Bonjour tout le monde. Voici la suite, la dernière fois, Lucius avait surpris Harry et Drago dans la bibliothèque et il était parti. Que va-t-il faire ?

Je m'excuse mais je ne peux pas répondre aux reviews cette semaine car je suis malade, je poste juste mon chapitre et je répondrai à tous vos messages dès que je le pourrai…

Merci encore et bonne lecture…

Chapitre 5 : Une soirée étrange.

Harry reboutonnait son pantalon, gêné, devant le regard inquisiteur de Drago, il avait, une nouvelle fois, cédé aux avances du blond facilement, trop facilement et il le regrettait, il n'aurait pas dû accepter de coucher avec lui dans la bibliothèque. Pourquoi était-il aussi faible face à lui ? Alors que cela faisait des mois que cette relation ne lui convenait plus, il avait besoin de quelqu'un d'attentionné, doux et surtout AMOUREUX et pas de quelqu'un qui était seulement attiré physiquement par lui.

« Drago ?

- Oui ? »

Le plus grand des deux affalé sur le fauteuil et qui n'avait pas encore commencé de se rhabiller, encore brumeux de ce qu'il venait de vivre, regardait avec des yeux de chat affamé le brun qui se sentait de plus en plus mal à l'aise.

« Nous… nous ne devons plus le faire. Tu m'avais dit à Poudlard que tu arrêterais.

- Harry, ce n'est pas de ma faute si tu ne sais pas résister à la tentation. »

Il souriait de toutes ses dents face au jeune peintre qui ne savait plus ou se mettre. Sans se soucier le moins du monde de sa nudité ou de la rougeur embarrassée qui colorait les joues de son ami, le blond se leva, d'un coup hors du fauteuil et enserra la taille de l'autre qui essayait de se dégager, en vain.

« Allez, Harry, on a passé un bon moment, nous savons, toi et moi qu'il n'y a pas de sentiments, enfin, du moins pas ce type de sentiments, mais, on ne fait rien de mal non plus, alors cesse de te prendre la tête, l'artiste… »

Le reste ne fut à nouveau que soupirs et profonds gémissements…

Lucius, de son côté, s'était enfermé dans son bureau depuis bientôt deux heures et il ne semblait pas vouloir quitter sa cachette. Il ne savait pas comment faire, sa réaction face à la scène qu'il avait surprise le laissait perplexe et les traits du visage d'Harry se détendre, prendre du plaisir le hantait encore et c'était perturbant, réellement perturbant. Pour se donner une impression de maîtriser la situation, il avait besoin de s'occuper et après avoir écrit une lettre au Baron Nott, il rangeait à présent des papiers dans son bureau, lorsqu'il entendit que quelqu'un frappait des coups puissants à la porte. Ce ne pouvait être Dobby, jamais il ne s'était manifesté aussi bruyamment, il en aurait été mort de peur et de honte. Sa voix se fit sèche :

« Entrez. »

Son fils fit son apparition, il semblait assez soucieux, ses mains étaient crispées.

« Père, nous vous attendons depuis vingt minutes pour manger. Vous ne venez pas ?

- J'avais programmé de rester ici à ranger mon bureau, je n'aime pas que Dobby le fasse pour moi, je n'ai pas assez confiance, il serait capable de jeter le texte du dernier projet de loi et puis je pense que vous n'avez pas besoin de moi, vous êtes des adolescents, vous ne devez attendre que ça, que les adultes s'éclipsent…

- Ce n'est pas ça, Mère est descendue, elle veut dîner avec nous et je ne pense pas que c'est judicieux de laisser Harry et moi, seuls face à elle. »

