Salut tout le monde, il y a deux semaines, je laissais Lucius acceptant l'offre d'Harry, pour qu'il devienne son modèle mais la suite de la journée risque de moins lui plaire… Bonne lecture

Merci tout le monde de me lire…

Chapitre 4 : Au détour d'un couloir ou d'une bibliothèque

Ils pénétrèrent ensemble dans le Manoir, Lucius laissa Harry se débrouiller tout seul en attendant que Drago vienne le rejoindre, il avait hésité mais son minimum de conscience professionnelle avait pris le dessus, il se devait de lire un nouveau projet de loi proposé par le gouvernement sur une future taxe immobilière dont il ne savait que penser. Harry semblait le comprendre et puis il ne pouvait pas décemment imposer sa présence à l'aristocrate. Juste avant de le laisser seul dans la bibliothèque, Harry lui avait avoué aimer l'atmosphère qui régnait dans la pièce, surtout que l'odeur du vieux papier l'avait toujours calmé.

« Harry, au fait, pour le tableau, nous en reparlerons demain, à moins que l'offre ne tienne plus.

- Elle était on ne peut plus sérieuse. On verra cela plus en détail demain. Répondit-il un sourire aux lèvres. »

Finalement, il ne se retrouvèrent tous les trois réunis qu'au moment du déjeuner, Narcissa avait encore prétexté une migraine et Lucius avait refusé de retourner encore lui demander de venir, elle le ferait probablement tôt ou tard et à vrai dire il n'était pas pressé de voir la réaction qu'elle pourrait avoir en rencontrant Harry. Drago semblait avoir à peine émergé d'un sommeil digne de celui de la Belle au bois dormant. Lucius en entrant dans la Salle à manger n'avait pas résisté à l'envie de se moquer gentiment de son fils si fatigué.

« Drago, tu es sûr que tu as assez dormi, tu me sembles encore fatigué, il ne faudrait pas que tu t'épuises avec tout ce que tu as fait ce matin.

- Ce n'est tout de même pas de ma faute si je peux profiter enfin du repos que j'ai bien mérité. Vous le savez bien pourtant qu'à Poudlard, tout le monde doit être debout à 6 heures 30, sauf le dimanche où miraculeusement, le vieux Directeur nous permet de rester au lit jusqu'à 8 heures. Il n'y a bien qu'Harry qui puisse tenir ce rythme. Je n'ai jamais compris comment il faisait pour être toujours réveillé avant les autres comme s'il n'avait pas besoin de se reposer. »

Lucius n'avait pu s'empêcher de regarder du coin de l'œil Harry quand Drago lui avait parlé des problèmes de sommeil de ce dernier, le jeune homme n'avait pas semblé alors très à l'aise et l'espace d'un instant, Lucius eut même l'impression de voir de la tristesse, de la gêne, dans le regard de l'adolescent, comme si cela lui avait échappé et qu'il essayait de cacher quelque chose derrière toute cette bonne humeur. Enfin ce n'était qu'une impression confuse, rien de vraiment très probant. L'adulte décida de changer de sujet sur un terrain probablement moins glissant.

« Tiens en parlant de vieux Directeur, comment va ce cher Dumbledore ?

- C'est incroyable, Monsieur, malgré c'est presque quatre-vingt ans, il dirige cette école un peu comme si le temps n'avait pas d'emprise sur lui. Il est gentil, prévenant, à l'écoute de ce que souhaitent les pensionnaires de Poudlard, une sorte de papy gâteau. Malheureusement, c'est le seul membre de l'équipe professorale qui soit ainsi, les autres sont tous plus déprimants les uns que les autres, je me suis toujours imaginé qu'ils organisaient chaque année un grand concours pour savoir lequel fera le cours le plus navrant. Et puis, ils ne s'intéressent à rien d'autre qu'à Poudlard et à leurs misérables cours comme si le monde extérieur ne présentait aucun intérêt, comme s'ils n'avaient jamais quitté leur Ecosse natale ou ce foutu lycée.

- Oui, enfin, dis plutôt que Dumbledore soit le seul qui trouve grâce à tes yeux là-bas, car tu es son préféré et qu'il a accepté que tu ais une salle rien que pour toi, pour que tu puisses peindre en toute liberté contrairement aux autres et principalement McGo qui n'y voyaient que du favoritisme.

