Hello après quelques semaines. La dernière fois Lucius s'emportait et embrassait assez fougueusement notre jeune artiste mais hélas, ils furent surpris par Severus. Comment ce dernier va-t-il réagir et que va-t-il se passer ? La réponse dans ce chapitre…
3615 mavie : je suis toujours sans voiture et donc je suis toujours autant overbookée et je ne sais quand vous aurez la suite de cette histoire ou des autres (le plus rapidement possible en tout cas)
A mon grand…
Bonne lecture et à bientôt tout le monde !
Chapitre 12 : Une confrontation difficile
Harry ne se fit pas répéter une seconde fois le conseil de Severus Snape et se précipita dans sa chambre, remettant son tee-shirt en place, sans prononcer le moindre mot. Il avait laissé les deux hommes seuls se dévisager comme si rien d'autre n'existait plus au monde. Alors que le jeune homme farfouillait depuis quelques minutes déjà, partout dans sa chambre, à la recherche de sa tenue de tennis et de sa raquette, il n'avait qu'une envie, frapper sa tête contre les murs. Il avait enfin fait bouger le Lord dans sa direction, certes Lucius l'avait embrassé sur le coup de la jalousie mais il n'en demeurait pas moins que l'adolescent avait eu pour la première fois l'impression que le père de Drago ne serait pas revenu en arrière et qu'ils auraient fini dans une position encore plus compromettante s'il n'avait pas dit au Lord de se calmer et il avait fallu que Snape les surprennent.
Harry, énervé, tournait dans sa chambre comme un lion en cage depuis déjà plusieurs minutes, il se demandait sans cesse comment cette journée allait se dérouler, le jeune homme avait comme un mauvais pressentiment sans doute légèrement justifié après tout ce qui venait de se passer, il donna un coup de pied contre le petit coffre en bois verni et ne put retenir un cri de frustration de sortir de sa gorge au moment où il entendit la porte grincer et s'ouvrir. Il savait parfaitement que le Lord n'aurait pas osé venir ici, maintenant, pas après ce qui s'était passé dans la salle à manger. Le jeune artiste accueillit assez froidement la seule personne à pouvoir pénétrer dans sa chambre, sans en demander la permission auparavant, il prononça sèchement alors même qu'il était le dos tourné à l'entrée.
« Qu'est-ce que tu veux Dray ?
- T'aider à t'habiller, tu ne sembles pas à même d'y arriver tout seul, j'ai dit que nous devions descendre dans un quart d'heure et cela fait cinq minutes que nous t'attendons cher, très cher artiste. Alors si tu pouvais enfin te préparer. Pour une fois qu'on va tous être réuni, enfin sauf ma mère qui semble vouloir se terrer dans sa chambre et attendre pour sortir de cette pièce sordide d'être sûre de ne croiser personne et surtout pas cet infâme Sev responsable du malheur de sa sœur.
- Tout le monde est déjà en bas ? Même…
- Oui, Potter, c'est ce que je viens de te dire Oncle Sev, père et bien sûr, Remus. Tu sais que parfois tu m'inquiètes l'artiste. Tout le monde n'est pas comme toi et range un minimum ses affaires et n'est donc pas obligé de passer vingt bonnes minutes à les rechercher partout. Tu as vu ce foutoir, ce n'est pas possible, on dirait que tu es là depuis des mois déjà, alors que ça fait à peine une semaine. »
Il est vrai que Harry avait jeté ses affaires un peu partout quand il avait commencé à fouiller dans la chambre et comme il était très légèrement désordonné, sa chambre ressemblait à l'heure actuelle à un vrai champ de bataille. Le jeune homme devint rouge de honte et son air contrit d'un enfant pris en faute fit sourire Drago.
« Tu n'es pas croyable ! Je te proposerais bien mes affaires mais elle risque d'être légèrement trop grande et mon short de tennis risque de se transformer en pantalon pour toi.
- Très drôle, Dray ! Vraiment hilarant ! »
Le jeune blond s'était alors approché du brun et l'avait pris par la taille, plaquant le dos d'Harry contre son torse, le berçant légèrement.
« Tu sais bien qu'avec un centimètre de plus, tu ne serais plus le merveilleux Harry, l'artiste qui avec son air juvénile fait fantasmer les rares homos de Poudlard et la plupart des filles qui voudraient le voir changer de bord.
