Quelque chose ne tournait pas rond ... Quelque chose ne tournait pas rond !
C'était ce que se répétait Sakura depuis des heures. Elle était en colère : elle était en colère contre elle parce qu'elle n'avait pas réagi quand Sasuke l'avait giflé, elle était en colère contre son corps parce qu'il l'avait poussé à embrasser l'Uchiwa, elle était en colère contre le brun têtu parce qu'il s'enfonçait dans les ténèbres et surtout elle était en colère parce que, malgré tout et en dépit de tout, elle n'arrivait pas à le détester ! Au contraire, son amour ne faisait que croître. Elle s'insulta mentalement une dernière fois, pestant contre sa stupidité.
Pourtant, la rose ne cessait de se repasser la scène en boucle, encore et encore : des lèvres mouillées qui se rencontraient pour la première fois, l'envie quasiment vitale de recommencer la poussant à laisser son corps parler à sa place. Elle avait été prise d'une pulsion, une pulsion de désir. Quand leurs corps s'étaient trouvés et quand leurs bouches s'étaient touchées dans un simple frôlement, la fleur de cerisier avait senti son être se consumer, son sang en ébullition et une étrange chaleur provenant de son bas ventre. Son cerveau avait répondu à son corps désireux la forçant à l'embrasser. La jeune fille désirait Sasuke. Elle désirait son cœur, ses lèvres, son corps et bien plus encore ! Elle le voulait tout entier.
Rougissant jusqu'aux oreilles, l'adolescente secoua vivement la tête : à quoi bon penser à ça ? Le dernier des Uchiwa ne lui reparlerait sans doute jamais après ce qu'elle avait fait et dans le pire des cas, il la tuerait. Lui qui ne supportait pas la moindre marque d'affection, la jeune fille avait osé accomplir le symbole même de l'amour.
La fleur de cerisier sombra, enveloppée par les noirceurs des cauchemars. Ses rêves la conduisirent dans un étrange Konoha dévasté et en flammes. Les visages de pierre des Hokage, gardiens de la cité, avaient été détruits, une silhouette se tenait sur l'amas de blocs de pierres. Sakura se sentait attirée par cet individu inconnu, elle ne pouvait arrêter de marcher vers lui et bientôt elle fut à ses côtés. La rose se plaça à sa droite et observa longuement son village ravagé : des centaines de corps dénués de vie apparaissaient entre les ruines, plus aucun bâtiment ne tenait debout, le feu aux flammes noires purifié tout sur son passage, l'adolescente reconnut un cadavre parmi toutes les dépouilles : cette tête blonde avait captivé son regard. Mais elle préféra ne pas y penser. Curieusement, elle ne ressentait aucune peine, c'était une sorte d'allégresse qui se propageait dans ses veines comme si la jeune fille était satisfaite du sort de Konoha. Elle se tourna vers l'inconnu et sourit béate :
« Nous allons pouvoir commencer à vivre ensemble ... »
« Hn ... », fut la réponse. Une main glacée serra la sienne, leurs doigts s'entrelacèrent, une tête brune se posa sur son épaule, Sakura caressa la joue blafarde de son autre main et laissa ses doigts se glissaient dans la chevelure sombre, elle déposa un doux baiser sur son front et lui murmura :
« Je t'avais bien dit que je ferais n'importe quoi pour toi Sasuke-Kun ! »
Cette dernière phrase fit sortir la ninja de sa torpeur. « Ce n'était qu'un mauvais rêve. », se réitéra-elle plusieurs fois. Soupirant, elle se leva et se mit à marcher en rond pour calmer ses nerfs. Jamais elle ne laisserait cette hantise se concrétiser. C'était sa décision. La jeune fille sauverait Sasuke de ses démons, elle le ramènerait avec elle à Konoha et ils pourront tirer un trait sur cette histoire. Elle ne laissait place qu'à cette issu. Elle ne l'abandonnerait pas, la rose irait chercher le brun mystérieux dans l'obscurité et le ramènerait à la lumière !
