Coucou tout le monde, j'espère que tout le monde va bien… Aujourd'hui je vais poster un nouveau chapitre d'un été inoubliable… La dernière fois, Drago avait fait un pas et commençait à accepter la relation entre son père et Harry et à cette nouvelle, comment va réagir notre cher Lord ?
Bonne lecture et à bientôt (j'espère)
Chapitre 23 : Et après ?
Harry marchait vite, à travers les couloirs froids du Manoir. Ils ne lui avaient jamais paru aussi longs et interminables. Lucius était dans son bureau. Il devait l'attendre, du moins osait-il l'espérer. Drago venait de lui pardonner et à défaut de réellement accepter les sentiments qui unissaient le jeune artiste à son Père, il les avait autorisés à poursuivre plus avant même si Harry en était persuadé, Drago devait croire que cela n'aboutirait jamais à quelque chose de constructif et durable. Mais Lucius lui faisait du bien, lui apportait quelque chose, comme avait dit Drago. Plus il avançait, plus il se sentait troublé et heureux, lui qui d'habitude n'était que lassitude et tristesse.
Rapidement, il était arrivé devant le bureau de Dobby. Il ne voulait pas débarquer directement dans le bureau de Lucius, il était peut-être occupé après tout. Le jeune homme timide tapait sur le clavier de son ordinateur. Il ne jetait que de très rares coups d'œil sur les touches, il recopiait un texte et faisait particulièrement attention. Après quelques secondes à l'observer, Harry se manifesta auprès du jeune homme.
« Bonjour, excusez-moi.
- Oh, bonjour, M. Potter. Pardonnez-moi, je ne vous avais pas entendu arriver.
- Ce n'est pas grave, Dobby.
- Vous allez bien, Monsieur ? demanda le secrétaire.
- Oui, très bien, merci. Et vous ?
- B… Bien, merci. »
L'homme avait eu l'air particulièrement surpris qu'Harry prenne de ses nouvelles, il ne devait visiblement pas être souvent au centre de l'intérêt. Harry se promit de faire la morale à Lucius, son secrétaire paraissait être totalement dévoué au Lord et il ne lui portait en retour absolument aucune attention.
« Tant mieux. Je dois absolument parler au Lord et Remus m'a dit que M. Malefoy était dans son bureau. Je voudrais savoir si c'est exact.
- Oui, effectivement, il est arrivé, il y a peu mais il ne me paraissait guère de bonne humeur. Je ne crois pas que cela soit très prudent de le déranger maintenant. »
Le regard fébrile du trentenaire fit sourire Harry, bien malgré lui. Lucius pouvait inspirer un tel sentiment de crainte chez ses employés, il était heureux de ne pas le connaître sous cet aspect.
« Vous pouvez toujours essayer ? demanda Harry comme une ultime faveur. »
L'autre homme se redressa sur sa chaise. Pour une fois que quelqu'un lui adressait gentiment la parole dans cette maison, il se devait de lui venir en aide.
« Très bien, fit Dobby. »
Lorsqu'il alluma l'interphone et murmura un faible 'Monsieur.', la voix tranchante de Lucius résonna dans le petit appareil. Il paraissait effectivement de bien mauvaise humeur.
« Dobby, qu'est-ce qui se passe ? Je vous avais bien dit que je ne voulais pas être dérangé pourtant, j'ai du travail.
- Quelqu'un souhaiterait vous parler.
- Par pitié, ne me dites pas que M. Nott est en ligne.
- Non, Monsieur.
- Alors qui, bon sang, Dobby ? Parlez, voyons.
- Le jeune Potter est… »
Dobby n'eut pas le temps de finir la phrase que l'aristocrate hurla dans le boîtier électronique.
« Harry ! Mais, faites-le entrer, Dobby ! »
Le secrétaire se leva droit et guida Harry jusqu'à la porte du bureau de son patron. Il frappa un coup sec contre le chambranle de la porte. Il n'attendit aucune réponse et ouvrit la porte en bois. Lucius était assis à son bureau. Dobby s'effaça et laissa passer le brun. Le secrétaire vit pour l'une des premières fois un véritable sourire naître sur le visage du Lord. Posée en face de lui, sur le bureau, il y avait une tasse de café brûlante et Lucius avant de libérer son employé rajouta :
« Dobby, apportez une autre tasse de café pour Harry.
