Blabla de début de chapitre : Hey tout le monde ! Vous avez vu ? J'ai été plus rapide cette fois ! Et j'aurais sans doute posté dans les temps si l'appel de Skyrim et d'Oblivion n'avait pas été si fort. Je suis faible. Et les jeux vidéo causeront ma perte.
Bref ! Considérez donc la taille de ce chapitre comme une petite compensation ! :p Bon, ok, le thème est pas très joyeux parce que c'est le retour des emmerdes, mais pour ceux qui aiment ça, je vous ai offert un peu de PruCan ! C'est chouette, non ? Non ? Bon, j'arrête de me chercher des justifications, d'accord, j'ai compris.
Ne partez pas tout de suite lire le chapitre avant la réponse aux guests, je dois tout de même vous prévenir que cette fic touche réellement à sa fin, désormais. Il ne me reste en effet plus qu'un chapitre en plus de l'épilogue à écrire. C'est peu, si je respecte les délais, ça ne fait plus que deux semaines en compagnie d'Alfred et Ivan (et pour moi ça sera un grand soulagement d'avoir réussi à finir, mais peu importe, je garde ce blabla pour les notes de l'épilogue).
Donc n'hésitez pas à laisser des commentaires, il ne reste plus beaucoup de chapitres pour le faire, ahah. :p
Réponse à la guest (du coup) :
MirryD: Tu as assez bien deviné deux choses, mais tu vas vite les comprendre en lisant le chapitre ) Merci de nouveau pour ta review, et j'espère que ce chapitre te plaira, malgré sa note bien moins parfaite !
Bonne lecture à tous ! Je vous aime fort ! o/ *coeur*
Chapitre 15 : Sauvetage
Les regards d'Ivan et Alfred se croisèrent à la fin du spectacle lumineux. Le blond sentit son cœur rater un battement en lisant tant d'émotions fortes dans les prunelles violettes. Leurs mains se serrèrent davantage, l'une dans l'autre.
La nouvelle année venait de commencer, cycle éternellement renouvelé.
Mais cette fois-ci, ils sentaient tous les deux que ce renouveau était différent. Qu'il n'était pas seulement symbolique.
Tout allait complètement changer cette année, achevant le travail commencé lors de la précédente.
-Tu sais... je crois que... je me sens prêt. Bientôt.
L'aveu d'Ivan s'était fait en un souffle, et Alfred le regarda, attendant qu'il précise de lui-même sa pensée, bien que sachant parfaitement ce qui se cachait derrière ces simples paroles.
-Pour fusionner... mais...
La joie qui venait de sauter dans le cœur du médecin retomba légèrement au dernier mot.
-Mais ?
-Tu sais… « il » me protège, mine de rien… en quelque sorte… comment je vais faire, lorsque ça sera fini ? Si ma dépression revient, encore plus forte ? Ça m'a sauvé la vie, il n'y a pas si longtemps que ça, après tout…
Alfred vint déposer un léger baiser sur sa joue.
-Fais-toi confiance. Et je serai toujours là pour te protéger, aussi.
Les lèvres d'Ivan s'étirèrent en un petit sourire, timide et hésitant. La confiance qu'il entendait dans la voix d'Alfred le rendait un peu plus serein et déterminé. Il avait foi en lui. Il n'avait pas envie de le décevoir.
Son regard se tourna de nouveau vers les étoiles.
Il avait toujours peur, et il aurait encore peur un bon bout de temps… mais il ne s'en servirait plus comme frein. Il l'utiliserait comme moteur, pour avancer.
Et tout finirait par aller bien. Un jour. Il se le promettait…
Oui, un jour, tout irait bien.
oOoOoOo
Alfred serra davantage son écharpe autour de son visage. Le froid lui mordait les joues et il avait hâte de retrouver le confort chaleureux de la maison familiale
Cependant, il lui fallait attendre avant de le pouvoir.
Les hommes à qui il devait de l'argent lui avait envoyé un message pour qu'ils se retrouvent quelque part. Il fallait qu'il paye ses dettes.