- Tu rigoles, j'espère car là c'est clairement, l'hôpital qui se fout de la charité. C'est de toi dont rêvent à peu près toutes les filles de Poudlard, tu me diras ce n'est pas comme si ça me faisait quelque chose.
- Potter, tu n'as jamais rien vu, je parie.
- De quoi tu parles ?
- Oh, de rien, juste de Ginny Weasley qui bave presque devant toi dès que tu passes à côté d'elle.
- Tu délires, c'est ma petite sœur, je la connais depuis qu'elle a dix ans.
- Euh, je crois que ce n'est pas à moi qu'il faut le dire mais à elle. Et puis, il y a Cho Chang, Parvati Patil… Je peux continuer la liste, si tu veux… Lavande Brown, Lu…
- N'importe quoi, tu délires totalement, Dray.
- Si tu le dis… »
Drago avait déposé un léger baiser dans le cou et il devint vital pour Harry de faire vraiment comprendre qu'à part devant Remus, ce genre d'attitude n'était plus du tout possible.
« Dray, lâche-moi, s'il te plaît. Tu sais, je veux bien t'aider avec Remus mais je n'ai pas changé d'avis pour le reste et je ne veux plus de ça. Et puis d'ailleurs, à mon avis, vu comme vous vous dévoriez des yeux avant que je n'entre dans la salle à manger pour le petit-déjeuner, je peux te jurer que si tu proposes à Remus quoi que ce soit de licencieux, il ne refusera pas.
- Mais c'est là où tu n'ais pas comme moi, je veux que ce soit lui qui me le demande.
- Pitoyable !
- Non, Malefoyen. »
Etrangement, Harry repensa à l'attitude du Lord qui ne semblait pas si 'Malefoyenne' que cela. Il était nettement plus en demande que ce cher Drago et avait à peu près autant de mal à se contrôler qu'Harry, si ce n'était plus.
« L'artiste, l'artiste… Au lieu de rêvasser à je ne sais trop quoi, trouve ta tenue et ta raquette même si je ne suis pas convaincu qu'elle te soit d'une grande utilité.
- J'aimerais tant qu'on réussisse ton père et moi à gagner, rien que pour voir ta tête mais j'ai quelques doutes.
- Quelques doutes ? Tu plaisantes, j'espère. Vous n'avez aucune chance. J'ai parlé de sport avec Remus et il m'a avoué être assez fort en tennis.
- C'est pour ça que tu m'infliges ce match, tu n'aurais pas pu faire un simple avec lui.
- Décidément, l'artiste, tu ne comprendras jamais rien. Si je veux le séduire par mes qualités sportives… »
Harry n'avait pu retenir un rire sonore de sortir de sa bouche lorsqu'il avait entendu le blond et Drago lui lança un regard noir de reproche.
« Bon, je reprends, si je dois séduire Remus, sportif assez émérite, grâce à mes propres qualités, c'est un art très subtil car je ne dois pas le rabaisser par une victoire trop écrasante et de même…
- Tu serais trop vexé s'il remportait le match. »
Alors qu'Harry éclatait de nouveau de rire, le blond bouda légèrement, se détachant du corps fin de son ami, il partit s'allonger sur le lit, les mains derrière la tête, admirant le corps de l'autre adolescent.
« Cherche donc tes vêtements.
- A vos ordres, très cher. »
Le brun s'exécuta ne voulant pas vexer un peu plus Drago. Après encore cinq minutes, il retrouva ses affaires maudites, sous une pile de linge, sur une chaise au fond de la pièce.
« Je dois reconnaître que tu m'impressionnes parfois, l'artiste. Presque une demi-heure pour trouver une raquette, un bermuda et un tee-shirt blanc, toutes mes félicitations. »
Harry allait pour se changer et se dévêtir mais il avait du mal pour l'une des premières fois en un an à assumer le regard de son ami posé sur lui sans aucune pudeur.
« Dray…
- Oui ?
- Maintenant que j'ai retrouvé mes affaires, tu peux descendre sans souci, je connais parfaitement la sortie et je saurais la retrouver tout seul, tu peux avoir confiance.
- Tu me chasserais moi, ton Dray, au moment le plus intéressant. Cruelle destinée !
- N'en fais pas trop, tu sais.
