Disclaimer : Les personnages d'Hetalia appartiennent à Hidekaz Himaruya.
Notes : Alors… voici le nouveau chapitre de cette fic, mais je tiens à dire qu'il est de moins en moins certain que cette fic atteigne son point final. En ce moment, je suis démoralisée et démotivée dans l'écriture… j'ai l'impression de n'écrire que de mauvaises choses, de n'aller nulle part, que je n'aurais même pas dû publier mes fics tellement elles ne valent pas le coup… je suis navrée de dire que cette fic n'aura peut-être pas de fin pour les rares lecteurs qui se sont attardés sur cette fic, je vous en remercie grandement d'ailleurs. Ainsi que les reviews des Guest, je ne peux pas y répondre par MP comme pour les autres, mais sachez que je vous lis et que vos reviews me font réellement plaisir !
Mais l'écriture est une passion qui n'est pas évidente. L'inspiration est là, mais le reste…
Quoiqu'il en soit, je vous présente tout de même ce chapitre 3 dans l'espoir qu'il vous plaira. Bonne lecture à vous.
Chapitre 3 : Quelques douceurs
-Pourquoi avoir voulu diminuer grandement mon traitement ? questionna Ivan.
-Parce qu'il vous faisait plus de mal que de bien, expliqua Alfred. Les effets secondaires avaient plus de chances de se manifester chez vous, je l'ai vu en lisant attentivement votre dossier. Je suis contre les antidépresseurs, mais bon, je suis obligé de vous laisser un traitement d'entretien. Surtout vu votre cas. Mais ce traitement est beaucoup moins lourd.
Les deux hommes étaient assis sur un banc, à l'extérieur du bâtiment. Le ciel était bleu, parsemé de nuages insignifiants, et la température était élevée. Ivan ayant vécu dans un coin assez froid de son pays natal, la Russie, appréciait la chaleur.
Après le petit-déjeuner des patients, le Dr Jones était sorti profiter du soleil, lui aussi aimant la chaleur, étant originaire de la côte Ouest des États-Unis. Il avait marché pendant un long moment, l'extérieur était assez grand. C'était bien le seul point positif de l'hôpital, de plus, cet extérieur était assez bien entretenu et plutôt joli. Il l'aurait été encore plus sans les grands murs empêchant certains patients potentiellement dangereux de s'échapper. Cela donnait des allures de prison…
Après sa marche, le médecin était naturellement revenu vers le bâtiment, et avait aperçu Ivan Braginski, assis sur un banc près de l'entrée du bâtiment. Il n'avait pas (plus) ce regard vide qui caractérisait souvent les malades de cet hôpital, surtout après le petit-déjeuner où la plupart recevaient leur traitement.
Tout naturellement, le blond était venu s'asseoir à côté du grand Russe, qui avait affiché quelques instants une expression surprise, puis s'était contenté de garder le silence, avant qu'Alfred n'entame un peu la conversation.
Sans le savoir, l'Américain avait tiré Ivan de son angoissante solitude. Il l'était presque tout le temps depuis qu'il était en cet endroit, mais parfois, l'angoisse de cet isolement le prenait à la gorge et nouait un nœud énorme dans son ventre. En ces instants, il avait envie de se rouler en boule à n'importe quel endroit, de se mettre à pleurer, à hurler, à frapper ce qui lui tombait sous la main… ou bien à s'abandonner. Quelque part, dans le noir. Le Russe avait dû se forcer à aller dehors pour fuir cette envie. L'obscurité était pourtant un soulagement dans ces moments, comme une vieille amie qu'il retrouvait, mais… il ne voulait pas lui céder. L'abandon avait quelque chose d'effrayant. Le grand homme ne savait pas s'il avait vaincu la résignation qui l'avait gagné pendant des jours, des mois, et peut-être même des années, mais il était certain d'une chose : il ne céderait plus si facilement à l'abandon de soi dans la douleur. C'était trop facile. Et pourtant si tentant.
Ivan observa du coin de l'œil Alfred. Ce dernier avait les bras le long du banc et observait le ciel. Le reflet de ce dernier dans les lunettes du blond semblait rendre ses yeux plus bleus encore. Le Russe se demandait à quoi il pensait. À son travail ? Ce qui l'attendait en-dehors ? Des choses joyeuses, des problèmes ? Ou bien se contentait-il de penser à une autre vie, des chimères ? Rien de tout cela ?
