Blabla de début de chapitre : Bonjour, bonjour à tous ! Je suis contente de pouvoir enfin sortir ce chapitre, parce qu'entre mes examens et les problèmes de connexion internet… impossible de le publier. u.u Mais bon, maintenant je peux et je le fais ! Il est un peu plus court que la dernière fois car j'avais moins de choses à y dire, mais j'ose espérer qu'il vous plaira tout de même !
N'hésitez pas à laisser une review pour donner votre avis, c'est très important, croyez-moi !
Réponses aux Guests :
MirryD : Merci beaucoup de ta review, ça fait plaisir de voir que tu suis toujours malgré l'énorme retard que j'avais pris ! J'espère que la suite te plaira tout autant ! Merci encore !
Anonyme : Aaaaaaw merci, ta review m'a fait super plaisir ! J'espère que tu n'as pas trop guetté la sortie, vu que ça a pris trois petites semaines, ahah… mais vraiment, merci merci, ce genre de review ça motive vraiment à écrire !
Clemence : Merci beaucoup ! :D Et en effet, c'est bien The Nightmare Before Christmas ! o/
Bonne lecture à tous !
Chapitre 13 : Aveux
Ivan sentait que quelque chose ne tournait pas rond. Il avait toujours eu de l'intuition, et une certaine hypersensibilité* qui, outre le fait qu'elle pouvait lui pourrir la vie, lui faisait en partie ressentir les émotions ambiantes.
Bon. Il avait grandement dû la mettre sur pause depuis qu'il était à l'asile, sinon il n'aurait jamais réussi à commencer à se sortir de sa dépression, mais ce… don empoisonné était toujours là.
Et il sentait qu'Alfred n'allait pas bien.
Oh, bien sûr, le médecin continuait de sourire, de montrer sa bonne humeur, et d'être enthousiaste.
Mais… quelque chose clochait. Ivan ne parvenait pas à mettre le doigt dessus, mais ça lui paraissait évident.
Il se sentait très très mal à cause de cela.
Qu'est-ce qu'Alfred pouvait bien lui cacher ? Ce malaise le prenait au ventre quand il y pensait. Il avait peur et s'imaginait tout et n'importe quoi. Il y avait forcément quelque chose. Ça ne pouvait être la paranoïa. Impossible. Il y avait quelque chose.
Mais quoi ?
Ne pas savoir le tuait et le rendait fou. Le pire étant qu'il n'osait même pas en parler à Alfred.
Leur couple marchait très bien et le médecin n'avait pas changé de comportement à son égard. Non, de ce côté-là, il était toujours aussi sincère dans ses sentiments et cela rassurait en partie Ivan. Seulement en partie parce que ce sentiment, ce malaise inexplicable le minait beaucoup.
Et s'il se faisait tout de même des idées ?
Non, non, ça ne pouvait pas sortir de nulle part. Il n'y avait jamais de fumée sans feu.
Alors qu'est-ce qu'il y avait ?
Ces questions le taraudaient en se répétant inlassablement dans son esprit. Ce n'était même pas avec son autre lui qu'il monologuait, c'était avec lui-même, comme n'importe quelle personne en proie à de gros doutes angoissants.
Qu'est-ce qu'il n'allait pas avec Alfred ?
Et ça continuait, encore et encore…
Cela durait depuis plus longtemps qu'il ne voulait bien se l'avouer. Avant Noël, même.
Maintenant que l'instant de bonheur s'était dissipé, que la bulle avait disparu, ce genre d'angoisses revenaient vite.
La proposition de Natalya l'avait distrait, mais pas suffisamment pour que son intuition et son hypersensibilité ne tirent pas la sonnette d'alarme.
Le nouvel an était pour bientôt. On était le 29 décembre, et bien que rien ne laissait paraître un changement d'année dans l'hôpital, comme d'habitude, Ivan appréhendait autant qu'il avait hâte. L'année qui approchait s'annonçait comme le début de quelque chose de nouveau. Sa sortie, peut-être ? Il l'espérait très fort. Il ne supportait plus de rester dans cet endroit maintenant qu'il allait mieux. Il ne se sentait plus appartenir à cette masse de gens abrutis par les médicaments, errants sans but réel entre les murs blancs du bâtiment. Il voulait sortir, changer, avancer, même si cela se ferait au prix de durs efforts.
