Disclaimer : Les personnages d'Hetalia appartiennent à Hidekaz Himaruya.
Notes : Bonsoir ! Me voici avec le chapitre 1 de cette fic ! Il est assez court. Je fais très rarement des chapitres de moins de 2000 mots, aussi, je doute que ce sera de nouveau le cas, les prochains seront plus longs (ceux déjà écrits le sont, d'ailleurs).
Je ne vois pas quoi dire de plus, c'est un chapitre plutôt calme ! J'espère que vous l'apprécierez en tout cas !
Chapitre 1 : Un rayon de soleil entre quatre murs
Ivan avait déambulé d'un bout à l'autre de l'hôpital pendant toute la semaine où son médecin attitré n'avait pas été là. Les médecins lui avaient fait payer son coup d'éclat avec l'infirmière en lui donnant un sédatif. La sensation de somnolence non-naturelle dans laquelle il avait été pendant un certain temps avait été particulièrement désagréable… tout comme la sensation d'avoir été drogué, par ailleurs.
Une fois qu'il avait repris conscience, il avait décidé de marcher, sans but particulier, dans l'hôpital. Il n'avait pas vraiment grand-chose de mieux à faire même s'il n'avait pas d'amis.
Quelqu'un de corpulence normale aurait pu avoir de grandes hésitations à se balader seul dans l'hôpital. En effet, il y avait des patients qui pouvaient être parfois dangereux pour les autres, et les médecins ne protégeaient pas ceux qui auraient dû l'être.
Mais Ivan faisait partie des patients pouvant se révéler dangereux. Et personne ne protégeait les autres contre lui. Heureusement que ceux-ci ne l'intéressaient pas… tout le monde était plus ou moins sous l'emprise des médicaments. Il ne croisait généralement que des yeux aussi vides que les siens. Parfois, c'étaient des regards perdus, le grand russe savait alors qu'il avait en face de lui des patients récemment arrivés. Pauvres âmes…
Il y avait peu d'activités à faire. Une salle commune accueillait ceux qui désiraient lire des magazines vieux de plusieurs années ou jouer à des jeux de société auxquels ils manquaient des pièces. Oh, bien sûr, il y avait une ou deux télés, mais les programmes étaient rarement intéressants. Ils rendaient souvent aussi apathiques que les médicaments tellement c'était d'un ennui…
Sinon, il y avait les thérapies de groupe. Ivan y était allé une seule fois, il en était vite reparti.
Enfin, il y avait des activités à faire dehors, comme de la marche et des étirements, mais aller se balader en pleine nature alors qu'il ne pourrait jamais dépasser les barrières de l'hôpital… c'était trop pour lui. Il se contentait de s'installer sur un banc près d'une petite mare et de fermer les yeux. C'était le seul moment où il avait l'impression d'être ailleurs que dans cet enfer. Quant aux autres activités, il n'y prenait pas part. On avait essayé de l'y forcer, mais son autre personnalité, bien moins aimable, avait alors pris le dessus. Ils n'avaient pas retenté l'expérience.
Ainsi, il avait déambulé toute la semaine. Le russe était à peu près certain de connaître le bâtiment par cœur, dès à présent. Et il avait repéré le bureau de son médecin, fermé. Il n'y était pas encore allé en consultation, c'était lui qui venait le voir.
Cela devait bien faire un mois que ce médecin était arrivé. À cause de ses gros problèmes de mémoire, encore un symptôme -ou conséquence- de sa maladie, il n'avait toujours pas réussi à imprimer son nom. Il le voyait peu. Les médecins qui passaient le matin ne parlaient pas beaucoup et avaient l'air de s'ennuyer plus qu'autre chose. Lui, venait… comme une consultation. Une fois par semaine. Ivan pensait se souvenir que le médecin lui avait dit qu'il reviendrait plus souvent, après.
Après quoi, d'ailleurs ? Ses vacances, peut-être. Si ça se trouve, il le lui avait dit, qu'il aurait des congés, mais… il avait oublié. Comme souvent.*
Toujours était-il que l'homme finit par revenir, une semaine plus tard.
Ivan s'éveillait avec difficulté, l'esprit embrumé par les médicaments. Puis, la porte s'ouvrit, et il ne le vit pas tout de suite parce qu'il avait du mal à garder les yeux ouverts. Mais il le reconnut, à sa voix.
-Good morning ! s'exclama-t-il joyeusement avec un accent américain.
