Jamais un réveil ne fut si doux. Il était là, étendu à ses côtés, tout contre elle, un de ses bras entourait sa taille pour la maintenir tout près de lui, Sakura sentait son souffle mielleux dans sa nuque. Le corps encore bouillant de son jeune amant pressé auprès d'elle, elle aurait voulu ne jamais quitter cette position et restait ici dans ce lit jusqu'à la fin. Durant une minute, elle crut même qu'ils étaient de retour à Konoha, que c'était une journée ordinaire dans la vie de deux ninjas. On leur affecterait une mission, qu'ils accompliraient avec l'aide de Naruto et le soir ils dineraient tous ensemble comme une famille. Pourtant, en dépit de ce somptueux tableau qui défilait dans sa tête, elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il allait advenir d'eux deux dorénavant. Comment réagirait le brun à son réveil ? Ferait-il comme s'il ne s'était rien passé ? La laisserait-il enfin faire partie de sa vie ? Encore une fois, elle devait attendre une décision du dernier des Uchiwa.

Toutefois, que voulait-elle véritablement ? Sasuke lui offrait une vie de Nukenin, mais serait-elle prête à l'accepter pour demeurer auprès de lui ? La fleur de cerisier ne pourrait plus retourner à Konoha et elle ne verrait plus ses parents, ses amis ... Et par dessus tout, Naruto continuerait seul sa route. Elle n'avait aucun regret quant à la nuit dernière, cependant, tôt ou tard elle aurait un choix à faire. Son village ou Sasuke Uchiwa. Alors qu'elle était tiraillée par son dilemme, une phrase surgit brusquement dans son esprit.

« Nous n'avons plus d'autres options, Sakura ! »

« Non. », souffla la rose. Elle se força à chasser cette voix qui se faufilait dans sa tête. Elle ne voulait pas repenser à cela maintenant, pas après un moment aussi beau et fort. Le mal était déjà fait, l'angoisse s'immisçait en elle. La culpabilité la prenait toute entière. Serait-elle punie pour avoir batifolé avec un déserteur et ainsi d'avoir trahi son village ? Elle était en proie à ses interrogations quand quelqu'un toqua à la porte. Elle se raidit dans le lit, on tambourina un peu plus fort à la porte, le taciturne grommela et se retourna, rompant leur étreinte. Un manque, un froid s'infiltra immédiatement dans sa chair. L'instant de volupté et de paix était dorénavant terminé. Il se leva tandis que la rose n'osait pas bouger. Il se rhabilla en pestant sans lui accorder le moindre regard. La haïssait-il parce qu'elle l'avait rendu « faible » en l'incitant à se laisser aller ? Probablement. C'était son sentiment d'infériorité envers le blondinet qui l'avait poussé partir. Et maintenant, le ténébreux allait perdre en crédibilité devant son équipe lorsqu'ils découvriraient qu'il avait invité leur prisonnière dans sa couche.

On martelait encore la porte lorsque que l'Uchiwa daigna l'ouvrir. Il se tenait dans l'embrasure de la porte de façon à ce que l'adolescente ne puisse pas distinguer ses interlocuteurs mais surtout pour que ceux-ci ne la voient pas. Elle devina sans peine qui étaient venus les déranger dans leur repos. Elle soupira, toujours étendue en se passant une main sur le front. Elle remonta le drap encore humide jusqu'à son nez et renifla cette fragrance témoin de la nuit dernière. En une seconde, les souvenirs affluèrent, notamment juste avant qu'ils tombent dans les bras de Morphée, Sasuke, au dessus d'elle haletait dans son cou, son souffle erratique dans son oreille, une vague de plaisir l'avait atteinte, une fois, deux fois, jusqu'à la faire hurler d'extase. Un liquide chaud avait coulé le long de ses cuisses, le taciturne pantelant après l'orgasme s'était retiré et glissé à ses côtés pour l'enlacer dans son sommeil.

« Sasuke, ta prisonnière a disparu ... Nous l'avons cherché toute la nuit dans les galeries; puis dehors. Aucune trace d'elle ! », bredouilla Suigetsu honteux. La Chunin revint à la réalité brutalement. Ce qu'il s'était passé hier soir n'était que le début d'une tortueuse mésaventure dont elle ne connaissait pas l'issue.

« Nous sommes désolés, Sasuke. Nous avons fait tout notre possible pour la retrouver mais en vain. Cependant, je ne pense pas qu'elle alertera son village ! », exposa le seul coéquipier dont la jeune fille ignorait le nom. Visiblement, il l'avait compris avant même de l'avoir rencontré. En effet, si elle était parvenue à sortir de ce labyrinthe de galeries pour rentrer à Konoha, elle n'aurait relaté cet épisode à personne. Et certainement pas à Naruto qui aurait tout de suite accouru jusqu'ici.

« Elle m'a frappée pour pouvoir s'enfuir ! », s'exclama Karin choquée. A ces mots, Sakura tiqua : si elle avait cogné la rousse, c'était bien parce que celle-ci l'avait provoqué. Elle se redressa laissant le linge la découvrir.