Le jeune médecin était convaincu de pouvoir les persuader d'accepter un paiement en plusieurs fois, mais l'appréhension lui tordait tout de même les entrailles, sans qu'il ne puisse l'empêcher.
Le lieu de rendez-vous était un quartier désert. Il valait mieux éviter que les policiers ne les trouvent dans ce genre de situations. Ces types étaient déjà probablement fichés dans les dossiers judiciaires, après tout.
Alfred s'employa à faire les cents pas dans le parc obscur tandis qu'il attendait ses créanciers. Il détestait rester inactif, surtout sous l'effet du stress. Il devait bouger, ou sinon il allait devenir fou.
Le froid s'insinuant dans ses vêtements pourtant chaud, il sautilla un peu pour garder un minimum de chaleur corporelle.
Il voyait passer la lueur des phares de voiture derrière les grilles du parc, quelques cinq cents mètres plus loin. Il n'aimait pas beaucoup être ici. S'il lui arrivait quelque chose, personne ne pourrait le voir. Hélas, il n'avait pas vraiment été en position de négocier quoique ce soit, étant donné que c'était lui qui devait quelque chose à ces personnes, et non l'inverse. Il ne pouvait que se plier à leurs exigences, en espérant qu'ils seraient ouverts aux négociations.
Il pensa à Ivan pour se rassurer et se sentir mieux. Il se souvenait encore du feu d'artifice auquel ils avaient assisté la veille, pour le jour de l'an. Le grand russe était retourné à l'hôpital. Sa permission se terminait, bien que la famille d'Alfred fêtait un deuxième réveillon en ce soir du deux janvier, pour que Matthew et Gilbert puissent se rattraper. La grippe de ce dernier n'avait pas eu le temps de se développer tant le blond avait pris soin de lui et lui avait prodigué les meilleurs médicaments.
Bien entendu il était toujours malade, mais il pouvait manger sous réserve de ne pas se goinfrer.
Ivan était donc seul, mais ce qu'il lui avait dit à la fin du feu d'artifice lui réchauffait le cœur.
Il se sentait prêt à fusionner. Enfin.
Il allait être guéri. Ils allaient pouvoir œuvrer pour le sortir de cet enfer…
Bien entendu, cela ne se ferait pas en un jour, mais une fois la guérison faite, le reste suivrait naturellement.
Cette pensée lui redonnait du courage pour tout le reste.
Tant qu'il avait Ivan et la certitude que ce dernier serait guéri et sorti dans un futur proche, il pouvait tout affronter. C'était une certitude inébranlable.
Au bout d'une quinzaine de minutes, il entendit enfin des bruits de pas dans le gravier. Il se figea et sentit les battements de son cœur s'accélérer drastiquement. Il se força à se dire que tout allait bien se passer. Il était courageux et fort, il allait faire face, discuter calmement et s'en sortir. N'est-ce pas ?
Il se planta face aux deux hommes dont le visage était complètement fermé.
-Bonsoir, Jones, commença le premier homme d'un ton poli. J'espère que tu as la somme que tu nous dois.
Alfred resserra sa prise sur son sac. Il avait retiré l'argent en espèces, en prévenant sa banque à l'avance, bien entendu. Il avait eu un peu de mal à les faire accepter, mais après tout, aucune législation n'interdisait le retrait de très grosses sommes d'argent.
-En partie, avoua-t-il en tendant le sac. Mais je suis en train d'obtenir le reste ! Il y a plus de la moitié, ici. Dans un mois, je pense, j'aurai tout le reste.
Le sac lui fut retiré des mains. Un des deux hommes fouilla pour compter les billets, tandis que le second s'avançait vers lui, le regard menaçant.
-Nous t'avions prévenu, affirma-t-il d'un ton dur. Nous te relançons depuis trop de temps. Tu as eu beaucoup d'opportunités de nous rembourser, et bien plus que deux chances. Maintenant, c'est fini. Si les simples menaces ne fonctionnent pas, il va nous falloir nous montrer… plus convaincant. Parce qu'il nous faut davantage que des « je pense ».
