Coucou et bonne année à tous et toutes. Voici comme je l'avais dit la suite des aventures d'Harry et Lucius.
Rappel des faits : Lucius furieux contre Severus part pour retourner au Manoir. Va-t-il comme il l'a dit à son meilleur ami rejoindre Harry. Voici la réponse…
La suite d'Harry et l'héritier' sera publié la semaine prochaine.
Bonne lecture.
Chapitre 15 : Une journée hors du temps
Lucius était furieux, il serrait nerveusement ses poings dans ses poches pour ne pas frapper au sang Severus. Il avait du mal à comprendre son ami, et avant de dire ou faire quelque chose qu'il regretterait pour le reste de sa vie, le blond préféra tourner les talons et retourner au Manoir. Même si son ami croyait bien faire, il n'avait absolument pas le droit de dire de telles choses. Harry n'était pas un gigolo avide d'argent, c'était la plus belle personne qui lui avait été donné de croiser, il était si doux, si tendre. Lucius estima qu'avant d'aller retrouver Harry, il ferait mieux de retourner dans un premier temps, dans son bureau, pour donner sa journée à son assistant, Dobby. Il avait eu son comptant d'énervement pour la journée, il avait vraiment envie de faire comme il avait dit à Severus, de s'enfermer avec Harry et cette fois, il n'avait aucune envie d'être dérangé par son assistant le cherchant dans tout le Manoir. Lorsque Lucius franchit le pas de la porte du bureau du jeune trentenaire, il le vit presque trembler de peur. Décidément son employé était bien trop craintif.
« Monsieur, le Baron Nott a déjà essayé par trois fois de vous joindre ce matin, il semble qu'il ait quelque chose de très important à vous demander.
- Quoi ? Que la chasse à courre soit autorisée toute l'année.
- Je… je ne sais pas, Monsieur, le Baron a refusé de m'en parler.
- Eh bien, tant pis pour lui, il attendra demain matin. Aujourd'hui, je ne suis là pour personne et vous non plus, Dobby.
- Pardon, Monsieur ?
- Je prends ma journée, il n'y a rien d'important en ce moment, toujours la même paperasse assommante à lire et quant à vous, je vous laisse carte blanche, vous pouvez faire ce que vous souhaitez.
- Mais, monsieur…
- Vous savez, la plupart des personnes seraient ravies d'être dans votre situation, votre employeur vous laisse votre journée libre sans aucune contrepartie, profitez-en. Vous avez bien une vie en dehors de ces quatre murs, Dobby.
- Je…
- Ce n'est pas la peine de me répondre, cela ne m'intéresse pas. Je veux simplement que dans dix minutes, vous ayez quitté le manoir et je ne veux vous revoir que demain matin sinon je vous vire, est-ce bien clair, Dobby ?
- Euh, oui, Monsieur mais vous devriez quand même peut-être rappeler le baron Nott, il avait l'air vraiment très en colère au téléphone.
- Par pitié, Dobby, je ne crois pas que ce que le baron ait à m'apprendre soit primordial et nécessite que je le rappelle dès aujourd'hui. A présent, vous pouvez disposer et amusez-vous bien. »
Le jeune homme rouge de confusion rassembla toutes ses affaires à la vitesse de l'éclair, il n'avait aucune envie de se faire disputer une énième fois par le maître des lieux, d'autant plus que son employeur avait l'air particulièrement renfrogné et de mauvaise humeur aujourd'hui. Il y avait dû y avoir un problème avec Lady Malefoy, enfin il savait déjà qu'elle était partie. Il avait croisé ce matin Winky, la belle domestique était dans tous ses états car sa maîtresse avait décidé de quitter précipitamment le manoir. Dobby était toutefois très surpris par la réaction de son patron, il avait compris depuis bien des années que l'entente dans le couple n'était pas au beau fixe et il n'aurait jamais cru que le Lord puisse réagir aussi violemment, mais il avait sans doute mal jugé les sentiments de Lucius Malefoy pour sa femme, il était peut-être encore très attaché à elle. Alors que le jeune secrétaire essayait de percer à jour son patron, il ne se rendit pas compte que déjà Lucius repartait. En fait, il ne réagit que lorsqu'il entendit la porte du bureau claquer assez violemment. Mais alors que le jeune homme soufflait de soulagement, une journée loin de cet endroit maudit lui ferait le plus grand bien, le Lord ouvrit de nouveau la porte et sur le même ton autoritaire qu'à l'accoutumée :
« Au fait, Dobby, je vais aussi dire à Winky et Mme Pomfresh de prendre leur journée, ce serait l'occasion ou jamais pour inviter Winky à aller au cinéma ou que sais-je encore avec vous.
