Coucou et en tout premier lieu…

JOYEUSES FETES, TOUT LE MONDE !!!

Je sais bien que cela fait trèèèèèèès longtemps (euh 7 mois pour être exact) mais je rassure tout le monde, je n'ai pas arrêtée et même si vous lisez, le temps d'une année (RLHP), sachez qu'un nouveau chapitre sera posté dans deux semaines, il est déjà fini mais je veux garder un peu d'avance pour ne pas rester deux mois sans publier…

Donc voilà, je sais bien que je suis sans excuse, en dehors d'une fatigue et d'une flemme contre lesquelles je lutte ardemment mais j'espère que vous me pardonnerez pour ce retard… C'est une période de fête…

Sinon, rappel de l'intrigue : nos deux héros Harry et Lucius ont été découverts par Drago qui a très mal réagi en apprenant leur relation. Voici la suite…

Merci pour tous les lecteurs et surtout reviewers, je continuerai coûte que coûte pour vous.

Bonne lecture…

Chapitre 21 : Un jour spécial…

Harry alluma le plafonnier et regarda machinalement l'heure sur le réveil. Huit heures et demie. Une nouvelle fois, sa nuit avait été émaillée par de nombreux cauchemars, comme en témoignaient les draps défaits et qui traînaient à terre. Il resta tout d'abord couché sur ce lit, sans avoir la moindre intention de bouger, à regarder une ombre imaginaire sur le plafond mais il finit par se lever, ne souhaitant qu'une seule chose, pouvoir se recoucher au plus vite et rester si possible dans ce lit, jusqu'à la fin de sa vie.

Lorsqu'il passa à proximité du miroir de plain-pied, il s'y arrêta et admira quelques secondes, le reflet que le miroir lui renvoyait et cette vue lui fit peur. Ses cernes s'étaient encore creusées et son teint, à l'accoutumée pâle virait presqu'au cadavérique. Son pyjama rayé lui donnait l'apparence d'un prisonnier condamné aux travaux forcés. Seuls, ses grands yeux émeraude tranchaient avec cette pâleur. Le jeune peintre murmura entre ses dents 'Joyeux anniversaire, mon vieux' avant de se laisser tomber à nouveau, les bras en croix, sur son immense lit.

Plus il y réfléchissait et plus le constat était désolant. Les jours s'étaient suivis sans que la situation ne change vraiment. Drago ne lui parlait plus, depuis qu'il avait découvert la relation qu'Harry entretenait avec son père. Le brun avait également dû subir les regards désapprobateurs de Severus Snape. Concernant sa relation avec Lucius, tout était bouleversé, l'aristocrate avait tenté de réconforter Harry comme il le pouvait mais le jeune homme avait préféré s'éloigner, il se sentait tellement honteux. Une voix qu'il ne connaissait que trop bien d'ailleurs ne cessait de lui seriner que tout était de sa faute, qu'il était l'unique responsable de la dispute entre Lucius et Drago et qu'il mériterait de finir seul, abandonné de tous.

Après maintes hésitations, Harry partit se doucher. Il gardait le fol espoir que, malgré tout, la journée ne serait pas totalement ratée et même qu'un miracle pouvait se produire.

Lorsqu'il revint de la salle de bains, ceint d'une serviette, il sursauta en découvrant Lucius dans sa chambre. Il n'avait aucune idée du temps que l'autre homme avait pu rester seul dans la pièce. Il était assis sur la petite chaise de bureau, droit, fidèle à l'image de la famille Malefoy, ses ongles manucurés tapotaient contre le bois du bureau. A la vue du jeune homme, Lucius se fendit d'un large sourire. Harry décontenancé pensa uniquement que le Lord était vraiment superbe.

« Je… je… ne savais pas que…

- Bonjour, Harry, l'interrompit le Lord.

