Coucou, la fin de nuit a-t-elle porté conseil à Lucius ? Va-t-il céder au jeune homme ? Réponse plus loin

Merci à tous les lecteurs et reviewers et bonne lecture.

Note : Jusqu'à aujourd'hui j'ai le plus possible posté une fois par semaine (c'est sans doute moins vrai, je le reconnais pour ma troisième fic 'l'appartement') malheureusement je risque d'avoir moins de temps pour me consacrer à l'écriture de mes fics pendant un certain temps, ma voiture qui me permettait principalement d'aller à mon travail a été vandalisée alors que j'étais partie en WE pour la pentecôte et je me retrouve contrainte de passer deux fois plus de temps dans les trains et bus (4h par jour) pour pouvoir aller travailler, ce sera donc plus difficile pour moi pour tout gérer. Je sais que cette note n'a que peu d'intérêt pour vous mais je tenais à me justifier si je postais à l'avenir moins fréquemment, je ne sais pas trop encore ceci étant dit peut-être que cela ne changera rien. Merci de votre compréhension et à bientôt.

Chapitre 11 : La réconciliation

Drago s'étirait douloureusement et se levait lentement de son lit, il avait très mal dormi, le fait qu'Harry n'ait plus partagé son lit depuis cinq jours, n'aidait pas à sa sérénité. Il était jeune et en pleine forme et la décision de son ami s'avérait être des plus frustrantes. Il avançait mécaniquement vers sa salle de bain. Afin de totalement se réveiller, il glissa directement sous la douche et tourna le mitigeur sur 'eau froide'. Il avait bien réfléchi cette nuit, il avait décidé qu'aujourd'hui, il allait reprendre la direction des choses, car entre son père qui s'enfermait dans son bureau et l'artiste qui semblait plus triste que jamais, ses vacances s'étaient très mal engagées et cela ne pouvait plus durer. Il l'avait même dit à Lucius hier soir qu'il regrettait l'attitude de son père. Bien sûr dans ce sombre tableau, il y avait une exception, la venue de Remus. Cet homme était très intéressant, vraiment très, très intéressant et les remarques scabreuses, les regards concupiscents quand ils se croisaient depuis quelques jours, laissaient croire au jeune blond qu'il y aurait peut-être une solution au fait qu'Harry ait fait vœu d'abstinence et le contraigne à passer un été des plus frustrants, l'ami de son parrain semblait d'accord pour résoudre ce petit problème, il fallait juste que Drago se décide à franchir le pas mais au préalable, il devait mettre toutes les chances de son côté et faire comme d'habitude quand il voulait avoir quelqu'un dans son lit. Cela faisait deux, trois jours que l'idée lui trottait dans la tête et il aurait bien aimé en parler avant à Harry mais le brun semblait ailleurs depuis son arrivée au Manoir et il restait le plus souvent cloîtré dans sa chambre. Drago ferma le robinet et quand il sortit de la douche, il avait pris la décision ferme et définitive de faire en sorte que Remus et lui puissent apprendre à se connaître un peu plus en profondeur et pour ça, il avait l'intention de se montrer sous un jour des plus favorables et de se servir de ce cher Harry, en tout bien, tout honneur pour parvenir à ses fins. Il se vêtit alors d'un jean et d'un simple tee-shirt blanc qui s'accordait parfaitement à ses yeux et sortit d'un pas sûr. Il frappa trois coups assez forts, à la porte à côté de la sienne.

« Harry ? Tu es là ? »

Comme le blond n'entendit aucune réponse, il ouvrit doucement la porte, il vit tout de suite que son ami n'allait pas bien, il était allongé, le dos tourné à l'entrée, ses épaules tressaillaient comme si le brun sanglotait doucement. Drago s'avança à grands pas et rejoignit en trois enjambées le lit.

« Harry ? Qu'est-ce qui se passe ?... Harry, réponds-moi.

- Rien, rien.

- Ce sont tes cauchemars ? »

Drago avait passé ses bras autour du frêle corps de l'autre jeune homme et le berçait comme il avait appris à faire, depuis des mois.

« Non, Dray, ce n'est pas ça, ce n'est rien vraiment.