- Pardon ? »
Le blond referma aussitôt la porte avant que son employé ne puisse vraiment s'offusquer et s'opposer à ses dernières paroles. Lucius avait le sourire aux lèvres lorsqu'il croisa quelques minutes plus tard Winky et qu'il lui annonça qu'elle avait sa journée de libre tout comme l'ensemble du personnel de la maison car il avait besoin de se reposer suite au départ de Narcissa. Sa colère contre Severus commençait enfin à retomber, il pouvait rejoindre Harry sans craindre en le revoyant d'avoir de nouveau envie d'aller frapper son ami de toujours.
Lorsque enfin le blond arriva à la porte de la chambre du petit brun, il craignait de le retrouver en pleurs dans son lit, d'autant plus que le jeune homme ne paraissait vraiment pas en très grande forme ce matin, quand il l'avait rejoint pour le prévenir du départ de Narcissa, ce matin. Il tapa ainsi d'abord de très légers coups mais il n'y eut aucune réponse, personne pour lui dire d'entrer. Il frappa donc plus fort, sans plus de succès, Harry n'était peut-être pas retourné dans sa chambre après la dispute mais avait préféré par exemple la chaleur et le calme de la bibliothèque. Lucius se décida malgré tout à entrer dans la pièce, pour en avoir la certitude. La chambre était effectivement vide, il n'y avait pas Harry dans son lit en train de pleurer, à la place, cependant, il trouva le carton à dessin étalé par terre, grand ouvert. Pour l'instant, il n'avait eu l'occasion de voir les œuvres du jeune homme qu'une seule et unique fois et encore il n'avait eu le temps que d'admirer seulement trois esquisses et il adorerait voir l'ensemble du travail de l'adolescent, il s'avança à pas de loup vers tous les dessins éparpillés, il en prit trois au gré du hasard. L'un représentait sa meilleure amie assise au milieu de la bibliothèque. C'était impressionnant, Harry avait réussi à capter dans le regard de la jeune femme son amour des livres, sa soif d'apprendre. Un deuxième mettait en scène un grand rouquin, gardien de but d'une équipe de football, à la vue de ce visage crispé et prêt à parer toute attaque du camp adverse, Lucius comprit que c'était un sportif dans l'âme, un compétiteur, quelqu'un qui refuserait toujours de se plier aux exigences des autres. Le Lord cependant ne sut comment réagir à la vue du dernier dessin, c'était SON dessin, quand il avait posé pour Harry au début des vacances, près du lac. Il trouvait le décor superbe, l'atmosphère des lieux, le calme, tout était parfaitement rendu. Cela lui paraissait exaltant mais aussi très étrange de se voir ainsi à travers les yeux d'un tiers même si cette personne était très particulière pour lui. Le Lucius du dessin lui paraissait beaucoup plus beau et plus sûr de lui, le Lord ne put retenir un soupir, il avait l'impression d'être idéalisé et se demandait comment réagirait Harry lorsque ce dernier se rendrait compte qu'il était aussi perdu et perturbé que lui. L'homme admirait encore l'esquisse lorsqu'il entendit la grande baie vitrée grincer, il lâcha le croquis et se tourna vers Harry qui entrait déjà de sa démarche gracieuse et aussi enfantine. Il avait encore les yeux légèrement rougis suite à son manque de sommeil ou suite à la dispute de ce matin, peu importait.
« Harry, tu es là ? Je te cherchai pour m'excuser de l'attitude inacceptable de Severus ?
- Et tu t'es arrêté aux dessins à ce que je vois.
- Je n'ai pas pu résister, je sais que tu ne veux pas trop qu'on regarde ton travail mais ils étaient là et semblaient me narguer, fit-il dans un sourire étincelant. Je tiens d'ailleurs à te féliciter pour le dessin me représentant, tu m'as mis plus qu'en valeur.