- Bonjour, prononça le garçon qui baissa les yeux au sol, comme pris en faute. »

Lucius se leva alors de la chaise qui grinça contre le parquet et se dirigea tranquillement vers le jeune homme. Harry n'avait aucune idée de l'image tentatrice, qu'il pouvait renvoyer en cet instant, à demi-nu, les cheveux mouillés, légèrement ondulés et c'était sans doute ce qui était le plus touchant et incroyable chez lui. Le Lord colla alors sa bouche contre la tempe du brun et lui susurra doucement au creux de l'oreille :

« Bon anniversaire, Harry. »

Sa voix était douce et chaude… Envoûtante. Le geste joint très vite la parole et le Lord caressa d'abord le visage de l'adolescent avant que les deux bouches ne s'unissent et que leurs langues ne débutent une danse langoureuse. Harry tremblait légèrement et avait la chair de poule, des gouttelettes d'eau tombaient de ses cheveux sur ses épaules et s'écoulaient le long de son dos. Il entendit le rire du Lord qui se détacha.

« Il me semble plus prudent que tu te changes, il ne faudrait pas que tu tombes malade aujourd'hui. Tu n'as qu'à me rejoindre dans la salle à manger, pour le petit-déjeuner. Tu pourras profiter de la journée et faire ce que tu veux après. Je ferai tout ce que tu souhaiteras ! »

Le sourire de Lucius s'était fait plus coquin, ses yeux brillaient, ce qui lui valut une réplique piquante de l'adolescent :

« Eh bien, eh bien, Monsieur le Lord, que signifie donc ce regard ? J'ai comme l'impression que vous imaginez déjà certain de mes souhaits mais vous risquez fort d'être déçu !

- Comment peux-tu me prêter de telles intentions ? C'est tout simplement honteux. »

L'homme riait cette fois, franchement, il avait comme le soupçonnait Harry, une multitude de mauvaises pensées à la vue de ce corps mince, finement sculpté. Lucius s'assit sur le lit et croisa avec élégance ses jambes.

« Autre possibilité… Si tu préfères, je peux attendre ici que tu sois prêt et nous descendrons ensemble, après.

- Pourquoi ai-je l'impression que tu veux rester ici et m'espionner tout à loisir, pendant que je me changerai.

- Je dois bien reconnaître que tu m'as démasqué.

- Je ne crois pas que ce soit raisonnable. Je ne crains que nous ne passions toute la journée ici or j'ai l'intention de profiter de ce soleil magnifique pour aller peindre dans le parc.

- Oh, non, je ne te laisserai pas faire, jeune homme. Aujourd'hui est un jour tout particulier, tu as dix-sept ans. Il est hors de question de te laisser partir seul peindre, pour le reste de la journée. Je ne veux pas que tu t'éloignes aujourd'hui, pour des bêtises.

- Si tu savais, le nombre de fois où Drago m'a dit exactement la même chose. »

A peine avait-il fini sa phrase qu'une ombre fugitive passa dans les yeux verts émeraude. Une ombre qui n'échappa pas au regard vif et perçant de Lucius. L'homme pensa que cela faisait déjà bien assez de jours que la relation entre son fils et Harry s'était dégradée et qu'il allait devoir intervenir. Il soupira assez fortement devant l'ampleur de la tâche qu'il se devait d'accomplir. Harry, interloqué par l'attitude de Lucius, le fixa.

«Qu'est-ce qui se passe ?

- Rien, absolument rien. D'accord ?

- Euh, oui… prononça d'un air mal assuré le jeune peintre.

- Finalement, tu ne m'as pas répondu. Puis-je attendre dans ta chambre que tu ais fini de te préparer ?

- Accepter ou ne pas accepter telle est la question ? s'amusa le brun qui s'avançait en direction du Lord. »

Il se baissa à sa hauteur et posa délicatement ses lèvres purpurines sur celles de son vis-à-vis.

« Monsieur, je suis d'accord si vous consentez à seulement observer sans agir ni parler, car sinon cela risquerait fort de me gêner et de m'empêcher de me changer.

- Tiens donc. Tu me crois capable de te distraire de la sorte ?

