Hello, juste à temps, dans mes délais, à 1h30 près, bon pour la suite de l'héritier la semaine prochaine, c'est pas gagné…

La dernière fois, nos deux héros avaient passé une journée assez inoubliable, loin de tout, malheureusement, la nuit risque d'être inoubliable mais pas forcément pour de bonnes raisons.

Je tiens vraiment à dire que ce chapitre me tient à cœur c'est un nœud de l'intrigue, pour bien cerner le personnage d'Harry et j'y pense depuis le commencement de ma fic. Par contre, ce chapitre est très dur et pour celles et ceux qui ont l'habitude de me lire, vous savez que je ne dis pas ça pour rien…

En tout cas, merci tout le monde, bonne lecture, et à bientôt…

Chapitre 16 : Vérité

Harry se sentait bien et protégé comme jamais, il s'était naturellement réfugié dans les bras de Lucius et c'était si agréable, si doux, malheureusement, pour lui, IL ne le laissait jamais en paix surtout depuis son arrivée ici. Presque toutes les nuits, IL s'invitait dans ses draps, dans son lit et le collait toujours un peu plus, le souffle de sa respiration faisant trembler Harry. Et cette nuit qui avait si bien commencé, qui devait être merveilleuse et parfaite se transforma comme toutes les autres en un horrible cauchemar. Le brun ne réagit que lorsqu'il entendit une voix douce le calmer, le rassurer, lui susurrer des mots tendres à l'oreille. Il se réveilla alors, en sueur, recroquevillé dans un coin du lit.

« Harry, pourquoi pleures-tu ? »

Machinalement, le brun passa ses mains blanches et fines sur ses joues et se rendit compte qu'effectivement, elles étaient humides, il n'était pas vraiment surpris, ce n'était pas la première fois qu'il se réveillait ainsi en larme, le corps transi de froid. Alors que Lucius aurait voulu serrer plus fermement dans ses bras le petit brun, Harry le repoussa et se redressa, appuyant son dos contre le mur de la chambre. Le Lord était interloqué, c'était si loin du comportement habituel d'Harry, il dévisagea longuement le jeune artiste et fronça les sourcils, il n'aimait pas ce qu'il lisait dans le regard émeraude de son presque amant.

« Harry, que se passe-t-il ?

- Rien, un cauchemar, rien de plus, je te promets.

- Quel cauchemar ? Tu as l'air si étrange. Dis-moi, de quoi as-tu rêvé ?

- Oh, je ne m'en souviens plus, probablement une bêtise, de ma dispute avec Ron, le soir du bal de noël.

- Harry ! »

La voix du Lord s'était faite plus forte et paraissait aussi exaspérée qu'inquiète. Le brun se leva d'un bond, sans demander son reste et se dirigea droit vers la salle de bain, le blond aurait tant aimé savoir quoi dire ou faire pour le retenir près de lui, mais, en cet instant, il se sentait impuissant comme jamais. Harry savait comment d'habitude ce type de 'crise' finissait avec Drago : son ami le réconfortait et lui pleurait sans parvenir à se calmer, sans donner d'autres explications, s'invectivant intérieurement de n'être qu'un sombre imbécile, mais il préférait éviter ce type de scène devant le Lord, il ne voulait pas qu'il le voie ainsi, pitoyable et pathétique.

« Je reviens, je vais aller prendre une douche, j'ai besoin de me rafraîchir un peu. »

Harry avait dit cela d'une seule traite sans même jeter un regard en arrière, il ne s'en sentait absolument pas capable, pas maintenant. A peine, l'adolescent avait-il franchi la porte de la salle de bain qu'il jeta au loin son boxer et son tee-shirt et qu'il se précipita sous le jet d'eau chaude. Il souffla profondément, essayant de ne se fixer que sur cette sensation de chaleur, de vapeur l'enveloppant. Après quelques minutes, il se sentait mieux, nettement mieux, ses muscles se décontractaient enfin, au contact de l'eau chaude. Il avait appris à faire avec ses cauchemars depuis le temps, mais en cet instant, il se sentait perdu, il avait l'impression de s'être comporté comme un lâche face à Lucius.