« La garce, c'est elle qui m'a attaquée la première. », dit la disciple du cinquième Hokage les dents serrées en brandissant son poing. Elle balança ses jambes hors du lit, entièrement nue, remarquant au passage une tâche blanchâtre continue de son entrejambe à sa cheville. La semence du brun qui avait séché sur elle. Rougissante et poisseuse, elle recouvrit son corps de l'étoffe. Jusqu'à présent, Sasuke n'avait pas réagi.

« Tu ne dis rien ? », se moqua Suigetsu qui s'attendait sûrement à ce que le brun ténébreux les étripe sur place. Il avait toujours rêvé d'affronter son chef, même s'il se doutait qu'il ne faisait pas le poids contre les pouvoirs des Uchiwa. Cependant, c'était un challenge qui l'excitait rien que d'y penser.

« C'est de la faute de Suigetsu. », l'accusa l'unique membre féminin de Taka fière d'elle.

« Je te rappelle que c'est toi qu'elle a écrasé comme un vulgaire moustique. », se défendit le ninja aux cheveux blancs qui au fil des semaines supportait de moins en moins sa coéquipière éprise du taciturne.

« Comment veux-tu que nous procédions ? », demanda le troisième affilié de l'équipe Faucon concerné. Il paraissait être le plus sérieux, il ne se laissait pas distraire par les deux autres énergumènes. Seul l'intérêt du ténébreux le préoccupait visiblement. D'ailleurs, pourquoi celui-ci ne faisait rien ? La fleur de cerisier ne tarda pas à savoir.

En guise de réponse, Sasuke ouvrit en grand la porte. La team Taka fixait la jeune fille, le corps nu enroulé dans le drap assise sur le lit de l'Uchiwa, sans réellement la voir. Quand Karin réalisa finalement, elle écarquilla les yeux et un cri perçant sortit de sa bouche. Suigetsu explosa de rire à en pleurer. Quand au dernier, il ne cessa d'observer Sakura.

« Si je m'attendais à ça ! », pouffa Suigetsu ravi de la tournure que prenait les évènements.

« Je n'arrive pas à croire que cette fille t'ait violé Sasuke ! », s'insurgea la fille à lunettes prête à massacrer la rose.

« Karin... Ne sois pas si stupide ! », répliqua d'un ton lasse l'Uchiwa. « Comme vous le voyez, la détenue ne s'est pas échappée. »

Sur ce, le ninja referma la porte sans ajouter un mot de plus. Sakura espérait que maintenant qu'ils étaient seuls tous les deux, ils pourraient parler. Au lieu de ça, il ne la regardait toujours pas, au contraire il évitait de croiser son regard. Il ramassa les vêtements de la rose et les lui tendit sèchement. Il lui tourna le dos pendant qu'elle se rhabillait. Une fois de plus c'était à elle de prendre les choses en main.

« Sasuke-Kun, qu'allons-nous fai ... », commença-t-elle.

« Ne dis rien. », murmura le brun. C'était plus une supplication qu'un ordre. Il ne voulait pas lui faire face, faire face à la veille mais la jeune Chunin ne lâcherait pas. Elle se plaça devant lui, l'air irrité.

« Mais enfin Sasuke, nous devons parl... », s'entêta Sakura en époussetant sa tenue. Le sperme du taciturne craquelait sur sa peau. Elle avait besoin d'une douche, d'habits propres et d'un bon petit déjeuner. Néanmoins, pour l'heure il fallait régler cette histoire.

« Que croyais-tu ? », dit-il en la coupant à nouveau, « Qu'après ce qu'il s'est passé, nous formerions un couple ? Tu es bien naïve, Sakura ! »

Alors au bout du compte, voilà ce qu'il avait choisi : renier leur moment et la blesser encore pour qu'elle arrête d'espérer. C'était bien digne de Sasuke Uchiwa. Comment pourrait-elle lui prouver qu'il se trompait ? Attristée, la rose finit par se dire qu'il avait raison. Elle était naïve. Naïve de croire que faire l'amour le changerait. Que partager quelque chose d'aussi intense et transcendant, d'arriver à la quintessence de deux êtres, le conduirait à se remettre en question. Chaque fois qu'elle parvenait jusqu'à son cœur, il la repoussait de toutes ses forces. Il n'y aurait jamais de fin. Il trancherait chaque lien qui le mènerait vers la lumière sans pitié. Seule la haine l'intéressait.

« Veux-tu bien cesser de me rejeter Sasuke ? », chuchota la jeune shinobi accablée.

Il ferma les yeux et soupira. Il n'avait pas l'air énervé, non, il était juste agacé. Sakura baissa la tête, tout était si compliqué. Elle se recroquevilla prête à pleurer une nouvelle fois. Tous ces méandres étaient trop dur à supporter. Comment pouvait-il cracher sur leur première fois ? C'était une étape importante dans la vie d'un homme et d'une femme. Il n'y avait pas que la voie de ninja qui comptait. Tellement de choses s'accumulaient dans son psychisme depuis ces dernières semaines que bientôt elle finirait par se noyer. La fleur de cerisier commença à suffoquer, ses larmes menaçaient de se répandre et elle tremblait de tout son être. Un mal sans nom grondait en elle.

« Ne pleures pas ... », marmonna Sasuke. Il s'était baissé pour pouvoir se mettre à sa hauteur et il caressait lentement ses cheveux rosés pour la calmer.