- Et comment… »

Et pour preuve, Harry désigna d'un rapide mouvement de tête les mains de Lucius qui glissaient lentement le long de ses hanches. L'aristocrate se contenta de retirer ses mains. Harry se retourna donc et se dirigea vers la grande armoire, il sentait le regard affamé de son hôte. Lorsqu'il entendit les ressorts du lit, preuve incontestable que Lucius s'installait plus confortablement, il refusa d'y prêter attention, restant dos au blond. Ceci lui valut un rire aux échos résolument sarcastiques de la part du Lord. Alors qu'il s'apprêtait à ouvrir la porte vitrée de l'armoire, Harry vit le reflet de Lucius à moitié allongé et qui allait allumer une cigarette.

« Ce n'est pas bien de fumer dans un lit.

- Ah, ah ! Comment peux-tu dire cela alors que tu m'as fait poser ici même, nu et fumant des cigarettes, durant des heures ?

- C'est… c'est différent, bafouilla Harry.

- Et en quoi ? Je serai curieux de le savoir.

- C'était pour l'art, se renfrogna légèrement l'adolescent.

- Oh, oh ! Donc l'art justifie tout, même de fumer dans un lit ! Quelle chance tu as alors d'être si bon artiste ! »

Harry rougit lorsqu'il entendit Lucius, il n'avait aucune raison de mettre en doute la véracité des propos de l'homme mais il n'arrivait toujours pas à accepter les compliments, quels qu'ils soient. Lucius avait allumé sa cigarette et des volutes de fumée s'échappaient da sa bouche tandis qu'il expirait lentement. Leur regard se croisa durant une fraction de seconde à travers le miroir et Harry en eut la chair de poule, il avait l'impression d'être revenu quelques jours plutôt, lorsqu'il avait dessiné l'aristocrate, l'un des moments les plus intenses et des plus sensuels qu'il avait pu vivre jusqu'à aujourd'hui. Il se sentait rougir et finalement baissa les yeux. Lucius qui ne perdait pas une miette du spectacle prit davantage ses aises puis il s'adressa à ce gamin qui paraissait en cet instant, presque désemparé :

« Oh non, Harry, je te l'interdis, ne me regarde pas ainsi. Je sais que tu doutes de tout, de mes sentiments mais sache et surtout retiens-le : tu es la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Tu es mon ange brun. »

Harry sourit lorsqu'il entendit la voix chaude de Lucius prononcer ces quelques mots. Le jeune homme fixait le reflet du Lord, le regard du blond pétillait de mille feux. Harry se disait qu'en cet instant, Lucius avait l'allure d'un adolescent espiègle, il avait l'air d'avoir vingt ans de moins. Le brun ouvrit la porte de la penderie afin de choisir sa future tenue, il n'avait guère de choix, la majorité de sa garde-robe était composée de jeans et de tee-shirts blancs. Même s'il avait rompu le contact visuel, il sentait toujours la présence forte et réconfortante de Lucius.

Lentement, comme dans un ralenti de cinéma, les mains d'Harry errèrent sur le bord de la serviette blanche qui ceignait sa taille fine puis il la dénoua et la fit glisser le long de ses jambes pâles et fines, il entendit le froissement des draps, le Lord s'était légèrement redressé. La respiration de Lucius s'était accélérée et était devenue plus forte. Ce n'était pas la première fois qu'il se trouvait ainsi nu face à l'autre homme et étrangement, il avait l'impression d'être ainsi exposé comme jamais. Harry resta debout, sans bouger offrant son dos nu, durant de longues minutes. La pièce était chargée de tension, les deux restaient à leur place dans un silence des plus perturbants. Lucius était subjugué par ce corps svelte, gracile, par la blancheur parfaite de cette peau. Il avait même détaillé les rares grains de beauté qui parsemaient le dos du jeune homme. Harry sentait toute envie de bouger ou de s'habiller s'éloigner malgré les frissons provoqués par le ruissellement continu des gouttes d'eau sur sa peau chaude. Les yeux bleus perçants fixaient avec envie. Lucius aurait volontiers voulu rester à profiter de la vue mais il savait que ce n'était pas encore le moment, la journée allait être longue et il n'avait aucune intention de garder Harry dans cette petite pièce pour l'instant. Il se leva alors du lit qui grinça légèrement. Harry sursauta lorsqu'il sentit deux mains fines serraient sa taille fine.

