Bonjour tout le monde, voici donc la fin de cette histoire imaginée il y a tellement d'années. J'espère que vous apprécierez cette lecture et me laisserez quelques mots d'encouragement.
A bientôt sur Harry et l'héritier.
Nadwen
EPILOGUE
Deux ans plus tard...
Lucius regardait par la vitre du wagon. La neige ne s'était pas arrêtée de tomber et visiblement la locomotive avait bien du mal à maintenir sa vitesse habituelle. Il espérait ne pas arriver trop tard. La fête devait déjà battre son plein. Quelque part, cela le soulageait, il pourrait simplement se glisser parmi les invités, sans qu'il ne devienne le sujet de toutes les conversations. Il avait déjà bien assez fait la une des gazettes mondaines ces derniers temps : 'Le divorce de tous les scandales', 'Le vice caché d'un Lord, sa femme dit tout.'... Depuis près d'un an, Lucius était entré en procédure de divorce. Il s'était décidé en début d'année après que Drago lui ait dit que cette situation ne pouvait durer plus longtemps et qu'il s'était déjà bien assez sacrifié pour lui. A présent que Drago était un grand garçon, il n'avait plus besoin d'être protégé comme autrefois.
Narcissa avait depuis lors rendu sa vie infernale, déterrant la moindre des histoires que la famille Malefoy avait voulu cacher et bien évidemment, son penchant pour les garçons durant son adolescence à Poudlard avait été malencontreusement divulgué. A dire vrai, cela ne l'avait pas dérangé autant que Narcissa l'avait espéré. La famille Malefoy faisait partie de l'aristocratie anglaise depuis des siècles et avait su se sortir de situations bien pires que celle-ci mais surtout, même si la plupart des choses qui avaient écrites à son propos n'était que des semi-vérités sorties de leur contexte, rien n'avait paru au sujet de la brève et intense relation qu'il avait entretenue avec l'ami de son fils, il y a plus de deux ans.
« Harry, Harry... », murmura-t-il.
Il n'avait revu le garçon qu'à une seule occasion depuis son départ du Manoir. C'était à la remise des diplômes de Poudlard. Ils étaient restés sagement, loin l'un de l'autre. Cela lui en avait beaucoup coûté mais il n'avait alors pas voulu mettre Drago mal à l'aise. Harry et lui n'avaient partagé que quelques minutes d'une conversation des plus banales. Lucius se souvenait seulement l'avoir félicité lorsque Harry lui avait annoncé avoir réussi le concours d'examen d'entrée pour les Beaux-Arts de Londres. Pourquoi repenser à tout ça encore maintenant ? Il devait regarder vers l'avenir et ne pas vivre dans ces sempiternels mêmes regrets. Il avait fait un choix sur ce fameux quai de gare, quand Harry l'avait regardé de ses yeux si expressifs et qu'il l'avait laissé monter dans ce train qui l'emmenait loin de lui, vers une vie pleine de joie et de bonheur.
Lucius entendit la voix du contrôleur grésiller dans les hauts-parleurs. Il annonçait enfin l'arrivée imminente en gare de King's cross. Il espérait juste trouver facilement un taxi pour l'amener à destination, en tant que représentant à la chambre des Lords, tout autre moyen de transport en commun n'était pas concevable et il ne se voyait pas marcher, sous la neige jusqu'au nouvel appartement de son fils en plein quartier de Soho. Malheureusement pour lui, cette soirée semblait être maudite et tout comme il le craignait lorsqu'il sortit devant la gare londonienne, il n'y avait pas le moindre taxi à l'horizon, comme si en ces périodes de fin d'année, tout le monde avait jugé bon de s'arrêter de travailler. Heureusement pour lui, le quartier où résidait Drago était tout à côté et puis, comme il n'avait pas prévu de s'imposer chez son fils, il n'avait amené qu'une petite valise avec lui. Le chemin s'avéra finalement plus agréable que ce qu'il espérait. Il n'y avait pas que les taxis qui avaient abandonné la ville, les passants se faisaient rare et dans ces rues désertes, illuminées par les décorations de Noël, il se sentait bien, malgré le froid. Il adorait tout particulièrement sentir la neige fraîche craquer sous ses pas. Il se surprit une nouvelle fois à repenser à Harry. Il l'imaginait les joues rougies, courant à travers ces mêmes rues désertes, ses yeux illuminés à la vue de la neige tombant à gros flocons et recouvrant toute la ville de blancheur. Il marchait d'un pas vif, le froid lui faisant progressivement accélérer le rythme. Il n'était toujours pas persuadé que c'était une bonne chose de participer à cette soirée. Bien sûr, il le devait à Drago, il le lui avait promis et il ne voulait pas une fois encore décevoir son fils. Et puis, son fils avait semblé tellement heureux lorsqu'il lui avait parlé pour la première fois de faire une fête dans sa toute nouvelle maison pour laisser définitivement, derrière eux cette année peu mémorable.
