Bonjour à tous,
Je tiens à m'excuser du retard, j'ai trouvé une bêta (pour le plaisir de vos yeux) et on doit apprendre à travailler ensemble dans les temps!
Soyez indulgent, on essaye de faire au mieux pour vous! (Surtout que nous sommes toutes 2 en périodes d'examen)
Je tenais à vous remercier pour toutes vos reviews qui me font vraiment plaisir.
J'ai pris en considération un GROS détail qui joue sur la compréhension de l'histoire. Quand j'ai commencé cette FF il y a des années, je ne savais pas que j'allais la continuer, et j'ai choisi le nom de Rose car je l'aimais, mais cela peut vraiment porter à confusion avec Rosalie.
J'ai donc décidé de le changer pour Lucy.
Je sais, c'est perturbant, mais c'est mieux pour tous je pense!
Bonne lecture.
Le voyage jusqu'à Portland n'avait duré que deux heures, et le plus long de la route allait se faire en voiture. Rosalie tenait à garder leur destination secrète le plus longtemps possible mais elle assurait que c'était un petit havre de paix. Lucy comme toujours en auto s'était endormie. Toutes les heures, elle ouvrait les yeux, demandait s'ils étaient bientôt arrivés ou se plaignait de sa vessie puis elle sombrait dans le sommeil quelques secondes plus tard.
Bella essayait de garder son esprit concentré sur tout autre chose que la vie qu'elle laissait derrière elle. A vrai dire, elle angoissait. Elle avait peur que Royce ne la laisse jamais partir, qu'il soit toujours dans son ombre, qu'il fasse du mal à ceux qu'elle aime. Mais elle avait aussi peur de la vie sans lui. Il avait été là pendant des années, c'était un repère dans son existence. Il avait payé tous les soins de son accouchement, il avait acheté tout ce dont Lucy avait besoin, il ne les avait jamais laissé dans les galères financières et n'avait jamais rien demandé en contrepartie. Et bien qu'elle sache qui était véritablement Royce, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que sans lui, elle ne serait plus là. Elle ressentait une sorte de gratitude. Il était peut-être la pire des ordures avec elle mais il avait permis à Lucy de vivre comme une petite fille. Il ne l'avait jamais touché, ni élevé le ton sur elle. Pouvait-elle oublier tout ça et reprendre une vie en main ?
Rosalie commençait à se trémousser, comme un enfant impatient d'arriver. « On y est ! » s'exclama-t-elle en passant devant le panneau annonçant Forks. Quelques secondes plus tard, Emmett s'engageait dans un chemin en terre qui faisait trembler le corps des trois filles. Bella serra les dents, tous les muscles de son corps hurlait de douleur, elle n'avait qu'une hâte, sortir de cette voiture et se dégourdir les jambes malgré les bandages. Lucy se réveilla à cause de ce remue-ménage et sauta sur son siège comprenant que la fin du voyage était là.
Après une dizaine de minutes, ils arrivèrent devant une très grande maison à l'aspect atypique. L'architecture était faite de bois brut et les matériaux avaient été gardé à l'état pur. Bella n'avait pas le temps d'admirer la beauté de la maison, que Lucy avait déjà détaché sa ceinture et sauté de la voiture, suivi rapidement d'Emmett qui la rattrapa et la jeta sur son épaule. Rosalie et Isabella ne purent que rigoler devant ce spectacle. « Cette maison est magnifique. » souffla la jeune mère. Rosalie acquiesça et l'invita à découvrir l'intérieur. Elles entrèrent laissant derrière elles les deux enfants qui jouaient de le jardin. Isabella tomba amoureuse de la décoration. Tout dans la maison était fait des matériaux bruts qui avait été remis au goût du jour grâce à un coup de peinture ou des associations d'idées inédites.
Le canapé du salon avait été fait dans une ancienne baignoire qui avait été coupé et dans laquelle avait été glissé une banquette et de nombreux coussins. La télévision elle, avait été encastré dans le mur et délimité par des bandes de peintures sur celui-ci. Ce n'était que des exemples, mais tout dans cette maison était atypique. Chaque détail avait été recherché, travaillé, rien n'était fait au hasard.
