Coucou tout le monde, après une longue absence, je mme suis pas mal consacrée à mes autres fics et puis j'avoue avoir eu un manque d'inspiration pendant longtemps. La suite est enfin là et j'espère que malgré tout, vous l'apprécierez.

La dernière fois, Lucius avait annoncé officiellement le départ de Narcissa et Harry était très perdu. Que devait-il faire ? Qu'est-ce qui aller se passer à présent ? Toujours est-il que nos deux héros n'ont pas fini la nuit ensemble…

Merci pour toutes vos reviews et à bientôt.

Bonne lecture…

Chapitre 14 : Le piano

Harry dormit très mal, cette nuit-là, après avoir repoussé Lucius, il se sentait totalement perdu. Il aurait voulu traverser le couloir et frapper à la porte de la chambre du Maître des lieux pour se réfugier dans les bras du Lord mais quelque chose l'en empêchait. En vérité, tout au fond de lui, il était persuadé d'avoir fait le bon choix en ne finissant pas dès ce soir dans le lit de Lucius. Tout allait vite, beaucoup trop vite à son goût, tous ses sentiments étaient mélangés, mêlés. Etait-ce du désir, une passion passagère ou de l'amour, comme il avait dit à Severus ? Finalement, sur les coups de cinq heures du matin comme le sommeil avait décidé apparemment de fuir définitivement Harry et ne pouvant plus rien faire d'autre, le jeune homme se leva et se dirigea droit vers sa chemise où il conservait ses différentes esquisses. Le brun souffla profondément lorsqu'il défit le lien qui fermait le carton à dessin et regarda avec attention ses derniers croquis. Il ne les trouvait pas spécialement réussis, le trait de crayon n'était pas assez précis, il semblait à Harry que n'importe qui pourrait voir rien qu'aux dessins toute la fébrilité, toute la tension qu'il avait ressenties ces derniers jours. Harry s'attarda finalement un peu plus longtemps sur un vieux portrait de Drago qu'il avait peint dans la salle qui lui était réservée à Poudlard. C'était l'une de ses esquisses préférées. En effet, contrairement à d'habitude, il avait réussi à capter l'intensité du regard du blond qui fixait avec concupiscence le jeune peintre, par-dessus le livre qu'il était sensé lire.

Harry sourit, il se souvenait avec précision de cette séance de pose plus que fastidieuse. C'était un dimanche après-midi pluvieux. Le match de tennis de Drago avait été annulé ce jour-là, au grand désespoir du blond qui s'était ainsi retrouvé enfermé avec son ami pendant le reste de la journée. Le blond avait accepté de poser pour le jeune artiste, après bien des tergiversations, il avait en tête d'autres projets assez inavouables. Durant cette séance, Drago n'avait pas eu de cesse de bouger en tout sens et de multiplier les propos scabreux et autres avances, comme lors de la dernière fois où le blond avait posé pour le peintre, dans la bibliothèque, le lendemain de leur arrivée au Manoir. La séance s'était d'ailleurs terminée à peu près de la même façon, Drago à bout de patience s'était jeté sur le petit brun qui s'était alors très vite laissé aller dans les bras de son ami. Avec lui, Harry oubliait tout et ses journées paraissaient beaucoup moins longues et pénibles. En observant ce regard complice et joueur, Harry se posait mille questions. Jusqu'au début de ses vacances, Harry avait toujours été franc avec Drago, bien sûr il avait caché une partie de son passé à son ami mais il n'en avait jamais parlé avant à quiconque, ni à Ron, ni à Hermione, ni même à Sirius durant les quelques mois où ils s'étaient côtoyés et Harry se disait souvent qu'il n'en parlerait jamais à personne de toute façon, tout cela s'était passé il y a tellement d'années. Mais jamais le brun n'avait menti avant à Drago et le fait de taire son 'aventure' avec le Lord le mettait de plus en plus mal à l'aise, peut-être devrait-il rejoindre son ami sur l'instant et tout lui avouer. Le blond comprendrait peut-être et puis Harry ne pouvait s'empêcher en voyant ses yeux gris, respirant la joie de vivre de se sentir responsable du départ de la mère de Drago pour Londres et de la séparation de ses parents. En acceptant l'invitation du blond, il y avait participé, Lucius avait eu beau le rassurer cette nuit en lui répétant qu'il n'avait rien à voir avec la décision de Narcissa, il n'en était pas du tout persuadé, bien sûr que Drago ne lui avait pas caché que sa mère était très fragile psychologiquement et que cela datait de bien avant sa venue, il n'en demeurait pas moins que Narcissa l'avait fui depuis son arrivée au Manoir et qu'à présent elle fuyait le château tout court.

