Disclaimer : Les personnages d'Hetalia appartiennent à Hidekaz Himaruya.

Notes : J'ai honte, je suis en retard de deux jours pour la publication de ce chapitre... je n'ai pas pu poster samedi parce que je n'étais pas là, et hier, j'ai COMPLETEMENT oublié... du coup, voici le chapitre et mes plus plates excuses ! J'espère qu'il vous plaira. Normalement il ne devait pas avoir cette configuration et j'ai ajouté des trucs pas prévus... mais il me plaît parce qu'il m'a permis de parler de la famille d'Ivan, et de glisser un élément de l'intrigue d'apparence totalement banal qui sera important plus tard... :3

Bonne lecture à vous !


Chapitre 5 : L'amour d'un frère, l'amour d'une sœur

Katyusha alluma le contact de sa voiture en soupirant. Son frère lui manquait... il ne se passait pas un jour sans qu'elle pense à lui, sans que quelque chose lui rappelle son petit Ivan. Il lui manquait. Bien qu'au fond, elle ne sache pas trop ce qui était le pire entre l'asile ou la maison familiale.

Mais tout de même. Il n'avait personne, pas grand chose pour s'occuper et ne pouvait pas sortir. Les larmes lui montèrent au yeux en pensant à tout cela. Elle regrettait tellement de ne pas pouvoir aller le voir ne serait-ce qu'une fois par semaine !

Il allait être temps de voir si l'argent qu'elle avait économisé longuement sur son compte pouvait lui permettre de faire un plein d'essence pour aller le voir dans cet hôpital. Cela devait faire presque un an qu'elle n'avait pas pu y aller... Natalya avait eu un rendezvous chez un ostéopathe à cause d'un problème de dos et Katyusha avait été obligée de prendre sur ses économies pour payer la consultation. Sa sœur s'était bien remise, mais cela avait augmenté le temps qu'allait mettre l'aînée à pouvoir aller voir son frère...

Elle n'avait pas d'autre choix, en même temps. Leur père lui donnait juste assez d'argent pour faire le trajet jusqu'à son travail, et il lui prenait tout son salaire.

La seule et unique chose qui lui permettait d'économiser, c'était les pourboires. La jeune femme était serveuse dans un restaurant et seul son argent et les aides versées à son père leur permettait de vivre. Ils avaient un petit budget pour les soins psychiatriques de Natalya, un jardin potager entretenu par la plus jeune et l'aînée allait à pied à des organismes caritatifs pour la nourriture ou les vêtements. Leur vie était difficile mais ils survivaient. Le pire était les factures d'eau, d'éléctricité, et du loyer, mais en économisant énormément les deux premières denrées, ils parvenaient à payer.

Leur père avait beau boire beaucoup trop et ne pas parler un mot de français, il avait un certain sens de la gestion de leur argent. Katyusha avait cependant bataillé pour qu'il accepte de verser un petit peu d'argent sur le compte de son fils.

Natalya devait néanmoins payer seule ses études à l'Ecole de l'Opéra de Paris et ses billets de train. En effet, être interne là-bas coûtait bien trop cher, aussi elle rentrait tous les jours. Elle faisait divers petits boulots étudiants et, quand elle avait pu tout payer et qu'il lui restait un peu d'argent, elle le donnait à sa grande sœur.

La jeune femme souffrait de schizophrénie, bien que sa guérison semblait de plus en plus proche. Son trouble psychiatrique l'avait poussée à avoir des hallucinations visuelles et auditives, selon ses dires des voix la poussaient souvent à faire diverses choses, et cela l'avait conduite à manifester un intérêt dangereux pour son grand frère. En effet, Natalya avait fini par être persuadée qu'elle devait épouser Ivan à tout prix. Ce comportement obessionnel compulsif l'avait rendue dangereuse pour lui. Cependant, depuis qu'elle était dans cette université qui lui demandait beaucoup de travail, de concentration et de maîtrise de soi, elle allait mieux. Sa passion était dure à suivre mais elle lui faisait beaucoup de bien.

