Hellow ! Voici le chapitre 2 de cette fanfic, j'espère qu'il vous plaira ! Je vous prévient, ce chapitre est plus long : il faite environ 3 500 mots. Mais ce sera probablement le plus long de ma fanfic, en général mes chapitres font plus autour de 2 500 mots, c'est juste que je ne voyais pas comment couper autrement celui-là. Désolée pour ceux qui sont adeptes de plus de contenu (j'ai failli dire longueur mais... je vois d'ici les esprits pervers xD) !

Quand au titre de mon premier chapitre... Il est tiré de la chanson "Le Clash" de Maître Panda dans le premier épisode de la saison 5 de SLG, soit le n°86 : Renaissance du Phénix. Bravo à Nahily pour avoir trouvé ! Mad Calypso, comme promis je t'accorde une moitié de point, parce que t'étais vraiment pas loin ^^
Le titre de ce chapitre-là est moins simple à trouver. A vos mémoires ! xD

Merci aux reviews en Guest de UneFolleDeManga (merci beaucoup de cet enthousiasme débordant, si tu savais comme j'ai regretté de ne pas pouvoir te répondre via MP ! J'espère que la suite te plaira tout autant :D) et Lolo (je te laisse découvrir la réponse finalement ;D), vous êtes adorables !


Chapitre 2 : Arrête de te mentir à toi-même

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- Tu l'as envoyé où, putain de Hippie ?

- Cool, gros. Il est là où nous étions quand il prenait des médicaments, ça le coupe un peu de nous.

- Sérieusement, cette situation va durer combien de temps ?

- Tiens, tu montres enfin un signe de vie, Panda de merde ? Comment veux-tu qu'on le sache, putain ?! Tant que le gamin nous rendra pas une enveloppe charnelle, on ne peut pas sortir.

- Mais alors... On es condamnés ?

- Du calme, Geek. Mathieu a juste besoin d'un peu de temps.

- Il faut juste qu'il se détende, gros !

- Facile à dire, merde ! En attendant on est tous coincés dans son putain d'esprit !

- Mais déjà, on n'est plus dans cette minuscule cage qu'était la prison de son cerveau... Tout est mieux que cet enfer.

- Mais combien de temps on tiendra... ?

- Si même ce putain de chiard devient pessimiste, on n'est pas sorti de ce merdier.

- Arrêtez avec le mauvais karma, gros.

- Toi, je vais t'enculer tellement profond que... !

- Tais-toi, Patron, il a raison ! Il faut arrêter les mauvaises pensées, ça ne nous sert à rien ! Et regarde le Geek, tu l'as fait pleurer !

- Il a pas besoin de moi pour ça, le gamin.

- Ça suffit... Mathieu va se réveiller à force de nous entendre tous hurler.

- Dis... Mathieu, il va réussir, pas vrai ? Tout redeviendra comme avant, hein ?

- Patience, gros. Il faut juste de la patience...

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Mathieu ne sent rien. Le YouTuber se sent bien, dans un calme qu'il recherche depuis qu'il s'est réveillé. Quelle ironie : quand il était interné, il voulait à tout prix avoir ne serait-ce qu'un infime signe de vie de ses personnalités, et maintenant qu'il les a retrouvé, il recherche par tous les moyens possibles un instant de tranquillité. Juste être un peu seul avec lui-même, sans les autres qui déchirent son esprit...

Sans prévenir, presque de façon incongrue, une chanson que Mathieu avait chantée revient lui effleurer la mémoire. C'était pour fêter les trois ans de « Salut les Geeks »...

Le Patron dérangé...
Le Hippie défoncé...
Le Gamin débraillé...
Mon cerveau va craquer !

Qui aurait pu croire que quelques temps plus tard, ces paroles résonneraient avec autant de véracité morbide dans les plus obscurs tréfonds de sa tête ? Sa propre tête que le YouTuber découvre et redécouvre avec effroi, remarquant des coins d'ombre qu'il préfère ne pas remuer.

