Coucou tout le monde, comme promis, cette semaine un chapitre d'un été inoubliable, la semaine prochaine, je suis moins sûre mais j'ai pas mal avancé sur 'le temps d'une année' alors si mon travail le permet, je finis le chapitre et le posterai le WE prochain.

La dernière fois, il était 11 heures et tout ce petit monde attendait le brunch et peut-être l'après-midi. En tout cas, vous allez voir aujourd'hui une nouvelle rencontre Harry/Lucius.

Bonne journée et à bientôt.

Chapitre 18 : L'anniversaire du Lord

Harry était éloigné des autres convives, il s'était réfugié près du buffet avec le même sempiternel verre depuis le début du repas. Il regardait la scène avec circonspection et détachement. Toutes les femmes étaient vêtues de tenues plus élégantes et plus luxueuses les unes que les autres, il aurait pu se croire transporter dans un univers parallèle. Beaucoup trop de jeunes femmes à son goût, héritières des plus grandes fortunes d'Angleterre, papillonnaient autour de Lucius. Nul doute que le départ de Narcissa devait déjà avoir fait le tour du Tout Londres. Harry avait tenté de se mêler à la foule des Lords au début mais leur conversation sur la récession économique, la Bourse, le laxisme général de la société l'avait fait fuir vite et loin. Il n'avait vraiment pas sa place ici. Il sentait l'angoisse monter en lui, il était déjà près de deux heures et il savait que bientôt il se retrouverait seul avec le Lord. Il était peu probable que Drago ou Severus Snape changent leur projet pour cette après-midi, il avait même vu l'ami du Lord jeter à plusieurs occasions un coup d'œil à sa montre, signe de son impatience de se rendre à Londres.

Par moment, alors qu'Harry cherchait Lucius, ils avaient échangé un regard presque complice. A chaque fois, le blond lui avait souri gentiment et Harry s'était senti encore plus mal à l'aise. Il avait baissé très rapidement les yeux. Quant à Drago, il avait l'air de beaucoup s'amuser avec Blaise et Théo, Harry devinait parfaitement leur conversation. Ils se moquaient sans nul doute des autres invités qui ne trouvaient aucunement grâce à leurs yeux. 'Pas assez beaux.', 'Mal habillés.', 'Trop coincés.' Ils n'avaient probablement pas tout à fait tort mais leur cynisme usait le brun à la longue. Il les trouvait assez cruels d'autant plus qu'eux étaient parfaitement intégrés à cette société. C'était d'ailleurs légèrement effrayant et perturbant de se dire que dans quelques années, ce serait des représentants dans la chambre des Lords, des hauts dignitaires de ce royaume.

Harry aurait tant voulu se retrouver près du lac à réfléchir et à laisser le temps s'écouler lentement. Il aimait rester là-bas jusqu'à la tombée de la nuit, voir les lumières faiblir peu à peu et les étoiles se faire plus présentes au fur et à mesure que le soleil se couchait à l'horizon, le vent bruissant dans les feuilles. Il était arrivé au Manoir depuis plus de trois semaines déjà pourtant il avait l'impression que cela faisait tellement plus longtemps, des années qu'il était ici, peut-être même depuis toujours, dans ce parc, près du lac, il se sentait chez lui, plus qu'il ne l'avait jamais été ailleurs.

Harry observait Drago. L'héritier se rapprochait à pas de loups de son ami qui semblait collé à la table et se mit à parler avec un air machiavélique peint sur le visage :

« Tu pourrais faire semblant de t'amuser un minimum. Père est bien meilleur acteur que toi, c'est dire. Bon, je te l'accorde, il a beaucoup plus d'expérience que toi en politique. »

Harry se tourna de nouveau vers Lucius et le regarda encore plus attentivement. Il était vrai que si on n'y prêtait pas vraiment attention, il paraissait dans son élément, entouré de toute sa cour, charmeur, distingué. Il faisait parfaitement illusion mais bien sûr, Drago et Harry savaient que ce n'était qu'une façade, à sa façon de se resservir un verre, de ne jamais rester plus de quelques minutes d'affilée avec les mêmes convives.

