Le Maîtr' tourn' les talons, ron, ron

Le Maîtr' tourn' les talons.

.

Le bambin tend les bras

Et tra et tra, tradéridéra

Le bambin tend les bras

Réclamant son papa, ra, ra

Réclamant son papa.

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Se fendant d'un soupir

Et rot, et rot, turlurutoto

Se fendant d'un soupir

Papa prit le marmot, rot, rot

Papa prit le marmot.

.

Qui décor' son pal'tot

Et rot, et rot, turlurutoto

Qui décor' son pal'tot

Cet' fois-ci dans le dos, rot, rot

Cet' fois-ci dans le dos.

TTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT

Expérience

Dans cette fort intéressante étude, nous avons un sujet A : adulte, mâle, avouant neuf cents ans – mais en paraissant quarante tout au plus – apparemment sain de corps et d'esprit. Et un sujet B : enfant, mâle de trois ans et deux mois.

Nous avons équipé les deux sujets de moniteurs afin de suivre leurs conversations à cet âge très intéressant de la vie : celui des « pourquoi ».

Contrairement au plus juvénile, le sujet le plus âgé a présenté quelques difficultés à se plier à notre expérience. Cependant le sujet C : adulte, femelle, de neuf cents ans également – mais nous lui en aurions donné tout juste trente – a réussi à convaincre son compagnon de s'y plier avec cet argument : « mais oui, ça va être marrant ! »

Jour 1 :

Nous avons demandé au sujet A de mettre le sujet B dans des situations inhabituelles, afin de provoquer son étonnement, donc ses interrogations par rapport à son environnement.

« Vous voulez dire… sortir du TARDIS pour aller ailleurs que sur une planète prête à exploser ? Ou régit par un dictateur qu'il va falloir combattre ? »

Cette réponse nous a quelque peu surpris, mais nous n'en avons rien laissé paraître.

« Dans un lieu où vous ne l'emmenez pas d'ordinaire, avons-nous précisé.

– Comme un jardin d'enfants par exemple ?

– Heu… si vous voulez. »

Les sujets A et B – l'un tenant la main de l'autre, encore que nous n'avons pas été bien certains que c'était le sujet A qui tenant la main du sujet B pour le rassurer ou le contraire – se sont donc dirigés vers un parc. Pourvu des ordinaires jeux pour bambins que l'on y trouve habituellement. À savoir :

Un toboggan.

Un tourniquet.

Deux balançoires en forme de canard et de chat.

Une cabane.

Une glissade, sorte de piste en béton colorée en bleu.

Un bac à sable.

Ainsi qu'un certain nombre d'autres enfants et leurs parents.

Sujet A : « Eh bien, vas jouer, Irving ! »

Sujet B : « Comment ? Il y a rien pour s'amuser ici. »

Sujet A, désignant les divers jeux : « Je crois que ces objets sont là pour te divertir. Regarde, les autres enfants s'en servent. »

Sujet B, observant les alentours : « Ça n'a pas l'air très drôle. »

Sujet A : « Je n'y peux rien, ça fait partie de l'expérience. »

Sujet B, après avoir raclé ses pieds sur le sol d'un air boudeur : « Bon, d'accord. »

Le sujet B est allé vers une des balançoires, celle en forme de canard, et a regardé un instant la fillette qui s'en servait. Celle-ci lui a tiré la langue. Le sujet B est retourné près du sujet A.

Sujet B : « Pourquoi cette créature d'apparence stupide m'a-t-elle montré son muscle masticatoire et gustatif ? »

Sujet A : « Je pense que, dans son langage primitif, ce geste signifie : "nana nère !" »

Sujet B : « Nana nère ? Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Sujet A : « Elle te narguait sur le fait qu'elle était sur la balançoire et pas toi. »

Le sujet B a haussé les épaules.