- Et pourtant, je ne suis pas satisfait, le regard manque de vie et le visage d'expression.
- Tu plaisantes, j'espère, tout est absolument parfait et je refuse que tu y retouches à nouveau.
- Hum…
- Que faisais-tu sur le balcon ? Une pause cigarette ?
- Non, j'avais surtout besoin de prendre l'air et… aussi de fumer effectivement.
- Je suis navré pour ce matin vraiment, Severus a toujours été très protecteur avec moi, je sais que c'est très étrange, que cela devrait être l'inverse, que JE devrais protéger Severus mais c'est ainsi depuis près de trente ans. Il n'aurait pas dû te traiter…
- De pute !
- Il n'a pas dit ça.
- S'il te plaît, Lus, n'essaie pas de le nier. Je sais ce qu'il m'a dit la première fois dans la bibliothèque, j'ai juste cru que peut-être son opinion aurait pu s'adoucir mais apparemment, ce n'est pas le cas et à mon avis, ce n'est pas prêt d'arriver. Mais il n'a sans doute pas tort après tout.
- Harry ? »
A ces mots, le Lord s'était avancé vers Harry et il força l'adolescent à le regarder dans les yeux, il ne pouvait tolérer de tels propos.
« Pourquoi dis-tu des choses pareilles ? Tu vaux mieux que ça !
- Je… je me suis mis à la place de Severus et je le comprends, je ne suis… »
Le blond ne laissa pas au jeune homme l'occasion de finir sa phrase, il l'interrompit d'un baiser dans lequel transparaissait, du moins le Lord l'espérait, tout ce qu'il ressentait. Au fur et à mesure qu'il l'embrassait, Lucius faisait passer d'abord le tee-shirt d'Harry au-dessus de sa tête, le jeune homme se laissait à nouveau griser par les mains du Lord glissant le long de son corps et le caressant. Le petit brun se sentait si bien mais lorsque les longs doigts commencèrent à se faufiler sous la ceinture de son jean, les dernières paroles de Severus résonnaient encore dans sa tête : « Il se sert de toi, il se sert de toi, il se sert de toi… ». Avec une volonté dont il ne se savait pas capable, Harry posa ses mains sur celles du Lord qui s'apprêtaient à s'attaquer à la fermeture éclair du jean. Lucius interrompit aussitôt le baiser et interrogea du regard le plus jeune.
« Je ne veux pas que tu te sentes obligé et que tu le regrettes ensuite.
- Tu plaisantes, j'espère ? Viens, Harry. »
Sans lui laisser le choix, Lucius prit la main d'Harry et l'emmena jusqu'au lit où il le fit s'asseoir.
« Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée depuis la naissance de mon fils. J'ai enfin l'impression de revivre depuis que tu es ici et lorsque tu devras repartir à la fin de cet été, j'aurai vécu malgré tout ce qui s'est passé à côté, comme le départ de Narcissa, l'une des plus belles périodes de ma vie. Alors je peux te jurer que je ne me sens obligé de rien du tout. Et puis autre chose, je l'ai déjà dit à Severus mais apparemment il faut que je te le répète à toi aussi, ce n'est pas qu'une question de sexe, même si je ne te cacherai pas que je te trouve extrêmement attirant. Et si tu as besoin d'attendre encore pour que tu sois sûr que nous ne faisons rien de mal, eh bien soit, j'attendrai si tu le souhaites. »
Le Lord ne résista cependant pas à finir d'abaisser la fermeture éclair et à laisser traîner ses longs doigts blancs sur la partie du caleçon noir ainsi découverte.
« Sache toutefois que Severus ne nous dérangera pas aujourd'hui, je le lui ai expressément demandé et j'ai laissé la journée libre à l'ensemble du personnel du manoir et que donc durant cette longue journée, nous pouvons faire tout ce que tu veux. Nous sommes seuls, juste toi et moi et une occasion comme celle-ci ne se reproduira pas si facilement.
- Eh bien, Monsieur Malefoy, je trouve que pour quelqu'un qui accepte d'attendre que je sois prêt, vous êtes bien entreprenant.