Elle entreprit de se changer : elle mit un débardeur rose avec un short noir, puis fit un petit brin de toilette. Elle voulait chasser ses tortures d'esprit. Son attention se focalisa sur Konoha. Elle se demandait ce que les villageois étaient en train de faire à cet instant, même si elle n'avait plus aucune notion du temps coincée ici. Elle imaginait Naruto attablé au stand Ramen Ichiraku geré par Teuchi, commandant bol sur bol, jamais rassasié. Kiba accompagné d'Akamaru faisant le mariole dans la forêt qui entourait le village caché de la feuille. Lee s'entrainant sérieusement sous le regard de Gaï-Sensei, jetant parfois un coup d'oeil au prodige Neji occupé à lancer des kunais sur une cible. Kakashi planqué dans un coin avec pour seule compagnie son livre érotique. D'où lui venait cette manie aussi inhabituelle pour un grand shinobi ? Ino probablement dans l'arrière pièce de la boutique de fleurs de ses parents s'appliquant à confectionner de magnifiques bouquets. Elle devait au moins lui reconnaître ça. Hinata embarrassée tandis que le blondinet lui proposerait un bol de ramen. Shikamaru étendu sur un toit en tuiles flanqué d'un Choji dévorant un paquet de chips tout en philosophant sur la vie de ninja. Et Tsunade, sa mentor, à son bureau, d'énormes piles de dossiers devant elle, un petit verre de saqué préparé par Shizune à sa gauche, s'inquiétant sur le sort de sa protégée. Et ses parents alors ? Mortifiés par l'absence de leur fille unique, ils se persuaderaient qu'elle finirait bien par rentrer. Durant ses trois semaines passées dans les bois, allant de village en village, elle s'était efforcée de ne jamais songer à ses proches. Elle se doutait qu'ils devaient tous s'interroger sur les raisons de sa disparition à Konoha. Certains justifieraient cela d'une mission, d'autres diraient qu'elle aurait rejoint l'ennemi Uchiwa. Mais que pensaient ceux qui comptaient vraiment ? Est-ce qu'une équipe de secours avait été envoyée à sa recherche ? Peut-être craignaient-ils le pire à son sujet ? Et si ses parents supposaient qu'elle était morte ? Une boule de culpabilité monta en elle. Toutefois, c'était pour eux qu'elle avait pris cette décision, pour les sauver de la folie destructrice de Sasuke.
Alors qu'elle avait fini de se préparer, quelqu'un entra dans sa prison et referma la porte derrière elle. C'était Karin. Sakura pouvait lire toute l'animosité que la binoclarde ressentait à son encontre. Elle bouillait littéralement de l'intérieur. Sa fureur trahissait ses mouvements : elle était tendue prête à bondir au moindre mouvement. Elle ne devait pas apprécier qu'une rivale habite sous le même toit qu'elle et Sasuke. La fleur de cerisier eut tout d'un coup un mauvais pressentiment. La présence de la jeune fille aux cheveux rouges ne présageait rien de bon.
« Voilà ton repas ! », éructa-t-elle avec dégoût en posant un plateau par terre au beau milieu de la pièce. Sakura resta interdite, qu'était-elle censée faire ? Aux premiers abords, l'équipière du ténébreux n'était venue que pour lui apporter son déjeuner, elle n'avait aucune idée derrière la tête. Mais la rose pouvait-elle en être sûre ? Plusieurs mètres les séparaient. Cette distance paraissait être leur no man's land. Karin oserait-elle s'en prendre à la jeune fille malgré les ordres de son chef ? L'adolescente fit quelques pas vers le plateau, prudente elle n'arrêtait pas d'observer les réactions de la rousse, mais celle-ci conservait un air suffisant. Sakura se risqua donc à se pencher pour attraper le plateau posé juste devant les pieds de la binoclarde.
Ce fut à ce moment que Karin choisit de projeter l'adolescente contre le mur en face de la porte d'un coup de pied. Celle-ci retomba sur le sol froid, légèrement assommée. Elle se releva en titubant et lança un regard courroucé vers son adversaire. Son poing lui démangeait. Si cette fille à lunettes ne se maîtrisait pas présentement, Sakura ne pourrait plus se contrôler : elle ne supportait pas ce genre d'affront. Cette Karin méritait une bonne leçon. Elle avait connu plus d'une bagarre. Ce que le brun et Naruto devaient ignorer, elle qui était toujours aimable et souriante en société, s'était battue plusieurs fois avec des groupies de l'Uchiwa. Sa petite querelle avec Ino ne signifiait rien en comparaison à ses accrochages réguliers avec ces fausses admiratrices qui clamaient haut et fort leur amour pour le taciturne sans le connaître réellement. Certes, elle s'était également comportée ainsi à une époque, avait souvent tiré les cheveux d'une garce qui lui aurait balancé qu'elle n'avait jamais parlé à Sasuke mais après son intégration dans la team sept, sa relation devenait parfaitement légitime. Sakura ne se laissait pas faire, surtout pas par une groupie.
