Blabla de début de chapitre : Bonjour tout le monde ! Désolée si ce chapitre a tardé, mais j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire. Heureusement, ça s'est débloqué sur la fin, mais c'était vraiment une épreuve. u.u

J'espère qu'il vous plaira, en tout cas, c'est le dernier avant le retour aux ennuis, eheheh. :p

Réponses aux guests :

Anonyme : Coucou ! Ca me fait vraiment plaisir que tu me suives comme ça, même si du coup je me sens coupable de mes retards. xD Au moins ça me motive à me bouger et c'est pas plus mal, il m'en faut bien de la motivation quand celle qui me sert pour écrire se fait la malle. :p

Ca me fait vraiment plaisir, en tout cas, comme review TwT

Pour Ivan, il aura encore un moment assez fort niveau crise, puis après non, parce que bon, le pauvre, faut bien que ça s'arrête un jour. xD

J'espère que ce chapitre-ci te plaira, en tout cas ! :D

MirryD : En effet, les problèmes vont bientôt revenir, mais pas dans ce chapitre-ci ! ) Merci beaucoup en tout cas, ça me fait très plaisir, comme toujours ! :D

Bonne lecture à tous !


Chapitre 14 : Éclats de lumière

Ivan se sentait fébrile, sur le perron de la porte. Alfred et lui étaient sortis de l'hôpital une vingtaine de minutes auparavant. Il faisait déjà nuit, et on sentait l'ambiance de fête dans les rues de la ville. Les décorations de Noël étaient toujours présentes, et des fanions de couleur en guirlandes étaient suspendues aux lampadaires, témoignant de la présence d'une fête.

Les feux d'artifice seraient tirés à minuit pile, au-dessus d'un grand lac près de la ville. Ils étaient censés s'y rendre lorsque le moment serait venu, et Ivan avait curieusement hâte, bien qu'il n'ait jamais particulièrement été un grand fan de feux d'artifice. Il pressentait que ce serait un joli moment.

L'homme qu'il aimait fini par ouvrir la porte et ils s'engouffrèrent dans la maison familiale.

Il régnait dans la demeure de délicieuses odeurs de nourriture. Les décorations étaient encore là : un énorme sapin qui trônait dans le salon, des guirlandes partout, de la fausse neige, et bien d'autres choses encore.

-Bonjour Ivan ! sourit Arthur qui s'avançait vers eux pour les accueillir.

Le grand russe lui rendit un peu timidement son sourire et serra la main qu'il lui tendit. Il était encore embarrassé, mais il se sentait bien dans cette maison si chaleureuse.

-Salut Daddy ! fit joyeusement Alfred en enlaçant son père, plus petit que lui, qui lui rendit son étreinte.

-Votre journée s'est bien passée ? demanda ce dernier en leur souriant après s'être écarté de son fils.

Ivan répondit brièvement, n'ayant jamais grand-chose à raconter, puis Alfred se lança dans le récit de sa journée. Il raconta le rendez-vous qu'il avait eu avec un patient, ancien patient de l'hôpital. Celui-ci se prenait auparavant pour un poney, et s'il était quasiment guéri, il lui restait encore quelques restes, comme des envies de foin subites parfois. Arthur ne put s'empêcher de rire lorsqu'Alfred lui expliqua cela, rejoint bien vite par le médecin. Ivan sourit, et une porte s'ouvrit quelques mètres plus loin, pour laisser passer le visage franchement amusé de Francis.

-Vous avez l'air de vous amuser, ici ! Oh, bonjour Ivan ! Comment vas-tu ?

Avec un sourire gentil, il vint à lui pour lui serrer la main. Ivan lui rendit son sourire. Francis était foncièrement quelqu'un de bienveillant, et cela se voyait vraiment.

Cependant, il retourna vite en cuisine, très occupé à préparer le réveillon. Arthur installa son fils et Ivan dans le salon en leur servant un petit apéritif et des biscuits salés. L'ambiance se réchauffait de plus en plus, étant déjà agréable à la base. Ivan avait beau sentir qu'Arthur était du genre plutôt réservé voire timide, il était très sympathique avec lui et lui posait diverses questions sur ses lectures, ses sœurs, et les choses qu'il appréciait. La conversation dériva sur la série qu'il lui avait offert à Noël : Doctor Who. Ivan avait beaucoup apprécié et Alfred prit joyeusement part à la conversation.

