Note de l'auteur : Voici mon chapitre préféré !

Note de la traductrice : J'adore ce chapitre aussi ! Mais j'ai dû le couper en deux pour pouvoir poster ce weekend. Le chapitre est super long, et assez dur à traduire. J'aurais peut-être le temps de poster la fin du chapitre 13 dans la semaine, mais je ne peux rien garantir. Je ferais de mon mieux, surtout que j'ai coupé au moment le plus intéressant (tout le monde a in côté sadique, non ?) ;)

Sinon merci à ceux qui me laissent des review, honnêtement il n'y a pas mieux pour motiver ! Bonne lecture :)


Partie Quatre : Bon endroit, très mauvais moment.

Vendredi, 21h30

Olivia se glissa à l'arrière du taxi, soupirant en remontant pour la dixième fois le décolleté plongeant de sa robe. « Pourquoi est-ce que je fais ça ? »

Assis sur le siège conducteur, Elliot ouvrit son calepin et jeta un coup d'œil à ses notes : « Parce que selon une source fiable, Serra Tate vient dans ce bar tous les vendredi soirs entre 22h et minuit.

– Non, ça je l'ai compris. » Elle s'appuya contre le dossier du siège, abandonnant son combat avec la robe. « Ce que j'aimerais savoir, c'est pourquoi est-ce que c'est moi qui suis toute désignée pour ça. Il y a des centaines de femmes flics qui tueraient pour avoir une mission sous couverture. Et en plus, je suis la seule à penser que c'est une mauvaise piste, tu te souviens ? »

Il se racla la gorge tout en s'insérant prudemment dans le trafic. « Tu corresponds au profil. », répondit-il doucement.

« Quel profil ?

– Le profil de la victime, Liv. », expliqua Elliot en soupirant. « Vous avez même taille, même physique, même... »

Olivia fronça les sourcils. « Même quoi ?

– Age... Génération. » Il se mit à rire lorsqu'elle le regarda.

« Génial ! Serra Tate a vingt-deux ans. Un peu plus et je vais avoir l'air d'une cougar. » Elle attrapa le haut de sa robe et la tira vers le haut, espérant qu'elle reste en place.

« Arrête de remuer, tu es très bien comme ça. »

Olivia regarda dans le rétroviseur du taxi, grognant lorsqu'elle croisa les yeux d'Elliot qui la regardait. Il était son chauffeur, ce soir. Il devait la déposer devant le boite de nuit et aller se garer un peu plus loin. Ensuite, il pourrait écouter ce qu'il se passait grâce au micro qu'elle portait. Munch et Fin seraient garés à quelques rues de là.

« C'est facile à dire, pour toi. », bougonna-t-elle en remettant en place la caméra cachée dans son décolleté. « Cette chose est si serrée que mes seins peuvent lire en Braille les chiffres sur les touches de volume.

Elliot éclata de rire et leva la tête pour pouvoir apercevoir entièrement sa partenaire dans le rétroviseur. Sa robe était un accident de la route qui n'attendait qu'une occasion pour se produire. Noire, sans bretelles, elle semblait presque peinte directement sur Olivia et couvrait à peine son corps du haut de la poitrine au milieu des cuisses. La soie peinait à contenir ses seins qui étaient augmentés et maintenus par l'équipement de surveillance qu'elle portait.

« Non pas qu'ils aient besoin d'être augmentés... », pensa Elliot, regrettant de ne pasavoir ses jambes dans son champ de vision. Rien de mieux qu'une superbe femme portant des bottes noires montant jusqu'aux genoux...

Olivia se racla la gorge et les yeux d'Elliot remontèrent vers son visage. Il eut un sourire narquois devant son air renfrogné.

« Tu es marié et tu es comme mon frère, El !

– Hé », répliqua-t-il, « il n'y a rien de mal à admirer.

– Dis-moi encore pourquoi je suis habillée comme ça. », soupira-t-elle. « La plupart des bars lesbiens que j'ai fréquenté ne requéraient rien de plus qu'une chemise et des chaussures. »

Il leva un sourcil. « Et combien de bars lesbiens as-tu au juste fréquenté ? »

Olivia rougit. « Tais-toi, Elliot. »

Il rit doucement, pensant qu'il pourrait l'embêter avec cela pendant au moins quelques semaines. « Fin dit que ce n'est pas ton bar habituel. Apparemment c'est la crème de la crème qui le fréquente.