- Pas du tout, l'artiste, je suis toujours très juste dans mes propos. Mais au fait, depuis quand es-tu gêné que je puisse te regarder te changer ? Car, si tu as la mémoire trop courte, sache que je t'ai vu nu un nombre incalculable de fois et dans diverses positions pas forcément très catholiques d'ailleurs et que je connais parfaitement chaque centimètre carré de ton corps, du grain de beauté sur ton épaule droite, en passant par ton dos à la cambrure parfaite à tes fesses fermes et rebondies... »
Drago s'était remis en mode 'prédateur', ses yeux brillant de malice et de luxure. Il s'était d'ailleurs relevé et enserrait à nouveau la taille du plus petit, il colla sa bouche contre l'oreille de l'autre jeune homme et murmura d'une voix chaude et suave.
« Je t'ai vu nu, le corps en sueur, alangui sur le lit où nous avions fait l'amour la première fois, dans ta salle pour peindre, dans la salle de bain de Poudlard, lorsque tu prenais ta douche et que je te rejoignais alors qu'il n'y avait plus aucun autre élève pour nous déranger, dans les vestiaires, après le tournoi de tennis quand TU es venu me retrouver, dans la bibliothèque du manoir, il n'y a même pas une semaine, dans…
- Ca va, j'ai compris l'idée… Tu sais qu'un jour je pourrais m'énerver vraiment, tu n'écoutes pas, je t'ai dit que je ne voulais plus avoir de relations sexuelles avec toi et tu es sensé avoir accepté l'idée, je te signale.
- Mon Harry, premièrement, tu es incapable d'en vouloir à qui que ce soit plus de dix minutes, t'as qu'à voir pour Weasley et deuxièmement, nous n'avons plus de relations sexuelles à ce qu'il me semble.
- Parce que je résiste, tu parles, tu ne fais que des allusions pour que je m'offre à toi sur un plateau d'argent.
- Qui ne tente rien n'a rien. Et puis ce n'est pas la fin du monde, je n'ai pas une relation des plus suivies avec qui que ce soit d'autre, avec Remus, c'est un projet à court terme et il me semble que tu n'avais personne quand tu es parti de Poudlard. Donc…
- Arrête ! »
Alors que la prise de Drago se faisait un peu plus forte autour de l'autre adolescent, Harry le repoussa d'un fort mouvement d'épaules. Le blond fit une mine assez perplexe, il essayait de comprendre la raison d'un tel comportement. Après quelques secondes, un éclair de compréhension finit par filtrer dans ses yeux.
« C'est ça… Tu as rencontré quelqu'un…
- Dray…
- … A Poudlard. »
Harry eut du mal à cacher son soulagement quand il s'était rendu compte que le blond n'avait encore rien compris.
« Et qui est l'heureux élu, je doute que ce soit une heureuse élue ?
- Personne, Dray.
- Tu me demandes de te croire sur parole, je suppose.
- Oui, il n'y a personne à Poudlard en dehors de toi, tu peux en être sûr. Et comme tu continues à ne pas écouter, je vais dans la salle de bain pour me changer, tu peux rester ici, comme ça.
- Bon avant que tu ne sois trop en colère contre moi et que tu ne veuilles plus m'aider, je vais te laisser, j'aurais bien encore au moins une occasion de te voir dans le plus simple appareil, cela ne me paraît pas impossible. »
Alors que Drago s'en allait un grand sourire aux lèvres, très fier de sa dernière petite phrase, il sortit élégant et d'un air malicieux, rajouta.
« Tu sais, l'artiste, tu peux me faire confiance, je saurais avant la rentrée après qui tu soupires.
- Je t'ai déjà dit : Personne !
