Alors tout d'abord, je souhaite une bonne année et tous mes meilleurs vœux à tout le monde. Bon je pensais publier avec les derniers jours de 2008 mais ce sera pour les premiers de 2009 et j'espère que tout le monde appréciera.
A bientôt. Si tout se passe bien dans environ deux semaines pour 'le temps d'une année'
Résumé : Harry a offert un tableau à Lucius pour son anniversaire, éveillant les soupçons de Drago. Le blond va-t-il enfin tout découvrir ?
Chapitre 19 : Révélations
Remus était allongé sur son lit et maudissait Severus ainsi que les trois prochaines générations de Snape. Pourquoi lui faisait-il lire ce foutu rapport sur les activités de l'association des six derniers mois, ce soir, pendant ses vacances ? Lui, c'était le médecin, le baroudeur et les chiffres, il s'en fichait royalement pour rester poli. Tout ce qui lui importait c'était le bien-être qu'il pouvait apporter aux autres et uniquement cela. Morose, il commençait à lire le détail des bénéfices lorsqu'une furie blonde surgit dans la pièce. A la vue du jeune homme qui semblait prêt à en découdre avec l'univers entier, Remus sourit fugacement, au moins, il allait avoir droit à un peu de distraction :
« Grrr… Je ne comprends rien. Il ne m'a jamais rien donné, il m'a toujours affirmé que toutes ses toiles devaient rester en sa possession car elles ne sont pas dignes d'être montrées. Alors pourquoi à mon père et de façon si secrète ? Si nous ne les avions pas surpris à leur retour, nous n'en aurions sans doute jamais rien su, grinça Drago. »
Remus souffla bruyamment, il avait comme une légère impression de déjà-vu et décida de reprendre sa lecture. Drago faisait les cent pas dans la pièce, il allait finir par user la jolie moquette ocre, à ce rythme. Au bout de quelques minutes, comme le garçon ne semblait pas vouloir se calmer et abandonner, Remus résigné posa ses lunettes de vue sur son édredon et se pinça fortement le nez.
« Drago, je n'ai aucune envie de supporter encore toutes tes élucubrations. J'ai vraiment l'impression que tu tournes en boucle, depuis trois jours. Tu devrais penser à autre chose. Je ne sais pas, moi, à l'anniversaire d'Harry qui approche à grands pas ou même à moi et à tous mes désirs encore inassouvis. »
Remus lança un regard lourd de sous-entendus et s'allongea un peu plus confortablement, repoussant au loin le bilan de l'association. Le jeune homme boudait et semblait faussement indigné. Il était venu pour discuter et pas pour assouvir les fantasmes de son amant.
« Drago, arrête de faire ta tête de mule, cela déforme tes jolis traits. Tu risques d'avoir des rides prématurément, si tu continues et je suis sûr que tu ne le veux pas.
- Ne plaisante pas, Rem', c'est très grave ce qui se passe ici.
- Ah bon ? Quelqu'un est mort ?
- Non, mais mes parents se sont séparés ! »
Remus tapota doucement son dessus de lit et Drago y prit place, s'asseyant à contre cœur à côté du médecin. Le blond n'en démordrait pas, il se passait quelque chose entre Harry et son père. Drago raconta donc encore une fois tout ce qu'il avait vu et pas le plus infime détail ne fut oublié. Remus faisait mine d'écouter attentivement le jeune homme pour ne pas vexer inutilement le blond même s'il connaissait déjà l'essentiel des arguments. Pour être tout à fait honnête, il devait bien admettre que certains points l'avaient déjà légèrement désarçonné du moins assez pour qu'il se demande si Drago n'avait pas raison. Evidemment, Remus n'en avait rien dit à son amant, n'ayant aucune envie d'envenimer la situation mais, hier, il n'avait pu résister à la tentation, il avait discuté de la situation avec Severus. Ce dernier avait été des plus évasifs, il n'avait même pas semblé surpris d'entendre parler d'une éventuelle liaison entre Lucius et le meilleur ami de Drago. Remus avait encore été conforté dans ses suppositions. Le médecin fut brusquement sorti de ses réflexions par Drago qui tapait nerveusement du pied au sol.
