Bonjour, tout le monde. Voici donc la suite d'Un été inoubliable. Harry vient d'arriver au Manoir et Lucius ne semble pas indifférent au jeune homme. Que va-t-il se passer après cette première soirée ?

Spéciale dédicace à mon grand… Gros bisous…

Chapitre 3 : La proposition

Après avoir quitté le balcon, Harry s'était allongé sur « son » lit mais le sommeil le fuyait désespérément, il était encore sous le coup de l'émotion de son arrivée au Manoir qui avait été presque parfaite, bien sûr il aurait aimé rencontrer la mère de Drago, mais il savait qu'elle était très malade et puis il en aurait sans doute l'occasion plus tard. Tout le reste s'était encore mieux passé que ce qu'il avait espéré, il n'avait pas été déçu par sa rencontre avec Lucius Malefoy, il avait été bienveillant, gentil, intéressé de savoir quel était ce garçon que son fils voulait héberger pendant les grandes vacances mais sans faire preuve de curiosité malsaine. Dès son arrivée sur le quai de la gare, Harry avait été sidéré de la ressemblance physique qui existait entre Drago et son père leur haute stature, ils devaient mesurer plus d'un mètre quatre-vingt chacun en comparaison à son petit mètre soixante-cinq, les cheveux d'un blond si pâle, une couleur qui attirait le regard du moins celui d'Harry et d'ores et déjà, l'adolescent avait une réelle idée de ce à quoi ressemblera son ami dans une vingtaine d'années.

Harry repensait surtout à sa conversation après le repas. Avant de se manifester devant Lucius Malefoy, Harry l'avait observé durant quelques minutes et il en était persuadé, le père de Drago ferait un très bon modèle, dans cette pose, la lune éclairant son visage, le corps droit dans un costume sobre à la coupe parfaite, sa main droite tenant négligemment sa cigarette alors qu'il exhalait de la fumée, Harry avait perçu dans le regard de l'autre homme un voile de déception, de regret plutôt qu'il aimerait bien retranscrire sur une toile. L'adolescent aurait pu rester caché aux yeux de l'aristocrate mais il avait préféré parler au père de son ami, pour voir peut-être l'éclat des yeux acier de plus près. Leur conversation avait été agréable, Harry avait été fidèle à lui-même, il s'était dévoilé probablement plus que ce qu'il aurait dû devant une personne qu'il ne connaissait que depuis quelques heures mais cela ne le dérangeait pas et même il s'était senti heureux de voir que Lucius Malefoy ne semblait pas s'en formaliser. Et quand il était parti pour sa chambre, il n'avait pas pu résister et s'était retourné en direction de son hôte pour l'observer une dernière fois sous la lumière de la lune et mémoriser cette image dans sa tête.

Harry avait fini par s'endormir mais quelques heures plus tard, il poussa un cri à en fendre l'âme, il avait encore fait le cauchemar… Et dès qu'il fut assez réveillé pour se rappeler où il était, il espérait que ni Drago, ni son père n'avaient pu l'entendre. Il savait qu'il ne pourrait plus s'endormir. Le sommeil l'avait à présent définitivement fui et sa nuit était terminée, comme à chaque fois qu'il en rêvait et le revoyait, il était pourtant très tôt guère plus de cinq heures peut-être six heures du matin. Bien sûr, il pourrait faire comme quand il était à Poudlard, rester dans ce lit aux draps défaits et attendre que les autres se lèvent. Il décida malgré tout qu'il valait mieux partir à la découverte du Manoir avec la luminosité de la nuit, tout est différent, on ne perçoit pas les mêmes choses, même les sons diffèrent et puis il fallait, il fallait qu'il l'oublie. Il ne dormait qu'avec un simple boxer, il mit donc un jean et sortit sans prendre la peine de mettre des chaussures, ou encore un tee-shirt. De toute manière, il avait bien l'intention de remonter dans sa chambre se préparer bien avant le lever des autres. A chaque pas, le parquet grinçait et il avait peur de réveiller les habitants du Manoir. Harry commença l'inspection par la Salle à manger, là où ils avaient dîné hier soir. La table était à l'instar de tout ce qui avait trait avec le Manoir, immense, le jeune homme pensait qu'une dizaine de personnes pourrait s'y installer à l'aise un peu comme les tables du réfectoire à Poudlard que les étudiants appelaient la Grand Salle à la différence que la table était en merisier et non pas en simple plaqué et que l'écusson de la famille Malefoy était gravé. Le jeune homme bougeait élégamment parmi tous les meubles, il laissait sa main pâle glisser sur le rebord de la cheminée, sur la table, le buffet, un peu partout finalement. Avec le silence de cette fin de nuit, il trouvait que le manoir était reposant, calme, un lieu parfait. Il continua l'inspection des lieux au rez-de-chaussée, ainsi il savait à présent que les pièces auxquelles il avait accès étaient toutes agencées avec goût, avec le même charme discret de la haute aristocratie anglaise qui n'a pas besoin de montrer l'étendue de sa fortune. Une pièce attira un peu plus son attention, la bibliothèque. Des pans de mur entiers sur lesquels reposaient des étagères remplies de livres et au milieu trônaient deux superbes fauteuils en cuir séparés d'une table. La curiosité d'Harry fut la plus forte et il s'avança sur l'un des fauteuils sur lequel reposait un livre ouvert. Il le prit en main alors qu'il s'asseyait, il le feuilletait négligemment, c'était un recueil de sonnets de William Shakespeare, comme tout bon Anglais il avait étudié certains d'entre eux au lycée et il avait adoré. Harry se replongea aussitôt dans les textes avec un réel plaisir, d'autant plus que le soleil se levait progressivement et sa lumière devenait plus intense dans toute la pièce. Il ne sut combien de temps il resta là, sans bouger.