– Et comment il sait ça ?

– Pas demandé. »

Olivia attrapa le petit sac noir posé sur le siège à côté d'elle, l'ouvrit et en sortit une petite oreillette.

Normalement, l'oreillette aurait dû être rattachée à un fil transparent passant derrière son oreille, puis dans son cou. Mais ce qu'elle avait dans la main était l'une des quatre oreillettes sans fil offerte un peu plus tôt dans l'année par la ville. Elle n'était pas plus large qu'une pièce de monnaie et se glissait derrière l'oreille. Olivia eut un air septique.

« Avec cette robe ? » Elliot secoua la tête. « Un fil passant sur ta poitrine attirerait l'attention. Tes seins en auront assez comme ça. »

L'ignorant, Olivia mis en marche l'oreillette avant de l'installer. Elle se boucha ensuite l'autre oreille. « Dis quelque chose.

– Quelque chose. »

Elle ferma les paupières. « Je t'entends. »

Elle ferma ensuite son sac et se rassit. « Donc, comment s'appelle ce bar, déjà ?

« Velvet. [Ndt : velour en français]

Olivia roula des yeux. « Subtile.

– C'est bon, on y est. »

Elle ouvrit la porte et lança un regard dehors. Elle fronça les sourcils. « Tu es sûr ? »

Son partenaire regarda l'adresse inscrite sur son calepin. « 1655 Park West. » Il regarda par la fenêtre à son tour.

Il n'y avait pas de néons, pas de lumière. Il n'y avait pas non plus de personnes attendant de pouvoir rentrer comme on pouvait trouver devant toute boite de nuit un vendredi soir. L'immeuble était quelconque, mais en très bon état il n'y avait pas un seul brin de lierre sur les briques. Certains trouvaient le lierre romantique, mais les vrais new-yorkais connaissaient les dégâts que ça pouvait occasionner sur une façade. La seule chose incongrue était finalement la porte d'un blanc immaculé contrastant avec les briques rouges. Un homme très bien habillé était posté devant.

« Euh... Elliot ? Jusqu'à quel point cette boite est-elle privée ?

« Aucune idée.

– Si ça se trouve, je ne vais même pas pouvoir entrer. »

Elliot se tourna vers elle. « Tu rigoles, non ? », demanda-t-il en secouant la tête. « Liv, tu es splendide.

– Ouais, mais est-ce que j'ai vraiment l'air d'une lesbienne de la haute société ? »

Elliot s'étrangla en riant. « Juste chaque jour de l'année.

– Merci beaucoup ! » Elle lui lança un regard renfrogné avant d'ouvrir entièrement la porte.

« C'est un compliment, crois moi ! », lança-t-il alors qu'elle claquait la porte et s'en allait. Il la regarda se diriger vers le garde avec confiance, ses hanches se balançant légèrement, son derrière mis en valeur par les talons de ses chaussures noires. « Définitivement un compliment. »

« Puis-je vous aider, m'dame ? », lui demanda poliment l'homme.

« Velvet ? », répondit-elle dans un sourire.

Il la détailla lentement. « Couleur ? »

Merde !

Elliot murmura quelque chose qu'elle n'entendit pas dans l'oreillette.

« Rouge. », dit-elle en hochant légèrement la tête.

Le portier lui sourit puis glissa sa clé dans la serrure de la porte. La tenant ouverte, il gratifia Olivia d'un « Passez une bonne soirée, m'dame. » lorsqu'elle entra.

Olivia arriva dans un hall d'entrée bien éclairé. Ses yeux furent immédiatement attirés par les nombreuses peintures qui ornaient les murs. « Eh ben...

– Qu'est-ce qu'il y a ? »

Elle sourit en entendant la voix tendue de son partenaire. « Tu es sûr que je suis dans un bar lesbien ? Parce qu'on dirait plus un musée. » Elle se dirigea vers l'ascenseur au fond de la pièce. Les portes s'ouvrirent alors qu'elle s'approcha, ce qui la fit lever un sourcil dans un air confus. En entrant, elle constata qu'aucun bouton n'était allumé et qu'appuyer dessus ne produisait aucun effet.