Sujet B : « Quelle réaction idiote ! Je n'ai qu'à attendre qu'elle s'en aille pour y grimper à mon tour. »

Sujet A : « Dans ce cas, je crois que tu as de la concurrence. »

Un autre enfant, un garçon, attendait près de la balançoire que celle-ci soit libre. La petite fille, qui y était toujours, lui a également tiré la langue. Le garçon l'a attrapé par ses vêtements et a essayé de l'en faire descendre. La fillette s'est mise à hurler. Sa mère est arrivée en courant et a voulu séparer les deux enfants. La mère du petit garçon s'en est mêlée, en accusant la gamine de monopoliser le jouet depuis trop longtemps.

Le sujet A et le sujet B regardaient l'altercation avec intérêt.

Sujet B : « Tu as raison, c'est amusant ici. Qui crois-tu qui va gagner, papa ? Moi je parie pour la petite blonde avec le chignon. Elle a un joli jeu de jambes. Très efficace. »

Sujet A : « Tenu ! Je pense que la brune avec les lunettes est plus hargneuse. Elle peut avoir le dessus en tirant les cheveux de l'autre. »

Jour 2 :

Sujet A, au sujet B : « Il paraît que les parcs zoologiques, c'est quelque chose qui plaît aux enfants. Nous allons donc voir des animaux aujourd'hui. »

Sujet B : « D'accord. C'est toi le patron. »

Le sujet A et le sujet B se sont promenés dans les allées entre les cages des oiseaux, des mammifères à cornes et des fauves, sans qu'aucun dialogue digne d'intérêt ne soit à rapporter. Ils avaient l'air de légèrement s'ennuyer.

Ils en sont arrivés à la partie consacrée aux singes.

Une troupe de babouins occupaient le premier enclos. Ces bêtes se livraient à leurs habituelles interactions faites de chamailleries, d'épouillages et de cris divers.

Soudain, un grand mâle est venu se planter devant les sujets A et B. Tout en se léchant les babines et en roulant des yeux, il a commencé à se toucher le sexe, dans un but évident de provocation.

Sujet B : « Pourquoi ce Papio hamadryas manipule-t-il son appareil reproducteur ? »

Sujet A : « Je pense que c'est une manière de nous montrer qu'il n'apprécie pas notre présence. »

À cet instant, un des gardiens décida d'intervenir pour éviter à l'enfant d'être choqué par le spectacle. Il projeta de l'eau sur l'animal à l'aide d'un pulvérisateur, tout en expectorant : « pschitt ! pschitt ! »

Sujet B : « Pourquoi cet Humain envoie-t-il des gouttelettes de liquide vers ce singe de la famille des cercopithécidés, tout en produisant ces curieux sons ? »

Sujet A : « Là, j'avoue que le but de la manœuvre m'échappe. Veux-tu que nous allions le lui demander ? »

Sujet B : « Oui, le comportement de cet Homo sapiens sapiens est des plus étranges. Je serais curieux de connaître son objectif. C'est la chose la plus intéressante qui se soit passée dans ce lieu fastidieux, jusqu'à présent. »

Sujet A, s'adressant au sujet D, adulte, homme de quarante-sept ans, exerçant la profession de gardien de zoo : « Pourquoi aspergez-vous cet animal ? »

Le sujet D parut surpris, puis balbutia : « Ben… pour pas qu'vot' p'tit garçon voit ça ! »

Sujet B, au Sujet A : « Est-ce de moi que cet homme parle ? »

Sujet A : « Oui, très certainement. Je ne vois pas d'autres petits garçons. Ce parc zoologique est plutôt désert. »

Sujet B : « Ça ne m'étonne pas. Regarder des animaux s'ennuyer dans des cages n'a rien de très amusant. Pourquoi dit-on que c'est une activité faite pour les enfants ? »

Sujet A : « Je n'ai jamais bien compris à vrai dire. Les Humains ont d'étranges mœurs parfois. »

Cependant, le singe poursuivant ses activités masturbatoires, le gardien, ne sachant quelle autre attitude adopter, continuait de le mouiller.