« Tu m'écoutes à la fin !
- Mais bien sûr, chéri, je ne fais que cela, tu le sais bien. Ceci dit, cela fait déjà trois longues journées que j'entends cette histoire, donc il m'arrive par moment de légèrement décrocher. »
Cette dernière réplique avait voulu à Remus un coup de coude dans les côtes de la part du blond. Le médecin hésita un instant puis après avoir pesé bien chaque mot pour ne pas enflammer le fils de Lucius, il reprit :
« Drago, je ne sais pas, tu as peut-être raison mais...
- Ah, ah ! Tu le reconnais enfin ! »
Remus se pencha et déposa un léger baiser sur les lèvres de son vis-à-vis légèrement surpris. Drago resta quelques secondes, un peu hébété et l'autre homme en profita pour tapoter le bout du nez du garçon.
« Ne m'interromps pas, chéri, veux-tu ! Je n'ai pas encore fini. »
Drago regardait étrangement son amant actuel mais ne répliqua pas, il se laissa tomber avec élégance et naturel sur le dessus de lit à côté de Remus.
« Te triturer l'esprit pour savoir si oui ou non, ils ont fait quelque chose n'apportera strictement rien de bon, bien au contraire. Ne te laisse pas déborder par ta tristesse d'avoir vu ta mère partir.
- Je ne suis pas triste, je suis furieux plutôt et je veux comprendre !
- Il n'y a malheureusement strictement rien à comprendre. Ta mère est une personne paranoïaque qui n'a pas supporté la venue d'étrangers et elle a préféré fuir au détriment de son fils adoré. Je suis intimement persuadé qu'Harry n'a qu'un rapport très lointain avec la décision de ta mère. »
Drago semblait fasciné par le plafond à tel point que Remus se demandait s'il l'avait écouté ou même entendu. L'homme avait appris à déchiffrer les réactions de Drago en un mois et il se faisait du souci. Drago était un garçon qui essayait de passer pour plus dur et plus sûr qu'il ne l'était en réalité. En vérité, le garçon avait manqué toute son enfance de l'amour de sa mère et de l'affection de son père, il se sentait en mal de reconnaissance et voulait par-dessus tout que ses parents soient fiers de lui. Tous ces récents changements l'avaient un peu plus meurtri mais il faisait tout pour le cacher au maximum. Remus avait eu cependant l'occasion de s'en rendre compte, le jour où ils avaient conduits Narcissa à Londres. Ils avaient été contraints de passer la nuit là-bas et à travers la cloison fine qui séparait leurs chambres, Remus avait entendu Drago pleurer à chaudes larmes. Il l'avait rejoint après maintes hésitations et ils avaient fini par faire l'amour aussi bien pour soulager la peine du blond que parce qu'ils en avaient envie depuis déjà plusieurs jours.
« Drago, je te le répète, ne fais rien d'inconsidéré, je t'en prie.
- Pourquoi dis-tu ça ? Nous ne sommes que tous les deux que pourrions-nous donc faire d'inconsidéré, murmura Drago, le regard concupiscent.
- Ne joue pas à ça avec moi.
- Mais je ne joue jamais, moi.
- Arrêtez, jeune homme ou vous risquez de le regretter. ajouta Remus, faussement menaçant.
- Des paroles. Toujours des paroles, monsieur l'intrépide médecin. »
Drago s'était rapproché du châtain, sa mauvaise humeur semblait s'être envolée et il lui souriait d'un air entendu et coquin.
« Voyons, Drago, tu sais bien que je ne suis pas un homme de parole mais plutôt d'action. »
Drago ricana légèrement et s'étendit plus volontiers, poussant du pied les papiers gênants, les faisant tomber à terre.