Alfred recula de quelques pas. Les deux hommes étaient plus grands et musclés que lui. Il avait peu de chance de s'en sortir contre eux. Il se retint de trembler et plein d'options de fuite passèrent par son esprit tandis qu'il essayait de parlementer.
-Je peux signer un papier pour vous le promettre ! assura-t-il.
Il ne pouvait pas affirmer qu'il allait demander de l'aide à ses parents : ce genre d'hommes n'avait pas envie que l'on mêle d'autres personnes à leurs affaires louches.
-Je vous assure que j'ai fait tout le nécessaire ! Je suis en bonne voie de récupérer le reste !
-Trop tard.
La voix avait claqué, sans appel. Le premier homme rejoignit l'autre après avoir déposé le sac dans un buisson, prudent.
-C'est la procédure, Jones. Dans notre milieu, il y a des codes. Si tu ne rembourses pas intégralement tes dettes au bout d'un certain temps, il est de bon ton de donner un avertissement. Mais ne t'en fais pas : t'abîmer trop ne serait pas bon pour nos affaires. Car nous, tout ce que nous souhaitons, c'est être remboursés, n'est-ce pas ?
-S'il vous plaît… commença le blond, conscient que toute cette affaire ne pouvait que finir extrêmement mal pour lui.
-Non, pas de pitié pour ceux qui ne tiennent pas leurs paroles. Tu étais prévenu. Il fallait y penser avant.
Alfred ne demanda pas son reste, sentant bien qu'aucun argument ne pourrait lui épargner un passage à tabac. Sortant son portable, il prit ses jambes à son cou. Sous le coup de la panique, il eut du mal à déverrouiller l'appareil. Alors que les deux hommes le rattrapaient, il ne parvint qu'à appuyer sur l'icône de Skype. Il entendit le bruit de l'appel vidéo alors qu'il échappait le téléphone suite à un coup de poing dans le ventre.
Désespérément, il se mit à crier l'adresse du parc, sans aucun moyen de savoir qui il avait appelé, ni même si cette personne avait décroché.
Tout en continuant de crier l'adresse, il tenta de se défendre tant bien que mal contre ses agresseurs.
Il allait passer un très, très mauvais moment.
oOoOoOo
Ivan se reposait tranquillement dans sa chambre lorsqu'il reçut l'appel. En effet, il avait, pour une fois, accepté de participer aux activités sportives de l'hôpital.
Après tout, il espérait pouvoir enfin sortir dans le courant de l'année, alors il fallait bien qu'il se remette en forme. Auparavant, il était très musclé et faisait du sport et il comptait bien recommencer.
Bien entendu, le sport proposé à l'hôpital consistait avant tout à de la course à pied et des étirements musculaires.
C'était déjà bien et il y avait consacré son après-midi entier. Il se sentait donc assez fatigué, et paradoxalement en forme. Il avait oublié combien il appréciait de se dépenser. Il se sentait vivant lorsque ses muscles chauffaient, ainsi que ses poumons.
Alors, Ivan, après le médiocre repas du soir, s'était confortablement installé dans son lit, ordinateur portable sur les genoux.
Puis, l'appel arriva alors qu'il était en train de lire un article de magazine web sur un sujet culturel qui l'intéressait.
Il laissait toujours Skype en arrière-fond, au cas où l'une de ses sœurs ou bien Alfred se connecteraient. Pour le coup, son compagnon était toujours notifié « absent » puisqu'il possédait l'application sur son téléphone. Il ne pouvait donc pas savoir s'il était présent ou non, n'ayant de notification que lorsque la personne se connectait tout court.
L'appel le surprit donc beaucoup et le fit légèrement sursauter. Lorsqu'il vit que c'était Alfred, il s'empressa de répondre, un léger sourire ourlant ses lèvres. Sourire qui fondit comme neige au soleil lorsqu'il vit l'écran noir et entendit les hurlements.
Il se figea et son sang se glaça dans ses veines.
Que se passait-il ?!
Le Russe parvint à discerner une signification dans les cris d'Alfred, car oui, c'était bien sa voix qu'il entendait.
Une adresse.