- Cher Monsieur Potter, sachez que je suis connu dans le milieu politique comme étant effectivement quelqu'un d'obstiné et d'impatient, et cette réputation n'est pas usurpée, voyez-vous, je peux être très persuasif. »
Lucius poussa sur le lit le jeune homme qui se laissa très docilement faire. Le Lord n'avait pas envie d'en rester là, pas maintenant, il le désirait tellement, il avait l'impression que chacune de ses terminaisons nerveuses était électrisée au contact d'Harry. Ensuite, il fit lentement glisser le pantalon le long des jambes minces et fuselées, Harry n'opposait aucune résistance, au contraire même, il gigotait habilement pour faciliter la tache du Lord. Une fois le jean enlevé, Lucius entreprit de remonter inexorablement le long du corps du petit brun, il déposait de légers baisers sur les pieds, les mollets, les cuisses, le ventre, le torse, le cou. Les yeux bleus gris s'ancrèrent à ceux d'émeraude, Lucius était fasciné par la couleur du regard du jeune artiste. Le vert s'était assombri, ses joues étaient rouges d'excitation, il mordait férocement ses lèvres pour retenir ses gémissements. Il avait envie de jouer avec le charmant jeune homme qui était sous lui, il posa de nouveau sa main sur le caleçon :
« Monsieur Potter, croyez-vous encore que je me sente d'une quelconque façon obligé de faire ça ?
- Je… je… »
Harry respira difficilement et ceci ne s'arrangea pas quand le Lord appuya fortement sur son entrejambe. Son cerveau refusait de fonctionner normalement, une petite voix le mettait toujours et encore en garde mais elle semblait être de plus en plus faible.
« J'attends votre réponse, jeune homme. »
Cette fois, la main passa sous le caleçon et commença à se mouvoir de bas en haut d'une lenteur désespérante. Lorsque la paume de la main froide était entrée en contact avec la peau brûlante, Harry avait poussé un léger cri qui avait fait sourire le Lord.
« Dois-je prendre ce bruit incongru pour un oui, Harry ?
- Je… Oui. »
De toute manière, il n'avait aucune envie d'interrompre ce mouvement, il adorait la sensation du sexe du brun entre ses doigts, sensation renforcée par les mouvements inconscients, initiés par le jeune homme. Harry après quelques minutes se tordait, se soulevait pour venir à sa rencontre. Lucius savait que bientôt le brun viendrait dans sa main et il redoubla d'attention. Harry n'était plus qu'halètement et soupir, le Lord n'entendait plus que ce charmant surnom que susurrait doucement le jeune artiste… Lus… Harry se répandit alors dans un dernier spasme, il avait le regard embrumé par le plaisir qui l'avait submergé, il semblait très fatigué et commençait à s'endormir. Le Lord était subjugué par ce visage apaisé, angélique, il déposa un léger baiser sur le front du brun alors qu'il se relevait pour aller dans la salle de bain.
« Dors bien mon Ange.
- Tu restes ?
- Bien sûr, je reviens de suite, je ne veux pas te quitter de la journée, je te l'ai promis. »
Harry s'était assoupi le temps qu'il revienne, Lucius ne put retenir un sourire à cette vue, l'adolescent avait vraiment besoin de se reposer, il dormait à poings fermés, recroquevillé sur lui-même, dans une attitude enfantine, le brun lui avait parlé ce matin de cauchemar et apparemment, à le voir à présent, il se demandait à quel point sa nuit avait été perturbée. Il prit place à ses côtés et tandis qu'il caressait tendrement le bras, il finissait lui aussi par sombrer dans un sommeil enfin réparateur, il ne se réveilla que des heures plus tard, lorsque Harry lui souffla sur le visage.
« Ah enfin ! Apparemment, je n'étais pas le seul à avoir besoin de sommeil.
- Effectivement. »
Lucius tenait par la taille l'artiste, leurs jambes s'étaient entremêlées et Harry ne lui avait jamais paru aussi beau, ses yeux pétillaient de malice.
« Quelle heure est-il ?
- Je sais pas, peut-être deux ou trois heures, enfin une chose est sûre en tout cas, nous avons largement dépassé l'heure du déjeuner.