Sujet B, parlant au sujet D : « Si votre but est qu'il cesse de manier ses organes génitaux, vous vous y prenez fort mal. Et pourquoi ne pas le laisser tranquille, si ça lui fait plaisir ? »

Sujet B, s'adressant au sujet A : « Allons-nous-en d'ici, papa. Même l'observation de cet Homo sapiens devient lassante. »

Sujet D, arborant un air abasourdi : « Bah, ça alors ! Ya plus d'enfant d'nos jours ! »

Sujet B, s'adressant au sujet A, tout en gagnant la sortie avec lui : « Pourquoi dit-il qu'il n'y a plus d'enfants ? J'en ai pourtant vu pas mal dernièrement. »

Jour 3 :

Sujet A : « Programme du jour : cinéma. Un dessin animé pour les enfants de ton âge : Winnie l'Ourson. Pour cela nous allons devoir nous enfermer dans une salle avec de nombreux Humains, adultes et enfants. »

Sujet B : « Ça me semble intéressant. Les Humains sont toujours assez curieux à observer. »

Sujet A : « Je crois que le but principal est de regarder ce qui se passe sur l'écran. Enfin, c'est pour cette raison que les autres personnes y vont. »

Sujet B, en route vers la salle avec le sujet A : « Winnie l'Ourson ? C'est donc l'histoire du petit d'un ours et d'une ourse. Mais de quelle espèce ? Ursus arctos ? Ursus americanus ? Ou bien Ursus maritimus ? Ce sont les trois races les plus connues d'ours sur cette planète. »

Sujet A, alors qu'ils arrivaient devant le cinéma : « D'après l'image, je parierais sur un Ursus arctos. »

Sujet B, regardant l'affiche : « La représentation est étrangement simplifiée. J'ai des doutes quant à la véracité des informations que nous allons retirer de ce film. »

Les sujets A et B passèrent devant la machine à pop corn.

Sujet A : « Irving, serais-tu tenté par un gobelet de ces grains de Zea mays que l'ont a fait exploser sous l'effet de la chaleur ? Cela fait partie des plaisirs d'une séance de cinéma, paraît-il. »

Sujet B : « Pourquoi pas ? Quelle est leur valeur nutritive ? »

Sujet A, tapant sur son Smartphone : « Attends, je vais te dire ça. C'est un sujet sur lequel je ne m'étais pas encore penché. Alors, d'après ce site internet : 398 kcal pour 100 grammes, avec 12 grammes de protéines, 78 grammes de glucides et 4.2 grammes de lipides. »

Sujet B : « Intéressant les glucides. Oui, prenons-en. »

Munis d'un seau de pop corn de grande taille et du rehausseur en plastique remis aimablement par l'ouvreuse, les sujets A et B entrèrent dans la salle. Celle-ci était déjà remplie au trois quarts, ce qui ne laissait que les places de côté ou devant pour s'installer.

Cependant, le sujet A s'adressa à la famille occupant les sièges les plus centraux et leur dit :

Sujet A : « Vos enfants verront beaucoup mieux en descendant plus bas dans la salle. »

Sujet E, adulte, homme, d'environ trente-cinq ans : « On s'met toujours là. On est arrivé les premiers devant la salle pour être bien placés. Allez-vous-en ! »

Sujet A : « Vous devez m'obéir ! Je suis le M… »

Sujet B, tirant sur la veste du sujet A : « Papa ! Tu sais que maman n'aime pas quand tu utilises l'hypnose. Et puis, ça ne me dérange pas d'être sur le côté. Au contraire, j'aurais une meilleure vue sur la salle. »

Sujet A, soupirant : « Bon, d'accord. Excusez-moi, monsieur. »

Sujet E : « Non, mais ! Pour qui il s'prend celui-là ! – à sa femme – T'as vu comment je l'ai remballé ! »

Le film commença. Le sujet A regardait l'histoire, tandis que le sujet B, qui avait tenu à se placer sur le siège le long de l'allée, observait les autres spectateurs.