« Je ne suis pas l'hôte, je n'ai pas besoin de me mélanger à toute cette foule.

- Cela te ferait pourtant le plus grand bien de parler à d'autres personnes, tu es si renfermé sur toi-même. Tu souris encore moins qu'avant. »

Le brun releva alors le bord de ses lèvres dans un semblant de rictus.

« Il n'y a pas à dire, sourire cela change toute la physionomie d'un visage, rigola Drago.

- Tu ne devrais pas rester avec moi, je ne suis pas d'humeur et puis tu as des invités.

- Ils n'ont pas vraiment besoin de moi pour l'instant. »

Drago montra de la tête ses deux acolytes. Théo et Blaise étaient en grande conversation avec deux filles blondes d'une vingtaine d'années. Harry se contenta de soupirer bruyamment. Les jumelles Parvati ne faisaient pas partie de la haute société, elles n'avaient pas été invitées et bien évidemment leurs princes charmants respectifs en profitaient largement. Drago amusé continua sur le ton de la confidence :

« Ne fais pas ton père la morale ! Ils profitent de l'occasion, ces deux blondes sont Julia Wincott et Shirley Millay, ce sont les héritières de deux des familles les plus puissantes d'Angleterre. Ils auraient eu tort de ne pas en profiter.

- Eh bien tu n'as qu'à en faire autant. Ce serait dommage pour toi que tu ne tentes pas ta chance.

- Tu sais bien que je ne suis pas intéressé, chéri. Je préfère un peu plus de force. »

Inconsciemment, Drago s'était tourné vers l'endroit où se trouvait Remus Lupin. Harry sourit, le blond était vraiment très attaché au médecin, beaucoup plus que ce qu'il admettait dans tous les cas. Malheureusement, pour le brun, son sourire se fana lorsqu'il croisa le regard de Severus Snape. Il n'était plus plein de hargne et de rancœur, non, depuis le début du brunch, l'oncle de Drago était différent, il semblait vouloir lire au travers de Harry et le jeune peintre en était gêné et perturbé, il avait l'impression d'être jaugé, étudié sous microscope. Il ne comprenait pas ce changement si brusque et incompréhensible. Lorsque Severus détourna le regard et qu'il reprit sa conversation avec Lupin, Harry secoua la tête, il devait imaginer des choses. Il daigna prêter de nouveau attention à son ami qui n'avait pas bougé d'un centimètre. A présent, Drago regardait les rayons de soleil se refléter au travers d'une flûte de champagne, avec son éternel sourire charmeur, vissé aux lèvres. Harry avait très bien compris ce que tramait son ami.

« Tu sais, tu n'es pas obligé de rester à mes côtés. Cela ne me dérange pas d'être seul.

- Je n'en doute pas. Tu passerais toute ta journée seul, dans un coin du parc si je n'étais pas là, pour te distraire. Dis-toi que c'est ma mission en ce bas monde.

- Non, mais c'est vrai, tu peux rejoindre les autres. Va voir ton père, par exemple, tu ne lui as pratiquement pas adressé la parole depuis le début du brunch, je suis sûr que cela lui fera très plaisir.

- Tu parles… Il s'en fiche pas mal, il ne s'intéresse à rien depuis le début des vacances, il ne pense qu'à répondre à des courriers inutiles et barbants alors qu'il a une occasion unique de passer du temps avec son propre fils ou avec ses amis.

- Tu as tort, Drago. Je suis sûr qu'il n'attend que ça.

