Voici le chapitre 12 pour digérer un peu les fêtes. Merci à ceux qui continue de lire et de commenter ! Pour ceux qui attendent Alex et Olivia avec impatience, rendez-vous dans le prochain chapitre, que j'espère avoir le temps de poster le weekend prochain.
Bonne lecture :)
Vendredi, 8h57
Ébloui par le soleil levant, Elliot plissa les yeux en descendant de la voiture. Il en fit le tour pour aller ouvrir la porte passager, roulant des yeux à la vue de sa partenaire.
Olivia semblait dormir, la tête posée contre l'appui-tête. Elle était dans cette position depuis qu'ils étaient entrés sur l'autoroute, quarante minutes plus tôt. Il aurait presque voulu que le trajet soit plus long qui sait, elle se serait peut-être bavé dessus. Rien que pour cela, une longue route silencieuse ne l'aurait pas gêné.
« Olivia ! » appela-t-il en lui secouant doucement l'épaule. « Allez, réveille-toi ! »
Lentement, Olivia commença à bouger. Elle se passa une main dans les cheveux, se raclant légèrement la gorge alors qu'un petit sourire se formait sur ses lèvres. Elle ouvrit finalement les yeux, et son visage se ternit en remarquant qu'Elliot se tenait au dessus d'elle. Elle soupira de confusion.
« Elliot ? »
Il pouffa de rire. « Hey, je sais que je ne suis pas exactement ton type de Princesse Charmante, mais tu n'es pas obligée de me regarder comme si j'étais le yéti.
– Tu oublies que je t'ai déjà vu changer de chemise. », répliqua-t-elle. « Je SAIS que tu es le yéti !
– Ha ha. » Il referma la porte de la voiture alors qu'elle s'étirait le dos. « Qu'est-ce qu'il t'arrive ce matin ? Une autre longue soirée avec Cabot ? » Un air étrange passa sur son visage, mais avant qu'il n'ait eu le temps de la questionner plus, elle reprit son masque de flic, faisant instantanément disparaître tout air fatigué ou à peine réveillé.
« Donc, c'est à quel numéro ? »
Elliot fronça les sourcils devant ce changement rapide de sujet et d'attitude, mais il ouvrit son calepin. « Au 141. Deuxième étage, appartement de droite. »
Olivia s'arrêta devant la porte et étudia l'immeuble qui lui faisait face. C'était un bâtiment décrépit dans une partie délabrée de la ville un endroit que définitivement personne avec des moyens ne voudrait habiter. « Qui est le propriétaire ?
– C'est une location. », répondit Elliot en regardant son calepin. « Tate a mis cette adresse sur son permis, mais la location n'est pas à son nom. C'est à celui de Shelly McManus. »
Olivia haussa les épaules. « Elle loue peut-être une chambre.
– Ou alors elle fait tout pour ne pas être trouvée. »
La brune fronça les sourcils sans rien dire. Ils montèrent les escaliers et appuya sur la sonnette. Après une dizaine de secondes d'attente, elle ré-appuya dessus.
La porte s'ouvrit finalement sur une petite rousse d'une vingtaine d'années à l'air excédé. Elliot lui montra son insigne. « Je suis l'inspecteur Stabler, et voici l'inspectrice Benson. Nous venons...
– Je sais pourquoi vous êtes là. », le coupa-t-elle.
Olivia fronça les sourcils. « Vraiment ?
– Oui, et Serra n'est pas ici, donc dégagez et allez chercher voir ailleurs. » Tout en disant cela, la rousse claqua la porte au nez des inspecteurs.
« Ça ne s'est pas trop mal passé. », ironisa Elliot alors qu'ils retournaient vers la voiture.
« Sans blague. », répliqua Olivia en se mordant la lèvre supérieure. « Je ne comprends pas. Comment sait-elle qu'on est venus pour Serra, et pourquoi cela la met-elle tant en colère ?
– Aucune idée. Et cette déclaration résume bien la tournure de cette histoire.