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Lucius fut réveillé par les premiers rayons du soleil que laissaient filtrer les persiennes de sa chambre. Il devait à peine être sept heures, c'était toujours à cette heure-là qu'il se réveillait, précis comme un métronome. Il avait toujours le même rituel, il se douchait, sortait prendre l'air profitant du calme d'une nouvelle journée quelque soit le temps, même sous la pluie, puis après il s'enfermait dans son bureau, loin des autres. Il ne quittait quasiment jamais son Manoir sauf les jours où il devait siéger à la Chambre des Lords. Et aujourd'hui, ce premier jour de grandes vacances ne dérogeait pas à la règle. Il descendit dans le hall, tout était calme comme d'habitude, de toute manière, il ne s'attendait pas à voir débouler son fils ou même Harry à cette heure-ci, il n'y avait aucune raison d'abord. Il faisait un temps magnifique en ce début d'été, un peu de vent apportait la fraîcheur nécessaire à une journée qui s'annonçait comme très agréable. Il aurait bien voulu aller faire un tour dans le parc et ne revenir que dans plusieurs heures mais il devait s'occuper des affaires courantes, il n'avait toujours pas par exemple répondu au Baron Nott. Il se dirigeait vers son bureau quand il remarqua que la porte de la bibliothèque était entrouverte, il se décida à aller voir qui était entré. Il repéra deux jambes se balançant tranquillement, par-dessus l'accoudoir de son fauteuil. Le Lord s'avança, à pas de loup et il trouva Harry plongé dans son livre de sonnets. Il se racla la gorge pour manifester sa présence. Le jeune homme sursauta et se redressa visiblement gêné, il tenait machinalement le livre contre son torse.

« Oh, pardon, je… je…

- Bonjour, Harry, ça va ? Tu es levé depuis longtemps ?

- Euh, oui, c'est vrai, bonjour, Monsieur. Euh.

- Ne t'inquiète pas, Harry. Il n'y a pas de problème, c'est juste que je ne m'attendais pas à voir quelqu'un debout, à cette heure-ci. D'habitude, les jeunes adolescents préfèrent passer un maximum de temps au lit.

- C'est sûr que Drago, vu comme je le connais, on ne le reverra pas avant le début de cet après-midi. J'aurai bien voulu en faire autant mais bon.

- Un problème avec la chambre ?

- Bien sûr que non, j'ai juste fait un cauchemar, rien à voir avec ici, je vous rassure.

- Tant mieux. Tu lis Shakespeare ?

- J'ai trouvé le livre qui traînait et j'en ai profité pour me replonger dedans, j'ai adoré étudier ses sonnets, tout le monde dit ça, je le sais mais ça reste toujours aussi moderne.

- Je comprends moi aussi, j'ai adoré étudier cet auteur quand j'étais jeune, j'étais réellement fasciné.

- Je suppose donc que c'est vous qui lisez cet ouvrage…

- Effectivement, mais je suis heureux que quelqu'un d'autre à part moi puisse s'intéresser à la littérature ici. Pour mon plus grand malheur, mon unique fils est un scientifique, un chimiste dans l'âme, et j'ai eu beau essayer de tout faire pour qu'il s'intéresse aux arts des lettres, je crains que rien n'y a fait. »

Harry sourit et roula des yeux, lui aussi avait essayé un bon nombre de fois de faire en sorte que Drago s'intéresse à autre chose qu'à ses réactions chimiques et malheureusement, pour l'instant, c'était un échec sur toute la ligne. Le jeune homme tendit le livre qu'il avait emprunté à son propriétaire.

« Tenez, je vous le rends.