C'est seulement à ce moment qu'il se rend compte qu'il est debout, et observe plus en détail le... lieu où il se trouve. Mais où est-il exactement... ? Comme pour répondre à sa question pourtant à peine formulée, la voix bien connue du Hippie se diffuse dans tous les coins, d'abord un peu étouffée, puis plus claire :

- … ros. Il est là où nous étions quand il prenait des médicaments, ça le c...

De nouveau elle s'étouffe, jusqu'à rendre les paroles indistinctes.

Intrigué, le YouTuber avance un peu et se rend vite compte des délimitations de la pièce qui ressemble trait pour trait à son salon, un des seuls endroits où lui et les autres personnalités se rassemblent et parlent... ou plutôt où chacun y va de son petit commentaire et au bout de deux minutes, ça dégénère.

Mais le tour est vite fait, et Mathieu ne peut empêcher son regard de se tourner de nouveau vers les coins d'ombre qu'il avait tenté d'ignorer. Que cachent-ils ? Ses propres démons, ou les démons de ses personnalités ? Le YouTuber ne résiste pas plus longtemps à la curiosité qui lui dévore l'estomac. Il s'approche vers le coin d'ombre le plus proche de lui, et se tient un instant devant lui, hésitant. Que doit-il faire... ? Se décidant rapidement, il tend la main vers la forme sombre et indistincte sous ses doigts, frissonnant tout à coup sous la froideur qu'elle dégage.

Alors qu'il se demande s'il faut faire autre chose, comme carrément entrer dans ce truc, le présentateur de « Salut les Geeks » se sent attiré vers le bas et se laisse faire, désabusé.

Quoi qu'il voit, il doute vraiment que ça le surprenne.

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Une image de mon créateur, qui hurle à l'agonie et se prend la tête entre les deux mains. Il a mal. Il a mal constamment depuis deux jours, mais cette fois, la douleur envahit tout son être, l'empêche de bouger, l'empêche même de respirer.

Il faut faire quelque chose, gros. Je n'aime pas voir les gens souffrir. Encore moins ceux auxquels je tiens. Ce monde offre déjà bien trop de violence gratuite sans que je voie en plus celui à qui je dois tout subir un supplice permanent.

Je regarde les autres personnalités à côté de moi, me tenant fermement la main pour l'empêcher de trembler. Ça ne sert pas à grand chose, puisque le manque de cannabis se répercute sur tout mon corps et pas seulement mon bras, mais ça me permet de me concentrer un peu. C'est toujours difficile de se concentrer, gros.

Le Patron hurle en même temps que Mathieu, mais de haine, et tape frénétiquement contre les murs du salon pour tenter de lui communiquer sa présence. Le Geek pleure en gémissant et tremblant, recroquevillé sur lui-même, répétant un « Mathieu... » désespéré encore et encore. Le Panda passe du rire démentiel aux chuchotements hagards, jetant des coups d'œil partout sans regarder nulle part.

Personne ne fait attention à personne, parce que chacun a ses propres démons. Les miens sont peut-être moins difficiles à oublier. Après tout, à part le manque de drogue, ma façon idéaliste de voir le monde me permet d'ignorer les mauvais sentiments avec une efficacité redoutable. Se voiler la face, c'est tellement facile, gros.

Mathieu aurait du éviter de recracher les médicaments. Il y en a encore trop dans son organisme pour qu'il nous voit, mais il n'y en a pas assez pour le préserver de la douleur. Son intention est louable, gros, mais il ne sait pas comment s'y prendre, et ne sait que se faire du mal.

Personne ne voit personne. La concentration se fait exclusivement sur Mathieu et sur soi-même, et les réactions se multiplient lorsque Mathieu pleure de façon incontrôlée sur le sol froid du carrelage. Ça suffit, gros. Plus de peines, plus de violence. Je ne supporte pas la haine, je ne supporte pas la douleur. Il faut que ça cesse. Pour le bien et le karma de tout le monde.

C'est étonnamment facile. Ni Mathieu, ni les autres personnalités ne se rendent compte que je me glisse doucement dans son enveloppe, échangeant nos places pour lui laisser un peu de répit. Je ne pourrai pas rester indéfiniment, mais s'il peut dormir un peu, ça sera déjà beaucoup mieux.

