Disclaimer : Les personnages d'Hetalia appartiennent à Hidekaz Himaruya.

Notes : Pfiou. Il en aura mis du temps à venir ce chapitre. Je tiens à vous demander pardon pour ce retard... d'une semaine je crois ? Diantre. u_u

Je savais quoi écrire, mais je n'arrivais tout simplement pas à mettre les mots sur le fichier texte. J'ai tenté de me forcer plusieurs fois mais... rien à faire. Mais bon ! Quoiqu'il en soit, le chapitre est là et bien là, et je vous demande encore pardon pour l'attente !

J'espère, en tout cas, qu'il vous plaira !

Bonne lecture à tous !

Réponse à Zbz : Je suis ravie que le PruCan (un de mes OTP aussi ! :D) te plaise ! Et je suis encore plus heureuse que l'histoire en général te plaise, d'ailleurs ! Pour la famille d'Ivan, ce sera un peu plus tardif, mais on va bientôt voir une autre famille. :3

Et... désolée, mais comme tu le vois, je suis grave en retard. ;w; Désolée. TwT


Chapitre 6 : Comme une évasion

Voir sa grande sœur faisait à Ivan un bien fou. Elle représentant toute la douceur qui lui manquait dans cette prison, toute cette attention, la sensation de se sentir exister et d'être important aux yeux de quelqu'un. Alfred ne pouvait pas lui apporter cela puisqu'il n'était pas son seul patient. Katyusha était là, là pour lui et uniquement pour lui. Si seulement Natalya n'avait pas hérité elle aussi de troubles psychiatriques… ou plutôt, si seulement leur enfance et leur adolescence avait été un peu plus agréable !

Le frère et la sœur décidèrent de sortir marcher un peu dehors, sous le soleil matinal.

Katyusha déplorait le fait que son frère soit enfermé en ce lieu. La jeune femme aurait tant aimé savoir son petit frère en liberté.

-Tu n'as toujours pas d'amis ici ? soupira-t-elle.

-Da… même s'il y a ce médecin qui est très gentil… répondit Ivan.

-Tu parles du blond de tout à l'heure ? sourit la jeune femme.

-Oui. Il s'appelle Alfred, sourit lui aussi le slave.

Son sourire était si rêveur que le cœur de Katyusha se réchauffa. Ainsi, son petit frère avait trouvé quelqu'un en qui croire. Quelqu'un à aimer. Cela ne faisait aucun doute dans son esprit. Elle l'avait quasiment élevée seule à la mort de leur mère, vu la présence absente de leur père. Elle ressentait ces choses-là, comme une grande sœur, comme une seconde mère.

-Je vois… je suis heureuse que tu l'apprécies ! Il a l'air très gentil.

-Il l'est, vraiment ! Je n'avais pas encore rencontré de médecin comme lui ici… normalement, ils sont tellement désabusés qu'ils en deviennent mesquins, voire méchants.

-En tout cas, si c'est lui qui te permets d'aller mieux, alors j'en suis heureuse !

Katyusha serra la main de son frère dans la sienne et lui sourit tendrement. Ce dernier lui rendit son sourire. Il était vrai que son autre lui se manifestait moins, qu'il ne se trouvait plus dans les vapes à cause des médicaments, et qu'il se sentait plus vivant, désormais.

Si seulement tout cela pouvait durer et s'arranger… pour toujours. Il pourrait alors sortir d'ici et essayer tant bien que mal d'avoir une nouvelle vie.

-Tu trouves que je vais mieux… juste en me regardant ? demanda-t-il.

-Oh, oui ! Mis à part la dernière fois que je suis venue où tu dormais, avant tu avais le teint terne, les yeux fixés dans le vide… cernés même… et tu as même repris du poids je trouve, et c'est bien ! Tu es plus souple dans tes mouvements aussi, tu parles clairement. Vraiment, je trouve que physiquement, ton état s'est amélioré ! Alors je suppose que psychologiquement aussi !