Lucius s'arrêta quelques instants, posant à terre sa petite valise qu'il tenait en main et qui transportait les quelques vêtements de rechange qu'il avait pris avec lui. Il sortit de la poche de son pantalon, un morceau de papier, pour une énième vérification. Il le déplia avec difficultés et relit à nouveau l'adresse que Drago avait griffonnée à la va-vite, au crayon de papier « 12, Square Grimmaurd ». D'après ses souvenirs lointains d'une époque révolue depuis bien longtemps, où Lucius habitait à Londres non loin de là, dans Regency Street, il savait qu'il s'approchait du lieu final de son voyage. Lorsqu'il repéra la maison de son fils, en plein centre du Square Grimmaurd, il admira le choix de son fils. Cette propriété au style victorien était tout simplement une merveille architecturale avec ses colonnes joliment travaillées, ses grandes fenêtres. Lucius reconnaissait bien là le goût exquis de son fils. A la pensée de l'argent qu'avait dû coûter cette demeure, Lucius sourit : la part de l'héritage que Drago avait reçu au décès de son père, Abraxas Malefoy, avait été visiblement utilisée, à bon escient. L'aristocrate resta quelques minutes, de l'autre côté de la rue à observer la luxueuse bâtisse. Le froid lui piquait le visage et il sentait ses doigts s'engourdir à travers les gants en cuir qu'il portait. Malgré tous ces désagréments, il préférait rester là, encore quelques instants, en témoin lointain du succès de son fils. Finalement, pour se donner du courage, Lucius souffla dans ses mains frigorifiées et un nuage de buée s'échappa de sa bouche. Il finit par traverser la rue déserte, il ne pouvait rester ainsi toute la soirée, même s'il le souhaitait plus qu'ardemment. Il regarda la plaque en cuivre sur laquelle était gravée le numéro '21' et machinalement, il passa la main dessus pour enlever la neige qui commençait à recouvrir les chiffres dorés. Il s'apprêtait à appuyer sur la sonnette d'entrée pour que son fils vienne le chercher mais il préféra d'abord vérifier si la petite grille en fer forgé était verrouillée. Heureusement, pour lui, elle ne l'était pas et lui céda le passage dans un grincement des plus désagréables. Lucius fit bien attention à ne pas glisser sur les marches enneigées. Il frappa un faible coup sur la lourde porte d'entrée. Il n'eut même pas besoin de renouveler l'expérience qu'aussitôt une jeune femme vêtue d'un chemisier blanc et d'une jupe noire à la coupe stricte, et au sourire éclatant lui ouvrit la porte. Lucius leva les yeux au ciel, décidément son fils ne pouvait s'empêcher d'en faire trop.
« Bonsoir, Monsieur, pourriez-vous me donner votre nom ? Je dois vérifier que vous faites bien partie de la liste des invités. »
La jeune femme blonde était avenante et avait parlé sur un ton doux. Cela empêcha Lucius de lui lancer sur un ton peu amène que vu la ressemblance avec l'organisateur de la soirée, il n'était pas bien difficile de comprendre le lien de parenté qui les unissaient. Alors qu'il allait répondre, Drago descendit le grand escalier qui trônait au milieu de l'entrée, il aperçut son père et cria :
« Père, enfin.
- Pp...ère, bafouilla la jeune femme. Oh ! Excusez-moi, M. Malefoy. Je n'avais pas vu que vous étiez sur la liste des invités. »
Lucius leva un sourcil interrogateur à l'attention de son fils.
« C'est une amie à moi, Pansy Parkinson.
- Une amie ? Et tu l'emploies comme ouvreuse.
