Salut tout le monde et oui après 'l'appartement' et 'Harry et l'héritier', voici le nouveau chapitre d''un été inoubliable', nous avions laissé Harry tout seul alors que Lucius partait après une séance de pose assez intense. Que va penser Harry de tout ça ?

Bisous tout le monde et bonne lecture…

Chapitre 7 : L'annonce d'une visite inattendue

Harry avait continué à dessiner pendant le reste de la matinée, il s'était consacré essentiellement, à son portrait de Lucius Malefoy, il repassait sans cesse son index sur les traits du visage du Lord. Que faisait-il ? Il était déjà embarqué dans une histoire plus que compliquée avec Drago. Il savait que cela n'aboutirait jamais à rien de sérieux car ils ne s'aimaient pas vraiment, il n'avait jusqu'à présent jamais eu le courage de couper les ponts et à présent, il commençait à être plus qu'attiré par le propre père de Drago, un homme marié de surcroît, il touchait le fond. Pouvait-il exister en ce bas monde quelqu'un de plus pathétique que lui ? Certainement pas. Il cessa de travailler sur le portrait pour se coucher sur la couverture, les yeux tournés vers le ciel. Tel un enfant, il observait les nuages blancs accrochés dans le ciel et leur trouver une ressemblance avec une voiture, un lapin. Une légère brise bruissait dans les feuilles, Harry se sentait perdu. Comment continuer le portrait de Lucius sans faire un impair et lui révéler qu'il aimait bien être en sa présence ? Le jeune homme commençait à avoir de sérieux doutes sur sa santé mentale. Il finit par retourner au Manoir des heures après que Lucius soit parti travailler, et pas une seconde, Harry n'avait cessé de penser à ce moment si particulier qu'il avait passé avec le Lord. Le jeune artiste espérait avoir le temps de ranger la couverture et ses cartons à dessin avant d'être surpris par Drago car s'il avait redouté le moment où Lucius avait porté les yeux sur le portrait de son fils, il craignait encore plus la réaction du blond s'il se rendait compte qu'Harry avait entrepris de réaliser le portrait du Lord, surtout qu'il paraissait évident en jetant un seul regard sur le dessin, qu'Harry était fasciné par le mystère qui entourait Lucius. Malheureusement, il n'eut pas la chance d'atteindre sa chambre aussi rapidement, il avait à peine traversé le hall qu'une voix traînante l'interpella dans le salon. Il hésita quelques instants, il pouvait très bien faire comme s'il ne l'avait pas entendu après tout, mais quand il posa son pied sur la première marche de l'escalier, le blond était sorti de la pièce, il n'était plus qu'à quelques pas de lui.

« Tu me fuis, Harry ?

- Euh, non, pourquoi ?

- Je t'ai appelé à plusieurs reprises mais tu n'es pas venu me retrouver dans le Salon?

- Je… je ne t'ai pas entendu, je… Désolé. Je reviens, je remonte les affaires. J'en ai pour une minute. »

La chance n'avait jamais été du côté de Harry et cette journée ne dérogea pas à la règle, alors que le brun n'aspirait qu'à monter et rester seul pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait, Drago lui proposa de sa voix veloutée de l'accompagner jusqu'à sa chambre, il n'allait pas rester là, à l'attendre. Harry aurait aimé refuser la proposition de son ami, il savait ce que voulait le blond mais aucun réel motif ne lui venait en tête. Et quand Drago le poussa en direction de l'escalier, Harry ne rechigna même pas et monta directement dans sa chambre. Il sentait la présence du blond derrière lui, il avait posé ses mains sur les épaules du brun qui n'en menait pas large. Comment il pouvait faire ça, entretenir une relation avec le fils et se sentir attiré par le père. Il ne devait pas, c'était immoral. A leur entrée, Harry rangea de suite ses cartons à dessin dans un coin de la pièce et espérait que Drago ne lui demande pas de voir ses dessins ou ne fasse comme Lucius et ne lui prenne le carton des mains sans lui demander son accord. Heureusement ou malheureusement pour lui, le blond semblait apparemment avoir d'autres idées en tête, à peine avait-il fait un pas dans la chambre qu'il était parti directement s'allonger sur le lit du brun. Le blond avait joint ses mains derrière la tête et il sifflotait joyeusement, il laissait courir son regard malicieux sur le corps du beau brun qui lui faisait face. Il appela son camarade de classe qui se retourna gêné comme jamais.