- Tu sais, tu peux le garder si tu veux, j'ai tellement l'habitude de le lire et de le relire depuis le temps que je connais les poèmes presque par cœur.

- Vraiment ?

- Vraiment. Enfin à moins que tu préfères emprunter un autre livre de la bibliothèque…

- Bien, merci, je vais pour l'instant relire celui-ci.

- Je te l'ai déjà dit hier soir et je le pensai, considère-toi ici comme chez toi et donc quand tu voudras emprunter un autre livre ne te gêne pas. Tu sais ce que tu vas faire aujourd'hui ?…

- Attendre le lever de Monsieur Drago et après je ne sais pas trop, je pense qu'il aura une idée…

- Le connaissant, il t'obligera à aller faire un match de tennis. »

L'adolescent grimaça, il DE-TES-TAIT le tennis, une catastrophe, il se souvenait qu'une après-midi où ils n'avaient pas cours, Drago l'avait obligé à jouer contre lui et non seulement il n'avait pas gagné un seul jeu mais en plus il avait été courbaturé pendant au moins quatre jours après le match.

« Vous avez un terrain de tennis ?

- Vu ta tête, je dirai que malheureusement pour toi, oui. Et n'espère pas qu'il pleuve, il est couvert.

- Je suis maudit, il va vouloir jouer tous les jours que Dieu fait.

- Marchande, s'il te propose un match, tu n'as qu'à lui proposer de lire, tu verras, il abandonnera très rapidement.

- Sage conseil, j'y penserai à l'occasion… Et vous ? Enfin, je veux dire… Je me demandais juste que fait un représentant de la Chambre des Lords, quand il ne siège pas.

- Il s'ennuie, Harry, il s'ennuie… Sauf quand il parle avec son jeune invité. »

Harry sourit au châtelain.

« J'ai une idée.

- Je suis tout ouï, Harry.

- Vous avez quelque chose de prévu pour ce matin ?

- Rien qui ne peut se reporter.

- Vous… Vous accepteriez de passer cette matinée avec moi en attendant que Drago se lève, je ne sais pas trop quoi faire, enfin si vous le voulez bien sûr.

- Vois-tu Harry, je m'attendais à passer une autre matinée des plus mornes mais je pense que ce ne sera peut-être pas le cas, après tout. Je te proposerais bien de faire un tour dans le parc enfin si tu acceptes bien entendu et peut-être trouveras-tu un endroit que tu pourras peindre…

- Très bien, il me faudrait juste un quart d'heure le temps de me préparer, je ne pense pas que je devrais sortir ainsi. »

Harry s'était levé d'un bond du confortable fauteuil et se dirigeait directement vers la porte de la bibliothèque, sans prêter plus d'attention à Lucius qui détailla inconsciemment, la silhouette du jeune homme qui s'éloignait, un corps pâle, mince, si ce n'est frêle, une taille fine et des cheveux lui tombant bas sur la nuque, Lucius n'avait pas de mal à croire que le jeune homme n'appréciait pas le sport, il était à peine musclé. Il était vraiment loin du portrait de l'adolescent type, peut-être un peu trop loin.

Environ vingt minutes plus tard, Lucius vit arriver sur le perron une tornade brune, et un sourire franchit ses lèvres à la vue du jeune homme gracile.

« Prêt, Harry ?

- Bien sûr. »

Le soleil était parfaitement levé à présent et il colorait les environs d'une jolie teinte dorée, vraiment la journée s'annonçait comme magnifique.

« Tu veux que je t'emmène où ? Sur le terrain de tennis ?

- Par pitié, c'est sans doute l'un des premiers endroits où va m'emmener Drago, alors plus tard je verrai cet endroit maudit et mieux ce sera. »

Harry commençait à sortir son paquet de cigarettes et le tendit à Lucius qui accepta l'offre. Le jeune homme eut à peine le temps de remettre le paquet dans la poche arrière de son jean et de prendre une cigarette pour lui-même que déjà Lucius présentait son briquet devant le visage d'Harry.

« Je vais te montrer l'un de mes endroits préférés près du lac.

- Lac ? Juste une question, le parc fait combien de superficie ?

- Je ne saurais trop te le dire, je ne m'y suis jamais vraiment intéressé, j'ai juste hérité du manoir de mon père comme Drago en héritera bientôt, mais probablement plusieurs dizaines d'hectares, enfin je suppose… »

Les deux hommes marchaient l'un à côté de l'autre, sur un petit chemin rocailleux sans vraiment parler, par moment, ils échangeaient des banalités sur le paysage, la douceur du temps mais rien de vraiment transcendant. A tour de rôle, ils s'observaient, le plus âgé était fasciné par la vie, la jeunesse qui se dégageaient des traits de l'adolescent et au contraire, le plus jeune s'interrogeait sur l'indifférence, le cynisme qui se peignaient sur le visage de Lucius, comme s'il ne croyait plus en rien ou plutôt comme s'il était fatigué de tout. Ils avaient marché pendant près d'une demi-heure et ils commençaient à apercevoir le lac. Ils ne s'arrêtèrent qu'une fois aux bords.

