Disclaimer : Comme d'habitude, tout appartient à Hidekaz Himaruya.
Notes : Hello tout le monde ! Désolée d'avoir disparu de la circulation comme une voleuse tout ce temps, mais je compte bien reprendre du service sur ce fandom ! J'espère que votre rentrée s'est bien passée en tout cas ! o/
Me voici donc avec un chapitre tout frais. Je l'avais laissé en plan pendant un mois alors que je n'avais écrit qu'une page, et je l'ai repris il n'y a pas longtemps. Il paraît que mon style a un peu changé entre temps, si c'est le cas et que vous constatez un changement dans ma façon d'écrire eh bien… eh bien blâmez Harry Potter. :p J'ai testé de nouvelles choses avec ce fandom, donc ça pourrait bien en être la cause.
Autre petite remarque : ce chapitre fait, en taille, le DOUBLE des précédents. Je suis assez impressionnée étant donné que d'habitude, je n'arrive pas à dépasser les trois mille mots, et que je les atteint avec difficulté. C'est possible que je continue comme ça. J'ai écrit, encore une fois sur le fandom d'Harry Potter, un One-shot de vingt-sept pages, je suppose que ça aide pas mal, et que ça débloque des choses. J'espère que ça ne vous dérangera pas !
J'arrête de blablater, maintenant. Bonne lecture à vous tous !
Réponses aux guests (créez-vous un compte, nom de Zeus, que je puisse vous remercier avec des pavés en bonne et due forme :p) :
MirryD : Merci beaucoup pour ta review ! Contente que le PruCan te plaise, c'est un pairing que j'aime énormément ! :D J'espère que la suite (ce chapitre) te plaira !
Zbz : Pas grave voyons (j'ai plus de retard que ça moi *honte*) ! J'espère que la Suisse était bien malgré tout ça, ils ont de beaux paysages après tout ! :3
Oui, en effet… c'est un thème intéressant à aborder, même si ça fait un peu cliché de film de gangster je trouve. :p
Ooooh tout ça ? Pour un bisou ? Je suis honorée ! Que dire si je faisais un lemon, alors… :p Mais bon, je n'en fais pas. xD
Le PruCan c'est la cuteness incarnée, on est d'accord.
Oooooh des kiwis ? J'ai une amie proche qui apprécierait. xD
Xiiorca : Ooooh, tout ça me va droit au cœur ! Je suis hyper touchée par ce que tu me dis là… et je suis honorée que tu l'aies partagée ! Merci, merci beaucoup ! J'espère que la suite te plaira tout autant !
Chapitre 11 : The night before Christmas
Ivan regardait distraitement par la fenêtre de sa chambre, confortablement assit sur son fauteuil près d'elle. Le chauffage électrique contre sa cuisse, il venait d'abandonner la page de son roman pour regarder au dehors. Sa chambre avait (heureusement) vue sur le parc de l'hôpital, et la neige commençait doucement à recouvrir le paysage.
Ivan ne détestait pas l'hiver… ceux de Russie étaient rudes. Il préférait l'été, néanmoins. La chaleur, le soleil éclatant, le bleu du ciel… à vrai dire, tout ce que représentait Alfred et ses sourires-soleil.
Cependant, il aimait tout de même la neige. Il la trouvait si belle… douce, sans défaut, silencieuse. Si pure aussi… et lorsqu'elle recouvrait tout, elle cachait les imperfections de la Terre et la rendait plus belle, plus majestueuse…
La neige lui rappelait justement sa mère, si douce et belle. Ivan ne l'avait pas connue longtemps, mais il n'avait jamais cessé de l'aimer.
Il posa sa tête sur la vitre glacée, ses mèches d'argent se mêlant bien avec la buée et le spectacle hivernal.
Noël approchait à grands pas… peut-être auraient-ils droit à un Noël blanc cette année ? Ivan avait toujours eu ce désir depuis qu'il était en France. C'était inexplicable, cette envie de gosse, mais elle avait toujours été présente.
Les Noël de l'hôpital étaient, pour ainsi dire, quasiment inexistants. Faute de budget nécessaire, il n'y avait ni décorations, ni sapin, ni repas particulier. Certes la famille pouvait rendre visite ou apporter des cadeaux… mais cela s'arrêtait là.