Alfred adorait les extraterrestres et l'espace, aussi parla-t-il donc de toutes les séries et tous les films à ce sujet qu'il connaissait. Cela faisait beaucoup.

-C'est bizarre que Mattie et Gilbert ne soient toujours pas là… finit par dire Arthur en regardant la pendule du salon. Surtout que Mattie est toujours très ponctuel…

-Il y a peut-être de la circulation, supposa Alfred. Ou alors…

Son sourire plein de sous-entendus fit lever les yeux au ciel de son père et Ivan sourit légèrement.

La sonnerie du téléphone d'Arthur coupa court à leurs questionnements. Le blond décrocha en voyant le nom de son deuxième fils s'afficher sur le petit écran.

-Allô Mattie ? Ça va ?

Les deux jeunes hommes le virent légèrement froncer les sourcils et afficher une moue ennuyée alors que Mattie disait des choses qu'ils ne pouvaient entendre.

-Très bien, je comprends… non non, ne t'en fais pas ! Ce n'est pas grave, c'est normal ! Prends soin de lui, et fais attention à toi aussi ! Bonne soirée treasure… on passera te voir demain !

Il raccrocha après la réponse de Mattie et passa brièvement sa main dans ses cheveux déjà ébouriffés.

-Ils ne viendront pas… Gilbert est tombé bien malade et Mattie va rester avec lui !

-Ooooh… fit Alfred avec une moue déçue. Il n'a rien de trop grave ?

-Un début de grippe, mais Mattie a dit qu'il avait ce qu'il fallait pour que ça ne dégénère pas. On aura qu'à aller les voir demain avec le repas du midi, si Gilbert se sent de le manger !

Il alla prévenir Francis du changement de dernière minute tandis qu'Ivan et Alfred restaient ensemble.

-C'est pas cool pour Gil… soupira Alfred. J'espère que Mattie choppera pas la grippe aussi ! Ça craint comme maladie !

Ivan avait une santé physique plus solide que sa santé mentale, aussi n'avait-il jamais eu la grippe, mais il imaginait sans mal que cela devait être désagréable.

-En tout cas, c'est bien dommage… sourit Alfred d'un air sournois. Moi qui voulait réussir à les amener sous une branche de gui pour qu'ils s'embrassent, c'est bien raté…

Ivan ne put s'empêcher de pouffer de rire et Arthur et Francis furent ravis de les voir rire ensemble lorsqu'ils vinrent dans le salon. Les deux pères se sourirent en voyant ce tableau.

Alfred redressa la tête en les voyant tous les deux arriver.

-C'est prêt ? Je vais mettre la table alors !

-Je vais t'aider ! réagit Ivan.

-Non non, pas la peine, reste là !

Le grand Russe le suivit tout de même, avant que Francis ne les interrompe en riant.

-La table est prête depuis un moment, vous savez ! Arthur s'ennuyait un peu alors il a voulu le faire en décorant un peu…

Ils se rendirent donc tous les quatre dans la vaste salle à manger jouxtant la cuisine. Il y avait une belle et grande cheminée allumée, des décorations et de nombreuses bougies bien stables dans leurs bougeoirs. Arthur enleva les deux assiettes et leurs couverts qu'auraient normalement dû utiliser Matthew et Gilbert. La table était pourvue d'une nappe dorée, de petites bougies plates et rondes, de santons, de porte-serviettes en forme de guirlande de Noël, de sets de table sapins et d'assiettes colorées des couleurs des fêtes de fin d'année.

Arthur alluma les bougies pour donner une ambiance plus festive. Puis, lui et Francis allèrent chercher le début du repas.

Ils discutèrent tous quatre joyeusement dans une bonne ambiance. Ivan était parfaitement ravi d'avoir pu vivre deux réveillons si agréables en si peu de temps. Il ne sentait plus toutes ses peurs au fond de lui, pris par le bonheur de l'instant présent, même si demeurait son inquiétude pour la situation d'Alfred. Cependant, la confiance de ce dernier quant à sa résolution l'apaisait. Le médecin pensait réellement que cela allait s'arranger, et s'il était relativement -relativement !- tranquille par rapport à cela, alors il lui faisait confiance aussi.

