Disclaimer : Les personnages d'Hetalia appartiennent à Hidekaz Himaruya.

Notes : Bonjour à tous ! Tout d'abord, je vous demande pardon pour mon retard. Je n'étais pas chez moi ces derniers jours, je n'ai donc pas pu publier le dernier chapitre. Le voilà donc enfin, moins long que le dernier mais un peu plus intense, je crois. Et beaucoup moins fluff' sur le début surtout. J'espère qu'il vous plaira tout de même ! Bonne lecture à vous !

Warning : Ce chapitre parle de suicide, et si personne ne meurt, ce n'est pas joyeux pour autant.

Réponse à Zbz : Je suis ravie que le dernier chapitre t'ait plu ! :D J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, il faut dire que je suis fan de la FACE Family !

Ensuite, non il n'a pas son écharpe à l'hôpital, justement… ;)

J'espère que le chapitre d'aujourd'hui te plaira même s'il ne permet pas trop d'avoir un sourire niais ! :p


Chapitre 8 : Prendre son envol

Le retour à l'hôpital avait été dur pour Ivan, surtout en sachant que sa prochaine permission ne risquait pas d'arriver bientôt. Avoir un avant-goût de la liberté pour revenir immédiatement dans cet endroit sans couleurs, froid, glauque et déprimant avait complètement sapé son moral.

Les deux premières semaines avaient été supportables car il y avait Alfred, et les souvenirs de cette journée à l'extérieur.

Puis Alfred avait pris des congés.

Ivan avait replongé dans ses déprimes. Son autre lui s'était mis à sortir plus souvent. Le médecin venant le voir le matin avait voulu modifier son traitement, Ivan s'était mis à cacher les médicaments. Il était terrorisé. Tant d'efforts allaient donc être brisés par un instant de bonheur et l'absence d'une personne chère ?

Comment allait-il faire au moindre coup dur s'il sortait, d'autant plus qu'il ne verrait peut-être plus son médecin ?

Jamais il ne pourrait se réadapter à la vie réelle.

Son démon personnel rejaillissait donc, pour le protéger mais à la fois entretenir ses peurs. Comme pour le convaincre que sa place était dans l'ombre, que c'était plus facile et sécurisant d'y rester.

Sauf que la peur, l'amertume, la perte de l'espoir commençait à le rendre dingue. Il n'avait plus autant l'habitude de retrouver ses démons, seuls, aussi violemment.

Il passa deux journées à être particulièrement agressif. Les femmes de ménage n'osaient plus entrer dans sa chambre, à cause de son visage effrayant. Lui-même n'osait plus regarder les miroirs. Ses yeux fous le terrifiaient, le renvoyait à ce qu'il était vraiment et au fait que peut-être qu'il ne changerait jamais.

Les crises d'angoisse le rattrapaient. Toujours plus forte. Le désespoir l'envahissait, l'angoisse montait et le prenait à la gorge, il sentait tous ses organes se nouer puissamment dans son corps…

il avait de nouveau envie de mourir.

De fait, il ne sortait de sa chambre que pour manger, et encore, c'était parce qu'il y était obligé.

Puis, les jours suivants, il se mit à regarder les cachets qu'il planquait. Un peu trop insistant.

Une voix dans sa tête lui hurlait de ne pas faire ça, de ne pas céder mais c'était tentant, si tentant de mettre fin aux voix de son autre lui, ses peurs, sa douleur, de les faire disparaître et de retrouver le néant.

Dans sa tête perçait l'envie de s'abandonner. C'était une pensée terrifiante. Et pourtant si tentante. Il aurait été si facile de la satisfaire…

C'était vraiment horrible de se voir ainsi. D'observer l'autre prendre le contrôle, violemment ou petit à petit. La vraie vie ne pouvait être faite pour lui. Non. Il ne la supporterait pas longtemps. De toute façon, s'il réussissait à sortir, il serait bien obligé de retourner tout droit à la maison familiale. Là-bas, les souvenirs des coups, de la douleur, de l'alcool, de la mort de sa mère et du regard terrifié de ses sœurs reviendraient, inexorablement. Son père ne pouvait plus rien contre lui, mais cette haine et cette peur viscérales qu'il ressentait rien qu'en pensant à lui… il n'était pas certain qu'elle disparaisse.

Et puis la pauvreté était dure aussi. Katyusha aurait une bouche de plus à nourrir et avec ses antécédents, Ivan ne trouverait jamais du travail. Son avenir était condamné, une porte close en béton armé.

C'est pourquoi au bout d'une semaine et demie, il commença à lorgner les médicaments qu'il n'avait pas pris, mais pas jetés non plus. Il les regardait de plus en plus, pouvait passer des minutes entières devant. L'idée se faisait un chemin dans son esprit. C'était loin d'être la première fois, mais il n'en avait jamais trop eu la possibilité avant.

Ce serait certainement rapide. Douloureux aussi. Mais rapide. Ces médicaments étaient nombreux et très forts, aucune chance qu'il en réchappe. La fin de son Enfer, la fin de la voix, de cette torture, de cette emprisonnement, de cette souffrance.