« Je ne sais pas pourquoi tu es toujours en vie, mais si tu crois que je vais te laisser profiter de cette situation pour approcher Sasuke-Kun, tu rêves mocheté ! », beugla Karin hors d'elle. La Chunin se contenta de la fixer, ce face à face lui rappelait ses engueulades avec Ino lorsqu'elle l'insultait de « grand front ». Peu importait le nombre d'années, elle aurait toujours des concurrentes. Sasuke Uchiwa sera éternellement adulé. La rose soupira à la vue de la mine irritée de la rousse. Qu'allait-elle choisir de faire ?
« Écoute, je ne suis pas d'humeur là. Ton sale vicieux de coéquipier m'a lorgnée et Sasuke ... Je n'en parle même pas. J'ai beaucoup mieux à faire que de me battre avec une ninja rejetée et frustrée. », riposta-t-elle exaspérée.
« Je ne vois pas ce qu'a bien pu te trouver Suigetsu pour aller t'épier ! Tu n'as rien pour toi, pauvre fille ! », continua la coéquipière de Sasuke avec un regard de défi. Elle testait les limites de Sakura, elle voulait qu'elle sorte de ses gonds. Apparemment, Karin était non seulement jalouse que Sasuke l'ait épargné mais aussi que Suigestu l'ait lorgné. Les voulait-elle tous pour elle ? La fleur de cerisier ne se laissa pas absorber plus longtemps par ses questions, elle en avait marre de rester en retrait. Son mauvais caractère qu'elle avait essayé de contenir menaçait de s'échapper à tout moment et elle n'allait pas s'en priver, bien au contraire, la jeune fille se laissa recouvrir par cette vague de rage.
Mobilisant une masse considérable de chakra dans son poing droit, elle frappa de toute sa force herculéenne par terre. Les murs tremblèrent ainsi que le sol, puis il se fractura en des centaines de fissures parvenant jusqu'à Karin, celle-ci sauta pour ne pas tomber et fonça sur la rose en hurlant toute sa fureur. Mais la ninja avait déjà concentré à nouveau son chakra dans sa main droite, si bien que quand la rousse fut à sa hauteur, Sakura lui assena un violent coup de poing dans l'estomac. Le souffle coupé par la violence du choc, traversant la pièce, Karin dans un cri muet, les yeux exorbités, percuta le mur de tout son poids et s'effondra. Elle avait perdu connaissance.
« Fallait pas me chercher ma vieille ! », maugréa la médecin-ninja.
L'adolescente avait cogné tellement fort que la partie du mur que Karin avait heurté était entièrement enfoncé. Sa cellule était dévastée, le sol était en monceaux, les parois menaçaient de s'affaisser. De plus, le combat avait fait un tel raffut que bientôt le reste de l'équipe Taka allait débarquer alertée. C'en était fini de Sakura Haruno.
Pour l'instant, il ne retentissait qu'un silence de mort, plusieurs secondes s'écoulèrent sans que Sakura ne bouge. Elle écoutait le silence : il était assourdissant. Elle aurait aimé revenir à ce temps si précieux où seule la team sept comptait, où il n'y avait que ça d'important, elle ignorait que Naruto était Kyûbi, la vengeance de Sasuke n'était alors qu'une pensée, Orochimaru n'était qu'un simple nom, l'Akatuski lui était totalement inconnue, sa seule préoccupation était de plaire au brun et de réussir l'examen de Chunin. Des voix vinrent briser le silence et ses souvenirs :
« Juugo ! La prisonnière tente de s'échapper ! »
« Rattrapons-la ! »
Les autres membres de l'équipe Taka se lançaient donc à sa poursuite : ils pensaient qu'elle essayait de fuir. Et comment pourrait-elle le nier ? La chambre était saccagée et Karin était inconsciente. Tout portait à croire à une action désespérée d'une fugitive. N'ayant pas d'autres choix, la rose défonça la porte d'un coup d'épaule et s'enfuit dans les couloirs. Ne sachant où aller, traversant des galeries au hasard, des portes défilaient sous ses yeux, elle voulait mettre le plus de distance entre les voix et elle mais celles-ci semblaient toujours sur le point de se rapprocher. Courant à perdre haleine, la jeune fille devait trouver une issue et vite sinon.