- Oui, c'est ça… »
Au claquement de la porte, Harry se demandait de plus en plus comment tout cela allait bien pouvoir se terminer. Enfin, de toute manière, dans l'immédiat, il n'avait pas le temps de se poser trop de questions, il fallait d'abord qu'il aille s'habiller et après il verrait bien comment se déroulerait le reste de la matinée. Après s'être rapidement changé, son appréhension n'avait eu de cesse de croître lorsqu'il descendit l'escalier central et il avait une boule au ventre lorsqu'il rejoignit le perron. Quand il ouvrit la lourde porte en chêne, il avait l'impression, enfin c'était probablement plus qu'une impression, que tout le monde l'observait et attendait une quelconque réaction de sa part. Severus Snape avait le regard froid et distant, Harry sentit même une certaine animosité. Bon, apparemment, tout ne s'était pas passé au mieux après son départ de la salle à manger. Lucius tentait de cacher son impatience, fumant une cigarette, s'appuyant négligemment contre le mur du Manoir, Harry surprit une certaine nervosité assez inhabituelle dans les gestes du Lord. Drago restait Drago et laissait son regard vagabondé sur le corps du brun, un sourire franc et chaleureux aux lèvres, Harry n'était pas sûr d'être plus rassuré par cette attitude que par celle de Snape. Remus Lupin, quant à lui, tentait de converser avec le parrain de Drago, sans grand succès et il semblait assez perdu par le manque de réaction de son ami, visiblement l'esprit ailleurs. La fin de matinée risquait d'être interminable.
« Bon, maintenant que l'artiste s'est décidé à nous rejoindre, si on allait écraser mon père et Harry, Remus, vous venez ? »
Et sans attendre une quelconque réponse de la part de Remus ou de qui que ce soit d'autre, Drago s'avança vers le petit brun, posant ses longues mains sur les fines épaules et poussant Harry en direction du terrain qui était à un ou deux kilomètres. Le plus jeune se raidit à ce contact mais ne fit aucun autre commentaire. Le Lord continuait à fumer sa cigarette sans rien dire, il marchait très lentement, en retrait derrière les autres, tout au contraire de Drago qui avançait à vive allure, ce dernier avait finalement délaissé les épaules de l'artiste pour pouvoir discuter gaiement avec Remus et Severus. Harry s'était alors arrêté, faisant semblant de refaire son lacet, il laissa les trois hommes prendre leur distance, Severus lui avait alors lancé un regard froid, lucide face à ce que tentait le jeune homme. Harry fit cependant comme s'il n'avait rien remarqué, sa curiosité était la plus forte, il voulait absolument savoir comment s'était passé l'entretien entre Severus et Lucius et il avait besoin d'en parler avec le Lord qui avait très bien compris la manœuvre un peu maladroite du joli brun, l'adulte s'arrêta à la hauteur de l'artiste qui se releva dans l'instant :
« Je… Ca va ?
- A ton avis !
- Eh, je n'y suis pour rien, c'est toi qui t'es jeté sur moi, pas l'inverse. »
Le Lord leva un sourcil sarcastique, il plongea son regard bleu dans les yeux pétillants de défi du petit brun.
« Je n'ai pas le souvenir que tu te sois beaucoup opposé pour autant.
- Je ne… Si parfaitement et qui a arrêté juste à temps, d'abord ? Toi peut-être !
- Il est vrai, Harry, que tu es un exemple de résistance et de maîtrise de soi. »
Lucius se tourna vers les trois autres qui étaient quelques mètres plus loin, ne semblant pas se soucier le moins du monde d'eux. Ils s'avançaient vivement en direction du terrain de tennis, sans les attendre. Le Lord en profita pour poser sa main droite sur le bas du dos, à la naissance des fesses sur lesquelles elle glissa lentement, le petit brun émit un hoquet de surprise et s'était instinctivement rapproché, collant son corps contre celui de l'autre homme.
« Lus…
- Effectivement, un exemple de résistance.
- Bordel. Arrête, sois sérieux ! Qu'est-ce qu'il t'a dit d'abord ?
- Qu'il nous souhaite tout le bonheur du monde, qu'il est très heureux pour nous deux.
- Tu peux arrêter deux secondes.
- Tu préfères la vérité ?
- Euh… Je suppose que oui.
- Très bien. Je te préviens que tu ne vas pas aimer ce que je vais dire, vraiment pas… Je me fourvoie avec un mineur qui passe bien trop facilement du lit du fils à celui du père, qui va détruire ma famille, qui ne pense qu'à…
- Oui, bon et je suppose que tu n'es, tout comme Dray, qu'une innocente victime de mon comportement honteux et amoral.