- Pour ma part, je n'ai pas faim et puis comme Mme Pomfresh n'est pas là, je me vois assez mal préparé à manger.
- Pourtant quelle charmante vision, cela doit être. Le grand lord Malefoy, haut dignitaire de la monarchie anglaise, condamné à faire cuire des œufs sur le plat.
- Bref, nous ne pouvons pas manger et il nous reste encore une après-midi et une nuit avant le retour de Drago et Remus, as-tu une idée de ce que nous pourrions faire ? »
Le blond avait légèrement augmenté la pression sur la taille du jeune homme qui souriait franchement :
« Et si moi, j'ai faim ?
- Alors charge à toi de préparer le repas. »
Harry avait l'air parfaitement affamé mais pas vraiment de nourriture terrestre, il avait passé une jambe par-dessus le corps du Lord et s'étais assis sur le bas-ventre de ce dernier. Il ne perdit pas un instant et s'attaqua aussitôt aux boutons de la chemise, écartant largement les pans de tissu. Il faisait naviguer ses mains fines sur le torse musclé qui semblait avoir été dessiné par les dieux. Harry se pencha et déposa un léger baiser sur les lèvres douces.
« Ai-je le droit de déjeuner, Mr Malefoy ? »
Pour appuyer son propos, le jeune homme avait fait glisser son doigt le long de l'entrejambe du blond qui était à la fois surpris et ravi par cette initiative. Lucius savait déjà que le brun n'était pas uniquement ce garçon sans défense et innocent qu'il paraissait être, il avait une certaine expérience, il avait eu l'occasion de le voir au début des vacances.
« Je te l'ai déjà dit qu'ici tu peux faire tout ce que tu veux et donc je ne vois pas pourquoi je t'empêcherai de 'déjeuner'.
- Eh bien soit. »
La bouche rosée du peintre s'abaissa ainsi, de nouveau sur celles du Lord pour un baiser plus exigeant, le brun avait plus qu'apprécié les attentions de son hôte en début de journée et il voulait vraiment en faire de même s'il savait qu'il n'irait pas jusqu'au bout, conscient que ce n'était pas encore le moment. Sentant les mains de Lucius sur ses fesses plus présentes, il avait besoin de le repréciser. De son air le plus penaud, il se redressa légèrement :
« Lus', tu sais, je… je ne suis pas prêt à… Je voudrais attendre le bon moment… pour aller au bout.
- Mais je n'ai rien pensé d'autre, Harry. Nous irons jusqu'où tu voudras.
- Merci. »
Harry était soulagé, il avait besoin d'entendre encore ces mots une autre fois, le Lord n'avait eu de cesse de le rassurer mais il avait tant besoin de quelqu'un qui ne le harcèle pas et qui le comprenne surtout après la dispute de ce matin. Il s'était tellement senti mal alors, il avait eu l'impression qu'il n'existait que pour coucher et ainsi grimper socialement, Severus l'avait regardé avec tellement de dégoût et de rancœur. Lorsqu'il était resté seul sur le balcon, il avait essayé de mettre au clair ses idées, tout était si embrouillé dans sa tête, le départ de Narcissa, ses cauchemars de plus en plus fréquents et un moment, il s'était dit que le meilleur ami de Lucius et les Dursley avaient vraiment raison, il ne valait rien et il ne méritait pas que Lucius s'intéresse à lui. Heureusement, pour lui, malgré tout ce qu'avait pu dire Snape, Lucius était revenu vers lui peu de temps après, il n'avait pas l'air d'avoir changé d'avis, au contraire même. Il l'avait touché et à présent il s'apprêtait à en faire de même.
Finalement, le brun ouvrit le tiroir de la petite table de nuit, à côté du lit et en sortit un préservatif.
« Prévoyant.