Sujet A : « Ah ! Ah ! C'est drôle, tu ne trouves pas, Irving ? L'âne dépressif est particulièrement amusant. »

Sujet B : « Pourquoi ce petit garçon envoie-t-il des coups de pieds dans le siège devant lui ? De toute évidence, il agace l'autre spectateur qui s'est déjà retourné plusieurs fois. Cependant, il continue. »

Sujet A, bien qu'absorbé par le film, jette un rapide coup d'œil : « Ça doit l'amuser d'énerver cette personne. Hou ! Hou ! Hou ! Le tigre ! J'adore le tigre ! »

Sujet B : « Décidément la psychologie des Humains reste un mystère pour moi. L'intérêt de contrarier un autre Homo sapiens m'échappe totalement. Qu'en penses-tu, papa ? »

Sujet A, le regard fixé sur l'écran où, à cet instant-là, Winnie vient d'envoyer Porcinet la tête dans une ruche sauvage : « Hein ? Heu oui. Heu non. Qu'est-ce que tu m'as dit ? »

Sujet B, montrant le film : « Cette niaiserie te plaît ? »

Sujet A, gêné : « Les personnages sont rigolos. Surtout le tigre. Tu n'as pas regardé ? »

Sujet B : « Si. L'histoire est extrêmement simpliste et pas du tout réaliste. Tout d'abord, les ours ne se nourrissent pas que de miel. En réalité, ce sont des omnivores. »

Sujet A : « C'est pour les enfants, il n'est pas nécessaire que cela reflète absolument la réalité. »

Des spectateurs devant eux se retournent : Chut !

Sujet A, à voix plus basse : « Regardons ce passage, il a l'air particulièrement réussi. Winnie rêve d'un monde où tout se transforme en miel. »

Sujet B, l'air désespéré : « Si tu veux. »

Les deux sujets ont passé le reste de la séance à regarder le film. Le sujet A faisait des commentaires à mi-voix.

Sujet A : « Porcinet ! J'aime bien Porcinet. Il est tellement petit et craintif ! Ah ! Ah ! Ah ! Tigrou qui a peur du Poil Long, alors que c'est lui le Poil Long ! »

Sujet B : « Chut, papa ! Tout le monde te regarde ! »

Finalement, les sujets A et B sont sortis de la salle, après la fin du film et eurent cette discussion dans la rue.

Sujet B : « Le film était assez ennuyeux et pas du tout ce à quoi je m'attendais. Pourquoi ont-ils appelés ça "l'ourson" ? Ce n'était pas du tout un bébé ours, mais une peluche. »

Sujet A : « J'ai bien aimé, moi. »

Sujet B, un peu pincé : « J'ai vu. C'était même plutôt embarrassant. Tu n'arrêtais pas de rire et de faire des réflexions. Ce que j'ai préféré dans cette sortie, ajouta-t-il, ce sont les Zea mays soufflés. »

Jour 4 :

Pour ce quatrième jour d'expérience, nous avons proposé au sujet A d'emmener le sujet B au cirque.

Sujet B, dans le car les amenant vers le terrain où se dresse le chapiteau : « Cirque ? C'est quelque chose qui se passe dans un cercle, non ? »

Sujet A : « Oui, il y a une piste circulaire, couverte de sciure de bois. Les spectateurs sont sur des gradins tout autour, et des gens viennent à l'intérieur faire un spectacle. Il y a plusieurs sortes de numéros : des animaux savants, des acrobates, des magiciens, des clowns. »

Sujet B : « Animaux savants ? Ce sont des animaux modifiés génétiquement pour travailler dans des centres de recherche ? Que font-ils dans un lieu de spectacle ? »

Sujet A : « Non, pas du tout. Ce sont des animaux ordinaires à qui on a appris à faire des tours. »

Sujet B : « Des tours ? »

Sujet A : « Oui. Comme marcher sur leurs pattes avant en soulevant les pattes arrière ou souffler dans un instrument de musique. Sauter à travers un cerceau enflammé. Des trucs dans ce genre. »

Sujet B : « Mais c'est ridicule ! Ou dangereux. Pauvres bêtes ! Comment de telles choses ne sont-elles pas interdites ? »

Sujet A : « Les Humains aiment voir ça. Et les animaux ne sont pas maltraités. »

Sujet B, s'insurgeant : « Pas maltraités ? Sauter à travers un cerceau enflammé, tu n'appelles pas ça de la maltraitance ? »