À la vitesse de l'éclair, il regarda sur Google Maps. C'était un parc juste à côté de l'asile.
Il ne chercha pas à réfléchir, à trouver une solution, à appeler à l'aide.
Il agit par instinct.
Sans perdre une seconde, il sortit de son lit, revêtit chaussures et manteau avant de quitter sa chambre.
Le cœur battant à tout rompre et l'adrénaline courant dans ses veines, il ne sut trop comment il parvint à quitter le bâtiment sans se faire repérer. Tout en lui criait sa peur et sa colère. Il devait sauver Alfred. L'heure n'était plus au rationnel, et ce fut probablement cela qui l'aida à trouver la force d'attendre la poignée de secondes où les gens de l'accueil détournèrent le regard à cause d'une frasque d'un autre patient.
L'air glacial lui rendit les idées un peu plus claires et il courut, malgré ses courbatures et sa fatigue, jusqu'au parc.
Il avait fait vraiment vite. Alfred devait encore être aux prises avec ses agresseurs. Car les bruits qu'il avait entendu, outre les cris de l'homme qu'il aimait, ne pouvaient qu'être associés à des coups.
Le Parc était sombre, et les rues peu fréquentées à cette heure-ci. En outre, l'endroit était assez grand et la végétation camouflait aisément les bruits lorsqu'on ne s'y trouvait pas.
Ivan mit quelques instants avant d'entendre les bruits étouffés de cris, de paroles et de coups.
Lorsqu'il aperçut son amant à terre, se faire agresser par ces deux hommes à la mine patibulaire, il ne put se retenir.
Brusquement, son autre lui prit le contrôle sous le coup d'un accès de rage.
Il ne chercha même pas à résister.
Alfred avait besoin de son aide. Alfred était en danger.
Il devait le secourir et c'était bien là tout ce qui importait.
oOoOoOo
Les deux hommes étaient à terre, inconscients, lorsqu'Ivan revint à lui. Il ne regrettait absolument pas, bien qu'il ne pouvait que s'attendre à de gros gros ennuis, non seulement pour s'être enfui de l'hôpital, mais en plus pour avoir encore frappé des gens.
Mais tant pis. Cela en valait la peine. Qui sait combien de temps cela aurait pris pour que le personnel de l'hôpital appelle les policiers ou une ambulance ? Car jamais ils ne seraient intervenus, c'était certain.
Ivan se pencha sur Alfred. Ce dernier était blessé et inconscient. Il se saisit de son téléphone portable, tombé un peu plus loin. Il était toujours allumé sur l'appel vidéo de Skype.
Il éteignit ce dernier et tenta de joindre Arthur, au nom de contact « Daddy ».
Le portable était éteint.
Il réitéra avec « Papa » et « Mattie », toujours rien.
Ils avaient dû éteindre leurs portables pour les fêtes…
Il ne connaissait aucun des autres noms et ne savait donc pas s'ils s'apparentaient à des personnes proches de ce lieu.
Cependant, « Gil » attira son regard. Peut-être s'agissait-il de Gilbert, le fameux ami de Matthew ? Il n'avait pas grand-chose à perdre à essayer, après tout…
La tonalité d'appel résonna une fois. Deux fois. Trois fois.
Puis il y eut un « clic » et une voix qu'Ivan ne connaissait pas retentit à l'autre bout du fil.
-Alfred ?
-N-non… c'est Ivan… le… le petit-ami d'Alfred…
Il y eut un bref silence à l'autre bout du fil. Puis, la voix reprit :
-Il s'est passé quelque chose ? Il était censé revenir à son appartement parce qu'il avait oublié un truc !
La voix masculine restait égale mais il y perçait de la méfiance, de l'inquiétude et Ivan sentit que l'homme à l'autre bout du fil était prêt à partir sur le champ du lieu où il se trouvait si problème il y avait.
-Il… il s'est fait agresser… j'ai mis les deux hommes à terre… mais il est inconscient et je crois qu'il est vraiment en mauvais état…
Sa voix se faisait de plus en plus suppliante au fur et à mesure qu'il parlait, mais il se força à ne pas céder à la panique.