- Comme vous voudrez, Monsieur. »
Le jeune homme s'éclipsa alors et ferma la porte, laissant Harry et Lucius seuls.
Harry restait obstinément, près de la porte. Maintenant que tous les obstacles semblaient derrière eux, il n'osait franchir les quelques pas qui les séparaient. Il se balançait de droite et de gauche, comme un petit enfant pris en faute. Lucius ne voulait pas brusquer son brun. Après tout, il n'avait aucune idée de ce qui s'était passé tout à l'heure avec Drago. Le Lord prit entre ses mains sa tasse et se dirigea vers la fenêtre, il regarda longuement un nuage blanc, filandreux, seul au milieu du ciel bleu avant de se lancer :
« Comment ça s'est passé avec Drago ? Je n'ai pas eu le courage de rester avec Remus jusqu'au bout. Je…
- Nous avons beaucoup discuté.
- Et ? »
Le garçon s'avança et se plaça juste à côté du blond. Il regarda lui aussi le paysage baigné par le soleil estival, silencieusement, avant de poursuivre :
« Je lui ai tout dit, Lus'.
- Vraiment tout ? »
Harry hocha légèrement la tête.
« Mais… »
Lucius fut interrompu par une main cognant contre la porte et un 'Monsieur' assourdi. Il marmonna, visiblement en colère :
« Toujours au mauvais moment, celui-là !
- Mais c'est toi qui lui as demandé de me préparer une tasse de café même si je n'y tenais pas particulièrement. Tu ne vas tout de même pas le lui reprocher, ce ne serait pas correct. »
L'aristocrate s'était tourné vers la porte et hurla peu aimablement.
« Entrez ! »
Dobby toujours aussi raide et intimidé pénétra dans le bureau, tout en veillant à ne pas faire tomber le plateau qu'il tenait. L'homme se dirigea droit vers Harry et lui tendit la tasse de café. Le garçon avait à peine eu le temps de le remercier que Dobby avait déjà disparu. Le brun vit le regard amusé de Lucius, grâce au reflet, sur la vitre.
« M. Malefoy, ce n'est pas bien ce que vous faites.
- Et qu'est-ce que je fais ?
- Vous vous moquez honteusement, de ce pauvre Dobby et ce n'est pas très charitable. Cela se voit bien pourtant qu'il essaie de faire au mieux.
- Il a beau essayer, c'est un véritable échec. Tu as bien vu comme il tremblait. On aurait dit qu'il allait se liquéfier sur place.
- Et bien, tu serais un employeur conciliant et pas toujours en train de le rabrouer pour un oui ou pour un non et je t'assure qu'il y arriverait.
- Mais je suis un Malefoy et je n'ai pas être conciliant, s'enorgueillit le Lord.
- Et bien tout Malefoy que tu es, tu devrais apprendre l'humilité, lui répondit le gamin en lui tirant la langue.
- Comment oses-tu faire ça ? »
Le Lord riait de bon cœur, la discussion était légère et Harry paraissait totalement transformé après sa conversation avec Drago. Il remercia un dieu invisible pour que cela ne soit pas un mirage.
« Pour Dobby, je vais essayer de faire des efforts, poursuivit-il, mais je doute que cela change quoi que ce soit.
- Peut-être, pas tout de suite mais un jour, tu seras surpris de voir comment il va se sentir libéré et il en sera transformé. »
Lucius tourna la tête, intrigué. Il ne savait plus très bien de qui parlait Harry au juste. Etait-ce toujours de Dobby ? Il était peut-être temps de revenir à leur discussion première.
« Hum, hum… Harry… »
Lucius but une nouvelle gorgée de café avant de poursuivre. Le garçon à ses côtés était tout ouï même s'il continuait de regarder le nuage blanc, perdu au milieu du ciel.
« Ta discussion avec Drago s'est donc bien passée ?
- Globalement, oui. Je ne dis pas que tout s'est merveilleusement bien déroulé mais il a écouté et… il a compris. »
Lucius évita tout commentaire sarcastique sur son fils et sa fantastique capacité d'écoute.