Il voulait être libre.
Toutefois, il sentait que ce qui ne tournait pas rond chez Alfred… n'était pas un obstacle à cela, mais leur causerait du tort à tous les deux.
Il sentait qu'il y avait un réel problème. Cela l'effrayait. Il avait terriblement peur qu'il arrive quelque chose à Alfred.
Et si jamais il était muté dans un autre quartier de l'hôpital ? Ou pire, s'il était muté dans un autre hôpital.
Aussitôt, l'angoisse le prit à la gorge, violemment.
Il ne supporterait pas une chose pareille.
Jamais.
Il avait besoin d'Alfred pour avancer.
Il était celui qui lui permettait de guérir petit à petit.
Un jour, Ivan saurait s'en sortir sans l'avoir constamment à ses côtés, mais ce n'était pas encore le cas, et s'il devait s'éloigner, il ne s'en sortirait plus. Son état n'était pas parfaitement stable, et un simple grain de sable dans l'engrenage pouvait tout faire capoter.
Et puis même.
Il l'aimait.
Il l'aimait si fort…
Pouvait-il vivre sans lui ? Loin de lui ? Longtemps ?
Non. Il n'était même pas sûr d'y parvenir lorsqu'il serait guéri et que de simples obstacles cesseraient de le terroriser.
L'angoisse était montée, rapide et brutale. Il n'avait plus l'habitude, aussi Ivan n'avait pas su la retenir ou la contenir un peu.
Ses vieux démons refaisaient surface, et sa respiration hachée et rapide ne parvenait pas à se stabiliser. Il avalait de grandes goulées d'air sans pouvoir s'arrêter tandis que les larmes inondaient ses joues, que ses membres étaient paralysés et tremblants à la fois, et que la peur lui donnait envie de disparaître pour ne plus rien ressentir.
Il entendit au loin une porte s'ouvrir. Il n'était plus en état de prêter attention au monde qui l'entourait.
Bien vite, des bras chauds et familiers l'entourèrent et il entendit des paroles douces et apaisantes à son oreille. Des paroles modulées par une voix qu'il connaissait et qui avait le don de le rendre plus serein. Les mots se frayèrent un chemin dans son esprit, luttant contre l'angoisse, et le contact chaleureux de l'autre le calmèrent.
Lentement, mais ils le calmèrent.
Au bout d'un long moment, Ivan fut capable de relever son visage vers Alfred, alors que son corps tremblant et épuisé restait sur le lit, d'où il ne parviendrait de toutes façons pas à bouger avant d'avoir repris des forces.
-Que s'est-il passé ? fit alors Alfred en caressant doucement ses cheveux.
Le geste tendre réchauffa doucement le cœur malmené du grand russe. Ce dernier ferma les yeux quelques instants, appréciant le mouvement et le contact sur son crâne. L'air et la voix d'Alfred se mélangeaient entre tristesse, choc et douloureuse impuissance.
Il n'y avait rien à faire pendant les crises d'angoisse. Juste à être là et attendre que ça passe. C'était dur à vivre et à voir, mais heureusement, Ivan en faisait rarement.
Depuis combien de temps n'en avait-il pas fait une grosse comme ça ?
La peur que tout recommence le prit, mais il la refoula. Il n'était pas prêt à subir une deuxième montée d'angoisse, il avait son quota pour la journée.
Dire qu'auparavant il en faisait plusieurs par jours, des comme cela… comment avait-il pu vivre ainsi ? Il n'arrivait plus à le concevoir. Il ne l'aurait plus supporté désormais. Plus du tout, même.
Puis, au bout d'un autre bon moment, il rouvrit les yeux pour contempler Alfred qui attendait toujours sa réponse.
Il ne savait pas comment aborder le sujet.
Il avait essayé de nombreuses fois au cours des derniers jours, mais il ne parvenait pas à s'exprimer clairement sur ses peurs. Et si jamais il s'en faisait pour rien ?