Il prit une grande inspiration pour que sa voix cesse de trembler.
Tout allait bien se passer. Tout allait s'arranger.
Peut-être que s'il se le répétait suffisamment longtemps, il finirait par y croire.
Son cœur battait à tout rompre. Il avait peur. Réellement peur que les coups que l'homme qu'il aimait avait subi lui causent de graves soucis. Comme une commotion cérébrale, ou que savait-il encore ?!
La situation était grave. Et elle avait le malheur de lui rappeler de très mauvais souvenirs.
Ne pas céder à la panique. Ne pas céder à la panique.
-Ok Ivan, donne-moi l'adresse, j'arrive tout de suite, fit l'homme d'une voix plus rassurante. On va faire en sorte que les fesses de cette andouille soient saines et sauves, d'accord ?
Son ton légèrement blagueur tira un micro sourire à Ivan, qui lui fut reconnaissant d'essayer de détendre l'atmosphère. En tentant de reprendre son souffle et ses esprits, il débita l'adresse d'une traite.
-Doucement, doucement ! J'ai rien compris ! Tu peux répéter ? Calme-toi, ça va aller ! Je te l'assure !
Ivan s'exhorta au calme, appréciant vraiment l'attitude de la personne à l'autre bout du fil. Il finit par réussir à donner clairement l'adresse.
-Bon, c'est pas loin de là où j'suis, j'arrive vite ! Vous êtes où dans le Parc ?
Ivan tenta de décrire le lieu précis avec le peu d'éléments visuels particuliers qu'il pouvait noter. Puis, celui qui devait très probablement être Gilbert raccrocha en le rassurant une dernière fois.
L'angoisse reprit sa place dans le ventre du Russe. Il était seul, dans le noir et le silence, face à son petit-ami inconscient.
C'était certainement la pire situation qui soit, à ses yeux. Même la perspective de retourner à l'hôpital psychiatrique le paniquait moins.
L'attente le tua à petit feu. Il resta près d'Alfred, observant son état extérieur tout en prenant garde de ne pas le blesser par inadvertance. Il était vraiment blessé, mais les blessures extérieures ne semblait pas vraiment graves. Ce qui l'inquiétait le plus était la possibilité d'un traumatisme crânien.
Ce silence…
Ce silence le tuait.
Jamais la vie n'était silencieuse, avec Alfred. Il était joyeux, vivant, énergique. Le voir assommé, si immobile, d'une façon non naturelle, avec ce sang sur son visage…
Non, c'était la situation la plus atroce qui pouvait être.
Au bout de ce qui lui parut être une éternité, mais qui n'était en réalité qu'une poignée de minutes, il entendit des bruits de pas sur le gravier de l'allée.
Il sortit à la lueur des lampadaires, pâle et paniqué, pour que celui qu'il avait appelé ne mette pas trop longtemps à les trouver.
Ce dernier se tourna vers lui. C'était un jeune homme d'environ leur âge. Il était de toute évidence albinos : ses cheveux étaient blancs, ses yeux rouges, et la couleur de sa peau, de ce qu'Ivan pouvait en juger de par la luminosité ambiante, était proche de celle de la neige.
-Ivan ? questionna-t-il immédiatement.
Celui-ci acquiesça, et l'autre vint vers lui. Il était plus petit que lui, mais restait plutôt grand.
-Je suis Gilbert, le meilleur ami du jumeau d'Alfred ! Où il est ? Il est toujours inconscient ?
Ivan n'aurait jamais pensé rencontrer le fameux Gilbert d'une telle manière, mais il n'avait pas le temps de s'appesantir sur de telles pensées.
-Oui ! Il est là… derrière ce buisson…
Gilbert nota l'angoisse évidente du Russe et vint voir Alfred. Il s'accroupit devant lui, lui prit le pouls et observa ses blessures.