Sujet A : « N'exagérons rien. Ce ne sont que des animaux après tout. »

Sujet B, regardant le sujet A d'un air étonné et dubitatif : « Toutes les créatures sont importantes. Maman me l'a appris. "Que des animaux", ça n'existe pas, n'est-ce pas ? »

Sujet A : « Oui bien sûr, ce n'est pas ce que je voulais dire ! Disons qu'ils ne sont pas malheureux. »

Sujet B : « Qu'en savons-nous ? Après tout nous ne sommes pas… »

Sujet A, soupirant à mi-voix pendant que le sujet B continue de parler : « Et c'est reparti ! "Le respect de toute forme de vie…" bla bla bla. "Ne faisons pas à une autre être vivant ce que nous n'aimerions pas que l'on nous fasse…" etc. Le Docteur lui bourre le crâne de toutes ces niaiseries ! »

Ils arrivent devant le cirque.

Sujet B, regardant autour de lui : « C'est coloré, mais ce n'est pas très propre. »

Sujet A : « Avec les Humains, il faut s'habituer à la saleté, sinon on ne peut pas mettre un pied sur leur planète. »

Les sujets A et B s'installent sur les premiers gradins.

Sujet B : « On aurait dû prendre un coussin, ce n'est pas très confortable. »

Sujet A : « Ça va, j'ai connu pire. Mais pour toi oui, j'aurais dû y penser. »

Le sujet A enlève sa veste et en fait un tas pour glisser sous le postérieur du sujet B.

Sujet B : « Merci papa. »

Sujet A : « Je t'en prie. »

Le spectacle commence avec un numéro de chevaux. Le sujet B reste silencieux jusqu'à la fin.

Sujet B : « C'est ça que tu appelles "animaux savants" ? »

Sujet A : « En quelque sorte, oui. Enfin, pour les chevaux, on parle plutôt de dressage. »

Sujet B : « Ça m'a bien plu. Mais pourquoi l'homme leur donne-t-il des coups de fouet ? Cela me paraît tout à fait inopportun. Et cruel. Ils ont très bien fait leur numéro. Crois-tu que nous devrions appeler une association de défense des animaux ? »

Sujet A : « En réalité la pointe de la chambrière ne touche pas l'animal. Le bruit que tu entends est produit par l'extrémité de la lanière qui dépasse la vitesse du son. C'est un claquement supersonique. Et le dresseur l'utilise pour indiquer aux chevaux quand ils doivent faire les mouvements. Rien de méchant, comme tu le vois. »

Sujet B s'agitant sur son banc : « Oh… D'accord… Merci papa. »

Durant l'intermède avec le numéro suivant, des clowns sont venus distraire les spectateurs en faisant des acrobaties et diverses blagues dont se jeter un seau d'eau qui se révéla en fait rempli de confettis. Le sujet A éclata de rire.

Sujet B : « Tu as trouvé ça drôle ? »

Sujet A : « Oui, on aurait pu penser que le clown allait se faire tremper, mais ce n'était que des bouts de papier colorés. »

Sujet B : « Hum ! »

Le numéro suivant, des acrobates chinois jouant avec des assiettes, ne provoqua pas de réaction digne d'être rapporté.

À la réapparition des clowns, pour faire un numéro cette fois-ci, le sujet A laissa échapper un "Aaah !" de satisfaction.

Il se tordit de rire pendant tout le sketch, surtout lorsque l'Auguste montra ses jambes avec des gros poils noirs dessus ou qu'il tomba les fesses dans un baquet d'eau savonneuse.

Sujet B : « Pourquoi ris-tu ainsi, papa ? Ce n'est pas drôle. Ce pauvre homme est atteint d'une forme particulièrement sévère d'hirsutisme et il va prendre froid en plus. »

Sujet A : « Mais non, ne t'inquiète pas, Irving. Ce sont des faux poils et il a l'habitude de faire ça. »

Sujet B : « N'empêche. Tourner quelqu'un en ridicule pour rire de lui, je ne trouve pas ça marrant du tout. »

Sujet A : « C'est son travail de faire rire les gens. Il aime ça, crois-moi. »

Sujet B : « J'en doute. De plus, l'autre personnage au visage blanc est de toute évidence son ennemi. Il fait tout pour aggraver la situation. »

Le numéro de trapèze volant suivant ne sembla impressionner aucun de nos deux sujets.