« L'artiste, que t'arrive-t-il ? Tu es encore gêné pour hier ? »

Tel un félin guidait par le goût du sang, Drago s'était mis à quatre pattes sur le lit. Mais quand le jeune aristocrate vit la tête de Harry qui ne semblait pas comprendre à quoi il faisait référence quand il avait évoqué la journée d'hier, il fut pris d'un doute. C'était comme si le brun avait oublié leur dispute de la veille, obnubilé par d'autres soucis. Drago qui avait imaginé durant toute la nuit précédente cette scène où Harry s'excuserait en bonne et due forme de l'avoir laissé seul après le dîner fut désappointé, il ne s'attendait pas à une telle réaction. En cet instant, l'aristocrate était persuadé que quelque chose n'allait pas car même si le jeune peintre avait beau croire que Drago ne s'intéressait à lui que pour des raisons purement sexuelles, ce n'était pas entièrement le cas, il commençait à bien le connaître et sur l'honneur des Malefoy, le blond se jura de découvrir ce qui se passait.

« Harry ?

- Je vais bien, tout va très bien… »

Le blond s'était levé et s'était avancé en direction de son ami, il avait pris dans ses bras le plus petit et avait plaqué son torse contre le dos de l'autre garçon, il avait niché son nez dans le cou d'Harry et respirait son parfum.

« Tu sais que j'ai des moyens de te faire parler. »

Et afin de bien faire comprendre son message, le blond bougea légèrement des hanches d'avant en arrière.

« Drago, arrête… Je suis sérieux, nous devons arrêter. »

Le blond ne s'en laissait jamais conter, ses mains agrippèrent la taille fine de Harry et le dirigea jusqu'au grand miroir.

« Mais regarde-nous, ce serait dommage de tout arrêter. »

Le jeune aristocrate avait posé ses mains sur les hanches du plus petit et les faisait se mouvoir comme s'il entendait une musique douce en fond sonore.

« Drago, tu sais bien que nous ne nous aimons pas d'un vrai amour.

- Tu sais, l'artiste, je ne t'aime peut-être pas comme Roméo aime Juliette, mais grandis un peu, ce type de sentiments n'existe plus et depuis belle lurette.

- Dray, mais c'est ce que je veux pour moi, comme pour toi, enfin excepté le suicide final.

- De toute manière, ne rêve pas, je ne serai jamais comme ça et je ne crois pas qu'un jour je puisse ressentir de tels sentiments pour qui que ce soit. Je préfère donc profiter de ce que la vie a mis sur mon trajet et en l'occurrence tu étais sur mon trajet. »

Drago serrait toujours plus fort contre lui le jeune peintre, il laissait ses lèvres contre le cou à la peau blanche et Harry se détendait et se laissait progressivement aller, fermant les yeux sous le plaisir.

« Et si on commençait les choses sérieuses, l'artiste, nous avons une petite heure avant que Winky ne vienne frapper à la porte pour annoncer l'heure du repas et d'aller rejoindre mon Père en bas. C'est largement suffisant tu ne crois pas ? »

Le blond avait lentement dirigé ses longs doigts pâles vers le bouton du jean qu'il venait de dégrafer. Alors qu'il allait s'attaquer à la fermeture éclair pour faire glisser le pantalon superflu. Drago fut pris au dépourvu quand il sentit les deux mains fragiles du brun se poser sur les siennes pour l'arrêter dans son élan, c'était la première fois que Harry s'opposait ainsi. Le blond regarda leur reflet dans le miroir, Harry avait ses yeux émeraude grands ouverts, fixés sur la scène. Drago ne comprenait pas, le brun semblait perturbé.

« Harry ?

- Hmm…

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Je ne peux pas, Dray. Je… Désolé. Je suis vraiment désolé.