Ce n'était pas comme si Ivan avait souvenir de Noël très joyeux et fastueux, mais tout de même. Rien qu'à l'école, au collège et au lycée il y avait des décorations, et des repas meilleurs que les autres jours de l'année.
Et, hélas, pas de permission pour lui ce jour-ci. Il devrait rester dans son hôpital.
Alfred allait le fêter en famille, bien évidemment, ainsi qu'avec le collègue de son jumeau. Il l'avait invité d'ailleurs, mais cet espoir s'était envolé avec le refus de permission.
Ah, Alfred…
Ils étaient plus ou moins ensemble depuis un mois. Depuis leur premier baiser, à vrai dire.
« Plus ou moins », oui, parce que s'ils s'affichaient en tant que couple, Ivan serait sans aucun doute transféré ailleurs. Ils se contentaient donc d'instants volés, pendant les consultations, ou d'autres moments où ils savaient qu'ils ne risquaient pas d'être découverts.
Ivan appréciait ces instants plus que tout. C'était comme quitter, un court laps de temps, le monde gris et froid dans lequel il avait l'habitude d'évoluer.
Ces moments étaient… du pur bonheur. Comme il n'en avait plus éprouvé depuis très très longtemps. Alfred était son tout. Son univers tournait tout entier autour de lui. Il n'avait personne d'autre. Katyusha et Natalya n'avaient fait que de rares passages, faute de moyens. Le médecin était presque toujours là, lui, et sa présence emplissait l'esprit d'Ivan tout entier.
Il était sa raison de se lever le matin, de vivre, d'espérer. Il était son oxygène. Il le guérissait.
Le Russe reporta son attention sur la page de son livre et la lissa. Un chant de Noël de Charles Dickens. Il aimait beaucoup l'histoire du vieil homme avare qui finit par se racheter en contemplant trois Noël de sa vie, passée, présente, et future.
Lui aussi aurait aimé se racheter, pour la faute qui l'avait conduit dans cet endroit si blanc, si étroit.
Il enchaîna les livres toute la journée. C'est ainsi qu'Alfred le trouva : assit, plongé dans un livre.
L'Américain eut un sourire en coin. Lui-même n'était pas un fan de lecture. Cependant, la vision d'Ivan, ses cheveux d'argent lui tombant légèrement sur le visage et ses yeux parcourant les lignes dans un mouvement régulier, lui plaisait beaucoup.
Il se racla la gorge, et Ivan redressa la tête. Son regard s'adoucit considérablement lorsque son regard se posa sur le médecin, et ils se sourirent, de ces sourires qui veulent tout dire.
D'un pas énergique, Alfred vint se placer devant Ivan, lequel était toujours assis. Jetant un rapide coup d'oeil vers la porte, il posa ses mains sur le dossier de la chaise, se pencha, et l'embrassa doucement. Un baiser simple, doux, qui pourtant transportait Ivan de joie et l'enveloppait de bien-être à chaque fois. Ils rompirent le contact et Alfred s'assit sur le bord du lit, près du fauteuil.
-J'apprécie ta façon de me dire bonjour… sourit Ivan.
Alfred rigola légèrement, ses yeux bleus illuminés par cette action.
-Je voulais t'annoncer quelque chose… finit-il par dire.
Ivan se fit plus attentif, refermant le livre d'un geste précis après y avoir glissé un marque-page.
-Oui ?
-Je t'ai obtenu une permission pour Noël. Mais mes parents n'ont, du coup, pas assez prévu pour toi… du coup je me disais… mon appartement va être libre le 23, est-ce que… ça te dirait de passer le réveillon… avec moi ?
Le blond était tout hésitant, visiblement incertain quant à la réponse d'Ivan. Ce dernier écarquilla les yeux pendant quelques secondes, et demeura muet jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'Alfred attendait toujours sa réponse.
-Oui ! Oui, évidemment que ça me ferait plaisir ! s'exclama-t-il.
Un grand sourire étira ses lèvres, éclairant tout son visage, ce qui n'était pas si courant que ça. Alfred ne put s'empêcher de le lui rendre, soulagé et heureux.