Harry préféra laisser ce dessin de côté, il avait trop l'impression que le regard du blond le poursuivait et lui rappelait tout le mal qu'il faisait à cette famille. Le brun tourna alors les feuilles de papier. Lorsqu'il tomba sur le portrait de sa meilleure amie, il soupira, Hermione était toujours de si bon conseil, elle, elle saurait ce qu'il devrait faire et puis ses yeux intelligents et son sourire si franc et naturel lui manquaient. Harry n'avait aucune nouvelle de la petite brune aux cheveux ébouriffés depuis le début des grandes vacances et il avait hâte de la revoir. Le jeune artiste ne se faisait pas de souci cependant, il savait pertinemment qu'elle était partie avec le reste de la famille de Weasley en voyage et qu'elle devait être aux anges au milieu des champs de pyramides et autres vestiges archéologiques. Harry continuait à tourner lentement les dessins, à chaque fois, il se laissait envahir par les mêmes sensations que le jour où il les avait fait et il adorait ressentir tout cela de nouveau, le vent sec et froid d'hiver brûlant ses joues lorsqu'il représentait Poudlard, la joie qu'Hermione accepte de se laisser croquer et surtout le désir et l'envie face au Lord. Harry regardait à présent, avec attention l'esquisse du Lord près du lac. Le brun était persuadé que c'était l'un de ses dessins les plus réussis même si pour l'instant, il n'était pas achevé. Tout ce qu'il avait voulu montrer transparaissait de chaque trait, de chaque ombre. Le regard de Lucius brillait de mille éclats et sa façon d'être à moitié allongé, avec une chemise blanche en lin, aux premiers boutons savamment détachés, une cigarette tenue avec nonchalance, tout dans ce portrait inachevé dégageait une sensualité folle. Harry secoua la tête, vu la direction que leur relation avait prise ces dernières vingt-quatre heures, le Lord changerait peut-être d'avis et accepterait éventuellement de reprendre les séances de pose avec lui. Le jeune artiste avait particulièrement envie de continuer et d'achever ce dessin et même si c'était possible, d'en faire d'autre, il s'imaginait déjà représentant Lucius assis sur le fauteuil de la bibliothèque, lisant son exemplaire de sonnets de Shakespeare ou bien le Lord attelé à son travail dans son bureau.

Harry était parti s'allonger de nouveau sur son lit en ramenant avec lui tout son matériel de dessin, il mourait d'envie de commencer un nouveau dessin, en attendant de pouvoir dessiner celui qui le fascinait tant. Après quelques minutes de réflexion, le jeune artiste finit par prendre un fusain en main et commença à dessiner sur l'une des grandes feuilles vierges même s'il ne savait toujours pas quoi représenter, il préférait laisser aller son esprit, en général, ses meilleures esquisses étaient apparues lors de ces séances de dessin compulsif, comme il les appelait. La journée qui s'annonçait risquait d'être particulièrement éprouvante avec le départ de Narcissa, assombrissant et alourdissant un peu plus l'atmosphère du Manoir, Harry appréhendait ce qui allait se passer dans quelques heures lorsqu'il se retrouverait face aux autres habitants, il aurait voulu représenter quelque chose de joyeux, d'apaisant et de reposant mais rien ne lui venait en tête. Il se lança alors sans même y réfléchir, très vite, il réalisa que les contours incertains prenaient la forme d'un visage d'enfant. Après une seconde, il savait que ce n'était pas n'importe quel enfant, c'était lui, alors qu'il n'était encore qu'un gamin. Le seul bruit en cette chaude nuit d'été était la pointe du fusain qui grattait d'abord lentement le papier blanc. Au fur et à mesure, le jeune artiste accéléra le mouvement. Après une dizaine de minutes, Harry finit par s'arrêter pour voir ce qu'il avait produit. Rien ne lui plut, le trait n'était pas assez précis et surtout, il n'aimait pas se revoir jeune, âgé de huit, dix ans, il ne lisait que tristesse dans ce regard qui aurait dû normalement respirer la joie et l'innocence. Sous le coup de la colère, Harry chiffonna la feuille qu'il jeta violemment à terre tandis qu'un cri d'insatisfaction franchissait ses mâchoires serrées. Son esprit s'évada, il repensait à cette autre époque, pendant son enfance. Jamais encore, il n'avait peint cette sombre partie de lui, c'était la première fois et les résurgences de ce temps révolu lui donnaient la nausée, il avait terriblement envie de pleurer.