- C'est à peu près cela effectivement. On en reparlera plus tard, si tu veux bien. Viens avant que les autres ne se posent des questions. »
Le Lord posa juste un instant ses lèvres sur celles du jeune homme avant de s'écarter brusquement. Harry avait naturellement fermé ses yeux pour savourer encore plus le contact électrique. Il lui fallut quelques secondes pour réagir à nouveau, Lucius avait alors déjà presque rejoint le groupe des autres. Le jeune homme fut quasiment obligé de courir pour les rattraper. Il fut accueilli par les mains de Drago qui se reposèrent un peu trop naturellement sur ses hanches avant de s'engouffrer sous le tee-shirt pour caresser le ventre ferme de son meilleur ami.
« Tu en as mis du temps pour refaire ton lacet, mon cœur.
- Tu me connais maintenant, je voulais gagner quelques minutes avant de commencer cette stupide partie, sans aucun intérêt.
- C'est sûr que je te connais parfaitement et ce genre d'attitude ne m'étonne pas de toi. Mais ne t'inquiète pas, tu ne réchapperas pas à la partie comme à ce qui va suivre. »
Les mains blanches s'étaient faites plus pressantes sur le corps du brun à la dernière phrase du blond accentuant ainsi ses paroles. Harry ne savait plus s'il devait refuser ce genre de geste ou faire comme si de rien n'était, il sentait le regard des adultes peser sur lui, lourdement. Etrangement le plan de Drago aussi foireux qu'il puisse être commençait à porter ses fruits, une pointe peut-être pas de jalousie mais d'envie était clairement apparu dans le regard du médecin qui l'avait cachée sous le couvert d'une remarque sarcastique sur les jeunes et leur envie de jouer insatiable. Cette réflexion avait fait plus que rougir le jeune artiste et renfrogner l'humeur des deux autres adultes. La situation était réellement de plus en plus compliquée et Harry était perdu dans ses pensées, ne répondant que par borborygmes à son ami, il se demandait combien de temps il pourrait encore passer aux yeux de Remus pour le plus ou moins petit ami actuel de Dray et aux yeux de Severus Snape pour un arriviste, un gigolo qui change de lit pour en tirer meilleur profit.
« Jeu, set et match.
- Allez, l'artiste, tu gagneras une prochaine fois. Et puis grâce à mon père, vous avez gagné quelques jeux. 6-2, 6-2, c'est un bon score pour toi.
- Dray, ais le triomphe modeste, s'il te plaît… »
Finalement, le désastre tant redouté n'avait pas eu lieu. Durant le match, Drago n'avait fait aucune réflexion à haute voix, ce qui avait légèrement permis au Lord de se détendre mais ce n'en fut pas le cas pour Remus. A la façon que le jeune blond dévisageait Harry et parlait à voix basse à Remus Lupin qui rougissait à vue d'oeil, l'attaque de Dray devait être de plus en plus frontale, l'artiste en était persuadé. Et puis, le jeune brun le reconnaissait bien volontiers, il était très content de se retrouver là même si c'était pour une partie de tennis. Grâce à Drago, le jeune artiste avait pu passer une partie de la matinée, proche de Lucius, il avait senti un regard chaud se poser sur lui, par moment, comme par exemple, juste avant que le Lord ne serve. De même, parfois, quand Remus Lupin et Drago se rapprochaient pour échanger des conseils, enfin officiellement, Harry et Lucius faisaient de même et parfois, les mains du Lord frôlaient innocemment le corps du jeune homme.Dray avait bien entendu continué son petit jeu, au retour vers le Manoir, il avait multiplié les gestes tendres envers le brun, susurrant des remarques scabreuses ou de simples remerciements dans le creux de l'oreille du jeune peintre.
Le reste de la journée ne fut malheureusement pas aussi idyllique. En effet après un déjeuner copieux et mérité, le Lord était retourné à son travail sans un regard en arrière et personne n'avait essayé cette fois de le retenir. Drago, lui, continuait son plan d'attaque et après avoir soufflé le chaud pendant le match de tennis puis le froid au cours du repas, il s'était de nouveau rapproché volontairement du petit brun, laissant Remus assez perdu, il avait proposé au médecin d'aller jusqu'aux écuries, et de faire un tour de cheval, juste tous les deux, il avait trouvé un prétexte imparable, Severus ne pouvait pas et l'artiste n'acceptait jamais plus de deux activités sportives la même journée. Harry avait souri, devant le manège peu subtil de son ami, et avait tu une réflexion sur les bottes de paille très confortables. Ainsi, le jeune peintre avait décidé de retourner à la bibliothèque, emprunter un livre. Il suivait les rayonnages, jetant un coup d'œil machinal sur les titres, parfois, un ouvrage l'attirait plus et il le prenait en main, le feuilletait négligemment avant de le reposer là où il l'avait trouvé. C'était la première fois qu'il ne broyait pas du noir depuis des jours. Harry venait d'ouvrir un exemplaire du 'Portrait de Dorian Gray', quand il entendit quelqu'un se raclait la gorge. Le jeune homme se retourna aussitôt en direction de la porte et ses yeux croisèrent un regard sombre et glacial.