- Allez, l'artiste, laisse-toi aller ! Ce n'est pas si désagréable que cela, non ? »

Le blond accentuait ses gestes sur tout le corps d'Harry, ses lèvres mordillaient sa nuque puis se perdirent derrière le lobe de l'oreille droite qu'il suça sensuellement. Le brun regardait dans le miroir, fasciné malgré lui par les yeux du jeune Lord qui se collait toujours plus à lui, ses mains chaudes s'étaient égarées sous le tee-shirt et massait délicatement le ventre musclé du jeune peintre qui frissonnait de plus en plus à ce contact. Drago soufflait dans ses cheveux et ses mains agrippèrent plus fermement le jeune homme. Il l'attira progressivement vers le lit. Le blond le fit d'abord s'asseoir au bord du matelas et ensuite, il poussa Harry et s'allongea sur lui. Ses yeux verts le fixaient d'un air désemparé qui le surprit et le fit s'interrompre instantanément.

« Mais enfin, qu'est-ce qui t'arrive ?

- JE NE VEUX PAS !

- Pourquoi ? Mais enfin, je ne t'ai jamais vu comme ça ! Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Rien, je veux juste qu'on arrête ça ! Je t'aime beaucoup mais pas comme cela ! Tu le sais et je le sais !

- Et en quoi la situation est-elle différente aujourd'hui d'hier ?

- Elle n'est pas différente ! Je ne veux plus faire ça juste pour du sexe, sans sentiment, je…

- Tu QUOI ? Tu préfères que je te mente sur mes sentiments à ton égard ! J'ai toujours été honnête avec toi ! Je te considère comme un ami, un véritable ami sans doute l'une des personnes en qui j'ai le plus confiance mais ce n'est pas de L'AMOUR, en tout cas, pas comme tu le souhaiterais !

- Mais je le sais parfaitement et je ne veux pas que tu changes pour moi, je te demande de respecter ma décision. On ne doit pas continuer, c'est malsain…

- MALSAIN ? ça ne te posait pas de souci existentiel auparavant de t'envoyer en l'air…

- Ton père nous a surpris hier, il me l'a dit !

- Et ?

- Peut-être que tu t'en fiches, mais moi pas !

- Ecoute, c'est ridicule, mon père ne dira jamais rien ! Il me laisse libre de gérer ma vie et tu le sais parfaitement, tu l'as bien vu au repas hier quand j'ai fait des allusions peu discrètes à ton propos !

- Cela ne te gêne peut-être pas, cela ne gêne peut-être pas ton père mais moi OUI ! Il m'accueille chez lui et je…

- Bon sang ! Est-ce que tu vas me dire ce qui te préoccupe vraiment !

- Je ne peux pas. »

Harry ne se sentait pas de dire à Drago la vérité, qu'il avait imaginé l'espace d'un instant que ce n'était pas son ami mais son père qui le tenait dans ses bras et qui avait passé ses mains sous son tee-shirt. Il ne pouvait décemment pas le lui avouer, cependant il se doutait que le blond ne le laisserait pas sans une explication.

« Tu vas me dire ce qui se passe à la fin, de toute manière, je le saurai un jour ou l'autre… Et j'ai des moyens dont tu n'as pas idée pour te faire parler.

- Je suis sérieux, Drago.

- Mais je suis on ne peut plus sérieux, l'artiste, je ne comprends pas ton attitude et ta réaction, en quoi le fait que mon père sache que nous couchons ensemble te dérange. Tout le monde le savait à Poudlard, même les professeurs et Dumbledore et tu n'as jamais semblé faire grand cas de ce que peuvent bien penser les autres sur notre relation…

- Dra…

- Non, Harry, si tu as besoin, je peux te rappeler ce qui s'est passé lors du bal de Noël, quand nous y avons été ensemble, tu t'en foutais totalement des autres et des chuchotements, alors en quoi est-ce différent cette fois ? – Je… C'était pour toi, enfin tu m'avais dit que personne dans ta famille n'était au courant que tu préférais les garçons.