-Enfin… tu es sûr que ça te dérange pas ? reprit Ivan, les sourcils froncés par l'inquiétude. Je ne voudrais pas… perdre le contrôle chez toi…
Alfred leva les yeux au ciel, comme si son compagnon venait de dire une énormité, et ne prit même pas la peine de répondre.
-Je viendrai te chercher à la fin de mon service ! Vers vingt-et-une heure, je pense. Tu aimes quoi ? Je suis nul en cuisine mais mon père peut nous faire n'importe quoi si je lui demande !
Le slave sourit de nouveau devant l'excitation manifeste du médecin. Il se sentait impatient, et à la fois un peu angoissé. Il ne pensait pas qu'il y aurait de problème au niveau de son autre personnalité, mais savait-on jamais…
Alfred claqua des doigts devant ses yeux.
-Tu es encore perdu dans tes pensées, sunshine ! le taquina-t-il gentiment.
Ivan sentit ses joues le chauffer légèrement. Il n'arrivait pas à s'habituer à ce surnom affectif, qui le faisait se sentir tout étrange à chaque fois. Il rougissait invariablement, ce qui plaisait beaucoup à Alfred. Ce dernier n'avait pas souvent l'occasion de voir l'imperturbable « ours » russe rougir. Il trouvait cela adorable, pourtant…
-Ah, pardon… je mange de tout. Je ne me rappelle plus de ce que Katyusha fait à manger pour Noël, mais on a jamais fait de vrai festin, tu sais…
Alfred acquiesça, un peu embarrassé. Maintenant qu'Ivan et lui partageaient les mêmes sentiments et le savaient tous deux, le Russe s'était beaucoup plus ouvert à lui. Il avait appris à apprécier les sœurs de son compagnon à travers ses paroles, et il aurait vraiment aimé leur donner tout l'argent qu'il avait pour qu'elle puisse s'enfuir loin de leur père et vivre la vie qu'elles méritaient. Quant à Ivan, dès que ce serait possible, il viendrait vivre avec lui. Il n'avait absolument aucun doute à ce sujet. Leur relation, contrairement à beaucoup d'autres couples, leur faisait traverser le pire. Quand Ivan serait libre, il faudrait bien qu'ils vivent le meilleur !
Il resta avec son Russe jusqu'à ce que l'heure du dîner arrive. Là, au lieu de le laisser se remplir à moitié l'estomac avec de la nourriture infecte, il l'entraîna dans son bureau où, comme souvent, un bon repas préparé par Francis les attendait.
Comme chaque fois, le regard violet d'Ivan ne pouvait s'empêcher de s'illuminer de gratitude. Il n'avait que peu vu le père d'Alfred, mais ce dernier était si gentil, si prévenant… il était le genre de personne à toujours donner sans s'occuper de recevoir. Une gentillesse si désintéressée, tout comme celle d'Alfred, le touchait tout particulièrement.
Arthur, l'autre père de son petit-ami, était lui aussi gentil, à sa façon. Il était un peu plus bourru et réservé, mais le slave avait vu dans ses yeux que sa petite famille et leur bonheur comptait plus que tout au monde pour lui.
Intérieurement, Ivan avait envie de faire partie de cette famille. Une famille parfaite, heureuse, avec tant d'entente… c'était son rêve depuis toujours. Il n'espérait pas, évidemment, qu'Alfred et lui restent ensemble toute la vie.
Il ne s'était pas trop posé la question, mais il savait d'instinct qu'Alfred était celui qu'il lui fallait. Comme son oxygène. Comme son soleil. Aussi, il ne voulait pas trop penser à l'avenir et à ce que pensait Alfred de cela. Il ne préférait pas : il était heureux malgré son trouble psychiatrique, malgré sa dépression, il était en bonne voie de guérir des deux, alors… il ne voulait pas y penser.
Il préférait se perdre dans les yeux océan du médecin.
Quelques jours passèrent, la routine toujours aussi parfaitement huilée que d'habitude.
C'était la veille de Noël, mais à part des visites plus abondantes, aucun signe ne laissait entendre que qui que ce soit dans l'hôpital était au courant.
Pour bien des patients, ce n'était rien de plus qu'un jour ordinaire. Peut-être que le cuisinier ferait un effort sur les plats et leur qualité mais, rien de plus.
Ivan, lui, tournait en rond dans sa chambre comme un lion en cage.