Ivan décida alors que ça valait la peine de combattre l'état de son corps pour se redresser un peu et entrouvrir les yeux. Ces cheveux blonds comme le soleil… ces yeux couleur de l'océan… ce sourire que rien ne semblait atteindre… et cette drôle de mèche rebelle qui pointait vers l'arrière, lui donnant un petit côté négligé qu'on ne trouvait pas souvent chez un médecin.
C'était bien lui.
Alfred F. Jones disait le badge accroché à la blouse blanche ouverte.
« Alfred, Alfred, Alfred, Alfred, Alfred, Alfred... » se répéta Ivan dans sa tête dans l'espoir que cela finisse par rentrer. Pourquoi souffrait-il autant de ces problèmes d'amnésie ? C'était insupportable… et horriblement dérangeant. Il ne savait même pas depuis combien de temps il était dans ce lieu. Son passé à l'hôpital lui semblait très flou… ce qui s'était passé avant était plus clair. Bien que des pans entiers de son enfance lui aient échappé, et qu'il avait l'impression d'avoir rêvé certains moments de sa vie.
Alfred ouvrit le dossier et contempla les médicaments que son interne avait apporté. Il fronça les sourcils.
-Toris ? Montre moi cette boîte… et celle-là aussi !
Le jeune homme, qui semblait timide, repoussa d'un mouvement de tête ses cheveux bruns mi-longs pour poser ses yeux vert sombre sur toutes les boîtes. Puis, il choisit les deux qui avaient retenu l'attention du médecin et les lui donna.
Les orbes bleues d'Alfred les examina puis regarda attentivement la petite notice à l'intérieur. Puis, il poussa un juron anglais.
-Crazy… marmonna-t-il. Une dose pareille pour un médicament comme ça… n'importe quoi…
Il marmonna plusieurs jurons tout en lisant le dossier. Ivan soupira et se rencogna contre ses oreillers. Bien sûr que les traitements étaient trop forts… vu la tête que tout le monde tirait après leur prise… tout le monde avait un air hagard dans la salle commune, pendant que les femmes de ménage nettoyaient les chambres et faisaient les lits. C'était un instant de la journée où un silence pesant régnait. Tout le monde semblait être réduit à l'état de légume…
Alfred finit par sortir des cachets de la poche de sa blouse et les lui tendit.
-Des placebo et une diminution de la dose médicamenteuse ! Pour le sevrage ! sourit-il. Ivan, c'est ça ?
Ivan acquiesça et tendit sa main. Les cachets tombèrent dans sa paume. Il lui avait déjà donné des placebo, et diminué doucement la dose de médicament de son traitement pour que le sevrage ne soit pas trop dur.
Enfin… il l'était toujours. Horriblement, et affreusement dur.
-Je vais m'occuper de votre traitement tout le temps maintenant ! Vous voulez que je vous aide à vous redresser ?
Ivan fit un grognement qui voulait dire oui. Il n'y avait pas grand-chose d'autre qui pouvait sortir de sa gorge pour l'instant. Sa conscience peinait à émerger et ses membres étaient encore engourdis. S'il avait essayé de se lever, il se serait étalé sur le sol, incapable de se relever par la suite.
Le blond se plaça derrière lui et posa une main derrière son dos. Elle dégageait une agréable chaleur, et Ivan se sentit un peu mieux à ce toucher. Puis, le médecin l'aida doucement à se mettre en position assise. Le russe prit le verre d'eau qu'il lui tendait et pris les médicaments. Il en profita également pour mieux détailler l'homme à son côté. Ses lunettes étaient un peu de travers, Ivan avait envie de les lui replacer mais il ne voulait faire aucun geste qui ne soit mal interprété.
-Le sevrage va être dur mais vu votre carrure ça devrait aller ! s'exclama-t-il en un petit éclat de rire et en lui tapotant le dos. Je vais vous donner des choses plus légères et moins mauvaises que ces antidépresseurs…
-Et pour… le reste ? demanda Ivan.
Le reste désignait l'autre lui. Sa part sombre et violente. Complètement endormie quand Alfred était là. Le russe ignorait pourquoi ou comment, mais les faits étaient là. D'un côté, comment aurait-il pu faire de mal à quelqu'un d'aussi… pur ? Il s'étonnait que toutes les horreurs de l'hôpital n'avaient pas réussi à entacher son sourire et la lumière dans ses yeux. Il n'était là que depuis un mois mais… mais un mois c'était quand même énorme, même pour un médecin.