« Si Severus voyait comme tu traites son œuvre, il serait indigné…
- S'il entrait dans cette chambre, en cet instant, je ne pense pas qu'il serait uniquement indigné par ça ! »
Le plus jeune partit dans une hilarité vite rejointe par l'autre homme. Imaginer Severus dans cette chambre paraissait juste inconcevable mais en même temps si drôle.
« Et puis, reprit le blond, encore très amusé, tu sais que je pourrais être vexé, penser à Severus au moment où j'allais te proposer un petit entracte romantique.
- Je ne ferai plus aucune référence à notre bon Severus, promis. Et commence donc, j'ai hâte de voir quel spectacle me sera proposé ce soir. »
Drago roula, de sorte que son visage soit à quelques millimètres de celui de son vis-à-vis. Il frotta son nez contre la joue râpeuse de Remus. Le jeune homme grimaça légèrement.
« Tu devrais mieux te raser, ce n'est pas très agréable au toucher.
- Pas très agréable ? Il me semble que ce n'est pas ce que tu disais hier. Tu veux que je te le rappelle.
- Remus, tais-toi. »
Drago embrassa franchement son amant avant que Remus ne reprenne. L'élève de Poudlard devait bien reconnaître qu'ils s'entendaient tout particulièrement bien au lit. C'était encore mieux qu'avec Harry. Son camarade était bien sûr parfait, doux, attendrissant mais le blond avait toujours cet étrange sentiment en compagnie d'Harry comme si le brun n'était pas toujours là ou pire comme s'il n'avait pas toujours souhaité être là et puis il y avait ses pleurs et ses cauchemars inexpliqués au milieu de la nuit. Avec Remus, tout était différent, sans aucune comparaison. Lorsque Drago était dans les bras de l'autre homme, il était vraiment au nirvana, tout était clair, sans faux-semblant, sans problème.
Ils s'embrassaient déjà avec fougue et passion, laissant leurs différents doutes loin de cette chambre. Les chemises avaient été déboutonnées avec rapidité et zèle et lancées au loin, permettant à Remus d'admirer le torse ferme et musclé du plus jeune. Le désir que pouvait lire Drago dans les yeux du plus âgé le faisait sourire. Il appréciait cette sensation d'être pour un court moment l'être le plus important aux yeux d'un autre. Les deux hommes s'enlaçaient, se caressaient. Les lèvres se posaient en divers points stratégiques qui enflammaient les sens, derrière les lobes d'oreille, sur la peau tendre du cou, du poignet. Ils plaisantaient joyeusement :
« Il est temps, il me semble, de passer à des choses encore plus sérieuses, M. Malefoy. »
Se faisant, Remus en avait profité pour déboutonner le pantalon de Drago et passait ses doigts sous la ceinture, vers des territoires plus si inconnus. La main du blond aidait bien gentiment son alter ego à trouver son chemin.
« Tu sais, je ne suis pas aussi nul que ça et je peux très bien y arriver tout seul.
- Je voulais seulement être un gentil garçon et apporter toute mon aide. »
La voix était enjôleuse, joueuse, en un mot tout simplement exquise.
« Eh bien, parfois, les gentils garçons devraient laisser faire les adultes, ils ont plus d'expérience car ils savent exactement comment faire. En un mot, ils sont beaucoup plus doués.
- Plus doués ? Tu te fous de moi ! »
Drago s'était redressé sur ses coudes, indigné et fusillait l'autre homme du regard, il reprit aussitôt.
« Hier, il ne me semble pas que tu me trouvais moins doué que toi, surtout lorsque… »
Le reste de sa phrase se perdit dans le creux de l'oreille de Remus, qu'il entreprit de lécher avec délectation. Pour riposter, l'homme attrapa le visage du plus jeune et débuta un baiser fougueux et exigeant, repoussant le garçon au milieu des oreillers. Le blond n'avait pas l'habitude que l'autre homme soit si intense et il en profita bien agréablement. Quand, après de longs instants, Remus arrêta le baiser, le garçon était pantelant, légèrement groggy, ses lèvres presque douloureuses mais surtout les yeux illuminés par le désir et l'envie. Le médecin était plus que satisfait par cette vision.