-Boooon… extérieurement, c'est pas grave, on va pouvoir le transporter jusqu'à ma voiture sans trop de problèmes… j'espère juste que tout le reste suivra…
Ivan acquiesça, toujours malade d'inquiétude. Gilbert, visiblement plutôt fort et musclé, réussit à soulever Alfred. Ivan s'empressa de l'aider et ils transportèrent le médecin inconscient tant bien que mal jusqu'à la voiture de l'albinos.
Gilbert cala le blond du mieux qu'il put sur tout l'espace des sièges arrière et revint se mettre côté conducteur, tandis qu'Ivan venait côté passager.
-Pourquoi t'as pas directement appelé une ambulance ou les flics, au fait ? demanda Gilbert. T'avais peur qu'on t'écoute pas ?
-Oui, mais c'est surtout que je ne me rappelais pas du tout de leur numéro…
-Aaaah, je vois… j'suppose que t'as dû essayer d'appeler sa famille en premier, supposa l'albinos en démarrant sa voiture, tout en prenant soin d'adopter une conduite souple pour que le blessé ne subisse pas de brusques à-coups.
Ivan acquiesça tout en regardant celui qui était venu à leur rescousse. Il semblait plutôt confiant et extraverti au premier abord, ainsi que rassurant et sympathique. En tout cas, il semblait savoir très bien assurer dans les situations d'urgence. Une chance qu'Ivan se félicitait d'avoir eue.
-Ils ont éteint leurs portables pour être tranquilles… moi j'étais sorti pour essayer de trouver un truc encore ouvert pour m'acheter des clopes, du coup j'ai pas eu le temps de prévenir et j'ai fait aussi vite que possible… j'appellerai sur leur fixe quand on sera à l'hosto ! Enfin, peut-être que Mattie se sera inquiété d'ici-là et m'aura envoyé un message !
Ivan était reconnaissant à Gilbert de meubler la conversation, même s'il restait sur ce sujet grave. Il détestait les silences pesants dans ce genre de situations. Ainsi, la voix un peu forte et grave de son compagnon d'infortune le rassurait.
Le centre hospitalier était proche de l'hôpital psychiatrique, ce qui était logique puisque les deux étaient des établissements plutôt liés. De ce fait, ils n'étaient pas bien loin et le trajet fut relativement court.
Ivan, prit dans l'urgence de l'instant, ne reprit réellement ses esprits que quand ils furent arrivés et que des infirmiers eurent transporté Alfred dans le secteur des Urgences. Ivan et Gilbert étaient resté dans le couloir. Le premier était assis, regard fixé sur le lino blanc, tandis que le second restait debout et tentait de joindre son meilleur ami.
-Tu y arrives ? finit par demander le Russe, voyant les sourcils froncés de l'albinos.
-Il a toujours pas rallumé son porta- ah c'est bon ! Il appelle !
Gilbert appuya vite sur la touche de décrochage.
-Mattie ! Oui, désolé, je sais que tu t'inquiètes, mais y'a urgence, là… Oui y'a… y'a eu un problème…
Ivan regardait la porte par laquelle on avait emmené l'homme qu'il aimait, tout en écoutant la conversation téléphonique d'une oreille.
Toute cette soirée semblait n'être qu'un gros cauchemar dont il aurait vraiment, vraiment aimé pouvoir se réveiller… l'angoisse nouant son ventre ne l'avait pas quitté, et les minutes se faisaient de plus en plus longues et étouffantes.
-Non ! Enfin je crois que non… nan nan nan, panique pas, je t'assure que ça peut pas être grave à ce point ! Déjà, extérieurement, c'était pas grand-chose. Écoute… ça va aller, d'accord ? Tu me fais confiance ? Alors crois-moi quand je te dis que ça va aller.
Ivan sourit légèrement. Le ton de Gilbert était bien plus doux, d'un coup. Alfred avait visiblement raison concernant la relation entre son jumeau et son collègue, ou tout du moins, leur possible relation future. Le Russe savait reconnaître certains sentiments, et le regard vermeille de Gilbert les contenait.
-D'accord, je t'attends, mais sois prudent en conduisant ! Tes parents viennent pas ? … Ah, ouais… c'est vrai que j'ai pas pensé à m'occuper des flics… ils viendront plus tard alors ? Ok, ok, très bien. A tout de suite, alors !