- Bien sûr et je suis sensé te croire, je suppose. Ce n'est pas parce que l'on n'est plus ensemble que tu ne peux plus compter sur moi. Pourquoi tu n'es pas venu me chercher ?

- Dray, ce n'est rien. »

Harry se redressait sur son lit et regardait Drago qui lui faisait face, terriblement inquiet. Il frottait ses yeux du revers de sa main pour effacer ses larmes. Il souriait tristement au blond, il aurait bien aimé avouer à son ami ce qui se passait mais comme pour ses cauchemars, il ne réussissait pas, il ne pouvait se résigner à tout lui dire, Harry avait si peur de perdre l'amitié du blond. Le brun se laissa finalement aller dans les bras de Dray qui ne demandait rien. Le jeune artiste fut le premier à réagir et à reprendre la parole comme si de rien n'était.

« Au fait, charmant jeune homme, que me vaut cette venue de si bonne heure ici ? Il est à peine neuf heures du matin, d'habitude tu dors encore très profondément à cette heure. Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Rien, j'allais prendre mon petit-déjeuner et je voulais voir si tu daignerais venir avec moi. Tu te fais si rare en ce moment et puis… »

Le blond s'interrompit, attendant la réaction du brun, il savait parfaitement que pour qu'Harry accepte l'idée de l'aider, il devait lui donner l'impression que c'était lui qui dirigeait tout, qui avait suggéré l'idée.

« Quoi Dray ? »

Le blond détourna les yeux et ne répondit pas directement, se contentant de soupirer d'un air las.

« Quoi, Dray ? Dis-moi, je t'en prie, je peux faire quelque chose pour toi, si tu as le moindre souci.

- Ce n'est pas un souci, je ne sais pas comment faire c'est tout.

- A propos de quoi, tu peux me le dire, non ?

- Je… je suppose. Mais comme depuis le début des vacances, tu sembles vouloir jouer à l'homme invisible… Je ne pensais pas que cela t'intéresserait.

- Non, ne pense pas ça Dray, ne m'en veux pas si je t'ai un peu ignoré ces derniers temps, ça n'a rien à voir avec toi… Enfin pas directement… Je suis désolé.

- Ne t'en fais pas l'artiste, tu n'es pas le seul dans ce cas, c'est bien le premier été où mon père travaille autant. A croire que vous vous êtes donné le mot.

- Dray… Viens-en au fait si tu veux, au lieu de tourner autour du pot pour me titiller, je te connais trop, tu sais. Et puis on y gagnerait du temps.

- Es-tu toujours prêt à m'aider ?

- Bien sûr.

- C'est… donne-moi ton avis, tu penses quoi de Remus.

- Remus ?

- Oui, Potter, ça te rend sourd de ne plus t'amuser avec moi !

- Très drôle, Dray, tu parles de moi ou de toi, là ? Bon, trêve de plaisanterie, pourquoi tu me demandes mon opinion ?

- Pour savoir… comme ça.

- Comme ça ? Toi, ben voyons, tu n'as jamais rien fait comme ça, par hasard. Donc je reprends, pour répondre à ta question, il m'a l'air très sympathique, je ne lui ai pas beaucoup parlé cependant et toi ?

- Je le trouve… intéressant.

- Intéressant, tu développes…

- La quarantaine, sexy, qui n'a pas l'air contre une relation purement physique et sans engagement, ni prise de tête, avec un jeune homme.

- Tu as donc déniché ton prince charmant et tu es intéressé apparemment par lui, j'interviens où dans cette histoire si romantique, surtout que d'après ce que tu m'as dit, vous êtes visiblement sur la même longueur... d'onde.

- Il semble assez ouvert en effet mais je voudrais d'abord mettre toutes les chances de mon côté et quoi de mieux que de rendre jaloux un futur prétendant, cela marche toujours. Rappelle-toi Blaise.

- Mais je n'ai jamais été jaloux et tu le sais très bien.

- Tss, tss…N'empêche que tu as fini dans mon lit le soir même, chéri.