Le lord regarda partir ou plutôt fuir le jeune homme aux yeux verts, il aurait voulu l'en empêcher mais le brun était si mal à l'aise qu'il préféra ne pas insister pour le moment. Une fois qu'il entendit le bruit du jet d'eau dans la salle de bain attenante, la curiosité fut la plus forte et il se leva, il voulait absolument connaître l'explication de ce qui venait de se passer. Il repensa au dessin qu'il avait vu le matin même, il avait l'intuition que la clé du mystère résidait là. Harry avait eu la même attitude de fuite, de gêne. Qu'est-ce qui avait bien pu se produire pour que le brun fasse de tels cauchemars ? L'adolescent ne s'en était probablement pas rendu compte mais il avait gémi si horriblement, murmurant en boucle le même mot 'non' que le Lord en avait eu des frissons.

Lucius commença par fouiller dans le carton à dessin mais il n'en trouva nulle trace, le jeune artiste ne l'avait visiblement pas gardé. Le Lord se dirigea vers le petit bureau, évidemment, il ne trouva rien dans ou sur le meuble. Par contre, il s'aperçut que la corbeille était remplie de feuilles de dessin toutes chiffonnées. Il hésita environ un quart de seconde avant de renverser la poubelle et de fouiller. Les esquisses qu'Harry avait jetées étaient très variées, certaines le représentaient, le brun avait dû dessiner de mémoire et si, apparemment, ces représentations n'avaient pas convaincu l'artiste, le Lord les trouvaient déjà remarquables. Il y avait quelques vues du jardin, de la bibliothèque, des dessins de Drago. Si tout ceci paraissait parfaitement normal, plusieurs autres esquisses au nombre de huit pour être précis, étaient toutes autres, elles représentaient la même silhouette sombre et énigmatique. Comme lorsqu'il avait découvert le premier dessin, le lord se sentit étrangement glacé. La même impression de malaise, de noirceur imprégnait les traits. Il murmura le prénom du jeune homme comme s'il attendait une réponse en retour. Et contre toute attente, il entendit un grand bruit de verre qu'on brise dans l'autre pièce.

Sans même y réfléchir, il se précipita dans la salle de bain, tenant toujours à la main les brouillons jetés, le spectacle qu'il vit lui fit froid dans le dos, Harry était nu, encore trempé, les poings ensanglantés, il pleurait à chaudes larmes, le Lord se jeta sur le brun pour le réconforter, il semblait proche d'un état de catatonie.

« Harry, qu'est-ce qui se passe ? »

Devant le mutisme du jeune homme, le blond s'alarma. Devait-il appeler quelqu'un, Sev, un médecin ? Le fait qu'il doive justifier sa présence ici l'en empêcha toutefois. Il préféra à la place poser sur les épaules dénudées du jeune homme une serviette blanche qui gisait à leurs côtés. Il entendit alors la voix faible d'Harry.

« Il était là… Il était là… »

Lucius aurait aimé lui demander qui était ce 'il', s'il y avait un rapport quelconque avec la silhouette des dessins mais il se rendit que ce n'était pas le moment et il préféra le porter jusqu'au lit, le jeune homme ne réagissait pas, prostré dans un monde lointain. Lucius le sécha délicatement, lui banda les mains grâce à des pansements qu'il trouva dans la salle de bain puis enfin, le força à s'allonger : il le borda tendrement, caressant pendant un long moment les cheveux bruns, il attendit patiemment que l'adolescent se calme et s'endorme. Le blond resta debout toute la nuit, de toute manière, il savait qu'il ne pourrait plus fermer l'œil. Les quelques heures pendant lesquelles Harry dormit semblèrent durer une éternité au Lord, il essayait d'imaginer comment le réveil du brun se passerait, Lucius lui demanderait sûrement des explications mais en attendant, il faisait les cent pas dans la pièce, scrutant ces dessins, écoutant Harry s'énerver, sangloter durant son sommeil. Parfois, le blond était tellement à bout de nerfs qu'il ouvrait la baie vitrée et allait fumer une cigarette sur le balcon. Et puis, il revenait auprès du brun, il se sentait tellement coupable, il avait l'impression que toute scène avait un lien avec aujourd'hui, peut-être était-ce lié aux disputes avec Severus ou à leur rapprochement trop rapide. En tout cas, il avait hâte d'avoir la réponse à toutes ces questions.

Aux environs de six heures, le brun commença à se réveiller, le Lord assis au bureau sourit à cette vision du brun, l'artiste se frottait les yeux rougis par la fatigue et les larmes, cherchant machinalement ses lunettes qu'il avait posé sur sa table de nuit, il semblait avoir oublié les derniers événements. Malheureusement cette accalmie ne fut que de bien courte durée, dès qu'Harry fit attention à la présence du Lord, il rougit et balbutia, encore plus gêné que d'habitude.