Non. Il s'était déjà posé de nombreuses fois la question, et il refusait de repartir dans un long questionnement intérieur. Il devait savoir une bonne fois pour toutes.
-Il se passe quelque chose, hein ? fit Ivan, la voix trop nouée pour être élevée. Je le sens. Tu me caches quelque chose ? Qu'est-ce qui se passe, Alfred ?
L'Américain eut tout d'abord un visage extrêmement surpris, puis peiné, et enfin plein de culpabilité.
-Ivan, je… commença-t-il.
-Est-ce que tu vas partir et tu n'oses pas me le dire ? continua le Russe d'un ton prêt à céder à la panique. Je sens que quelque chose ne va pas. Dis-moi. Je t'en supplie…
Alfred regarda l'homme qu'il aimait. Était-ce à cause de lui, cette crise d'angoisse ? Il sentait la culpabilité monter en lui, terrible.
Sans le vouloir, il avait blessé Ivan alors que c'était bien la dernière chose qu'il aurait voulu.
Lui qui n'avait rien dit pour ne faire de mal à personne… il créait de grosses angoisses supplémentaires chez le Russe qui n'avait pourtant pas besoin de cela…
Il lui caressa doucement les cheveux. Il devait vraiment être très empathique pour avoir ressenti son trouble, qu'il s'efforçait pourtant de ne pas montrer…
-Non, ça n'a rien à voir… je ne vais pas partir, Ivan. Je reste avec toi, je te le promets !
Les yeux d'améthyste vinrent se fixer dans les siens, en attente d'une réponse.
-Alors… quoi ?
Alfred se mordit un peu la lèvre. Il avait peur de le lui dire, de l'inquiéter encore plus. Mais s'il ne le faisait pas, ce serait certainement pire… Ivan pouvait s'imaginer absolument n'importe quoi, après tout…
-J'ai de gros problèmes d'argent. J'ai contracté des dettes. Auprès de gens… pas très recommandables.
Le regard violet de son futur compagnon s'écarquilla.
-Q-quoi ? M-mais Alfred !
-Je sais, c'était complètement stupide, le prit de vitesse le blond. Je ne savais pas contre qui je me frottais. C'est à cause des jeux d'argent… le poker et tous ces jeux de cartes… j'ai toujours trop aimé ça… c'est devenu une très mauvaise chose pour moi… j'ai joué dans un nouvel endroit, mais mes adversaires doivent tremper dans des affaires louches… ils me menacent… et je ne veux pas demander d'argent à mes parents… qu'est-ce qu'ils penseraient de moi…
Ivan vint glisser sa main dans celle de l'Américain, pour la lui serrer doucement.
Il était très inquiet et trouvait que ces ennuis étaient suffisamment graves pour qu'il n'en rajoute pas en blâmant Alfred de ce qu'il avait fait. Cela devait beaucoup lui peser…
Néanmoins, maintenant il savait. Lui qui s'était imaginé les pires scénarios possibles… tout était encore arrangeable, il supposait. Du moins l'espérait-il.
-Tu dois arrêter de jouer à des jeux d'argent, Alfred… déclara-t-il simplement.
-Je fais beaucoup beaucoup d'efforts pour arrêter depuis qu'on est ensemble, avoua timidement le médecin. Je ne veux pas que ça soit une source d'inquiétude de plus pour toi… je n'y joue presque plus…
Ils restèrent silencieux quelques instants. Ivan contempla leurs doigts entrelacés tout en réfléchissant.
-Qu'est-ce que tu vas faire pour payer ? Tu as une date butoir ?
-Bientôt, soupira Alfred. Et j'ai fait beaucoup d'économies pour en payer une grosse partie. J'irai leur donner ça, ça devrait leur montrer ma bonne foi, peut-être qu'ils me donneront un délai supplémentaire… il n'y a pas de raisons qu'ils ne le fassent pas, après tout, c'est dans leur intérêt s'ils veulent revoir leur argent !