C'était la première fois depuis très très longtemps qu'il allait avoir un vrai réveillon. Depuis la mort de sa mère, aucun de ceux qu'il avait vécu ne valaient le coup. Même les cadeaux qu'ils s'offraient chez lui avaient un goût de tristesse et de désillusion.
Il eut une pensée pour Natalya et Katyusha. Triste, la pensée. S'il avait pu, il les aurait embarquées avec lui. Loin de leur père. Et pour toujours, si possible.
Alors qu'Ivan n'attendait pas Alfred avant vingt-et-une heure, comme prévu, l'Américain débarqua dans sa chambre à dix-huit heures pétantes, tout sourire.
-J'ai fini mon service plus tôt que prévu ! s'exclama-t-il. Tu es prêt ? On va pouvoir faire des courses de Noël, dans un marché !
Ses yeux brillaient d'un éclat d'excitation enfantine non dissimulée, derrière les verres de ses lunettes, et Ivan ne put s'empêcher de sourire. Il passa la bandoulière de son sac qui contenait quelques affaires par-dessus son épaule et suivit Alfred.
-Ta journée s'est bien passée ? lui demanda-t-il tandis qu'ils marchaient vers la sortie.
-J'ai eu moins de patients que prévu ! Beaucoup ont annulé pour passer du temps avec leur famille, répondit Alfred. Et mon supérieur a accepté que je sorte plutôt !
Il sautilla légèrement pour marquer sa joie, et Ivan eut un léger rire, ce qui ravit absolument le blond. Le rire d'Ivan était aussi rare que magnifique, ce qui n'était pas peu dire. C'était un son doux, léger, cristallin, sincère, qui lui réchauffait le cœur.
Emporté par sa joie, dès qu'ils eurent franchi les portes de l'hôpital, il glissa sa main dans celle d'Ivan.
Ce dernier se tendit un peu et le regarda, incertain.
-Ne t'en fais pas. C'est un quartier tolérant ici, le rassura le blond. Au pire on recevra quelques regards outrés, mais rien de plus.
Pour appuyer ses dires, il caressa doucement sa main. Ivan sentit une douce chaleur se répandre en lui, et son cœur battre un peu plus fort. Ils n'avaient pu être démonstratifs l'un envers l'autre, durant ce premier mois. Aussi, la douceur physique dont Alfred faisait preuve était presque nouvelle, et elle le retournait tout entier. Il avait envie de s'y abandonner et rien d'autre.
Ivan se cacha un peu dans sa grande écharpe violette pâle.
La retrouver avait été un soulagement immense. Ses souvenirs lui étaient revenus peu à peu, la concernant, et il était fâché contre lui-même de l'avoir oubliée comme ça. Dorénavant, il ne la quittait plus.
-Tu as déjà fait un marché de Noël ? demanda Alfred en arrivant sur place.
Les étals ressemblaient à des façades de chalet. Ils étaient décorés de guirlandes lumineuses, de boules de Noël, et il y avait de nombreuses figurines de rennes ou d'ours polaires de taille moyenne à côté. La rue était illuminée par les lampadaires puisque la nuit était tombée tôt, mais quelques marchands avaient disposé des bougies dans des lanternes, pour garder un certain esprit de Noël.
Ce qui frappa tout d'abord les deux hommes fut les odeurs de nourriture. Mais ce n'était pas une odeur de friture comme celle que l'on retrouve dans les fêtes foraines, non. L'air sentait le chocolat, le sucre d'orge, le pain d'épices, le miel. Ces saveurs se mêlaient à celles des sapins et de la cire de bougie.
La main d'Ivan serra un peu plus celle d'Alfred, qui sourit en sentant cela.
-Non, je n'en ai jamais fait, répondit l'homme aux cheveux d'argent.
-Tu vas adorer, lui assura Alfred. On va acheter plein de choses !
Ils passèrent par tous les étals, et restèrent devant chacun pendant de longues minutes, admirant la marchandise artisanale. Outre les chocolats, les gâteaux, la confiture de Noël, le thé ou autre délices pour les papilles, il y avait des cartes de Noël, des écharpes, gants ou bonnets tricotés avec beaucoup de soin, des petits jouets en bois qu'Ivan adora, des marrons chauds qui leur réchauffèrent l'estomac, des décorations faites mains…
Quelques personnes se baladaient dans le marché, déguisées en père Noël pour amuser les enfants.