« Ce n'était pas un cauchemar… J'ai vraiment… Cette nuit… »

Le silence du Lord et le regard gris fixe mirent très mal à l'aise Harry qui remonta le drap qui le couvrait par-dessus son visage, il aurait voulu fuir aussi loin que ses jambes l'autorisaient mais Lucius ne lui en laissa pas l'occasion, le blond le rejoignit, il prit le drap et le repoussa autant que la décence le lui permettait, ce n'était pas le moment opportun pour se laisser distraire. Puis, il mit les mains bandées et pâles du jeune homme dans les siennes.

« Tu as refusé cette nuit de me raconter ce qui s'est passé, tu dois en parler…

- Ce n'est rien.

- CE N'EST PAS RIEN. Regarde tes mains, Harry. Cette nuit, tu étais différent, tu as cassé le miroir de la salle de bain dans un état second. Je ne suis même pas sûr que tu t'en souviennes d'ailleurs. »

La tête baissée de Harry confirma qu'il avait raison.

« Je ne peux pas…

- Est-ce que cela a à voir avec l'ombre des dessins ? »

Le jeune homme le regarda perdu, toutefois une lueur de colère naquit dans ses yeux émeraude.

« Tu as fouillé ? »

La question était rhétorique et ne demandait aucune réponse mais le Lord fit comme s'il ne s'en était pas aperçu et ne cilla pas.

« Harry, n'attends pas à ce que je regrette d'avoir fouillé dans tes affaires.

- C'était dans les poubelles !

- Je le sais parfaitement et n'en demeure pas moins que j'ai le pressentiment que ces croquis sont essentiels. Qu'est-ce que tu caches ?

- Rien. »

La voix commençait à perdre de sa force et de sa dureté. Le Lord était désolé mais il avait pris conscience que s'il voulait découvrir le fin mot de toute cette histoire, il ne devait pas laisser au jeune homme une chance d'esquiver mais, au contraire, il devait le pousser dans ses derniers retranchements. Il ne quitta pas des yeux le garçon tout en augmentant la pression sur les mains coupées, provoquant une grimace de douleur du garçon. Le regard de l'artiste semblait si triste, si vulnérable.

« Harry, tout à l'heure dans la salle de bain, tu as dit quelque chose ?

- Qu… quoi ?

- Il était là. De qui parlais-tu ? »

Le jeune homme était rouge et ses yeux commençaient à briller étrangement.

« Je ne peux pas, c'est… »

Il s'interrompit un nœud dans la gorge. Le blond avança alors doucement son visage et embrassa le plus jeune tendrement. Il devait faire comprendre que quoi qu'il se soit passé avant, cela ne changerait en rien ce qu'il pensait de lui. Lentement, il faisait glisser ses mains sur la peau nue du jeune homme dans un geste plus réconfortant que sensuel. Encore plus doucement, il le força à se redresser, pour que leur regard puisse être au même niveau.

« Harry, réponds-moi. Quand as-tu commencé à dessiner ? J'ai l'impression que cela fait très, très longtemps.

- Une éternité… Avant même de savoir dans quoi je m'embarquais.

- Pourquoi tu t'es lancé ? Explique-moi, je meurs d'envie de le savoir. »

Lucius avait le pressentiment que tout était imbriqué, le dessin, le fameux homme qui empêche Harry de dormir et peut-être qu'en le faisant parler sur son art en général, il se confierait plus volontiers. Au final, le sourire réconfortant du Lord convainquit l'adolescent.

« C'était au primaire, grâce à mon instituteur, Mr Flitwick.

- Et pourquoi voulait-il que tu dessines ?

- On va dire que je griffonnais dès que l'occasion se présentait et qu'il a fini par s'en rendre compte.

- Alors, en vérité, il n'a fait que remarquer tes capacités et il t'a conseillé de continuer.

- Il pensait que cela me permettrait de m'ouvrir un peu plus aux autres.

- Tu étais plutôt du genre timide à l'école, je me trompe ?

- Je n'avais pas d'amis, Dudley interdisait à tout élève de m'adresser la parole, quiconque allait à l'encontre de cet ordre devait se préparer à de graves représailles. »

Etrangement, maintenant qu'il commençait à parler, cela paraissait plus facile au brun, il laissait juste les mots s'écouler hors de sa bouche.