« Harry, chuchota le blond de sa voix suave qui rendait fou le jeune peintre, tu es si beau, si parfait… »

Les mains glissaient délicatement, formant des arabesques. Harry sentait le souffle chaud de Lucius contre son cou et une chaleur bien naturelle se répandait en lui. La bouche purpurine martyrisa légèrement la peau rosée et tendre du cou. Le brun ne put retenir un gémissement mêlé de surprise et d'envie pour que toutes ses sensations auxquelles il était soumis se poursuivent encore et toujours. Même s'il ne pouvait le voir, il savait que Lucius souriait. Alors qu'il croyait que les mains élégantes allaient continuer doucement leur progression sur son corps, elles s'arrêtèrent juste avant d'atteindre une zone de son anatomie qui ne demandait et ne souhaitait que cela.

Et le manque visible de compréhension de l'adolescent provoqua un véritable rire chez le Lord.

« Harry, ceci ne doit correspondre qu'à notre seconde partie de la journée, j'ai prévu autre chose tout d'abord.

- Quoi ? Comment cela ?

- Crois-tu que je vais te le dire avant le moment opportun ? Me prendrais-tu pour un idiot ? »

Harry baissa les yeux, honteux.

« Je plaisante, Harry ! »

Le jeune homme vit les mains qui étaient quelques instants auparavant posées sur sa peau pâle passer au-dessus de lui et partir à la recherche d'il ne savait trop quoi dans la penderie. Elles fouillèrent quelques secondes avant de prendre au hasard l'un des tee-shirts du même sempiternel blanc et un jean délavé, savamment déchiré.

« Il serait plus sage que tu te rhabilles vite.

- Pourquoi n'as-tu pas confiance ? Aurais-tu peur de ne pas pouvoir résister ? se moqua gentiment le garçon.

- Peut-être bien, reconnut Lucius dans un chuchotement. »

Harry se sentait si bien en cette seconde, il y avait bien des jours que cela ne lui était pas arrivé. Cette journée s'annonçait vraiment sous les meilleurs auspices. Le brun murmura un petit 'merci'.

« Ne me remercie pas maintenant. Attends de voir ce qui t'attend, d'abord ! »

Lentement, il fit glisser ses doigts le long des bras qui frémissaient à ce contact. Il prit entre ses mains fines, celles du jeune homme et il le força à lever les bras puis il enfila le tee-shirt au jeune homme qui était toujours contre lui. Harry se dit confusément que si être déshabillé était l'une des choses les plus excitantes qui puissent exister, l'inverse pouvait être également vraie. Le gamin gémissait et bredouillait quelques onomatopées. Lucius susurra au creux de l'oreille d'Harry :

« Tu ferais bien de finir de te changer seul. Je ne crois pas être en mesure de te faire enfiler un jean.

- Tu as peur de flancher…

- Peut-être bien.

- Bon, eh bien, si tu insistes, je vais te faire cette faveur et te laisser retourner à ton poste d'observateur.

- Cela me semble plus raisonnable, en effet. »

Harry rit plus franchement mais évita toute phrase qui aurait pu casser le charme de l'instant et pourtant, Lucius ne lui avait jamais fait autant penser à Drago qu'en ce moment avec sa blondeur, ses blagues douteuses et son regard le détaillant. Le Lord guida la bouche du jeune homme sur la sienne, ils s'embrassèrent avec avidité et force, pour encore mieux se goûter puis tout aussi rapidement, Lucius retrouva le lit et alluma une nouvelle cigarette :

« Définitivement, je préfère vous observer et profiter du spectacle que vous m'offrez, jeune homme. »

Harry haussa les sourcils, marquant ostensiblement son amusement. Il s'exécuta de bonne grâce, enfila donc un long caleçon blanc, informe qui lui valut une moue des plus dégoûtées.

« Si tu n'es pas satisfait, tu n'auras qu'à me fournir des sous-vêtements à ta convenance.