Tout d'un coup, déboula face à elle, Suigetsu brandissant sa gigantesque épée en éclatant d'un rire démoniaque.
« Alors ma jolie, on veut s'enfuir ? Tu ne sortiras jamais d'ici ! », la menaça-t-il heureux qu'elle montre de la résistance. Il avait soif de combats.
« Je ne suis pas ta jolie, sale pervers ! », cracha-t-elle révoltée. Elle plia les genoux pour se donner l'impulsion nécessaire et bondit le poing droit en avant jusqu'au plafond qui s'écroula entre elle et le ninja-poisson. Elle repartit donc à contresens priant de ne croiser ni le dernier ninja de Taka ni Sasuke.
A bout de souffle, elle ouvrit une porte sur sa gauche et se faufila à l'intérieur. La pièce était complètement plongée dans le noir, personne ne devait s'en servir. Elle ne risquait rien ici, ils ne la trouveraient jamais, en tout cas elle l'espérait. Rassurée d'être en sécurité et surtout saine et sauve, la fleur de cerisier souffla de soulagement mais resta aux aguets. Elle n'était pas hors de danger. Elle plaqua une oreille contre la porte pour pouvoir surveiller des bruits de pas. Il fallait qu'elle soit prudente : si Sasuke la trouvait, cette fois, il ne l'épargnerait pas, comme il lui avait « gentiment » précisé. Particulièrement après l'incident du baiser.
« Tiens-tu tant à mourir Sakura ... ? »
La voix raisonna dans les profondeurs de l'obscurité. Cette voix ! Cette voix qu'elle maudissait parce qu'elle la rendait esclave. Et son atroce façon de prononcer son prénom en détachant chaque syllabe qui la mettait littéralement au supplice. Flageolante, la jeune fille se retourna avec peine tellement ses jambes vacillaient, elle ne distingua rien dans la pénombre, mais la rose savait qu'il était là, à l'observer avec son regard noir. Elle ne savait que le mettre en colère, à croire qu'elle le provoquait.
« Sasuke ... Ce n'est pas ce que tu crois ... », murmura la jeune fille embarrassée. Cependant, trop tard, il était déjà sur elle. Une main puissante enserra son cou lui broyant la gorge. Déjà, l'adolescente suffoquait immobilisée contre la paroi en bois. De toutes les portes qui s'étaient dressées sur son chemin, elle était tombée sur la seule occupée, elle avait choisi la chambre du dernier des Uchiwa.
La Chunin ne voyait toujours rien, mais elle percevait l'éclat des yeux sombres du taciturne.
« Essaierais-tu de t'évader Sakura ? », mâchura-t-il entre ses dents. Son souffle glacial balaya quelques mèches roses rebelles sur le front de la jeune fille. Elle avait du mal à respirer, néanmoins elle parvint à articuler avec peine :
« Je t'en ... pris, écoute moi ! Pour...quoi chercherais-je à ... m'enfuir ? Je n'ai aucune ... raison de partir ! »
Le brun desserra légèrement son emprise, si bien que Sakura put déglutir et reprendre sa respiration.
« Que veux-tu dire ? » Il avait parlé avec étonnement. Il n'avait vraisemblablement pas imaginé qu'elle puisse ne pas avoir voulu s'échapper.
« Tout ce que je souhaite, c'est être avec toi. Je n'en demande pas plus. » Ce que la fleur de cerisier disait était cruellement lâche seulement c'était l'inhumaine vérité. Le seul endroit où elle voulait être, c'était là où lui était.
