Salut tout le monde !

Je reviens après un mois de vacances à l'étranger (ce qui explique pourquoi j'ai ce long retard :/) avec ce dernier chapitre qui j'espère va vous plaire ! :) N'hésitez pas à commenter, ça me ferait super plaisir !

Disclaimer : Je ne sais pas si je l'ai précisé avant mais les personnages de Percy Jackson ne m'appartiennent pas !

Bonne lecture !


Mon objectif était simple : Malcom devait réussir à convaincre Annabeth de sortir du bungalow, pendant la nuit. Je n'avais aucune idée de comment il allait s'y prendre (sans compter que Annabeth, en bonne petite fille bien sage, ne se laisserait pas facilement dissuader). Mais s'il existait un moyen que Puits de Sagesse quitte son lit en pleine nuit, je me fichais de savoir lequel.

Durant le reste de la journée, je rassemblais tous les ingrédients pour préparer mon fameux plan. Tout d'abord, il me fallait l'aide d'une personne douée dans l'art de manier les mots. J'ai immédiatement pensé à un fils d'Apollon, étant le dieu de la poésie, mais après mûre réflexion, je connaissais une autre personne qui pouvait résoudre ce problème. J'ai trouvé cette personne en compagnie de charmants fils d'Arès (c'est évidemment de l'ironie), qui était en pleine discussion avec eux. Elle agitait les bras dans tous les sens et affichait un air contrarié. Les deux demi-dieux avaient croisé leurs bras en signe de mécontentement et tapaient impatiemment du pied.

Je me suis approché discrètement et j'ai tiré leur interlocutrice à l'écart. Elle m'a jeté un regard noir, l'air de dire "je me fiche complètement de tes problèmes, Percy !".

- Quoi ?! a-t-elle raillé, en soufflant.

- Ça serait plutôt à moi de te demander ça, ai-je répliqué.

- Percy, j'ai d'autres chats à fouetter, reviens me parler plus tard.

- Tu ne crois pas que j'ai autre chose à faire, moi aussi ? Mais il me semble que c'est bien toi qui me doit un service... Ça te dit un truc notre conversation d'hier ? ai-je dit sarcastiquement.

- Euh...

- Et ma dispute avec Annabeth, tu t'en rappelles ?

- Écoute,...

- C'est toi qui va m'écouter Rachel.

Mon ton était froid et cinglant. Sans trace de pardon. Je ne voyais pas pourquoi je lui devais des excuses. Qu'elle me dissuade de la noyer sur place était peut-être la seule chose qu'elle pouvait me dire de faire. Parce qu'à ce stade, je pense que j'aurais très bien pu l'enterrer sous des litres d'eau. Au moins, vous pouviez voir à quel point ma colère était remontée en allant lui parler. Contrôle-toi, Percy ! me suis-je réprimandé.

- J'ai besoin d'une personne capable de créer une énigme, comme une sorte de prophétie. J'aurais pu demander à un Apollon mais vu que tu es largement impliquée dans cette histoire, tu conviendras parfaitement.

- Percy, je n'y suis pour rien si tu t'es disputée avec ta copine !

- Bien sûr, et moi, j'ai la tête de Zeus !

Un grondement de tonnerre a résonné dans l'air.

- 'Scusez-moi Seigneur, ai-je lâché. Avouez que cette fille a tort !

Un autre coup de tonnerre a éclaté.

- Bien, ai-je murmuré.

J'ai empoigné l'oracle par le poignet et l'ai attirée dans la Grande Maison. Je lui ai donné un carnet, un crayon et mes instructions.

- Serais-tu capable de faire cette énigme/prophétie en moins de deux heures ?

J'avais quand même encore un peu de pitié et de respect pour elle (avouez qu'écrire une prophétie ne se fait pas en un claquement de doigts !) et m'efforcer de garder un ton calme mais qui restait méprisant sur les bords. J'étais conscient que mon état de colère n'avait jamais été aussi fort qu'aujourd'hui mais j'estimais avoir de bonnes raisons. Quand on commet une bêtise, on en paie les conséquences. C'était aussi simple que cela.
Rachel a répondu à mes ordres d'un hochement de tête résigné et s'est mise au travail. Avant de franchir le seuil de la porte, j'ai lâché :

- Peut-être que je me montre dur avec toi, Rachel... Mais je pense que tu es assez intelligente pour comprendre que j'aime Annabeth. Après une semaine de relation, je n'ai pas envie de la perdre. Restons quand même en bons termes. Je n'ai pas non plus envie de perdre ton amitié... Même si ce que tu as fais est loin de sortir de ma mémoire, les aventures que l'on a vécu ensemble, elles, restent.

- Percy..., m'a-t-elle retenu.

