Hello tout le monde ! Je suis vraiment heureuse de poster ENFIN ce texte qui ne m'inspirait pas vraiment jusqu'à maintenant. Mais voilà, la déesse de l'inspiration a enfin décidé de m'aider *PAN* J'espère en tout cas que ce texte vous plaira. Ah, et c'est encore un UA (sans blague...) inspirée des sirènes de la mythologie grecque et de la légende d'Ulysse. Les paroles de la chanson chantée par la sirène sont de moi. Bonne lecture !
Genre : Tragédie/Romance
Rating : T (pour présence de sang et de descriptions)
Personnages : Edo-Grey/Grey Soluge, Edo-Juvia
Musique
Halgrath - Deep Underwater Drakest Tale
Vide Bleu
« Le bleu est une plongée inconsciente interminable. » - Malcolm De Chazal
Les clapotis de l'eau le tenaient éveillé. Les bras appuyés à la rambarde de bois, son souffle bruyant marqué par les nuages de vapeur à chacune de ses expirations, il attendait. Tous les autres marins étaient partis dormir tôt ce soir. Avant de se coucher, tous s'étaient bouchés les oreilles avec de la cire fondue tout en lui intimant de faire la même chose, parce que perdre un homme reviendrait à se couper une jambe ou un bras, et ils ne pouvaient pas se le permettent. Pas après avoir vu mourir les trois-quarts de l'équipage. Pourtant, Grey n'en avait rien fait et était donc là, attendant que le navire atteigne l'endroit fatidique. Il s'en fichait bien de mourir, d'ailleurs, il rêvait de ce moment depuis si longtemps.
Soudain, les lumières suspendues sur le pont s'éteignirent d'un coup, plongeant le marin dans l'obscurité la plus totale. Pourtant, il ne bougea pas, fixant les flots avec une lueur avide dans le regard. Le vent cessa. Ne restait plus que les clapotis réguliers des vagues contre la coque du bateau. Une voix commença à se faire entendre, lointaine, indistincte, mais déjà si envoûtante. Grey se pencha par-dessus le bastingage, cherchant l'origine de ce bruit qu'il devinait à quelques centaines de mètres devant lui. La voix se fit plus forte, dévoilant des paroles chantées sur une mélodie inconnue. L'eau remua en-dessous de lui et une tête jaillit brusquement. Grey ne réagit même pas, ses yeux sombres rivés sur le visage qui venait d'apparaître.
Larmes éternelles, coulez en cascades infinies.
Ma peine est immense, marin sans peur, sauve moi.
Aide-moi, toi si plein de vie.
Alors que je me meure dans cette cage d'eau, prisonnière de mes émois
De longs cheveux s'étalaient à la surface de l'eau. Les boucles tournoyaient lentement, hypnotisantes, les tresses parsemant la chevelure semblaient comme tissées dans l'océan lui-même, se confondant avec les vagues. La peau pâle étincelait, comme irradiant sa propre lumière, pareille à des paillettes d'argent, presque transparente. Le visage où les lèvres tentatrices se mouvaient sensuellement semblait taillé dans le plus fin des cristaux. Et les yeux. Les yeux, plus bleus encore que la mer, un bleu sombre et vide dans lequel on risquait de se perdre. Et Grey s'y perdit. C'était comme se noyer dans le ciel. Doux, agréable, tendre. La sirène sourit sans pour autant cesser de chanter. Et le jeune marin se surprit à lui sourire en retour. La voix ensorcelante de la créature l'attirait comme une flamme attirait le papillon. Pour ensuite mieux le calciner. Mais Grey voulait bien être pendu, brûlé vif ou écartelé pour pouvoir contempler la beauté bleutée de la sirène pour toujours, même dans la mort.
Elle se redressa et le marin put voir que des écailles irisées recouvraient sa poitrine menue. À travers les eaux, il aperçut sa queue, faite des mêmes écailles qui recouvraient son torse, se balançant afin de lui conférer un minimum de stabilité. Des reflets azur la parcouraient sans-cesse, tels des flammes d'eau. Grey se pencha encore un peu et tendit la main vers elle. Il voulait la toucher, passer ses doigts dans cette longue chevelure indigo, embrasser ces lèvres presque blanches. Il la désirait, tout simplement, comme il n'avait jamais désiré personne. La couleur dont elle était presque entièrement parée avait sans doute quelque chose à voir là-dedans. Le jeune homme naviguait depuis sa plus tendre enfance et il n'avait cessé de regarder l'océan, s'émerveillant devant son bleu si pur, si glacial. Il savait qu'il plongeait vers une mort certaine, mais il ne put empêcher ses mains de lâcher prise et son corps de glisser lentement vers l'objet de sa convoitise. Il sentit le froid de l'océan refermer ses bras autour de lui. Alors qu'il ouvrait les yeux, deux mains se posèrent sur ses joues, chaudes et agréables. La sirène l'attira vers elle, enroulant sa queue autour de ses jambes. Elle continuait à chanter, intarissable.
Jeune héros aux yeux de ténèbres,
Dans l'antre de la sirène tu t'es risqué
Et je saurais te récompenser
Par la douceur tiède de mes lèvres.
Elle approcha son visage et il sentit soudain une pression contre ses lèvres. S'accrochant à son cou et plongeant les mains dans les cheveux d'eau, il approfondit le baiser. Sa langue caressa les lèvres si délicieuses de la sirène. Il se sentait si bien, même au fond de l'eau où il savait qu'il ne pourrait plus garder son souffle très longtemps, même s'il se doutait de sa mort imminente. Brusquement, une douleur irradia dans toute sa bouche et un goût de métal se posa sur sa langue. Il ouvrit les yeux. La créature quitta ses lèvres, du sang maculant son menton et sa joue droite. Elle souriait à nouveau et des dents extrêmement pointues avaient fait leur apparition, dégoulinantes de liquide carmin. Grey se laissa aller contre elle, sentant ses forces l'abandonner en même temps que le sang coulant de ses lèvres déchirées. Il sentit une pointe contre sa nuque. Puis un coup bref. Et plus rien. Plus rien à part des yeux vides et froids, bleus. Et un chant.
Ton sang m'abreuve et me guéris.
Ton âme si pure est à présent souillée.
Sombre dans les tréfonds de mon nid
Et que ton âme se perde à jamais dans ce vide bleuté.
J'espère qu'il vous a plu ! Bisous les amis !