« Tu lui en a enfin parlé ? »
La question était très elliptique et pleine de sous-entendus mais Harry n'avait aucun doute sur ce qu'elle pouvait bien signifier. Il sentit, malgré lui, des larmes monter à ses yeux. Il préféra boire du café, voulant cacher son trouble au Lord. Il se devait de se montrer plus fort. Après quelques instants, secondes qui parurent durer une éternité pour Lucius, le peintre chuchota un simple 'oui'. Le Lord retint difficilement un soupir de soulagement. Harry, après toutes ces années de silence et de culpabilité, commençait enfin à s'ouvrir et à parler un peu plus librement. Cette première joie passée, il se demanda comment son fils avait-il bien pu réagir en découvrant le secret entourant Harry. Il devait se douter que quelque chose de terrible empêchait le jeune homme de se livrer totalement aux autres mais était-il possible qu'il est imaginé de pareilles horreurs ?
« Comment Drago a-t-il pris la chose ?
- Je ne lui ai dit que l'essentiel, sans entrer dans tous les détails sordides que j'ai pu te donner. Et il voulait déjà partir à la recherche de cet enfoiré.
- Et il parfaitement raison, tu devrais porter plainte et me donner exactement son nom. Je suis sûr de le retrouver et…
- Vous êtes bien pareils tous les deux. Tu sais que Drago m'a dit exactement la même chose répondit Harry dans un sourire.
- Je ne pense pas que cela plairait beaucoup à Drago, si tu lui disais actuellement que nous nous ressemblons. Par contre, pour l'idée de porter plainte…
- Je refuse. Je ne veux plus rien à voir affaire avec toute cette histoire. TU M'ENTENDS ! s'était finalement emporté le gamin »
Les épaules d'Harry avaient tressailli de rage difficilement retenue. Lucius qui avait reposé sa tasse en porcelaine sur le rebord de la fenêtre l'entoura dans une étreinte protectrice et chaleureuse et embrassa délicatement les doux cheveux bruns, décoiffés. Harry serrait toujours, convulsivement sa tasse entre ses mains. Lucius murmura alors :
« Ne prête pas attention à ce que je viens de te dire. Tu feras comme bon te semblera. Sache que quoi qu'il arrive, je respecterai ta décision. »
Cette phrase semblait très solennelle mais elle reflétait exactement le fond de sa pensée. Lucius aurait bien voulu voir pendre cette ordure au bout d'une corde mais la guérison d'Harry passait en tout premier lieu. Si, pour atteindre ce but, Lucius devait laisser cette pourriture s'échapper et s'enfuir au loin, il l'accepterait. Mais, il avait bien conscience qu'il ne pourrait résister à l'envie de le faire souffrir de mille maux, s'il était amené à le croiser un jour et puisse Dieu que cela ne se produise jamais.
« Merci, répondit simplement Harry, tout contre le torse de l'homme qui n'avait pas bougé.
- Et pour… »
Lucius n'avait pas osé finir sa phrase. Il aurait voulu dire 'et pour nous deux ?' mais une petite voix au fond de lui l'en avait dissuadé. Peut-être, il n'y aurait plus de 'nous deux' possible, après la conversation avec Drago.
Harry n'avait pas fait un seul geste, il se laissait toujours bercer et hypnotiser par ses douces mains qui allaient et venaient le long de son dos.
« Tu veux savoir ce que Drago a dit en ce qui nous concerne ?
- Oui, j'espère juste que mon idée saugrenue de vous enfermer a pu vous apporter quelque chose.
- Le fait que nous puissions être ensemble ne l'enchante guère, pour ne pas dire que cela l'écœure. Mais, il pense que tu m'as fait beaucoup de bien alors il nous autorise à rester ensemble.
- Nous autorise ? Comme s'il avait quoi que ce soit à dire ! fit malicieusement Lucius, plus que ravi par la tournure des événements. »
La joie que ressentait Lucius se mélangeait à de la fierté. Au fond, son fils aussi avait évolué et était passé au-dessus du stade de simple gamin capricieux.