- Je ne pense pas. »

Drago grimaça légèrement, il s'était laissé emporter bien plus que ce qu'il aurait voulu et déjà il regrettait amèrement ses propos, il ne devait pas mêler Harry à toute cette histoire qui ne concernait que les Malefoy. Pour se donner une constance, il vida d'une traite son verre et reprit sur un ton faussement enjoué :

« Eh bien, soit, si c'est ce que tu désires, reste ici à te morfondre sur tous ces merveilleux tableaux que tu n'as pas encore peints et je vais écouter les conseils que tu n'es même pas capable de suivre. Je m'en vais profiter de cette superbe journée et aller parler aux autres. »

Il prit une petite verrine au hasard et de son pas élégant, il partit rejoindre Snape et Lupin. Il avait écourté sa conversation, il reprochait souvent à Harry de ne pas tout lui raconter mais en fin de compte, il n'était guère différent. Le reste de l'après-midi se déroula sous les mêmes auspices, le point d'orgue fut la pièce montée en guise de gâteau d'anniversaire. C'était une initiative de Winky et de Mme Pomfresh qui n'était pas totalement du goût de Lucius. Il s'était toutefois montré fair-play et avait, avec grâce, accepté l'offre. Peu après, les gens commencèrent à s'en aller et les Rovers, les Mercedes et autres voitures de luxe quittèrent la cour les unes à la suite des autres. Pour son plus grand malheur, alors que Blaise et Théo s'en allaient, Harry les entendit dire qu'ils reviendraient dans quelques jours pour jouer au tennis avec Drago. Le brun s'imaginait déjà qu'il serait alors contraint de faire office de quatrième joueur à moins d'être sauvé par Remus. Le peintre avait également remarqué que les deux blondes étaient parties avec les deux garçons. Au final, sur les coups de seize heures, il ne restait plus que les cinq habitants du Manoir.

Harry avait l'impression de revivre. Toute cette foule, toutes ces paillettes l'avaient fatigué, épuisé même. Il n'avait toutefois pas oublié sa conversation avec Drago plus tôt dans la journée, il devrait dans les heures qui viennent affronter à nouveau le Lord et il n'avait absolument aucune idée de comment pourrait se dérouler une telle rencontre. Mais il refusait pour l'instant de s'en faire, il lui restait encore quelques minutes de répit. Il avait bien l'intention d'en profiter pour faire le vide, il s'installa donc dans la bibliothèque et il profita de cette source inépuisable de culture. Il laissait traîner ses doigts sur les lourdes étagères de bois surchargées de livres, il aimait tellement ce mélange de papier et de vieux bois. Il avait déjà fini de relire les sonnets de Shakespeare mais Harry ressentait encore un besoin de romantisme échevelé et les œuvres de Lord Byron lui paraissaient parfaitement adéquates. Il prit l'ouvrage en cuir relié et partit s'asseoir confortablement dans le fauteuil en cuir. Il lisait avec avidité les poèmes, il ne les avait découverts que très récemment mais il aimait la puissance lyrique et le vent de liberté qui s'en dégageaient.

Harry était perdu dans sa lecture, il ne faisait plus vraiment attention à l'heure. Il ne releva la tête que lorsqu'il entendit la voix hautaine de Drago.

« Tu le fais exprès ou quoi ? Je te cherche partout, depuis près d'une demi-heure. Oncle Severus est déjà parti et Père est sur le point de retourner dans son bureau. Remus fait tout ce qu'il peut pour le retenir, tu te rappelles de ta promesse au moins.

- Je… je… »

Harry s'était instantanément redressé, il était rouge de honte. Il n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être. Drago dut lire dans le regard gêné et interrogateur du peintre, il lui répondit un sourire aux lèvres, il ne pouvait lui en vouloir très longtemps.

« Il va bientôt être dix-sept heures, Harry. Tu n'es pas croyable si au moins tu en avais conscience. Allez, dépêche-toi. »

Drago lui tendit la main pour l'aider à se relever et Harry accepta volontiers l'offre. Ils partirent à la course, dans les corridors du Manoir pour finir par arriver dans le grand salon. Lucius et Remus étaient assis l'un en face de l'autre et semblaient en grande conversation.

« De quoi parlez-vous ? demanda Drago avec une curiosité non feinte.

- De rien, de choses et d'autres, de vieux souvenirs, de la réception d'aujourd'hui. »

Harry s'avançait déjà pour s'installer dans le canapé pour participer à la conversation mais un regard peu amène de son camarade de Poudlard le fit légèrement atterrir et il resta figé sur place. Harry doutait que le blond veuille que tout le monde reste ici à faire gentiment causette. Il devait avoir des projets nettement plus personnels et plus enthousiasmants.