- Ne me parle pas d'elle, Drago, tu sais bien ce que j'en pense, je voulais juste un atelier pour pouvoir peindre au calme, mais pour elle bien évidemment c'était du favoritisme, elle ne comprend jamais rien, de toute manière, elle ne m'aime pas car je ne comprends rien dans les mathématiques et tout le monde sait bien que pour elle, rien n'a d'importance, mis à part ses chats et ses cours de mathématiques.

- Et Dumbledore… »

Les deux adolescents s'étaient retournés vers Lucius, interloqués pour ne pas dire dégoûtés par ce qu'ils venaient d'apprendre. Harry laissa même échapper de ses lèvres une interjection qui ne laissait pas planer de doute quant à ses véritables pensées. Le père de Drago avait été surpris de leur réaction car s'il est vrai qu'à l'époque où il était élève à Poudlard peu de personnes étaient au courant, il avait cru que tout avait finalement été découvert depuis le temps.

« Qu'est-ce que vous dites, Père ? McGo avec le vieux Dumbledore…

- Je peux bien le raconter, il y a prescription depuis le temps, c'est ce que j'avais pu en déduire quand j'étais élève à Poudlard, je les avais surpris au détour d'un couloir, une nuit.

- Et vous croyez qu'ils sont, sont encore…

- Oui, enfin, elle est toujours restée à Poudlard depuis tout ce temps et elle ne semble pas pressée de trouver un autre poste.

- Je n'aurais jamais cru ça possible, ils semblent tous tellement morts, dans cette école et McGo plus que tous les autres.

- Tu sais, Harry, les gens évoluent avec le temps et à l'époque même si elle était déjà très rigide avec les principes, elle n'avait alors guère plus de trente ans et aucun élève ne pensait qu'elle était une vieille femme décrépie comme tu sembles le croire, je peux te l'affirmer et même pour être totalement honnête, elle était plutôt jolie à regarder et beaucoup d'entre nous étaient intéressés.

- Père, s'il vous plaît épargner nous la vision d'une bande de lycéens fantasmant sur McGo, je crois que je ne serai pas capable de m'en remettre.

- Et pourtant c'est la stricte vérité.

- En attendant ce n'est pas vous qui allez repenser à cette histoire au prochain cours de mathématiques et se demander ce que fabrique mon Professeur la nuit dans les couloirs de Poudlard avec le Directeur et surtout comment se fait-il qu'elle ait choisi une personne de plus de vingt ans son aîné alors qu'elle aurait pu choisir apparemment n'importe qui dans le vivier des jeunes étudiants pour parfaire leur éducation.

- Drago et le romantisme.

- Oh, ça te va bien Harry de me faire la morale, dis-moi que tu ne le penses pas toi aussi.

- Honnêtement, non, j'ai encore du mal à m'imaginer une McGo différente de celle que nous côtoyons et sincèrement, je me figure mal Dumbledore la choisir et non, Drago, cela n'a rien avoir avec la différence d'âge, et si tu veux mon avis, Dumbledore a toujours été plus jeune qu'elle dans sa tête. Il est tellement plus moderne, plus progressiste, les quelques progrès dans les méthodes d'éducation à Poudlard, c'est à lui qu'on les doit et je pense que si le conseil d'administration lui en avait laissé la possibilité, il aurait été encore plus loin.

- J'ai beau le savoir que tu le défends contre vents et marées, ça me surprend toujours.

- Et oui, Drago que ça te plaise ou non, je suis l'homme de Dumbledore.

- Oh, pitié, Harry, épargne-moi tout ça.

- Harry, ne te laisse pas faire par Drago, tu as tout à fait raison, Albus était déjà à mon époque l'un des membres d'enseignement qui se démarquait par son modernisme, sa gentillesse et sa proximité avec ses étudiants, je suis entièrement de ton avis.

- Merci Monsieur, et puis de toute manière, comme je vous l'ai déjà dit, il y a bien longtemps que les sarcasmes de votre fils ne m'atteignent plus du tout.

- Ne te gêne pas pour moi, Harry ! Tu me fais passer pour quoi auprès de Père !

- Drago, bien au contraire, pour une fois que je vois quelqu'un ne pas être totalement sous l'emprise d'un Malefoy ni obnubilé par les titres de la famille, et de surcroît, capable de te tenir tête. De toute façon, mon fils, ce n'est pas comme si je ne te connaissais pas. Par contre, Harry, je dois admettre que tu me surprends. Tu es intelligent, drôle et très mature pour ton âge mais surtout tu arrives à faire taire mon fils et ça, ça tient de l'exploit. »

Drago boudait légèrement, il avait comme l'impression que les deux autres se liguaient contre lui mais il n'avait pas l'intention de se laisser faire. Il était un Malefoy et surtout il avait une arme décisive et c'est d'ailleurs son père qui lui permit de reprendre très rapidement l'avantage.