« Tu n'avais donc pas d'ami à qui te confier à l'époque ?

- Non et puis je n'avais rien de bien intéressant à raconter, donc…

- Tu dessinais quoi alors ?

- Tout ce qui me passait par la tête. Je n'ai pas changé avec le temps.

- Et cette silhouette ? »

Un lourd silence s'abattit sur la pièce, entre eux deux. Harry se renfrognait, regardant le drap blanc comme si la réponse y était inscrite.

« Cela n'a rien à voir. »

Il l'avait presque hurlé au lord mais tout ceci ne semblait que peu convaincant.

« Tu en es sûr ?

- Je…

- Harry, je veux simplement t'aider, tu vois bien que quoi qu'il se soit produit par le passé, cela te pèse encore aujourd'hui et il va falloir que tu y remédies. Je tiens beaucoup à toi et je ne veux plus te voir comme cette nuit, tu mérites tellement mieux. »

Ces dernières paroles s'étaient accompagnées de gestes tendres, ainsi, Lucius avait fait glisser son index le long de la joue et il avait fini par prendre le menton du jeune homme entre ses doigts et le fixait de son regard gris, énigmatique.

« Je l'ai surnommé Voldemort… »

La voix était à peine plus forte qu'un murmure et les yeux verts semblaient définitivement baissés. Lucius aurait voulu lui poser une foultitude de questions mais à présent que le brun avait fait un premier pas, il fallait lui laisser le temps d'avancer à son rythme. L'artiste répéta plus fortement.

« Je l'ai surnommé Voldemort suite à un commentaire de Neville, un camarade de classe qui était tombé sur un croquis par hasard, il avait trouvé que la mort régnait tout autour. La première fois que je l'ai dessiné, cela faisait deux mois que tout avait commencé et je ne me suis pas rendu compte immédiatement de ce dont il s'agissait. Il suffit que je ferme les yeux et je peux le dessiner, je le vois toujours, il est là, comme une ombre, une présence menaçante, il ne me quittera jamais, je crois…

- Qui ça, mon ange ?

- Quand cela a commencé, je devais avoir huit ans… C'était la première personne qui me parlait gentiment, comme si j'avais de l'importance, comme si je n'étais pas simplement une erreur de la nature. Il était grand avec un sourire étincelant. Bien sûr, Oncle Vernon et Tante Pétunia ne voulaient surtout pas que je le croise et ils me cachaient dans ma chambre ou plutôt le placard sous l'escalier. Et les premiers temps, il ignorait tout de mon existence, il venait tous les mercredis après-midi pour donner des cours de piano à Dudley sur les coups de quatorze heures et les Dursley m'enfermaient au moins une demi-heure avant. A chaque fois, tout se déroulait de la même façon. Quand il arrivait, les Dursley partaient faire des courses et le laissaient seul avec Dudley pendant deux heures puis à quatre heures, ils revenaient.

Je les entendais parler et jouer de la musique à travers la fine cloison. Un jour, fatigué des fausses notes et de donner toujours les mêmes conseils, il décida de faire une pause et de jouer tout seul et c'était si beau, sans doute la plus belle chose que je n'ai jamais entendue et je me mis à tourner sous le placard et à tourner sans cesse, emballé par cette douce musique mais suite à une maladresse, j'ai renversé tous mes livres scolaires. Le fracas fut si fort qu'aussitôt, il s'arrêta et demanda à Dudley d'ouvrir le placard. Je me souviens, je m'étais caché sous le lit mais il ne mit pas une seconde pour me trouver. J'étais tout tremblant, je savais que j'avais désobéi aux Dursley et que je paierais très cher cette erreur à leur retour. Mais il se montra gentil et réconfortant. Il me dit que je pouvais venir avec eux si je le souhaitais. Au début, j'avais très peur mais j'ai fini par accepter et j'ai passé l'une des meilleures après-midi de ma vie. Ce jour-là, j'avais joué pour la première fois du piano alors qu'Oncle Vernon m'interdisait de le toucher, il ne cessait de me répéter que c'était l'une des dernières choses que je n'avais pas encore cassée et qu'il était hors de question que je ne m'en approche à moins de cinq mètres. Puis, il réussit à faire promettre à Dudley de ne rien dire à ses parents contre des bonbons.