- Je n'ai guère le temps malheureusement. »

Puis après avoir fait mine de réfléchir intensément, il rajouta, malin :

« Mais je pourrai toujours envoyer Dobby à Londres en acheter des nouveaux, suivant mes instructions. Je suppose que même lui serait capable de s'en sortir.

- Salaud ! »

Harry ne savait pas s'il le disait pour lui ou pour ce pauvre Dobby qui n'était pas dans la capacité de se défendre. Lucius trouvait l'air outré du brun parfaitement adorable. Il fit tomber les cendres de sa cigarette dans le cendrier qui était soigneusement posé sur la table de nuit, à côté du recueil de poèmes de Lord Byron, qu'Harry avait emprunté. Le Lord avait bien évidemment reconnu le cendrier, c'était celui qu'il avait utilisé durant cette séance de pose si singulière et si chère à son cœur. Il n'avait depuis lors plus servi comme modèle au jeune homme qui se contentait de peindre de merveilleuses vues du parc. Il se racla légèrement la gorge avant de se lancer :

« Harry, tu serais d'accord pour peindre à nouveau mon portrait, je ne t'ai plus servi de modèle depuis…

- Depuis le nu… »

Harry ne lui répondit pas aussitôt, Lucius vit seulement que le garçon reboutonnait son jean. Puis, il croisa le regard vert, si franc et il s'en voulut. Pour lui, cette expérience avait été l'une des plus incroyables mais pour le jeune homme, cette séance n'était-elle pas liée à la nuit qui avait suivi, aux aveux d'Harry au sujet de toutes les horreurs qu'un être abject avait osé lui faire subir. Harry vit le trouble dans les yeux de Lucius et comprit. Il voulut rassurer le Lord :

« Tout va bien, tu sais… Et j'en serai plus qu'honoré. Je suppose qu'il y a plein d'autres endroits où tu adorerais être représenté. La bibliothèque, par exemple ?

- Non. »

La réponse avait fusé, énoncée froidement et cela surprit le gamin. Lucius avait l'impression d'être un vrai imbécile, il bredouilla une phrase d'excuse sans grande conviction. Pouvait-il donner la vraie raison ? Il avait vu Harry dessiner Drago sur l'un des fauteuils en cuir noir et il ne voulait pas être un remplaçant. C'était de la jalousie pure et simple mais lorsqu'il était avec Harry et qu'il le voyait se concentrer pour rendre au mieux chacune de ses expressions, son attitude, il ne pouvait se résoudre de n'être qu'un simple second.

« Il n'y a aucun souci, reprit Harry, remis de sa surprise, le Manoir compte bien assez de pièces, pour faire un choix qui conviendra aussi bien à toi qu'à moi et alors, ne t'inquiète pas, je réaliserai un nouveau portrait. »

Lorsqu'Harry prononça ses derniers mots, il venait de lacer ses chaussures, il n'y avait guère plus d'excuse pour prolonger la matinée ici. Lucius lui fit donc un clin d'œil complice.

« Et si nous allions prendre le petit-déjeuner, à présent. Tu vas voir, il t'attend une surprise.

- Vraiment ?

- Hm, Hm, ânonna l'aristocrate. »

Ils rejoignirent donc très vite la salle à manger. Ils n'avaient pas osé se serrer la main, en descendant les escaliers, de peur de rencontrer quelqu'un d'autre. A la place, leurs mains se frôlaient, rendant le geste encore plus sensuel et leur complicité plus évidente encore. La table du petit-déjeuner avait été dressée avec soin, tous les couverts étaient d'un raffinement extrême. La jeune Winky se tenait bien droite à côté. Remus et Severus étaient déjà installés, ils devaient avoir commencé leur repas depuis quelques temps déjà et il paraissait évident qu'ils auraient bientôt terminé. Le docteur semblait de bonne humeur, lui aussi. Il sourit au jeune homme lorsque celui-ci pénétra dans la pièce.

« Bonjour, Harry. As-tu bien dormi cette nuit ?