– Il faut encore qu'on vérifie son emploi. » Olivia ouvrit son calepin et se remémora les infos que Fin lui avait donné. « Elle travaille dans une librairie dans E Street. Ça s'appelle Ink, Inc. [Encre Corporation] » Elle laissa échapper un petit rire. « Ils ont dû bien réfléchir au nom.
– Allons jeter un œil. »
Il était déjà tard dans l'après-midi lorsqu'ils arrivèrent à la librairie. Il y avait plusieurs autres clients. Une jeune femme brune portant un pin's au nom de 'Mary', les aborda avec un sourire.
« Bienvenue, comment puis-je vous aider ?
– Nous avons besoin de quelques informations. Pouvons-nous parler au gérant ? », demanda-t-elle en montrant son insigne.
Elle regarda par dessus l'épaule de Stabler, en direction de la caisse. « Oh, Jodi est en train de déjeuner. Je suis la responsable en son absence, mais je peux peut-être vous aider.
– Peut-être », répondit Elliot avec un sourire. « Nous essayons de localiser une de vos employées. Son nom est Serra Tate. Est-ce qu'elle travaille, aujourd'hui ?
– Serra ? Euh... Je ne suis pas sûre. » Elle regarda encore une fois derrière Elliot. « Repassez au bureau, je pourrais vérifier son emploi du temps. »
Olivia fronça les sourcils. « Il y a quelque chose d'intéressant, là-bas ? » Elle se retourna vers le caissier. Le jeune homme derrière le comptoir se recula en sortant un talkie-walkie de sa poche. Quelques secondes après, une alarme à incendie retenti au fond de la réserve du magasin.
« Elliot, prends l'avant ! », s'écria Olivia en le poussant vers la porte d'entrée avant de courir vers l'arrière. Elle arriva dans une allée juste à temps pour voir une Lexus grise tourner à l'angle. « Fait chier ! »
Elliot la rejoignit peu de temps après. « Quelque chose ? »
Elle secoua la tête. « Plaques de concessionnaire. Mais c'est une sacrée voiture pour quelqu'un qui bosse à mi-temps dans une vieille librairie. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais elle nous fuit vraiment. »
Elliot acquiesça tout en reprenant son souffle. « Il ne nous reste plus qu'à découvrir pourquoi.
– Eh bien, je connais deux personnes qui ont plutôt intérêt à avoir quelques réponses. » Olivia accompagna sa réplique d'un sourire sombre.
Le capitaine Cragen soupira en regardant le jeune homme à travers la glace sans teint alors qu'Olivia et Elliot le rejoignaient. Ils avaient tous les deux un air énervé.
« Elle ne vous a rien dit ? » demanda-t-il.
Olivia secoua la tête. « Apparemment, Mary Ferguson fait des études de droit. Elle savait qu'on a rien pour la retenir. » Elle se passa une main dans les cheveux. « Donc nous sommes en train de regarder notre dernière chance d'obtenir des informations sur Serra Tate. » Elle accompagna ses paroles d'un geste de la tête pour désigner le jeune homme à l'air nerveux assis en face d'eux. « On a quelque chose pour faire pression sur lui ? »
Munch lui tendit un dossier fin. « Danny Todd, étudiant moyen à l'université de Brooklyn. Pas de casier, mais il a treize amendes de stationnement non payées. »
Elliot roula des yeux. « S'il voulait vraiment énerver des flics, je ne pense pas que le menacer avec une amende va l'impressionner. »
Cragen lança un regard pensif au jeune homme. « Mettez lui la pression, alors. », dit-il finalement avec un léger haussement d'épaule. « Balancez-lui tout ce à quoi vous pouvez penser en espérant qu'il n'ait pas fait de droit lui aussi. »
Elliot lança un regard à sa partenaire. « Actif ou passif ?
– Comme si tu avais besoin de demander ! », railla-t-elle.