« Très bien, M. le docteur, je me rends, fais-ce que tu veux de moi, tu as gagné pour ce soir, je serai ta marionnette. Ceci dit je trouve ça regrettable que vous ne m'ayez encore jusqu'à présent jamais embrassé ainsi. »
Drago comme pour se persuader une nouvelle fois de la réalité de ce baiser passa machinalement ses doigts sur ses lèvres. Contre toute attente, alors que le plus jeune s'était installé encore plus confortablement, Lupin fit un fugace bisou sur le bout du nez du blond et se releva, un léger rictus au coin des lèvres, recherchant sa chemise tombée à terre.
« Je n'ai pas très envie de rester dans la chambre, il est encore très tôt et il y a tellement d'endroits magnifiques dans le parc. Ca te tenterait une promenade à cheval ? J'adorerais remonter ce merveilleux étalon que tu m'as montré au début de mon séjour ? »
Alors que le plus âgé reboutonnait déjà sa chemise, le plus jeune était outré, furieux.
« Tu plaisantes, j'espère.
- Non, je suis on ne peut plus sérieux, nous deux, pour une promenade au clair de lune, ce n'est pas tentant et si romantique ?
- Mais… mais tu ne peux pas me laisser comme ça… faillit s'étouffer le blond qui avait fait un geste des plus explicites en direction de son pantalon qui tombait largement sous ses hanches. »
L'autre homme rigolait à gorge déployée.
« C'est l'avantage de l'homme plus expérimenté qui peut se contrôler plus facilement. Sinon, si tu ne veux pas m'accompagner, tu peux toujours te soulager tout seul, je serais de retour disons dans une heure.
- Tu as décidé de te foutre de moi ? bouda franchement Drago.
- Tu me prêtes de bien mauvaises intentions, ricana Remus. J'étais sincère lorsque je t'ai proposé une ballade romantique : juste toi, moi et le clair de lune. Mais, je crois que je vais être obligé d'oublier cette promenade et me contentai, comme tu l'as si bien dit, de te foutre… profondément.
- Mon dieu, tu parles à un futur Lord, c'est très choquant, Docteur Lupin. Absolument honteux ! »
Les deux se défiaient du regard mi-hilares, mi-sérieux et Remus se rallongea aux côtés de son amant et posa d'abord sa main sur la peau chaude et veloutée de Drago avant de prolonger et de déposer ses lèvres sur le torse fin et musclé. Rapidement, les mains fautives finirent de faire descendre le pantalon et le boxer bien inutiles. Remus aimait jouer et plaisanter avec le blond et ce soir, il n'avait qu'une envie que Drago oublie réellement tous ses soucis inhérents à la probable liaison de Lucius et d'Harry et qu'il passe la meilleure nuit de sa vie.
Et c'est ce qu'ils firent, ils passèrent toute la nuit ensemble, à s'amuser, à faire l'amour intensément, à se donner l'un à l'autre avec rage, force et précipitation, totalement. Ils ne se rendirent même pas compte, lorsque repus et satisfaits, ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre.
Remus eut malheureusement, un réveil des plus difficiles lorsque soudainement, il entendit un cri suraigu à proximité.
« Putain, il est plus dix heures ! »
L'homme encore tout ensommeillé se frotta les yeux mi-clos longuement puis s'étira calmement. Il vit le blond qui était déjà en train de rassembler toutes ses affaires avec précipitation.
« Qu'est-ce qui se passe ? demanda l'homme d'une voix endormie.
- Tu te demandes ce qui se passe, tu te fous de moi. Au lieu de me regarder avec des yeux de merlans frits, tu devrais plutôt faire attention à l'heure. »
Remus ne voulant pas choquer outre mesure son blond tourna la tête vers le radio réveil et prononça un très laconique 'Ah'.