« Je crois qu'il va falloir fêter ça, M. Potter. »
Lucius ne résista pas et laissa courir sa bouche le long du cou du jeune homme. Harry se détendait progressivement, sous l'effet de ce doux contact. Plus les lèvres du Lord remontaient vers ses homologues, plus le peintre sentait ses jambes flageoler. Il préféra poser à son tour sa tasse plutôt que de la laisser malencontreusement tomber. La bouche suçotait ou mordait, selon les désirs de Lucius des bouts de chair rougis, au niveau de la jugulaire, sur la mâchoire. Le lobe de l'oreille n'avait pas réchappé à ce traitement si plaisant. Parfois une langue mutine sortait de la bouche pour apaiser la douleur. Alors, elle passait et repassait sur les délicieuses meurtrissures. Harry sentait son cœur s'emballer. Ces lèvres remontaient dans un mouvement lent mais inexorable, captivant davantage le jeune peintre et finirent par se lier à leur jumelle. Harry perdit la bataille, sans aucune résistance et la langue de Lucius envahit sa bouche. Elle joua avec l'autre langue et toutes les deux s'engagèrent dans un ballet frénétique, tournant l'une autour de l'autre. Les mains de Lucius commençaient à se balader sous le tee-shirt blanc informe, elles s'agrippaient à la taille du garçon pour le rapprocher encore davantage. Trop vite à leur goût, les deux hommes durent arrêter leur baiser, à bout de souffle.
« Eh bien, M. Le Lord, quel enthousiasme ! s'amusa Harry. Mais il va falloir me laisser respirer tout de même un peu.
- Je ne vois pas trop, ce que vous risquez pourtant. Sachez que si par mégarde, vous vous évanouissiez, je vous retiendrais entre mes bras et donc que vous n'avez aucune chance de vous faire mal, répondit sur un ton docte, Lucius.
- Il est vrai que je ne risque pas de me sauver.
- Je t'en empêcherai. Cette fois, tu ne peux plus fuir. Tu es et tu resteras dans mes bras jusqu'à ce que je daigne enfin te libérer. »
L'emprise de Lucius autour du corps svelte du brun s'était encore accentuée, l'aristocrate courbait le dos comme s'il voulait totalement emprisonner le garçon, entre ses bras. A nouveau, les deux hommes s'embrassèrent tendrement. Le Lord fut le premier à interrompre le baiser, hors d'haleine, il posa alors ses lèvres rougies contre la tempe du jeune homme et lui murmura :
« Tu es si beau, Harry. »
Le garçon sentit ses joues s'empourprer à l'écoute de ces quelques mots. La voix de Lucius était chaude et enivrante. Une véritable caresse. Harry était ravi, totalement sous le charme. Tous ses sens commençaient à s'échauffer et il préféra baisser légèrement les yeux. Tout au fond de lui, il ne pouvait s'empêcher de se dire que toute cette joie et ce bonheur en cet instant, il ne les devait qu'à Lucius. L'autre homme ne s'en rendait pas forcément compte mais il avait tant aidé. Il l'avait fait sortir d'un puits qui lui paraissait sans fond. Il bredouilla alors faiblement :
« Merci.
- Encore, mais il me semble que tu m'as déjà remercié une fois. C'était largement suffisant.
- Mais, Lus', tu ne comprends pas, tu ne te rends pas compte de tout ce que tu as fait !
- Mais, je n'ai rien fait, Harry, tout ceci, tu ne le dois qu'à toi-même.
- Non ! s'emporta le gamin. Ce n'est pas vrai. »
Harry voulait tellement lui faire comprendre la vérité. Si cela n'avait pas été le Lord, il ne se serait probablement jamais confié au sujet de Voldemort. Même si ce n'était que le début, il sentait enfin, après toutes ces années, que l'emprise de cette pourriture avait sur lui diminuer. Lucius prit les longues mains fines et douces d'Harry. Severus l'avait déjà prévenu qu'il jouerait un grand rôle dans la reconstruction de l'adolescent mais qu'après le lourd traumatisme qu'il avait subi, le Lord ne devait pas s'imposer comme le seul appui du gamin car Harry risquerait ainsi de devenir bien trop dépendant.