Ceux qu'il croisait n'en avaient pas grand-chose à faire des patients et n'avaient aucune lueur dans le regard. Ils étaient froids, tout simplement. Et parfois cruels.
-Chaque chose en son temps, ah ah ah ! sourit largement Alfred. Je préfère que nos consultations à ce sujet se fassent quand vous serez dans un état un peu plus naturel !
-Très bien… soupira Ivan.
-Mais je vais vous sortir d'ici. Je vous le promets.
Ivan plongea ses yeux violets dans les bleus d'Alfred. Son toux était devenu plus doux, tout comme son sourire et son regard. Cet homme dégageait une telle aura… c'était vraiment quelqu'un de bien. Le Russe le ressentait. Il n'y avait aucun doute à avoir là-dessus. C'était probablement la personne la plus pure qu'il lui avait été donné de rencontrer.
Alfred consulta encore un peu le dossier.
-Vous n'avez jamais de permissions, monsieur Braginsky ? questionna-t-il en fronçant les sourcils.
-Non. Je n'ai pas trop le droit, ma maladie peut visiblement mettre en danger les gens. Et puis, les médecins savent que je n'ai personne à retrouver, répondit son patient.
-Votre famille est…
-Mes deux sœurs et mon père sont vivants, mais je n'ai aucune envie de les rejoindre.
-Je vois… vous avez vingt-huit ans, c'est ça… vous n'avez pas d'amis ou quelque chose du genre ?
-Non. Plus depuis que je suis ici.
Le médecin perdit son sourire. Ivan eut enfin la réponse à sa question en fouillant son regard. Non, il n'était pas naïf au point de penser que dans ce lieu, il n'y avait aucune souffrance. Il le savait parfaitement. Sa bonne humeur devait être soit une défense, soit… quelque chose de naturel, chez lui, et qu'il utilisait comme une arme pour repousser tout ça.
-Oh… je vois. Pas ici non plus ?
-Niet.
-Bien… alors nous allons nous appliquer à arranger ça !
Le retour du sourire lumineux. Ivan ne comprit pas ce que sa dernière phrase signifiait. Il voulait lui trouver des amis ? Ridicule. Et peine perdue, surtout.
Nouveau feuilletage.
-Vous avez quel âge, vous ? osa Ivan. Vous avez l'air jeune pour un médecin…
Un rire un peu gêné s'échappa des lèvres de l'interpellé.
-Well… j'ai sauté une ou deux classes… en fait… j'ai vingt-six ans.
Ivan vit très distinctement deux tâches rouges s'étaler sur les joues de ce médecin à l'accent américain. Un léger sourire étira alors ses lèvres. Un vrai sourire, pas ce sourire malsain que l'autre lui utilisait. Faire ce geste pourtant très simple le chamboula complètement. Depuis combien de temps ne s'était-il pas senti juste bien ?
Depuis combien de temps était-il enfermé ici ? Un vent de panique souleva son cœur. Il ne se souvenait même plus de ça, encore une fois. Pire encore, il ne savait même plus quand est-ce qu'il s'était résigné. Qu'il s'était dit « à quoi bon ? ».
Qu'il avait commencé à penser qu'il n'avait plus rien à attendre de lui, ni de l'extérieur, que la nourriture infecte n'était pas si immonde, les lits pas si inconfortables, les médecins pas si désagréables.
Son cœur battait rapidement. Non, il n'avait pas pu finir comme tous les autres, s'habituer, abandonner…
Et pourtant si.
Il posa ses mains sur son visage et poussa un long soupir.
Dieu, qu'il détestait cet endroit.
Une main chaude se posa sur l'une des siennes. Il écarta ses doigts pour croiser le regard d'Alfred.
-Ne vous inquiétez pas. Je vous promets que je vais vous sortir d'ici, puis vous aider à vous réinsérer dans la vie « normale ». I swear it.
En cet instant. Ivan avait tellement envie de le croire. Avait tellement envie d'y croire.
* L'amnésie, les pertes de mémoire, c'est un symptôme du TDI. Je n'ai jamais vécu de telles choses donc j'avoue que j'adapte en fonction de ce que j'ai compris. Cela peut causer l'oubli de certains pans de vie (comme l'enfance). De plus, les médicaments contre la dépression causent aussi ce genre de problèmes.
C'est la fin de ce chapitre, on se retrouve donc la semaine prochaine pour le suivant ! J'espère que vous avez apprécié le lire, à la prochaine fois ! Merci de vos reviews, fav, et follow, du fond du cœur !