« Je ne suis même pas certain de pouvoir éprouver ce genre de sentiments, Sakura. », avoua-t-il déconcerté.

« Tu en as été capable hier soir ... » Elle s'accrocha à sa chemise blanche et se blottit contre son torse musclé. Dans cette étreinte, elle se sentait en sécurité, à l'abri de tout danger.

« C'était différent. Tu m'as pris au dépourvu. », raisonna-t-il gêné par leur proximité. Il avait oublié durant ces trois années d'entrainement avec Orochimaru quel effet faisait un enlacement. Au temps de la team sept, il avait fini par s'habituer à ce que la jeune fille le prenne dans ses bras dès qu'elle en ressentait l'envie. Il n'y avait rien de désagréable là-dedans, au contraire, il avait l'impression de redevenir un petit garçon pelotonné contre sa mère. Un de ces bonheurs dont il avait été privé jeune par ce maudit village caché de la feuille. Aujourd'hui, lorsqu'elle se cramponnait à lui avec désespoir et amour, il n'était plus un petit garçon, il était un homme qui désirait une femme. Ce qui lui était interdit sur la route qu'il avait emprunté. Quand ses sanglots se terminèrent quelques minutes plus tard, le Nukenin l'aida à se remettre sur ses jambes, attrapa son bras gauche fermement et ils sortirent de la pièce.

Dans le couloir, ses trois coéquipiers patientaient, tous les trois adossés contre le mur. Suigetsu se massait le crâne, Karin avait dû le frapper après une provocation de sa part. Le dernier tranquille devait subir leurs scènes à longueur de journée. Ils ressemblaient à l'équipe sept finalement.

« Alors comme ça, on s'offre du bon temps avec la prisonnière ?! », piaffa le poisson affalé contre le mur tant il riait. La rose lui aurait bien balancé un coup de pied entre les jambes pour le faire taire mais s'abstint. Il n'était pas Naruto qu'elle frappait dès qu'il dépassait les bornes. Elle avait à faire à la team Taka dont Sasuke était le leader de puissants nukenins, alliés à l'Akatuski. Elle les avait déjà assez énervé et ils souhaitaient certainement se venger.

« Comment as-tu osé ? Tu as souillé Sasuke-Kun ! », gueula Karin, la face aussi rouge que ses cheveux. « Je vais te tuer sale laideron ! »

« Je t'attends mocheté si tu veux encore te faire humilier. », cingla l'adolescente. Cette rousse avait la faculté de l'irriter, exactement comme avec Ino qui la traitait de grand front quand elle le pouvait. Au diable, les précautions, elle n'était pas dû genre à se laisser marcher sur les pieds.

« Oh oui, battez-vous ! », fantasma le ninja aux dents pointues, des étoiles dans les yeux. « Et après ce sera mon tour, sauf qu'on aura besoin d'intimité, histoire de laisser libre cours à nos désirs. »

« Suigetsu, tu ne devrais pas dire ça. », se lamenta le dernier membre désappointé par le comportement de ses équipiers.

« Écrase sale vicieux ! », vociféra la fleur de cerisier concentrant du chakra dans son poing.

« Je vais venger l'honneur de Sasuke-Kun ! », beugla la ninja à lunettes en s'avançant fièrement.

« Fermez-la. Tous. », tonitrua le taciturne, « Juugo raccompagne Sakura dans sa chambre. Vous autres disparaissez de ma vue. »

Suigetsu et Karin ne se firent pas prier, ils partirent chacun de leur côté grommelant. C'était donc son nom ; Juugo. Il devait faire au moins une tête de plus que l'Uchiwa, ses cheveux étaient blond foncé et en épis rappelant ceux de Naruto. Quelque chose dans son visage frappa Sakura, il souriait ! Oui, un sourire franc et chaleureux qui lui était destiné. Il paraissait si gentil et doux. Tout en lui indiquait la bienveillance. Il n'y avait rien d'inquiétant dans son regard, aucune noirceur, aucune haine. Pas comme chez les deux autres, ou chez Sasuke dont ses iris laissaient présager l'embrasement des ténèbres. Que faisait-il dans cette équipe de déserteurs sans cœur ? Il se rapprocha du brun et de la rose.

« Allons-y ! », se réjouit-il. Sa voix était enthousiaste et amicale. Sakura se sentit instantanément en confiance avec lui. Ça changeait des insultes, des ordres et des répliques blessantes. Sasuke sembla effleurer le bras de la jeune fille en lui lâchant. Elle se retourna vivement vers lui, mais il ne restait que le vide. Soupirant, Sakura suivit Juugo dans les galeries. Elle ne savait pas si elle devait engager la conversation ou pas, elle préféra ne rien dire. Ce fut lui qui parla en premier.

« Je n'aurais pas cru Sasuke capable d'éprouver encore ces sentiments ... », insinua le dernier membre de la Team Taka en souriant. Étonnée, la jeune fille le considéra quelques instants. Son ton ne démontrait aucune moquerie, ni colère. Il lui parlait normalement souhaitant seulement discuter comme deux individus civilisés.

« Je ne crois pas qu'il y ait de la place dans son cœur pour l'amour. », supposa-t-elle résignée.