- Elle a besoin d'argent et c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour qu'elle accepte notre foutu argent contre rétribution.
- Je vois... répondit le Lord visiblement peu inspiré. Enchanté, Mademoiselle. Je suis donc Lucius Malefoy et je dois bien figurer sur la liste des invités.
- Euh... oui, en effet, répondit-elle après avoir jeté un énième regard sur le papier qu'elle tenait à la main. »
Drago arriva enfin à hauteur de son père et l'étreignit brièvement :
« Bonjour, je suis si content que tu aies pu venir finalement.
- Je te l'avais bien dit pourtant.
- Oui, bien sûr mais j'ai eu peur qu'au dernier moment, tu ne changes d'avis, Père et que tu nous fasses faux bond.
- Je ne te cacherai pas que l'idée m'a effectivement effleuré. Mais pourquoi était-ce si important que je vienne ? De toute façon, je t'aurai forcément rendu visite dans ta nouvelle maison, à un moment ou un autre.
- Oui, mais, dans ce cas, le plan de ton petit Machiavel aurait lamentablement échoué. Bonsoir, Lucius. »
Lucius n'avait pas entendu Remus se rapprocher à pas de loup. Il était à présent, aux côtés de Drago, son sourire éclatant vissé aux lèvres. Officiellement, Drago et Remus ne vivaient pas ensemble mais Lucius était bien conscient qu'un jour ou l'autre, ce ne serait plus le cas. Et, à vrai dire, il s'en fichait, il était heureux de voir son fils ainsi. Il resplendissait aux côtés du médecin, tout simplement. Remus avait été un soutien incomparable pour son fils surtout en ces temps difficiles où la presse à scandale s'en donnait à cœur joie. Drago ne parlait d'ailleurs plus à sa mère, il ne lui pardonnait pas toutes les révélations qu'elle avait pu faire.
Le cheminement des pensées de Lucius fut interrompu lorsqu'il entendit :
« Père, père, tu m'écoutes ?
- Euh... Oui, évidemment, Drago.
- Très bien ! Alors, qu'est-ce que je viens de dire ? »
Après quelques instants de réflexion et n'ayant visiblement aucune réponse adéquate, Lucius, vaincu, concéda :
« Bon, d'accord. Excuse-moi, Drago, je serai plus attentif la prochaine fois.
- Merci, Père, répondit son fils avec une pointe de sarcasme dans la voix. Bon, je reprends, je viens de recevoir mes notes du premier trimestre, ce matin...
- Et ?
- Et tu n'as plus à t'inquiéter pour ton fils. Il deviendra bien médecin, finalement. »
L'autre chose que lui avait apporté Remus, c'était une vocation définitive et irrévocable et ce depuis l'été dernier, peu après avoir reçu son diplôme de Poudlard. Lorsqu'il avait fait un voyage humanitaire au Nigeria en tant que bénévole et surtout soutien amoureux de Remus, il avait décidé subitement de suivre des études pour devenir médecin et contre toute attente, il avait réussi sa première année et visiblement, il venait de débuter sa deuxième année avec le même succès.
« C'est bien, je suis content pour toi.
- Merci mais on ne dirait pas.
- Drago, le réprimanda Remus.
- Mais c'est vrai, il fait toujours la tête. Même la réussite de son propre fils ne semble pas le réjouir mais je sais comment y remédier, répondit Drago comme si son père n'était pas là.
- Drago, qu'est-ce que tu racontes encore ?
- Tu vas comprendre très bientôt Père, ne t'en fais pas. Tu veux que je te fasse faire le tour du propriétaire. Tu vas voir, tu vas adorer la maison.
- Je n'en doute pas une seconde. Mais je pense que tu as bien d'autres invités qui n'attendent que toi alors va plutôt les rejoindre, je me débrouillerai bien tout seul.
- Oh que non, Père, ne compte pas te défiler aussi facilement. Tant que je peux, je veux profiter de ta venue, avant...
- Avant quoi, Drago ?
- Avant que tu ne sois occupé ailleurs.
- Qu'est-ce que tu entends par là ?