Lucius souffla, la rencontre allait finalement avoir lieu. Il savait après toutes ces années de vie commune, comment elle allait réagir, il était persuadé que Narcissa mènerait la vie dure à l'adolescent, à son corps défendant bien sûr mais elle le ferait. Pour l'instant, l'aristocrate n'avait aucune idée de comment elle pourrait s'y prendre, sangloter jusqu'à en écoeurer son fils et son petit-ami, les faire culpabiliser, les harceler. La seule chose dont il était sûr, c'était que Drago avait raison, il ne pouvait définitivement pas les laisser seuls. Il se leva alors de son bureau et sans rajouter un mot, il se dirigea rapidement vers la salle à manger. Il vit en premier sa femme assise comme à son habitude en bout de table, le plus loin possible de la place qu'occupait Lucius. Elle avait quitté pour une fois son peignoir, mais toute notion d'espoir qu'elle puisse pour l'une des premières fois de sa vie depuis des années, se comporter normalement, s'était évanoui lorsque Lucius prit place et la regarda dans ses yeux. Elle semblait paniquée et jetait des petits regards dans la direction d'Harry, comme s'il pouvait l'attaquer à tout moment et Lucius ne craignait réellement, qu'une seule chose, qu'elle ne refasse l'une de ses crises d'hystérie.

Il se souvenait de sa dernière crise, elle s'était produite, il y avait environ deux ans. C'était arrivé chez la Comtesse Zabini qui les avait invités, elle organisait un grand brunch pour fêter l'anniversaire de son fils Blaise, un ami de Drago. Narcissa s'était à peu près bien comportée, elle ne s'était presque pas plainte de ses migraines, jusqu'au moment où elle était entrée dans un état d'énervement incroyable, Lucius n'avait jamais compris ce qui s'était passé, avait-elle abusé de ses antidépresseurs qu'elle prenait de plus en plus souvent ou avait-elle trop bu. Peu importait. Toujours est il qu'elle s'était emportée, elle s'était mise à crier et à pleurer mais surtout elle avait tenu des propos incohérents sur des gens qui lui en voulaient et qui allaient l'empoisonner. La famille Malefoy avait dû s'éclipser d'urgence, heureusement, cet incident ne fit pas énormément de remous par la suite, enfin du moins personne ne fit de remarques désobligeantes à Lucius et l'histoire ne fut pas divulguée par la presse au grand public, la plupart des nobles anglais craignaient la puissance de la famille Malefoy et avaient eu peur de la réaction de Lucius, avec raison.

Depuis ce jour, ils n'allaient plus nulle part en soirée, de toute manière, les invitations s'étaient faites beaucoup plus rare à l'époque. Ils ne recevaient également que très rarement sauf Severus Snape, le seul vrai ami de Lucius, il le connaissait depuis l'époque où ils étudiaient ensemble à Poudlard. Suite à cette journée chez les Zabini, Lucius avait eu recours à des spécialistes des troubles mentaux, leur diagnostic était sans appel, Narcissa souffrait d'une dépression majeure et d'agoraphobie. Et avec le temps tous ses symptômes avaient empiré, elle ne supportait quasiment plus personne, actuellement, sauf Winky, Drago et à la limite Lucius. Le médecin qui soignait Narcissa depuis des années avait eu beau modifier les traitements, rien n'y avait fait. Et c'était à cause de cette agoraphobie que jusqu'à présent et malgré ses conseils, Lucius n'avait pas fait interner son épouse en hôpital psychiatrique, il avait peur qu'elle ne soit pas prête à affronter d'autres personnes et que cela ne la traumatise un peu plus, peut-être avait-il tort. Et puis, il ne voulait pas la faire souffrir, il avait de l'affection pour elle, elle était avant tout la mère de son fils. Evidemment, il ne l'avait jamais réellement aimé et leur mariage avait été arrangé à la sortie de leurs études, il avait accepté leur union à l'époque, comme la plupart des aristocrates, sans vraiment discuter, il n'avait pas été aussi courageux que Severus. Il ne l'avait pas regretté cependant, ils avaient eu un fils qui le remplissait de joie et fierté mais parfois cette vie qu'il n'avait pas choisie lui pesait et parfois, il ne désirait plus qu'une seule chose, tout quitter définitivement pour enfin faire ce qu'il voulait.

Lorsque Winky servit le premier plat, une soupe de légumes frais, personne ne disait rien, personne n'osait lever la tête, Lucius attendait que sa femme prenne les devants et entame la conversation, elle n'avait pas revu son fils depuis des mois et comme lui la veille elle avait sans doute des choses à apprendre. Effectivement, après quelques minutes, elle commença à parler.