C'était déjà un souci qui s'amenuisait pour Katyusha.

Rapidement, elle se gara devant l'immeuble où ils habitaient et monta jusqu'au troisième étage, péniblement. Son mal de dos dû à sa poitrine imposante était un calvaire.

Heureusement, son père était endormi sur le canapé, une flasque de vodka à la main. La jeune femme de trente-et-un ans posa ses clés de voiture sur la table basse devant lui et alla dans sa chambre, qu'elle partageait avec Natalya. Les deux lits étaient presque collés pour économiser la place de la petite pièce où il y avait également une commode à vêtements. Une petite table avec l'ordinateur familial était dans un coin du mur, elle s'y installa et l'alluma afin de consulter le montant de son compte bancaire.

La jeune femme afficha un sourire soulagé. Encore quelques petites économies et elle pourrait aller rendre visite à Ivan.

oOoOoOo

Alfred soupira et passa l'une de ses mains dans ses cheveux blonds. Il avait des papiers urgents à remplir, qui n'avaient rien à voir avec son métier et tout à voir avec des factures et autres joyeusetés. Puisqu'il était en retard, il avait emmené ça dans son bureau, à l'hôpital. Il n'avait pas une mauvaise paye, au contraire, mais il vivait seul et avait quelques... dettes à payer. En bref, son humeur n'était pas terrible. Il jeta un coup d'oeil sur la partie de Poker en ligne qui l'attendait, puis se reconcentra sur les papiers.

Quelle plaie...

Il décida de sortir un peu pour se changer les idées. L'atmosphère de l'hôpital l'étouffait parfois. Les patients y étaient si peu considérés comme des humains... lui qui adorait aider les gens, il se trouvait surchargé par ses vélléités de héros. Et puis, il ne pouvait pas prendre en charge tous les patients.

Heureusement, Alfred s'occupait d'Ivan. Le jeune américain s'occupait tout de même de nombreux malades mais Ivan... était particulier. Il ne savait pas pourquoi, mais il aimait beaucoup passer du temps avec lui. Le Russe l'intéressait, et il l'appréciait réellement. Alfred brûlait d'en savoir plus sur lui, voire même de devenir ami avec lui. Après tout, pourquoi pas ? Dans un autre contexte, cela aurait tout à fait pu être possible...

Ce qu'il savait d'Ivan, c'était ce que ce dernier lui montrait et lui disait et ce qui était écrit sur le dossier : sa situation familiale, ses études, les raisons de son internement... rien sur le Russe en lui-même.

Alfred allait s'apprêter à aller sur le chemin de randonnée quand quelqu'un lui tapota l'épaule. L'Américain se retourna, pour rester bouche-bée, les yeux écarquillés.

-Bonjour Al !

-M... Mattie ?!

Sans réfléchir, le médecin sauta au cou de l'homme dont le visage ressemblait tant au sien. Ce-dernier l'étreignit avec force et un sourire doux, ses yeux violets cachés derrière des lunettes exprimant un sentiment d'amour comme seuls les frères en sont capables.

-Oh my goooooood ça fait tellement longtemps que t'étais pas revenuuuuuuu ! s'exclama Alfred.

Il posa ses mains sur les épaules de son frère jumeau, Matthew, des étoiles dans les yeux.

-Tu vas bien ? Papa et Daddy savent que tu es revenu ? demanda-t-il joyeusement.

-Oui, merci, le voyage était un peu long mais ça a été... et non, je comptais leur faire la surprise avec ton aide ! répondit l'autre sur un ton posé.

Alfred sautillait légèrement, extrêmement heureux de revoir son frère, auquel il était très attaché.

-Alooors, le Canada te lasse toujours pas ? sourit-il largement.

-Non ! Et j'étais en Russie, là ! Je collaborais avec un Parc Naturel !