- Allez, viens. »
Lucius se laissa guider par son fils qui l'emmena faire la visite de cette superbe demeure. Drago décida de lui montrer en tout premier lieu et assez étrangement le premier étage composé de cinq chambres richement aménagées et autant de salles de bain. Ils s'attardèrent un peu plus longtemps dans une petite chambre aux couleurs douces et apaisantes et où Lucius allait devoir loger le temps de mon séjour. Elle était meublée avec goût et de suite, ses yeux se portèrent sur un petit tableau accroché en face du lit. C'était une énième vue du Manoir Malefoy, peinte avec une délicatesse que le Lord connaissait déjà pour l'avoir observé à plusieurs reprises. Il se tourna vers Drago qui lui confirma ses suspicions.
« Harry m'en a fait cadeau, il y a quelques semaines. Il s'intègre tellement bien avec le reste des meubles de la chambre que l'on pourrait croire que je l'ai commandé mais même pas. Je soupçonne Harry d'avoir un certain nombre de vues du Manoir et de m'avoir offert celle qui était la plus adaptée. »
Lucius sourit à cette idée : Harry qui n'était pas retourné au Manoir depuis plus de deux ans mais qui continuait, malgré tout, à le peindre comme s'il n'avait jamais pu vraiment quitter le lieu. Drago fit comme s'il ne voyait pas que son père était ailleurs et ne l'écoutait plus vraiment. Il se contenta de se racler la gorge peu discrètement et de regarder sa montre bracelet d'un luxe plus qu'ostentatoire.
« Père, j'ai encore une pièce à te montrer, avant de te lâcher parmi les autres convives.
- Pourquoi, Drago, tu te sens obligé de rester avec ton vieux père ? Descends donc retrouver les autres, je vous rejoindrais dans peu de temps, ne t'inquiète pas.
- Je ne vais pas encore une fois me répéter. Tu as passé une année difficile et laisse-moi m'occuper de toi et faire en sorte que cette soirée soit une réussite totale, exactement comme je le souhaitais. »
Lucius abandonna : il était à présent évident qu'il n'avait pas toutes les cartes en main. Cette soirée paraissait si importante aux yeux de son fils qu'il semblait au summum du bonheur. Il se laissa finalement entraîner vers le second étage. Alors qu'il le suivait, à quelques pas de distance, il devinait que Drago l'emmenait vers une bibliothèque ou un petit salon bien loin de l'agitation de la salle à manger. La porte était mal fermée et Lucius comprit enfin en entendant une voix calme :
« Je ne crois pas que j'en suis encore capable, Remus.
- Severus m'a pourtant dit que tu peux y arriver et il ne se trompe que très rarement. »
Drago frappa légèrement à la porte entrouverte, juste avant de franchir le seuil.
« Eh, voilà, père, la dernière surprise : la bibliothèque ! »
Harry s'était instantanément retourné et faisait à présent face aux deux nouveaux arrivants. Il n'avait guère changé depuis la dernière fois où ils s'étaient rencontrés, toujours ses mêmes cheveux bruns emmêlés, toujours sa même peau diaphane, toujours ses mêmes magnifiques yeux vert émeraude.
« Lu...Lucius, bafouilla un Harry tout aussi surpris et qui visiblement n'était pas au courant du stupide plan de sa progéniture.
- Rappelle-toi, Père, à l'époque, je m'étais retrouvé enfermé avec Harry pour faire la paix, je te devais bien la pareille. »
Lucius haussa un sourcil perplexe lorsqu'il entendit son fils.
« Tu te demandes sans doute pourquoi ce stratagème. Sache seulement que cela fait déjà plusieurs mois que j'essaye de vous réunir dans une même pièce mais sans grand succès jusqu'à présent. Il fallait un grand événement et apparemment, ma pendaison de crémaillère en était un.