Je sens les personnalités se calmer en même temps que Mathieu, et sourit. Ça, c'était une bonne action, gros. Puis je grimace, ressentant la douleur qui fuse dans tout le corps de mon créateur, sans interruption. Au moins, ça me fera un peu oublier le manque.

Personne ne sait le sacrifice que j'accomplis. Et ça me convient parfaitement.

Je ne veux que de l'amour, et pourtant je ne vois que du mauvais karma autour de moi. Alors, si je peux l'alléger un peu, j'en suis heureux.

Je n'ai pas besoin qu'on sache ce que je fais. Je le fais surtout par égoïsme, pour moi-même parce que je préfère être celui qui souffre plutôt que celui qui regarde souffrir. Je profite de ma place privilégiée dans son esprit pour intervertir nos postions – et je pense qui s'il n'y a que moi qui peut accomplir cette action-là, c'est parce que Mathieu a inconsciemment compris que j'étais le seul à pouvoir le supporter.

La drogue guérit tout, gros. Et si elle ne guérit pas, au moins elle fait oublier. J'oublierai tout une fois qu'on s'enfuira d'ici.

Après réflexion, si j'envoie des images de lui et Antoine Daniel qui rigolent ensembles à mon créateur dans ses rêves, peut-être qu'il sera un peu plus paisible. Il est toujours très paisible quand il est avec le présentateur de « What The Cut !? ». C'est agréable.

J'ai mal, gros.

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Mathieu avait tort. Il pouvait encore être surpris. Et cette surprise, elle a une odeur de souffre dans les narines, un goût de cendres dans la bouche, un bruit de perceuse dans les oreilles.

Se sentant soudain aussi fragile que le Geek, le YouTuber se laisse lentement glisser à terre, à l'endroit où résidait auparavant le coin d'ombre, et entoure ses genoux dans ses bras. Le schizophrène se balance d'avant en arrière dans des mouvements désordonnés, pleurant silencieusement en digérant encore le sacrifice – les sacrifices – du Hippie.

Il ne mérite pas tout ça, bon sang. Il ne mérite rien de tout ça.

À quel point les a-t-il fait souffrir ?

Et le Geek... ? Qu'a ressenti la plus fragile de ses personnalités ?

À nouveau une voix résonne, de la même manière que celle du Hippie avant : étouffée, puis distincte, puis étouffée.

- … is, Mathieu, il va réussir, pas vrai ? Tout redeviendra comme av...

Et en voyant un autre coin d'ombre à quelques pas de lui, Mathieu sait à qui sont ces démons. C'est sans hésiter qu'il embrasse les peurs et les angoisses de sa victime préférée, et le YouTuber se sent tomber en chute libre.

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J'ai l'habitude de pleurer. De toute façon, je ne sais rien faire d'autre que pleurer. Je sais que je suis faible je l'ai toujours été.

Je me suis toujours demandé pourquoi Mathieu ne m'avait pas abandonné de la même manière que le Prof et la Fille.

Il n'a pas besoin de moi. Personne n'a besoin de moi. Qui veut d'une pathétique victime ? Même moi je ne voudrais pas de moi, alors les autres... Le problème, quand je veux avoir des amis, ce n'est pas que les gens sont trop peu tolérants, c'est juste que je suis trop peu digne d'intérêt.

Alors dis Mathieu, pourquoi je suis encore là... ? Je pleure ; encore ; toujours. Et cette fois je te vois pleurer avec moi, et cette image ne fait que redoubler mes larmes. Mathieu, Mathieu, s'il te plaît, laisse-moi t'aider, je veux t'aider, je veux tellement t'aider. N'importe quoi, n'importe quoi m'ira ! Je veux bien tout endurer pour toi ! Laisse-moi faire quelque chose, je t'en prie... Je ne veux plus de cette impuissance et de ce désespoir, je ne veux plus être inutile...

Et pourtant, cette inutilité est à son comble lorsque cette image de toi est imposée de force à moi, lorsque je vois les autres personnalités souffrir de ta souffrance, lorsque je comprends que quoi que je fasse, ça ne sert à rien.

Je ne sers à rien.

Et je pleure, Mathieu ; encore ; toujours.