« Je ne suis pas d'accord. »

« Comment ça ? », le questionna la Chunin, les sourcils froncés. L'Uchiwa avait pourtant été parfaitement clair à leur sujet. Ce qu'il s'était passé relevait du pur hasard, de circonstances désastreuses. Cela ne se produirait qu'une unique fois. Elle allait retourner dans sa cellule et retrouver son rôle de captive. Et afin d'être certain que plus jamais un tel événement ne se manifeste, il bâtirait de nouveaux murs impénétrables autour de lui. Juugo ralentit l'allure pour pouvoir être à côté de la fleur de cerisier. Elle était ravie de savoir qu'une personne aussi agréable faisait partie de l'équipe du descendant des Uchiwa. Si elle devait rester détenue jusqu'à ce que le brun attaque Konoha, une présence aimable était souhaitable. Elle espérait que ce serait lui qui s'occuperait de ses repas désormais.

« Il me semble évident que vous éprouvez tous les deux de forts sentiments l'un envers l'autre. Réciproquement. Tu dois être spéciale pour Sasuke. Et il aura besoin de toi bien plus qu'il ne le croit, je pense ... », affirma Juugo sûr de lui. Ce qu'il venait de lui dire était comme un message d'espoir. Sakura le remercia intérieurement. Elle joignit ses deux mains sur son cœur, peut-être que le brun comprendrait lui aussi. Mais alors, ce serait au tour de la Chunin de prendre une décision. Elle secoua la tête nerveusement, elle n'y était pas encore. Elle avait le temps, suffisamment pour changer la donne.

« Je dois avouer que ta venue est rafraichissante. Suigetsu et Karin ne cessent de se chamailler. L'un ne fait que se plaindre et l'autre passe son temps à baver sur Sasuke. », raconta-t-il pour la mettre à l'aise. « Sasuke, lui, s'entraine toute la journée. On ne le voit que très peu. On se contente seulement d'attendre ses ordres. »

« Qu'en est-il de l'Akatsuki ? », demanda la rose, inquiète de tomber sur l'organisation qui ne réunissait que des prodiges dans l'art du crime.

« Nous n'avons accompli qu'une seule mission pour eux. Sasuke ne veut pas travailler pour eux. »

« Comment est-il au quotidien ? » Avec Juugo, elle sentait qu'elle pouvait lui poser toutes les questions qui torturaient son esprit.

« Il ne parle jamais de son passé, si c'est ce que tu veux savoir. », dit-il amusé en la voyant rougir du coin de l'oeil. « Je n'avais jamais entendu parler d'une jeune ninja aux cheveux roses et à la force destructrice.»

« Il n'est pas du genre à s'étendre sur sa vie. Il est bien trop mystérieux. » Elle se rendait compte qu'elle était une des rares personnes à qui le déserteur s'était confié sur ses parents et son frère et bien souvent à ses dépends. Peut-être qu'elle avait la capacité de faire ressortir chez lui ce qu'il voulait à tout prix enterrer ?

« En effet. Et pourtant, nous l'apprécions tous. », remarqua-t-il.

« Que fais-tu ici ? », lâcha la rose sans réfléchir. Elle se maudit pour sa bêtise en notant l'air ahuri de Juugo, elle avait dit ce qu'il lui passait par la tête. « Je voulais dire que tu n'as pas l'air d'être menaçant ou méchant, alors pourquoi fais-tu partie de l'équipe de Sasuke ? » Juugo s'arrêta, ce qui la força à se stopper aussi, il la regardait avec de grands yeux ronds comme s'il était choqué ou outré pour ce qu'elle venait de dire. Elle ne pouvait s'empêcher de songer à Naruto en l'observant.

« Je crois que tu te trompes à mon sujet. », avoua Juugo, baissant la tête énigmatiquement. « Je suis quelqu'un de très dangereux. Peut-être même le pire d'entre nous ! Et j'irai là où ira Sasuke ! Je le suivrai où qu'il aille ! »

La fleur de cerisier ne sut pas quoi répondre mais heureusement pour elle, ils arrivaient devant sa cellule. La porte était défoncée, le sol ravagé et les murs prêts à s'abattre. Elle ne savait plus où se mettre, c'était de sa faute si l'endroit était dévasté à cause de son combat contre cette Karin.

« Hum ! », s'exclama le blond foncé loin d'être ennuyé. « Il va falloir vraisemblablement te trouver une nouvelle chambre ! » Il était amusé par la situation. Après avoir récupéré son sac, il lui fit signe de le suivre et l'emmena à quelques portes de sa prison.

« Tu peux prendre une douche ici. » l'informa-t-il en lui tendant ses affaires. « On te trouvera une chambre après. Rejoins-moi trois portes plus loin sur ta gauche. »

« Tu ne vas pas me surveiller ? », s'écria-t-elle interloquée.

« Tu comptes t'enfuir ? »

« Non. », répondit-elle aussi surprise par Juugo que par elle-même.