- Oui, très bien, merci.

- Il me semble qu'aujourd'hui est un jour un peu particulier. Donc, je te souhaite un bon anniversaire, Harry. »

Le ton était volontiers paternaliste mais Harry n'en était que plus ravi, lui qui n'avait jamais connu son père et il ne put retenir un léger rougissement.

« Bien, heureux de voir que Lucius ne s'est pas trompé pour une fois, après tous les efforts qu'il a mis en place. »

La dernière remarque de Remus lui valut une œillade noire de la part de Lucius, ce qui au lieu de lui faire regretter son intervention eut le mérite de beaucoup amuser le docteur. Harry se demanda même si l'espace d'une fraction de seconde, Severus n'avait pas souri lui aussi. Le jeune peintre détailla enfin tous les plats posés sur la table. Il y avait une multitude de viennoiseries de toute sorte, au moins quatre goûts de jus de fruits différents, du thé Darjeeling à la menthe –probablement le thé qu'Harry préférait-. Lucius se racla légèrement la gorge avant de reprendre.

« Tu peux remercier, cette chère Miss Figg. Elle a tout préparé en l'honneur de ton anniversaire et comme elle ne cesse de se plaindre à tout moment de la journée, de ton manque d'appétit, j'ai comme l'impression qu'elle s'est vengée. »

Alors que Lucius tirait la chaise pour permettre à Harry de s'asseoir convenablement, il s'adressa de manière assez vive à la jeune domestique qui n'avait pour l'instant pas bougé.

« Winky, Winky, servez donc un thé à Harry, ne restez pas sans rien faire.

- Oui, Monsieur, tout de suite. »

Elle s'exécuta aussitôt tandis qu'Harry la remercia chaleureusement. Le brun aurait bien aimé questionner Remus sur ce que faisait Drago, son camarade de classe ayant visiblement décidé de ne pas participer au petit-déjeuner mais il avait peur de la réaction des autres personnes attablées. Il se contenta donc de mordre dans l'un des merveilleux pains aux raisins, confectionnés avec soin par Mrs Figg.

Il avait soufflé légèrement sur le thé fumant et en avait déjà bu deux petites gorgées lorsqu'il entendit Severus Snape, il faillit bien tout recracher. L'homme avait croisé ses doigts et s'était raclé la gorge avant de se lancer :

« Je crains de n'avoir rien à vous offrir, M. Potter même pas la moindre babiole. Toutefois, laissez-moi au moins vous souhaiter à mon tour un très bon anniversaire et que cette journée soit une réussite en tous points. »

Le ton de Severus était légèrement froid mais Harry avait déjà assez côtoyé l'homme pour savoir qu'il ne dirait jamais une telle chose s'il ne le pensait pas. Mais, en vérité la joie à l'entente de ces paroles n'était rien par rapport à la fierté qu'il put lire dans les yeux du Lord. Le regard bleu acier brillait d'un éclat tout particulier, il semblait soulagé, heureux. Harry prit encore plus conscience de l'importance de Severus Snape dans la vie de Lucius. Jamais, malgré tout ce qu'il avait pu dire, le Lord n'aurait pu supporter que Severus ne le comprenne, ni n'accepte son choix. Tout semblait se passer à la perfection et Harry n'en était que plus surpris. Jusqu'à aujourd'hui, tous ses anniversaires avaient été synonymes de catastrophes et d'horreurs. Harry se sentait perdu, totalement perdu dans un monde inconnu, il repensa à toutes ces fois où il s'est trouvé seul dans sa petite chambre sous l'escalier. A chaque anniversaire, les Dursley avaient une étrange habitude, ils n'offraient qu'une babiole sans valeur à Harry alors qu'en même temps, ils achetaient tout ce que désirait Dudley. Harry secoua la tête, il n'avait aucune intention de laisser ses mauvaises pensées l'envahir à nouveau, de repenser à ce passé, à tous ces vieux événements, il se contenta donc de bafouiller quelques mots de remerciements avant de mordre à nouveau dans le pain aux raisins.