Au fond, le Russe ne savait rien de son médecin. Juste ce que ce dernier laissait paraître. Était-ce le vrai lui qu'il affichait ou bien un masque ? Bien sûr, en dehors du travail, tout le monde -a priori- affiche un visage différent.
Inexplicablement, cela frustrait le jeune homme de ne pas avoir la réponse à sa dernière question. Il avait envie de connaître Alfred. Pas parce qu'il était différent des autres médecins ou qu'il le considérait comme un être humain et pas un énième patient à l'esprit perturbé… la raison lui échappait, à vrai dire. S'il avait dû s'expliquer sur le champ pour cette envie, il aurait pu répondre que quelque chose d'indéfinissable le poussait vers Alfred.
Qu'il n'y ait pas plus d'explications à cela le satisfaisait, en un sens. Il avait de nouveau une raison de se lever le matin. Les moments qu'il passait avec l'autre homme étaient des moments de vie, même s'il ne s'agissait parfois que de simples consultations. Ivan n'était plus dans un état d'apathie ou dans l'attente du rien.
Il y avait quelque chose… et ce quelque chose lui redonnait de l'espoir.
Un mouvement près de lui le tira de ses pensées. Alfred s'était redressé et le regardait, penché, les coudes sur les cuisses.
-C'est l'heure de manger, je suppose, déclara-t-il simplement.
-C'est l'heure pour vous de manger, oui, pour moi c'est l'heure d'ingurgiter des choses immondes et non identifiées, rétorqua Ivan avec humour.
Alfred rigola. Il savait que la nourriture servie était insipide et immonde pour y avoir goûté une fois, par curiosité. Il n'y avait plus jamais retouché.
-Je passerai vous donner quelque chose de mangeable dans l'après-midi ! sourit joyeusement le docteur.
Ivan afficha une mine un peu surprise. Il n'était pas certain qu'une telle chose soit autorisée… Oh. Qu'importe après tout. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne mangeait que la nourriture de l'hôpital qu'il ne comptait pas refuser. Ivan acquiesça donc sans mot dire.
Ils se levèrent tous deux. Le bureau du Dr Jones se trouvait sur le chemin du réfectoire, aussi Ivan l'y accompagna.
Alfred ouvrit la porte et avant d'y entrer, se retourna. Un sourire étira ses lèvres fines et il posa sa main sur l'épaule de l'immense russe, qu'il pressa gentiment.
-À cet après-midi alors !
Le sourire devint ironique et ses yeux se mirent à pétiller.
-Oh, et mangez bien surtout ! Bon appétit ! se moqua-t-il.
Ivan lui rendit son sourire, puis le psychiatre entra dans son bureau dont il referma la porte.
Puis, l'homme aux cheveux gris se rendit dans la salle à manger de l'hôpital et alla s'installer à sa table habituelle. Tout le monde gardait généralement tout le temps la même place. Ivan, lui était seul à sa petite table de quatre places. À son arrivée, il avait dissuadé qui que ce soit de venir s'installer près de lui avec son simple regard, terrifiant quand son autre personnalité prenait le dessus. Il avait ainsi continué pendant quelques temps, et les autres n'approchaient plus de sa table. Il n'était pas le seul ainsi, d'autres patients avaient choisi d'empêcher les autres de franchir leur espace personnel.
Ivan savait qu'en faisant ce choix, il perdait l'occasion de se faire des connaissances, et s'enfonçait dans sa solitude.
D'un côté, il l'avait toujours été, solitaire. Il avait extrêmement peu d'amis à l'école, au collège, au lycée, puis à la fac. Même pas des vrais amis, d'ailleurs.
La seule personne dont il était réellement proche, c'était sa grande sœur. Et encore. Son TDI avait instauré depuis longtemps une espèce de mur entre eux.
