Bonjour, voici le deuxième chapitre d' « un été inoubliable »… Quand un vent de fraîcheur, du moins je l'espère que vous le verrez comme ça, débarque chez vous.

Je tiens à remercier encore une fois tous les reviewers (anonymes ou pas) et lecteurs. J'espère que la suite vous plaira.

En attendant bonne lecture.

A mon grand…

Chapitre 2 : Premiers contacts

Harry serra la main de Lucius avec un enthousiasme communicatif.

« Monsieur, enchanté. Merci de m'accepter dans votre Manoir, vous me faites un grand honneur.

- Harry, voyons c'était tout naturel. Nous n'allions pas te laisser sans toit pour tout l'été quand même. Cela ne te dérange pas au moins si je te tutoie, je me vois très mal vouvoyer un ami de mon fils.

- Bien sûr que non, vous pouvez me tutoyer.

- Bien mais trêve de plaisanterie, rentrons un délicieux repas nous attend. Notre cuisinière s'est installée aux fourneaux depuis ce matin et nous sommes à plus d'une heure de voiture du Manoir. »

Lucius enleva sa main de celle d'Harry quasi à regret. Ce jeune homme lui avait fait très forte impression. Il proposa bien à l'adolescent de l'aide pour ses valises mais ce dernier refusa poliment, question de principe paraît-il. Le retour en voiture se déroula dans un relatif silence, du moins au début. Les trois passagers préféraient attendre d'être au Manoir pour pouvoir parler tout à leur aise. A plusieurs reprises, Lucius détailla à travers le rétroviseur le jeune homme qui venait de débouler dans sa vie. Il devait être âgé de seize ou dix-sept ans, comme Drago et avait des cheveux bruns, assez longs et ébouriffés. Les traits de son visage étaient fins, délicats, quasi féminins, ses joues avaient une couleur rouge, très enfantine mais surtout Lucius fut frappé par le regard de Harry, il avait deux grands yeux verts, d'un vert profond, hypnotique, cerclés d'une paire de lunettes rondes. Il remarqua également qu'une cicatrice zébrait son front. Cette cicatrice en forme d'éclair ne défigurait pas le jeune homme, elle lui apportait une sorte de pouvoir d'attraction, une aura de mystère et permettait que l'on puisse détacher ses yeux de ses deux émeraudes. Harry avait bien vu que Lucius l'observait par le rétroviseur, le père de Drago ne semblait pas spécialement le cacher d'ailleurs et pour l'adolescent, cela lui semblait tout naturel. Après tout, il ne le connaissait que depuis quelques minutes et il allait rester avec lui durant deux mois. L'adolescent frotta machinalement sa cicatrice et décida de répondre à l'une des interrogations muettes de son hôte.

« Cette cicatrice, je l'ai toujours eu. Je suppose que vous avez déjà entendu parler de la mort du grand James Potter et de sa superbe femme…

- Oui, en effet, comme tout le monde, je pense.

- J'étais dans la voiture, quand elle est sortie de la route et qu'elle s'est écrasée contre un arbre, la nuit où mes parents sont morts. Personne n'a jamais compris pourquoi on avait eu cet accident, mon père était quelqu'un de prudent surtout que nous étions en pleine ligne droite et par temps sec et le plus dommage c'est que nous ne saurons sans doute jamais ce qui s'est passé… »

Lucius fut navré d'entendre ce jeune homme raconter son histoire comme s'il ne ressentait plus de peine, comme si ce n'était qu'un simple souvenir comme un autre, rien de plus. Bien sûr, Lucius avait déjà entendu par d'autres personnes ce qui s'était passé cette nuit d'Halloween 81 ou même lu dans les journaux, ce fait divers avait défrayé la chronique à l'époque mais c'était différent. Il ressentit alors le besoin de fumer pour faire illusion.

« Harry, est-ce que cela te dérange si je fume dans la voiture ?

- Non bien sûr que non, je suis moi-même fumeur à l'occasion mais je doute que votre fils soit du même avis que nous.

- Bien sûr, c'est le non-fumeur le méchant, celui qui veut préserver la santé de ses proches, qui a tort.

- Voyons, Drago. Je plaisantais… »

Et dans la voiture, alors que Drago prenait un air faussement outré, les deux autres partirent dans un grand fou rire. Lucius n'avait pas ri ainsi depuis des mois, peut-être des années et seulement au bout de quelques instants, Harry et son fils lui avaient permis de se détendre. Le reste du voyage se déroula sans d'autres heurts, dans une réelle bonne humeur. A leur arrivée, les garçons montèrent leurs affaires. Drago se dirigea immédiatement vers sa chambre tandis que Lucius accompagnait Harry jusqu'à sa future chambre située comme toutes les autres au deuxième étage. Elle était située entre celles des deux représentants masculins de la famille. Quand Lucius ouvrit la porte, le jeune homme laissa éclater sa joie. Le jeune homme posa ses valises et dut se mordre les lèvres pour être sûr qu'il ne rêvait pas.

