Disclaimer : Les personnages d'Hetalia appartiennent à Hidekaz Himaruya, sauf Céline, OC qui apparaît dans ce chapitre. Elle n'appartient à personne d'autre qu'elle-même puisque c'est celle pour qui j'écris cette histoire !
Notes : Bonjour bonjour. Me revoilà en ce samedi pour poster la suite de cette fic, et je tenais, avant cela, à vous adresser un petit message.
Ma fic ne va pas s'arrêter. Elle atteindra son point final.
Vous voyez, l'écriture n'est pas une passion facile, ceux qui écrivent sauront certainement de quoi je veux parler. Il y a des moments de confiance et d'inspiration, des fois c'est tout le contraire. C'était le cas la semaine dernière et avant aussi. C'était à cause d'événements extérieurs aussi, enfin bref. Toujours est-il que j'ai repris du poil de la bête.
Tous ceux qui ont commenté pour me mettre des messages gentils, c'est en partie grâce à vous. Vous êtes vraiment adorables, compréhensifs… tout ce qu'un auteur, même amateur, pourrait rêver de mieux !
Vos reviews m'ont à la fois remotivée, et fait prendre conscience d'une chose : c'est vrai que j'ai le droit d'arrêter à tout moment, mais ça ne serait ni poli, ni respectueux pour vous qui me suivez et appréciez cette fic. Au moins pour vous, je vous promets de la finir et de poster régulièrement (sauf en cas de problème quelconque).
Et puis cette fic me fait du bien, et je l'écrit spécialement pour ma meilleure amie, et… je sais pas, ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi impliquée dans un écrit. Donc rassurez-vous, il y aura une suite, c'est une promesse que je ne briserai pas.
Quoiqu'il en soit, cette note est immense, alors je suis désolée mais je ne vais pas pouvoir répondre un par un aux guests adorables, mais je vais vous remercier du plus profond de mon cœur, oli-chan, vnqanjf (ça sent le nom tapé au hasard sur le clavier, eh eh :p ), Xiiorca. Merci également aux autres à qui j'ai pu répondre, et un merci tout spécial à Linsy qui commente fidèlement chacun de mes chapitres. Vous êtes tous des amours et je vous aime ! *instant bisounours*
Quoiqu'il en soit, je ne vais pas palabrer plus : bonne lecture à vous !
Chapitre 4 : Cette personne spéciale
Ivan ouvrit les yeux et son regard en croisa un autre, bleu, caché derrière des lunettes. Son cœur s'affola à toute vitesse et posa ses mains sur le bureau en face de lui pour repousser sa chaise loin. Ce faisant, la chaise bascula et lui avec, dans un grognement de douleur. L'homme blond se leva brusquement pour aller le relever, mais le Russe le repoussa mollement.
-Que… que… qui suis-je ? Où suis-je ? Qui êtes-vous ?
Son esprit était embrumé et il tenta de se débattre mais il se sentait lourd, lourd, lourd… deux mains le saisirent pour le remettre debout, puis la chaise suivit, et les mains se posèrent de nouveau sur lui, sur ses épaules, pour le faire s'asseoir.
L'homme était beau, il avait un visage jeune, une blouse blanche par-dessus une chemise blanche et un pantalon noir. La chemise était rentrée dans le pantalon et semblait de bonne facture.
Analyser des objets, ça il pouvait encore. Mais pourquoi y avait-il ce gouffre dans sa mémoire ? Qui était-il ? QUI ETAIT-IL ?
La panique se faisait sentir de plus en plus, montant insidieusement dans sa poitrine et dans sa gorge. Ses yeux commençaient à s'humidifier et sa respiration à s'accélérer, erratique. Plus inquiétant encore, il entendait une voix ricaner dans sa tête. Et l'étrange impression que ce n'était pas la première fois qu'il entendait cette voix…
Il croisait les bras sur sa poitrine, les yeux écarquillés, la panique menaçant de le submerger à tout moment, quand les deux mains furent de retour, sur ses joues cette fois. Il croisa de nouveau les yeux bleus.
-Calmez-vous, Ivan, c'est une amnésie temporaire, d'accord ? Tout va vous revenir, tout va bien, calmez-vous…
La voix était apaisante… Petit à petit, lentement, la panique disparut tandis que les souvenirs revenaient. Lui, Ivan, le médecin, Alfred. Sa maladie, l'hôpital… et là, ils étaient en consultation, son médecin et lui. Alfred avait parlé à son autre lui et puis… plus rien. Il ne savait absolument pas ce que son autre personnalité avait bien pu dire ou faire. Tout semblait être en état dans le bureau et le docteur être parfaitement calme, donc l'autre n'avait rien fait de mal. La voix ricanante de ce dernier disparu comme elle était venue. Avant l'hôpital, il se rappelait qu'il l'entendait bien plus, et au début aussi. La routine et le temps passé dans cet endroit l'avait réduit au silence bien que parfois elle revenait, pas très souvent.