Cela lui faisait réellement du bien d'oublier un peu toutes ses angoisses lui tordant constamment le ventre. Il se sentait dans une atmosphère ouatée, comme dans une bulle, ou mieux, dans du coton. Du coton qui amortissait toutes ses pensées négatives qui devenaient alors ténues, diffuses, facilement dominées par celles qui étaient meilleures et en train de traverser son esprit.

Francis faisait un excellent interlocuteur. Il était curieux sans être intrusif, agréable et gentil. Arthur l'était aussi, gentil, mais il sentait que la bonté sans limite d'Alfred venait de Francis. Il se dégageait de l'Anglais quelque chose comme du cynisme. Francis possédait cette sorte de candeur et de foi en les gens, là où Arthur semblait en avoir un peu trop vu pour les avoir gardées.

Cela se confirma au cours de la conversation. Francis semblait déplorer le fait que son mari serait bientôt très occupé avec son travail, ce que ce dernier regrettait.

Ivan décida d'oser timidement une question.

-J'ai cru comprendre que vous aviez un poste important pour le gouvernement… non ?

-Le gouvernement britannique, répondit Arthur en souriant un peu. Le MI-6, plus précisément.

Ivan écarquilla les yeux. Le MI-6 était le service de renseignements extérieurs du Royaume-Uni. Pas une mince affaire, donc. Le luxe dans lequel vivait sa famille s'expliquait complètement. Néanmoins, il était sidéré. Jamais il n'aurait deviné une telle chose ! Surtout qu'ils n'étaient pas à Paris, mais dans une ville de moindre importance, ce qui était surprenant. Et comment Arthur pouvait ne pas savoir les ennuis de son fils en étant membre d'un service de renseignements d'importance mondiale ?

Toutes ces questions entouraient avant tout une seule pensée : Ivan était extrêmement impressionné. Francis sourit devant son regard tandis qu'Alfred semblait particulièrement fier de son père. Ce dernier semblait plutôt embarrassé.

-Je travaillais à leur solde quand j'étais plus jeune… commença-t-il.

Un ancien espion, donc. Ivan allait de surprises en surprises et était d'autant plus impressionné.

-Et puis finalement je me suis avéré plus utile et doué comme membre du service à part entière… mais je peux travailler à domicile tant que je prends des mesures de sécurité, comme du cryptage par exemple. Mais bien sûr, je dois quand même me rendre à Londres pour travailler sur les choses les plus importantes…

Ivan acquiesça. Il comprenait mieux, bien qu'il ne puisse s'empêcher de rester sidéré. Réellement. Lui, patient d'un hôpital psychiatrique dont la famille touchait à peine le RSA, dînait en face d'un membre d'un des plus gros services de renseignements au monde. Il y avait de quoi avoir la tête qui tourne…

Alfred se vanta quelques instants du fait que son père soit « trop cool », et la conversation dévia naturellement vers d'autres sujets. Francis eut l'air enchanté qu'Ivan ait un éventuel projet d'avenir avec sa sœur, bien que tout soit très flou pour lui, et très incertain.

Le Russe était simplement heureux. De sa soirée et de l'avenir qui semblait se profiler. De ses espoirs revenus et de ses peurs qui disparaissaient peu à peu.

Mais surtout, il était heureux de vivre ce simple moment, de se sentir un peu appartenir à une famille qui n'était pourtant pas la sienne.

Il sentit son cœur battre un peu plus fort dans sa poitrine lorsque la main d'Alfred trouva la sienne sous la table et que leurs doigts s'enlacèrent.

Leurs regards se croisèrent, le médecin lui sourit. Doucement, tendrement. Les joues d'Ivan se colorèrent un peu et lorsqu'il lut tous les sentiments contenus dans les yeux de l'Américain il sentit un très fort sentiment l'envahir.

Alfred le faisait vivre. Littéralement.

Il avait ranimé tout ce que l'hôpital et la maladie avaient éteint en lui.

L'espoir. La détermination. L'envie de vivre. Et l'amour, aussi, bien sûr…

Cela faisait plusieurs mois qu'Ivan avait réellement l'impression de redécouvrir le monde, de l'appréhender différemment. Il se redécouvrait lui-même, ainsi que ses émotions qui, désormais, tourbillonnaient en lui comme un ballet incessant.