« Waouh ! Elle est immense. »

En effet, Lucius avait fait en sorte qu'Harry soit installé dans les meilleures conditions possibles, il avait même fait faire quelques petits arrangements dans la chambre pour la venue du jeune homme. La pièce était peinte dans des tons pastel, reposants et une certaine harmonie se dégageait de l'agencement des meubles.

« Vous savez, je n'ai pas l'habitude d'être logé dans de si bonnes conditions. Ma chambre chez les Dursley est nettement moins accueillante.

- Oui, mais il fallait bien que vous sachiez que vous étiez le bienvenu ici.

- Pour ça, pas de souci, Monsieur.

- Tu sais, tu peux m'appeler Lucius si tu veux.

- Oh, non, je ne veux pas, je ne suis pas sûr que ce soit convenable.

- Pas de souci. Fais comme tu veux mais sache que l'offre tient toujours.

- Je le note, je le note.

- Au fait, tu peux arranger ta chambre comme bon te semblera.

- Ma chambre ?

- Oui, considère ce lieu comme le tien tout le temps où tu resteras ici… Juste une dernière précision, derrière cette porte, il y a ta salle de bain.

- Ma salle de bain ? Pour moi tout seul ?

- Bien sûr.»

Le jeune homme ouvrit la petite porte en chêne sur le côté et découvrit une salle de bain des plus spacieuse, il se demandait même si elle n'était pas plus grande que sa chambre chez les Dursley, il fut si heureux qu'il se précipita dans les bras de Lucius et faillit le renverser tout en le remerciant. Quand il prit enfin conscience de ce qu'il venait de faire, Harry rougit de la tête au pied.

« Et bien, vous savez, je n'ai pas l'habitude d'être accueilli comme ça, généralement les Dursley ne prenaient même pas le temps de venir me chercher à la gare, c'était à moi de me débrouiller tout seul et ma chambre c'était plus un placard qu'autre chose.

- Un placard ?

- Oui, enfin ça n'a plus d'importance. »

Il sourit à Lucius comme si effectivement, tout ceci n'était qu'un mauvais souvenir et Lucius fut encore une fois navré.

Drago arriva à son tour, dans la chambre d'Harry et siffla joyeusement.

« Harry, tu as hérité de l'une des meilleures pièces de la maison, prends-en grand soin. Sans ça, Père ne t'adressera plus jamais la parole.

- Drago, voyons, je ne suis pas aussi horrible que ça.

- Dis donc ça à tes employés et notamment à Dobby. J'ai toujours l'impression qu'il va tourner de l'œil à chaque fois qu'il te croise.

- Ce n'est tout de même pas ma faute si Dobby se laisse impressionner par moi. Harry, ne crois rien de ce que mon fils peut dire à mon sujet.

- Ne vous inquiétez pas, Monsieur, je connais assez votre fils pour être sûr qu'il faut toujours se méfier de ce qu'il dit.

- Harry !… »

Et encore une fois, de grands éclats de rire résonnèrent, décidément l'été risquait d'être des plus agréables.

Quand, après plusieurs minutes, ils descendirent en direction de la Salle à manger, Lucius était persuadé que rien ne pourrait ternir cette première soirée. Malheureusement, il ne tenait plus compte de Narcissa. A leur arrivée dans cette immense pièce, Lucius s'attendait à voir sa femme, elle était toujours installée avant son mari pour manger mais pour une fois, ce n'était pas le cas. Et soudain, lorsque Winky fit son apparition, son regard ne présageait rien de très bon. La jeune domestique craignait la réaction de son employeur, c'était évident.

« Madame refuse de venir, elle m'a dit de vous prévenir, elle ne veut pas manger avec un inconnu.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Cela n'a aucun sens, Harry ne veut pas s'en prendre à elle. J'y vais les garçons, je n'en ai pas pour longtemps. »

Lucius était furieux. Comment osait-elle ? Elle les mettait tous dans l'embarras, il avait beau savoir que c'était plus fort qu'elle, il avait vraiment du mal, il ne lui demandait qu'une soirée, rencontrer Harry et si après effectivement, sa présence la perturbait outre mesure, elle n'aura qu'à faire comme à son habitude et se terrer dans sa chambre, loin du monde civilisé. Il pénétra d'un pas rapide dans la chambre de sa femme, sans même prendre la peine de frapper à la porte avant. Sa femme était allongée sur son lit, elle ne portait qu'un simple peignoir et semblait avoir pris ses médicaments pour toute la nuit. Sa voix était voilée par le sommeil.