« Mon chéri, est-ce que ça va ? Ton début de vacances se déroule bien, je n'ai pas pu vous accueillir hier soir, je le regrette, tu sais comment cela se passe… »

Drago acquiesça, il savait parfaitement comment cela se passait d'habitude, il se sentait mal à l'aise, il faisait tourner son couteau dans sa main droite, nerveusement. Il aimait sa mère mais il ne voulait pas qu'elle soit désagréable avec Harry, il redoutait le moment où elle éclaterait en sanglots en reprochant que personne ne l'écoute, que personne ne s'intéresse à elle, ce qui finirait probablement par arriver. Quand il avait écrit à son père, il avait longtemps pesé le pour et le contre. Mais Harry se retrouvait vraiment acculé et puis le blond y avait vu son intérêt, passer deux mois sans les autres élèves avec le jeune peintre.

« Drago, as-tu eu les félicitations du jury encore ? Ton père ne me l'a pas dit.

- Oui, mère.

- Il a comme à chaque fois fini deuxième de la promotion juste derrière ma meilleure amie. »

Harry n'avait pas pu s'empêcher d'ajouter son petit commentaire, il est vrai qu'il A-DO-RAIT taquiner le blond en lui rappelant que malgré ses prédispositions en mathématiques et chimie, il n'arrivait pas le premier, il savait instantanément que Drago se renfrognait, il n'aimait pas beaucoup Hermione Granger, la meilleure amie d'Harry, il disait très souvent que ce n'était qu'une espèce de miss je sais tout qui passe plus de temps le nez dans ses livres qu'à vivre. Harry fixait Drago dont le regard s'était allumé, il allait continuer sur sa lancée mais Narcissa ne lui en laissa pas l'occasion.

« Votre meilleure amie ?

- Oui, elle s'appelle Hermione Granger, c'est la personne la plus…

- Ce n'est donc pas Drago, votre meilleur ami. »

Harry aurait pu faire remarquer à son hôtesse, qu'une même personne pouvait avoir plusieurs 'meilleurs amis', il avait bien Ron Weasley et Hermione mais il devait admettre que c'était la vérité, Drago et lui n'avaient jamais vraiment été amis, juste le temps pour que le blond accède à son objectif principal, le lit du brun. Depuis, était née une amitié curieuse, ambiguë mais sincère.

« Pourquoi n'êtes-vous pas allé chez elle, si vous tenez tellement à elle ?

- Narcissa !

- Mère comme je l'avais écrit dans ma lettre, Harry n'avait pas d'autres possibilité.

- Mon amie Hermione Granger est partie pour ses vacances avec son petit ami et toute sa famille en Egypte, ce voyage était prévu depuis des mois et vraiment je ne pouvais pas aller là-bas.

- Ou chez quelqu'un d'autre ? Un ami de votre famille ?

- Le seul adulte que je connaisse en dehors des Dursley, mon parrain, qui aurait pu m'accueillir, est mort… »

Le garçon semblait s'affaisser sur sa chaise, Lucius devait intervenir, il ne méritait pas ça, il ne pouvait pas laisser Narcissa continuer dans cette voie, il aurait bien dit à sa femme de retourner dans sa chambre mais il n'osait pas, il ne voulait pas affronter une énième crise de larmes, pas ce soir, ni jamais d'ailleurs. Sa voix se fit d'abord calme et douce quand il s'adressa au jeune adolescent, puis froide pour sa femme.

« Harry, ce n'est pas la peine que tu te justifies, Drago a toujours été très clair, tu n'avais pas le choix. Narcissa, ce n'est qu'un adolescent, nous ne pouvions le laisser seul comme ceux qui se prétendent être sa famille. Nous n'allons pas recommencer encore une fois cette conversation inutile !

- Chéri, tu sais ce que je pense. »

Effectivement, Lucius savait parfaitement ce qu'elle pensait, que ce jeune garçon n'était là que pour d'obscures raisons, un complot qui la visait d'une quelconque façon, qu'il lui voulait du mal et qu'il aurait, de toute manière, pu trouver une autre solution et, l'aristocrate fit comme s'il ne l'avait pas entendu, car sinon, il allait s'engager dans une conversation stérile qui risquerait de blesser aussi bien Drago qu'Harry, il s'adressa alors à son fils comme si sa femme n'était plus dans la pièce, c'était le seul moyen de défense qu'il avait acquis avec les années.

