Onzième chapitre de cette histoire, et dernier de cette année. Bonne lecture, et bonnes fêtes ! :)

Fin sursauta lorsqu'Olivia entra d'un pas nonchalant dans le commissariat. L'air qu'il était en train de siffloter mourut dans la pièce vide alors qu'il détaillait Olivia. Il rougit en voyant sa tenue.

« Oui, oui, d'accord ! », le devança-elle en se servant un café. « N'oublie pas que j'ai déjà vu le costume que tu portes au tribunal.

– Pourquoi n'y a-t-il que pour Alex que tu t'habilles comme ça ? », demanda-t-il l'air moqueur.

« Je m'habille comme ça pour le tribunal, merci ! » Elle regarda autour d'elle. « Où sont-ils tous passés ?

– Kathy a appelé. Dickie est malade et elle est bloquée au travail, alors Elliot est parti un peu plus tôt. Munch est en train de chercher l'adresse que Tate a donné pour son permis. Il devrait l'avoir assez vite. »

Elle regarda sa montre. Il était plus de dix-sept heures. Elle n'avait pas pensé avoir passé autant de temps au tribunal. « On a avancé depuis tout à l'heure ?

– Ouais. », répondit Fin en lui tendant un dossier. « Papa Chéri est venu. Apparemment, il se souvient du nom de la librairie. Il a laissé l'info avec un témoignage dans lequel il nous raconte tout ce qu'il sait de négatif sur Serra Tate. » Fin secoua la tête. « C'est drôle comme il a oublié de vous parler de tout cela. »

Olivia ouvrit le dossier. Il contenait des photos de Serra ainsi que des informations sur son passé personnel et bancaire. « Certains de ses rapports datent d'il y a des mois. », constata-t-elle en levant un sourcil. « Et ils ont l'air officiels.

– Si tu veux mon avis, je pense que Wainscott a enquêté sur cette fille.

– C'est ce que je pense aussi. » Olivia le regarda attraper sa veste. « Tu t'en vas ?

– Ouais, j'ai un rendez-vous. Tu devrais rentrer, toi aussi. Elliot a dit que vous continuerez demain. Passe une bonne soirée ! »

Elle s'approcha de son bureau et s'assit sur la chaise, lisant le dossier avec plus d'attention. Elle n'eut pas conscience du temps qui passait et ne releva la tête que lorsque Cragen sorti de son bureau.

« Olivia ! Que fais-tu encore ici ? » Le capitaine jeta un œil à sa montre. « Il est presque dix-neuf heures !

– Je lisais juste ce que nous a apporté le juge Wainscott. » Elle ferma rapidement le dossier avant de se lever, étirant sa nuque endolorie par la concentration.

« Il y a du nouveau. », annonça Cragen en lui montrant l'édition du soir du Times. Elle gémit en voyant le titre.

Une jeune mondaine retrouvée morte dans un appartement du centre ville.

« C'est vraiment mauvais ?

– Pas tant que ça », relativisa Cragen. « Le nom n'a pas été révélé, grâce à Warner, mais quelqu'un a parlé de l'état du visage. Il n'y a rien sur l'aspect sadomasochiste. » Il soupira. « Je suppose qu'on peut s'estimer heureux d'avoir eu deux jours de tranquillité pour une affaire comme celle-ci.

– On a eu des nouvelles de Huang ?

– Oui, il a appelé cet après-midi. Il est toujours à la conférence à Miami mais il a eu les photos et Warner lui a fait un résumé de ce qu'elle a trouvé. Il va commencer à travailler dessus, mais il ne rentre pas avant lundi. »

Elle acquiesça, l'air fatigué et Cragen sembla remarquer seulement alors sa tenue. « Comment ça c'est passé, au tribunal ?