Une lumière s'alluma dans les yeux d'Alfred au mot « Russie », et il pensa immédiatement à Ivan. Matthew remarqua immédiatement que les yeux d'Alfred avaient une lueur différente et cela le fit sourire.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Y'a un truc particulier avec la Rus... ooooooh si je me rappelle ! Tu as un patient Russe !

Le sourire taquin de Matthew fit réagir Alfred qui lui donna une petite bourrade dans l'épaule.

-Je suis juste content de te revoir ! J'apprécie beaucoup Ivan mais c'est juste mon patient !

-Tu parles pas autant des autres...

-Parce qu'Ivan est plus conscient qu'eux, rien que pour avoir une discussion c'est plus facile ! Arrête un peu de t'imaginer des choses, chouina Alfred. Et puis toi, tu te faisais pas draguer par un allemand ?

Les joues de Matthew prirent une belle teinte écarlate et il détourna son visage empourpré. Alfred eut un large sourire et se pencha vers son jumeau, les mains dans son dos.

-Oh oh, plus que draguer on dirait !

-G-Gilbert et moi sommes seulement bons amis ! I-il est ornythologue et il y a pas mal d'espèces à étudier au Canada !

Matthew était zoologiste au Canada, il était spécialisé dans la faune canadienne, et surtout les ursidés. Les ours polaires étaient sa préoccupation principale, il oeuvrait avec des associations pour trouver un moyen de préserver l'espèce. Il était amené à côtoyer d'autres personnes qui faisaient des recherches ou bien étudiaient les animaux dans le secteur dont il s'occupait. Gilbert s'intéressait aux oiseaux et était venu d'Allemagne pour étudier un peu les espèces canadiennes. C'était un albinos d'une trentaine d'années, un peu plus vieux que Matthew, son opposé total niveau caractère.

Le jeune homme en avait tellement parlé à son frère durant leurs séances à la webcam qu'Alfred voyait bien qu'il y avait anguille sous roche.

Qu'il était bon de revoir son frère qu'il adorait, et oublier un peu tous ses soucis ! Il aurait pu rester là, avec lui, des heures durant. Cependant, il avait à faire, hélas. Alfred invita son frère à le suivre pour ses visites du matin et de rester devant la porte à chaque fois. Matthew n'avait pas grand chose de mieux à faire en attendant midi, l'heure à laquelle ils avaient convenu de faire une surprise à leus pères.

-Tu commences par qui ? demanda innocemment Matthew.

-Ivan, son nom est en tête de liste ! sourita Alfred.

Le blond aux yeux violets ne préféra pas commenter et le suivit en silence. Une belle jeune femme attendait devant la porte fermée. Elle avait de grands yeux bleus, des cheveux courts, blond pâle, ornés d'un serre-tête gris. Elle était légèrement maquillée, portait une chemise blanche et une veste du même gris que le serre-tête, ainsi qu'un pantalon blanc. Cette jeune femme avait une très opulente poitrine qui fit hausser un sourcil surpris à Alfred qui n'en avait jamais vu de pareils.

Cependant, il ne put que constater la ressemblance entre son patient et la belle blonde se trouvant devant lui. Il ne faisait aucun doute qu'elle était la grande sœur mentionnée dans le dossier du grand slave.

-Bonjour, madame, mademoiselle... ?

-Mademoiselle, sourit-elle. Je suis Katyusha Braginski, la sœur aînée d'Ivan !


Ivan remua au contact chaud sur sa joue. Son sommeil était très agité à cause d'un cauchemar, et une source de chaleur sur cette partie de son visage venait de l'apaiser comme par magie... son coeur battait plus doucement, ses muscles étaient moins crispés et son souffle était apaisé.

Il ne tarda pas à papillonner les yeux et à revenir à la réalité, pour plonger ses iris violets dans deux yeux bleus. Un bleu différent de celui de d'habitude.

Ivan se redressa avec difficulté, le coeur battant.

-K-Katyusha... souffla-t-il.

-Mon chéri... lui répondit-elle, les yeux embués, lui caressant tendrement la joue.