Harry ne s'arrêta pas après cet échec, il prit une nouvelle feuille et à nouveau se laissa envahir par ses souvenirs d'antan. Tout d'abord, les premiers traits épais étaient assez droits, presque durs, sombres, les pieds d'un meuble, mais ce n'était pas une table, puis une alternance de rectangles noirs et blancs, plus ou moins grands, une ellipse, retenue par un nouveau trait. Harry réalisa qu'il venait de dessiner un piano à demi-queue, mais pas n'importe lequel, c'était le superbe piano des Dursley, le meuble qui régnait en maître dans la maison de son oncle et sa tante, Vernon en avait hérité de sa mère. Harry avait tant détesté cet objet qu'il n'avait pas le droit de toucher, ni même d'approcher à moins d'un mètre. Il se souvenait de ses huit ans quand Dudley avait le droit de jouer avec l'instrument de musique tandis qu'Harry se retrouvait enfermé dans le placard à balai qui lui servait de chambre. Il se rappelait également de la première fois où ses doigts avaient frôlé les touches du clavier, c'était un peu comme le premier jour où il avait dessiné, il s'était senti léger, heureux et la suite n'en fut plus que douloureuse et désastreuse. Alors que des scènes de son enfance défilaient devant lui, il avait continué le dessin, il avait représenté à côté de l'instrument une silhouette droite, immense, sombre, effrayante, une main longue, pâle posée sur le piano comme s'il lui appartenait. Cette silhouette planait sur le dessin, tel un ange apportant le malheur, du visage longiligne de trois quarts, transperçaient deux yeux sombres, intenses. Les flashs de ce passé tant redouté se bousculaient, il se revoyait enfant de huit ans, pleurant et hurlant et personne pour l'aider, pour le secourir, Harry repoussa le dessin au loin et se coucha de nouveau, serrant contre lui son oreiller. Et ce n'était plus le petit enfant transi de peur et de froid qui pleurait à présent mais lui, adolescent, allongé sur un lit immense, bien trop grand pour lui. Il avait si froid. Harry se laissa aller ainsi, le seul bruit était celui de sa respiration entrecoupée par des sanglots forts et bruyants. Il n'en eut pas vraiment conscience mais la fatigue eut le dessus et il sombra dans un sommeil peuplé d'ombres malfaisantes et d'enfants en larme. Ce n'était que bien des heures plus tard, alors qu'il se débattait entre ses draps défaits, qu'Harry entendit quelqu'un frapper contre la porte de sa chambre. Le jeune homme dit d'une voix grave et embrumée 'Tu peux entrer', ce ne pouvait être que son ami qui venait le taquiner pour n'importe quelle raison à une heure aussi matinale. La surprise ne fut que plus grande lorsqu'il vit pénétrer Lucius. Le jeune homme se redressa à la vue de cet homme en costume gris, parfait, absolument. Il ne se sentit qu'encore plus gêné quand il vit le regard acier du Lord posé sur lui, et lentement glisser long de son corps, alors qu'il n'était vêtu que d'un caleçon trop large et un vieux tee-shirt déchiré.

« Lucius… »

Aussitôt que le Lord entendit Harry l'appeler ainsi, le Lord ferma la porte qu'il n'avait que repoussée. Cette petite voix douce et encore endormie était d'une telle sensualité.

« Bonjour, Harry. Je suis désolé, mais je croyais que tu étais déjà levé à cette heure de la matinée. Tu m'avais dit que tu avais toujours de grandes difficultés à dormir la nuit.

- Je… je… Quelle heure est-il exactement, s'il te plaît ?

- Oh, seulement sept heures trente mais Narcissa a décidé de partir vers neuf heures et je voulais que tout le monde soit là, pour le petit-déjeuner, pour Drago. Apparemment, il a tout fait pour faire changer sa mère d'avis hier soir mais sans grand succès et malgré ce qu'il va dire, je suis persuadé qu'il aura besoin du soutien de tous et en premier lieu du tien.