Les portes se refermèrent et Olivia leva les yeux vers le plafond. Elle localisa rapidement la caméra qu'elle s'attendait à trouver.

« Mais qu'est-ce que c'est que cet endroit, El ? », murmura-t-elle ne connaissant pas la puissance de la caméra et ne voulant pas avoir l'air de se parler à elle-même.

« Explique-moi encore pourquoi c'est toujours toi qui va boire avec de jolies femmes pendant que je reste dans assis dans la voiture gelée ?

– Kathy me soudoie avec du sexe.

Et tu m'a jamais laissé regarder ? »

Olivia eut un léger rire. « Ok, je suis presque en haut. Je me tais.

Vas-y, déchire tout. »

Elle souriait toujours lorsqu'elle sorti de l'ascenseur. Elle put sentir son sourire s'effacer et sa machoire s'ouvrir en voyant l'endroit dans lequel elle venait d'arriver.

L'appartement-terrasse était gigantesque, couvrant l'intégralité de la surface du dernier étage de l'immeuble. L'un des coin était réservé à un espace DJ sophistiqué ainsi qu'à une grande piste de danse. Le reste de l'espace était rempli de tables couvertes d'une fine toile de lin sur laquelle étaient posés des verres en cristal. Les seule sources de lumière étaient de petites lanternes accrochées au plafond dans lesquelles brillaient doucement une bougie, ainsi que des lampes à gaz alignées contre le mur au dessus du bar.

C'était d'une beauté élégante et raffinée.

Olivia ferma la bouche et releva le menton en survolant la pièce. Il restait un tabouret libre à un bout du bar qui lui permettrait d'avoir une vue parfaite sur les lieux tout en limitant les risques que quelqu'un ne remarque l'oreillette que ses cheveux courts ne pouvaient dissimuler.

Alors qu'elle se dirigeait vers le bar, Olivia observa avec plus de précision les clientes qui occupaient l'endroit comme si elles le possédait. Minces avec de longues jambes, elles ressemblaient toutes à des top-modèles. Elle se senti soudain comme le vilain petit canard. Plus d'une fois, elle dû s'empêcher de fixer des femmes qu'elle reconnaissait : la fille d'un sénateur, une actrice populaire, un médecin reconnu... Les visages se tournaient vers elle et la détaillait de haut en bas. Se sentant gênée, elle accéléra son pas.
Lorsqu'elle s'installa enfin sur le siège, elle relativisa. Ces femmes ne devaient seulement pas être habituées de voir quelqu'un de son âge ici.

Et puis si quelqu'un remarquait l'oreillette, elle pourrait toujours dire que c'était une prothèse auditive.

En levant le regard, Olivia se vit dans le reflet du miroir posé derrière le bar. Elle ne put s'empêcher de lever la main pour jouer avec ses cheveux qui bouclaient sauvagement autour de son crâne. Plus tôt dans la journée, elle était allée chez son coiffeur qui avait été ravi lorsqu'elle lui avait demandé de faire quelque chose qui lui donnerait l'air plus abordable. Elle en avait eu pour deux heures de papier aluminium, de bigoudis et de mousse pour cheveux.

Soupirant de frustration, Olivia attrapa un mèche particulièrement rebelle et essaya de l'aplatir un peu.

« Ne t'embête pas. Ce serait une perte d'énergie. »

L'inspectrice fronça les sourcils et se tourna vers la femme qui se trouvait de l'autre côté du bar. Elle avait des cheveux blonds et courts, un joli teint de pêche et des yeux bleus-gris qui souriaient plus que ses lèvres. « Je te demande pardon ? »

La barman se pencha et planta ses yeux dans ceux d'Olivia. « On ne peut pas améliorer la perfection. »

Olivia rougit, se sentant ravie bien plus que nécessaire par le compliment. « Je parie que tu dis ça à toutes les filles qui passent.

– Peut-être », répondit-elle alors que ses yeux brillaient d'un air espiègle. « Mais ce n'est pas souvent que je le pense réellement. » Elle tendit sa main. « Je m'appelle Zoey.

– Enchantée, Zoey ». Elle serra la main qu'elle lui présentait. Un frisson de... quelque chose... traversa sa colonne vertébrale lorsque les doigts de la jeune femme lui serrèrent la main. « Moi c'est Olivia.