« Que faites-vous Monsieur Potter ?
- Je pars à la recherche d'un livre intéressant. Pourquoi ?
- Ne jouez pas au plus malin avec moi, vous ne gagnerez pas. Que faites-vous avec Lucius ? Comment se fait-il que je vous ai trouvé à moitié nu dans ses bras, ce matin ? »
Le brun attendait depuis le petit-déjeuner le moment où il aurait cette conversation avec Severus Snape et à présent, à la mine de l'adulte et aux regards noirs que lui lançait l'homme, il était beaucoup moins pressé. Il reposa le livre à la place où il l'avait trouvé et fit quelques pas d'un air penaud, en direction du parrain de Drago.
« Je… Rien.
- Rien ? Dès que vous restez seul avec quelqu'un, il est normal que vous vous retrouviez à moitié nu, débraillé, dans ses bras ! Je ne tolérerai pas ça !
- Quoi ?
- Que vous abusiez de la confiance de Lucius, je le considère comme mon frère et il est hors de question qu'un gamin profite de sa situation financière et matrimoniale pour…
- Profite ? Mais je ne profite de rien du tout.
- Comment appelez-vous le fait de venir ici, sous l'invitation de son petit ami dans l'intention de séduire le père de ce dernier ?
- Mais je n'ai rien fait de tout cela, je ne suis pas venu pour… séduire Lucius.
- Lucius ?
- Euh… Je… »
Severus pointait un index accusateur vers l'adolescent qui se tortillait de gêne et de honte.
« Ce n'est pas la peine de continuer, je voulais juste vous dire que je connais Lucius, je suis sans doute la personne qui le connaît le mieux et je n'aime pas ce que vous faites. Je sais parfaitement ce qui en est de sa vie personnelle, de ce sentiment de gâchis, d'inutilité qu'il ne cesse de ressentir. Il est à l'heure actuelle très vulnérable, il ne s'en rend même pas compte et vous en profitez sans aucune honte.
- Mais je n'en savais rien.
- Drago ne vous a jamais fait de confidences sur l'oreiller, oreiller qu'apparemment vous avez souvent partagé.
- Mais, non, il s'était borné aux grandes lignes, à m'avertir que sa mère était malade et à me montrer toute l'admiration qu'il ressentait pour son père.
- Justement, jeune homme, que croyez-vous qu'il se passera quand Drago apprendra la vérité car il le saura tôt ou tard. Tout finit par s'ébruiter ici.
- Mais, vous…
- Non, rassurez-vous, ce n'est pas moi qui lui annoncerai la bonne nouvelle et ce n'est pas la peine de me remercier. Si je n'ai encore rien dit à Drago, c'est pour ne pas le faire souffrir inutilement. De toute manière, il n'y aura rien à signaler car il est hors de question, vous m'entendez bien, hors de question que vous continuiez votre petit jeu avec Lucius, Monsieur Potter.
- Mais je… Vous ne pouvez pas m'empêcher de voir Lucius. Je tiens à lui, c'est la vérité, il vous l'a sans doute dit déjà ce matin.
- Je suis persuadé que Lucius le croit vraiment mais en ce qui me concerne, jeune homme, je sais qu'il a tort.
- Je…
- Qu'espériez-vous donc ? Vous ne venez de nulle part et je devrais croire à votre attachement sincère pour Lucius, au bout d'une simple semaine.
- Je n'en sais rien… »
Harry avait comme un goût amer au fond de la gorge, il sentait ses yeux piquer et il avait peur d'éclater en sanglot devant l'autre homme. Il continua cependant sur un ton quasi suppliant.