J'ai quitté la pièce en toute hâte, ne voulant pas écouter ses excuses, quel qu'elles soient. C'était la fin d'après-midi et je me réjouissais que la température écrasante de ce mois d'août chute un peu dès le début de la soirée. Je suis allé voir Malcom qui trainait sur le terrain de tir à l'arc. J'espérais qu'il avait réussi à convaincre sa demi-sœur. De toute manière, qu'elle ait accepté ou pas, je l'aurais quand même emmenée de force avec moi. Pas question que l'on reste fâchés éternellement. Particulièrement parce qu'il s'agit d'un malentendu idiot. Malcom m'a expliqué comment il s'y était pris pour obtenir l'accord d'Annabeth. Il lui a raconté que c'était une petite surprise, histoire de lui remonter le moral. Je suppose que Annabeth devait l'avoir bas sinon elle n'aurait pas donné son oui à son frère. J'ai remercié chaleureusement ce dernier et j'ai rejoint mon bungalow dans le but de faire le point. Il ne me restait plus qu'à attendre le travail de Rachel.

L'heure du dîner est très vite arrivée. Je me suis joint à Grover, déjà installé à ma table et nous avons discuté de tout et de rien, en oubliant pas d'omettre mon plan de ce soir. Mon meilleur ami m'a dit que mon idée méritait une médaille, sachant mon degré d'intelligence habituelle. Il a ajouté que ça ferait très plaisir à Annabeth et qu'il n'y avait aucune raison qu'elle ne veuille pas me pardonner. Je ne voyais pas non plus pourquoi, parce que je m'étais démené toute la journée pour réaliser ma surprise et bien que je ne m'étais pas débrouillé entièrement seul, j'avais plus ou moins pris les choses en mains et décider de mes choix.

Je voulais à tout prix reconquérir Annabeth et si au grand jamais, tout tournait en vrille ce soir, j'aurais au moins encore ma tête et mes mots pour la convaincre de mon innocence. J'ai soudain aperçu Rachel débouler à mes côtés, ses cheveux roux flamboyants voletant autour de son visage.

- Percy, a-t-elle murmuré pour que personne d'autre n'écoute ses paroles, j'ai terminé la prophétie. Rejoins-moi devant la Grande Maison.

Sachant que tout le monde se doutait que Rachel était impliquée dans ma dispute avec Annabeth, il valait mieux qu'on ne nous voit pas ensemble. Qui sait ? Et si on m'accusait de jouer avec les sentiments d'Annabeth en traînant avec l'Oracle ? Je souhaitais par-dessus tout éviter les regards glacials de mes camarades et la tristesse dans les yeux de mon Puits de Sagesse. J'ai attendu quelques instants avant de quitter le réfectoire et j'ai pressé le pas jusqu'aux portes de la Grande Maison. Rachel m'y attendait, assise patiemment sur les marches du perron. Elle m'a tendu rapidement la feuille noircie de ses propres mots et j'ai lu attentivement :

Guidée sous les étoiles du soir,
Des indices semés sur ton passage tu trouveras,
Les lieux enfouis de souvenirs de notre histoire,
Te conduiront vers la clé du mystère où tout s'achévera.

- Rachel ?

- Hmmm ?

- Tu sais que les prophéties sont censées ne pas dévoiler les actions que tu dois réaliser... Les phrases sont très complexes et le sens parfois incompréhensible.

- Oui, et alors ?

- Et ben, c'est exactement l'inverse de ce que tu as fait, ai-je lâché. Ça ne ressemble même pas à une vraie prophétie.

Et voilà ! Je me retrouvais avec une prophétie qui était similaire à une énigme de carte au trésor pour les gosses et une Rachel très fière d'elle.

- Écoute Percy, a-t-elle dit, en temps normal, je suis une personne pas plus douée que toi en poésie. Je dis des prophéties quand l'esprit de Delphes rentre en contact avec moi, mais c'est tout ! Tu n'aurais pas dû me confier ce travail, mais à un Apollon...

- Non, mais attends Rachel... Sinon, c'est pas trop mal. Ça sonne assez bien. C'est juste le "tout s'achèvera" qui me plaît moins. Qu'est-ce que tu entends par là ?

- Bah, le truc classique, quoi ! Les expliquations suivies d'une bonne séance de bécotage !

- Euh...

Mon visage a commencé à chauffer, comme à chaque fois que des gens parlaient de la relation Percy/Annabeth.

- Il faut pas avoir honte ! a-t-elle ajouté.

- Non, non, ai-je bredouillé. C'est juste que ce "tout s'achèvera" est un peu négatif... On dirait que Annabeth va se faire tuer à la fin.

- Tu veux qu'on le remplace par autre chose ? a-t-elle enfin proposé.

- Oui, "tout s'expliquera" par exemple ?

- Hmmm, ça sonne bien, a-t-elle affirmé.