« Alors, sans ça, vous savez ce que vous allez faire cette après-midi ?

- Bien sûr, dans toute ta liste de compliments pour Harry, tu n'as pas souligné qu'il était en très grande forme physique et je pense qu'une partie de tennis lui serait plus que profitable. Ca te convient comme programme, Harry ?

- Ben, tu sais, on est ici pour deux mois, on pourrait peut-être envisager une partie plus tard, il faut savoir attendre les bonnes choses.

- Allez, Harry, s'il te plaît, pour moi… »

Malgré un profond soupir, Harry se laissa facilement convaincre par le blond qui lui souriait, avec un regard totalement attendrissant et il semblait tout simplement inimaginable de résister à ses petits yeux larmoyants. Il faut dire que Drago était passé maître dans l'art de la manipulation et de la roublardise et qu'il avait un don pour parvenir à ses fins, en tout cas, il savait tout particulièrement comment manœuvrer le brun à son avantage. Lucius ne put s'empêcher de contempler le visage défait de l'ami de son fils, il venait de céder à son corps défendant de jouer à un jeu qu'il semblait réellement exécré.

Le repas fini, Lucius vaqua à ses occupations le reste de la journée, lisant différents projets législatifs tous plus rébarbatifs les uns que les autres, il était épuisé lorsqu'il se dirigeait vers la bibliothèque. Il allait choisir un roman pour passer le temps, probablement un roman français du XIXème siècle, il avait une préférence très nette pour Maupassant. Il posait sa main sur la poignée de porte quand il entendit une voix, il la reconnut aussitôt, c'était celle de son fils.

« Harry, tu n'en as pas assez ? »

Lucius avait légèrement entrouvert la porte, il pouvait voir Harry sur l'un des deux fauteuils, de là où il était, il pouvait deviner que son fils avait pris place sur l'autre fauteuil. Il aurait dû manifester sa présence mais il fut captivé par son jeune invité. Harry était en train de dessiner, son visage était totalement tourné vers la feuille qu'il avait calée sur ses genoux repliés.

« Drago, tu avais accepté pourtant, ne t'inquiète pas, j'en aurai bientôt terminé et tu pourras faire ce que tu veux. Et puis après tout, j'ai bien accepté de faire cette stupide partie de tennis, tu pourrais bien faire un effort. »

Le jeune homme avait à peine levé les yeux en direction de son ami, quand il s'adressa à Drago, il semblait ne pas avoir besoin d'observer pour le dessiner comme s'il connaissait par cœur les traits de son modèle.

« Oui et bien si tu te dépêchais, je te proposerais bien une autre séance sportive, des plus agréables.

- Dray, tu sais très bien qu'elle sera ma réponse.

- OUI, bien sûr chéri.

- Dans tes rêves, certainement.

- Ce n'est pas ce que tu disais, lors de la fête de fin d'année. Tu me rappelles quand c'était, une semaine au moins.

- Nous étions tous les deux bourrés, Dray, ça ne compte pas.

- Et le 1er juin, c'est quoi ton excuse ?

- Nous avons déjà eu cette conversation, je crois. Nous avons passé de très bons moments, je le reconnais, mais tu ne m'aimes pas, du moins pas autant que je le voudrais et un jour ou l'autre, tu trouveras quelqu'un d'autre.

- Tu sais bien ce que je pense, nous avons à peine dix-sept ans, il faut s'amuser, tant que nous le pouvons. »

Et sans même écouter un traître mot de ce que lui avait répondu Harry, Drago s'était levé du confortable fauteuil en cuir et se dirigeait tel un chat, droit vers le brun, le regard brûlant, il lui ôta lentement le carton à dessin des mains et en profita pour lui caresser furtivement le dessus de ses mains.

« Dray, qu'est-ce que tu fais ?

- Rien. Dit-il malicieusement, un sourire coquin aux lèvres. Je veux savoir à quel point tu es capable de résister à toutes tes bonnes résolutions et puis comme tu me l'as dit au repas de midi, on va passer deux mois ici, tu auras tout le temps de finir ce dessin.