« Alors à tout à l'heure. »

A la suite d'une bonne douche salvatrice, elle se rhabilla tranquillement prenant tout son temps. Elle avait fait mousser le gel douche plusieurs fois sur sa peau huileuse, se lavant des restes de la nuit dernière. Il avait fallu frotter avec vigueur pour enlever cette substance blanchâtre le long de sa jambe. Une légère douleur à laquelle elle n'avait pas fait attention jusqu'à maintenant martelait son bas ventre. Elle avait fait l'amour avec le ténébreux, et elle ne s'était même pas protégée. Il n'y avait que les imbéciles qui ne prenaient pas leur précaution. Elle se voyait bien en train de dire au Nukenin : « Au fait, Sasuke tu sais ce dont on ne doit pas parler, et bien, je suis tombée enceinte. » Elle joignit ses doigts formant un triangle afin de faire un sort que lui avait appris Shizune. Elle espérait qu'ainsi, le problème serait résolu.

Puis, la disciple de Tsunade-Sama se rendit au lieu de rendez-vous. Devait-elle frapper ou bien rentrer sans hésitation ? Des voix lui parvinrent de derrière la porte.

« Je ne vois pas pourquoi on l'accepterait dans notre équipe. Elle est notre prisonnière, un point c'est tout. », s'insurgeait Karin. Ils parlaient donc d'elle et de ce qu'ils comptaient faire désormais à son sujet. Le brun prenait-il part à leur débat ?

« Je pense que la situation a changé depuis ce qu'il s'est passé entre elle et Sasuke. », exposa Juugo humblement. Décidément, il était bien trop gentil à son égard.

« Moi, je la trouve marrante. Elle a du cran ! Elle me plait ! », s'excita Suigetsu. « Au moins, on ne risque pas de s'ennuyer avec elle dans les parages. »

« Évidemment qu'elle te plait, je suis d'ailleurs surprise que tu ne les aies pas épié durant leurs ébats ! », s'écria la rousse furieuse.

« Pffff ! », lâcha le ninja-poisson. « Tu es juste jalouse parce qu'il ne s'est pas envoyé en l'air avec toi. » Ils n'étaient pas prêts d'arrêter de mettre cette histoire sur le tapis. Ils pourraient faire preuve d'un peu de retenue en évoquant leur première fois. A dire vrai, ils ne devraient même pas en parler. C'était assez humiliant comme ça, pourquoi l'Uchiwa leur avait fait comprendre un événement aussi intime qui n'appartenaient qu'à eux ?

La porte s'ouvrit à la volée sans prévenir, Juugo l'invita à rentrer gaiement. Elle avait un allié ici. C'était réconfortant. Dans cette pièce se trouvait une grande table en bois, avec des chaises dépareillées tout autour, de la fumée s'échappait d'une poêle sur une plaque de cuisson, un petit frigo blanc était posé dans un coin de la pièce, rien de plus, rien de moins. Suigetsu buvait paisiblement un grand verre d'eau, tandis que Karin était aux fourneaux.

« Pitié, ne me dis pas que tu refais encore une omelette, Karin ?! », s'indigna le jeune homme aux cheveux blancs avec un air dégoûté.

Le blond foncé lui proposa un siège, toutefois Sakura demeura debout. Qu'était-elle censée faire ? L'instant d'avant, ils parlementaient sur leur manière d'agir avec elle et là, elle se retrouvait face à eux.

« Je ne sais faire rien d'autre, et de toute façon, on a que ça ! », s'écria la binoclarde véreuse. « Qu'est-ce qu'elle fait là ? », dit-elle en pointant un doigt menaçant vers la fleur de cerisier.

« Sakura va prendre un petit déjeuner avec nous. Il y a un problème ? »

« On a que du riz et de l'omelette. », lui aboya la rousse dessus en posant un bol devant une chaise vide.

« Karin est nulle à la cuisine. », expliqua Suigetsu en sirotant bruyamment.

« La ferme crétin ! »

« Mange Sakura. Je suis sûr que tu meurs de faim. »

« C'est vrai... » Seulement, elle ne bougeait pas. Ils étaient tous détendus comme si rien ne clochait. Depuis quand les méchants avaient l'air aussi normaux ?

« Allez, assieds-toi. On ne va pas te dévorer. »

« Parle pour toi. », marmonna la coéquipière de Sasuke. En définitive, ils n'avaient rien de menaçant. Suigetsu était provocant, elle avait déjà eu à faire à de plus coriaces. Karin ressemblait à toutes ses rivales. Elle se sentait uniquement menacée par sa présence mais était assez aimable pour lui proposer un bol de riz. Quant à Juugo, il ne voulait que son bien.

Face à ce constat, elle prit place à la tablée rassurée et commença à manger. Elle engloutit son repas avec rapidité, elle n'avait pas mangé à sa faim depuis une éternité.

« Merci. C'était très bon. » La rose s'adressait à Karin qui lui faisait cuire une deuxième fournée.

« Ne me remercie pas. Je le fais pour Sasuke. », répondit la rousse renfrognée.

« En fait, tu es un peu comme Madame Uchiwa maintenant. Dis, tu ne vas pas commencer à nous donner des ordres, hein ? » blagua Suigetsu avant d'éclater d'un rire équivoque.

« Suigetsu ? »

« Oui ? »

« Ne m'appelle plus Madame Uchiwa ! », répliqua Sakura en lui jetant un regard noir. « Ou sinon tu gouteras à mon super poing ! », finit-elle en lui tirant la langue.