- Tu es un grand malade, Malefoy…

- Non, juste pragmatique, je ne te demande pas grand-chose, seulement que tu acceptes que je te fasse plus ou moins des avances en public, je ne ferai que ce que tu voudras, disons pendant deux jours, le temps qu'il morde à l'hameçon… Allez, sois honnête, ce sera drôle ; et puis ça te fera enfin sortir de cette foutue chambre. »

Harry regardait étrangement le blond, cette situation lui semblait totalement saugrenue.

« Et tu crois vraiment qu'il sera jaloux, après la scène lors du repas, il sait parfaitement que nous ne sommes pas ensemble.

- Plus ensemble, la nuance est subtile et puis les amours, ça va, ça vient. Je ne sais pas, on pourrait juste faire croire à un retour de flamme ce matin, une fin de nuit de parfaite débauche. Tu as déjà l'air tout ébouriffé, l'artiste. Allez, accepte. »

Dray fit un clin d'oeil coquin à Harry et passa sa longue main blanche dans les mèches de cheveux emmêlés, il ne résista pas plus et déposa un très léger baiser sur les lèvres rouges. Harry, un peu trop fidèle à ses habitudes, ne disait rien et se laissa gentiment basculer sur le matelas, Dray en profita pour approfondir le contact, sa langue quémandait déjà l'ouverture de la bouche d'Harry et glissa une main sous le tee-shirt du brun qui dut rassembler toutes ses forces pour repousser le blond.

« Tu as dit que nous devions faire croire à une réconciliation avec une fin de nuit agitée, nous ne sommes pas obligés de le faire en vérité, il me semble.

- On peut toujours joindre l'utile à l'agréable, tu sais.

- Dray, si j'accepte, tu as dit que JE déciderai jusqu'où nous irions.

- Cela signifierait-il que tu acceptes ?

- J'accepte de t'aider rien de plus alors cesse de sourire comme ça et rappelle-toi deux jours seulement.

- Sauf si tu décides de poursuivre l'expérience au vu de mon charisme extraordinaire, je ne ferai que ce que tu souhaiteras.

- Je croyais que tu étais intéressé par Remus.

- Oui, mais tu sais bien que tu auras toujours une place importante dans mon cœur.

- Dans ton cœur ? Non, non, non, j'aurai toujours une place de choix dans ton lit, pas dans ton cœur.

- Psss… Rabat-joie et puis si je suis prêt à aller voir ailleurs, je te l'ai assez dit, je ne suis pas encore assez cinglé pour faire fi de tes innombrables qualités entre mes jambes…

- DRAY ! Je vais finir par croire que ce n'est qu'un simple mensonge et que tu n'as aucune envie de rendre jaloux Remus.

- Je te garantis que je ne t'ai pas raconté n'importe quoi, il y a vraiment eu quelques signes mais pour l'instant rien d'assez concret pour que je puisse me faire une vraie idée et je saurais à quoi m'en tenir avec ton aide.

- Et comment comptes-tu t'y prendre ?

- Nous allons descendre ensemble et attendre tout notre petit monde autour d'un petit-déjeuner des plus romantiques, n'est-ce pas mon petit cœur ?

- DRAYYYYY !

- Quoi ?

- Laisse tomber, tu es irrécupérable.

- Bon, je reprends, d'abord le petit-déjeuner et puis, si tu acceptes, je me charge de trouver une occupation qui nous réunira tous et où on pourra prouver mon retour en grâce, enfin il faudra que tu sois convaincant vis-à-vis de mon père car il nous a déjà vus ensemble et ne sera pas dupe. Et si on veut que Remus tombe dans le panneau, mon père doit être aussi convaincu.

- Oui, tu as sans doute raison.

- Tu veux qu'on descende tout de suite ?

- Tu n'as qu'y aller. Laisse-moi quelques minutes le temps de prendre une douche et de me changer et je te rejoins tout de suite après.

- Comme tu veux, Harry. Je m'en vais, le désespoir au cœur car tu ne veux pas de moi sous la douche…

- Arrête ton cirque, Malefoy. J'ai dit que je descendais et que j'acceptais de t'aider alors ne pousse pas ta chance trop loin. »

Le blond n'insista pas plus, il profita juste d'un moment d'inattention du brun pour l'embrasser légèrement alors qu'il se levait du lit, ce qui lui valut un soupir exaspéré autant qu'amusé.