Ivan laissa ses épaules s'affaisser alors qu'il rejetait la tête vers l'arrière, pointant son regard violet vers le plafond à la peinture blanche craquelée. Il inspirait et expirait profondément, essayant de retrouver un certain équilibre intérieur. Sentant un mouvement près de son champ de vision, il abaissa ses yeux, puis pris avec gratitude le verre d'eau que son médecin lui tendait. Le verre était froid, tout comme l'eau, qu'il but doucement. Le Russe sentit le liquide froid descendre dans son œsophage puis atteindre la région de son ventre et il soupira. Une chape de fatigue venait envahir ses membres. Le changement de personnalité avait été brutal, à cause de l'amnésie puis la crise de panique. Il détestait ça. Et perdre le contrôle de lui-même était incroyablement frustrant. Son corps et son cerveau lui appartenaient, pourquoi était-il incapable de les contrôler ?! Il avait l'impression d'être un pantin. Pas celui de son autre personnalité, mais plutôt le pantin de son propre corps. Ce dernier était comme une prison qui torturait son esprit. Encore. Et encore. Et encore.
-Que… quoi… commença-t-il.
Il déglutit en sentant sa langue fourcher, comme atteinte par sa propre fatigue.
-Qu'est-ce qui s'est dit ?
Alfred s'assit à son bureau sans le lâcher du regard puis croisa ses mains devant lui.
-Pas grand-chose. Je lui ai demandé ce qu'il voulait. Il dit qu'il agit comme une protection comme le monde extérieur.
-Je m'en doutais déjà… on parle souvent d'ange-gardien, le mien est plutôt un démon… soupira Ivan. Je n'arrive même pas en parler comme de moi-même…
-Parce qu'il n'est pas « vous ». Il est comme un autre vous. C'est une autre personnalité bien distincte. Vous savez, certaines personnes atteintes de Trouble Dissociatif de l'Identité donnent des noms à leurs personnalités. Comme si elles étaient des personnes totalement différentes. Et puis, c'est relativement rare de n'en avoir qu'une, d'ailleurs, vous ne vous en tirez pas si mal. La fusion sera plus facile.
-La fusion ?
Alfred fronça les sourcils et jeta un coup d'oeil au dossier d'Ivan, sous le regard perdu de ce dernier. Le médecin lut les notes des précédents psychiatres vus par le Russe, avant et pendant son internement et ses sourcils se froncèrent de plus en plus. Ivan passa sa main dans ses cheveux gris avant de poser son regard sur le docteur. Ce-dernier était concentré sur autre chose, ainsi il avait tout le loisir de le détailler. Ses traits étaient harmonieux, le patient aimait à les contempler. Avec un soupir, il pensa brièvement à son père. C'était une chose que celui-ci n'avait jamais accepté, son homosexualité.
Enfermé dans cet asile, c'était bien un élément qu'il ne regrettait plus. Le regard de son père, ses remarques… et le reste. Dommage qu'il eut fallu qu'il soit enfermé là-dedans pour se sentir libre d'aimer qui il voulait. Justement quand il n'y avait plus personne à aimer.
Jusqu'au moment où ce médecin était apparu, bien sûr. Aimer était-il un verbe juste, un sentiment correspondant à ce qu'il ressentait ? Ivan n'en était même pas certain. Mais la chaleur qu'il ressentait en lui rien qu'en le voyant sourire le rendait heureux. Cela lui suffisait. Il lui plaisait, ce bel Américain, peut-être que cela n'allait pas plus loin mais ça suffisait à le faire se sentir mieux.
-Vos précédents psychiatres ne vous ont même pas parlé de ça ? Grmbl… c'est une honte ! s'énerva soudainement Alfred.
Il tapota les papiers du dossier contre le bureau pour les remettre bien droit et ordonnés puis les reposa en soupirant.
-Voyez-vous, dans le traitement du Trouble Dissociatif de l'Identité, il ne s'agit pas de faire disparaître la ou les autres personnalités du patient, mais de les faire fusionner. Qu'il ne reste qu'une seule personnalité que vous pourrez contrôler complètement.