Guidée sous les étoiles du soir,
Des indices semés sur ton passage tu trouveras,
Les lieux enfouis de souvenirs de notre histoire,
Te conduiront vers la clé du mystère où tout s'expliquera.

Ça me paraissait un peu mieux mais ce n'était que mon avis. En tant que dyslexique, je ne lisais que très peu alors des phrases simples me convenaient parfaitement. Ce ne serait peut-être pas du goût d'Annabeth...

J'ai remercié tout de même Rachel d'avoir effectué cette tâche et me suis dirigé vers mon bungalow. À cette heure-là, tout le monde se trouvait au feu de camp et ça me laissait donc la possibilité de disperser mes indices tranquillement. J'ai commencé par ceux qui n'iraient pas dans un endroit visible de tous, comme l'infirmerie et les écuries. Le premier indice serait placé lui-même devant le bungalow d'Athéna, par Malcom. Sur chaque petit bout de papier, j'avais inscrit une anecdote qui faisait ressurgir tout un tas de souvenirs dans ma mémoire et j'espérais que ça serait le cas pour Annabeth. Mon but était de rappeler nos bons moments à Annabeth pour qu'elle n'oublie pas que tout ce qu'on avait vécu ensemble, ne pouvait pas se terminer comme ça.
Sur le premier indice, il était écrit :

Tu te rappelles de notre première rencontre ?
"Tu baves dans ton sommeil"...

OK, Annabeth saurait directement que c'était moi l'organisateur de tout ça... Mais curieuse et déterminée à démontrer qu'elle était capable de se souvenir de lieux précis, je pariais qu'elle n'hésiterait pas à continuer.

J'ai semé mes petits papiers jusqu'à l'arrivée des pensionnaires et je me suis faufilé parmi eux en tentant de trouver Malcom. Une fois avec lui, je lui ai glissé furtivement le papier dans la main et j'ai regagné mon bungalow. Je n'avais plus qu'à souhaiter que les harpies nous laissent tranquilles pour cette me suis emmitouflé dans mes draps malgré la chaleur, j'ai programmé mon réveil à minuit moins le quart et j'ai fermé les yeux, persuadé que j'arriverais à trouver le sommeil. Mais deux heures plus tard, l'excitation ne m'avait toujours pas quitté. Des pensées ambiguës se bousculaient dans ma tête. J'étais en sueur, avec la drôle d'impression d'avoir fait un cauchemar, ce qui n'était pas le cas. La seule vision terrible que j'aurais pu avoir aurait été le visage d'Annabeth m'insultant de tous les noms, des larmes dévalant ses joues.
Mince, alors ! J'avais le sentiment d'être un vrai monstre ! Pire qu'un manticore !
Je me suis levé en toute hâte, horriblement coupable et surexcité. Toute cette agitation neuronale ne me faisait pas du bien. Il était vingt-trois heures quinze. Encore une demi-heure à tuer.
J'ai passé un coup de peigne dans mes cheveux, sans grand succès, et j'ai enfilé un T-shirt propre. Repassé mon plan en boucle dans ma tête et revu les excuses que je lui prévoyais. Je sais que ça paraissait un peu dérisoire vu qu'à mon avis, arrivé devant elle, j'allais bredouiller comme un parfait crétin... Mais si ça pouvait me rassurer, ne serait-ce qu'un chouïa, je préférais m'entraîner.

Vingt-trois heures trente. J'avais dit à Malcom de la réveiller à cette heure-là. Loin d'être enchantée de devoir quitter son lit en pleine nuit, elle grognerait sûrement un bon coup avant de tituber jusqu'à la porte. J'espérais simplement qu'elle jouerait le jeu jusqu'au bout.

Vingt-trois heures quarante-cinq. Il était temps de m'éclipser de ce bungalow. J'emportais une couverture, quelques bougies fournies avec des allumettes et une lampe torche pour me repérer dans le noir de la nuit. Je suis sorti le plus discrètement possible, jetant des regards aux alentours, dignes d'un personnage de film d'espionnage. J'ai traversé la colonie et trottiné jusqu'au bord du ponton près du lac. Si j'avais bien calculé mon coup (et si Annabeth était aussi rapide que je l'avais prévue - je ne doutais pas une seconde de ses capacités mentales et physiques), elle n'arriverait que dans un bon quart d'heure. Je n'avais pas dispersé beaucoup d'indices mais suffisamment éloignés les uns des autres pour la balader à travers tout le camp. Après tous les efforts que j'avais fournis aujourd'hui, elle ne pourrait certainement pas prétendre que je l'avais trahie.