La lumière apparue, l'adolescente cligna plusieurs fois des yeux pour s'habituer à la clarté soudaine. Deux pupilles onyx sans émotion tentaient de lire en elle. Le visage grave, Sasuke était encore plus pâle qu'à son habitude. Comme s'il se retenait de laisser libre cours à son envie de meurtre ou autre ... Pourtant sa beauté restait envoutante malgré son air enragé. La jeune fille ne pouvait s'empêcher de s'extasier face à tant de perfection qu'offrait son ancien coéquipier. Ils restèrent quelques secondes, plongés dans le regard de l'autre. Le mystérieux Uchiwa cherchait à savoir si elle ne lui mentait pas. Il finit par lâcher complètement le cou de la rose, apparemment il l'avait cru, toutefois il ne recula pas.
Leurs corps étaient pressés l'un contre l'autre, celui du brun s'appuyait contre celui de la rose qui était toujours coincée contre la porte. Ce rapprochement déclencha quelques frissons dans le bas ventre de Sakura. De plus, le corps du brun était brûlant pour une fois comme si ses chairs étaient en feu. Il exhala longuement, elle ferma les yeux et renifla cette fragrance mentholée et sucrée. Lorsqu'elle les rouvrit, la fleur de cerisier surprit le regard du taciturne fixant ses commissures roses. Découvrant une lueur nouvelle dans les iris du beau brun, elle se mordit la lèvre inférieure. Que leur arrivaient-ils tout d'un coup ? C'était comme si leurs deux êtres communiquaient entre eux et qu'ils aspiraient exactement à la même chose. Le visage de Sasuke démontrait qu'il était en proie à une véritable bataille en lui. Ses traits étaient tirés, ses yeux écarquillés ne cessaient de fixer les lèvres de la jeune fille, des gouttes de sueur perlaient sur son front. Ils n'entendaient que le bruit de leurs respirations. Rien ne pouvait troubler un moment aussi parfait. Et pourtant, il fut détruit quand l'Uchiwa se détourna, rompant le lien entre leurs deux corps, et lança placidement :
« C'est pathétique ! »
Non ça ne l'est pas ...
Pourquoi redevenait-il cet être ténébreux qui refusait tout contact avec elle ? Pourquoi cherchait-il à la briser ? Savourait-il ces instants où il la faisait souffrir ?
« Tu n'as donc aucune dignité Sakura ? »
Je l'ai perdue le jour où je t'ai rencontré ...
La rose était encore adossée à la porte, l'Uchiwa, quant à lui, se tenait au milieu de la pièce qui avait autant de meubles que la prison de l'adolescente puisqu'il n'y avait qu'un lit, une grande armoire en bois d'ébène et son katana accroché à un des murs. Allait-elle le laisser encore la détruire ? Non, cette fois elle ne se laisserait pas faire ! Elle avait choisi ultérieurement de se battre pour lui, pour son village, pour Naruto. De le remettre dans le droit chemin et de le ramener à Konoha coûte que coûte.
« Qu'attends-tu de moi Sasuke ? Que je te haïsse ? J'en suis incapable ! Alors insulte-moi, piétine-moi, gifle-moi, fais moi mal si ça te chante... Joue avec moi, peu importe ce que tu feras. Je ne me réveillerai pas un matin en te détestant. Tu m'entends ? Je te connais plus que tu ne le penses. Je crois en toi Sasuke ! Je sais qu'il y a du bon en toi ! », dit-elle sûre d'elle, un air de défi se reflétait dans ses yeux verts.
« Toujours la même rengaine. », constata-t-il désappointé, visiblement dépité qu'elle n'ait pas perdu foi en lui.
« J'imagine que c'est mon nindo. », supposa-t-elle ferme et résolue. Un sourire narquois s'étendit sur ses lèvres, la rose s'attendait à une nouvelle réplique de glace, mais ce fut d'une voix douce et suave que Sasuke parla :
« Tu ne perdras donc jamais espoir en moi ? » Et une nouvelle fois, il fondit sur elle. Qu'avait-il en tête ? Le mystérieux brun la fixait intensément, la jeune fille en était toute troublée, elle se sentait sur le point de fondre. Quel genre de pouvoir exerçait-il sur elle pour la ravager avec tant de convoitise ?