Elliot entra dans la pièce, suivit par Olivia. Il posa un soda frais devant Danny avant de s'appuyer contre le mur derrière celui-ci. Olivia, elle, déboula dans la salle comme si elle devait pousser tout l'air de son chemin. Elle attrapa une chaise métallique qu'elle fit grincer contre le sol avant de l'enfourcher en regardant le jeune homme avec insistance.
« Tu as des problèmes, Danny », grogna-t-elle.
Le gamin eut le mérite de cacher la peur qui l'avait envahit. « Vous n'avez rien pour me garder ici. Je veux un avocat !
– Tu n'as pas le droit à un avocat », répondit-elle en s'avançant, laissant ses bras reposer sur le dossier de la chaise. « Tu n'as pas été arrêté... Pas encore.
– Pas encore ? » Sa voix trahissait de l'anxiété, ce qui fit sourire intérieurement l'inspectrice. Non, il n'a pas fait de droit.
« Pour le moment, Danny », continua-t-elle doucement mais sans cacher le ton menaçant de sa voix, « on essaye de déterminer combien de charges qu'on va retenir contre toi. Jusque là, on a obstruction à la justice, interférence dans une enquête policière... » Elle laissa sa phrase en suspend pendant quelques secondes. « Et peut-être même complicité de meurtre.
– Meurtre ? » La voix de Danny se cassa. « De quoi est-ce que vous parlez ?
– C'est moi qui pose les questions, ici. » Olivia attrapa la canette de soda et l'ouvrit avant d'en prendre une longue gorgée. « Parle-moi de Serra Tate.
Il la regarda l'air prudent. « Que voulez-vous savoir ?
– Pourquoi nous a-t-elle fuit ? Pourquoi l'avez-vous prévenue qu'on voulait lui parler ?
– Je l'ai fait pour Mary ! » Les épaules de Danny s'affaissèrent. « Elle et Serra sont de très bonnes amies et elle m'a dit que Serra était harcelée. Que si quelqu'un la cherchait, je devais le lui dire. »
Olivia lui lança un regard sarcastique. « On s'est identifiés, Danny. Ce n'est pas comme si nous étions les deux premiers péquenauds venus. Nous sommes des inspecteurs de la police de New-York.
– Mary m'a dit que ça concernait tout le monde. », soupira-t-il.
« Donc, qui harcelait Serra ? », demanda Elliot calmement, presque doucement.
Danny s'empressa de répondre, se tournant vers l'inspecteur qui l'avait momentanément sauvé d'Olivia. « Une nana plutôt riche. Elles ont été proches pendant un moment mais il s'est passé quelque chose et Serra a pris peur. Elle a voulu s'éloigner mais cette fille s'est mise à la coller. Mince, c'était quoi son nom... Waltrim, peut-être ? »
Olivia fronça les sourcils. « Wainscott ?
– C'est ça ! » Ses yeux s'éclaircirent. « Elle avait de l'argent et une sorte d'influence familiale. Serra n'a pas parlé de ce qui s'est passé, mais c'était assez moche, apparemment. »
Olivia lança un regard à Elliot. « Moche comment ?
– Assez pour la faire fuir tous ceux qu'elle ne connaissait pas. », soupira Danny.
Elliot prit une chaise et s'assit près du jeune homme, plaçant une main sur son épaule. « Il faut qu'on parle à Serra, Danny. Nous devons découvrir ce qu'il s'est passé entre elle et Samantha Wainscott. », ajouta-t-il avec un sourire rassurant.
« Pourquoi ? »
Elliot échangea un regard avec Olivia qui hocha la tête. « Parce que Samantha Wainscott est morte. Elle a été tuée dans son appartement mercredi matin.
– La femme dans les journaux... » Danny ouvrit la bouche plusieurs fois. « Je... Je ne savais pas.
– Mais maintenant tu peux comprendre la gravité de la situation, non ? À moins que tu ne veuilles être accusé de complicité après le fait, je te conseille de commencer à parler. », ordonna Olivia alors que le visage de Danny devenait blanc.
« Je ne sais pas où elle est... », murmura-t-il.