« A vos ordres, Madame Uchiwa. » Ils se mirent à rire tous ensemble. C'était bon enfant et reposant de rire après les derniers évènements. Elle médita sur cette scène surréaliste : ils n'étaient pas les méchants qu'elle avait imaginé. Ils avaient juste choisi de suivre Sasuke, coûte que coûte, peu importait ce qu'il leur demandait. Cela en faisait-il des personnes cruelles pour autant ? Elle-même ne pouvait pas leur jeter la pierre, après tout n'était-elle pas prête à trahir son village pour vivre au côté de l'Uchiwa ? Elle découvrait peu à peu à leur contact que tout n'était pas blanc ou noir, il y avait du bon dans le mauvais, et du mauvais dans le bon. Une fois que l'on se rendait compte de ça, que se passait-il ?

« Donc ... tu fais partie du même village que Sasuke, c'est bien ça ? », demanda Juugo les yeux emplis de curiosité. Son équipe ne savait rien à son propos, néanmoins, ils étaient attachés à lui et souhaitaient en apprendre d'avantage sur leur chef.

« Oui, et nous étions dans la même équipe de Genins ... », narra Sakura qui tentait de refouler la foule de souvenirs qui l'assaillaient dès qu'elle parlait de cette époque révolue. La nostalgie était douloureuse. Il ne fallait surtout pas qu'elle s'engouffre dans cette brèche.

« Comment était-il petit, Sasuke ? », s'enquit le jeune homme poisson, qui aurait bien aimé avoir des informations croustillantes sur le meneur de la team.

Karin avait posé le plat au centre de la table et avait pris place autour de la table, elle aussi. Ils avaient tous les yeux braqués sur Sakura, désireux d'en savoir plus sur le fameux Sasuke Uchiwa. Aussi déchirant que cela puisse être, la jeune kunoichi allait devoir faire un bond dans sa mémoire.

« Il était ... Il était tellement ... C'est bien simple, je suis tombée amoureuse de Sasuke-Kun la première fois que je l'ai vu ! », dévoila la fleur de cerisier en se tortillant sur sa chaise, c'était trop tard pour reculer maintenant qu'elle avait commencé à parler.

« Si je devais dire pourquoi, les premiers mots qui me viendraient à l'esprit seraient parce qu'il était le plus beau, le plus fort, le plus doué, le plus mystérieux ... Mais tout ça était faux ! Certes, il a toutes ces qualités, mais je ne l'aimais pas pour les bonnes raisons. A ce moment-là, je n'étais pas digne de l'aimer ... », expliqua-t-elle. Raconter son histoire était une manière de faire le point sur sa vie. « Lorsque j'ai rejoint son équipe, j'ai enfin pu voir son vrai visage, Sasuke était autoritaire, sombre, indifférent, égoïste et fier... Malgré ce portrait détestable que je découvrais en lui, je n'étais pas déçue, non, parce que c'était lui, rien que lui. Et mes sentiments pour lui n'ont fait que doubler ! Et puis, plusieurs fois, alors que nous n'étions que tout les deux, il s'est livré sur ce qui le rongeait de l'intérieur, son frère, sa famille, sa vengeance, son passé ... Je ne me doutais pas qu'il avait vécu des heures aussi obscures. J'ai commencé à l'aimer pour ce qu'il était. Maintenant encore, même après tout ce qu'il a fait, je ne peux pas cesser de l'aimer ! Il n'y aura jamais que lui, je l'aimerai toujours ... », résuma-t-elle interdite. Elle s'était confiée plus qu'elle ne l'aurait voulu, cependant, elle avait mis les mots sur ses sentiments. Un grand silence fit place, Suigetsu n'avait même pas touché à son assiette, Juugo semblait songer aux paroles de la jeune rose, Karin tremblait et Sakura quand à elle, se félicitait de n'avoir pas succomber à la douleur, elle était étrangement calme et apaisée dorénavant, dire ce qu'elle avait sur le cœur, l'avait libéré.

« Alors pourquoi ? ... Pourquoi tu as pleuré ce jour-là ? », s'égosilla Karin au bord des larmes, elle tapa du poing sur la table, « Tu t'es cachée de tes compagnons pour ne pas qu'ils te voient, mais j'ai tout vu, tu as pleuré ce jour-là ! Tu dis que tu l'aimes encore alors qu'il n'a fait que te faire souffrir ! Pourquoi ? »

Et voilà, la chose à laquelle elle ne voulait pas penser, le seul souvenir dont elle ne voulait pas se rappeler, ce jour qu'elle avait voulu effacer de sa souvenance. La rousse lui renvoyait en plein visage.