Je veux te voir sourire, je veux te voir rire, je veux te voir nous demander de l'aide pour ton émission. Ton émission ! C'était le seul moment où tu me demandais de l'aide. J'étais utile réellement utile.

Et quand tu recevais un texto d'Antoine, ou quand tu parlais avec lui, il y avait toujours ce grand sourire sur ton visage ; et te voir heureux suffisait à me rendre heureux. Je souriais parce que tu souriais. Je riais parce que tu riais.

Je souffre parce que tu souffres. Mathieu, Mathieu, laisse-moi t'aider, et si je ne peux pas t'aider, laisse-moi mourir. Tout plutôt que cette impuissance.

Je n'en peux plus de tout ça ! Je ne veux plus être la victime !

Je veux être le sauveur, ne serait-ce qu'une seule fois, mais pas pour moi, non, pas pour moi ! Pour toi, pour que tu sois heureux !

Et je sais que ma présence est inutile. Je sais que je ne te rends pas heureux. Alors, si je pouvais appeler Antoine, là, tout de suite, je le ferai sans hésiter. Parce que tu souris toujours avec lui.

Mathieu, je t'en prie, entends-moi, laisse-moi t'aider...

Mathieu, je t'en supplie...

Mathieu...

Ma...

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Le présentateur de « Salut les Geeks » sent son corps devenir de plomb, entendant encore les supplications du Geek alors qu'il est sorti de son coin d'ombre.

Comment a-t-il pu être aussi aveugle et inhumain ? Qu'a-t-il fait ? À quel point a-t-il brisé sa personnalité si fragile ?

Soudain, la pièce l'étouffe, et Mathieu hurle comme un fou, ne comprenant pas qu'on puisse à ce point souffrir pour lui. Le Geek aurait du se concentrer sur ses propres problèmes ! Qu'est-ce que la victime du lot s'inquiétait davantage pour le YouTuber que pour elle-même ?!

Pourquoi ?

Son propre esprit est devenu sa prison, mais Mathieu ne peut pas se permettre d'exprimer le désir de sortir. Pas encore. Il lui reste deux autres démons à visiter, avant de laisser parler la lâcheté qu'il a toujours abritée. Cette fois, il ne sera pas lâche ; cette fois, il sera brave.

Les autres ont fait d'incroyables sacrifices pour lui. Le moins qu'il puisse faire, c'est de mesurer leur importance.

- … tte minuscule cage qu'était la prison de son cerveau... Tout est mieux que cet enf...

Ainsi donc, le suivant, c'est le Panda ? Ça tombe bien, Mathieu s'inquiète énormément pour lui. Il va pouvoir voir à quel point sa peur est fondée.

Pourtant, le jeune homme ne peut faire taire la panique qui l'étreint lorsqu'il se fond dans le coin d'ombre de sa personnalité la plus récente.

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Et ben, on dirait qu'on est tous fous. Peut-être lui et moi un peu plus que les autres, qui sait ? Il y a longtemps que cet espace clos m'a fait perdre toute cohérence dans mes pensées.

Je sais que je pense à Mathieu ; c'est mon créateur, après tout.

Mais les murs sont si proches de moi, je veux tellement courir dehors, manger un peu de bambou, ou au moins sentir le vent dans mon kigurumi, que le reste s'estompe.

Puis la douleur de mon créateur se manifeste, et je vois Mathieu hurler et pleurer. Et je crois que je hurle aussi. Enfin, il me semble. Peut-être.

Minute, ce rire, il vient de ma gorge ? Impossible, je chuchote. Oui, voilà, je chuchote, je ne rigole pas. Enfin, certainement. Je crois. Éventuellement.

Ces murs me rendent fou. Je veux sortir. Je veux sortir ! JE VEUX SORTIR !

Je suppose que je veux sortir. Probablement. Possiblement.

Mathieu hurle encore. Je pensais que je ne pouvais plus avoir mal, mais cette fissure dans mon cœur et cette main qui broie ma poitrine, ça ressemble bien à de la douleur. Vraisemblablement. Potentiellement.

J'aime beaucoup mon créateur. Ça, j'en suis sûr. Sans aucun doute. C'est une certitude.