- Mais, Drago, nous ne sommes pas en mauvais termes avec Harry, n'est-ce pas, Harry ? »
Le jeune homme opina de la tête. Bien sûr, qu'il n'était pas en mauvais termes avec Lucius. Ces quelques semaines passées en sa présence lui avaient tellement apporté, toute sa vie s'en était retrouvée chamboulée. Le Lord s'était montré si charmant, si prévenant. C'était la première personne à qui il avait pu entièrement se confier. Il était si doux, si prévenant. Il n'avait pu s'empêcher de lui en vouloir quelques temps, lorsque le Lord n'avait même pas essayé de le retenir, à la fin des vacances. Mais, au final, il s'était rangé du côté de Lucius, il avait probablement raison, ils n'étaient pas faits pour vivre une histoire, trop de choses, leur âge, leur statut social les séparaient. Pendant deux mois, lors de sa dernière année, il était même sorti avec un autre élève de Poudlard, Cédric Diggory mais très vite, malgré leur amour commun de la peinture, Harry s'était rendu compte que cette relation ne menait strictement à rien. Il n'était d'ailleurs déjà plus avec Cédric lorsqu'il avait revu pour la dernière fois Lucius, lors de la remise de son diplôme. Il ne lui avait pas beaucoup parlé ce jour-là, il s'était senti particulièrement stupide et empoté comme rarement dans sa tenue de nouveau diplômé. La seule chose qui lui avait apporté du réconfort en cette journée déprimante était quand Lucius l'avait félicité pour son entrée aux Beaux-Arts de Londres. Depuis lors, il ne l'avait pas revu sauf sur papier glacé, lorsqu'il lisait les immondices que les journaux à scandale publiaient. Il en avait été sincèrement navré pour Lucius, il avait à plusieurs reprises voulu lui téléphoner mais, à chaque fois, au dernier moment, il avait refermé le clapet de son téléphone portable.
« Je crois que nous avons fini notre mission ici, Remus. Profitez du calme de la bibliothèque avant de redescendre dans la salle de réception. »
Drago ne laissa pas le temps aux deux autres de réagir, il attrapa le bras de Remus. Lucius hocha la tête.
« Décidément, il ne changera jamais, toujours à échafauder des plans et manigancer quelque chose. »
Harry sourit légèrement.
« Il reste un Malefoy avant tout.
- C'est évident et je dirai même, la quintessence des Malefoy.
- S'il l'avait entendu, je ne suis pas persuadé qu'il l'aurait bien pris, répondit Harry le sourire aux lèvres.
- Probablement pas, pourtant c'est un fait, il est machiavélique et tellement sûr de son bon droit.
- Tu as raison, c'est l'ultime Malefoy.
- Exactement. Mais je ne suis pas sûr qu'il se réjouirait qu'on ne parle que de lui, donc changeons de sujet.
- Si tu veux ?
- Tu es toujours aux Beaux-Arts, à ce que m'a dit Drago. »
Harry confirma par un hochement de tête.
« Tu verrais, c'est incroyable là-bas. Les gens sont tellement brillants, je ne cesse d'apprendre de nouvelles techniques.
- Ah... Apparemment, tu adores y étudier.
- Oh ! Oui... C'est... C'est... »
A l'évocation de l'école des Beaux-Arts, les yeux d'Harry s'illuminaient, sa voix tremblait légèrement d'excitation et cela ravissait Lucius sincèrement. Il le laissa continuer à s'extasier sur sa nouvelle vie d'étudiants plusieurs minutes, le Lord ne voyait aucun intérêt à l'interrompre. De temps en temps, il marquait son approbation d'un faible raclement de gorge.
« Et puis, M. Goyle qui a à Soho l'une des galeries d'art les plus renommées de Londres est venu faire un tour à l'école et il m'a choisi parmi une sélection de cinq autres étudiants pour sa prochaine exposition du renouveau de l'art anglais, l'inauguration aura lieu dans deux semaines.
- Mais c'est absolument fantastique, Harry, vraiment. »
En entendant cette bonne nouvelle, Lucius prit dans ses bras le jeune homme et le fit tournoyer. Lorsqu'il reposa le jeune homme, une gêne palpable s'était abattue entre eux deux, ils avaient certes été amants mais à présent, qu'étaient-ils l'un pour l'autre ? Un doux souvenir ou plus...
« Excuse-moi, Harry, je n'aurai pas dû.
- Non..., non, bredouilla le brun heureux de ce contact si bref fût-il, au contraire.
- Tant mieux. Je reste quelques jours chez Drago, tu pourras me montrer la galerie où se déroulera ta première exposition.
- Si M. Goyle est d'accord, j'en serai ravi. Je te montrerai aussi les œuvres que j'ai choisies, j'espère qu'elles te plairont.
- Je n'en doute pas une seconde, Harry. Tu sais, j'ai gardé ton portrait. Je ne l'ai pas accroché dans ma chambre, de peur que Ruby ou Dobby ne tombent dessus et ne s'évanouissent mais il est dans un endroit où moi seul peux l'admirer, je préfère en un sens car ce tableau, je ne veux le partager avec personne. C'est mon trésor caché. »
A ces mots, Harry se sentit rougir jusqu'à la racine de ses cheveux.