Alors, ici, à un endroit où les gens pouvaient comprendre ce qu'il vivait, s'il ne parlait à personne… il était comme… vide. Comme un fantôme. Au fond, les relations humaines construisent réellement les gens, et Ivan se sentait comme mort. Comme si son existence était aussi tangible qu'un reflet dans le miroir de sa chambre. Parfois, le jeune homme se demandait pourquoi il ne mettait pas fin à ses jours. Sa vie ne rimait pas à grand-chose, après tout, et son état était pitoyable. Mais il savait qu'il ne pourrait le faire. Même si cette vie ne ressemblait en rien à une vie, il s'y accrochait. Il avait démesurément besoin de ressentir qu'il était encore en vie. Cet espoir de sortir, de vivre quelque chose, d'avoir un travail, d'aimer, de construire des amitiés, ne le quittait pas.
La dépression avait cela d'étrange. Elle était pleine d'espoir. De beaucoup de douleur, aussi, certes, mais… il y avait énormément d'espoir. L'espoir de s'en sortir et que tout s'arrange.
Pendant un très long moment, cet espoir l'avait quitté lorsqu'il avait accueilli le résignation, mais depuis… peut-être deux ou trois mois, à savoir le début de son sevrage, il avait de nouveaux eu les idées un peu plus claires. Cela avait un revers de médaille : avoir conscience de son état dans cet endroit était encore pire pour le moral.
Comment les médecins escomptaient-ils guérir les patients dans ces conditions ? Dès que l'état de certains s'amélioraient, les effets secondaires du sevrage ou le découragement les faisaient replonger.
Un véritable cercle vicieux.
Ivan finit la viande plus dure qu'une semelle trempant dans la sauce à l'odeur de vomi et décida d'arrêter là son repas.
Dire qu'ils avaient un vrai cuistot ici… on pouvait se demander où ils l'avaient recruté celui-là. Il n'était pas commode en plus. Une fois, une jeune fille, certainement sous l'emprise d'un traitement particulier, avait presque crié leurs quatre vérités aux gens alentours, et la cuisine de l'hôpital y était passé. Le cuisinier n'avait rien dit, mais Ivan avait clairement vu qu'il n'avait pas apprécié du tout. Mais bon, la jeune fille en question n'était restée « que » quelques « petites » semaines. Ce qui était bien suffisant pour marquer à vie…
Le jeune russe se rendit dans sa chambre afin de lire un peu. C'était la seule chose qu'il faisait pendant ses (rares) permissions : s'acheter des livres. Il n'avait pas trop le droit de sortir, néanmoins. Son TDI était dangereux pour la société, c'était ce qu'on avait décrété lorsqu'on l'avait enfermé dans cet endroit. Aussi, il était étroitement surveillé pendant ces permissions aussi rares que brèves.
Il avait le droit d'user de l'argent de son compte en banque, sur lequel Katyusha versait un petit peu d'argent tous les mois, mais ses achats étaient bien entendus surveillés. Un livre étant inoffensif, il avait le droit d'en avoir. Heureusement. Il aurait bien aimé avoir un ordinateur aussi, mais il n'en avait absolument pas les moyens. Il y avait toujours les journaux périodiques de la salle commune qui permettaient de se tenir informé de l'actualité du monde.
L'hôpital psychiatrique était comme un petit monde au milieu d'une ville.
Lorsqu'Alfred vint dans sa chambre, il avait bien avancé dans Le Seigneur des Anneaux. Un livre idéal pour un long séjour en hôpital… il l'avait déjà lu plusieurs fois. Le Russe appréciait la fantasy, ainsi que la science-fiction. Cela lui permettait de s'évader et de rêver, le monde normal n'était pas assez satisfaisant pour cela. Lire des livres parlant de choses imaginaires lui faisait du bien à l'âme. Et cela lui faisait vivre d'autres vies par procuration.
Quoiqu'il en soit, il ne réagit pas quand la porte s'ouvrit, absorbé par sa lecture.
Ce ne fut que quand un doux parfum de pâtisseries sorties du four vint chatouiller ses narines qu'il daigna relever la tête.
Alfred tendait un sac juste à côté de lui, avec un gentil sourire.
-Mon père habite près d'ici, je vous ai ramené des gâteaux qu'il a fait, ils sont délicieux !
-Vous vouliez vraiment me faire manger alors ? s'étonna Ivan.
Alfred prit un air presque outré à ces paroles.
-Vous pensiez que je plaisantais ? Je ne plaisante jamais quand on parle de nourriture ! s'offusqua-t-il.
Le docteur sortit deux tartelettes aux myrtilles, un croissant au beurre, des chouquettes et des meringues du sac.