Rosalie lui fit visiter le rez-de-chaussée, composé d'une cuisine, d'une grande pièce à vivre et d'une véranda qui donnait sur l'immense jardin. Dans une pièce attenante à la maison, une piscine couverte très lumineuse dont le toit était fait de vitres de différentes couleurs donnant toute une atmosphère à la pièce. Les rires enfantins se firent entendre derrière elles et Rosa arriva en courant dans les jambes de sa mère. Elle se cachait derrière, évitant Emmett. Elle ne lui prêta plus d'attention, absorbée par la piscine. Elle se mit à sautiller de choix en tirant sur la main de sa mère pour aller se baigner. Bella rigola et fit promettre qu'elles iraient faire un saut quand ils seraient installés. « Emmett, mon amour, va chercher nos valises, je montre l'étage aux filles. »
Emmett s'exécuta tandis qu'elles montèrent les escaliers près de la véranda. Le premier étage était composé d'une grande chambre avec une salle de bain attenante. En face, une grande bibliothèque tapissait les murs d'un côté, de l'autre, une cdthèque. Un peu partout avait été disposé des fauteuils simples ou doubles dans des tons jaunes vieillis et verts. Isabella laissa sa main courir sur les nombreux livres, des étoiles plein les yeux. Elles passèrent à l'étage suivant, Lucy voulant découvrir sa chambre. Elle ne fut pas déçue, une chambre d'enfant avait été aménagé dans l'esprit de la maison. Le lit en hauteur donnait l'impression d'être une cabane dans les arbres. Lucy partit à la découverte de cet univers et ne voulut pas découvrir le reste. Rosalie entraîna Bella dans sa chambre, plus petite que celle du dessous, mais plus chaleureuse. Le lit deux places était face à une baie vitrée qui donnait sur la forêt. Les couleurs étaient douces, dans des tons ocres. Tout ce qu'elle aimait.
« Rosie ! J'ai allumé le chauffage, l'électricité et j'ai monté nos bagages. » cria Emmett.
« C'est bien Emmett, tu peux monter les affaires de Bella, je ne pense pas qu'elle puisse !
- Mais bien sûr, tout pour notre Bellie-Belle. »
Isabella sourit et demanda à s'allonger un peu, ses muscles criant de douleur. Rosalie sourit et balaya sa joue d'un revers de main. « Je te ramène des draps et je te laisse te reposer, je tiendrai Emmett à l'écart. »
Celui-ci arriva à ce moment, un grand sourire et réclama, bien évidemment, un câlin de Bella et un bisou de Rosalie en échange de tous ses services rendus. Isabella se laissa aller dans les bras du géant, pour une fois, il était reposant. Il embrassa le haut de sa tête avec délicatesse, un moment inédit. « Je t'aime Bella, on va prendre soin de toi. » Ces simples mots suffirent à mouiller les yeux de la mère qui serra Emmett avec son bras valide un peu plus fort. Lorsqu'il la relâcha, il ré-essuya ses yeux avec ses grandes mains et l'installa sur le bord du lit. Rosalie avait pris soin de le faire, leur laissant un instant d'intimité. « Alors on va te laisser dormir un peu, n'hésite pas à appeler surtout. » son amie.
Isabella resta assise, à fixer ses valises. Puis, elle se rendit compte. Elle était partie. Loin de Royce, de Santa Barbara. Elle était libre. Ce sentiment était à la fois grisant et apeurant. Elle était seule. Rosalie et Emmett était là, mais ils n'étaient pas ce que Royce avait été. Ses yeux s'humidifièrent, et elle ne put retenir les larmes. Les joues inondées, elle ouvrit ses valises et installa ses vêtements dans l'armoire. Elle prit son pyjama et sa trousse de toilette et se dirigea vers la salle de bain attenante pour se déshabiller.
Quel choc de se voir dans un miroir. Elle avait aperçu son reflet dans la vitre de la voiture et les fenêtres de la maison, mais elle n'avait pas vu son corps depuis l'incident. La femme faisait peur à voir. Non seulement elle avait perdu du poids, mais son corps était orné de bleus qui commençaient à s'estomper par endroit. Ses points de suture au niveau de l'arcade avaient commencé à cicatriser, ses bleus sur le visage étaient ceux qui avaient le mieux guéri. Son épaule allait être en écharpe pendant encore une dizaine de jours, sa cheville bandée encore une quinzaine de jours. Bella avait aussi reçu des points de sutures au dessus de sa hanche, le bas de son dos et en dessous de la clavicule. Avec un peu de chance, les cicatrices ne se verraient pas trop, mais elles étaient plutôt sévères car très larges. Ses yeux se remplirent encore, où était la jeune Bella ? La belle Bella ? Cette femme sûre d'elle, confiante et qui ne se laissait pas faire ? Comment avait-elle pu en arriver là ?
Isabella cacha ses larmes en se nettoyant le corps au gant de toilette, puis se brossa les dents avant d'enfiler son shorty et un débardeur large. Elle se dirigea ensuite dans son lit et tomba dans le monde des rêves avant même de toucher l'oreiller.