« Alors les garçons, le match de tennis s'est bien passé ?

- Comme c'était prévu, j'ai gagné 6-0, 6-0…

- La prochaine fois, tu gagneras un jeu, Harry.

- Non, cela impliquerait que je rejoue au tennis… et je préférerais me consacrer à mes dessins !

- Tu verrais ces dessins, mère. »

Comme Narcissa semblait perdue dans ses pensées et ne répondait pas à son fils, Drago dépité se tourna vers Harry.

« Ne t'inquiète pas, tu auras tout le temps de t'y consacrer, l'artiste et de continuer à m'affronter au tennis. Tiens, rien que ce matin, je te connais, tu as dû faire le tour du parc et tu as dû commencer à peindre ou dessiner un endroit qui t'a plu, j'ai raison, n'est-ce pas ? »

Lucius attendait la réponse d'Harry. Il se tourna alors vers le jeune homme brun. Ses yeux étaient plongés dans l'assiette.

« Euh… oui, tu as raison, j'ai peut-être trouvé un lieu à peindre.

- Où ça ?

- Près du lac…

- Tu sais, c'est l'endroit préféré de Père, il m'y emmenait souvent quand j'étais plus jeune, je n'ai jamais compris ce qu'il pouvait bien y trouver.

- Le calme, le chant des oiseaux, le vent dans le feuillage, le reflet du Soleil sur l'eau qui miroite, la luminosité, l'impression que seule la nature a des droits, que le nom de Malefoy ou de Potter n'est vraiment qu'un nom et n'a aucune espèce d'importance, dans cet endroit où l'on peut se sentir soi-même. »

Lucius avait écouté attentivement les paroles du brun, ce jeune homme était surprenant, l'aristocrate était subjugué par le visage de ce dernier qui n'avait pas levé une seule fois ses yeux de son assiette pendant qu'il parlait, mais il avait fini sa phrase en le regardant de ses grands yeux émeraude, ces yeux-là le transperçaient. Leurs regards s'étaient alors accrochés l'espace d'un instant, comme si leur esprit était connecté, Harry avait très vite tourné la tête vers Drago.

« Tu comprends mieux, Drago…

- Toujours pas, ce sera sans doute plus clair quand je verrai ton tableau.

- Euh… Je ne sais pas encore si je vais le peindre. »

Harry avait les yeux dans le vague, un peu perdu, il finissait par croire que la mère de Drago n'avait finalement pas tort, il aurait peut-être mieux fait d'aller loger sous les ponts. Il sentait une atmosphère étrange régner à table, tout le monde se regardait en chien de faïence. Narcissa était très hostile à sa venue, c'était évident, et elle semblait surtout en vouloir à Lucius d'avoir accepté, elle le regardait froidement mais ses yeux dégageaient en même temps un tel sentiment de détresse et de panique que cela perturbait Harry, il ne voulait surtout pas que la mère de Drago puisse se sentir agressée. Le jeune homme n'avait pas su expliquer pourquoi il avait été si évasif quand son ami lui avait demandé ce qu'il avait fait durant la matinée, il aurait pu dire que Lucius lui avait fait visiter le parc mais il avait eu une appréhension et il n'avait pas osé, préférant garder cette information pour lui. De plus, il s'en voulait encore d'avoir cédé aussi facilement au blond cet après-midi, il n'aurait pas dû accepter de coucher avec Drago dans la bibliothèque. Pourquoi était-il décidément si faible face à lui ?