« Dégage blondinet. »

Alors que le blondinet en question quittait la pièce en ricanant, Harry se demandait dans quelle galère il venait encore de se mettre. Lorsqu'il avait accepté, il n'avait même pas pensé qu'il y avait Lucius dans l'équation. Il l'avait laissé cette nuit sur le balcon après avoir essuyé un nouveau refus du Lord et depuis lors, il avait pleuré, pleuré et pleuré jusqu'à ce qu'il entende Drago l'appeler à travers la porte. Alors comme ça, son cher blondinet en pinçait pour le collègue de son parrain, un vieil ami de Lucius, d'après ce qu'Harry avait compris au fil des repas et des discussions. Bien sûr, c'était loin au vu des commentaires de Dray, bien loin de ce qu'il recherchait pour lui-même, très loin de ce qu'il ressentait en présence du Lord, mais après tout, Drago semblait vouloir aller au-delà avec cet homme et s'il pouvait l'aider à trouver une personne qui lui convenait, il savait qu'il ferait tout son possible pour aider son meilleur ami. Il se prépara très rapidement car il devait admettre que sa curiosité avait été piquée au vif : il se demandait ce qu'avait bien pu prévoir Dray pour parvenir à ses fins, il avait déjà vu à l'œuvre quand lui-même avait été dans sa ligne de mire et s'il savait une seule chose au sujet de son meilleur ami, c'était que lorsque Drago avait quelque chose en tête, il faisait tout pour l'obtenir, coûte que coûte, tous les moyens étaient bons et franchement Remus avait du souci à se faire.

Lorsque Harry descendit dans la salle à manger, il vit tout de suite que Drago n'était pas seul, Remus était déjà là, les deux hommes étaient l'un en face de l'autre et ils se dévoraient des yeux à un point tel qu'Harry se demanda immédiatement si Drago avait vraiment besoin de son aide sur ce coup-là. Ouais, pas sûr, vraiment pas sûr. Au moins le blond n'avait pas menti dans cette histoire, il y avait visiblement une attirance indéniable entre les deux hommes. Pénétrant plus franchement dans la pièce, le brun se racla la gorge pour signifier sa présence aux deux autres qui ne l'avaient toujours pas vu.

« Hmmm… Bonjour.

- Bonjour, Harry.

- Rebonjour, tu as pris une bonne douche, mon coeur. »

Harry s'avança en direction de Drago, se baissa vers le visage du blond, posant son bras sur l'épaule de son meilleur ami.

« Très relaxante, j'en avais besoin. »

Le brun entendit deux personnes entrer, au moment où il posait un très petit baiser sur les lèvres de Drago. Se doutant que Lucius venait de faire son entrée, il ne put s'empêcher d'essayer de se retirer bien vite tandis que le blond le tira brutalement par le tee-shirt pour approfondir le contact. Surpris par le geste de son ami, Harry ne put retenir un gémissement lamentable et Drago en profita pour pénétrer ardemment dans sa bouche. Le brun se maudissait. Comment il avait pu accepter de jouer le jeu de Dray et croire une seule seconde que le blond ne ferait rien pour profiter de la situation, ce n'était pourtant pas comme s'il ne le connaissait pas depuis tous ces mois. Quand enfin Drago relâcha son étreinte, Harry lança un regard noir que les autres ne pouvaient pas voir tandis que son ami haussa machinalement les épaules, d'un air tout sauf désolé. Remus regardait d'un air médusé les deux garçons alors que les deux autres avaient rejoint la table, Lucius paraissait encore plus pâle qu'à l'accoutumée.

« Drago, tu sais bien ce que je t'ai déjà dit. Nous nous passerons de tes démonstrations.

- Père, je croyais que vous seriez ravi de voir que nous nous étions réconciliés, ce matin.

- Ce matin ?

- Oui, mon chéri était en pleurs dans sa chambre alors je l'ai réconforté et voilà, on a passé une charmante matinée.

- Dray, je ne crois pas que cela intéresse ton père ou encore Messieurs Lupin et Snape.