« Heureusement que tu n'es pas sensé avoir d'appétit, rigola Remus. »

Severus ne se montra guère plus disert, il avait selon lui offert le maximum de ce qu'il pouvait, c'est-à-dire la reconnaissance implicite de la relation entre Lucius et Harry. Severus n'oserait jamais l'avouer mais même lui devait bien reconnaître que l'attirance des deux hommes n'étaient pas feintes et le lien qui les unissait était plus fort et honnête que ce qu'il s'était imaginé au premier abord. Le petit-déjeuner continua de se dérouler dans une bonne ambiance générale, les sujets les plus délicats étaient soigneusement évités. Très rapidement, Remus et Severus se levèrent de table. Tandis que les deux hommes allaient quitter la salle, Lucius les interrompit et s'adressa à Remus :

« Remus…

- Oui ?

- Il est grand temps de faire comme on a dit, on se voit tout à l'heure. »

Un large sourire fendit le visage du médecin tandis qu'il hochait la tête. Harry observait les deux hommes qui conspiraient contre le reste du monde.

« Bon et bien, d'accord, on en reparlera plus tard, répondit Remus avant de quitter la salle à manger. »

Harry regarda Lucius avant de rajouter mi-figue, mi-raisin.

« Que comptez-vous faire ? »

Il tut un mot qu'il lui brûlait les lèvres : 'Drago'… Il ne pouvait s'ôter de la tête que cette petite scène était directement liée à sa relation actuelle qu'il entretenait avec l'autre garçon. Lucius sourit, énigmatique.

« Ne crois pas que ceci ait un quelconque rapport avec toi.

- Euh… oui. »

Harry n'était pas réellement impressionné par le Lord mais il n'arrivait jamais à se montrer percutant face à lui. Il aurait pourtant tellement voulu se montrer aussi mordant qu'avec Drago mais c'était peine perdue. Le petit-déjeuner se poursuivit dans un silence relatif. Les deux hommes se regardaient plus qu'ils ne profitaient du repas délicieux, qui leur était offert. Winky prétexta qu'elle devait aller aider Mme Figg en cuisine et s'éclipsa, gênée et se sentant visiblement de trop. Cela ne perturba pas outre mesure le Lord qui n'en avait que faire, cette petite écervelée pouvait bien penser ce qu'elle voulait.

Très vite, trop vite peut-être au goût d'Harry, ils finirent le petit-déjeuner. Tandis qu'ils se levaient de table et s'apprêtaient à quitter la salle, Lucius questionna à nouveau le jeune homme, il voulait savoir s'il avait décidé de ce qu'il allait faire. Il n'avait toujours pas répondu depuis leur petite discussion dans la chambre. Harry n'avait toujours aucune idée et se dandinait d'un pied sur l'autre, sa gêne visible sur son visage. Lucius fit alors une proposition des plus surprenantes, Harry n'aurait jamais cru que ces mots auraient pu franchir la bouche de l'autre homme.

« J'ai une idée et si nous partions faire une ballade à cheval. Tu veux aller dehors et il fait un temps magnifique pour se promener. Evidemment, si tu ne veux plus de ma compagnie, je m'en irais travailler dans mon bureau, l'âme en peine, finit-il mélodramatique. »

Harry doutait. A l'inverse de Drago, il n'était pas doué en sport et l'équitation ne faisait pas exception. Il était un piètre cavalier. C'était à peine s'il savait monter à cheval mais cette idée était toutefois des plus tentantes. Il imaginait déjà l'autre homme droit et fier, les cheveux au vent, le portrait type d'un noble châtelain du temps passé et se tenir ainsi à ses côtés, sur les terres des Malefoy avait un attrait tout particulier. Le sourire qui flottait sur les lèvres du jeune homme n'échappa pas au regard vif de Lucius.