« Et, toi, tu vas bien ? demanda le jeune peintre, visiblement inquiet.
- Tu parles de mon divorce, sans doute.
- Hmm, hmm.
- Narcissa m'a rendu la vie impossible mais je m'en sors, cela m'a permis de faire le tri dans mes amis et au fond de moi, je ne cesse de croire que j'ai mérité tout ça. Je l'ai fait souffrir, j'aurai dû me séparer d'elle, bien avant, bien avant que son état n'empire mais à l'époque, je me comportais comme le digne héritier de la famille Malefoy qui pour rester un pilier de la communauté, est prêt à tout.
- Ne te rabaisse pas comme ça, Lus'. Tu as largement remboursé tout le mal que tu as pu faire aux autres, je t'assure et même plus. »
Lorsque Harry avait susurré son surnom, Lucius avait souri à son interlocuteur.
« Au fait, Harry, comme nous sommes entrés avec Drago, de quoi parlais-tu avec Remus ?
- De ma thérapie. »
Le jeune homme laissa un soupir sortir de sa bouche.
« Tu sais, depuis un an, j'ai repris à jouer du piano.
- Tu quoi ? »
Lucius regarda Harry et se demanda comment tant de choses avaient pu changer dans la vie de cet être magnifique. Il l'avait quitté sur le quai de la gare, frêle, perdu, si peu sûr de lui et à présent, il s'apprêtait à faire sa première exposition et jouer à nouveau du piano, après toutes les horreurs qu'il avait subi.
« Je suis des cours de piano, assez intensément je dois dire, avec Remus, j'ai pas mal progressé et Severus et Remus voudraient que je joue en public pour totalement exorciser... ce qu'il m'a fait.
- Ils ont raison, Harry.
- Je... je sais mais c'est... »
Lucius interrompit Harry.
« Il y a un piano dans la salle de réception, je suppose.
- Exactement.
- Tu voudrais que je t'aide à passer cette ultime étape.
- Euh... oui, je crois. »
La voix était hésitante mais indéniablement, Harry le pensait.
« Alors, viens. »
Lucius prit Harry par la main et l'entraîna dans les escaliers. Il ne leur fallut guère de temps pour arriver à destination. La main du Lord tenait fermement celle de son protégé. Arrivés au seuil de la porte, Lucius demanda fébrilement :
« Toujours d'accord ?
- Oui, si tu restes à mes côtés.
- Comme s'il pouvait en être autrement. »
Lucius repéra aussitôt le grand piano noir qui trônait au fond de la pièce. Il ne jeta pas un regard aux dizaines d'autres invités qui ne lui importaient que peu, pas plus que Drago et Remus. Il ne les entendit pas plus lorsqu'ils passèrent à côté d'eux.
« Tu crois qu'ils se remettront ensemble ?, demanda un Remus curieux.
- J'espère bien et compte sur moi pour que ça se produise, répondit Drago d'un ton décidé. Il est hors de question que cela finisse autrement ! Il va bien falloir que ces deux-là comprennent qu'ils ne seront jamais totalement heureux, s'ils ne sont pas ensemble. Nous, pendant ces deux dernières années, nous avons eu le temps de nous en rendre compte. Attends, Rem', tu crois que Lucius puisse faire en sorte que Harry joue du piano devant tout le monde...
- Oui et force est de reconnaître que tu as raison, Lucius est la meilleure chose qui puisse arriver à Harry.
- J'ai toujours raison... »
Ils regardaient d'un air bienveillant les deux hommes prendre place. Harry était assis sur le banc devant le piano et Lucius se tenait à ses côtés. Les mains pâles d'Harry restaient au-dessus du clavier, elles tremblaient légèrement. Lucius, pour le rassurer une nouvelle fois, lui prit ses mains dans les siennes et lui susurra au creux de l'oreille.
« Tu peux le faire, Harry, je crois en toi. Et fais que ce moment soit aussi inoubliable que cet été où tu es apparu dans ma vie. »
Harry se mit alors à jouer en regardant Lucius et les douces notes résonnèrent au cœur de l'hiver.
FIN.