- J'arrive tout de suite, je prends une douche et je descends. »

Harry s'était levé aussitôt, par réflexe, il avait passé le revers de sa main sur ses joues pour être sûr que plus aucune larme ne coulait. Ce geste n'échappa pas à Lucius qui s'avança vers le jeune homme.

« Harry, est-ce que ça va ?

- Oui, bien sûr. »

Le Lord s'était rapproché du brun et avait pris entre ses doigts le menton du peintre qui avait le regard baissé et le releva de sorte que leurs yeux se rencontrent.

« Est-ce que c'est à cause d'hier soir ?

- Non, vraiment, je fais parfois des cauchemars et cette nuit a été particulièrement difficile.

- Ce n'était qu'un cauchemar, Harry. »

La voix de Lucius s'était faite douce et réconfortante et quand elle se tut, le Lord descendit dans un mouvement lent son visage vers celui de son invité. Ses doigts glissèrent le long de la joue puis la bouche de Lucius finit par s'unir à celle du jeune homme dans un tendre baiser léger comme une plume. Cela ne dura guère plus d'une seconde mais Harry se perdit dans cette douce chaleur et semblait avoir oublié ses cauchemars et tout ce qui devait se passer aujourd'hui. Quand Lucius recula son visage, Harry aurait voulu prolonger le contact mais il fit en sorte de ne pas le lui montrer.

« Je ferai mieux d'aller me préparer avant que tout le monde ne soit descendu.

- Très bien, Harry. »

Par hasard, le regard du Lord se posa sur le dessin qu'Harry avait abandonné au bout du lit. Il attrapa le morceau de papier et le regarda avec attention. Il n'aurait su exactement expliquer les raisons mais alors que le dessin ne représentait qu'un simple piano et une vague silhouette, il se dégageait une réelle noirceur et presque de la peur, si loin de la douceur et la chaleur des autres dessins d'Harry que Lucius avait déjà vus. Harry tenta d'arracher l'esquisse des mains du Lord mais le blond l'en empêcha.

« Qu'est-ce que c'est ce dessin, Harry ?

- Rien de bien important, j'ai dessiné ce qui me passait par la tête.

- Tu es sûr ? Tu avais pourtant l'air de ne représenter que des choses qui existent vraiment, non ?

- Je…

- Harry, je vois bien que ce n'est pas n'importe quel piano, il est beaucoup trop réel, on devine presque chacune des touches et le logo de la marque.

- C'est… c'est le piano de mon oncle. J'y ai juste repensé cette nuit.

- Pourquoi ? Pourquoi as-tu représenté cet instrument ?

- Je… Je ne sais pas trop, je ne l'avais jamais dessiné avant.

- Et la personne à côté du piano, est-ce ton oncle ?

- Non, non pas du tout, en fait, mon oncle ressemble plus à un cachalot sur patte.

- Qui est-ce alors ?

- Personne en particulier… »

Harry semblait vraiment très gêné, presque sur la défensive, il s'était même éloigné en direction de la fenêtre. Cependant, Lucius n'avait aucune envie de laisser le petit brun s'en sortir si facilement, il se sentait beaucoup trop mal à l'aise avec ce dessin et il devait y avoir une raison. Le Lord laissa le croquis tomber à terre et suivit le jeune homme qui se tenait devant la vaste baie donnant sur le balcon, il enserra par derrière l'adolescent, son torse contre le dos d'Harry. Avant de parler à nouveau, l'aristocrate se contenta d'abord de bercer le jeune homme qui paraissait perturbé. Ses mains commençaient à glisser doucement sur le ventre du jeune homme, Lucius déposa simplement ses lèvres sur la peau fine et fragile de la nuque d'Harry.

« Mon ange, tu peux me faire confiance, tu le sais ?

- Oui, bien sûr, Lus.

- Alors, dis-moi qui est cet homme. Cette esquisse ne ressemble pas à tes autres dessins, c'est tellement sombre, malfaisant.