J'ai allumé les bougies, créant un reflet lumineux sur le lac et j'ai installé le plaid. Mes doigts se tordaient nerveusement malgré moi, une réaction habituelle d'un hyperactif. Le silence de la colonie endormie était troublant et ne réduisait absolument pas mon stress pour autant. Une brise légère rafraîchissait l'air ambiant. J'ai soudain entendu des pas dans mon dos. Ma respiration s'est accélérée. Ils approchaient calmement mais étaient pour le moins résolument assurés. Je ne me suis pas retourné. La personne s'est posée à mes côtés, laissant une distance raisonnable entre nous. En inclinant la tête, j'ai croisé le regard gris orageux d'Annabeth. Son visage ne trahissait aucune émotion, son expression carrément indéchiffrable. Nous sommes restés sans dire un mot pendant un moment dont je n'aurais su estimer le temps exact. La tension était assez palpable. Je suppose que chacun de nous ne souhaitait pas commencé le premier. Alors que je commençais à croire qu'elle ne parlerait pas, Annabeth a lâché, tout à trac :

- Je n'arrive pas à croire que tu te souviennes de notre discussion dans le camion pour Las Vegas, d'il y a quatre ans.

Elle a marqué une pause en reprenant profondément son souffle.

- La première fois que nous faisions autre chose que de nous étriper. C'est inoubliable.

- Inoubliable... Peut-être que nous devrions rendre tous nos moments passés ensemble inoubliables, ai-je murmuré. Ça nous éviterait de nous étriper pour un malentendu.

- Un malentendu ? a demandé Annabeth en fronçant ses sourcils blonds. Tu appelles ça un malentendu ?!

Je ne voulais pas la mettre plus en colère qu'elle ne l'était déjà auparavant, mais c'était exactement ce que je venais de faire. Elle m'a regardé étrangement, comme si elle n'en revenait pas que je sorte une phrase sensée.

- Annabeth, ai-je repris, tu es tellement furibonde dès que quelque chose t'agace qu'il est impossible de s'expliquer...

- Je...

- Laisse-moi parler, ai-je dit d'un ton sec.

Elle s'est renfrognée en croisant les bras et j'ai poursuivi, plus doucement cette fois-ci.

- Pourquoi ça devrait se finir comme ça entre nous ? Pourquoi c'est devenu si compliqué en quelques heures ? Alors que ce n'est pourtant la faute de personne... Rachel est venue me trouver sur la plage alors que je t'attendais. Ça faisait une semaine qu'elle m'ignorait. Seulement parce qu'elle était jalouse que je te préfère à elle. Elle a commencé avec ses manières de petite fille capricieuse, un caractère que je ne lui avais jamais vu. Et finalement, énervé, j'ai sorti des phrases qui disaient tout le contraire de ce que je pensais... Mais tu connais mon sarcasme, non ?
Annabeth, comment as-tu pu penser une seule seconde que je te trompais ? Comment t'es-tu imaginé que parce que Rachel est devenue l'oracle, j'ai décidé de sortir avec toi, simplement parce que tu étais la seule fille qui s'intéressait à moi ? La loyauté n'est pas censée être mon défaut fatal ?
J'ai toujours ressenti un lien très fort entre nous. Quelque chose d'invincible... Quelque chose que je n'ai jamais eu avec Rachel ou une autre fille. Rachel est simplement une amie. Une bonne amie. Toi, tu es ma meilleure amie, Puits de Sagesse. Ma confidente, mon alliée... Et ma copine. Et je ne veux pas perdre tout ce qu'il y a entre nous.

Annabeth a perdu son air résigné. Ses yeux brillaient et ses mains se sont posées sur mes joues, sans que je ne m'en aperçoive.

- Mince, alors, a-t-elle murmuré. Percy, depuis quand tu sais manier les mots à merveille ?

- Est-ce que ça veut dire que tu me pardonnes ?

- Je suppose que oui...

J'ai attiré son visage près du mien et l'ai embrassée doucement sur les lèvres. Ça m'a rappelé notre premier baiser (si on ne compte pas celui du Mont St-Helen), un peu hésitant mais incroyablement doux et tendre. La bonne nouvelle, c'est que nous sommes à nouveau ensemble et que nous avons entièrement profité de ce baiser... La mauvaise ? Peut-être un peu trop... La couverture a glissé sur le bois encore humide et nous sommes tous les deux tombés à l'eau. J'ai rigolé en voyant la tête d'Annabeth quand elle a émergé à la surface. Ses cheveux dégoulinaient sur son visage et ses vêtements trempés moulaient à merveille ses formes (je ne vous dirais pas ce qu'il y a en-dessous !). Elle a ri aussi et s'est collée contre moi, avant de me donner un autre baiser fougueux. Ah, ça m'avait manqué !

Comme quoi, il ne faut jamais désespérer trop vite. Je crois en notre relation. Nous avons traversé trop d'épreuves à deux pour abandonner maintenant. Je serais toujours lié à elle. Que je le veuille ou non. Peut importe si ce n'est que de l'amitié, une amourette de passage ou une simple alliance. Au moins, nous serons ensemble.

Fin