Ivan acquiesça. Ils marchèrent encore pendant un long moment, Katyusha lui parlant de leur petit sœur, et Ivan lui racontant quelques anecdotes et lui parlant d'Alfred. Plus il en parlait, plus il se rendait lui-même qu'il tombait… amoureux. Réellement amoureux. Ce n'était pas tant par des réactions physiques qu'il s'en rendait compte, mais plus par le fait qu'il pouvait parler de lui pendant des heures sans s'arrêter, à dire à quel point il comptait pour lui. Au fait que ses yeux bleus le hantaient. Au fait aussi qu'il s'attendrissait d'un rien quand Alfred faisait quelque chose… et il faisait souvent des choses attendrissantes.

Il pensait toujours à lui et il avait constamment envie de se rapprocher physiquement de lui, juste pour lui toucher la main ou autre…

Cependant, Ivan n'arrivait pas à considérer cela comme une malédiction, quelque chose qui allait juste le faire souffrir. Au contraire, même si c'était un amour à sens unique… aimer lui faisait du bien. Sentir son cœur battre dans sa poitrine, réagir au contact de quelqu'un… il se sentait vivant.

Lui qui ne se croyait pas capable d'aimer de cette façon, cela lui faisait beaucoup de bien. C'était comme un espoir, une motivation, une étoile qui le guidait.

Le tout était de ne pas perdre cette étoile de vue.

oOoOoOo

La sœur d'Ivan était repartie, en versant quelques larmes. Ivan avait eu du mal à empêcher les siennes de couler mais avait tenu bon. Il devait se montrer fort, surtout en évoluant dans un petit univers tel que celui-ci.

Katyusha lui avait promis d'essayer de trouver des moyens de venir plus le voir. Il ne voulait pas être un poids ou une obligation pour sa sœur mais il n'avait pas protesté. Sa petite sœur lui manquait aussi beaucoup, il savait qu'elle, pourrait venir le voir, car elle était extrêmement obstinée et parvenait toujours à ses fins, mais ils n'en avaient pas le droit. Aussi, il espéra que si son état s'était amélioré, elle guérirait vite.

Les jours continuaient de défiler, se ressemblant toujours autant, mais ayant une saveur différente, grâce à Alfred. Le jour où Ivan allait pouvoir vraiment sortir de sa prison approchait à grand pas. Il allait pouvoir aller plus loin que la librairie à dix mètres de là, escorté par un policier…

Le jour J était un mercredi ensoleillé du début du mois de septembre.

Malgré les protestations d'Ivan qui ne voulait pas l'embêter encore plus, Alfred décida d'accompagner son patient pour tout le temps de la permission.

Ivan tremblait un peu lorsqu'il posa un pied dehors. Il observa la rue. Il n'était jamais allé plus loin qu'elle depuis son arrivée à l'asile. Cinquante mètres plus loin… pas l'inconnu, mais presque. Une forme de liberté. Comme une évasion.

Sans s'en rendre compte, Ivan saisit la main du médecin. Ce dernier rougit, mais au tremblement de la paume, il comprit que le Russe avait besoin qu'on l'accompagne.

Un pas après l'autre. Tout doucement.

Ivan fut obligé de s'arrêter au coin de la rue. Il était sorti de l'endroit étriqué où il vivait depuis… depuis… oh, il ne voulait plus savoir depuis combien de temps il était enfermé.

Tout ce que souhaitait le grand slave, c'était de profiter de sa liberté. Jamais il n'aurait imaginé pouvoir sortir, même pour une permission.

Alfred posa sa main sur son épaule.

-Vous allez bien ? demanda-t-il.

-O-oui… il faut juste que… enfin…

-Ne vous en faites pas, je comprends, lui dit doucement le blond. Prenez votre temps.

Quand Ivan se fut un peu habitué et eut respiré un bon coup, il rougit en se rendant compte qu'il avait pris la main d'Alfred, et la lâcha en marmonnant une excuse.

-Ahahahahah ! s'exclama l'Américain. Ne vous en faites pas ! Je comprends que ça doit être un choc !

Alfred voulu l'entraîner dans un parc mais le Russe protesta. Celui de l'asile, il l'avait parcouru des milliers de fois, il avait envie de voir d'autres choses. Des gens, la ville, du bruit, des odeurs, il lui fallait de l'activité, et non pas la vie aseptisée de son actuelle demeure.

Le médecin accepta en souriant et l'entraîna dans l'une des rues principales de la ville. Le slave fut abasourdi. Les bruits de la ville ne parvenaient pas trop jusqu'à l'hôpital et le tintamarre que faisaient les véhicules le surpris. Cela, il ne s'en était plus rappelé, mais il sourit malgré lui. Trancher le silence faisait du bien.