« Lucius, mais que faites-vous ici ?

- Narcissa ! Votre fils vous attend dans la Salle à manger. Ne pourriez-vous pas faire un effort juste ce soir ? Vous savez, venez et vous verrez qu'Harry est un jeune homme très sympathique et un ami de VOTRE fils de surcroît. Je suis persuadé qu'il ne dira ou ne fera rien qui pourrait vous être désagréable, j'en suis sûr.

- Lucius, je ne peux pas, c'est au-dessus de mes forces, j'ai déjà pris mes médicaments.

- Narcissa, je vous avais laissé quinze jours pour vous préparer, n'était-ce pas suffisant ?

- Chéri… »

Ce mot signait comme un refus pur et simple, Lucius quitta alors la pièce, totalement dépité, et plus que jamais il se demandait si le médecin n'avait pas raison et si elle ne devait pas se rendre dans un centre de soins, il ne pouvait plus rien faire.

Quand il arriva dans la Salle à manger, les deux garçons s'assombrirent, ils avaient vainement espéré que Lucius aurait pu faire changer Narcissa d'avis et qu'elle accepte de venir. Il apparut évident alors à Lucius que Drago avait dû parler des problèmes de sa mère à Harry.

« Elle ne viendra pas, je suis désolé. Elle a déjà pris ses cachets pour dormir… »

Harry se sentit tout d'un coup très mal à l'aise, tout était de sa faute, il avait accepté l'invitation de Drago alors qu'il savait que la mère de ce dernier souffrait de graves troubles psychiques et que cela pourrait la perturber. Lucius vit tout de suite la gêne du jeune homme, et il ne le voulait pas. Après tout, s'il y avait une personne à blâmer, c'était lui et personne d'autre, lui pour avoir décidé de ne pas tenir compte de sa femme, lui pour supporter depuis tant d'années cette situation.

« Harry, ne t'inquiète pas, elle était vraiment très fatiguée ce soir mais tu verras demain, je suis sûr qu'elle prendra part au petit-déjeuner avec nous. »

En prononçant ses paroles, Lucius avait du mal à regarder Harry dans les yeux, qui pouvait-il convaincre dans cette pièce ? Personne. Il se racla alors la gorge, il voulait mettre un terme à ce désagrément et ne pas assombrir cette soirée qui avait pourtant si bien commencé.

« Venez les garçons, prenez place à table. Winky ! Winky ! »

La jeune femme brune arriva alors en courant, elle était probablement restée derrière la porte pendant tout ce temps.

« Oui, Monsieur ?

- Pourriez-vous commencer à servir ? Vous savez que je n'aime pas trop attendre… »

Son ton de voix s'était fait plus dur, plus cassant à dessein. C'était inutile et mesquin mais il avait besoin de s'en prendre à quelqu'un et à part la domestique, il n'y avait personne d'autre. Le repas commença dans une atmosphère pesante, personne n'osait parler, la magie des retrouvailles entre le père et le fils quelques heures auparavant semblait s'être évaporée. Harry picorait dans son assiette, il traçait de petits dessins dans une purée de légumes frais que venait de servir Winky.

« Harry, tu n'aimes pas ? Je suis désolé, je ne connaissais pas tes goûts et j'ai laissé carte blanche à Mme Figg, notre cuisinière.

- Non, non, Monsieur. C'est très bon, ce n'est pas ça du tout, c'est que…

- Harry dessine tout le temps et dès qu'il peut, cela lui permet de calmer ses nerfs. Père, tu sais, il est très doué, c'est un futur grand artiste peintre, j'en suis persuadé.

- Drago !!!

- C'est la vérité. Qu'est-ce qui te gêne ?

- Et tu peins quoi, sans indiscrétion ?

- Euh, tout ce que je peux trouver beau et digne d'intérêt…

- Natures mortes, paysages, modèles vivants ?

- De tout, Père, vraiment de tout…

- Il faudra que tu me montres tes toiles enfin si tu en as amené ici…

- Bien sûr qu'il les a amenées avec lui, il ne part jamais sans elles…

- Dans ce cas, tu n'as plus d'excuses. »

Harry bougeait nerveusement sur sa chaise en contraste total avec les représentants de la famille Malefoy. Il n'aimait pas trop qu'on parle de ses toiles. Il savait bien que des experts avaient déjà reconnu qu'il avait un talent indéniable, mais pour l'instant, il lui paraissait encore inconcevable d'être considéré comme un artiste. Il finira d'abord son lycée à Poudlard et après il entrera dans la faculté des Beaux-Arts, enfin il l'espère.