Le grand russe ferma les yeux à ce doux contact et laissa sa grande sœur lui caresser la joue durant quelques secondes. Il finit par poser sa main sur la sienne et rouvrir les yeux.

-T-tu... tu m'as manqué, Kat, avoua Ivan, les larmes aux yeux.

Alfred, derrière, fut touché. Il n'avait jamais vu Ivan avec une telle expression sur le visage. De toute évidence, il aimait énormément sa sœur.

Pour Ivan, cela représentait beaucoup. Katyusha s'était occupée de lui dès la mort de leur mère, comme leur père ne l'aurait jamais fait. Il l'avait protégée, elle l'avait aidé à s'évader en l'emmenant jouer dans des endroits en pleine nature... et elle avait été la seule à le croire, dès le début, quand il parlait de son autre lui. Pendant des années, Ivan avait répété qu'il n'était pas « seul » dans sa tête. Les autres gens lui avaient dit que c'était des bêtises, qu'il était un garçon adorable et qu'il n'était pas objectif.

Elle, elle avait bien vu que ça n'allait pas. Elle l'avait aidé du mieux qu'elle pouvait. Et quand Ivan avait eu besoin de son aide, lorsque son entrée en hôpital psychiatrique devenait de plus en plus imminente, elle n'avait pas hésité à mentir à la justice. Cela n'avait, hélas, pas suffit.

-Tu me manques sans arrêt, Vanya... soupira-t-elle tristement. J'aimerais pouvoir venir te voir au moins une fois par semaine...

-Ne t'en fais pas grande sœur, lui sourit-il gentiment. Je sais comment ça se passe à la maison. Comment va Natalya ?

-Bien mieux, répondit-elle. Vivre sa passion lui fait beaucoup de bien !

Ivan baissa leur deux mains mais garda celle de sa sœur dans la sienne.

-Tant mieux alors. Je voudrais bien te demander de lui dire que je l'embrasse, mais...

-Oui. Ce n'est pas encore faisable... elle a toujours des crises. Mais moins violentes et de plus en plus espacées. Mais je suis ici pour toi ! Comment tu te sens mon chéri ?

Alfred s'avança timidement lorsqu'Ivan lui jeta un regard éloquent.

-Je vais mieux, je crois, sourit Ivan.

-Oui, en effet, osa Alfred. L'état de votre frère s'améliore, son traitement est moins lourd et je suis même en train de négocier pour qu'il puisse avoir des permissions !

Ivan le regarda avec des yeux écarquillés. Il n'avait jamais entendu parler de ça, lui ! Le Dr Jones lui adressa un grand sourire qui lui donna une sensation bizarre à l'estomac et une boule de chaleur dans le ventre.

-C'est que... je ne peux pas vraiment rentrer chez moi... intervint le Russe.

-Oh, oui, je sais... mais rien que sortir d'ici vous ferait un bien fou, croyez-moi ! assura le médecin. Je suis certain que vous pourrez trouver un moyen de voir votre famille d'une manière ou d'une autre.

Ivan, trop ébahi par cette nouvelle, ne put qu'hocher la tête, tandis que son aînée lui caressait doucement les cheveux, attentive aux paroles du médecin.

C'est ainsi que le Russe repéra le jeune homme à la porte, qui ressemblait tellement à son médecin qu'il eut tout d'abord l'impression que ce dernier s'était dédoublé. Puis, il remarqua les différences et compris qu'il avait face à lui le frère, probablement jumeau, d'Alfred Jones.

Ivan ne put s'empêcher de sourire dans le vide. C'était une drôle de coïncidence qu'ils rencontrent le frère ou la sœur l'un de l'autre au même moment.

Le Russe se sentait bête de penser ça, mais cela lui donnait l'impression d'un lien invisible les reliant tous les deux, comme si quelque part, ils étaient liés. Cette idée lui plaisait beaucoup.


Ce chapitre est donc terminé, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, on se retrouve lundi prochain pour la suite !