- Dray, ce n'est pas… »

Harry aurait voulu finir la phrase 'Dray, ce n'est pas raisonnable, cela ne nous mènera nulle part et tu le sais bien'. Mais il n'avait pas pu, il n'avait pas eu le temps, Drago avait repoussé son ami contre le dossier du fauteuil d'une main douce mais ferme et déjà, il commençait à prendre place sur les genoux, il mordillait et suçait le cou à la peau d'albâtre, il savait exactement comment faire pour faire réagir Harry. Cela faisait déjà près d'un an que leur 'relation' avait démarré, au début ce n'était qu'un jeu pour Drago, il n'avait que peu prêté attention au jeune homme gracile jusque là, ils se côtoyaient depuis près de cinq ans mais Harry et Drago n'avaient que peu de point en commun. Le blond était sportif, séducteur, entouré d'une cour de prétendants et prétendantes alors que le garçon aux yeux émeraude était certes assez bavard mais il avait toujours une réserve, de peur peut-être de trop se dévoiler et surtout, depuis toujours il avait sur lui un crayon et du papier pour pouvoir dessiner dès que l'occasion se présentait. Les débuts furent plus que difficiles Harry avait eu du mal à croire que Drago veuille plus le connaître car il l'intriguait et il avait fallu à Dray s'armer de patience pour qu'il entre dans le cercle des amis et finalement dans le lit du brun. Drago savait qu'Harry avait raison, il ne l'aimait pas vraiment, il appréciait les moments qu'ils passaient ensemble mais surtout, même si Drago ne l'avait encore jamais avoué à Harry, le brun le fascinait toujours autant, si ce n'est plus, que le jour où il lui avait adressé pour la première fois la parole. Cette propension à parler sans arrêt pour combler un vide sans qu'il ne révèle le VRAI mystère n'avait jamais cessé de l'intriguer. Harry lui avait évidemment raconté son enfance, les maltraitances dont il avait été victime mais Drago se doutait que ce n'était pas tout, il ne comptait plus le nombre de fois où il l'avait réconforté au cœur de la nuit froide, alors qu'il pleurait comme un petit enfant entre ses bras après avoir fait des cauchemars. Et puis il y avait ses dessins. S'il avait pu, avant de mieux connaître Harry, rire de cette lubie de traîner toujours avec lui du matériel de dessin, Drago l'admettait aujourd'hui bien volontiers, il avait totalement changé d'avis, il trouvait que ces dessins étaient de vraies splendeurs, il avait l'impression qu'Harry captait l'essence même des gens et la retranscrivait sur papier pour la garder éternellement pour lui.

Drago laissait des traces humides sur le trajet de la jugulaire et Harry avait fermé les yeux pour totalement profiter de la sensation. C'était si bon, comme toujours. Il cédait toujours face à Drago, une sorte de rituel, il avait beau à chaque fois vouloir prendre du recul, il suffisait que l'autre garçon le regarde avec ses grands yeux argentés et toute sa volonté s'envolait. Les doigts du plus grand se perdait sous la chemise du brun et suivaient les os des côtes, et Harry réagit, le blond le connaissait parfaitement. La bouche de Drago se perdait en des milliers de petits baisers sur le cou de l'autre garçon, avant de s'unir furieusement, passionnément aux lèvres de son petit ami. Les doigts agiles s'attaquaient déjà aux boutons de la chemise du brun dont les mains ne quittaient pas l'accoudoir qu'il serrait nerveusement, frénétiquement.

Lucius qui n'avait pas cessé d'observer la scène, était en admiration devant le jeune brun qui se laissait aller, il dégageait une telle douceur, un tel abandon entre les bras de son fils. Il ne réagit finalement que quand il se rendit compte que son fils commençait à descendre la fermeture éclair d'Harry et également à descendre lentement par terre. Il partit alors, prenant bien soin de ne pas faire de bruit. Il entendit toutefois les dernières paroles de Drago.

« Prêt à jouer… »

Lucius resta au milieu du couloir et s'appuya contre le mur, il avait du mal à se figurer que cette scène l'avait si perturbé qu'il n'avait pas pensé à s'éclipser dès qu'il avait compris. Devant ses yeux, il revoyait le visage d'Harry s'abandonnant au plaisir, les yeux fermés. Une question se répétait en lui, comment son fils faisait pour se comporter ainsi, avec Harry, jouer avec ses sentiments alors qu'il semblait si doux, si fragile et en même temps si passionné. L'aristocrate décida de retourner dans son bureau mais il avait du mal à se concentrer perdu dans ses pensées, le visage d'Harry le poursuivait.

A suivre…

Pour ceux qui tomberaient sur ce chapitre au hasard (les alertes ne semblent pas fonctionner), je voulais juste signaler que si vous êtes lecteur d'Harry Potter et l'héritier de Dumbledore, j'ai publié un nouveau chapitre hier…