Ils marchèrent quelques instants sans mot dire. Ivan essayait de s'imprégner de cette liberté nouvelle.

Soudain, Alfred se mit à chanter bruyamment, ce qui le fit sursauter.

-Libérééééééééééé ! Délivréééééééé ! Je ne déprimerai plus jamaiiiiiiiiiiiis !

Il éclata de rire lorsqu'Ivan le dévisagea avec des yeux ronds.

-Oh, sérieusement, ils devraient passer des films à l'hôpital ! C'est la chanson d'un des derniers Disney ! Enfin je l'ai arrangée, là ! J'adore les Disney !

Ivan ne put empêcher de faire naître un sourire sur ses lèvres. C'était si puéril… et si mignon à la fois. Un homme qui gardait son âme d'enfant… cela lui plaisait vraiment beaucoup.

-Faut trop que je te montre ce Disney et…

Alfred s'interrompit et se mit à rougir. Le slave haussa ses sourcils devant cette réaction surprenante. Avait-il, lui, fait quelque chose de mal ?

Puis soudain, il comprit. Alfred l'avait tutoyé ! Il sourit largement.

-Ça ne me dérange pas si on se tutoie, hein !

-V-vraiment ? J'ai du mal à vouvoyer… soupira-t-il en se grattant la nuque. J'ai un père français mais il parle aussi l'anglais et même si j'ai appris les deux langues… ben en anglais on vouvoie pas et je trouve ça mieux ! Je trouve que ça met tout le monde sur un pied d'égalité !

Il ponctua sa petite tirade par un immense sourire. Le slave ne répondit pas tout de suite. Il trouvait cette façon de penser sympathique.

Une sonnette d'alarme s'alluma dans son esprit, et en grimaçant, il plaqua sa main sur son visage. Ivan sentait que son autre lui essayait de sortir. Ce rapprochement ne lui plaisait pas. Il avait peur. Peur de s'attacher et de souffrir. Là où Ivan en lui-même essayait d'espérer et d'avancer, son autre personnalité était terrorisée par le changement.

Alfred le contempla avec inquiétude et s'affola devant les larmes qui commençaient à couler. Les yeux violets d'Ivan étaient inondés. Magnifiques mais tristes.

-Q-qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit une bêtise ?

-N-non… c'est juste que… j'ai vraiment envie de changer, d'avoir des amis un jour… mais… mon autre moi… il est toujours moi quand même… et cet autre moi refuse… je veux changer ! Mais… si à cause de lui… de moi… je n'en étais pas capable ? Jamais ?

Les mains fraîches du médecin vinrent se poser doucement sur les joues du grand Russe. Ce dernier planta son regard améthyste dans celui, océan, de son vis-à-vis.

-Tu veux changer alors tu y arriveras. D'accord ? Moi, j'ai confiance en toi. Depuis le début !

Ivan sécha ses larmes et tenta de faire un petit sourire. Que quelqu'un ait confiance en lui lui donnait de l'espoir.

-Et puis, ce n'est pas le sujet du jour, d'accord ? Aujourd'hui, c'est FREEEEEDOM !

Sans plus tarder, il chopa le bras d'Ivan pour le faire parcourir la ville. Le Russe, surpris, se laissa entraîner sans protester. Alfred lui fit visiter les jolis endroits toute la matinée et le fit entrer dans des boutiques de nourriture, de livres, ou bien dont sortait d'agréables parfums. Ivan était parfaitement conquis et arborait un sourire. Comment allait-il faire pour continuer à vivre à l'hôpital en sachant que toute cette vie l'attendait à l'extérieur.

Sa déprime du début avait fait place à une détermination plus forte. Il ferait tout pour gagner et intégrer la vie normale. Même si les obligations d'adultes et le travail n'étaient pas une partie de plaisir. Après tant de temps enfermé, remplir des factures et côtoyer des gens, aussi désagréables soient-ils, ne lui faisait plus peur comme cela avait été le cas dans le passé.

Lorsque l'estomac d'Ivan gargouilla, l'Américain sembla subitement encore plus énergique, si cela pouvait être possible.