Ivan fronça les sourcils et grimaça.
-Comment ça ? Elle ne disparaîtra pas ? Mais je veux qu'elle disparaisse !
Aussitôt, l'autre Ivan chercha à se manifester et il se prit la tête entre ses mains, serrant ses mèches grises à s'en faire mal, crispant sa mâchoire. Le Russe posa son front sur la surface fraîche du bureau et, lentement, fit reculer l'autre lui dans sa tête. Il ne prendrait pas le contrôle en cet instant, il allait le maîtriser, oui oui oui. Se le répéter inlassablement durant ces moments où il parvenait à sentir que l'autre voulait prendre le contrôle aidait, parfois.
Lentement, son autre personnalité reflua et il put respirer de nouveau. Il laissa ses doigts se détendre tout en gardant la même position, yeux fermés.
Alfred posa une main sur son bras.
-Il ne vous laissera pas faire, Ivan. Alors que la fusion…
-M-mais… je resterai pour toujours… dangereux ? désespéra le patient.
-Bien sûr que non ! Votre autre personnalité est incontrôlable… et sa principale caractéristique est qu'elle est violente. Vous ne serez plus violent si vous la contrôlez.
Ivan resta silencieux. Il ne comprenait pas tout ce que ça impliquait. Mais au point où il en était, faire confiance à Alfred ne lui coûtait rien. Il n'avait rien à perdre… à part son médecin, justement, mais il avait la conviction que ce dernier ne le laisserait pas tomber.
Alors qu'Ivan buvait dans le verre presque vide, quelques coups légers retentirent à la porte. Le Dr Jones releva la tête.
-Oh… loin de moi l'idée de vous chasser, mais je crois que c'est l'heure d'une autre consultation… annonça Alfred, un peu gêné.
Ivan cligna des yeux, le temps que l'information parvienne à son cerveau, puis se leva.
-Bien sûr, je m'en vais, pardon d'être resté plus longtemps que prévu, s'excusa le Russe en soupirant.
-Ne vous en faites pas, je suis là pour vous aider.
Alfred se leva à son tour et contourna le bureau pour poser sa main dans le dos du plus âgé, afin de le raccompagner jusqu'à la porte. Il ouvrit celle-ci et Ivan crut reconnaître la jeune fille qui avait un jour fait un scandale en plein milieu de la salle à manger. Elle devait avoir aux alentours de vingt ans… c'était bien triste de la voir de retour ici, une personne si jeune… la vie était bien cruelle avec tout le monde. Même des enfants, parfois. L'innocence pouvait se perdre si vite…
-Ah, bonjour mademoiselle ! Vous venez de loin, juste pour une simple consultation ! sourit largement Alfred. Bien, je vous dit au revoir, Ivan ! Nous nous reverrons demain matin ! D'ici là, prenez soin de vous. Entrez, entrez mademoiselle !
La porte se referma sur l'adolescente et le médecin et Ivan soupira. Prendre soin de lui, hein ? Difficile de faire autre chose que végéter dans ce lieu…
Il se rendit donc dans sa chambre et s'installa sur le fauteuil près de la fenêtre pour continuer son livre. Seulement, il n'avait pas parcouru dix pages que la femme de ménage le chassait sans ménagement. Le matin, les patients étaient normalement autorisés à rester dans leurs chambres pendant que les employées faisaient leur travail, mais la plupart faisaient sortir les malades, sans prêter attention au fait qu'ils pouvaient présenter des réactions dangereuses.
Elles s'en fichaient, tant qu'on les laissait faire leur boulot, à vrai dire.
Le grand russe alla donc s'asseoir sur un banc près d'un petit bassin, à l'extérieur, puis il soupira.
Il avait, bizarrement, toujours eu l'impression d'être le seul patient d'Alfred. Et pourtant, c'était logique que non. Cela aurait été anormal que l'Américain ne s'occupe que d'un seul patient. La manière dont il s'occupait de lui semblait unique… finalement ça ne devait pas être le cas.
Cette pensée éveilla un pincement à son cœur. Penser que non, il n'était pas spécial pour Alfred lui faisait étrangement mal. Pourtant le médecin ne lui devait rien, ils ne se connaissaient pas en dehors de l'hôpital… il n'y avait aucune raison pour que le comportement du docteur soit différent envers lui.
Alors pourquoi ressentait-il cet espèce de sentiment désagréable ? C'était un mélange de tristesse et d'amertume. Et de la colère contre les autres patients du Dr Jones.