Gilbert raccrocha le téléphone avant de reporter son attention sur Ivan.
-Mattie arrive, et leurs parents vont s'occuper des flics, de la déposition et tout avant de venir voir Alfred !
-C'est vrai que ça serait bien que quelqu'un s'en occupe, affirma Ivan. Tu penses qu'on va vite avoir des nouvelles ?
Gilbert jeta un coup d'œil vers la porte.
-J'pense, ouais… ça m'étonnerait qu'ils mettent longtemps à l'examiner, ils doivent surtout voir si ça a causé des dégâts à la tête et tout…
Ivan acquiesça. Il savait bien qu'Alfred n'avait pas subi un accident de la route, ou pire, mais les hommes qu'il avait mis à terre n'étaient pas des enfants de cœur. Il avait peur qu'Alfred ait une importante commotion cérébrale, des fractures, voire les deux.
Par exemple, des côtes cassées… il en avait déjà eu suite à une vilaine chute en moto, et il savait par expérience que c'était très très douloureux… à chaque respiration, même.
Après quelques autres minutes d'attente, ils entendirent un bruit de course dans les couloirs, et se retournèrent pour voir apparaître Matthew, courant vers eux, la panique se lisant sur son visage.
-Gil ! s'exclama-t-il, essoufflé. Vous avez des nouvelles ?
-Toujours pas, mais je t'ai appelé y'a dix minutes, aussi ! T'as fait vite ! T'as pas roulé trop vite, au moins ? J'ai pas envie que tu t'retrouves aux Urgences, toi aussi !
Le blond fit un signe de la main signifiant que la prudence n'avait eu que peu d'importance, pour lui. Son visage trahissait sa panique, son inquiétude et son angoisse. Sa relation avec son jumeau était très fusionnelle, et il avait l'habitude de s'inquiéter pour le moindre souci, alors là…
-Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il, complètement atterré par la situation. Oh la la, vous auriez vu la tête de Papa et Daddy… pour le jour de l'an en plus… c'est vraiment trop injuste… il ne méritait pas de se faire agresser comme ça… il est toujours si gentil avec tout le monde…
Voyant les yeux violets s'embuer, Gilbert n'hésita pas et prit Matthew dans ses bras. Ce-dernier se laissa aller contre lui, ayant de toute évidence besoin de réconfort. L'albinos lui frotta doucement le dos avec un regard se voulant rassurant. Puis, il se tourna vers Ivan, une question muette flottant dans l'air.
Le jeune homme se dit qu'il n'était plus temps de faire cas des secrets et qu'il serait injuste de ne pas répondre au moins à Matthew, qui méritait de savoir.
-Alfred devait de l'argent à des gens très peu recommandables, avoua-t-il. Il ne voulait pas vous en parler parce qu'il se sentait coupable, et qu'il avait peur de vous décevoir… il jouait trop au poker, en fait, et il pensait pouvoir négocier avec ses créanciers pour finir de payer le mois prochain…
Matthew eut l'air encore plus horrifié et accablé.
-Mais… mais…
Il eut besoin de mettre de l'ordre dans ses pensées pendant une bonne minute avant de pouvoir répondre quelque chose de cohérent.
-Mais quel crétin ! s'exclama-t-il.
Gilbert ne put retenir un gloussement, ce qui lui valut un coup dans le ventre de la part du blond.
-Ne rigole pas, Gilbert Beilschmidt ! fit ce dernier d'un air courroucé. Mais bon sang, est-ce qu'il lui arrive de réfléchir deux minutes ?! C'est ridicule ! Comme si on allait être déçus qu'il joue trop au poker ! On lui aurait prêté de l'argent !
Gilbert et Ivan laissèrent Matthew s'énerver contre l'idiotie de son frère. Ils sentaient que c'était là sa façon d'évacuer son stress et sa panique… et ils étaient plutôt d'accord avec lui, aussi.
Le Russe nota que le blond restait dans les bras de son collègue et ami, mais n'en dit pas un mot.