« A ce que je peux voir cette proposition a été acceptée. Bien, dans ce cas, j'ai deux ou trois choses à régler avant. Je dois me changer, je crains que ce costume ne supporte pas une ballade à cheval et puis je dois donner des instructions à Dobby, j'ai quelques courriers qui doivent partir aujourd'hui. Que dirais-tu de m'attendre dans la bibliothèque ? Cela ne me prendra pas plus d'un quart d'heure. »

Et comme si Harry avait besoin d'être convaincu, Lucius se pencha sur le garçon et l'embrassa doucement. Les mains du Lord caressaient lentement les bras blancs. Harry se laissa aller, il repensa au jour où Severus les avait surpris. Ils étaient dans cette même salle. De la même façon, Lucius était parti à la découverte du corps du brun, soulevant légèrement le tee-shirt. Ils restèrent seuls, à profiter ainsi l'un de l'autre, comme deux aimants irrémédiablement attirés, même si cela pouvait blesser les autres. Lorsque le baiser se finit, Lucius et Harry étaient essoufflés, le blond reprit plus vite ses esprits et posa ses lèvres sur le front du jeune homme :

« A tout à l'heure ! »

Il s'éclipsa enfin, laissant Harry seul. L'adolescent était encore sous l'effet du baiser, perdu quelque part dans les souvenirs de ces si douces et si agréables sensations. Il resta ainsi quelques instants dans la salle à manger. Il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il lui arrivait. Il prit le chemin en direction de la bibliothèque. Il se doutait bien que le Lord mettrait bien plus de temps à régler tous les soucis inhérents à son travail.

Lorsqu'il arriva dans la bibliothèque, il huma l'air de la pièce. Il aimait bien l'atmosphère qui régnait dans ces lieux. Il prit le Frankenstein de Mary Shelley et s'installa dans l'un des fauteuils en cuir. Il survolait les pages, choisissant avec soin les passages qu'il lisait. Il referma en vitesse l'ouvrage et se redressa lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir.

« Remus, Remus, tu es là ? »

La joie que put lire Harry sur le visage de Drago fut de courte durée et le sourire disparut.

« Qu'est-ce que tu fiches ici ?

- Bonjour à toi, Drago. Est-ce que tout va bien ?

- Jusqu'à présent oui. »

Le blond toujours aussi impatient tapait du pied sur le sol. Harry n'aimait pas cela, il avait l'impression qu'une aura noire entourait l'autre garçon.

« Dobby m'a pourtant bien dit que Remus m'attendait ici. »

Harry repensa aux paroles de Lucius et tout prenait son sens.

« C'est Lucius et Remus. Ils…

- Qu'est-ce qu'ils espèrent encore ? Nous rabibocher avec des stratagèmes aussi puérils que de nous réunir dans une même pièce !

- Exactement. »

Lucius se tenait debout derrière son fils, droit. A ses côtés, Remus paraissait tout aussi inflexible. Harry s'était finalement levé, mal à l'aise.

« Tu le sais parfaitement, Drago. Aujourd'hui est l'anniversaire d'Harry et il est hors de question qu'il reste triste et malheureux par ta faute. Et donc, tant que tout ne sera pas réglé, vous resterez ici.

- Tu n'as pas peur que nous mourrions de faim avant.

- Très amusant, Drago.

- Ce n'était pas le but recherché. »

Les lèvres pincées et l'air sérieux du jeune blond confirmèrent à Harry que Drago ne plaisantait pas. Tandis que Drago allait quitter la bibliothèque pour laisser les autres s'amuser si c'était ce qu'ils souhaitaient, Lucius l'en empêcha, lui bloquant le passage. Grâce à l'aide de Remus, le Lord réussit même à repousser le garçon dans la bibliothèque, sous le regard médusé d'Harry :

« Eh bien, bon courage. J'ai toujours l'intention de faire cette ballade à cheval après, Harry. »

Et sans même demander l'avis aux deux adolescents, il referma la porte à clé.

« J'hallucine, maugréa le blond tout en tambourinant contre la porte en bois. »

Harry souffla, lorsqu'il vit l'énergie dépensée par Drago en pure perte. Lui en vérité ne regrettait qu'une seule chose, ne pas avoir pris avec lui son nécessaire à dessin. Cela l'aurait occupé en attendant.

A suivre…