-Tu as faiiiiiiiiiiim ? s'exclama-t-il.

-Oui… avoua Ivan.

Alfred était bien plus énergique et enfantin en dehors de l'hôpital, et décidément, il adorait ça. Il devait même se retenir de ne pas sourire à tout ce que le blond faisait, sinon il allait finir par avoir une crampe aux joues…

-Aloooooors… je t'emmène au MCDONALD'S ! s'exclama-t-il en levant un poing victorieux.

Une nouvelle fois, le slave se laissa entraîner par la poigne, plus forte qu'il ne le pensait, de son médecin et, éventuellement, nouvel ami.

Ivan connaissait la célèbre enseigne mais n'y avait jamais mangé. Son père, fervent communiste, aurait renié ses enfants s'il avait appris qu'ils y avaient mis les pieds. Mais à présent, Ivan s'en contrefichait. Il était même curieux, pour tout avouer.

Alfred passa commande pour lui puisque le jeune homme ignorait commander, devant tant de choix. Cela le perturbait presque, lui qui avait l'habitude d'un seul repas insipide. Et il faisait confiance au médecin.

Puis, le temps étant bon, les deux hommes allèrent s'installer à la terrasse. Il était un peu plus tôt que midi, aussi il n'y avait pas encore grand monde dans le fast-food.

Ivan contempla le hamburger et les frites, sans savoir quoi goûter en premier. Imitant Alfred qui lui faisait face, il saisit le premier et en prit une bouchée.

Malgré le fait que les gâteaux maisons du père d'Alfred que ce dernier lui apportait parfois étaient excellents, tout comme le souvenir qu'il avait de la cuisine de sa sœur… son premier repas en extérieur était bon.

Bien plus bon que ce qu'il mangeait habituellement, en fait. Il dévora très rapidement tout le hamburger, et les frites au ketchup suivirent, de même que le soda et la glace finale.

Même Alfred, rapide mangeur, en fut bouche-bée.

-T-tu… tu avais faim à ce point-là ?

-C-c'est surtout que je n'avais pas mangé d'autres repas que ceux de l'hôpital depuis longtemps…

Alfred voulut lui commander d'autre nourriture mais Ivan refusa. Il ne voulait pas se rendre malade et se sentait bien calé. Ils discutèrent alors paisiblement. Le tutoiement subit paraissait étrange au jeune russe, mais il savait qu'il finirait par s'y habituer. Le fait d'avoir un ami -il le considérait comme tel- le rendait heureux.

La moitié de l'après-midi avait déjà filé lorsqu'ils sortirent du fast-food. Ivan ne s'était même pas rendu compte qu'ils avaient tant parlé. Il aimait tellement la voix de l'Américain, aussi…

Alfred décida de l'emmener dans une grande librairie indépendante, connaissant son amour pour la lecture.

Ivan avait de telles étoiles dans les yeux devant les ouvrages qui lui plaisaient que l'Américain craqua et nota tous les titres sur lesquels son patient avait manifesté un réel intérêt, en douce, dans le but de les lui offrir plus tard quand il ne pourrait pas protester. Ivan fut déjà gêné qu'il tienne absolument à lui offrir Le Silmarillon de J.R.R Tolkien. Lui-même s'offrit un livre de science-fiction, l'intégrale de Fondation d'Isaac Asimov. Son maigre budget le lui permettait. Deux livres épais seraient parfaits pour passer le temps.

Lorsque la lumière du jour commença à décliner, le bon moral d'Ivan fondit, ce que remarqua Alfred. Ce dernier lui offrit un joli sourire.

-Tu sais, les permissions durent le temps qu'il faut pour que les patients puissent rentrer un peu chez eux, pour y dormir…

Le slave le regarda sans comprendre. Alfred savait très bien qu'il ne pouvait pas… et ne voulait pas vraiment retourner chez lui. Même s'il ne lui avait pas expliquer pourquoi il ne « voulait » pas.

-Je veux dire… mes parents sont super cool, et mon frère aussi ! On pourrait t'héberger pour un soir !


Voilà ! J'espère que vous avez apprécié ce chapitre ! La semaine prochaine (si tout se passe bien, uh TwT), la FACE Family apparaîtra enfin dans sa totalité ! o/

A la prochaine, n'hésitez pas à laisser vos avis !