Les rires étaient partout. Alice se tenait face à elle, ses cheveux noirs jais en bataille, les yeux vifs. Elle pris sa main et l'entraîna en courant dans la forêt. Sa poigne était ferme, elle savait où elle allait et parvenait à éviter les obstacles aisément. « Dépêche-toi Bella, ils vont nous rattraper ! » rigola-t-elle. La femme accéléra le pas, sentant qu'elles étaient suivies. « Tu ne m'échapperas pas Isabella » fit une voix familière en accentuant les L. Elle paniqua, passant devant Alice et lui faisant augmenter le mouvement. Elle était paniquée, la forêt s'était subitement assombrie, et les ombres l'agressaient. Les rires mesquins étaient partout. Alice trébucha et disparu en quelques secondes. Lorsque Bella se retourna, elle ne vit pas son amie, mais sa fille, dans une petite robe de couleur, ses mains jointes sur son ventre, le visage qui les regardait et ses longs cheveux cachait son visage. Elle se précipita sur Lucy qui tomba à l'instant ou sa mère posa sa main sur ses épaules. Une mare de sang s'écoula de son ventre à l'instant où ses mains glissèrent, inertes, au sol. Sa mère poussa un cri de douleur avant d'appuyer sur l'hémorragie de sa petite et en l'allongeant au sol. « Non, non, non, ça va aller mon bébé, sois courageuse, maman est là, écoute maman, respire. » paniquait-elle. Les grands yeux mornes de la blessée la fixèrent en chuchotant « C'est de sa faute Bella, fuis ! » Elle leva les yeux et tomba sur Royce qui la dévisageait, les mains en sang, les cheveux en furie, et le regard... tellement noir. Elle secoua la tête en berçant le corps de sa fille. Elle voulait retenir ses larmes, mais ce fut vain. Une boule bloquait dans sa gorge, sa tête tournait à force de retenir sa respiration. Une ombre s'avança derrière, et écarta le corps de Royce. Bella hoqueta à la vue de ce revenant. Edward s'avança vers elle, prit le corps de Lucy et la fixa dans les yeux. « C'est de ta faute Bella, tu as fui. » Il parti entre les arbres, la laissant face à son pire cauchemar qui s'avançait vers elle.
Bella se réveilla en sueur, le cœur battant la chamade. Un corps chaud était glissé contre elle et elle reconnut tout de suite sa fille. Elle ne put s'empêcher de la serrer dans ses bras essayant de ne pas la réveiller. Le temps de prendre conscience que tout allait bien, que Lucy était dans ses bras, son corps avait ralenti et elle se leva le plus discrètement possible. La nuit était tombée, elle avait du dormir au moins deux heures. Elle enfila un sweat par dessus son débardeur, le chauffage n'ayant pas encore complètement réchauffé la maison. En sortant de la chambre, elle prit soin de laisser la porte entrouverte et la lumière du couloir allumée. En se dirigeant vers la bibliothèque, elle surprit une conversation entre Emmett et Rosalie.
«... Pas sûr qu'elle pourra guérir un jour, elle a subi tellement, pendant plus de quatre ans... » fit son ami.
« Elle peut le faire, on va l'aider du mieux qu'on peut. Quand physiquement elle ira mieux, nous nous occuperons du reste. Il faut qu'on prenne les choses comme elles viennent, laissons le temps faire, nous nous adapterons. » répondit Rosalie.
« Je voudrais lui faire la peau, ce n'est qu'une ordure. Elle est si gentille, on dirait une poupée toute fragile, comment on peut lever la main sur une femme Rosie ? »
Bella ne voulut en écouter plus et s'installa dans la bibliothèque après avec lancé un cd dans la chaine-hifi. Quand Chopin se mit à résonner dans la petite pièce, elle saisit un livre au hasard et le commença. Son pied se tortillait seul au rythme des mélodies qui défilaient. Ce fut un moment de plénitude intense, qui lui rappelait, par bien des aspects, son passé. Mais un bon passé, les moments agréables. Ces moments auxquels elle n'avait plus pensé depuis des années. Se souvenir était douloureux, le retour sur Terre l'était bien plus encore.
A peine avait-elle eu le temps de se détendre, que Lucy arriva toute essoufflée dans la chambre, le téléphone de Bella dans la main en s'exclamant « Maman, maman, tonton Royce a essayé d'appeler plein de fois ! » Et c'est avec horreur qu'elle découvrit les nombreux appels et sms de son ex compagnon.