Je n'aime pas le voir souffrir. Je n'aime pas le voir hurler. Je n'aime pas le voir pleurer.

Je n'aime pas être ici. Sortez-moi de là. Sortez-moi de là ! SORTEZ-MOI DE LÀ !

Tous fous, dans cet esprit, décidément.

Allez Mathieu, souris, reviens, sois comme avant. Je suis sûr que si tu vas bien, j'oublierai ces murs qui m'oppressent et me tuent à petit feu. Enfin, je le conjecture. Plausiblement. Hypothétiquement.

Je crois que les animaux sauvages ne sont pas faits pour être enfermés. Et je crois aussi que cet instinct bestial, qui nous fait ressentir la peine des autres avant qu'elle ne se manifeste réellement, peut parfois être un fardeau. Oui, ça, c'est très possible.

Mathieu, je suis fou. Et toi aussi. Et le Hippie, le Patron et le Geek aussi. Espèce de schizophrène, va. Les seuls personnages que t'as été en mesure d'imaginer ne sont que des tarés. Faut croire que je fais partie de la catégorie des déments, alors. Bah, ça ne me gêne pas, je m'en doutais.

Et de toute façon, à part ces foutus murs qui se sont rapprochés jusqu'à me laisser recroquevillé comme une loque noire et blanche, je ne pense pas à grand chose.

Je pense à toi, quand même. T'es fou, taré, dément. Comme moi. Comme nous.

Mais dans ce cerveau d'aliéné, je me rappelle que t'étais en phase avec l'autre. Un autre fou, probablement. Il faut être fou pour rester avec toi, avec moi, avec nous.

Enfin, il paraît que la plupart des YouTubers ont une case en moins. Mais je crois que celui-ci est encore pire que les autres. Bref, je me souviens plus de comment il s'appelle, le taré. Si je me fouille un peu dans ma mémoire en lambeaux, il me semble que c'est Antoine... quelque chose. Bah, quelle importance de son nom de famille, tu l'appelles toujours Antoine.

J'ai peur. J'ai mal. Je chuchote, je rigole, je crie, je pleure, je tremble. Je crois que je suis fou. Enfin, il me semble. Peut-être.

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Encore un peu, et Mathieu rigolerait à son tour à s'en casser la voix sous un accès de démence. Mais bordel, le Panda va encore pire que ce qu'il a osé craindre. Et dans la folie qui le submergeait, l'ursidé avait encore pris le temps de penser à lui ! C'est invraisemblable, impensable.

Mais qu'est-ce que j'ai fait... ?

Le YouTuber ne mérite même pas un millième de tout ça. Il aurait du crever la gueule ouverte, tiens. Ses personnalités auraient du être avec quelqu'un d'autre, quelqu'un qui se serait rendu compte de ce qu'elles valent avant qu'il ne soit trop tard.

Il a passé presque tout le monde en revue, et le constat est bien pire qu'amer. Enfin, logiquement, avec le Patron, il ne risque pas grand chose... Si... ?

- … erde ! En attendant on est tous coincés dans son putain d'espr...

Il y a un autre coin d'ombre qui se détache. Ainsi donc, même le Patron a des démons. Qui l'eut cru.

Que caches-tu, Patron ?

Malade de le découvrir, c'est avec une frénésie suicidaire que Mathieu se jette sur le cauchemar de sa dernière personnalité.

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Le gamin hurle. Encore. Et comme pour y faire écho, je me met à hurler à mon tour, usant mes cordes vocales comme si elles étaient renouvelables, frappant contre ces foutus murs qui m'empêchent de lui montrer que je suis là, que je l'entends.

Reprends-toi, gamin.

Je hais tout le monde, en cet instant. Je hais ces putain de docteurs qui ont mis le gamin dans un asile, je hais le Geek qui ne peut rien faire d'autre que pleurer, je hais le Hippie qui s'accroche encore à son idée d'amour alors que l'apocalypse de l'esprit de notre créateur a sonné, je hais le Panda pour céder si facilement à la folie... Je vais même jusqu'à haïr le gamin de ne pas m'entendre, haïr le gamin d'avoir cédé l'avant-veille et d'avoir avalé la pilule pour faire cesser les maux de tête.