- Tu t'inquiétais pour moi comme c'est gentil… Mais, Harry, si mon père l'avait mal pris, il n'est pas du genre à se poser des milliers de questions, il est plutôt franc et serait directement venu m'en parler. Alors avant que je ne m'énerve, dis-moi la vérité !

- Je te l'ai déjà dit...

- BORDEL, Harry ! »

Le blond visiblement exaspéré qui se dégageait et se relevait du lit, fut interrompu par de légers coups frappés contre la porte. Il répondit avec humeur.

« Winky, ce n'est vraiment pas le moment. Fiche-nous la paix !

- Ce n'est pas Winky… »

Alors que la porte de la chambre s'ouvrait lentement, Harry eut juste le temps de se redresser sur son lit, se rendant compte que son pantalon ouvert par les mains habiles de Drago tombait sur ses hanches, son tee-shirt était relevé et laissait apparaître une partie de son ventre. Il essaya vainement de ne pas paraître trop défait devant le Lord, mais ses joues s'embrasèrent quand il entendit la voix chaude de l'homme.

« Je suis désolé de vous interrompre mais je devais vous parler sans tarder. Je vous cherche depuis un moment et c'est le son mélodieux de ta voix, Drago qui m'a permis de vous trouver. Un problème ?

- Rien qui ne vous concerne directement, Père, une simple querelle d'amoureux

- FERME-LA, DRAGO !

- Pourquoi, Harry ? Tu m'as bien dit que père était au courant.

- Je vous laisserai régler votre différent dans quelques minutes, de toute manière, j'ai beaucoup de travail. Je voulais vous dire de ne pas quitter le Manoir de la journée si c'était possible, nous attendons de la visite.

- De la visite, Père ? Qui oserait s'aventurer ici, de son plein gré, n'est-ce pas Harry ?

- Drago, ça suffit à présent, laisse Harry un peu tranquille et arrête de passer tes nerfs sur lui. Quant à nos visiteurs, tu seras heureux d'apprendre que ton parrain va passer une grande partie de l'été ici, nous l'avions programmé depuis un certain temps mais comme il n'était pas sûr de pouvoir se libérer de son travail à l'association, nous avions décidé de ne pas t'en parler pour ne pas te faire de fausse joie. Mais, finalement, il a pu s'arranger, il vient de me téléphoner pour me le confirmer. Il arrive aujourd'hui.

- Oncle Severus va passer l'été ici, c'est génial mais vous avez parlé de nos visiteurs. Pitié, il ne s'est pas encore réconcilié avec Tante Bellatrix.

- Ne parle pas comme ça de ta tante, je sais bien que tu ne l'apprécies pas beaucoup mais elle reste ta tante, la sœur de ta mère. Non, en fait, il vient avec un ancien camarade de Poudlard et qui travaille avec lui depuis six mois. Harry, tu seras ravi d'apprendre d'ailleurs qu'ils ont tous les deux très bien connus tes parents autrefois. Ils pourront peut-être te parler d'eux. Moi, je ne les connaissais que de vue, je crois même que je ne leur ai jamais parlé, contrairement à Severus et Remus. Ils étaient tous dans la même année de promotion. Narcissa et moi étions plus âgés, je n'ai rencontré ton parrain, Drago, que grâce à ta tante Bellatrix, comme quoi, même elle peut être à l'origine de choses positives puisque sans elle, je n'aurai jamais connu mon meilleur ami…

- Je croyais qu'on ne devait pas critiquer Tante Bellatrix, Père.

- Excusez-moi, Monsieur Malefoy, Remus, s'agit-il de Remus Lupin ? Parce que si c'est lui, Sirius, mon parrain n'arrêtait pas de me parler de lui, il faisait partie de sa bande de copains à Poudlard, ils se faisaient appeler les Maraudeurs, c'est bien lui ?

- Oui, Harry c'est bien lui, même si j'étais plus âgé, je me souviens encore de la réputation de ces fameux Maraudeurs qui n'arrêtaient pas d'enfreindre le règlement de l'école… Même Dumbledore ne savait plus comment faire et en perdait son flegme légendaire.