Un médecin sortit finalement alors que Mattie s'était calmé. Son air doux et rassurant les soulagea tous grandement, bien qu'ils attendaient impatiemment ses commentaires sur l'état d'Alfred.
-Il a un bras cassé et une légère commotion. Nous avons dû recoudre son arcade sourcilière, sa cheville a une entorse à cause d'une mauvaise chute, mais il va bien. Il est solide, il s'en remettra vite.
Un long soupir de soulagement venant des trois jeunes hommes lui tira un sourire.
-Est-ce qu'on peut le voir ? demanda Matthew.
-Bien entendu. Je vais vous mener jusqu'à sa chambre, si vous voulez bien me suivre… nous allons le garder jusqu'à demain après-midi, pour faire encore quelques examens.
Ivan se leva pour se joindre à eux, mais une nouvelle voix l'interpella.
-Je suis désolé, Ivan… dit Arthur venant juste d'arriver, avec un regard peiné où perçait également de l'inquiétude pour son fils. La police nous a demandé de te ramener immédiatement à l'hôpital psychiatrique, pour ne pas aggraver les problèmes…
Passé la petite frayeur due au fait qu'il ne l'avait absolument pas entendu arriver, Ivan trouva cela profondément injuste qu'on ne le laisse pas voir Alfred. C'était tout de même lui qui l'avait sauvé ! Il avait besoin de s'assurer qu'il allait bien ! Et on lui demandait de retourner à l'endroit où il ne pourrait pas le voir avant un bon moment ? Car il était certain que l'Américain aurait un congé maladie…
Arthur dut percevoir la colère, la frustration et l'incompréhension que ressentait Ivan car il posa une main compatissante sur son bras.
-Je t'obtiendrai une permission dès que possible, mais je ne peux vraiment rien faire de plus… crois-moi, j'aurais vraiment vraiment voulu pouvoir te laisser y aller, mais deux agents sont à l'entrée, et s'ils m'ont laissé venir te parler, ils ne feront pas plus…
Ivan dû bien s'avouer vaincu, et la tristesse se fit sentir sur son visage.
-Bien entendu… je comprends…
-Est-ce que tu préfères que je t'y raccompagne ?
Le Russe le regarda avec reconnaissance. Les parents d'Alfred le traitaient davantage comme un fils que son propre père n'avait pu le faire…
-C'est très gentil à vous, mais votre place se trouve auprès de votre fils…
-Il n'y a pas de souci, lui assura Arthur. Après tout, la tienne aussi est là-bas… et tu as aussi besoin de soutien dans cette histoire… Du reste, Francis est là, il est resté avec les policiers le temps que je revienne, mais il ira voir Al. Et je dois te parler de plusieurs choses. Ce qu'il s'est passé ce soir ne restera malheureusement pas sans conséquences pour toi, et je veux voir comment nous pouvons faire pour minimiser tout cela au mieux…
La voix grave et posée d'Arthur eut le don de calmer Ivan. Il sentait bien le membre du MI-6 à travers lui, et il se laissa entraîner sans rien dire. Le Britannique avait raison. Hélas.
Ses sombres pensées revinrent le tirailler, en plus de sa tristesse et son angoisse, avant qu'Arthur ne le ramène à la réalité.
-Ivan ?
-Oui ?
-Merci. Merci infiniment d'être venu le sauver.
Ivan lui offrit un sourire fatigué mais sincère en retour, aussitôt rendu par le père de celui qu'il aimait.
Quelque chose lui disait que, aussi problématique cette histoire allait être pour lui auprès de la justice et de l'hôpital, il avait un allié de taille pour l'aider et l'en sortir au mieux.
Pour l'heure, il allait devoir attendre et prier pour pouvoir voir Alfred au plus vite…
L'important étant que celui-ci aille bien. C'était ce qui importait le plus pour Ivan.
Il lui avait rendu tout ce que ce dernier avait fait pour lui. Il l'avait protégé.
Il pourrait au moins réussir à dormir cette nuit, sachant le médecin entre de bonnes mains, et auprès de sa famille… lui l'accompagnerait au moins au cœur de ses songes…