« C'est quoi alors votre endroit préféré ?

- Le grand chêne… »

Harry se dirigea vers le grand arbre que l'homme lui avait désigné. Le garçon passa sa main sur l'écorce rugueuse de l'arbre et inspira fortement pour s'imprégner des éléments. Lucius le suivit.

« Pourquoi ? C'est ici que vous avez échangé votre tout premier baiser.

- Non, c'est ici que je me réfugiais quand je n'allais pas bien, c'était mon refuge, oui c'est ça, mon refuge. Il me permettait de me sentir libre, loin des autres. Et puis on a une belle vue sur une grande partie du parc, on devine même le Manoir. Quand j'étais jeune, je pouvais passer des heures, assis contre le tronc de l'arbre, à l'époque, je me disais que j'aimerais bien rester juste là, éternellement. Cela faisait des années que je n'avais même pas pris la peine de venir jusqu'ici. »

Harry ne résista pas, il tira le bras de Lucius et l'obligea à s'installer comme il le faisait durant sa jeunesse. Lorsque l'adolescent leva la tête en direction du père de Drago, il vit de la joie, de la vie dans son regard comme s'il revoyait des images d'antan. Ils restèrent un certain temps, silencieux n'écoutant que les bruits de la nature, des oiseaux, des insectes, du vent dans le feuillage du chêne. Harry avait eu une idée bien précise du tableau qui pourrait peindre en cet endroit. Il ne savait pas trop s'il devait demander ou bien attendre, il ne voulait surtout pas mettre mal à l'aise son hôte. Il le fit malgré tout, après tout, que risquait-il.

« Pardonnez-moi Monsieur,…

- Hm.

- J'ai quelque chose à vous demander. Ce cadre serait parfait pour un tableau.

- Eh bien, fais comme tu le souhaites, je pense que tu auras le temps les matins si tu te lèves d'aussi bonne heure.

- Ce n'est pas ça, enfin pas exactement. Je voudrais surtout que… que vous me serviez de modèle, dans cette pose.

- Moi ? »

Harry sentit le regard inquisiteur de Lucius se poser sur lui et comme un enfant pris en faute, il avait du mal à rester calme, il tapait nerveusement du pied sur la terre humide et prit une autre cigarette qu'il eut toutes les difficultés du monde à allumer.

« Je ne voulais pas vous importuner, oubliez ce que je viens de dire.

- Pourquoi Harry ? »

Harry ne se sentait vraiment pas bien, il n'aurait pas dû lui suggérer de poser pour lui, mais c'était ce regard. Déjà cette nuit, il voulait capter toutes les nuances de ce regard bleu et assis sous cet arbre, Lucius n'était plus aussi vide que ce que l'on pouvait craindre et Harry voulait en garder une trace. Le jeune homme souffla profondément et décida que finalement, la franchise était probablement la meilleure des défenses.

« Votre regard, il est différent, il n'est plus voilé. »

Harry définitivement ne tenait plus en place, il ne lui demandait pourtant rien d'irréparable, ni de poser nu. Il se releva et tendit sa main à Lucius qui l'accepta bien volontiers.

« Rentrons, vous avez probablement du travail qui va vous attendre à votre bureau. Monsieur, ne faites pas attention à tout ce que je viens de dire, je ne dois pas être encore assez réveillé et puis vous n'aurez sans doute pas assez de temps. »

Le retour au Manoir se passa dans un silence absolu, ils n'entendaient plus que le bruit de leurs chaussures sur le chemin. Ils l'atteignirent assez rapidement, la matinée était largement entamée. Quand ils franchirent la porte d'entrée, Lucius dit sobrement 'J'accepte et puis après tout qui suis-je pour refuser de servir comme modèle à un grand peintre.'. Harry réussit miraculeusement à ne pas sauter au cou de l'adulte pour le remercier mais le sourire qui s'étalait sur son visage ne laissait que peu de doutes.

A suivre…

Pas de chapitre la semaine prochaine, je suis en vacances… A dans quinze jours…

NDA : Pour les lecteurs de « Harry Potter et l'héritier de Dumbledore », suite à un ennui technique, je n'ai pas pu avancer sur la rédaction du prochain chapitre, je suis vraiment désolée, il va falloir attendre mon retour de vacances. Merci de votre compréhension. A bientôt.