« Harry, tu ne me dois rien. »
Devant le visage fermé du gamin et alors qu'il devinait déjà la répartie qui commençait à naître sur les lèvres du jeune homme, Lucius décida de changer de sujet et de remettre cette conversation à plus tard. Il poursuivit sur un ton qui se voulait résolument plus badin.
« Mais, à tout bien réfléchir, tu me dois quelque chose.
- Ah bon ? demanda Harry légèrement surpris.
- Oui, n'oublie qu'on devait une fois ta discussion avec Drago terminée, faire une ballade à cheval tous les deux.
- C'est vrai ! Cela m'était totalement sorti de la tête. Vous faites bien de me le rappeler, M. le Lord.
- A votre service, Monsieur. »
L'aristocrate s'était légèrement baissé en signe de respect, comme le pauvre Dobby avait l'habitude de faire. Harry ne put s'empêcher de rire devant cette vision du grand Lucius Malefoy, dans le rôle du parfait domestique.
« Tu me permets tout d'abord de changer de vêtement, finit par demander Harry. Je ne me vois pas faire de l'équitation en jean, surtout vu mon niveau absolument nul, presqu'encore plus nul que pour le tennis.
- Ne t'inquiète donc pas, j'allais en faire tout autant, je n'ai aucunement l'intention d'abîmer ma tenue.
- Tu veux qu'on aille se changer ensemble.
- Non, chéri, car je tiens à cette sortie.
- Raté. Cela valait le coup d'essayer au moins.
- Et je ne trouve pas ça très honnête. Faire ainsi une proposition pleine de sous-entendus pour me distraire était une idée assez basse et vile et tu mériterais que notre sortie dure deux fois plus longtemps, répondit dans un sourire Lucius. »
Les deux hommes éclatèrent de rire, chacun pensant que définitivement tout semblait beaucoup plus léger et tellement moins compliqué alors que les autres habitants du Manoir toléraient leur relation. Ils se séparèrent et se donnèrent rendez-vous au pied du grand escalier dans un quart d'heure, chacun promettant d'arriver en premier.
Harry retourna rapidement dans sa chambre. Il fit un petit signe de la main au jeune secrétaire, lorsqu'il repassa devant le bureau de Dobby. L'homme qui avait levé la tête, le dévisagea, surpris par cette marque de gentillesse, si ce n'est de respect. A son tour, le trentenaire lui répondit par un léger signe de la main.
Harry monta l'escalier quatre à quatre. Il ne cachait que difficilement sa joie et sautillait d'un pas alerte. Il se changea à la vitesse de la lumière, il n'avait certainement pas dans ses affaires une tenue du parfait petit cavalier, prête à l'emploi et donc son choix se porta sur un pantalon assez ample et en stretch. Ce vêtement devrait bien faire l'affaire. Lorsqu'il descendit le grand escalier, l'aristocrate l'attendait déjà, il portait une tenue en tweed vert et jouait avec une cravache entre ses longs doigts gantés. Harry fit une moue légèrement vaincue et dépitée :
« Je croyais pourtant bien être le premier arrivé au lieu de rendez-vous.
- Le dernier regard que tu auras jeté dans le miroir t'aura été fatal, s'amusa Lucius.
- Mais, non, ce n'est pas vrai, maugréa le jeune peintre.
- Bon, alors, devrais-je plutôt remercier cette chère Mrs Figg qui m'avait déjà mis de côté la tenue alors que tu étais encore en train de discuter avec Drago.
- Et ce n'est pas du jeu, voulut protester le garçon. »
Il aurait bien voulu continuer ses récriminations mais des lèvres rouges et délicieusement humides vinrent recouvrir les siennes sans crier gare, dans le but évident de le faire taire. Le baiser ne dura qu'une fraction de seconde mais juste assez longtemps, pour faire perdre le fil de la conversation à Harry. L'adolescent marqua sa désapprobation, soufflant ostensiblement.
« Il n'est pas Dieu possible que tu sois aussi mauvais joueur que Drago.
- Non, mais j'ai encore le droit de dire ma façon de pensée et que tout ceci me semble malgré tout, bien malhonnête.
- Harry, ne me force pas à répliquer ! répliqua Lucius d'un air tout sauf manaçant.