-Avec ta taille et la couleur de tes cheveux, plaisanta Alfred, je suis sûr que tu pourrais faire ça !
Ivan le regarda avec une lueur amusée et le prit au mot. L'Américain éclata de rire quand Ivan revêtît une fausse barbe et un bonnet trouvés sur un stand de déguisements.
-Il te manque le costume !
-Je ne vais pas me déshabiller en plein hiver…
Alfred pensa que si, au contraire, il pouvait, et qu'il aurait même apprécié qu'il le fasse, mais il préféra garder ses pensées pour lui.
Les enfants vinrent tout de même en riant autour d'Ivan, et il leur donna quelques sucreries qu'ils avaient achetées précédemment.
Le blond le prit en photo avec un grand sourire, et il l'embrassa juste après, provoquant les remarques des enfants comme quoi Alfred ne ressemblait pas à la mère Noël et qu'il devrait se déguiser ainsi.
Ivan trouva l'idée très intéressante, mais Alfred refusa catégoriquement.
Intérieurement, cependant, il était heureux de voir que son petit-ami arrivait à se comporter plus naturellement hors de l'hôpital. Il savait qu'il était mal à l'aise, il le sentait, mais c'était bien moins prononcé que lors de ses premières permissions.
Il souriait plus, ses yeux d'améthystes s'illuminaient plus, il semblait plus heureux de façon générale. Le médecin sentait que lorsque son TDI aurait disparu, sa dépression suivrait d'elle-même.
Avec une toute nouvelle liberté, de l'attention, de l'amour, sa sœur dont l'état s'était amélioré et la perspective d'une nouvelle vie… tous les rêves d'Ivan semblaient enfin prendre vie et le guidaient sur le meilleur des chemins, le chemin de la guérison.
Lorsqu'Alfred glissa de nouveau sa main dans celle du slave, il savait que leurs cœurs à tous les deux étaient emplis de joie pure.
Portant des sacs pleins de trouvailles, ils finirent par se diriger, deux heures après leur arrivée, vers l'appartement d'Alfred. Ivan avait fini par donner le bonnet et la barbe à un enfant qui semblait les admirer.
Il vivait dans un coin de la ville simple et paisible. La façade de son immeuble semblait avoir été repeinte il y a peu, d'un blanc cassé classique. Ils entrèrent, le hall était propre. Le médecin habitant au neuvième et dernier étage, ils prirent l'ascenseur, vide à cette heure. Les gens devaient se préparer pour leur réveillon.
Alfred sortit ses clés dès que l'ascenseur se stabilisa.
-Tu as beaucoup de voisins de paliers ? questionna Ivan, se demandant s'ils risquaient d'être dérangés par des jeunes en pleine fête.
-Non ! Je suis seul à cet étage. L'ascenseur tombe en panne des fois, alors les gens ne sont pas très chauds pour s'installer là… mais ça fait faire du sport !
Il rit légèrement et Ivan lui sourit. Toujours main dans la main, chacun portant un sac, ils entrèrent dans l'appartement.
Ce dernier était plutôt spacieux. La peinture était clair, le sol en parquet. Tout était bien rangé, mais cela ne semblait pas naturel. En effet, le bureau d'Alfred était toujours en désordre, à l'hôpital. Ivan supposa qu'il avait tout rangé et nettoyé pour l'occasion.
Les meubles étaient modernes, et il y avait un escalier dans la pièce principale. Cette dernière faisait salon et cuisine : le four, les meubles de travail, la plaque à gaz et le reste des ustensiles étaient séparés du salon par un simple comptoir.
Tout était joliment décoré par des guirlandes, des pochoirs sur les fenêtres, de la fausse neige, un chalet miniature sur la cheminée… Sur le mur d'en face, une grande baie vitrée donnait une vue imprenable sur la ville. À côté, un grand sapin richement décoré et enluminés trônait dans le coin de la pièce, pas loin d'une télé grand écran.
Et près du sapin…
-K-Katia ? T-Talia ? bégaya Ivan, qui n'en revenait pas et n'en croyait pas ses yeux.