– Plutôt bien, je pense. Mais je n'ai pas encore eu de nouvelles, Alex était censée m'appeler... »

Cragen se mit à rire. « La connaissant, elle doit crouler une montagne de dossiers dans son bureau et ne doit même pas pouvoir accéder au téléphone. Vous êtes les mêmes, pour ça. », conclut-il en la poussant gentiment vers la porte. « Rentre chez toi, repose-toi et reviens en forme demain matin. »

Acquiesçant silencieusement, Olivia attrapa son manteau et le suivit dehors.


Son appartement, situé au quatrième étage, était plongé dans le noir lorsqu'elle rentra. L'atmosphère était trop calme, trop étouffante selon elle. En soupirant, Olivia ouvrit la fenêtre, laissant l'air froid de l'hiver l'entourer. Ça sentait la ville, ça sentait la pluie et la neige qui allaient arriver. Elle enleva lentement sa veste et la posa sur une chaise.

Elle défit les boutons de sa chemise tout en se dirigeant mollement vers la chambre. Elle se déshabilla dans le noir et enfila un boxer et un t-shirt, sachant qu'elle aurait froid, mais n'attendant que le moment où elle pourrait se glisser sous ses couettes et repenser à tout ce qu'il s'était passé dans la journée.

C'était son petit rituel sa manière de se détendre et de trier ses pensées avant de s'endormir.

Alors qu'elle s'installait sur le canapé en se recouvrant avec une couverture, elle réalisa qu'elle était toujours hantée par ces yeux bleu azur.

La manière dont ils l'avait enveloppé au tribunal, dont ils l'avaient réconfortée lorsqu'elle racontait les horreurs qu'elle avait vu chez les Neal. Après quelques instants de lutte, elle renonça à contrôler ses pensées et autorisa son esprit à reconstituer le visage d'Alex. D'abord, il y avait sa peau, douce et pâle. Ensuite, ses pommettes légèrement colorées menaient à une bouche rouge dont la lèvre supérieure enflait légèrement lorsqu'elle faisait la moue... comme si on venait de l'embrasser avidement.

Dans son esprit, la tête d'Alex s'inclina légèrement, dévoilant son long cou. Elle ferma les yeux lorsque la blonde se mordit la lèvre, laissant échapper un mot de sa bouche. Olivia...

La sonnerie stridente du téléphone retenti, sortant brusquement la brune de son fantasme. Elle ouvrit la bouche en constant que sa main s'était faufilée sous les couvertures, jusqu'à sa poitrine. La retirant, elle se secoua violemment la tête.

« Mon Dieu, Benson, reprend-toi un peu ! » Elle attrapa son téléphone qui chargeait sur la table, aboyant dedans un peu plus violemment qu'elle ne l'aurait voulu. « Ouais ? »

De l'autre côté de la ligne, il y eu un petit silence. « Olivia ? »

L'inspectrice ferma les yeux, retenant un petit gémissement. Son nom prononcé de cette manière par cette voix produisait sur elle un effet que même sa propre main ne pouvait pas avoir.

« Tu vas bien ? », demanda Alex, d'un ton inquiet. « Tu es blessée ?

– Quoi ? », réagit Olivia, revenant sur terre. « Quoi ? Non, pas du tout. Pourquoi tu penses ça ?

Il m'a semblé que tu... grognais. », répondit-elle d'un ton légèrement amusé. « À moins que je n'interrompe quelque chose. »

Olivia ne pouvait pas être plus embarrassée qu'elle ne l'était à ce moment. « Non. », balbutia-t-elle. « Non, je suis toute seule.

Tu ne réponds toujours pas à ma question... »

Elle s'était trompée. Elle pouvait être encore plus embarrassée. Les joues rouges, elle ne put que regarder le téléphone.

La voix d'Alex était devenue plus grave, et tout d'un coup, l'air froid venant de la fenêtre sembla n'avoir plus aucun effet sur la température de la pièce. Elle retira la couverture. « Tu veux que je te laisse ?

– Alex ! » protesta Olivia.

« D'accord, d'accord. » Le rire de la substitut était enjoué. « Je suis désolée, je n'ai pas pu résister.