Naruto et Sakura venaient juste d'apprendre que Sasuke s'était joint à l'Akatsuki et avait, en plus, capturé un bijuu : Hachibi pour le compte de la redoutable organisation. Révoltés, ils étaient partis à sa recherche pour, cette fois, enfin, lui faire prendre conscience. Lorsqu'ils l'avaient intercepté en pleine forêt, le brun leur était passé devant comme s'ils n'existaient pas et n'avait même pas consenti à les écouter. L'Uzumaki s'était fâché, et fidèle à lui-même avait provoqué l'Uchiwa. Le taciturne leur avait alors révélé son macabre plan : anéantir Konoha et tuer tous les habitants pour venger son clan. La rose n'avait pu admettre que le Sasuke d'antan n'existait plus. La rage au ventre, Naruto s'était jeté sur lui, mais il l'avait repoussé tellement fort que le blondinet s'était assommé contre un arbre. Sakura avait assisté avec horreur à la scène, la fatalité s'était imposée en elle : le brun ne pouvait être sauvé, une fois qu'elle avait admis cela, il ne restait plus qu'une seule chose à faire : détruire l'Uchiwa. Elle s'était alors dressée derrière lui, avait sorti un kunai et ... Sasuke Uchiwa s'était tourné vers elle, poussivement, et son regard noir l'avait transpercé. Envoûtée, la fleur de cerisier avait tendu le kunai au brun. Il lui avait alors retiré de la main, avait appuyé le kunai sur la gorge de la jeune Kunoichi, et un mince filet de sang avait alors coulé. Elle était sûre qu'il allait la tuer ! Puis, il avait laissé tomber l'arme à terre, était passé à côté d'elle et avait murmuré : « Traîtresse. ». Et il était parti. Le mal était tel que Sakura n'avait pu retenir ses larmes, seulement, elle ne souhaitait pas que Naruto et Kakashi qui l'avaient retrouvé la voient. Elle avait dû réaliser ce jour-là que la folie de l'Uchiwa allait la forcer à le tuer.

« Sasuke-Kun ? »

La jeune chunin revint brutalement à la réalité, loin de ce jour funeste ... Le disciple d'Orochimaru était sur le pas de la porte. Depuis combien de temps attendait-il là ? Avait-il entendu ce que la rose avait dit ? Son visage morose ne permettait pas de savoir si oui ou non il avait écouté la confession de Sakura.

« Nous partons, préparez-vous. », lança-t-il impassiblement et fit demi-tour. Tous les membres de la team Taka s'activèrent. Mais la jeune fille courut à la poursuite du Nukenin, elle ne pouvait pas le laisser partir, elle ne lui avait pas tout dit. Il se dirigeait vers sa chambre.

« Sasuke, attends ! Ne fais pas ça ! », s'époumona la rose pour le retenir. Comment allait-elle lui expliquer ? Elle-même ne voulait pas en arriver là. Certains secrets devaient demeurer dans l'ombre. Malgré l'intervention de l'adolescente, le déserteur continua son chemin, Sakura sur ses talons. Elle ne s'était pas méfiée, pourtant elle aurait dû supposer qu'ils ne resteraient pas indéfiniment dans cette cachette. Elle pensait seulement qu'ils resteraient assez de temps pour qu'elle puisse réfléchir à la situation.

« Pourquoi partons-nous ? », sollicita-t-elle angoissée, s'ils devaient partir pour détruire Konoha, il fallait qu'elle sache dès à présent pour qu'elle puisse l'arrêter. Il ne savait pas ce qu'il risquait. Elle ne savait plus pour qui elle devait avoir peur : son village ou l'Uchiwa ?

« Nous changeons de planque, nous sommes ici depuis trop longtemps, nous allons finir par attirer l'attention ! », dévoila le brun calmement en arrivant devant sa chambre, il entra et la rose en fit de même. En pénétrant dans cette pièce, en voyant le lit encore défait, les souvenirs de la veille l'envahirent. Elle se mordilla la lèvre à l'idée de recommencer.

Donc, pour l'instant, ils ne faisaient que changer de refuge. La fleur de cerisier se sentit soulagée par cette découverte. Elle avait encore du temps pour trouver une parade et pour le mettre au courant.

« Tu n'as pas répondu à la question de Karin ... », signifia le descendant des Uchiwa, il avait essayé d'avoir un ton neutre, mais Sakura pouvait percevoir dans son intonation qu'il était anxieux. Ainsi, le jeune déserteur avait tout entendu, ou du moins, l'immixtion de Karin a priori.

« ... C'est vrai ... », murmura la jeune kunoichi, mais que pouvait-elle répondre ? La rousse avait raison : l'Uchiwa la blessait constamment, et elle, en parfaite sotte, plongeait à chaque fois un peu plus dans la bêtise de son amour immuable. Il n'y avait pas de réponse.

« Va te préparer ! », lui ordonna-t-il en saisissant une grande cape noire de voyage. Cependant, ce n'était pas n'importe quelle cape noire, non, la Chunin la reconnut une fois qu'elle recouvrit le corps de l'Uchiwa : c'était la cape de l'Akatsuki avec les nuages rouges en motif. Affublé de la sorte, Sasuke lui faisait peur. Ce détail frappa la rose, si elle avait voulu le rattraper tout à l'heure, c'était bien pour une raison particulière.

« Sasuke, mais si ... mais si on nous ... »

« Tu es toujours ma prisonnière Sakura. », la prévint-il en la coupant, « Si des shinobis nous trouvent, ils sauront que tu as été capturée ! », finit-il en rangeant son katana dans sa cape. Le brun avait cru que la jeune fille se faisait du souci si des personnes la retrouvaient au milieu de ninjas déserteurs. Alors qu'elle redoutait surtout qu'il lui arrive quelque chose.