Est-ce que quelque chose l'attendait après ? Ivan en doutait fort. De toute façon, il ne voulait rien d'autre que le noir, le néant absolu, la cessation complète de son existence. Il ne voulait pas mourir pour avoir une vie après la mort.

L'autre lui dans sa tête n'était curieusement plus autant tenté par cela qu'auparavant, raison pour laquelle Ivan ne passait toujours pas à l'acte. Est-ce que l'instinct de survie était plus fort ? Pas sûr.

Alors, la veille du retour d'Alfred, au bout de la deuxième semaine, Ivan se rendit dans la salle de bain de sa chambre et la ferma à clé, munit de son stock de cachets. Il alla s'asseoir dans un coin avec, dans l'autre main, un verre rempli d'eau. Il lui faudrait probablement le remplir pour tout avaler…

Il posa le cachet sur sa langue et leva son verre d'eau… quand une douleur atroce lui perfora le crâne. Plus violemment que jamais, l'autre Ivan venait de prendre le contrôle. Des acouphènes lui vrillaient les oreilles alors qu'il haletait sur le carrelage frais. Son autre lui était reparti aussi brièvement qu'il était venu.

Il ne comprenait pas. Son instinct de survie ne pouvait pas être si fort. Son autre lui ne pouvait pas être une protection à ce point là.

Il devait y avoir autre chose.

« Alfred… Natalya… Katyusha... » murmura-t-il dans sa tête.

Les trois visages des êtres aimés se superposaient doucement et sans fin.

« Guéris-nous. »

Est-ce que finalement c'était son démon intérieur qui allait le sauver ? Quelle ironie…

Il resta sur le carrelage froid un long moment, le temps que ses tremblements cessent et qu'il puisse aller jeter les médicaments dans les toilettes.

L'électrochoc qu'il s'était fait subir avait été comme un coup de conscience. Il ne pouvait pas abandonner. Il fallait qu'il sorte. Qu'il prenne l'air, l'air de la ville, à tout prix.

Il sortit et alla agripper un médecin si fort, avec son regard si pressant et empli de souffrance que l'homme accepta de le faire sortir de l'hôpital quelques minutes. Le parc ne suffisait pas.

Les murs arrêtèrent de sembler se refermer sur lui dès qu'il fut dans la rue. Il inspira un grand coup et s'assit sur le trottoir quelques instants. Sa tête lui tournait et il n'arrivait pas à remettre de l'ordre dans sa tête. Il y avait toujours dans sa tête un défilé de moyens qui pouvaient lui ôter la vie, mais désormais il essayait de les refouler.

Comment avait-il pu s'abandonner à ce point ? Comment le contrecoup de sa permission avait-il pu être si fort ? Il devait être bien plus profondément atteint qu'il ne le pensait…

Et, bon sang, il s'était réellement effrayé. Il avait failli se tuer. Il l'aurait certainement fait sans l'intervention de son autre personnalité. Maintenant que l'air de la ville lui emplissait les poumons il se rendait compte de tous les efforts qu'il avait failli anéantir.

Ivan enfouit sa tête dans ses mains. C'était bien trop épuisant, ces crises qui venaient, qui repartaient, sans cesse…

-Vanya ?

Il releva la tête en fronçant les sourcils. Sa sœur ne pouvait pas être déjà revenue le voir… et pourtant, qui d'autre pouvait lui donner ce surnom ?

Son cœur rata un battement en la voyant. Ses longs cheveux blond très pâle chutant doucement jusqu'au bas de son dos, ses yeux bleus, son teint de porcelaine et ce corps taillé pour la danse.

Son regard perçant, qu'il avait connu calme, impassible puis terrifiant sous la maladie, qui était désormais plein d'une émotion trop forte.

Impossible…

-N-Natalya ? bredouilla-t-il en se relevant.

-Vanyaaaaaaaaaaaaa ! s'exclama-t-elle en courant vers lui.

Il n'eut que le temps de se crisper en se rappelant de ses crises violentes, dues à sa schizophrénie, à son obsession pour lui à tel point qu'elle en devenait extrêmement violente…

Sa sœur lui sauta au cou et le serra très très fort, toute tremblante.

-C'est toi, c'est toi, oh mon dieu je n'arrive pas à y croire… bredouillait-elle. Grand-frère… Vanya…

Les bras d'Ivan se refermèrent autour du corps de sa sœur tandis que ses joues menaçaient d'être inondées à tout moment.

C'était beaucoup beaucoup beaucoup trop d'émotions en si peu de temps.

-N-Natalya… T-tu… c-comment…

-Monsieur Braginsky, il faut rentrer maintenant. Avec la jeune femme qui est venu vous rendre visite, si vous le souhaitez, déclara alors le médecin qui l'avait fait sortir.

oOoOoOo

Ivan ne parvenait pas à s'habituer à la présence de sa petite sœur dans sa chambre d'hôpital. Cela ne faisait qu'un mois que Katyusha était venue le voir, comment la plus jeune de la fratrie pouvait se trouver là ?

Le slave caressa doucement ses cheveux blonds en tremblotant. Il ne savait pas depuis combien de temps il était enfermé, mais il était absolument certain que sa sœur avait changé depuis ce moment-là. Le souvenir qu'il avait conservé d'elle était différent de l'originale.