« C'est vrai que le brunch a été une véritable réussite. Cela fait du bien de voir de nouveaux gens et puis, cerise sur le gâteau, il a fait un temps absolument superbe. Père, j'ai un petit service à vous demander. »

Harry leva furtivement les yeux au ciel. Drago n'avait jamais été très fin mais le brun lui reconnaissait un talent certain dans le rôle du fils capricieux et cela lui permettait généralement d'arriver toujours à son but avec Lucius.

« Au cours du brunch, nous avons Remus et moi parlé de jouer à nouveau au tennis comme oncle Severus est parti mais je ne voudrais pas que tu t'enfermes dans ton bureau dès que nous aurons le dos tourné.

- Et qu'attends-tu de moi dans ce cas ?

- Je me suis dit que tu pourrais passer du temps avec Harry, vous pourriez faire une promenade dans le parc par exemple. »

Harry avait aussitôt baissé les yeux en direction de ses chaussures. Jusqu'à présent, tout était parfaitement pensé par Drago, il ne restait plus qu'une inconnue de taille. Quelle serait la réaction de Lucius ? Aucun son ne franchit les lèvres du Lord, il semblait un peu perplexe alors Drago décida de continuer comme si de rien n'était.

« Père, je ne peux honnêtement pas forcé Harry à participer encore à un match de tennis, il en deviendrait malade et je ne peux me dédire auprès de Remus, une promesse est une promesse. Alors n'est-ce pas une bonne idée ? »

Lucius leva un sourcil étonné en direction d'Harry. C'était l'occasion qu'il attendait depuis près d'une semaine. Le brun semblait toujours aussi mal à l'aise, il tenait ses poings serrés d'appréhension. Il serait peut-être plus sage de refuser mais sa conscience prenait la voix sentencieuse de Severus. 'Il t'a fait confiance, tu ne peux pas le laisser seul.' Lucius croisa les jambes et s'assit un peu plus confortablement dans son fauteuil.

« Eh bien, Harry, je connais mon fils, il a l'air décidé et donc si vous voulez bien de ma présence, je serais ravi de me promener avec vous, le temps de leur match de tennis. »

Harry était dans un état étrange. Il était à la fois soulagé que Lucius accepte de passer encore du temps avec lui, angoissé à la perspective de n'être plus qu'eux deux, fatigué de faire comme s'ils se connaissaient à peine devant les autres. Le jeune artiste acquiesça et il vit Lucius se lever de son fauteuil, avec élégance et défroisser machinalement les quelques plis de son pantalon.

« Je ne crois pas que ce soit utile d'attendre nos deux sportifs invétérés. Alors après vous, jeune homme. »

Lucius laissa passer Harry devant, puis une fois dehors, il profita d'être à côté des tables qui n'avaient pas encore été débarrassées pour prendre une bouteille de champagne à moitié entamée et deux flûtes. Le garçon le regarda légèrement surpris, le Lord sourit et enlaça la taille du jeune homme.

« C'est mon anniversaire, je peux bien faire ce que je veux.

- Lus', si Drago nous voyait. »

Le ton se voulait réprobateur mais il était plutôt suppliant et cette main chaude que le Lord avait volontairement laissé sur son corps le faisait frémir d'anticipation.

« Tu veux que nous allions près du lac ?

- Hum, hum. Je crois que c'est l'endroit idéal. »