Mais surtout, plus que tous les autres, celui que je hais le plus, c'est moi-même. Pas assez fort pour prendre soin des autres, pas assez grande gueule pour que le gamin m'entende, pas assez menaçant pour que les docteurs s'enfuient, pas assez effrayant pour que les infirmiers commettent une erreur.

Ironie de mes deux. Tout ce que je me vante d'être n'est soudain que chimères et paroles en l'air, et je hurle à m'en briser la voix, je frappe à m'en casser les poings.

Impuissant. Le mot tombe comme un couperet et se répète à l'infini dans mes pensées, articulant bien les syllabes comme si je n'avais pas compris : im-pui-ssant.

Je hurle plus fort, comme pour noyer la pensée sous le flot ininterrompu de voix, et ma gorge me fait mal. Un court instant je m'arrête, toussant comme un souffreteux et sentant un goût désagréable et métallique dans le fond de ma gorge, avant de beugler de plus belle, ignorant les plaies qui se sont dessinées à l'écarlate sur mes poings constamment serrés.

Entends-moi, gamin.

Mathieu, c'est qu'un gamin qui peut pas tout porter sur ses épaules, et qui fait des efforts pour chacune de ses personnalités. C'est un chieur dont on ne peut vite plus se passer, qui réussit à faire cohabiter avec brio les personnalités contradictoires qui menacent à tout instant de s'entre-déchirer, allant jusqu'à les faire s'apprécier mutuellement. C'est encore un idéaliste qui ne désespère pas que son monde pourri jusqu'à la moelle puisse un jour changer, malgré tout ce qu'il a pu voir sur internet. C'est un amical qui a foutu le plus dangereux criminel, le plus défoncé des pacifistes, un putain d'ursidé et un gameur pleurnichard dans son émission et les a fait composer tellement harmonieusement qu'il a des centaines de milliers d'abonnés à sa chaîne YouTube.

Tout Patron que je sois, je ne supporte pas de voir le gamin souffrir, de voir le gamin crier, de voir le gamin pleurer.

Et putain, j'ai beau être le Patron, j'ai pas pu faire un coucou à ce cher compère Richard de peur de blesser le gamin. C'est-y pas d'une putain de mièvrerie à vomir.

Et là, tout ce que je peux faire, c'est gueuler comme un putois et cogner comme un dingue, alors que ça sert strictement à rien. Mais je peux rien faire d'autre.

Alors je hurle. Alors je frappe. Alors je hais.

Je hais si fort.

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Et voilà, c'est fini. Mathieu a vu les coins d'ombres de toutes ses personnalités, et le point commun entre chaque est plutôt évident – c'est lui, lui, lui, encore lui et toujours lui.

Si le Hippie, le Geek, le Panda et le Patron ont autant souffert, c'est de sa faute. Rien de tout ça ne serait arrivé si le YouTuber n'avait pas existé.

Une fatigue immense l'envahit, et c'est roulé en boule que le jeune homme se cale sur le sol froid du salon de son esprit, les yeux aussi secs qu'un puits asséché.


Bon, c'est pas la joie, ce chapitre. Mais il est nécessaire pour la suite ^^'

Sinon oui, il s'agissait bien de la proposition n°3, "Mathieu apprendra plus de choses sur ses personnalités". Bien joué, Mad Calypso ! :D Et La Mandragore de Nantes, oui, bon, on fait ce qu'on veut c'est internet... Maaaaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiiis, c'est ma fanfic à moi d'abord ! xD

Je pense que faire ces hypothèses comme chercher le titre chaque chapitre peut être sympa, alors je réitère mes propositions :) Je rappelle qu'une seule est correcte !

A votre avis, Mathieu :
1) Remerciera ses personnalités encore et encore sans qu'elles ne comprennent vraiment pourquoi
2) Fera une déprime
3) Sera bloqué dans son esprit suite à ces révélations
4) Reprendra contact avec Antoine
5) Se fermera à tout le monde

Merci de votre lecture, pour la review c'est juste en bas ! A la semaine prochaine ! :D