Les deux mains de la jeune femme serraient fort celle de son frère. Elle le dévorait des yeux, mais pas de façon malsaine comme elle le faisait auparavant.

Elle était juste infiniment heureuse de revoir son aîné.

-Je suis venue dès que j'ai eu l'autorisation de te voir… souffla-t-elle.

-M-mais comment ? bredouilla-t-il.

-En stop, déclara-t-elle. Je sais que Katia me l'a interdit depuis qu'il a failli lui arriver quelque chose de grave quand elle est tombée sur un détraqué mais… mais je m'en fichais. Il fallait que je te vois.

Ils se serrèrent dans les bras jusqu'à n'en plus pouvoir. Ivan avait toujours été proche de Natalya. Ils étaient tous deux taciturnes et solitaires. Il s'était toujours dressé entre les poings de son père et elle. Il avait été voir ceux qui la harcelaient au collège, il l'avait aidée dans ses devoirs, il lui avait appris beaucoup beaucoup de choses. Leurs maladies respectives les avaient séparés bien trop longtemps.

-Le traitement marche, Vanya, souffla-t-elle. Je ne peux pas être complètement guérie mais… je peux vivre une vie normale. Je peux te revoir… et la psychose obsessionnelle compulsive que j'avais elle… elle a disparue…

La voix de Natalya, d'habitude posée et calme était nouée. La blonde s'écarta quelques instants pour essuyer doucement les larmes qui coulaient sur les joues de son frère.

-E-et si je vais mieux… je sais que tu peux guérir, Vanya ! Je voulais absolument te dire ça… ne perds pas espoir, je t'en supplie… j'ai failli me tuer tellement de fois mais… à chaque fois, l'idée qu'un jour je pourrais peut-être te revoir ça me… ça m'aidait à tenir…

Ivan avait remarqué les fines et pâles cicatrices sur les poignets de sa sœur.

-Je sais que tu me comprends… que toi aussi tu as envie que tout s'arrête, Vanya. Alors s'il te plaît, promets-moi que tu as ou vas trouver quelque chose pour te raccrocher. Pour te donner de l'espoir. Je ne veux pas te perdre parce qu'une maladie te dévore de l'intérieur…

Il prit doucement Natalya dans ses bras. Elle semblait si fragile, et pourtant… elle était si forte, d'avoir pu résister à sa propre maladie, de l'avoir combattue de toutes ses forces.

-Je l'ai déjà trouvée, Talia… mais c'est si dur quand même… comment je fais, quand tout va très bien, puis que je dois subir le contrecoup d'un retour à la normale ?

La voix tremblante d'Ivan lui attira un léger baiser sur la joue, puis elle se mit à caresser ses mèches grises.

-Pense à l'avenir, celui que tu peux avoir. C'est ta guérison que tu ne dois pas perdre de vue, Vanya...

Ils restèrent un long moment ensemble, à parler de leurs expériences respectives ou bien à ne rien dire. Cela faisait un bien fou de se sentir compris. C'était tout ce qu'il lui manquait. Quelqu'un qui savait ce que c'était et qui pouvait l'aider avec des conseils et des paroles rassurantes. Natalya ne faisait que lui rendre tout ce qu'il avait fait pour elle pendant longtemps.

-Ce n'est pas bon que tu n'aies pas de contact avec l'extérieur, déclara-t-elle. Je vais tout faire pour te récupérer un ordinateur… il y a une fille de ma promo qui en a un vieux, je vais essayer de le négocier. Tu pourras écouter de la musique, regarder des séries… ça te fera du bien, crois-moi, de penser à autre chose.

Il finirent par aller profiter des restes de l'été dans le parc, devant une mare. Natalya, sous ses demandes, accepta de lui faire une démonstration de danse.

Sa jeune sœur était si belle… légère comme une plume, elle se mouvait comme de l'eau vive. Elle tournoyait, sautait, dansait, volait…

Sa maladie ne pouvait peut-être pas encore se guérir mais elle semblait complète lorsqu'elle s'adonnait à sa passion. Heureuse. Elle-même. Un sourire étira les lèvres d'Ivan.

La venue de Natalya en ces lieux était comme une fleur délicate qui éclorait en pleine taïga.

Elle lui redonnait de l'espoir. Un véritable espoir. Il avait la preuve qu'il était possible de s'en sortir, de retrouver cet éclat disparu dans ses yeux.

L'espoir de prendre son envol, comme le faisait la jeune femme sur les berges de la mare.


Voilà, ce chapitre est terminé, j'espère qu'il vous a plus ! Ce n'est jamais facile à écrire mais ces passages ont leur importance. Je ne tiens pas à ce que la maladie d'Ivan ressemble à une promenade de santé non plus. Oh, et j'adore Natalya aussi. Je tenais à le dire. Je sais que plein de gens ne l'aiment pas, mais c'est un personnage très intéressant et beaucoup plus profond que « MARRY ME » pour moi, tout comme Katyusha… et tout comme l'ensemble des personnages d'Hetalia surtout !

A la prochaine tout le monde !