Lucius ne répondit rien, mais ces paroles sonnaient bien énigmatiques à ses oreilles. Mais pour l'instant, son esprit était tourné ailleurs, vers le vent qui s'engouffrait dans les mèches brunes et les soulevaient sensuellement. Retrouver cette proximité lui faisait un bien fou et même les non-dits et les silences n'arrivaient pas à gâcher cette merveilleuse sensation. Ils marchaient l'un à côté de l'autre, dans un calme serein. Il faisait encore très chaud en ce début de soirée et le soleil bientôt commencerait à se coucher. Harry était plus que ravi de partager ce moment privilégié avec Lucius. A présent, le château avait pratiquement disparu et le lord serrait encore plus fortement le petit brun. Il voulait faire comprendre par ce geste à quel point il tenait au garçon. Il rêvait d'embrasser cette peau d'albâtre douce et sucrée. Lorsqu'ils arrivèrent enfin, aux bords du lac, Lucius ouvrit largement les yeux, il y avait étalé par terre, près de l'arbre, la même couverture rouge en tissu écossais. Elle était maintenue en place par quatre bougies éteintes. Harry se détacha et sortit un briquet de la poche de son jean. Il partit allumer les petites lumières avant de se replacer juste devant Lucius :

« Joyeux anniversaire, Lus'. »

Harry se hissa sur la pointe des pieds et déposa gentiment ses lèvres sur celles purpurines de l'autre homme. Lucius se laissa faire. Le contact était fragile, délicat, presque évanescent. Harry commença à reculer et Lucius ne voulait pas le laisser partir, ne le voulait plus. Alors, à la place, Lucius tira le brun vers lui, serrant sa taille fermement, la bouche du brun s'ouvrait de plus en plus pour faciliter le contact. Leurs langues s'apprivoisaient, se cherchaient et se repoussaient. Harry gémissait et Lucius commençait déjà à détacher les boutons de la chemise du brun. Il avait besoin de plus de contact, de plus de peau brûlante sous ses doigts. Après plusieurs minutes à s'embrasser tendrement enlacés, ils se séparèrent, reprenant leur souffle, la chemise blanche d'Harry était déjà tombée à terre.

« Mais, Harry, comment as-tu fait pour tout préparer ?

- C'est un secret… Chut… Tu ne le diras à personne, je suis un peintre magicien. »

Lucius rit devant le regard malicieux du garçon et embrassa tendrement sa joue. Harry prit alors la main droite de Lucius dans la sienne, il transpirait légèrement d'excitation.

« Suis-moi et ferme les yeux. »

Lucius obéit et se laissa entraîné par Harry qui recula jusqu'à la couverture. Le plus jeune l'obligea à s'asseoir contre le tronc d'arbre où il avait posé de longues heures.

« N'ouvre pas encore les yeux, je vais chercher ton cadeau. »

Au contraire de la demande du brun, Lucius stupéfait ouvrit de grands yeux étonnés.

« Tu triches, Lus', réprimanda Harry. Si tu ne les fermes pas sur le champ, je garde ton cadeau.

- C'est du chantage.

- Peut-être mais tu n'as pas le choix. »

Et cette fois, pour faire taire le blond, Harry déposa une fraction de seconde ses lèvres sur celles de Lucius puis il s'éloigna aussitôt. Il revint quelques instants plus tard chargé d'un énorme cadeau empaqueté.

« Voilà, tu peux regarder maintenant. »

Le brun s'agenouilla, face au Lord. Il tendit le cadeau et paraissait terriblement intimidé et nerveux. Lucius avait lui aussi perdu de sa prestance, il était gêné et ému qu'Harry lui offre un présent, il arracha fébrilement le papier. Il eut le souffle coupé, lorsqu'il le vit :

« Ca te plaît ? demanda d'un ton mal assuré Harry. »

C'était une aquarelle d'une taille assez imposante, représentant le lac au coucher de soleil. Les couleurs étaient chaudes et vives dans les ocres. Le travail était si fin, si précis. C'était une scène d'orage, un éclair lézardait le ciel en deux, les branches d'arbre pliaient sous le poids du vent, de la poussière tourbillonnait sur les bords du lac. Lucius était littéralement fasciné et passa un doigt sur l'aquarelle. Harry n'avait toujours pas relevé les yeux, il n'avait encore jamais offert de tableau à quiconque et craignait plus que tout, la réaction de son vis-à-vis. Après quelques instants durant lesquelles le temps s'était suspendu, le Lord sourit et murmura :

« C'est… c'est absolument superbe ! »