- Non, lucide. »
La bouche du brun partait à la conquête du torse, du ventre, du nombril tandis que d'une main agile, il déboutonnait le pantalon du blond, il le fit glisser juste assez pour libérer le sexe excité du Lord. Comme il le lui avait fait quelques heures plus tôt, il fit deux ou trois allers retours, pour exciter encore plus l'autre homme. Ce dernier laissa échapper un soupir de contentement, lorsqu'il entendit le plastique de l'emballage du préservatif craquer et qu'une main experte mettait en place le petit morceau de latex. A peine, cela fini, Lucius se sentit littéralement aspiré par une bouche chaude, le Lord regardait à loisir ce spectacle, le brun remontait et descendait son visage avec un réel plaisir, ses grands yeux verts assombris, plongés dans le regard gris de Lucius. Très vite, submergé par les sensations, le blond n'était plus que cris, il se retenait aux draps du lit qu'il serrait nerveusement. Il eut à peine le temps de prévenir Harry de se retirer qu'il vint. Lucius se sentait bien dans une réalité floconneuse et commençait à s'endormir alors que l'adolescent lui ôtait le préservatif, il n'arrivait pas à se souvenir la dernière fois où il avait été aussi bien et lorsque Harry le rejoignit à nouveau dans le lit, il le prit au creux de ses bras et ils restèrent ainsi longtemps, tantôt s'embrassant légèrement, tantôt se caressant avec un peu plus de hardiesse, profitant de ses instants volés. Dans très peu de temps, la réalité reprendrait ses droits, Drago reviendrait de Londres et Lucius savait qu'il faudrait le veiller et l'aider à surmonter le départ de sa mère et le soutien de Severus, Remus et Harry ne serait pas de trop.
Après plus d'une heure, ainsi, pelotonnés, ils commençaient à sortir de leur douce torpeur et ils avaient autant l'un que l'autre envie de profiter encore du reste de la journée. Le jeune artiste avait une idée bien précise de ce qu'il voulait faire depuis le moment précis où il avait descendu le pantalon du propriétaire des lieux, le tout était de savoir comment proposer la chose car il craignait que cette fois, le Lord ne refuse et ne s'en offusque. Alors que l'homme le fixait de ses grands yeux bleus interrogateurs, Harry murmura dans le creux de l'oreille de l'autre homme.
« J'ai pensé à quelque chose, je… »
Il avait pris une jolie teinte rosée, embarrassée et n'osait plus lever les yeux.
« Qu'est-ce qui se passe ? Un problème ?
- Je voudrais te dessiner à nouveau.
- Je t'ai déjà dit que ton esquisse était parfaite et qu'elle n'avait pas besoin d'être arrangée.
- Ce n'est pas ça… Jevoudraisquetuposesnu. »
Harry avait soudainement eu très chaud, il avait l'impression d'être en feu. Pour se calmer, il entortillait le drap de satin entre ses doigts. Il avait dit la dernière phrase d'une seule traite et si rapidement que Lucius ne comprit rien.
« Quoi ?
- Je voudrais que tu poses… nu. »
Le regard de l'aristocrate s'était élargi quand il avait entendu les derniers mots du l'adolescent. Pas que cette proposition le choque, au contraire, il était surtout surpris, presque heureux qu'Harry veuille faire cela, il avait vu assez de ses œuvres pour savoir que cette fois encore l'esquisse serait splendide.
« Tu plaisantes ?
- Je… Je… Quand je t'ai vu tout à l'heure, cela m'a paru si évident. Tu es si beau. Je l'ai déjà dit, je dessine selon mes envies et…
- Harry…
- Je comprends, je comprends que tu ne veuilles pas, je n'aurais pas dû te le demander, je ne le ferai plus…
- Laisse-moi finir. »
Le Lord prit entre ses mains celles pales du jeune homme, qui tremblaient nerveusement.
« J'accepte…
- Je… Hein, vraiment ?
- J'ai déjà dit qu'aujourd'hui, je ferai tout ce que tu voudras et puis je crois aussi t'avoir raconté qu'il ne faut jamais brider l'imagination d'un artiste, je suis seulement curieux de voir ce que tu vas faire, enfin vu ce que tu as fait du premier dessin, je ne doute pas que tu gommeras toutes mes imperfections.
- Faut-il qu'il y en ait à effacer ! »
Le Lord en profita pour faire basculer le corps du brun sous lui, le caresser encore en plus et l'embrasser avec avidité, sa langue plongée dans la bouche du plus jeune, il avait pris conscience qu'il adorait faire en sorte qu'Harry s'abandonne, se laisse totalement aller dans ses bras, se coupant presque de la réalité.