« Jamais Sasuke-Kun ! », susurra-t-elle érubescente. A l'entente de son nom, il frémit.
Le taciturne était à présent à quelques centimètres de la fleur de cerisier. Il tendit une main vers elle. Elle ne savait pas ce qu'il comptait faire, tant pis elle s'en remettait à lui. Elle était à lui ! Doucement, Sasuke caressa sa joue rougie par la claque du bout de ses doigts comme pour apaiser la douleur qu'il lui avait fait subir. Elle ne pouvait détacher ses yeux de son regard. Quelque chose de différent naissait dans ses onyx : une étrange lueur de ... ? De désir ? De regrets ?
Timidement, Sasuke approcha ses lèvres et les scella sur celles de Sakura. Ce simple frôlement alluma un feu de passion qui embrasa la rose. Elle répondit à son baiser avec dévotion saisissant le visage parfait du brun entre ses deux mains pour l'attirer encore plus vers elle. Les dernières barrières de l'insensible s'affaissèrent. Il posa ses mains sur les hanches de la jeune fille, collant son bassin au sien. Elle s'agrippa à son cou, leur baiser n'en finissant pas, elle laissa ses doigts parcourir ses cheveux noirs. Il la serra un peu plus contre lui, la tenant fermement par la taille. Le bas ventre de l'adolescente s'affola, frissonnant de plaisir.
L'adolescente franchit la palissade des dents du taciturne avec sa langue et envahit la bouche de celui-ci, rencontrant sa langue. Elle le sentit paniquer à cet échange mais il finit par répondre et leurs langues se mêlèrent avec harmonie. Leurs bouches coïncidaient comme si c'était une évidence. La danse de leurs langues provoqua une ondulation des reins de la fleur de cerisier. Son intimité se frotta à quelque chose de dur ce qui ne fit qu'augmenter les décharges de désir dans tout son être. Durant un bref moment, elle se demanda ce qu'elle était en train de faire. Bécoter l'Uchiwa avec ardeur comme elle avait vu faire à de nombreuses reprises des couples de jeunes ninjas à la fin d'entrainement, après un rencard, ou au retour d'une mission. Souvent, elle les avait envié, malheureusement, tout ce temps, elle n'avait cessé de penser à Sasuke. Et c'était avec lui qu'elle souhaitait découvrir ces choses. Toutefois, l'heure était-elle vraiment à la découverte du sexe opposé ? La lucidité lui étant revenue, son esprit lui rappela que la rose fantasmait de rendez-vous, de balades au clair de lune, de légères embrassades timides avant d'aller plus loin. Mais son for intérieur lui fit remarquer que c'était de son âge. Elle ne se permettait jamais aucune folie. Au diable la prudence, la tentation bien trop forte finit par lui faire entendre raison.
Perdant le contrôle de leur passion, Sasuke entreprit de passer ses mains sous le débardeur de la jeune fille tandis qu'elle allait à la découverte de son torse musclé. Elle laissa parcourir ses mains sur ses abdos bien dessinés alors qu'il remontait les siennes vers la poitrine chaste de la rose. Se décollant enfin de la porte, il semblait l'entrainer vers le fond de la pièce sans doute jusqu'au lit. Tout en marchant, leurs lèvres ne se séparèrent pas, à peine pour reprendre leur respiration. Elle n'osait prononcer un mot de crainte que l'instant ne s'arrête. Les bruits de sucions et soupirs suffisaient à remplir le silence. Comprenait-il seulement ce qui était en train de se passer ? Même si d'habitude, les garçons étaient d'avantage portés sur le sexe que les filles, il n'y avait qu'à écouter les conversations de Kiba, Lee, Naruto et les autres. Ou encore observer la mine réjouie de Kakashi durant ses lectures. Elle voyait mal le taciturne aborder ce sujet, certainement pas avec son grand frère pendant leur enfance, ni avec Naruto et encore moins avec sa team Taka. Néanmoins, il était un adolescent comme les autres, cela devait bien lui arriver de songer à sa sexualité. Elle pouffa intérieurement en imaginant Sasuke se poser des questions sur sa virilité. La fleur de cerisier ne pouvait que l'admettre, il lui était arrivé maintes fois d'inventer ce genre de scènes avec le ténébreux, toujours qu'avec lui. Certains rêves érotiques avaient aussi peuplé quelques-unes de ses nuits. Après tout, ils n'étaient plus des enfants et un jour, ils finiraient bien par se marier et avoir des enfants.