Harry n'en croyait pas ses oreilles. Il voulait réentendre Lucius et il lui reposa à nouveau la question. Le Lord ne répondit rien, il se contenta de poser le tableau à ses côtés. Il s'avança doucement vers le garçon agenouillé devant lui et l'embrassa intensément avant de faire basculer le frêle corps sur la couverture. Il prit le visage du brun en coupe entre ses mains blanches et fines, il fit glisser son index sur la peau satinée de la joue puis il lui susurra au creux de l'oreille de sa voix chaude :

« Ecoutez-moi bien, Mr Harry Potter. Ce tableau est divin et il a déjà sa place dans mon bureau et ne me demandez plus jamais si je l'apprécie. C'est sans conteste, le plus beau cadeau que j'ai reçu de toute ma vie.

- Tu…

- Plus un mot. »

Et pour le condamner au silence, il commença à faire glisser sa bouche sur le corps de brun, il suçotait des petites parcelles de peau qu'il savait particulièrement sensible, derrière les oreilles, dans le creux de la clavicule, ses deux tétons dressés. Harry se cambra sous le coup du plaisir ressenti, il gémissait. Les mains de Lucius n'étaient pas restées inactives, elles avaient quitté la taille et glissaient le long du jean pour atteindre la fermeture éclair. Dans un même ensemble, alors que la langue passait sur le nombril, une main audacieuse plongeait dans le boxer, Harry tenaillé par les sensations grogna tant les doigts habiles le caressaient avec talent.

« Lus'. C'est si bon, continue… Encore.

- Je n'ai encore aucune intention d'arrêter, tu peux me croire. »

Effectivement, le lord ne s'en tint pas là, il finit par enlever les vêtements qui le dérangeaient tant. Les poings d'Harry s'agrippaient à la couverture, il était perdu sous toutes ces sensations. Il sentait qu'il n'allait plus résister et qu'il allait bientôt venir. Et lorsque Lucius posa ses lèvres sur son sexe avant de l'engloutir entièrement, sans guère plus de précaution, Harry se sentit partir ailleurs bien loin, dans un autre monde cotonneux et parfait. Il avait beau demandé à Lucius de le laisser qu'il ne tiendrait guère plus longtemps, le Lord ne semblait pas y prêter attention, il redoublait même d'effort. Quand Harry finit par se répandre, ses doigts étaient enfouis dans les cheveux blonds et lisses. Il se laissa retomber tel une marionnette sans fil. Lucius remonta son visage et vint embrasser son vis-à-vis, ses yeux émeraude brillaient de mille feux de désir et d'envie.

Harry était encore trop loin dans le plaisir pour vraiment réaliser mais le baiser avait un goût plus amer. Lucius le prit fermement dans ses bras, pour le garder contre lui, il avait fait en sorte que le brun cale sa tête au creux de son cou, il pouvait ainsi sentir les cheveux indomptables à l'odeur de miel.

« Tu sens si bon, Harry. »

Lucius rit devant la mine légèrement penaude du brun qui avait écarquillé les yeux et rougit adorablement. Le Lord augmenta encore son étreinte, il ne pouvait résister.

« Et tu as également un goût délicieux, Harry.

- Tu le fais exprès pour me mettre mal à l'aise, bougonna l'artiste.

- C'est si facile et tentant. »

Les deux hommes ne virent pas le temps passer, ils étaient juste bien, ainsi, dans les bras l'un de l'autre. Ils se laissaient bercer par les bruits alentour, le clapotis de l'eau, le vent. Lucius faisait glisser ses doigts sur la peau dénudée. Au fur et à mesure que la lumière baissait, la fraîcheur se faisait plus présente et Harry frissonna légèrement.

« Je crois, Mr Potter qu'il est temps de retourner au manoir si tu ne veux pas attraper froid.

- A qui la faute ? Qui m'a enlevé tous mes vêtements ? Moi qui croyais naïvement que les Lords étaient bien élevés et totalement dénués de passion.