– Tu ne m'as pas l'air si désolée que ça.

Je ne parlerais qu'en présence de mon avocat. »

Olivia sourit. « Tu es de bonne humeur. Le jury est revenu ?

Pas encore. » Elle pu entendre Alex se déplacer. « Le procès est suspendu jusqu'à demain matin, mais je ne pense pas que les délibérations vont prendre trop de temps. Pas après ton témoignage. »

Olivia haussa les épaules mais ne put contenir un petit sourire. « Avec plaisir. » Elle entendit le bruit d'une bouteille qu'on ouvrait. « Tu es où ?

– Chez moi. Désolée de ne pas avoir appelé plus tôt, j'étais bloquée au boulot. Quand je suis rentrée dans mon bureau, il y avait une montagne de dossiers qui m'attendaient.

– C'est ce que je me suis dit. » Olivia s'étira, ne remarquant pas qu'elle avait laissé s'échapper un gémissement lorsque ses muscles s'étaient détendus. « Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ? »

Alex ne dit rien pendant un instant. « Je voulais savoir si une certaine inspectrice avait envie qu'on aille boire un verre quelque part, mais tu as l'air plutôt heureuse là où tu es. »

La brune baissa les yeux vers elle avec un sourire triste. « J'adorerais, mais je suis déjà en pyjama. »

Elle put presque entendre les sourcils de la blonde se hausser. « Tu portes des pyjamas ? »

La bouche d'Olivia s'assécha. Alex était... taquine ?

« Parce que tu n'en portes pas ? », répliqua-t-elle. Un sourire de victoire s'afficha sur son visage lorsqu'elle entendit Alex étouffer un rire.

« Olivia ! », grommela-t-elle. « J'étais en train de boire un délicieux vin australien et tu viens de tout me faire recracher ! »

L'inspectrice se mit à rire. « Relativise, il n'y a pas de victime.

Va dire ça à l'employé du pressing.

– Vas-tu répondre à ma question ?

Je pense que c'est classé comme une donnée confidentielle, madame l'inspectrice.

– Je pense que c'est toi qui t'es engagée dans ce chemin, madame la substitut », railla-t-elle. « Tu ne peux plus faire marche arrière. »

Le doux rire d'Alex lui fit accélérer son rythme cardiaque. « Je pense vraiment que tu m'as trop fréquentée.

– Impossible. » Olivia se couvrit la bouche avec la main quelques secondes trop tard. Ses yeux s'élargirent lorsqu'elle réalisa qu'elle avait dit à haute voix ce qu'elle pensait.

De l'autre côté du téléphone, un silence régna pendant quelques longues secondes. Lorsqu'Alex reprit enfin la parole, Olivia put entendre le sourire dans sa voix. « Eh bien, on peut quand même boire un verre ensemble. Laisse-moi quelques secondes pour me changer, et je te retrouve sur mon canapé. »

La brune prit une grande inspiration. « Te changer en... ?

Tu es impossible ! », s'esclaffa la blonde. « Tu as quelque chose à boire ?

– Pas pour le moment.

Vas-y, alors. Je reviens. »

Olivia l'entendit poser le téléphone. Elle se dirigea vers la cuisine, attrapa une bouteille de Merlot et un verre avant de retourner sur le canapé. Elle avait juste posé le tire-bouchon lorsqu'elle entendit Alex l'appeler.

« Je suis là. » Elle coinça le téléphone entre son oreille et son épaule pour pouvoir se servir un verre de vin.

« Donc, qu'as-tu trouvé ?

– Un Beringer Bancroft Ranch Merlot de 1997. »

Il y eut un petit sifflement. « Tu ouvres ça pour me parler au téléphone ? Je suis flattée.

– Quand je l'ai acheté, l'employé du magasin m'a dit qu'il fallait le consommer lentement pour pourvoir apprécier toute sa saveur. Je pense qu'on va devoir discuter longtemps.

Méfies-toi de ce que tu penses vouloir, inspectrice. »

Olivia sourit.