- Tu te trompes. Ce doit être simplement le contrecoup à mon cauchemar, n'y vois rien d'autre. »

Le Lord fit lentement retourner le brun dans sa direction, ne put résister à ces émeraudes si tristes, ses lèvres firent le chemin du cou à la bouche de l'artiste, le baiser fut cette fois, plus exigeant et profond comme la nuit dernière. Lucius poussa Harry assez rudement contre la baie vitrée, le jeune homme se laissait faire, s'abandonnant à l'étreinte du Lord, le blond semblait vouloir reprendre là où il s'était arrêté la veille. L'aristocrate avait fait passer ses mains sous le tee-shirt du jeune homme et il commençait à caresser le torse d'Harry avec avidité, sa peau douce et délicate le fascinait à chaque fois un peu plus, comme une drogue. Lucius savait qu'il ne devrait pas faire cela, Harry était l'ex petit ami de son fils depuis si peu de temps et en plus, le petit brun semblait totalement perdu en ce moment, les yeux cernés, rougis d'avoir trop pleuré mais il était aussi exactement ce dont il avait envie et besoin et il ne savait comment résister à la tentation de ce doux jeune homme. Le tee-shirt d'Harry traînait à présent à terre, il n'était plus vêtu que de son caleçon trop large, qui tombait bas sur les hanches. Le jeune homme se laissait aller, il avait posé ses mains sur les épaules du Lord comme pour se retenir tandis que l'aristocrate continuait l'exploration de ce corps jeune et parfait. Les doigts longs et habiles du blond étaient prêts à passer sous l'élastique du sous-vêtement. Le brun avait l'impression de mourir à chaque fois que les lèvres parcouraient son corps, il ne pouvait plus que bégayer des mots sans suite logique entre deux baisers.

« Lus… Lus… Je… Dois… Douche… Les… Autres…

- Ha… Harry… Oui... C'est vrai. Vas-y. »

Le lord s'était détaché du plus jeune avec difficulté, essuyant ses lèvres d'un revers de la main. Il regrettait son emportement. Il y a à peine quelques heures, le jeune homme lui demandait du temps car il se sentait perturbait par tout ce qui se passait et le dessin de cette nuit laissait entrevoir encore d'autres problèmes et lui ne parvenait pas à se maîtriser. Pour la troisième fois, si le petit brun ne l'avait pas arrêté, il ne se serait pas certainement interrompu.

« Je suis désolé, je n'aurai pas dû, Harry.

- Ce n'est pas que je ne veux pas… Lus, c'est que…

- Je sais, ne t'en fais pas. Tu n'as pas à te justifier et tu as totalement raison, le départ de Narcissa n'est que dans quelques heures. Je vais descendre, tu n'auras qu'à nous rejoindre plus tard dans la salle à manger quand tu auras fini. Je t'y attendrais, mon ange. »

Lucius ramassa le tee-shirt blanc qui gisait à terre et il le rendit à son propriétaire, il en profita pour que sa main caresse et remonte le long du bras du jeune artiste qui trembla à ce doux contact. Harry se mit sur la pointe des pieds et avança doucement vers le visage du Lord. Ce fut lui qui initia un baiser léger et volatile. Il susurra d'une voix basse, à peine audible :

« Lus, ne t'inquiète pas, tu ne me forces en rien, je te désire et je te jure que je suis impatient de faire l'amour avec toi. Alors n'aie pas de regret, j'adore quand tu te comportes comme ça avec moi… C'est… J'existe enfin grâce à toi, vraiment.

- Harry, qu'est-ce que tu veux dire ? Tu existes, tu es même la plus belle âme que je connaisse, mon ange.

- Lus… Je… je te rejoins.

- Je comprends mais un jour ou l'autre, il faudra que tu me le dises, que tu me fasses confiance.

- Je suis désolé. »

Sans même que Lucius ait le temps de réagir, Harry s'était échappé de la prise de l'adulte et s'était enfermé dans la salle de bain attenante. L'aristocrate était de plus en plus perdu et perplexe, Harry avait parfois des réactions assez incompréhensibles. Que s'était-il donc passé pour qu'il soit si perturbé ? Etait-ce leur relation, le départ de Narcissa, un événement passé ?

Lorsque Harry entra quinze minutes plus tard dans la salle à manger, l'atmosphère était loin d'être à la joie et à la bonne humeur, tout le monde était déjà à table même Narcissa qui semblait encore très nerveuse, son regard glissait de Severus à Remus et à présent, la mère de Drago fixait Harry depuis son entrée dans la pièce et ne le lâchait plus du regard comme s'il risquait de l'attaquer à tout instant. Force était d'admettre que la perspective de son départ prochain ne l'avait apparemment pas changé d'avis sur l'ami de son fils. Si tous les autres avaient salué l'entrée d'Harry, ce n'était pas le cas de la châtelaine.