Le repas continuait dans cette atmosphère lourde et pesante et naturellement plus personne n'osait vraiment prendre la parole. Lucius se sentait soulagé dans un sens, Narcissa semblait faire un effort pour ne pas mettre mal à l'aise son fils et son petit ami mais en même temps, il regrettait presque le manque d'intérêt de sa femme qui pour se contrôler tirait sans cesse sur la nappe. Pour l'instant presque aucun réel clash ne s'était produit et tout se déroulait dans de relatives bonnes conditions, la crise n'aurait peut-être pas lieu ce soir. Le dessert arrivait enfin, bientôt le repas serait terminé et tous pourraient retourner à leurs occupations. Drago avait de plus en plus de mal à rester ainsi, dans ce silence. S'il s'en accommodait la plupart du temps car il en avait l'habitude, il commençait à souffler, il voulait, il ne savait pas exactement ce qu'il voulait si ce n'est que sa mère ne soit pas toujours en train de jeter de petits coups d'œil en coin et qu'elle s'intéresse, ne serait-ce qu'un peu, à sa vie et à Harry et il ne résista plus.

« Vous savez, Mère, en fin d'année, j'ai été élu représentant en chef, l'année prochaine, tous les autres élèves me devront le respect.

- Tu ne me l'avais pas dit, Drago que tu avais été nommé préfet en chef de Poudlard.

- Non, c'est vrai, Père, j'avais oublié, il faut dire que nous avons surtout parlé d'Harry mais l'essentiel c'est que vous soyez au courant, maintenant.

- Je suis bien d'accord avec toi, toutes mes félicitations, Drago. C'est très bien, mon fils. »

Drago était dépité, sa mère semblait de plus en plus perdue dans ses pensées et c'est à peine si elle avait réagi à l'annonce de la nouvelle, il ne pouvait s'empêcher de regretter sa venue, tout s'était tellement mieux déroulé la veille, il valait finalement sans doute mieux qu'elle retourne dans sa chambre, le seul endroit où elle voulait vraiment être. Après cette dernière tentative infructueuse, le repas s'acheva dans un calme inquiétant et dès qu'elle eut fini sa crème au chocolat, Narcissa disparut prétextant que son mal de tête n'avait cessé d'empirer durant la soirée, laissant les trois autres avec un goût amer dans la bouche.

Lucius était cependant partiellement soulagé, le premier repas était enfin fini sans une seule crise d'hystérie, même si Narcissa avait été odieuse avec leur jeune invité, pourtant si adorable. Alors que la tension aurait dû disparaître avec le départ de sa femme, il se rendit rapidement compte que ce n'était pas le cas, Harry ne regardait toujours pas Drago, préférant perdre son regard sur ses couverts, contrairement à son fils qui n'avait de cesse de fixer son jeune amant.

« Les jeunes, je suis désolé mais je crois que je vais vous laisser tous les deux, à mon tour. Il me reste encore du travail.

- Il n'y a pas de problème, nous trouverons bien quelque chose de bien agréable pour nous occuper, Père. Harry est toujours de plaisante compagnie, vous n'avez pas idée.

- J'imagine très bien te connaissant, je te fais confiance pour choisir des amis avec qui tu puisses passer des moments plus qu'agréables, Drago, mais Harry ne vous laissez pas faire par mon fils ! »

Harry s'était légèrement tassé sur sa chaise, tordant convulsivement sa serviette de table et fusillait du regard son vis-à-vis. Lucius avait à peine quitté la pièce que le brun se leva et asséna un sans appel « bonsoir ». Drago ne chercha même pas à retenir Harry, il avait visiblement dépassé les bornes avec ses sous-entendus scabreux et ce n'était pas la peine de chercher une confrontation, le brun n'était pas rancunier et d'une gentillesse incroyable et dès demain, il s'en voudrait de l'avoir laissé aussi froidement, il ferait tout pour s'excuser ce qui fit naître un petit sourire concupiscent sur son visage d'habitude impassible.

Harry fulminait, il s'était naturellement retourné dans sa chambre qu'il trouvait si chaleureuse. Comment Drago avait pu dire de telles choses devant son Père ? Ce qui l'avait surpris le plus, c'était que l'espace d'une seconde, il aurait pu parier que le père de son ami avait parfaitement saisi le sous-entendu ce qui avait encore accentué son malaise. Il avait besoin de se détendre enfin après cette soirée éprouvante, de fumer en admirant le ciel dégagé. Il sortit sur le balcon de sa chambre. Il alluma une cigarette et inspira profondément une bouffée. Il souffla alors calmé et apaisé. Un toussotement profond le fit sursauter, il se tourna vers l'origine du bruit.