Le reste du repas se passa sur le même ton joyeux et léger. Alfred et Ivan avaient gardé leurs doigts entrelacés et c'était parfait comme cela. Après avoir dégusté le merveilleux dessert de Francis, une omelette norvégienne flambée au Grand Marnier, ils plaisantèrent sur leurs résolutions de la nouvelle année qu'ils ne comptaient pas tenir.

Francis plaisanta sur l'addiction aux sucreries d'Arthur et Alfred qui ne diminuerait probablement jamais, tandis qu'eux l'embêtèrent sur le nombre de lotions capillaires qu'il ne pouvait s'empêcher d'acheter. Il fallait dire que les cheveux de Francis étaient parfaitement entretenus, il semblait y accorder beaucoup de soin et d'intérêt. Ce qui lui valait les taquineries de sa petite famille, bien entendu.

Ivan se sentit bien parmi toute cette insouciance bonne enfant. Alfred et lui s'amusèrent à un jeu de société bien connu, sur lequel l'Américain s'énerva autant qu'il pouvait. Il geignit qu'Ivan trichait, ce qui fit beaucoup rire ce dernier qui jouait selon les règles du jeu.

Le blond finit par abandonner, boudeur, lorsqu'il dut payer une somme astronomique en passant sur une case achetée au préalable par le grand russe.

Ce dernier, extrêmement amusée par l'attitude puérile, mais qu'il trouvait adorable, de l'homme qu'il aimait.

Il écarta le plateau de jeu pour consoler le médecin de sa défaite de toutes façons inévitable, quand bien même il n'aurait pas abandonné la partie. Alfred lui pardonna vite au bout de quelques câlins et bisous.

Puis, lorsque Francis taquina Arthur en voyant minuit approcher, au sujet du gui se trouvait accroché au plafond, Alfred se leva soudainement, presque en sursaut.

Ses pères et Ivan le regardèrent d'un air plutôt surpris.

-Il y a un problème, mon chéri ? lui demanda Francis.

-Je reviens ! Je dois aller faire quelque chose d'important ! eut-il pour toute réponse.

Il embrassa rapidement Ivan, lui sourit avec tendresse, et prit son manteau avant de sortir dehors.

Les trois adultes s'entre-regardèrent. Aucun d'eux ne savaient quelle mouche avait piqué le jeune médecin.

oOoOoOo

Ivan n'en croyait pas sa chance.

Il se trouvait sur les bords d'un lac somptueux, bien que seulement éclairé par quelques lampadaires et la lune bien ronde au-dessus de leurs têtes. Il ne pensait pas se retrouver mêlé à tant de gens sous la voûte céleste, attendant avec impatience que les chiffres lumineux sur cadran géant atteignent un sextuple zéro. Fondu dans cette masse, il se sentait presque… normal.

Un humain comme tous les autres.

Cette pensée signifiait énormément pour lui.

Mais outre le lac, outre la foule, outre l'attente fébrile, outre la main d'Alfred dans la sienne…

Il y avait la présence douce de ses sœurs à ses côtés. Il sentait la main chaude de Natalya dans la sienne, et l'aura rassurante pleine de tendresse de Katyusha juste devant lui.

Son cœur battait à tout rompre, et les larmes menaçaient de déborder.

Alfred lui avait de nouveau fait une magnifique surprise.

D'abord Noël… et maintenant le nouvel an…

Il leur offrait à tous les trois une pause salvatrice au milieu de leurs problèmes quotidiens. Ils se sentaient comme n'importe quelle famille fêtant le nouvel an, ensemble.

Loin du foyer familial si étouffant, loin de l'hôpital froid et angoissant.

Auparavant, aucun des trois membres de la fratrie russe n'aurait pu penser cela possible.

La main de Natalya raffermit sa prise sur la sienne lorsque le décompte final commençait, repris en cœur par tous les gens sur les berges du lac.

Ivan sentit son cœur exploser de joie en même temps que la première fusée d'artifice.

Les couleurs bleues, rouges, dorées, violettes, vertes, illuminaient son visage en une danse enflammée. Les exclamations de joies lui paraissaient si loin, tant il était pris dans cette bulle de magie et de paix. Son cœur ne décélérait pas, et il aurait voulu conserver la précieuse sensation florissante à l'intérieur pour toujours.

Il était heureux.

Heureux.

Tellement heureux qu'il avait l'impression de voler, s'envoler avec les fusées, flotter parmi les éclats de lumière, et qu'il lui suffirait de tendre les bras pour toucher les étoiles.