Le mercredi suivant, à peine, les parents de Dudley avaient disparu que déjà je me montrais et tout se passa aussi bien que la fois d'avant. Après une ou deux semaines, Dudley qui détestait par-dessus tout jouer au piano avait laissé tomber et me permettait de prendre toutes les heures de cours à sa place et tout était parfait, vraiment parfait. J'avais l'impression d'être capable en quelque chose. J'étais vraiment doué, tu sais.

- Continue, mon ange… Continue…

- Il s'est passé un mois, avant la première fois, la toute première fois. Dudley avait supplié le maître de le laisser partir rejoindre Henry et toute sa clique et il a dit oui et moi, j'étais heureux, si heureux, j'allais rester tout seul avec lui et je pouvais jouer du piano rien que pour lui et moi, j'étais tellement fier. Ca a commencé, j'ai fait une fausse note, c'était La Lettre à Elise et je ratais toujours le même accord, il m'a pris les mains pour me guider. J'ai enfin réussi et il a fait glisser ses longs doigts de pianiste pour me féliciter. Et puis, il m'a dit que j'étais son meilleur élève, que j'apprenais très vite et qu'un jour, je serais capable de jouer aussi bien que lui. Il m'a donné un autre exercice beaucoup plus difficile, il n'avait pas cessé de m'encourager et de me dire que je pouvais réussir. Après trois ou quatre échecs, il m'a dit de venir sur ses genoux pour qu'il puisse me montrer et je l'ai fait. Au début, nous avons continué le travail, je devais suivre les mouvements de ses mains et jouer en même temps que lui. J'aimais bien ça, je trouvais ça amusant, ses mains étaient tellement grandes par rapport aux miennes que j'avais l'impression qu'elles les recouvraient totalement. Au fur et à mesure que le temps passait, je sentais ses mains qui remontaient le long de mes bras puis sur mon cou. Sa respiration était plus forte et rapide. Je trouvais ça bizarre alors je gigotais légèrement et sa voix claqua : « Concentre-toi. Je veux que tu réussisses cet accord à la fin de ce cours. » Je n'ai plus osé ni parler, ni bouger, s'IL avait dit que je devais rester concentré, IL devait avoir raison. J'avais confiance en lui, moi, tu comprends ? »

Lucius n'avait plus assez de force pour répondre, il hocha difficilement la tête et Harry reprit sur le même ton étrangement détaché et enfantin :

« J'ai refait l'exercice cinq fois, dix fois, quinze fois, je ne sais plus exactement, je me souviens seulement que ses mains ont délaissé mes épaules et elles sont descendues sur mon ventre, j'ai arrêté de jouer et il me fâcha. C'était la première fois qu'il se montrait aussi dur avec moi, il ne souriait plus alors, il me fit descendre de ses genoux et me dit que la leçon était finie pour aujourd'hui, que je m'étais mal comporté, qu'il attendait beaucoup plus de moi. Il me renvoya dans ma chambre sous l'escalier, je courus, je pleurais. Même lui, je l'avais déçu, j'étais vraiment qu'un bon à rien, Oncle Vernon avait raison. Mais le maître n'est pas resté dans le salon, quelques minutes après, il est venu me rejoindre et il m'a dit que tout ceci n'était pas grave et que si à présent, je me comportais bien, il oublierait tout… Et je me suis bien comporté, comme il voulait. »

Pendant tout le temps où il avait parlé, les yeux verts étaient restés lointains et vides et Lucius ne put en supporter davantage.

« Tu n'as rien dit à ton oncle et à ta tante ?

- Je pouvais pas, Lus, je pouvais pas. Il fallait pas que je me montre, tout était de ma faute, je leur avais désobéi, tu comprends, tu comprends, hein ?

- Oh oui, mon ange, bien sûr, mais tu n'avais rien fait de mal, tu le sais maintenant ?

- Cela fait tellement mal, la nuit, quand IL vient. »

Lucius aurait voulu lui poser tant d'autres questions. Avait-il fini par dénoncer cet être immonde ? Cela s'était-il souvent produit ? Mais lorsqu'il vit enfin des larmes poindre dans le regard vert, il préféra prendre le brun dans ses bras et s'allonger auprès de lui. Il le sentit sangloter au creux de son cou pendant un temps interminable, ils s'endormirent alors que le jour apparaissait sur le parc du château et quand Lucius se réveilla, dix heures sonnaient aux horloges du Manoir, le brun avait disparu.

A suivre…