« Je… je croyais que vous étiez dans votre bureau pour travailler.

- Tu avais bien compris, j'ai surtout tenté de donner une excuse crédible pour te laisser tranquille avec mon fils, après ce dîner des plus désagréables.

- Il ne fallait pas vous donner cette peine. J'ai planté Drago et je l'ai laissé seul dès votre départ.

- Pourquoi ? Pardon, Harry, je ne veux pas être indiscret mais je pensais…

- Qu'est-ce que vous pensiez ?

- Rien, rien du tout.

- Vous savez que vous avez au moins un point commun avec votre fils. Quand vous mentez, vous contractez votre bouche qui se tord légèrement. Et donc sauf votre respect, à quoi pensiez-vous, Monsieur ?

- Et bien, c'est… Enfin, ce n'est rien…

- Monsieur !

- Harry, je suis passé à la bibliothèque cette après-midi.

- Et… et vous nous avez vu ?

- Oui. »

Harry avait senti tout son sang refluer vers son visage qui avait dû prendre une jolie teinte rouge brique. Il avait baissé son regard immédiatement en direction de ses chaussures, n'osant plus affronter les yeux gris et pénétrants du père de son ami. Que devait-il penser de lui ? Il l'accueillait comme un membre à part entière de leur famille et lui s'était envoyé en l'air dans la bibliothèque avec le fils unique du Lord. Il aurait pu le foutre à la porte de sa demeure sur l'instant et il n'en avait pourtant rien fait. Un réel sentiment de honte et de malaise remplissait le jeune adolescent.

« Harry, regarde-moi, s'il te plaît ? »

Le jeune peintre ne bougea pas, l'homme se rapprocha de la balustrade et tendit sa main vers le menton de garçon, le força à se redresser pour contempler ses yeux d'émeraude, totalement perdu.

« Harry, pourquoi réagis-tu ainsi ? Je ne vais pas te chasser de chez moi parce que tu entretiens une relation avec mon fils. Je suis très loin de partager les conceptions passéistes de certains lords anglais concernant les relations homosexuelles, tant que mon fils et toi êtes heureux, je suis d'accord.

- Je… Monsieur, vous êtes vraiment quelqu'un de bien.

- Harry, voyons, je sais que ta famille t'a habitué à d'autres types de relation, mais c'est tout naturel, il n'y a aucun souci pour moi. Enfin, si, peut-être un…

- Pardon ? Lequel ?

- Je… J'ai eu l'impression que lorsque tu t'abandonnais à mon fils, tu n'étais pas totalement d'accord dans un premier temps, même si ce n'était pas intentionnel, j'ai entendu un peu de votre conversation.

- C'est… difficile, Monsieur…

- Ecoute, Harry, je ne veux pas t'obliger à quoi que ce soit, mais si tu as besoin de parler à quelqu'un, je serai là pour t'écouter et si je le peux, te conseiller, d'accord ?

- Merci, Monsieur. C'est compliqué, nous nous entendons bien, très bien même mais voilà, j'aimerais être plus que ça pour lui ou pour quelqu'un d'autre, quelqu'un qui serait sincèrement amoureux de moi, votre fils m'aime beaucoup, je l'intrigue mais ça ne va pas plus loin et je voudrais tellement plus, tellement, Monsieur, pour lui comme pour moi.

- Je vois, tu regrettes ?

- Comme à chaque fois, enfin, je veux dire, c'est agréable mais il me manque quelque chose, des sentiments... Excusez-moi, je ne sais pas pourquoi je vous dis tout ça. »

Harry commençait à s'en retourner plus gêné que jamais. Lucius qui voyait la fine silhouette de l'adolescent s'en allait l'interpella.

« Harry, attends, ne t'excuse pas, c'est moi qui t'ai demandé de m'en parler. »

L'adolescent sourit au père de son ami.

« A demain, Monsieur.

- A demain matin, j'attendrai au lac, si tu veux toujours.

- Plus que jamais, Monsieur. Bonne nuit.

- Bonne nuit, Harry. »

A suivre…

(Si vous avez le temps une tite review, siouplé, merci d'avance)