« Ah… Ah ! Tu ne pourrais pas être un plus expressif. Il est dix heures, on a tous les deux loupés le petit-déjeuner comme par hasard. Comment crois-tu que l'on va pouvoir le justifier !
- Simple coïncidence. Nous avons eu tous les deux une panne d'oreiller. »
L'oreiller le plus proche de Drago fut alors projeté en plein milieu du visage de Remus.
« Ca aussi c'est une simple coïncidence, ragea le garçon.
- Mis à part, ton père et encore je ne suis pas sûr, je crois de toute manière que tout le monde est déjà, au courant pour nous deux, au Manoir.
- Même oncle Sev ? blanchit Drago. »
Remus tout d'un coup semblait très intéressé par les motifs du papier-peint.
« Qu'est-ce qui se passe ? Qu'as-tu été raconté à mon oncle, espèce d'obsédé ?
- Ben, la vérité, quoi d'autre… Je n'allais quand même pas me lancer dans une relation avec toi, sans l'avis de mon meilleur ami. Tu en as bien parlé à Harry, je suppose.
- Ce n'est pas pareil !
- Je te l'accorde, je n'ai jamais couché avec Severus. »
Drago encore nu laissa tomber ses affaires à terre et se rassit sur le bord du lit, dépité.
« Et il ne s'y est pas opposé ?
- Etrangement non. C'était le matin de notre départ pour Londres et je croyais qu'il m'insulterait mais non rien. Je ne te dis pas qu'il était emballé par l'idée mais il n'avait pas l'air énervé non plus, j'ai même cru l'espace d'un instant qu'il nous avait déjà surpris en train de nous embrasser sans oser nous le dire. Bref, pour faire court, il a reconnu que j'étais bien incapable de te faire souffrir vu le fait je cite que 'tu es sentimentalement encore plus instable que moi'. Il voit en toi plus un prédateur qu'une potentielle victime sexuelle et il est même persuadé que ce sera toi qui me briseras le cœur et me jetteras en premier et j'ai même parié avec lui le contraire. »
Drago était médusé, stupéfait, en un mot choqué.
« Charmant ! Vous avez parié sur notre éventuelle rupture avant même qu'on ait baisé ensemble !
- Oui, tu sais, il n'est pas toujours aussi rigoriste qu'il en a l'air.
- Mais il n'a vraiment rien dit ? bafouilla le blond, encore surpris.
- De toute manière, que veux-tu ? Nous sommes deux adultes consentants, il ne peut pas faire grand-chose. »
En cet instant, le terrible prédateur regardait d'un œil torve Remus et se demandait si en vérité, il n'avait pas trouvé quelqu'un d'encore pire que lui.
« Pourquoi tu m'en as pas parlé auparavant ?
- Je n'en ai jamais vraiment eu l'occasion et puis je savais que tu allais faire ta tête de cochon pour des choses aussi futiles.
- Futiles ! bouda le garçon. A t'écouter, j'entends déjà Oncle Sev te mettre en garde à mon encontre. »
Remus s'était approché du blond lentement, glissant le long des draps en soie avant de lui enserrer la taille avec force.
« Bien sûr que non, ne sois pas stupide, ce n'est absolument pas ce qui s'est passé. D'ailleurs, à la fin, il m'a demandé de faire très attention à toi. »
Remus embrassa légèrement Drago pour éviter que le blond ne continue inutilement à s'énerver avant de le frapper légèrement à la naissance de ses fesses.
« Il me semblait que nous étions très en retard pour le petit-déjeuner et que tu voulais descendre au plus vite.
- Merde ! Mais tu ne perds rien pour attendre, je te jure que tu me diras tout ce qui s'est exactement passé. »
Remus ne se hâta pas vraiment, il préférait voir son amant mettre en marche tout un plan de bataille pour retourner dans sa chambre sans être repéré, récupérer des vêtements propres et prendre une douche, le tout en moins de cinq minutes. Remus après avoir laissé à son goût assez réfléchir le garçon, alla jusqu'à son armoire et tendit un paquet au gamin.