- Paroles, paroles… »
Aussitôt, Lucius prit la main douce d'Harry dans la sienne et courut tout droit, en direction de la sortie. Il n'avait juste pas prévu de se retrouver nez à nez, avec Drago. Son fils revenait d'une quelconque sortie et ouvrit la porte d'entrée. Un silence gêné envahit la pièce et Harry avait aussitôt baissé ses yeux vers le sol froid et carrelé et tapa du pied contre un caillou imaginaire. Drago renifla assez fortement avant de parler :
« Harry, tu sais, je n'ai qu'une parole. Même si voir mon père se comportait comme un adolescent de quinze ans ne m'enchante guère, je ne vais pas vous faire une scène pour si peu. »
A l'entente de ces quelques mots, Harry se redressa. Quoi que le reste de la journée pourrait lui réserver, cela resterait l'un des plus cadeaux qu'on pouvait lui offrir.
« Allez vaquer à vos occupations et surtout ne me dites rien, mon pauvre cœur n'est pas prêt à le supporter. Au fait, tête de piaf, bon anniversaire. »
Harry afficha alors un sourire idiot sur son visage. Lucius ne put s'empêcher de serrer encore davantage la main du plus jeune, avant de murmurer :
« Allons-y. »
Entre Malefoy, les réconciliations étaient toujours passées sous le sceau du silence et pourtant, Lucius était si fier et si heureux pour son fils, il aurait tant voulu le lui dire. Il se contenta d'un discret hochement de tête que Drago fit mine de ne pas voir.
Le Lord et Harry marchèrent vers les écuries, à pas rapide –trop rapide, selon le jeune peintre qui avait du mal à suivre le rythme-.
« Au fait, Harry, veux-tu monter un cheval tout seul ou prendre place à mes côtés ? »
L'adolescent regarda l'autre homme, interloqué par la demande du Lord.
« Est-ce bien raisonnable de prendre le même cheval ? demanda le brun légèrement inquiet.
- Ne te fais aucun souci, il arrivera à supporter nos deux poids, répondit le Lord avec un sourire charmant.
- Ce n'est pas ça. »
Harry était en fait, surtout gêné. Il avait l'impression d'être un tel imbécile, incapable de faire quoi que ce soit seul. Il n'avait certainement ni la grâce, ni le charme qui sied si parfaitement à la famille Malefoy. Lucius avait détecté dans les gestes gauches et malhabiles du garçon sa gêne et il se porta à son secours, passant son bras sous celui du garçon.
« Allez, viens. Tu verras, tu vas adorer cette promenade. »
Harry et Lucius continuèrent ainsi leur chemin, côte à côte, leurs épaules se frôlant insidieusement, augmentant encore la tension entre les deux hommes. Ils finirent, malgré tout, par arriver jusqu'à la petite étable en bois. Harry, à peine entré, fut assailli par l'odeur forte et prégnante qui se dégageait des animaux. Il y avait en tout et pour tout six enclos, chacun tant occupé par un cheval. Harry avait ainsi tout de suite reconnu Eclair de feu, l'étalon de Drago. Il devait bien reconnaître que le blond le lui avait parfaitement bien décrit avec ce mélange de fougue et de fierté. Le cheval de Lucius était d'apparence beaucoup plus simple. Il avait un magnifique pelage couleur bai avec au-dessus de ses immenses yeux pleins de tendresse une tache blanche, en forme d'étoile. Harry ne résista pas et passa ses doigts sur cette légère marque. Le cheval hennit doucement à ce contact timide.
« Quel est son nom ? demanda curieux le jeune artiste.
- Il a été tout bêtement appelé Star, répondit le Lord qui passa sa main dans ses cheveux blonds. Je sais, c'est parfaitement stupide.
- Pas du tout, j'aime bien, moi, affirma Harry, sûr de lui. »
Le garçon caressa longuement l'animal, avant de reprendre :
« Star… Star. Eh bien, mon cher Star, tu as tout intérêt à être des plus dociles et des plus sages. D'habitude, je n'aime pas être transporté sur un dos d'animal mais, pour toi, et surtout pour l'homme à tes côtés mais chut, ça, il ne faut pas le dire trop fort, je suis prêt à faire une exception. »
Le cheval lui répondit avec un hennissement plus fort, cette fois-ci et balaya de sa longue queue aux poils soyeux. Il montrait ainsi son approbation. Cette petite conversation entre le brun et l'équidé n'avait bien évidemment pas échappé au Lord qui sourit devant ce spectacle si charmant.