« La seule chose que je sache, c'est que je suis vraiment très attiré par Lucius depuis le premier jour et lui aussi, je vous assure que je ne voulais pas le provoquer ou quoi que ce soit d'autre, je n'ai rien cherché, c'est…
- Plus fort que vous. Lucius m'a exactement dit la même chose ce matin. »
Quand il entendit cet aveu, Harry avait souri malgré lui, Lucius était exactement comme lui et cela le ravissait. Malheureusement le regard peu amène de Severus assombrit la fraction d'espoir.
« Et que faites-vous de Drago dans ce charmant tableau ?
- Mais il n'y a plus rien entre Drago et moi, enfin si, c'est un ami très proche mais ça ne va pas plus loin.
- Vous êtes quelqu'un de très surprenant, Monsieur Potter, quelqu'un de très ouvert, vous embrassez passionnément vos amis puis les parents de vos amis en à peine une demi-heure, je suis très impressionné. »
La voix de Severus Snape avait du mal à cacher le sarcasme.
« Mais c'est vrai, je… Il n'y a plus rien entre Dray et moi, vous l'aviez bien compris le soir de votre arrivée.
- Peut-être mais ce matin, ce n'était pas une invention de mon esprit, vous aviez l'air TRES PRO-CHES… »
Severus détachait parfaitement chaque syllabe pour mettre encore plus mal à l'aise le jeune homme qui n'en menait pas large. Il avait ses fines lèvres pincées et ses yeux lançaient des éclairs. Harry n'eut pas le temps de réfléchir, il répondit instinctivement, par réflexe.
« Et c'est pour ça qu'il est en ce moment même avec Remus Lupin dans des écuries…
- Qu'est-ce que Remus à avoir dans l'histoire ?
- Même si je ne sais trop ce qu'ils font, vous pouvez me faire confiance, à mon avis, c'est tout sauf de l'équitation. »
Harry se mordit la lèvre inférieure et prit une jolie teinte carmine sur l'ensemble du visage quand il vit l'expression de Snape, le jeune brun s'était laissé emporter et avait beaucoup trop dit. Il n'était pas convaincu que Drago soit très ravi d'apprendre qu'Oncle Sev soit à présent, au courant de la situation.
« Dray va me tuer !
- Pourquoi ? Parce que quand il entendra toute cette histoire, il comprendra qui vous êtes et que vous êtes capable d'inventer n'importe quel mensonge pour vous dédouaner de toute responsabilité.
- Ce n'est pas vrai. Je n'ai dit que la vérité. Drago est très intéressé par Remus et c'est réciproque d'après les dires de Dray ! Je ne vous demande pas de me croire, en vérité, je m'en contrefous totalement !
- Il est impossible que…
- Que quoi ! Que vos deux meilleurs amis soient en train de fricoter avec des gamins qui ont la moitié de leur âge. Désolé de vous décevoir ! Enfin je suppose que c'est différent pour Drago que vous devez considérer probablement comme votre propre fils. Lui ne peut pas profiter de la situation financière de Remus, n'est-ce pas ? Non, lui, c'est un gentil garçon, il n'a fait que me demander de faire croire que j'étais de nouveau avec lui pendant une ou deux journées car il voulait que Monsieur Lupin lui fasse des avances. C'est très…
- Drago !
- J'aurais dit tordu, enfin…
- Et Lucius le sait ?
- Non, je lui ai juste avoué que je ne couchais plus avec Dray. Pour le reste, ce n'est pas à moi de lui dire, cela ne le regarde pas vraiment, son fils est assez grand pour décider avec qui il veut coucher, me semble-t-il.
- Et qu'il puisse croire à juste titre que vous mentiez, que vous couchiez toujours avec son fils ne vous a même pas effleuré l'esprit et ne vous gêne pas !
- Ca suffit. Je vous l'ai déjà dit, JE NE MENS PAS ! Je ne suis pas ce que vous vous plaisez à croire, je ne suis pas un gigolo, ni un gamin sans cervelle qui veut briser une famille. J'aime Lucius.
- Vous quoi ? »
Le garçon rouge de honte s'enfuit de la bibliothèque en courant, laissant Severus Snape stupéfait.
A suivre…
Et si vous avez le temps une tite review siouplé, merci d'avance.
Au fait ça fait longtemps mais n'oubliez pas d'aller les histoires de lilywen ma bêta, vous ne le regretterez pas.