« Non, ce n'est pas ça ... », dit-elle en s'asseyant sur lit, abattue. Il était sur le point de lui parler quand Suigetsu voulut s'entretenir avec Sasuke. La ninja crut bon de se retirer, mais pour une quelconque raison, sans doute la curiosité, une fois la porte refermée, elle écouta la conversation entre les deux jeunes hommes.

« Est-ce que tu comptes emmener Sakura avec toi ? »

« Oui. Pourquoi cette question ? » Sasuke paraissait étonné, pensa la jeune fille derrière la porte.

« Ce n'est pas que je remets en question tes décisions... » Suigetsu cherchait ses mots, assurément pour ne pas froisser le brun, spécula la jeune Chunin aux cheveux rosâtres.

« Tu ne crois pas que tu fais une erreur en l'amenant avec nous ? »

« Hn. Pourquoi ? » Visiblement, le taciturne n'appréciait guère les remarques de son équipier. Mais où voulait en venir Suigetsu ?

« Elle ne va pas contrecarrer tes plans, hein ? »

Sasuke risquait de s'énerver si Suigetsu continuait avec ses questions, se dit Sakura. Il ne supportait pas que l'on doute de sa clairvoyance : l'Uchiwa ne commettait jamais d'impair !

« Je sais parfaitement ce que je fais, Suigetsu ! Sakura viendra avec nous, et ce n'est pas elle qui m'empêchera de détruire Konoha ! »

Que penser de cette exclamation du Nukenin ? Cette remarque mutila son cœur. Il n'avait pas songé un seul instant qu'elle soit capable d'entraver son plan. Il ne paierait rien pour attendre. Elle lui prouverait combien il avait tort de la sous-estimer.

« Mais pour Karin ... »

« Karin ? »

« Tu vas lui briser le cœur si Sakura vient ! » Sakura retint un cri de stupéfaction. Voici où voulait en venir Suigetsu. Il s'inquiétait pour son équipière; bien qu'il soit constamment en train de la taquiner, il semblerait que le jeune homme soit profondément attaché à la flamboyante rousse. La fleur de cerisier sourit à cette pensée. Se pourrait-il qu'il se trame quelque chose entre les deux ?

« Je me fiche pas mal de ce qu'elle peut ressentir. Mais je suis surpris d'apprendre que toi tu t'en préoccupes. »

Des bruits de pas provinrent de la pièce, la fleur de cerisier préféra retourner à toute vitesse dans sa cellule pour ne pas être repérée. Elle récupéra son sac de voyage au passage dans la salle de bain. Elle en vérifia le contenu et le mit sur ses épaules. Enfin, elle allait pouvoir revoir la lumière ! Elle ne supportait plus ce terrier sans fenêtres. Elle avait besoin que les rayons du soleil caressent son visage. En plus, elle avait complètement perdu la notion du temps : depuis combien de temps était-elle partie ? Depuis combien de jours était-elle retenue ? Comment Sasuke pouvait se contenter de cette vie de déserteur ?

« On ne t'as jamais appris que c'était impoli d'écouter aux portes, Sakura ? »

Elle aurait dû se douter que le dernier des Uchiwa saurait la déceler. Il n'était pas un génie pour rien. Essayant de se composer une attitude désinvolte, l'adolescente lâcha :

« Je crois que je me suis laissée emporter par ma curiosité ... »

Il constata attentivement l'état de la prison de la rose. Arquant un sourcil, il lança un regard foudroyant à la jeune fille : il réclamait une explication.

« Heuu ... », bredouilla Sakura, « Je m'étais laissée emporter par la colère, cette fois-là ... »

« Hn. », émit le brun, « Tu es prête ? Nous y allons ! »

Cela ne le dérangeait-il pas qu'elle ait entendu la conversation ? Pourquoi en serait-il autrement d'ailleurs ? S'il ne pensait pas qu'elle pouvait l'arrêter, il ne songeait pas non plus qu'elle puisse être consternée par ses propos. Les sentiments de son ex-coéquipière n'étaient pas au centre de ses préoccupations. Ce n'était pas étonnant de la part du Nukenin. Comme elle l'avait dit aux membres de la team Taka, il était un véritable égoïste.

Ils retrouvèrent le reste de l'équipe dans le couloir, à la file indienne, l'Uchiwa en tête, ils traversèrent les galeries jusqu'à la sortie. Lorsqu'elle fut dehors, la lumière du soleil l'aveugla, elle n'était plus habituée à autant de clarté. Un sourire épanouie recouvrit ses lèvres; elle ne savait pas ce qui l'attendait, mais l'important était qu'elle soit aux côtés de Sasuke, même si tout cela finirait certainement mal. Pour l'instant, elle songeait seulement à cette nouvelle aventure, ce renouveau avec l'espoir de tenir un rôle. Elle se battrait au nom de Konoha. Il n'était pas question d'abandonner. Bien des embûches se mettraient sur son chemin, à commencer par le brun. La rose ne se doutait pas qu'elle avait visé juste, en effet, à peine ne s'étaient-ils mis en route qu'une ombre silencieuse les suivit ...