- Je sais bien, quand Sirius m'en parlait, je ne pouvais pas m'empêcher de les comparer à leurs dignes successeurs, ce sont les jumeaux Weasley, Fred et George. Ils en font voir eux aussi de toutes les couleurs aux enseignants.

- Ce sont juste des petits crétins, à l'humour très douteux.

- Drago, ce sont mes amis et qui plus est, les frères de Ron, alors s'il te plaît, arrête !

- Mais que cela te plaise ou non, c'est ce que je pense d'eux et ce cher Ronald est le roi de cette bande de stupides rouquins, il n'y a bien que la petite Ginny qui soit fréquentable dans cette famille. D'ailleurs, je n'ai jamais compris comment tu avais fait pour pardonner à ton soi-disant meilleur ami après la façon dont il nous avait traités, non plutôt, dont il t'avait traité le soir du bal de Noël.

- Il s'est excusé et tu le sais très bien, Drago. Donc si c'est pour faire ce genre de commentaires, tu peux t'en aller, je ne te retiens pas davantage.

- J'avais déjà compris toute à l'heure que tu n'avais pas envie que je reste davantage avec toi pour d'obscures raisons et quand tu seras décidé à me dire ce qui ne va pas, tu me trouveras au terrain de tennis. A plus tard, Père ! Je vous retrouverai pour le déjeuner. »

Et sans plus de cérémonie, Drago quitta la chambre de son ami, laissant les deux autres face à face. Lucius était médusé de l'échange qui venait de se dérouler devant ses yeux. Drago qui d'habitude ne s'énervait jamais, semblait hors de lui et il avait très sincèrement eu de la peine pour Harry qui était visiblement blessé par l'attitude de son fils. Lucius reprit la parole en premier pour mettre fin à ce silence pesant.

« Je n'aurai pas dû venir ici, vous interrompre toute à l'heure, je ne voulais pas provoquer de dispute entre vous.

- Nous nous disputions déjà avant votre arrivée. Vous n'êtes en rien responsable.

- Enfin, contrairement à ce que tu prétends, j'ai l'impression que j'étais au moins en partie responsable de votre dispute, si ce n'est même à l'origine du problème.

- Euh, c'est beaucoup plus compliqué, vous savez.

- J'ai tout mon temps pour toi, Harry. »

Le Lord se déplaça et alla fermer la porte laissée ouverte par son fils puis revint calmement vers le jeune homme qui semblait encore plus mal à l'aise.

« Qu'est-ce qui t'arrive, Harry ? Pourquoi te disputais-tu avec mon fils à mon propos ?

- Ce n'est pas à cause de vous.

- Tu sais, Harry, tu parles à un politicien, tous ceux que je fréquente à la chambre des Lords sont des hypocrites professionnels, il n'y a jamais un mot de vérité qui sort de leur bouche. Et je peux te garantir que ce n'est pas ton cas. Tes yeux ne savent pas mentir et j'ai parfaitement conscience que vous vous êtes disputés à mon sujet.

- Je ne préfère pas en parler.

- Comme tu voudras, je ne t'oblige à rien mais par contre, je pense que tu dois une explication à Drago, car il ne comprend visiblement pas ce qui te tracasse.

- Je sais, je sais, il faut vraiment que je lui parle, il m'a beaucoup aidé toute cette année et il mérite mieux que ça, il peut être si têtu parfois.

- Qu'est-ce qui se passe, Harry ? Qu'est-ce qui te perturbe à ce point ?

- Toujours la même chose. Je m'entends bien avec Drago, il est mon confident, il m'écoute mais ce n'est pas vraiment… Enfin, on est ensemble parce que c'est très agréable, qu'on se comprend, mais on ne s'aime pas comme un vrai couple, vous voyez ?

- Oui, je pense, et tu espères plus et connaissant mon fils, ce n'est vraiment pas quelque chose qui doit le préoccuper plus que cela, il veut juste profiter au mieux de la vie…

- C'est exactement ça, avant je pensais un peu comme lui, je veux dire, il a toujours été clair sur nous deux, je savais parfaitement en quoi consistait ma relation avec votre fils et il a raison, cette relation m'a très longtemps suffi mais…

- Mais quoi ?