Par contre, le magicien provoqua ce dialogue :

Sujet B, alarmé devant le cabinet infernal où l'assistante de l'illusionniste était entrée alors que celui-ci y enfonçait des sabres : « On laisse quelqu'un se mettre dans un tel danger ! Pourquoi personne ne réagit, papa ! Oh, je ne veux pas voir ça ! »

Le Sujet B se réfugia dans les bras du sujet A, cachant son visage dans l'épaule du sujet A.

Sujet A serrant le sujet B contre lui : « Mais non, Irving ! Il n'y a rien à craindre. C'est un truc. Tu vas voir, elle va ressortir intacte. »

Sujet B aux bords des larmes : « Intacte ! Après avoir été transpercée avec des lames affûtées ? Ces Humains sont horribles ! Rentrons dans le TARDIS, je ne veux pas rester ici une minute de plus. »

Sujet A : « Attends, tu vas voir. Je te promets qu'elle n'a rien. »

Lorsque l'armoire s'ouvrir, révélant la jeune fille souriante et sans une égratignure, le sujet B resta un instant à la regarder, puis s'échappant sur la piste, il se précipita vers elle.

Sujet B : « Vous allez bien, mademoiselle ? »

Montrant le magicien d'un doigt accusateur :

Sujet B, montrant le sujet A du doigt : « Ne vous inquiétez pas, si cet homme essaye encore de vous assassiner, mon père va le réduire en miettes ! »

Sujet A, se levant et entrant à son tour sur la piste pour récupérer le sujet B : « Irving ! »

Sujet F, femme, vingt-cinq ans, s'accroupissant pour être au niveau de l'enfant : « Oh, mon chéri, que tu es mignon ! Mais il n'y a pas de problèmes, tu sais. C'est mon papa, il ne… »

Sujet B : « Quoi ? Mais c'est pire encore ! Vouloir faire du mal à sa fille ! Je vais… »

Sujet A, saisissant le sujet B par la main : « Viens, retournons à nos places. Le spectacle n'est pas fini. »

Le sujet B échappa au sujet A et se précipita vers M. Loyal qui était venu voir ce qui perturbait ainsi le déroulement du spectacle.

Sujet B, tendant un doigt accusateur vers l'illusionniste : « Cet homme vient d'essayer de tuer sa fille avec des lames tranchantes ! Vous devriez appeler la police. »

Le reste du public, croyant à des complices venus animer la représentation, applaudissait avec enthousiasme la prestation du sujet B.

En sortant du spectacle, le sujet B affirma au sujet A qu'il ne retournerait jamais plus dans un lieu semblable où l'on bafouait ainsi la vie, la liberté et la dignité des hommes et des animaux.

Conclusion :

Malgré tout l'intérêt qu'ont représenté ces deux sujets pour notre expérience, nous en sommes arrivés à la conclusion que nous ne les retiendrions pas pour la conclusion finale de l'enquête. Il s'est avéré, d'après la majorité des autres sujets, que leurs réactions étaient trop en dehors de la norme pour nous être utiles.

Réaction du sujet A, lorsque nous le lui avons dit :

« Alors, nous avons fait tout ça pour rien ? Je ne sais pas ce qui me retient de… »

Il avait l'air vraiment furieux, et il a agité en notre direction pendant quelques secondes, un instrument cylindrique de mauvaise augure. Le sujet C est intervenu pour le lui ôter des mains.

Réaction du sujet B :

« Moi, je me suis bien amusé – sauf au cirque, quel horrible endroit ! – et j'ai appris plein de choses sur les êtres humains. En particuliers que ce sont les créatures les plus étranges que j'ai jamais rencontrées. Je comprends pourquoi maman les aime tant. Ils sont fascinants. »