« Mais ce sont mes vêtements !
- Oui, je te les avais pris, je m'étais douté qu'un jour, cela pourrait t'être utile, comme par exemple, après une nuit de débauche.
- Je… Je…
- Ne t'inquiète pas, tu trouveras bien un moyen de me remercier ce soir. »
Remus avait fait un clin d'œil coquin à son vis-à-vis. Drago, quant à lui, ne savait pas s'il devait remercier l'homme pour sa prévoyance ou bien le maudire pour avoir choisi une chemise à carreaux qu'il n'avait plus osé mettre depuis l'été dernier. Il choisit de le maudire.
« Car tu crois que je vais te remercier pour avoir réussi à prendre le seul vêtement de ma garde-robe qui n'est plus à la mode. Je vais avoir l'air de quoi avec ça, moi ? »
Remus soupira. Au temps pour lui, il ne comprendrait jamais totalement sa furie blonde.
« Comme tu veux. Si tu préfères traverser le long couloir à moitié nu, au risque de tomber nez à nez avec Winky ou même avec Dobby, grand bien te fasse… Sinon, tu as toujours ce vêtement, même s'il ne répond pas exactement à tes critères esthétiques ! En tout cas, il est grand temps que je me prépare, je vais prendre une douche. Si tu veux venir, il y a de la place pour deux, sans problème… »
Drago d'un air déprimé regarda d'abord cette horrible chemise, puis la porte de la chambre. Il finit par tourner la tête vers la porte de la salle de bain attenante que Remus venait de fermer. Il secoua la tête. Après tout, il pouvait relancer la mode des carreaux et finalement, après maintes hésitations, il rejoignit son amant. Il ne le regretta pas, la douche fut en un mot un pur moment de délice. Avoir un Remus aux petits soins, frictionnant chaque parcelle de son corps, sous le jet d'eau chaude était des plus agréables, d'autant plus que le médecin avait fini ce doux moment par un petit massage avec une huile parfumée au jasmin. Drago tout émoustillé en était même resté quelques instants, sans voix. Malheureusement, très vite ou plutôt trop vite, les deux hommes furent habillés et prêts à affronter le reste du monde. Drago avait décrété qu'ils descendraient avec un léger décalage pour ne pas éveiller les soupçons de son père et Remus n'avait pas osé contrarier le blond. Il avait accepté l'idée et partit en premier, légèrement résigné.
Evidemment, lorsque Remus pénétra dans la salle à manger, il n'y avait déjà plus personne, il ne restait plus que leurs couverts encore intacts. Le médecin craignait la réaction du blond et il avait raison. A son arrivée, Drago semblait à la fois furieux et triste que personne ne se soit inquiété de son retard et ne l'ait attendu. Alors que Remus s'installait et se versait une tasse de thé fumant, Drago sonna Winky. La jeune domestique affolée se présenta devant eux, quasiment aussitôt.
« Winky, les autres ont fini de déjeuner depuis longtemps ? »
Le ton était sec et la pauvre jeune fille acquiesça rapidement puis elle ajouta en bégayant :
« Je les ai entendus, M. Snape est parti travailler dans le bureau de Monsieur. Votre ami souhaitait se rendre dans la bibliothèque.
- Le contraire eut été étonnant, il est parti se cacher comme d'habitude. Et mon père ?
- Je ne sais pas vraiment, hésita-t-elle. Il est sans doute remonté dans ses appartements.
- Vous pouvez retourner à votre travail. »
Remus avait observé silencieusement la discussion tout en continuant à prendre son petit-déjeuner, il avait été frappé par la ressemblance entre le père et le fils, dans sa façon de s'adresser au personnel si sèchement. Il voyait bien que Drago était sur le point d'exploser et qu'il ne supportait plus les mensonges et petites cachotteries de Lucius. Une fois, la bonne repartie, le médecin s'adressa à son amant :
« Drago ?
- Quoi ?
- Viens manger.