Ses deux sœurs lui sourirent, de ce sourire dont elles avaient le secret. Un sourire qui, sans être immense, était doux, chaleureux, aimant et sincère. Le même sourire qu'avait leur mère.
-Surprise Vanya ! s'exclama l'aînée d'une voix joyeuse.
Les yeux du concerné s'embuèrent, et Natalya ne se pria pas pour venir tout contre lui, l'étreignant avec force. Katyusha la suivit rapidement, et leur frère finit par enfouir son visage dans les cheveux clairs de sa grande sœur pour camoufler ses larmes.
Lorsque leur câlin se termina, Alfred s'approcha d'Ivan, posa ses mains sur ses joues et essuya ses larmes avec ses pouces.
Puis, il sourit, et son sourire acheva de faire fondre le grand Russe.
-Joyeux Noël, Ivan !
La soirée fut parfaite, aux yeux d'Ivan. Le repas préparé par Francis était un mélange de plats russes et français, qui ravirent la fratrie, et tout était divinement délicieux. Il y avait de la koutia, un entremet de graines, plat incontournable du Noël russe. Il y eut aussi du saumon, la traditionnelle dinde aux marrons, des pierogi, des escargots que Natalya refusa catégoriquement de goûter. Katyusha apprécia, et Ivan en mangea courageusement avant de froncer les sourcils en signe de dégoût. Alfred éclata de rire.
-Mon père essaye de nous faire aimer ça, à Daddy et moi, mais il n'y a que Mattie qui aime !
-Ils ont vraiment une cuisine bizarre, ces français… commenta Natalya. D'un côté ils ont des choses délicieuses, et de l'autre…
-De l'autre, ils ont des tripes, des grenouilles et des escargots… finit Alfred. Mais je crois que la bûche nous intéresse bieeeeeeeeen plus !
Il eut un immense sourire en disant ça, et Ivan pouffa légèrement de rire, s'attirant les regards ravis de ses sœurs. Il savait très bien à quel point Alfred aimait manger.
Ce dernier se leva, tout joyeux, et alla chercher la bûche. Natalya regarda attentivement son frère et sourit doucement.
-Ça faisait si longtemps que je ne t'avais pas entendu rire…
Ivan se sentit un peu gêné, mais touché devant le regard de ses deux sœurs. Il les aimait énormément et était plus qu'heureux qu'elles se trouvent là ce soir. Il avait l'impression qu'elles avaient enfin un réveillon qu'elles méritaient, plus que tout.
-Comment vous êtes venues, au fait ? demanda-t-il. Comment papa a réagi ?
Natalya fit un geste de la main qui signifiait clairement « Son opinion, je m'en tamponne complètement ». Katyusha apporta la réponse.
-Alfred avait prévu ça il y a quelques jours, alors ça a été simple de s'organiser. Son frère et un ami de son frère sont venus nous chercher en voiture. L'ami en question a raconté une histoire à dormir debout, mais il avait tellement d'assurance, et un accent russe, que ça a parfaitement convaincu papa.
-Gilbert imite l'accent russe à merveille ! lâcha Alfred, de retour avec la bûche. Mattie aurait pu le faire aussi, mais il est trop timide…
-Et je crois que notre père lui a fait peur… ajouta Natalya. Ce que je comprends.
Sa voix était posée, mais Ivan ressentit une pointe de colère. Il savait à quel point leur père effrayait la cadette de la fratrie. Il espérait qu'en son absence, Natalya avait réussi à éviter ses foudres.
-Il faudra que tu le rencontres, Ivan ! dit joyeusement Alfred. Gilbert, je veux dire. C'est le meilleur ami de Mattie, mais je sais que l'un et l'autre veulent plus. Ça se voit !
Ivan rigola, et se proposa pour couper la bûche. Ils eurent tous les trois de belles et épaisses parts. La bûche était plutôt ressemblante avec sa crème au beurre chocolatée sur le dessus. Le bois avait été imité à l'aide d'une fourchette savamment utilisée, et la couleur de la pâte donnait l'illusion des cercles d'une bûche coupée.
Ils la savourèrent tous les trois, avant que le silence ne se brise de nouveau.