« D'accord ! » Olivia se leva et glissa sa chaise sous la table. « Dans ce cas, on ne peut pas t'aider.
– Attendez, attendez ! » Danny voulu se lever, Elliot l'en empêcha. « Je ne sais pas où elle est maintenant... mais je sais où elle pourrait aller plus tard. »
« Donc, qu'en pensez-vous ? », demanda Cragen à ses inspecteurs lorsqu'ils sortirent de la salle d'interrogation.
« Il dit la vérité », affirma Olivia en se massant le cou. « Il a dit ce qu'il savait. Il est trop terrifié pour mentir.
– Je suis d'accord », acquiesça Elliot.
« Et son tuyau ?
– Ça ne coûte rien de vérifier. »
Elliot fronça les sourcils lorsqu'Olivia poussa un long soupir. Cragen lui lança un regard interrogateur. « Olivia ?
– Je ne sais pas, Cap. Si Serra avait peur de Samantha au point de sursauter en voyant des ombres, pourquoi diable irait-elle dans son appartement ? » Elle soupira. « Mais je sais que nous devons lui parler. Je doute juste qu'elle se rende là-bas après nous avoir fuit tout l'après-midi.
– Pas si elle croit que vous étiez juste là pour la harceler comme elle a pu l'être avant. » Cragen eu le regard vide pendant quelques instants. « C'est la meilleure piste qu'on ait sur sa location pour le moment. Prenez Munch et Fin, et allez voir.
– On met Alex dans le coup ? », demanda Olivia ?
Cragen secoua lentement la tête. « Le bureau du procureur n'approuverait pas une opération sous couverture qui a pour objectif de retrouver 'une personne intéressante'. On n'a même pas de quoi arrêter Tate. Je pense que moins on n'en dit à Cabot, mieux c'est. Du moins jusqu'à ce qu'on la trouve.
– Et lui, on en fait quoi ? », demanda Elliot en indiquant Danny.
Don soupira. « On peut le garder vingt-quatre heures sans l'inculper. On le relâchera demain matin.
Les inspecteurs retournèrent à leur bureau. Ils passèrent des appels et envoyèrent des mails pour préparer leurs activités de la nuit à venir. Olivia allait contacter le TARU lorsque son portable sonna. Le ton chaleureux de l'autre côté de la ligne la laissa surprise pendant un moment.
« Salut Liv. » Il y eut une pause. « Olivia ?
– Euh, oui. Salut Alex. » Les activités à proximités d'Olivia s'arrêtèrent au nom de la procureur. « Que se passe-t-il ?
– Rien, ce qui est merveilleux. » Elle put entendre Alex sourire. « Je pensais à l'offre que tu m'as faite, la nuit dernière, et je pensais accepter. Bizarrement, je n'ai rien à faire ce soir, et je me sens d'humeur à manger un bon repas italien. »
Olivia ne pouvait pas croire qu'Alex était prise toute la semaine sauf un vendredi. Elle ferma les yeux sous la frustration. « J'adorerais, mais j'ai déjà quelque chose de prévu, ce soir... »
Il y eut un petit silence, et lorsqu'elle répondit, la voix d'Alex avait perdu un peu de sa chaleur. « Bien sûr, on est vendredi. Je ne sais pas pourquoi je pensais que tu serais disponible.
– On peut remettre ça ?
– Bien sûr... Pas de problème Olivia. »
L'inspectrice soupira, et tourna le dos à l'unité entière qui la regardait les sourcils froncés. « Alex, je suis vraiment désolée de ne pas pouvoir venir.
« Ne t'inquiète pas, tu n'as pas besoin de t'excuser. » Elle entendit la blonde soupirer. « Une autre fois.
– Évidemment. » Olivia espéra avoir l'air catégorique sans pour autant sembler trop pressée. Elle ne voulait pas faire peur à Alex... ni devoir s'expliquer à ses collègues derrière elle.
Elle raccrocha et composa immédiatement le numéro du TARU pour ne pas laisser à Elliot le temps de lui poser des questions.