- Je n'ai pas faim. J'en ai plus qu'assez et je vais parler à Harry tout de suite. »
Remus aurait pu essayer de retenir le blond mais à son regard, il savait que cela n'aurait eu qu'un effet : accentuer sa colère. Lorsque Drago quitta les lieux, le médecin pria intérieurement pour que Harry et Lucius ne soient pas ensemble car désormais, il craignait sincèrement la réaction de son amant, si leurs soupçons s'avéraient exacts.
Drago marchait à grands pas vers la bibliothèque. Tout le monde dans ce Manoir agissait dans son coin. Evidemment, les autres avaient eu raison de ne pas les attendre mais il avait comme l'impression qu'ils se fichaient de lui, qu'il n'avait plus aucune importance à leurs yeux. Harry était parti se cacher, il lui mentait, ce qu'il n'avait jamais fait jusqu'à aujourd'hui. Plus il se rapprochait de son objectif, plus il redoutait le moment où il se confronterait avec son meilleur ami. Que devrait-il dire ou faire ? Son pas s'était naturellement ralenti. A présent, il n'était plus qu'à quelques mètres, il se rendit compte que la porte n'était pas totalement fermée, Drago allait entrer quand il entendit un bruit de voix ou plutôt un soupir, un son qu'il connaissait parfaitement. Doucement, il se contenta de pousser la porte de quelques centimètres, sans se faire repérer. Il mit du temps à les apercevoir mais ils étaient bien là tous les deux. Il aurait pu faire autant de bruit qu'il souhaitait, les deux autres étaient tellement absorbés l'un par l'autre qu'ils ne seraient sans doute rendus compte de rien.
Harry était à moitié nu, plaqué contre l'une des bibliothèques, son tee-shirt avait été jeté par terre comme un chiffon inutile. Lucius soulevait le corps frêle du plus petit et martyrisait un téton déjà durci. Drago pouvait lire tout l'émoi que ressentait Harry sur son visage. Le brun, la tête renversée, avait les yeux mi-clos. Il tentait de se maintenir en équilibre comme il pouvait, en agrippant férocement les épaules de l'adulte. Le plus jeune se mordait intensément les lèvres et s'il continuait, il risquait de les faire saigner. Drago était surpris par la sensualité qui se dégageait de ces deux êtres. Jamais, l'artiste ne s'était ainsi abandonné dans ses bras comme il le faisait en cet instant, il paraissait tellement libéré. Harry soufflait avec force, parfois des onomatopées sortaient de sa bouche. Drago resta longtemps à les observer, il avait encore besoin de se persuader que c'était bien la réalité, il était comme hypnotisé, incapable de bouger ou même de réfléchir. Il fut saisi lorsqu'il entendit la voix rauque, chargée de désir de son père.
« Tu as la peau si douce, elle est à croquer. Et si on continuait dans ta chambre… Tu te rappelles ?
- Je… je… Lus. »
Harry semblait perdu, sur le point de défaillir. Lucius ne résista pas et attrapa les lèvres meurtries entre ses dents. Drago se rendit compte que son père avait fait glisser sa main dans le pantalon du brun, dans un geste si semblable à celui de Remus.
« Lus, Lus… tu… tu ne devrais pas retourner travailler. Drago ne devrait pas tarder à se lever de toute manière.
- Pourrais-tu éviter de faire mention de mon travail ou de mon fils lorsque tu es entre mes bras, il y a tellement d'autres sujets plus excitants et notamment… »
Sa main se fit encore plus pressante sur l'entrejambe du brun qui poussa un petit cri. Peut-être était-ce le fait qu'Harry et Lucius aient parlé de lui mais Drago ne tint pas et finit d'entrer dans la pièce.
« C'est vrai, Père, pourquoi parler de moi ? Il y a tellement de choses plus excitantes, vous n'avez qu'à faire comme si je n'existais pas. »
A suivre…
P.S. : Une review en période de fêtes est toujours la bienvenue. Merci d'avance.