« Bon, Drago et moi, on va arrêter de t'embêter avec ça. Tu n'as pas l'air d'être ravi d'en parler. Et toi, Drago, as-tu un talent caché ?

- Malheureusement, Père, je suis tout comme vous, j'attends de pouvoir siéger un jour à la chambre des Lords et pour cela, seule la naissance compte, je n'ai pas besoin d'avoir des talents cachés. »

A ces mots, définitivement, l'incident du début du repas était oublié, la bonne humeur générale était de retour. Ils commencèrent à parler plus librement et notamment de Poudlard, seul vrai sujet en commun. Lucius fut ravi d'apprendre qu'il n'était pas le seul à ne pas apprécier cet établissement. Harry y avait été envoyé de force afin que les Dursley, les seuls parents encore vivants du jeune homme, puissent profiter de l'héritage de la famille Potter sans qu'Harry ne puisse rien y changer. Plus la soirée avançait et plus Lucius apprenait que décidément le garçon n'avait pas eu une vie des plus faciles. On l'avait spolié de son héritage et maltraité. Bien sûr, Harry n'en avait pas vraiment parlé, il avait été très peu disert sur le sujet, c'était Drago qui avait laissé éclater sa colère contre la soi-disant famille d'Harry, mais surtout il avait suffi à Lucius de croiser le regard de l'adolescent pour comprendre.

A la fin du repas, tout le monde se quitta, ravi. Lucius était remonté dans sa chambre, comme chaque nuit, il était à son balcon, il fumait en regardant le ciel étoilé et le parc du Manoir à la lumière de la lune. Perdu dans ses pensées, il mit un certain temps avant de comprendre que quelqu'un lui parlait.

« Monsieur, Monsieur. »

Lucius se rapprocha un peu plus de l'autre balcon. Apparemment, le jeune homme avait eu la même idée que le châtelain, il était lui aussi en train de fumer tout en admirant le paysage. Avec une certaine dextérité, Harry exhalait des ronds de fumée parfaits.

« Fumeur occasionnel, c'est ce que tu avais dit tout à l'heure, n'est-ce pas ?

- Sans doute plus qu'occasionnel.

- Harry, tout va bien, la chambre te plaît toujours autant ?

- Bien sûr, elle est magnifique.

- Tant mieux, c'est l'essentiel.

- La vue est splendide, j'adorerai peindre le parc, je me le suis tout de suite dit en arrivant.

- Et bien fais-le. Je serai plus qu'heureux qu'un futur grand de la peinture se serve de ma propriété pour ses toiles.

- Je fais ça en dilettante, vous savez.

- Je n'en crois pas un mot, Drago avait vraiment l'air enthousiaste tout à l'heure.

- C'est Drago. Ce n'est pas un expert.

- Arrête de te déprécier. Drago a très bon goût en général et je lui fais toute confiance s'il dit que tu es doué et que tu perceras alors c'est que c'est vrai.

- Pour l'instant, j'ai dû mal à croire que je puisse un jour être reconnu comme peintre. Je sais par contre que l'année prochaine, je m'inscrirai au cours des Beaux-Arts de Londres. Depuis le jour où j'ai vu un reportage sur l'établissement à la télévision quand j'étais tout gamin, je ne rêve quasiment que de cela. »

Lucius n'avait pas de difficulté à le croire, rien qu'à l'évocation de ce lointain souvenir, il pouvait deviner plus que réellement voir les grands yeux verts de Harry briller.

« J'espère de tout mon cœur que tu réussiras, Harry.

- Merci, Monsieur. Je vais vous laisser à présent, je ne voudrai pas abuser de votre temps.

- Harry, tu n'abuses en rien de mon temps. Bien, au contraire, je fume le plus généralement seul sauf quand mon meilleur ami vient me rendre visite. Alors pour une fois que je peux profiter de la compagnie de quelqu'un d'autre, je suis ravi.

- Et moi aussi, et si demain soir, vous voulez encore que je vous tienne compagnie, vous pourrez compter sur moi. »

Et sans attendre de réponse, le garçon écrasa sa cigarette au sol et prit la direction de sa chambre. Juste avant de retourner dans la pièce, Harry se retourna vers Lucius. Son visage était éclairé par la lumière de la lune, il souriait chaleureusement à son hôte. L'adulte eut l'espace de quelques instants l'impression de voir un ange. Le jeune homme murmura un simple 'Bonne nuit' avant de s'engouffrer dans la chambre.

A suivre…

(Si vous en avez envie, une tite review. Merci d'avance.)