De la jalousie ? Possible. Il n'était bien bon qu'à ressentir les mauvaises choses, après tout. Le juge avait bien dit que son comportement destructeur… ce foutu juge.
Ivan posa ses coudes sur ses genoux afin de se prendre la tête dans ses mains. Il s'en voulait d'être ainsi… si seulement il avait pu être plus fort. Voilà où sa faiblesse l'avait mené. Dans cet asile. Et il jalousait les autres patients de son médecin. Pathétique.
Il resta un long moment à ressasser, sur ce banc, à s'auto-flageller. Il était si facile de se rabaisser soi-même plus bas que terre… et Ivan était passé maître dans cette discipline.
Sans qu'il ne s'y attende, quelqu'un posa avec hésitation une main sur son épaule. Lorsqu'il releva la tête, il s'attendait à voir son médecin. C'était, après tout, le seul à avoir ce genre de gestes envers lui.
Mais non. C'était la jeune fille qui était venue pour sa consultation avec le Dr Jones.
Il la contempla quelques instants. Elle avait des cheveux tombant un peu plus bas que ses épaules, bruns. Ses yeux étaient vert-marron, sa peau assez claire, elle était maquillée simplement : du noir autour des yeux, du rouge à lèvre rose sombre sur ses lèvres bien dessinées. Une belle jeune femme bien qu'il s'intéressait plutôt aux hommes. Et plutôt grande même si lui-même était immense. La jalousie revint. Elle était belle, peut-être pouvait-elle plaire à Alfred après tout.
-Bonjour. Ivan, c'est ça ? J'ai vu votre nom sur le dossier, dans le bureau du psy, déclara-t-elle.
Le Russe se redressa un peu, curieux. Que lui voulait-elle ?
-Bonjour, répondit-il.
Elle s'assit à côté de lui en faisant un petit sourire compatissant.
-Comment vous appelez-vous ? questionna-t-il.
-Céline. Vous êtes ici depuis combien de temps ?
Ivan soupira et haussa les épaules.
-Je ne sais même plus. Un bon moment. Plus que quelques mois.
-Aouch… je vous plains…
-Que me voulez-vous ?
La jeune femme resta silencieuse quelques instants. Elle n'avait pas l'air très sûre d'elle. Probablement de nature introvertie. La raison pour laquelle elle était venue lui parler le troublait un peu.
-Je sais pas trop. En fait, vous avez quelque chose. Je ne sais pas trop quoi… mais j'ai un peu vu le regard que vous avez lancé à ce psy, là… Jones. Cet endroit craint, je le sais alors que j'y suis restée que quelques semaines, sérieux. J'aurais bien aimé avoir quelqu'un comme lui, alors, accrochez-vous, hein ? Je sais pas ce que vous avez ou qui vous a mis là mais juste… accrochez-vous. Je suis sûre que vous comptez pour ce psy, ça se voit dans son regard à lui. Vous avez de la chance. Profitez-en… tout le monde ne l'a pas. D'accord ?
Ivan, choqué par ce petit discours, ne trouva rien de mieux à faire que hocher la tête, les yeux un peu écarquillés.
La jeune femme se leva, lui sourit de nouveau, un peu hésitante, puis s'en alla en lui jetant un dernier regard et en agitant un peu sa main à son intention.
Le jeune homme ne la connaissait ni d'Eve ni d'Adam, mais, étrangement, elle lui avait redonné confiance. Pendant un bon moment, sous le soleil, il ressassa ce qu'elle lui avait dit et pensa à Alfred, aussi.
Puis, il se leva afin de rejoindre l'intérieur du bâtiment. Silencieusement, il adressa une pensée à la jeune femme, Céline. Qu'elle puisse trouver, comme lui, quelqu'un en qui croire, quelqu'un qui lui donne aussi l'envie de vivre et qui lui donne l'espoir que tout finisse par s'arranger.
C'est donc la fin de ce chapitre ! J'espère qu'il vous aura plu, le prochain mettra en scène deux nouveaux personnages. Pour vous donner un indice, le titre de ce chapitre sera « Pour l'amour d'un frère, pour l'amour d'une sœur ». C'est pas du tout gros comme une maison ! N'hésitez pas à me faire part de vos hypothèses dans les reviews, eh eh. :3 Je vous dis donc à samedi prochain… ou avant. D'ailleurs dites-moi : préférez-vous que je poste à un jour précis de la semaine ? Je suis libre de poster n'importe quand, donc si vous vous préférez le mercredi par exemple, plutôt que le samedi… je suis toute ouïe !
A la prochaine !