« Eh bien, en route, à présent. »
L'homme partit aussitôt, à la recherche de la selle et des étriers. Lucius harnacha incroyablement rapidement Star, devant le regard admiratif d'Harry.
« Tu sais, Harry, j'ai quelques années de pratique derrière moi. Comme tu as pu te réfugier dans la peinture je t'ai déjà dit que j'avais pris l'habitude de partir au loin, je fuyais tous mes soucis. Le plus souvent j'allais jusqu'au lac mais parfois je partais tout simplement galoper dans les bois, mon visage frappé par l'air sec et froid, je me sentais alors vivant comme jamais. »
Harry sourit à l'écoute des confidences de Lucius. Il aimait tellement cela, avoir l'impression que lui seul, était au courant des petits secrets du Lord. Il sentait des picotements se propager le long de ses avant-bras. Lucius prit place en tout premier lieu, il aida alors le garçon à s'installer. Harry n'était définitivement pas très à l'aise mais ses doutes et autres sensations désagréables disparurent lorsqu'il sentit le vent frais s'engouffrer dans ses cheveux trop longs. Pour son plus grand plaisir, ses mains qui retenaient les rênes tant bien que mal étaient retenues prisonnières dans celles plus puissantes de l'autre homme. Lucius qui faisait en sorte de diriger le cheval en profitait pour caresser légèrement la peau douce et pâle du garçon. Il ne cessait d'admirer la silhouette gracile qui avait pris place juste devant lui. Ces mèches brunes qui tombaient élégamment sur la nuque, les hanches fines mises en valeur par sa tenue légèrement moulante. Mû par une force incompréhensible, le Lord pencha son visage marqué doucement contre l'oreille d'Harry et lui susurra délicatement :
« Je t'aime. »
Lucius regretta aussitôt son aveu, lorsqu'il vit Harry se crisper. Une ombre maléfique passa devant son regard et un horrible doute l'assaillit. Il se demanda qui avait pu déjà lui dire ces quelques mots si stupides. Il venait de briser stupidement la magie de cette journée si particulière. Lucius avala difficilement sa salive avant de reprendre, devant le mutisme forcené du garçon :
« Pardonne-moi, je n'aurai pas dû.
- Euh, je… non, s'embrouilla Harry. »
Le brun ne finit même pas sa phrase, il sentait ses joues s'enflammer et le sang affluer au niveau de son visage, de façon irraisonnée. Il avait l'impression de rêver. Lucius venait bien de lui avouer ses sentiments et il se retrouvait dans l'incapacité de répondre quoi que ce soit. Que pouvait bien penser Lucius de lui à présent ? Il aurait dû répondre quelque chose et ne pas seulement se ratatiner ainsi.
Lucius ne savait pas comment interpréter ce silence forcené du gamin. Harry vivait dans un monde dont lui seul possédait la clé, un monde rempli de rêves, de doutes et de cauchemars. Il se résolut à continuer le chemin, guidant le cheval à travers les terrains plus ou moins accidentés, comme si rien ne s'était passé et peut-être qu'ainsi Harry oublierait sa sottise. Et effectivement, ce plan avait l'air de fonctionner, après quelque temps, Lucius pouvait sentir le corps du plus petit se détendre peu à peu et venir s'appuyer plus fortement contre l'autre, comme si tout avait été effacé. Le parfum doux et légèrement grisant du brun commençait à envahir l'esprit de Lucius. Harry qui détestait faire de l'équitation là, tout contre le torse musclé de l'autre homme, était parfaitement bien. Il priait intérieurement pour que Lucius ne lui en tienne pas rigueur pour sa réaction ridicule.