Après cet ultime baiser, la séance de pose allait pouvoir commencer. Etrangement, Harry demanda à Lucius de retourner dans la salle de bain pour qu'il puisse préparer le cadre comme il le souhaitait et qu'il cherche tout son matériel à dessin. Il se passa un quart d'heure pendant lequel Harry remit ses vêtements, alla chercher tout ce dont il avait besoin et enfin refit le lit. Autant la première fois, il n'avait aucune idée exacte de comment représenter Lucius, autant ce n'était plus le cas aujourd'hui. Lorsqu'il fit de nouveau entrer le Lord dans la chambre, ce dernier ne portait plus qu'un boxer gris. Le brun n'avait pu s'empêcher de faire glisser son regard le long de ce corps assez athlétique et tout simplement superbe. Il avait dû reprendre sa traditionnelle teinte rouge, le sourire de Lucius qui s'était élargi ne laissait que peu de doute.
« Eh bien, la vue doit te plaire, tout à l'heure tu étais moins rouge quand ta bouche me su…
- Je… Peut-être mais au final, tu étais plus habillé alors.
- Je vois que tu as soigné le cadre.
- Ben, il fallait bien. »
Il avait tiré le rideau pour être dans la pénombre et avait allumé des bougies. Sur la petite table de nuit, il avait posé un cendrier sur lequel reposait une cigarette allumée, sur le lit, traînait l'exemplaire des sonnets de Shakespeare ouvert, en fond sonore, un CD de jazz. Le moment était arrivé, Harry dansait d'un pied sur l'autre, terriblement gêné et le Lord ne faisait rien pour l'aider, au contraire, il semblait particulièrement s'amuser de la situation.
« Je crois que tu dois me demander d'ôter mon dernier vêtement à présent.
- Je… »
Le brun hocha simplement la tête sous les éclats de rire de l'adulte. Puis, très lentement, Lucius obéit à l'ordre du jeune homme et enleva son sous-vêtement, ils restèrent l'un en face de l'autre de longues minutes avant que quelqu'un ne réagisse. Harry avait la gorge sèche et semblait avoir du mal à déglutir, il n'avait qu'un mot à la bouche 'magnifique', il ne voulait cependant pas perdre de vue que pour l'instant, c'était une séance de travail, certes particulier, il fit donc en sorte de laisser transparaître le moins de chose possible.
« Tu… Tu peux prendre place ?
- Je crois que de toute manière, je n'ai plus que cela à faire. Comment veux-tu que je m'installe ?
- Je voudrais que tu me regardes et que… »
Le brun s'était interrompu, effrayé par sa propre audace, il avait tellement l'impression que tout ce qu'il faisait aujourd'hui ne lui ressemblait pas et qu'il se laissait encore plus que d'habitude porter par les événements. Il était perdu dans ses pensées et ne s'était pas rendu compte que le Lord s'était déjà installé. Il était à moitié allongé et fumait la cigarette qui se consumait dans le cendrier en terre cuite. Il avait naturellement pris la même position que lorsqu'il avait posé près du lac, une position qui ne laissait que peu de place à l'imagination, et en vérité c'était exactement ce que désirait l'artiste. Dans son esprit, il voulait un portrait brut du Lord, il avait la croyance qu'ainsi ressortirait la personnalité, mélange de magnétisme et de douceur.
« C'est par… parfait. »
L'adolescent voulait commencer le dessin mais il avait de plus en plus de mal à respirer et regrettait d'avoir fermé la fenêtre, il avait la sensation de mourir de chaud et transpirait à grosses gouttes.
« Tu aurais peut-être préféré la fraîcheur du lac ? »
Pour la première fois, depuis que le Lord était sorti de la salle de bain, Harry se mit à rire.
« Effectivement, un peu de fraîcheur ne me ferait pas de mal, je crois mais à toi aussi je pense.
- Moi, le verre d'alcool me suffit mais par contre, tu peux toujours poser ton tee-shirt.
- Intéressé ?
- Je disais ça pour toi…
- Je suis obligé de te croire là.