- Chéri, tais-toi, assis-toi et mange. Tu veux un toast ? »

Alors que tout le monde prenait place à table et s'installait correctement, Lucius se demandait ce qui se passait, Drago avait réconforté son Harry et ils semblaient s'être réconciliés dans tous les sens du terme. Lui qui n'avait eu de cesse de se convaincre qu'il ne devait pas retrouver le jeune homme malgré la tristesse qu'il avait vu se peindre sur son visage au moment où il l'avait laissé seul sur le balcon. Son Harry avait pleuré à cause de lui et ce n'était pas lui qui lui avait offert ses bras pour le réconforter, pour le bercer, pour l'embrasser, pour lui faire l'amour. Il posait ses yeux sur le jeune brun que Drago s'était mis en tête de nourrir, lui présentant des petits toasts beurrés et autres pains briochés très appétissants. Les deux émeraudes se posèrent sur lui et le sourire qui les animait face au manège pseudo-romantique de son fils, mourut instantanément quand leurs regards se croisèrent. Harry pouvait lire un mélange de malaise et de tristesse dans les yeux du Lord, cette impression fut vite remplacée par une autre, le Lord avait du mal à contenir sa jalousie et un feu enflammait ses prunelles grises.

« Drago, si tu as eu déjà tout ce début de matinée pour profiter de votre réconciliation, nous ne sommes pas obligés de supporter ton manège.

- Père, je ne crois pas que cela soit si dérangeant, Oncle Sev me l'aurait déjà fait remarquer sans l'ombre d'un doute.

- Drago, je t'aime beaucoup mais il est hors de question que tu me mêles à vos histoires et à vos disputes puisque ce point semble être particulièrement sensible entre ton père et toi.

- Bon puisque mon Parrain ne m'est d'aucun secours, je vous pose la question, Remus. Cela vous choque-t-il Remus que je me montre affectueux vis-à-vis de mon cœur ? »

Et joignant le geste à la parole, Drago passa un bras autour de la taille de son ami assis à ses côtés et commença à mordiller le lobe de son oreille droite. Harry sentit une douce chaleur au niveau de ses joues aussitôt et regardait le fond de son assiette.

« Alors ?

- Euh…

- Je crois que Remus est trop gêné pour pouvoir te répondre, Drago et jusqu'à preuve du contraire, je suis ton père et je suis le chef de la famille donc tu dois respecter mes décisions et cesser ce petit jeu qui n'a eu de cesse, personne n'ignore plus ici ce que tu fais avec Harry et quel type de relation vous entretenez, inutile de vous donner en spectacle, nous n'avons aucune envie de te voir te comporter ainsi, alors cesse tes enfantillages, cela n'a déjà que trop duré.

- Je ne me donne pas en spectacle, Père, je profite de tout ce qui m'ait offert, je me refuse à vivre dans les regrets comme vous, en un mot, je vis, moi.

- Dray, je crois que ton père a parfaitement compris mais vous êtes tout simplement trop différents, il a passé toute sa vie à ne faire qu'en fonction des apparences, à respecter sa position sociale, les attentes de sa famille aux dépens de son propre bonheur, tu ne peux pas lui demander de changer du tout au tout en un instant, il faut se faire une raison, c'est son choix, après tout. »

Un lourd silence avait fait suite à la réplique d'Harry qui n'avait pas parlé autant en cinq jours. Le petit brun n'avait pas levé une seule fois les yeux de son assiette et les quatre autres le regardaient médusés. Drago avait noté comme une résignation dans la voix d'Harry et se demandait si le jeu n'allait pas s'arrêter avant d'avoir réellement commencé, sa voix était curieusement triste et pour le réconforter, le blond ne put s'empêcher d'embrasser tendrement le jeune artiste. Il fallut un long moment pour que règne à nouveau un semblant de calme et que les langues se délient à nouveau, c'étaient essentiellement Drago et Remus qui entretenaient la conversation, les autres semblaient assez perdus dans leurs pensées. Le blond n'avait eu de cesse de poser des questions sur la vie de Remus.

« Et quelle est exactement votre rôle dans l'organisation ?

- C'est simple, Severus est celui qui va s'adresser aux autorités pour obtenir des fonds pour pouvoir acheter des médicaments et moi, je ne suis que l'humble vassal qui se rend là où on a besoin de mes compétences médicales.