La promenade dura des heures dans cette campagne anglaise verdoyante, si calme. Parfois, le Lord désignait du doigt tel ou tel endroit qui lui tenait tout particulièrement, à cœur. Le malentendu du début de la sortie semblait s'être totalement dissipé, ils voulaient simplement profiter de l'instant présent. En vérité, il ne revint à leur mémoire qu'après leur retour à l'écurie. Lucius s'occupait en vrai professionnel de déharnacher et de nettoyer Star. Le cheval avait été soumis à rude épreuve aujourd'hui et il avait de l'écume à la gueule. Alors qu'Harry caressait le cheval au niveau de l'encolure, Lucius s'occupait de brosser le pelage magnifique sur le flanc gauche. Le silence qui régnait entre les deux hommes était étrange et chargé de tension. Lucius se racla la gorge bruyamment :
« Vraiment Harry, je m'excuse, je n'aurai pas dû te dire…
- Non, tout est ma faute, j'aurai dû répondre et ne pas rester sans rien faire…
- Je ne veux t'obliger à rien. Tu n'as pas à me dire quoi que ce soit.
- Oh mais si ! »
Le gamin avait alors quitté sa place et s'était dirigé vers le Lord, à pas très lents. Il laissa ses doigts glisser sur le pelage dur. Harry finit par planter son immense regard vert dans celui de l'autre homme et lui sourit.
« Je t'… »
Il aurait aimé finir sa phrase mais Lucius avait posé son index sur la bouche rose et pulpeuse du garçon. Harry dévisagea l'autre homme, incrédule. Le Lord releva légèrement le visage.
« Shhhhhh. Ne dis plus rien. Je sais.
- Mais… »
Lucius posa ses lèvres sur celles rouges et pulpeuses de l'adolescent. L'aristocrate avait l'impression de s'être trop découvert et la fierté des Malefoy risquait de ne pas survivre en continuant ainsi. Le baiser était resté très chaste. Lorsque les lèvres se détachèrent, Lucius passa ses doigts dans les cheveux ébouriffés et ôta un morceau de paille.
« C'est quand même mieux comme ça, n'est-ce pas Harry ? »
Harry passa sa main dans sa chevelure et hocha de la tête. Le brun poursuivit :
« Je peux te dire ce que je pense à présent.
- Ce n'est pas nécessaire, vraiment.
- Tu refuses ? »
Lucius acquiesça simplement. Le Lord ne voulait surtout pas qu'Harry, pour lui faire plaisir, lui dise ce qu'il désirait entendre sans le croire pour autant. Le garçon avait déjà assez souffert dans la vie et ce n'était sûrement pas à lui de l'obliger à quoi que ce soit. De toute évidence, en cet instant précis, Harry n'était pas prêt.
Harry avait ressenti un léger pincement au cœur devant l'entêtement de Lucius. Le Lord remarqua la gêne du garçon, il ne résista pas et le prit dans ses bras. Ses lèvres traînèrent sur les joues imberbes.
« Oui, mais je t'assure tout va bien. »
Il multipliait les petits baisers partout et Harry tendit son cou pour laisser un meilleur accès au Lord. Le peintre commençait doucement à gémir à ce doux contact. Bien vite, les mains du blond commencèrent à se perdre sous les vêtements du plus jeune et à glisser le long de la peau douce et parfaite. Lucius, comme une douce litanie, murmurait à l'infini 'Harry, Harry !'.
Le gamin commençait à perdre pied et se retenait tant bien que mal au cheval. Il dût rassembler ses dernières forces pour demander :
« Est-ce que tu m'autorises à te dire que j'ai envie de toi ? »
Lucius releva la tête de surprise. Ses yeux rencontrèrent les deux émeraudes et il ne put retenir un sourire de naître sur ses lèvres.
« Ah ! Ah ! J'en suis plus que flatté. Moi aussi, je te désire plus que tout, lui avait-il répondu son visage niché dans les cheveux. Mais es-tu sûr ? »
Même si leurs différents jeux avaient été déjà assez loin, jamais ils n'avaient encore franchi cette ultime étape. Harry se mit sur la pointe des pieds et en guise de réponse, il embrassa le Lord plus intensément. Lucius ne résista pas plus, il souleva le corps svelte de l'adolescent. Harry ceignit de ses jambes la taille du Lord et se laissa guider. Lucius le déposa sur un tas de paille fraîche, dans un box vide et lors qu'il commençait déjà à défaire sa ceinture, il répéta :
« Bon anniversaire, Harry ! »
A suivre…