Il la débarrassa de son débardeur et elle ne se fit pas prier pour lui enlever son kimono blanc. Elle plaqua son buste uniquement recouvert de son soutien-gorge contre le torse torride du brun ce qui sembla provoquer des frémissements chez lui. Il descendit ses mains sur les bords de son short, le bas ventre de la jeune fille criait au supplice. Elle en fit de même et descendit ses mains sur les bords du pantalon violet de Sasuke. Il baissa d'un geste pressé le short de la demoiselle et elle s'empressa de finir de le retirer d'une main. Elle frotta ses jambes contre celles de l'Uchiwa. Il trembla de tout son corps. Elle déboutonna le pantalon du brun qui tomba à ses chevilles, il le retira également d'une main.
Maintenant, qu'ils n'étaient plus qu'en sous-vêtements, leurs corps cherchaient à entrer en contact avec toutes les parties de l'épiderme de l'autre. Dans un frôlement, la main de Sakura rencontra la bosse dure cachée sous le caleçon noir de Sasuke. Leurs lèvres restaient soudées ne pouvant plus vivre sans la présence des autres sur elles. Leurs langues ne cessaient de s'abandonner pour mieux se retrouver, s'enroulant et se déroulant à l'infini, décelant chaque parcelle de la bouche de l'autre. Contre toute attente, les mains du brun allèrent à la rencontre de la brassière et parvinrent à la dégrafer. Son buste dénudée, elle se blottit contre son thorax tandis qu'il effleurait sa peau de pêche. Elle songea à la contraception, un sort que Shizune lui avait appris. Elle n'aurait jamais osé en parler à Tsunade-Sama, même si à son avis, la cinquième Hokage avait déjà dû bien rouler sa bosse dans ce domaine-là. Et si ça se trouvait avec l'ermite pas net ou encore, avec Orochimaru. Cependant, elle n'arriva pas à se remémorer l'incantation durant ce moment d'allégresse. Son désir avait pris possession de tout son être. Ses pensées se percutaient à grande vitesse. Ino crèverait de jalousie lorsqu'elle l'apprendrait. Sa mère pleurerait probablement que sa petite fille ait perdu sa virginité avec un déserteur. Son père menacerait de tuer l'Uchiwa. Naruto ... Naruto ne devrait jamais être au courant. Elle avait une certaine appréhension pour sa première fois, des amies lui avaient confié que la souffrance était pire que de recevoir un kunai dans l'estomac. Mais elle ne savait pas si elle pouvait leur faire confiance là-dessus. Aucune de ses amies proches, Ino, Hinata et Tenten, n'avaient franchi le pas. Et elle ne pouvait pas se vanter d'une grande expérience, puisqu'avant hier ou quelques heures, elle n'avait encore jamais embrassé un garçon. Ce qui la fit souvenir que le premier baiser de Sasuke était avec le blondinet. Elle chassa vite cette image de sa mémoire.
Parvenant enfin aux pieds du lit, le taciturne fit basculer la rose sur le lit pour se placer au-dessus d'elle. Sakura laissa échapper une plainte d'extase, le dernier bout de tissus recouvrant son jardin secret brulait sur sa peau, elle n'avait qu'une envie que Sasuke le retire. Comme s'il avait lu dans ses pensées, les doigts du brun, dans de petits gestes timides, vinrent titiller l'élastique de sa culotte. Il la fit descendre lentement, augmentant l'impatience de la jeune fille qui n'en pouvait plus tant elle le désirait. Lorsqu'elle se retrouva complètement nue sous le corps ardant du taciturne, l'adolescente se sentit rougir. Elle espérait que ses formes convenaient au brun. Il ne lui avait jamais dit qu'il la trouvait belle ou attirante. La scène de la douche semblait lui indiquer qu'il n'avait pas été déçu par ce qu'il avait aperçu. Elle se maudissait tout de même de ne pas avoir une aussi grosse poitrine que celle de Hinata. Le bouillonnement dans son ventre la tiraillait de plus en plus. Elle était sur le point de faire l'amour avec le dernier des Uchiwa, son premier amour. Elle en prenait maintenant conscience avec discernement. La fleur de cerisier commença, elle aussi, à ôter le caleçon du Nukenin, une certaine angoisse sur le coeur. Dans quelques secondes, elle verrait la virilité de Sasuke, ce qu'aucune autre fille avant elle n'avait vu. Ses mains tremblèrent alors qu'elle enlevait le tissu.