-Je suis vraiment heureuse pour vous deux… soupira Katyusha, de bonheur. Je ne pouvais espérer mieux pour toi, Vanya… et je suis tout aussi heureuse d'être là, avec vous trois…
Alfred rougit un peu devant le regard maternel qu'elle posa sur son frère, sa sœur, et lui. Il n'avait pas trop l'habitude de cela, Mattie étant son frère jumeau. Les grands frères et grandes sœurs, il ne connaissait pas, mais vu le regard de Katyusha, cela semblait bien.
-Et puis tu as l'air de vraiment aimer mon frère, dit Natalya. Je veux dire… c'est évident. Vu tout ce que tu fais pour lui… et je voulais te remercier pour ça… rien que d'avoir fait sortir Ivan de là pour le réveillon et nous avoir permis de le passer avec lui, c'est le plus beau cadeau de Noël au monde…
-O-oh… euh… bredouilla-t-il. C'est normal, voyons…
Ivan lui prit la main sous la table et il lui fit un petit sourire en retour.
-Ivan compte beaucoup pour moi… j'aurais voulu faire plus encore, mais la permission a été accordée un peu trop tardivement…
Il caressa la main du slave, tout doucement, avant de l'embrasser sur la joue, sous le regard attendri des deux sœurs.
-Et j'espère qu'on pourra vivre vraiment comme un couple, le plus vite possible, termina-t-il.
-Dès que Vanya sortira de l'hôpital… acquiesça la plus jeune. Je suis certaine que c'est pour bientôt. Il a fait des progrès monstres en quelques mois ! Tu lui as rendu la vie, j'ai l'impression, Alfred…
-C'est un peu ça… souffla Ivan. Je ne vivais plus, avant de le rencontrer. J'ai l'impression… qu'avant, j'étais dans le noir complet, et qu'il a progressivement tout illuminé, autour de moi…
Ils restèrent tous trois silencieux une poignée de secondes, touchés par les mots d'Ivan et la situation dans laquelle ils se trouvaient, qui était le fruit d'un labeur plus long que ce qu'il paraissait au premier abord.
Puis, l'aînée des Braginsky frappa dans ses mains.
-Bon ! Et si on passait aux cadeaux ? Il me semble que mon Vanya n'en a pas eu depuis un moment !
-D-des cadeaux ? bafouilla-t-il. M-mais, je…
-Tatata ! Pas de discussion ! l'interrompit sa jeune sœur. C'est Noël, donc tu as des cadeaux !
-Même si on est en avance… plaisanta Alfred. Normalement, c'est le vingt-cinq.
-Pour nous, c'est encore plus tard ! Le Noël russe est en janvier ! s'exclama la jeune femme aux cheveux longs.
Ivan vit ses sœurs aller chercher un sac plein de cadeaux. Elles avaient toutes les trois un large sourire sincère, et il sentit une nouvelle fois ses yeux s'embuer. Il était, en cet instant, l'homme le plus heureux du monde.
-J-je n'ai rien pour personne, moi… murmura-t-il lorsque sa cadette lui fourra un paquet dans les mains.
-On a ta guérison… sourit Katyusha.
-Et ton amour, lui chuchota Alfred à l'oreille.
-Et puis franchement, c'était un peu dur pour toi d'acheter des cadeaux ! acheva Natalya en donnant un paquet à son aînée, et un à Alfred.
Ivan déchira le papier, les mains tremblantes, et écarquilla les yeux.
-U-un ordinateur ?!
-C'est de moi ! sourit Natalya. Mon petit-ami a un père informaticien… il a récupéré cet ordinateur pour moi !
Ivan la prit dans ses bras pour une longue et chaleureuse étreinte.
-Merci petite sœur… merci !
Il lui donna un baiser sur la joue, ce qui apparut pour la jeune femme comme un merveilleux cadeau.
Lorsqu'il eut fini d'admirer le bel ordinateur noir tout neuf d'une bonne marque, Ivan passa à la suite.
Katyusha lui avait offert plusieurs livres de fantasy et de science-fiction, d'occasion mais en très bon état tout de même. Elle eut également le droit à un gros câlin et à un baiser sur la joue.
Alfred lui tendit ensuite deux paquets.
-De la part de mes parents ! sourit-il.
-T-tes parents ont…
-Bien sûr ! s'exclama l'Américain.