-Il y a d'autres gâteaux plus gros mais je me suis dit que le plus petit d'abord serait plus facile à manger !
Ivan avait les yeux écarquillés. Il n'avait jamais vu autant de gâteaux faits maison d'un coup. Le père d'Alfred devait certainement être cuisinier, ou pâtisser, et en plus tout cela sentait drôlement bon. Le genre d'odeur que l'on hume le matin en passant devant une boulangerie.
Il ne pouvait pas s'empêcher de saliver et se retint de se jeter sur les gâteaux pour les dévorer. Civilisé, il devait rester civilisé, même si cela faisait une éternité qu'il n'avait pas eu de vraie nourriture prête à être mangée par lui.
Alfred rigola de son hésitation et lui tendit une chouquette. Le Russe aurait presque pu tourner de l'œil tellement l'odeur, qu'il avait fini par oublier, réveillait de vieilles sensations en lui. La gourmandise, l'appétit.
Il la saisit doucement.
-Cela fait si longtemps que vous n'aviez rien mangé d'autre que la nourriture d'ici ? souffla Alfred, stupéfié.
-Je préfère acheter de l'occupation que du plaisir éphémère les rares fois où je sors… répondit-il simplement.
Puis, il ferma les yeux et croqua dans la chouquette. La saveur se répandit dans tout son palais, sucrée, douce, agréable. La texture, le croquant du sucre… tout était parfait. Il en aurait eu les larmes aux yeux.
La main du médecin se posa sur celle, libre, de son patient.
-Je ne pensais pas que c'était à ce point… je pourrais vous amener des gâteaux et même d'autres choses plus souvent !
Ivan regarda la main posée sur la sienne lorsqu'il eut fini le gâteau. Ce contact doux faisait naître une chaleur agréable dans son ventre, chaleur qui monta jusque dans ses joues. Un silence s'était installé, et lorsqu'Alfred se rendit compte de ce qu'il faisait, il retira sa main, gêné, les joues rouges.
-H-hum ! Alors, c'est bon ? demanda-t-il.
-Très ! répondit Ivan. Votre père est pâtissier ?
-Entre autres ! Il tient un restaurant ! sourit Alfred. Ce n'est pas loin d'ici, du coup je me suis dépêché tant que c'était encore chaud, mais je pense que certains sont déjà refroidis…
Le jeune russe attaqua aussitôt l'une des tartelettes. C'était tellement bon que c'en était presque irréel. Il rêvait, d'ailleurs, non ?
Il mangea, sans rien dire, les gâteaux sortis par le Dr Jones. Ce dernier se contentait de l'observer, mais il reprit la parole lorsque la dernière meringue eut disparu dans l'estomac d'Ivan.
-Il vaut mieux s'arrêter pour l'instant, vous allez avoir mal au ventre sinon !
-D'accord… soupira Ivan. N'empêche je ne pensais pas que vous le feriez vraiment… déjà, avec le chocolat de la dernière fois…
Un chocolat qui n'avait rien eu à voir avec celui au goût de flotte qu'ils servaient tous les soirs à vingt heures d'ailleurs.
-Si vous voulez je pourrais vous en refaire ! Votre dossier indique que vous avez perdu énormément de poids depuis votre entrée ici… vous remplumer un peu ne serait pas un mal !
Pour appuyer ses paroles, il enfonça son index dans le ventre d'Ivan qui poussa un petit cri de protestation. Le blond partit dans un grand rire bruyant et le Russe soupira. Il ne put s'empêcher de sourire tandis qu'il tirait un baba au rhum du sac, regardant le médecin. Ce dernier réussissait l'exploit d'avoir l'âge mental d'un gamin et de posséder la maturité nécessaire à son métier. Voir ces deux éléments de sa personnalité cohabiter était assez amusant.
Alfred Jones rendait son quotidien dans cette prison bien plus vivant.
Je me rend compte que je parle pas mal de bouffe dans cette fic… mon côté gourmand prend le dessus je crois !
Quoiqu'il en soit, c'est la fin de ce chapitre. Peut-être qu'un autre le suivra. Si tout s'arrête définitivement, ce qui semble être de plus en plus le cas, je vous préviendrai, bien entendu… et je m'en excuse, vraiment.
Merci de votre lecture.