« Mme Malefoy, bonjour.

- Ah… Oui…

- Je… J'espère que vous allez bien, Madame Malefoy.

- Certes… »

La sécheresse des propos de la femme glaça un peu plus le jeune homme qui chercha un regard réconfortant. Seul, Lucius ne semblait pas perdu dans les méandres de son assiette et adressa un sourire chaleureux au petit brun. Harry préféra ne pas insister et prit place comme d'habitude, aux côtés de Drago, le blond semblait accusé le coup, son visage était fermé et tendu, il jouait machinalement avec la nourriture et paraissait triste, loin de son enthousiasme habituel et Harry en voulait à Narcissa d'abandonner ainsi sa famille et surtout son fils qu'elle n'avait pas vu depuis des mois. Contrairement à son caractère plutôt conciliant, Harry n'avait pour une fois pas l'intention de laisser la situation s'envenimer davantage.

« Drago, si tu veux, on pourrait faire une partie de tennis, à moins que tu ne préfères jouer avec Remus et que je sois l'arbitre du match.

- C'est gentil d'essayer Harry, je sais ce qu'il t'en coûte de me proposer une partie de tennis et je garde la proposition pour plus tard, quand je serai plus à même de te battre à plate couture.

- Oh ne t'inquiète pas même aujourd'hui tu me battras très facilement. Mais sinon on peut aller faire un tour aux écuries et faire une promenade à cheval.

- Merci, l'artiste mais pas aujourd'hui.

- Tu es vraiment sûr ? »

Drago avait hoché de la tête et avait clos ainsi le semblant de conversation au grand désarroi du petit brun, apparemment tout le monde avait abandonné et n'espérait plus rien de cette journée. Lucius n'avait pas perdu une miette des tentatives d'Harry pour aider Drago et lui en était reconnaissant, le Lord savait que son fils vivrait mieux si tout le monde faisait comme si rien ne changeait avec le départ de Narcissa.

« Harry, ce ne sera pas possible pour aujourd'hui. Nous en parlions justement, avant ton arrivée. Drago tient absolument à accompagner sa mère à Londres, chez sa tante. Remus s'est gentiment proposé pour les conduire, ils ne reviendront que demain, dans la journée. »

Harry était vraiment surpris, il est vrai qu'il n'avait pas parlé à son ami depuis la veille et il n'avait aucune idée du projet du blond. Le brun se rendit compte aussi que pendant plus de 24 heures, il n'y aurait plus que Severus, Lucius et lui et le jeune artiste se demandait s'il devait se réjouir ou s'en inquiéter. Le reste du petit-déjeuner se déroula dans un calme absolu, chacun essayant de faire face à ses propres interrogations. Les minutes s'écoulaient lentement mais inexorablement et bientôt, Narcissa partirait du château. L'horloge près de la cheminée sonna, il était à présent 8 heures 45 et il ne restait plus que quelques minutes avant le départ pour Londres, Harry venait à peine de finir de boire son thé au citron, Lucius se racla alors la gorge.

« Il me semble que c'est le moment. Winky, Winky ! »

Le Lord avait appelé avec force la jeune domestique qui entra presque en courant dans la pièce.

« Oui, Monsieur ?

- Pourriez-vous aller chercher les valises de Madame dans sa chambre ?

- Oui, Monsieur, tout de suite.

- En passant, pourriez-vous demander à Rusard d'amener la voiture devant le perron ?

- Bien, Monsieur. »

La jolie domestique s'enfuit aussitôt, elle avait visiblement peur de son employeur, tout comme Dobby et craignait de se faire rabrouer par le Lord si elle n'obéissait pas sous l'instant. Winky avait à peine quitté la salle à manger que Remus et Drago s'en allèrent à leur tour préparer quelques affaires pour le voyage, laissant les autres habitants du manoir. Tous se retrouvèrent dans la cour, Argus Rusard, le vieux chauffeur mettait les trois grandes malles de Narcissa dans le coffre de la Mercedes, Harry se demandait en voyant tous ces bagages, si ce n'était qu'un départ temporaire et si la mère de Drago avait un jour l'intention de revenir au Manoir.