Et puis, l'adolescent fut entièrement nu sur le corps dévoilé de la rose. Elle sentit le pénis turgescent contre sa cuisse. Ce contact non familier la dérouta quelque peu. C'était étrange de passer d'un baiser-accident à l'exploration de son entrejambe. D'autant plus qu'elle n'avait encore jamais eu l'occasion de voir ou toucher le sexe d'un homme. Elle n'avait même pas entrevu un bout de chair rosée aux sources thermales. Il se mordillait la lèvre inférieure en la couvant d'un regard bienveillant, chose à laquelle elle n'était pas habituée. Mais elle était certaine d'y prendre goût rapidement. Est-ce que cela aurait été aussi facile pour une autre fille ? Il suffisait d'embrasser involontairement le taciturne pour que ses barrières tombent. Ou bien, était-ce le fait que ce soit elle et pas une autre groupie folle à lier. Peut-être avait-elle réussi à raviver chez lui des sentiments qu'il croyait enterré. Ses yeux lui posaient une question, ils lui demandaient s'il pouvait ou pas. Elle pesa le pour et le contre une dernière fois, et doucement acquiesça en souriant.
Il guida son phallus tumescent à l'entrée de son entrecuisse et avec précaution la pénétra en douceur. Quand Sasuke entra en elle, une vague de douleur submergea la jeune fille, serrant les dents pour supporter l'intrusion. Ces filles ne lui avaient pas menti. Elle avait un mal de chien, cependant elle ne voulait surtout pas montrer à l'Uchiwa qu'elle souffrait. A coup sûr, la raison lui reviendrait et il arrêterait leur étreinte. Pour l'instant, il avait l'air concentré sur ses mouvements et appréciait les sensations que lui procuraient la pénétration. L'intrusion d'un organisme étranger dans son anatomie était perturbante mais après plusieurs va-et-vient, la rose se sentit secouer d'émotions jamais connues auparavant. Elle commençait à se sentir bien. Sasuke, quant à lui, irradiait de plaisir. Une larme roula sur sa joue, qu'il lécha avec indécence. Elle n'aurait jamais cru le brun capable de se conduire ainsi, avec autant de volupté et d'érotisme dans ses gestes. Elle aurait eu envie de lui dire combien elle l'aimait mais elle n'osa pas. Leurs lèvres se lâchèrent tandis qu'ils gémissaient tous les deux de jouissance. Leurs corps, recouverts d'une fine pellicule de sueur, se mouvaient à l'unisson, s'emboitant à la perfection. Les coups de reins du brun étaient délicats mais devinrent plus rapides à mesure que leur plaisir augmentait. Sakura ne s'en plaignit pas, elle appréciait désormais ses va-et-vient en elle. Des bouffées de chaleur la saisissaient à chaque seconde. Il pétrit ses seins, titillant ses tétons érigés tandis qu'elle s'accrochait à ses épaules. Alors que l'orgasme approchait, Sakura dévora de baisers le cou de son amant, remontant vers son oreille, puis sa mâchoire jusqu'à atteindre sa bouche. Le taciturne grogna de bien-être. Il s'empara de sa bouche comme si la séparation avait duré toute une vie, l'embrassant avec ferveur. Ils atteignirent en même temps le sommet de la félicité. Puis, à bout de souffle, Sasuke tomba sur le corps fiévreux de la jeune fille, elle le serra contre elle, profitant des derniers flots de plaisir. Éreintés par leurs ébats, ils tombèrent dans une profondeur torpeur.
Pour la première fois depuis bien longtemps, je m'endormais paisiblement avec pour seule envie : me perdre à nouveau dans ses bras. Oubliant mes chimères, mes obscures pensées, mes sombres desseins, je ne pensais qu'à elle, me répétant inlassablement son nom : Délivre-moi Sakura !