– Olivia. » Zoey sourit en attrapant un grand verre. Elle mit dedans quelques feuilles de menthe qu'elle écrasa contre les bords avec une longue fourchette. « Je ne t'ai jamais vue ici avant.

– Non. Je suis... je suis nouvelle. » Elle regarda les mains de la barman bouger avec grâce, ajoutant du sucre et du jus de citron, puis des glaçons, du rhum, et finalement de l'eau gazeuse. Olivia sourit lorsque Zoey regarda autour d'elle comme si elle s'apprêtait à faire quelque chose d'interdit avant de verser un peu d'alcool à la framboise dans le verre.

« Eh bien dans ce cas, laisse moi t'offrir ta première boisson, un Velvet Mojito. » Elle glissa le verre devant Olivia qui prit une gorgée, laissant ses yeux bruns se fermer pour mieux apprécier.

« Merci », répondit finalement Olivia. « C'est délicieux.

– Tant mieux. » Un large sourire fendit le visage de la jeune femme. « Je ne pense pas que j'en aurais l'opportunité plus tard. Je pense que ta carte de bal va être bien pleine. » Elle lui lança un clin d'œil et se dirigea vers l'autre côté du bar.

« Elle avait l'air sexy. »

Olivia se sentit rougit. « Pervers », répondit-elle doucement.

« Elle ressemble à quoi ?

– Vingt-cinq ans, blonde au yeux bleus, sportive... Ton fantasme basique, quoi.

On peut échanger nos places ?

– Quelque chose me dit que tu ne te fondrais pas réellement dans le milieu. »

0o0o

Une heure et demi plus tard, Olivia soupira profondément en fixant son verre. Elle avait commandé de l'eau pétillante après son premier mojito. Un petit sourire en direction de Zoey suffisait pour que la barman revienne vers elle et la resserve dès qu'elle le voulait.

« Tu en veux un autre ? »

Olivia se plongea dans ses yeux bleus et sourit. « Je veux bien. Et tu avais tort à propos de moi, non ?

– Oh non, j'avais raison. », gloussa-t-elle.

L'inspectrice secoua la tête. « Je n'ai pas eu une seule touche. Je pense que joue un peu trop haut pour moi, là. »

Zoey posa l'eau gazeuse et s'appuya sur le bar. Elle chuchota, comme si elle s'apprêtait à divulguer un secret d'état. « L'idée de la jeunesse comme symbole de beauté est purement masculine. Quatre-vingt pour cent des femmes ici meurent d'envie de venir te parler. Les vingt pour cent restants tentent de t'ignorer pour éviter des problèmes avec leur petite-amie.

– Dans ce cas, pourquoi je suis toujours assise toute seule ? »

Zoey eut un large sourire. « Laisse-moi te dire quelque chose sur ma clientèle. Toutes les femmes ici sont riches, privilégiées et protégées. Mais elles ne sont pas stupides à ce point. »

Le sourire d'Olivia disparut. Elle sait que je suis flic ?

« Il y a trois choses, Olivia. L'argent, le pouvoir, et la classe. », continua la barman. « La plupart de celles qui viennent ici ont deux de ces trois choses. Et quand une trois sur trois s'intéresse à quelqu'un, tu peux être sûre que les autres ne vont pas la gêner. »

Le visage de l'inspectrice se teinta de confusion. « Je ne comprends pas. »

« Tu as tapé dans l'œil de quelqu'un. », expliqua Zoey dans un sourire. « Le coin derrière toi, près des platines du DJ. » Et sans un autre mot, elle se tourna et laissa Olivia seule.

Olivia prit une grande inspiration et se retourna avec désinvolture. Elle balaya du regard la piste de danse jusqu'à croiser une paire de talons noirs probablement très chers. Lentement, ses yeux remontèrent le long de délicats mollets soutenant des cuisses fermes qui disparaissaient sous une jupe gris foncé. Ensuite, il y avait une taille fine surmontée d'un torse élancé recouvert de soie rose. Quand son regard arriva enfin au niveau d'une paire de lèvres roses légèrement courbées, elle senti son cœur accélérer dans sa poitrine. Au dessus de ces lèvre, il y avait...

« Oh mon Dieu... »

… deux yeux bleu-ciels qui pétillaient vers elle à travers de fines lunettes noires.