- Et cela consiste en quoi exactement ? Où est-ce que vous êtes parti la dernière fois ?

- C'est très variable, je peux aller dans des pays en guerre, j'ai passé presque un an à Sarajevo. J'ai aidé à développer l'utilisation des préservatifs dans les pays d'Afrique équatoriale, j'ai aussi mis en place une mission pour aider à lutter contre le paludisme, en Ouganda.

- Incroyable, je ne pensais pas qu'en dehors de Sev, des personnes puissent mettre toute leur énergie et leurs compétences et surtout risquer leur propre vie pour d'autres. Mais quelle est votre spécialité en médecine ?

- Alors jeune homme, vous qui avez l'air intéressé par mon curriculum vitae, voilà, après mes années d'études à Poudlard d'où je suis sorti major, je suis parti étudié la médecine en France, j'ai fait mon internat sur Paris et j'ai même été chef de clinique à la Pitié Salpetrière dans le service de maladie infectieuse puis après, je me suis fait embobiner par ton oncle qui gère les bureaux de M.S.F. à Genève. Toujours impressionné ?

- Pfouu, ouais, si vous voulez.

- Tu sembles bien blasé, charmant blondinet.

- Avec un père qui faisait partie de la chambre des Lords alors que je n'étais même pas né, forcément. Enfin, vous êtes bien d'accord avec Harry, il me répète sans arrêt que je suis trop désabusé. Eh oh, l'artiste, je parle de toi, réagis.

- Quoi ?

- Nous parlions du travail de mon oncle et de Remus.

- Je crois qu'il est temps que je retourne au travail.

- Père, attendez, j'avais une idée, nous pourrions tous aller faire une partie de tennis et comme oncle Severus ne peut pas jouer à cause de son dos, il pourrait faire l'arbitre pendant que nous ferions un match tous ensemble, les affaires de l'état peuvent bien attendre cet après-midi. Acceptez, nous n'avons encore rien fait tous les cinq, ce serait l'occasion ou jamais.

- Une partie de tennis, c'était ça ton idée géniale, Dray ?

- Oui, mon cœur, un problème ?

- Charmant blondinet, c'est une très bonne idée, je vote pour, bien évidemment. Sev ?

- Du moment que je puisse rester sur la chaise, oui.

- Allez, chéri, dis oui… Si tu acceptes, Père n'aura aucune excuse. »

L'enthousiasme du blond finit par emporter l'adhésion d'un Harry plus que résigné. Il acquiesça d'un simple hochement de tête après un profond soupir.

« Père ?

- Comme tout le monde semble s'être donné le mot et s'être ligué contre moi, je suis bien contraint d'accepter.

- Et comment organiser les équipes, charmant blondinet ? Les jeunes contre les vieux ?

- Remus, je tiens à gagner et même si j'aime beaucoup mon cher artiste, il est hors de question que je fasse équipe avec lui, il est beaucoup trop nul et même si je suis très doué, je doute que cela suffise.

- Je te remercie du fond du cœur, Drago, pour ton soutien, cela m'apprendra à vouloir t'aider.

- Bon comme mon cher filleul semble vouloir à tout prix gagner, je crois qu'il vaut mieux qu'il fasse équipe avec Remus, sinon, pour un match plus équilibré, je propose les Malefoy contre le reste du monde.

- Il n'est pas question d'équilibre et de justice ici, on parle de victoire.

- Très bien, ce sera donc Lucius, Harry contre Remus, Drago.

- Que tout le monde aille se préparer, on se retrouve dans un quart d'heure sur le perron. »

Impatient et joyeux, Drago se sauva en courant, après avoir déposé un baiser sur les lèvres d'Harry. Le blond fut vite rejoint par Severus et Remus laissant le jeune brun se morfondre, émiettant un morceau de pain. Le Lord n'avait pas encore quitté la pièce, il savait qu'il n'avait aucun droit sur lui, mais c'était plus fort que lui, il voulait savoir.

« Qu'est-ce que tu fiches avec Drago ?

- Rien, pourquoi ?