- Mais je ne suis pas un Lord comme les autres, le réprimanda Lucius en le tapotant sur le bas des fesses. »

Les deux hommes savaient que la réalité allait reprendre le pas. Ils avaient évité jusqu'à maintenant tous sujets douloureux. Lucius voulait d'abord retrouver leur complicité innée, il n'avait aucune intention de pousser Harry au-delà de ses limites, il avait désiré le gamin, il avait eu envie de le prendre mais il avait préféré s'abstenir de crainte de faire remonter à la surface les cauchemars et les angoisses du brun. Cette après-midi, Lucius s'était promis d'attendre qu'Harry vienne à lui, qu'il le lui demande. Ils se levèrent silencieusement. Tandis qu'Harry se réajustait, Lucius attendait adossé contre le tronc. Le blond avait allumé une cigarette qu'il tenait négligemment. A peine avait-il fini de reboutonner son pantalon qu'Harry se tourna en direction de l'autre homme. Il dit dans un sourire :

« Le spectacle te satisfait-il ?

- Assez. Mais je préfère quand tes vêtements font le trajet inverse.

- J'avais déjà compris. »

Harry encore torse nu se rapprocha du Lord. Lucius se dit qu'il n'avait aucune idée de la sensualité qu'il pouvait dégager. Le brun prit entre ses doigts la cigarette à moitié consumée, inspira une forte bouffée qu'il exhala lentement devant le visage.

« Un tel acte d'insubordination mérite correction. »

Lucius largement plus musclé le saisit et le colla contre l'arbre. Les jambes du plus jeune s'étaient instantanément accrochées autour de la taille de Lucius tandis qu'une langue mutine lapait délicatement un mamelon. Harry se mit à rire avant de déclarer plus sérieusement :

« Je croyais que nous devions rentrer, Monsieur le Lord.

- Comme tu veux, Harry mais méfie-toi qu'un jour, je ne demande pas une réelle réparation en nature pour cet affront. »

Lucius le fit alors descendre à regret, il aurait bien aimé le garder encore un peu, sous son emprise. Il ramassa la chemise blanche qui traînait à terre.

« Remets-la vite sinon je ne réponds plus de rien. »

Harry reprit sa chemise qu'il enfila d'une lenteur affolante, il savourait sa victoire, il aimait voir cet éclair de désir qui assombrissait les pupilles du Lord à chaque bouton remis. Trop vite à son goût, il avait fini de se rhabiller mais Lucius et lui devaient retourner au Manoir. Harry ne portait pas de montre et n'avait absolument aucune idée de l'heure qu'il pouvait être. Le long du chemin de retour, ils parlaient joyeusement, ils étaient bien. Si le peintre avait repris la couverture et les bougies, Lucius tenait le tableau avec une certaine révérence. Le Lord aurait tant aimé tenir la main du brun dans la sienne mais il n'osait pas, cela lui paraissait étrangement familier. A l'approche du Manoir, ils ne s'attendaient pas à voir Drago accourir à leur rencontre.

« Où étiez-vous passé ? Cela fait déjà un moment que Severus est rentré de Londres.

- Nous sommes partis depuis combien de temps ?

- Environ quatre heures. Je sais bien que vous adorez le parc mais à ce point-là ! »

Si Harry était gêné et baissé les yeux, cette révélation ne semblait absolument pas perturbé le Lord qui n'avait pas bronché et continuait simplement son chemin. Tandis que Remus et Severus arrivaient à leur tour, Drago se figea. Il regardait le tableau avec attention.

« Qu'est-ce donc, Père ?

- Un cadeau. Harry me l'a offert pendant que nous nous promenions. Il l'a fait spécialement pour mon anniversaire. »

Lucius était plus que satisfait, il montra avec fierté l'aquarelle. Remus et Severus félicitaient l'artiste pour son talent indéniable. Harry tourna la tête vers Drago et l'observait à la dérobée. Son ami savait parfaitement à quel point il était terrifié de montrer sa peinture à quiconque. Il n'avait jamais accepté de lui offrir la moindre esquisse malgré ses nombreuses demandes. Le blond passait du tableau au visage de Lucius avec incompréhension. Comment cela se faisait-il ? C'était juste impossible, il se passait forcément quelque chose d'étrange, quelque chose qui lui échappait forcément.

A suivre…