« Rusard, merci de votre aide. Vous pouvez disposer à présent, Mr Lupin va conduire Madame à Londres. »

C'était étrange, un tel départ aurait dû être empreint par une quelconque tristesse ou des regrets mais rien de la sorte ne se produisit, peut-être parce que Drago accompagnait sa mère à Londres. Lucius regardait sa femme s'en aller sans laisser transparaître la moindre émotion, il semblait avoir vécu dans sa tête des dizaines de fois cette scène, Harry ne détectait même pas un peu de nostalgie dans le regard du Lord, Narcissa représentait pourtant vingt ans de sa vie, elle était la mère de son fils, Harry était persuadé que plus jamais elle ne franchirait les portes du Manoir, que Lucius ne la reverrait plus que dans l'enceinte d'un tribunal. Lucius finit par se rapprocher de sa femme et l'embrassa sur les joues :

« Ma chérie, prenez soin de vous et de Tante Elladora. Bon voyage, Cissy.

- Merci, veillez bien sur Drago durant ses vacances. Je vous téléphonerai à notre arrivée. A bientôt, Lucius. Severus, Harry, adieu. »

Severus répondit par un simple hochement de tête. Harry, lui, n'eut même pas le temps de dire quoi que ce soit qu'elle s'était déjà engouffrée dans la voiture. Remus et Drago montèrent à leur tour dans le véhicule, souhaitant bonne journée aux autres. Quelques secondes plus tard, la voiture démarra dans un nuage de fumée, il ne restait plus que Severus, Lucius et Harry au milieu de la cour. Instinctivement, le blond s'était rapproché du petit brun, sans prêter plus d'attention à son meilleur ami et avait posé son bras sur l'épaule du jeune homme.

« Tu n'y es pour rien. Tôt ou tard, elle serait partie, cette situation n'avait que trop duré.

- Admets au moins Lucius que son arrivée n'a pas été un élément en ta faveur.

- Severus, ça suffit. Tu étais le premier à m'encourager à me séparer de Narcissa, tu reconnaissais qu'il y avait peu d'espoir qu'un jour cela puisse s'arranger !

- Mais je ne t'ai jamais encouragé à t'envoyer en l'air avec un gamin, le meilleur ami… Que dis-je l'ex petit ami de ton fils.

- Severus !

- Que croyais-tu, Lucius, que le fait que Narcissa soit partie allait changer quelque chose à ce qui se passe ici entre vous deux. Il se sert de toi et j'ai bien l'intention de t'ouvrir les yeux sur ce qu'il est réellement.

- Je… »

Harry n'eut même pas le courage de finir la phrase, il se détacha de l'étreinte de Lucius et partit en courant vers le Manoir.

« Tu es satisfait, j'espère. Il est ce qu'il y a de mieux pour moi. Je sais que ça peut paraître étrange, précipité mais c'est ainsi et plus vite tu l'auras admis, mieux ce sera.

- Arrête ! Ce n'est qu'une question de baise, une fois qu'il se sera allongé et qu'il aura bien ouvert les jambes, tu n'en auras plus que faire mais ce sera alors trop tard…

- Ne parle plus jamais de lui comme ça.

- Quoi ? Je n'ai pas dit que ce n'était qu'une putain mais que crois-tu qu'il va se passer après que tu l'ais tiré ? Il ira se consoler dans les bras de ton fils, il lui dira que tu l'as séduit, que tu t'es servi de lui, Drago ne te le pardonnera jamais et tu perdras ton fils.

- Tu sais, Severus, tout le monde n'est pas mauvais comme ta chère Bellatrix. La rancœur te sied très mal et la vulgarité aussi. Ne m'adresse plus la parole tant que tu n'accepteras pas ce qui se passe entre Harry et moi, tant que tu ne respecteras pas ma décision.

- Je peux quitter le Manoir si ça t'arrange. Je ne serai plus là pour t'empêcher de faire la plus grosse connerie de ta vie !

- Non, tu restes mon meilleur ami et je sais que tu vaux mieux que ce que tu viens de dire et que tu admettras un jour tes torts. Et puis, Drago vient de voir partir sa mère et tu dois rester pour ton filleul, il aura aussi besoin de toi. A demain, je vais passer le reste de la journée, avec ma putain, dans sa chambre, faire la connerie de ma vie. »

Lucius tourna alors les talons et partit rejoindre Harry.

A suivre…