- Evidemment, pourquoi te mentirai-je, je n'ai plus rien à cacher
- Certes, s'esclaffa le brun. »
Enfin, le fusain glissa sur la page blanche dans un crissement qui réconfortait toujours Harry quelles que soient les circonstances. Le brun s'attaqua d'abord au lit, à la table de chevet et au tableau accroché sur le mur, il savait que pour que le dessin soit réussi, il devrait le représenter en dernier.
Lucius remarqua tout de suite quand il commença à le croquer, la rougeur du visage s'était encore plus accentuée si possible et le regard d'Harry qui descendait et remontait le long de sa silhouette brillait de mille feux, il ressemblait à celui d'un prédateur repérant sa proie, le jeune homme voulait capter chaque infime détail pour rendre son œuvre encore plus réaliste et vraie. Harry n'avait aucune conscience de la sensualité qu'il dégageait, ainsi totalement concentré et tourné vers son œuvre, comme s'il n'était plus vraiment là. Lucius aurait voulu continuer leur badinage léger pour soulager l'atmosphère chargée mais il avait aussi très peur que la magie du moment ne s'évapore alors il se concentra sur sa cigarette et la musique qui n'avait pas cessé, il ne pouvait rien faire d'autre en même temps, même pas prendre le livre de sonnet, de crainte de ne pas garder la pose.
Harry était subjugué par l'aura du Lord, il pouvait presque la voir tout autour de lui. Lucius ne semblait pas le moins du monde perturbé par son absence de tenue, il avait l'air même plus à l'aise que l'autre fois près du lac. Le lac n'était pas un lieu anodin, le Lord avait alors dévoilé un pan entier de sa vie qu'il n'avait que peu évoqué jusqu'à présent et sans doute, il avait eu l'impression de trop en dire sur lui alors qu'aujourd'hui, il ne montrait que son corps. Paradoxalement, ce n'était pas le sexe de Lucius qui posa le plus de difficulté à l'artiste mais bien son regard glacé mélange de curiosité, de désir et de tendresse.
Cette fois, personne n'interrompit la séance prématurément, tous les deux savaient que cet instant n'était pas réel et que plus jamais, il ne se reproduirait, la vie reprendrait. Pendant des heures, Harry crayonna, effaça et recommença et pendant des heures, Lucius resta nu, exposé, perclus de courbature, une cigarette remplaçant une autre cigarette et écoutant le même CD tourner en boucle. Le soleil avait fini sa course et s'était caché déjà depuis longtemps lorsque Harry posa enfin son fusain et dit d'une voix si basse.
« J'ai fini.
- Vraiment ? Tu m'autorises à le voir ? »
Harry réfléchit quelques secondes puis hocha la tête et le Lord se leva, il ne pensa pas à souffler sur la bougie qui était presque totalement consumée, à allumer la lumière ou même à aller se rhabiller, non tout devait rester pareil pour que le rêve ne prenne pas fin. Il prit toutefois le brun dans ses bras, son torse contre les épaules raidies du plus petit, son bas-ventre contre le bas du dos. A la vue du portrait, il souffla simplement.
« Je suis époustouflé, c'est éblouissant mais je crains de ne pas être aussi beau.
- Oh que si, désolé de te décevoir mais tu ressembles à ça. »
Harry se sentit retourné et soulevé, une bouche le happa encore et toujours, il se laissa faire et déposer sur le lit mais le Lord ne se coucha pas à ses côtés, il lui fit juste un petit baiser sur le bout du nez. Harry était interloqué mais regarda sans rien dire l'autre homme se rhabiller et quitter la chambre. Il revint un quart d'heure plus tard avec un plateau de repas rempli de victuailles, petits pains briochés, mousse au chocolat, confiture.
« J'ai pensé que maintenant tu aurais peut-être vraiment faim. Voici ce que Mme Pomfresh nous a laissé notamment. Alors ? »
Le sourire franc et joyeux d'Harry confirma à Lucius qu'il avait eu une bonne idée. La soirée se passa dans la même béatitude que précédemment, tout était parfait. Le temps se partageait entre baiser chocolaté ou à la confiture et caresse. Ils ne se rendirent pas compte quand les deux épuisés par cette journée finirent par s'endormir dans les bras l'un de l'autre. Ils ne s'attendaient pas cependant à ce que la vie les rattrape aussi vite.
A suivre…