- Pourquoi ? Tu plaisantes, j'espère. Tu te barres du balcon alors que tu ne sembles pas avoir fait une croix sur notre…

- Sur quoi ? Notre relation ? Notre histoire ? Laisse-moi rire, il n'y a rien et il n'y aura jamais rien, j'ai bien compris le message. Tu n'as aucun droit sur moi et c'est ta décision alors ne viens pas me reprocher de continuer à vivre.

- Tu me plantes sur le balcon et une heure après tu baises avec mon fils et tu veux que je reste sans rien dire…

- Je n'ai pas… Laisse tomber, tu ne peux pas comprendre.

- Quoi ? Qu'est-ce que je ne peux pas comprendre ?

- Rien qui ne te concerne. »

Le Lord s'était levé de table et s'était rapproché du jeune homme, ses bras agrippaient les frêles épaules d'Harry qui s'était relevé pour faire face à Lucius.

« Dis.

- Je n'ai rien fait avec Drago et je ne ferai rien avec Drago, le simple fait que tu crois le contraire prouve à quel point tu ne me connais pas et ne me comprends pas.

- Et bien sûr, le baiser c'était quoi alors ? Je ne l'ai pas rêvé.

- Drago m'a embrassé, je ne l'ai pas embrassé et de toute manière, cela ne te regarde pas, je t'ai déjà dit, tu n'as plus aucun droit, si tenté que tu en ais eu un jour.

- Oh que si. »

Et mû par une irrépressible envie, le Lord colla sa bouche contre celle du jeune homme. C'était très loin du premier baiser doux et tendre, leur second était affamé et passionné, là, c'était brutal et possessif, la bouche de Lucius voulait conquérir celle du jeune homme, sa langue, ses dents s'attaquaient aux lèvres douces. Gémissant, un soupir permit au Lord d'accéder à sa bouche, les deux langues se frôlèrent, se touchèrent, se repoussant pour se retrouver avec encore plus de ferveur. Le plus grand ne laissait que très peu de choix à Harry qui s'était retrouvé acculé contre la table, le Lord en avait assez de ce petit jeu, il désirait tant cet adolescent. Il commençait déjà à le déshabiller, les mains glissaient sous le tee-shirt et le soulevaient, il caressait frénétiquement cette peau si douce, si tendre, il sentait les côtes sous la pulpe de ses doigts. Sa bouche quittait celle du plus petit pour s'attaquer au cou et laisser sa langue lécher le long de la jugulaire où le sang battait furieusement. Le plus jeune avait clos ses yeux sous le plaisir et les caresses prodiguées le long de sa taille.

« Lus…

- Je te désire tant. »

Lucius avait fait passer le tee-shirt par-dessus la tête du brun et les mains impatientes du Lord s'attaquaient aussitôt aux boutons du jean et les doigts se perdaient déjà dans le sous-vêtement tandis que sa bouche partait à la découverte du torse du plus jeune. Il avait commencé par passer sa langue sur les deux aréoles roses avant de pincer les tétons durcis par un tel traitement.

« Pas maintenant, pas… Lucius… S'il te plaît… Pas ici. Quelqu'un pourrait nous surprendre.

- Je… D'accord. »

Les mains du Lord avaient quitté le bas-ventre du jeune homme et partaient à l'aveuglette à la recherche du tee-shirt sur la table, il continuait à dévorer le corps du brun, il ne pourrait jamais se rassasier de sa saveur sucrée comme du miel, de son odeur entêtante. Au moment où Lucius reprenait une nouvelle fois les lèvres d'Harry plus tendrement et plus doucement et qu'il rendait au jeune artiste son vêtement, il tourna la tête vers la porte, Severus était figé dans l'encadrement, le Lord se releva brusquement :

« Severus. »

Le jeune adolescent se retourna d'un bond, en direction de la porte, encore torse nu, ses cheveux ébouriffés, ses lèvres rougies ne laissaient aucun doute sur ce qui s'était passé quelques minutes auparavant.

« Ce n'est pas ce que tu crois, Sev.

- C'est exactement ce que je crois, n'insulte pas mon intelligence s'il te plaît et si j'ai un conseil à vous donner, dépêchez-vous, Remus et Drago ne vont pas tarder à descendre. »

A suivre…

Demain, je posterai 'Harry et l'héritier de Dumbledore'