Le sourire confiant qu'arbora Alfred en prononçant sa dernière phrase rassura quelque peu Ivan. Il n'avait jamais été confronté à ce genre de problèmes. Lui avait dû amasser de l'argent, mais pour vivre, pas pour rembourser des dettes liées à des jeux d'argent. Il ne connaissait rien de ce genre de milieu, aussi décida-t-il de se fier à l'air confiant de l'homme qu'il aimait. Il espérait que tout irait bien pour lui…
-Si jamais tu as vraiment des problèmes, promets-moi que tu en parleras à tes parents, insista-t-il tout de même. Je ne veux pas qu'il t'arrive de gros problèmes… je suis sûr qu'ils ne te verront pas différemment. Ça peut arriver à n'importe qui de tomber dans une addiction. Regarde le nombre de gens qui fument… sur le long terme, ce n'est pas moins dangereux.
Alfred acquiesça doucement, l'air penaud. Il savait qu'Ivan avait raison, et son ton calme et raisonnable lui donnait envie de l'écouter et de faire ce qu'il disait, malgré sa peur de la réaction de ses parents.
Il se sentait mieux d'en avoir parlé à quelqu'un. Cela le libérait d'un gros poids et le soulageait beaucoup.
Ivan eut un petit sourire, qu'il lui rendit timidement.
-D'accord… je te le promets…
-Bien, fit doucement le grand russe.
Alfred se pencha pour poser ses lèvres sur celles d'Ivan, provoquant une petite étincelle dans leurs ventres à tous les deux. Ils ne savaient se passer l'un de l'autre. Alfred sentit que lorsqu'ils pourraient vivre ensemble, Ivan pourrait bien être le plus raisonnable des deux… bien qu'il ait du mal à admettre ses erreurs.
Celle-ci était toutefois bien trop grosse pour qu'il le nie. Il avait entièrement conscience d'avoir fait une énorme erreur et d'avoir été complètement stupide.
Il comptait bien se rattraper, et ensuite, ils pourraient tous deux être plus sereins.
C'était peut-être bien l'un des derniers obstacles à franchir avant qu'ils ne puissent vivre enfin heureux tous les deux…
oOo
Le lendemain, Alfred arriva dans la chambre d'Ivan avec une bonne nouvelle.
-Je t'ai obtenu une permission pour le nouvel an ! se réjouit l'Américain.
Ivan, en train de regarder une vidéo de chatons sur Youtube, leva les yeux vers lui. Il les écarquilla lorsque l'information parvint enfin jusqu'à son cerveau.
-C-c'est vrai ? souffla-t-il doucement.
Le grand russe était déjà extrêmement heureux d'avoir pu passer son Noël en compagnie de l'homme qu'il aimait et ses deux sœurs, alors il n'en avait pas espéré tant pour le nouvel an. Il s'était résigné à le passer à l'hôpital et cela ne le dérangeait même pas à ce point : il avait eu son quota de bonheur jusqu'à la toute fin de l'année.
Visiblement, Alfred en avait décidé autrement.
-Oui ! Bon, cette fois, c'est avec mes parents, mais j'imagine que ça ne te dérange pas ?
Ivan eut un beau sourire qui conforta Alfred dans ses pensées. Ses lèvres s'étirèrent aussi. Il savait que son petit-ami s'entendait bien avec ses deux pères, et que ces derniers adoraient Ivan.
-Pas un seul instant, lui assura le jeune homme de sa voix douce.
Alfred vint vers lui et ne put s'empêcher de l'enlacer avec tendresse. Il avait entendu le bonheur que cette nouvelle lui procurait dans sa voix, et cela ne le rendait que plus heureux encore.
-J'ai hââââââââte ! fit-il d'un ton excité et impatient. Ça va être trop bien ! Mes parents, mon frère, le meilleur ami de mon frère… et toi !
Ivan sourit et déposa un doux baiser sur son front.
-Et toi. Ne t'oublies pas. Tu es le plus important, après tout…
Alfred en rougit de plaisir.
L'année avait eu ses hauts et ses bas, mais s'il occultait ses propres problèmes, qu'il pourrait probablement régler avec une discussion entre adultes sensés et matures, elle allait se terminer en beauté, dans un bonheur qui ne serait pas entaché par les aléas de la vie.