- Je ne sais pas… Je suis sans doute naïf mais je veux plus, tellement plus, de vrais sentiments, quelqu'un qui m'aime, quelqu'un que je pourrais aimer véritablement, quelqu'un...

- J'étais comme toi à ton âge…

- Et ?

- J'ai vieilli, je suis devenu adulte, j'ai renoncé à beaucoup de choses, pour ma famille, le 'qu'en dira-t-on', la morale, et je me suis perdu en route, sans doute.

- C'est triste… Mais vous savez, on peut toujours changer, il n'est jamais trop tard.

- J'aimerais beaucoup mais je ne pense pas, Harry. Je n'ai jamais eu ta force de caractère. Je suis loin d'avoir toutes tes qualités.

- Vous vous trompez. Je… »

Le jeune artiste s'interrompit aussitôt, il était prêt à hurler au Lord qu'il était tellement mieux que ce qu'il pensait de lui, qu'il était élégant, charmant, intelligent, ironique, compréhensif, attentionné mais au lieu de cela, il baissa les yeux et ses joues s'enflammèrent. L'aristocrate se rapprocha du jeune brun et le frôlait presque sans même en avoir pris conscience. Il passa sa main sous le menton du peintre et l'obligea à le regarder.

« Je suis désolé pour toi, Harry, tu mérites ce qu'il y a de mieux et je ne crois pas que mon fils se rende compte de la chance incroyable qui a fait que tu sois rentré dans sa vie. Si seulement, j'avais pu avoir sa chance lorsque j'avais son âge… »

Les yeux émeraude fixaient intensément les iris froids du Lord qui brillaient étrangement. L'aristocrate faisait lentement glisser sa main qui délaissa le menton, pour d'abord passer sensuellement le long de la nuque puis descendre en une douce caresse le dos de l'adolescent qui se raidissait à ce contact. Quand la main atteignit la naissance des fesses du peintre, il accentua la pression et ils se rapprochèrent un peu plus, cette fois, ils se touchaient. Lucius dominait de toute sa hauteur Harry qui se sentait bouillir. Le brun se mit alors sur la pointe des pieds. L'autre main du Lord avait rejoint la première et jouait avec la bordure du jean, ses doigts passaient légèrement sous le vêtement, s'électrisant de la douceur et du velouté de la peau adolescente. Progressivement, le visage de Lucius se penchait vers celui de son vis-à-vis. Toute la tension de la nuit précédente et de la séance de pose se faisait ressentir. Les deux hommes savaient qu'ils ne devaient pas aller plus loin, que c'était bien trop dangereux, mais leurs deux corps leur intimaient le contraire. Harry sentait le souffle chaud de Lucius sur lui, sur son visage, sur ses lèvres, les mains de Lucius poser sur lui, le toucher, lui caresser le haut de ses fesses, il lui suffirait de quelques centimètres à combler, et il l'embrasserait, il sentirait sa bouche contre celle du Lord. Harry posa ses mains sur les épaules de l'aristocrate et d'un air intimidé, le brun rapprocha encore un peu plus son visage et murmura :

« Vous auriez fait quoi à la place de Drago ? »

Et le Lord lui chuchota à l'oreille, d'une voix à peine audible.

« Je ne sais pas. Je n'aurais pas fait la même erreur que Drago, je serais tombé sous le charme de ce jeune artiste, incroyablement doué, aux superbes yeux émeraude si pétillants et expressifs, à la douceur désarmante. Je serais tombé amoureux de ce regard… Je pense…

- Vous pensez ou vous en êtes sûr ?

- Non, je n'en suis pas sûr, Harry. »

Et comme pour confirmer ses dires ou pour s'en persuader, Lucius posa ses mains sur la taille d'Harry et le repoussa légèrement.

« Je suis désolé, Harry, nous… Je ne peux pas.

- Pourquoi ?

- Tu mérites mieux.

- Et si c'est ce que je veux. »

Harry se rapprocha une fois de plus et colla ses lèvres à celles de l'adulte avant que ce dernier ne puisse réagir.

A suivre…

(Si vous avez le temps, une review, merci d'avance)