Le Russe déchira l'emballage du premier cadeau. Il s'agissait de l'intégrale de la série britannique Doctor Who.
-Daddy dit que cette série rend heureux ! s'exclama Alfred. C'est vrai qu'elle est géniale ! Et ça te fera une nouvelle occupation, surtout maintenant que tu as un ordinateur pour regarder des films et des séries !
Le cadeau de Francis était culinaire : un assortiment de pâtisseries fines, de thés noirs savoureux, de chocolats de toutes sortes qui embaumaient, et pour finir, un sachet de graines de tournesol. Ivan le prit, les yeux écarquillés.
-Comment il a…
-Je l'avais dit à Alfred quand je suis venu te voir, répondit rapidement Natalya.
-Tu pourras les manger ou les planter… ou les deux, sourit Alfred en lui caressant le dos.
Il lui sourit et l'embrassa légèrement. Ivan aimait les tournesols, énormément. Ils étaient ses fleurs préférées. Ils étaient si beau, avec leurs pétales jaunes… de plus, Ivan était comme eux : il cherchait désespérément le soleil, comme s'il s'agissait d'oxygène. Mais, définitivement, il trouvait que cette fleur solaire, vive, belle et resplendissante correspondait bien mieux à Alfred.
-Tiens, le cadeau de Mattie !
C'était un assortiment de housse de couette et de taies d'oreillers à l'effigie d'une de ses sagas littéraires préférées.
-Il se disait que ça ferait plus joyeux comme ça, dans ta chambre, avec un peu de couleur ! précisa Alfred, l'air d'approuver complètement l'idée de son jumeau.
-Remercie mille fois ta famille de ma part… souffla Ivan ému.
-Compte sur moi ! répondit-il avec un large sourire, avant de lui tendre le dernier paquet.
Fébrile, Ivan déchira le paquet, et il se mordit les lèvres, prêt à pleurer.
Alfred lui avait offert le double des clés de son appartement, ainsi que deux billets d'avion à utiliser quand on le souhaitait, en direction de la Californie. Il embrassa Ivan en essuyant doucement les larmes qui commençaient à couler sur ses joues, et le regarda avec un amour infini.
-Je sais que ça ne fait qu'un mois… mais j'ai confiance en nous deux. Je veux que quand tu seras sorti, tu viennes vivre avec moi. Et je veux te faire découvrir mon pays… toi qui rêves tant d'un pays chaud.
Ivan lui rendit son baiser, longtemps et doucement, avant de se blottir contre lui et de chuchoter à son oreille.
-Merci. Merci infiniment. Je t'aime…
Après que tout le monde eut déballé ses cadeaux, ils regardèrent un film de Noël que Natalya et Ivan trouvèrent cliché au possible. Les deux autres semblèrent apprécier, ce qui leur valut de gentilles taquineries.
Puis, fatigués, ils décidèrent d'aller se coucher afin de profiter mieux du lendemain. Katyusha et Natalya, après avoir longuement enlacé leur frère, allèrent se coucher sur le canapé du salon, déplié en lit pour l'occasion. Alfred prit la main d'Ivan et l'entraîna dans sa chambre. Ils se changèrent l'un après l'autre, et se couchèrent dans le grand lit deux places d'Alfred.
Ivan posa sa tête sur le torse de son compagnon, qui se mit à lui caresser les cheveux avec douceur.
Ils restèrent ainsi un long moment, sans rien dire.
-J-je… je suis… tellement… heureux… souffla alors Ivan. Je n'aurais jamais cru pouvoir l'être à ce point un jour…
-Crois-moi, c'est parti pour durer… sourit Alfred. Je veux te rendre heureux… vraiment heureux… tu le mérites plus que n'importe qui !
Il passa ses bras autour d'Ivan et se positionna de façon à ce que leurs fronts se touchent et que leurs yeux se rencontrent.
Ils restèrent là un long moment, yeux dans les yeux, jusqu'à ce qu'Ivan franchisse l'espace entre leurs visages et l'embrasse.
Ils s'endormirent vite, enveloppés par la nuit, sagement blottis l'un contre l'autre.
Voilà voilà, j'espère que ce chapitre pour la rentrée vous aura plu ! Ceux qui trouveront la référence dans le titre du chapitre auront le droit à un cookie ! o/
A la prochaine !
