La première fois qu'Adrien avait vu Ladybug, il venait d'avoir quatorze ans, et il regardait avec émerveillement la super-héroïne sauver Paris, sur l'écran géant qu'il venait de recevoir. Le garçon était resté sans voix, et pendant les heures qui suivirent, ne put détacher son regard de la jeune fille, changeant de chaîne jusqu'à ce qu'il en trouve une nouvelle diffusant des images d'elles.
Il se souvenait de l'excitation générale qui avait gagné Paris, ce jour-là, et des gros titres qui étaient à peu près restés les mêmes pendant des semaines, voire des mois. Une héroïne à Paris, disaient-ils, notre nouvelle gardienne, l'appelaient-ils.
Et, deux ans plus tard, il avait seize ans, et il regardait toujours l'écran avec la même fébrilité, un sourire idiot peint sur son visage.
Aujourd'hui était un jour spécial, pile deux années après la première apparition de Ladybug, ce qui signifiait très exactement un an, dix mois et trois jours depuis celle de Chat Noir. Adrien ne savait pas s'il pouvait vraiment arriver devant Ladybug pour fêter leur « un an, dix mois et trois jours », mais il pouvait très bien lui fêter ses deux ans à elle, ça ne devrait pas être un problème.
Il regarda sa montre, qui indiquait à peine quinze heures. Pour leur patrouille habituelle, il lui avait demandé s'ils pouvaient se retrouver un peu plus tôt que d'habitude, et elle avait accepté, devinant sûrement que c'était un jour spécial. Adrien avait envie de passer un peu plus de temps avec elle, surtout depuis qu'il la connaissait un peu mieux. Bien sûr, il l'avait toujours beaucoup observé, mais Ladybug n'était pas le genre de personne à étaler sa vie privée ; ils surveillaientt Paris ensemble, mais elle refusait sa relation avec Chat Noir de s'étendre plus loin que cela. Mais, si Adrien avait pensé pendant un certain temps qu'elle ne s'intéresserait jamais à lui autrement, il voyait qu'il se trompait.
Le jeu évoluait, d'une certaine manière. Elle s'intéressait à lui, à sa vie en général, sans pour autant chercher à lever le masque.
Adrien soupira, et se releva, ouvrant sa fenêtre sur le ciel couvert de Paris.
— Plagg ! Appela-t-il, Transforme-moi !
Le kwami n'eut même pas le temps de se plaindre (et vu la quantité de fromage qu'il s'était vu offert, Adrien ne l'aurait pas toléré de toute façon), et fusionna avec la bague du jeune garçon pour lui donner son apparence de super-héros.
Il se glissa hors de la chambre, et grimpa sur le toit avec discrétion. Il se dépêcha de bouger, pour ne pas attirer de soupçon sur sa maison. C'était une après-midi de novembre, et les rues étaient froides, moins bondées que d'habitude. Malgré cela, il ne ressentait pas vraiment le froid, du moins pas dans son costume.
En se rendant sur le lieu de rendez-vous, il passa devant un fleuriste, et eut le droit à un bouquet de fleurs, en échange de quelques selfies avec le propriétaire et ses enfants. Cela ne le dérangeait pas, et Adrien était de toute façon déjà habitué à poser. Le bouquet était principalement composé de roses, dont les couleurs oscillaient entre le blanc et le rose, et même s'il aurait bien aimé lui offrir des roses rouges qui rappelaient son costume, il ne voulait pas en faire des tonnes non plus. Il ne tenait surtout pas à mettre Ladybug mal à l'aise, surtout lorsqu'il pensait être sur la bonne voie avec elle.
Il adressa un dernier signe de main au fleuriste, avant de se hisser sur un muret plus haut.
Chat Noir ne tarda pas à se rendre compte que les choses devenaient plus compliquées que prévues. Il ne pouvait se servir que d'une main, l'autre tenant le bouquet, et était habitué à s'aider de ses deux mains pour courir. De plus, un vent glacial se faufilait entre les toits, abimant au passage ses fleurs. Lorsqu'il commença à pleuvoir, le bouquet ne ressemblait plus à rien, et Adrien n'arrivais pas à trouver quelque chose pour les protéger. Il se sentait idiot d'offrir quelque chose d'aussi amoché à sa Lady. Le garçon finit par jeter les fleurs dans une poubelle, non sans regret.
Il lui restait encore quelques minutes à peine pour arriver au point de rendez-vous, mais les toits mouillés et glissants devenaient plus dangereux, et il devait avancer avec précaution.
Lorsqu'il arriva enfin en haut du toit convenu, il était en retard, sans fleurs, et trempé. Ladybug était recroquevillée dans un coin plus ou moins abrité du vent et de la pluie, et elle leva ses yeux vers lui avec soulagement.
— Chat ! S'exclama-t-elle. Tu oses faire patienter une lady ?
Son ton était rieur, et il essaya d'oublier la situation pathétique dans laquelle il se trouvait.
— Ce n'est pas dans mes habitudes, répondit-il en prenant un ton volontairement contrarié. Si ma lady le souhaite, je suis à ses ordres pendant le reste de la journée.
Ladybug secoua la tête, les yeux au ciel, toujours le même sourire aux lèvres. Elle se releva en tentant d'essorer ses couettes basses chargées d'eau et marcha jusqu'à lui. Il regarda sa main, et la prit avec délicatesse pour la porter à ses lèvres, comme il avait l'habitude de le faire dès qu'ils se voyaient.
— Dans ce cas, dit Ladybug, j'ordonne que nous allions nous abriter quelque part. Patrouiller dans ces conditions ne semble pas très productif, si ?
Il secoua la tête, envoyant des gouttes d'eau valser autour de lui.
— Les chats détestent l'eau, fit-il remarquer.
— C'est ce que je pensais.
Le vent était devenu bien plus fort qu'avant, et entrainant la pluie dans une direction presque horizontale. Adrien ne trouvait pas qu'il soit sécurisé de se promener sur les toits ainsi. Mais il semblait que Ladybug veuille toujours passer un peu de temps avec lui, alors il ne protesta pas ; il essaya juste de penser à un endroit convenable.
Ladybug marcha jusqu'au bord du toit (ce qui fit grincer le jeune homme, qui avait toujours peur qu'elle glisse de cette hauteur et se blesse réellement), et pointa du doigt le parc en face d'eux.
— Ça me semble bien, dit-elle.
Chat Noir haussa les épaules, dubitatif.
— On ne peut pas s'abriter dans un parc—
— Il y a une serre, le coupa la jeune héroïne. Elle devrait être ouverte la journée.
Il hocha la tête avec lenteur, lui donnant raison. Les deux héros descendirent rapidement pour se réfugier dans la serre. Elle n'était pas très grande, mais possédait ce côté majestueux que toutes les serres ont (c'était du moins ce qu'Adrien avait toujours pensé). Ils pouvaient, à travers le verre embué, deviner les contours de gigantesques plantes, et de petites fleurs colorées.
La porte était ouverte, et Adrien sentit immédiatement la chaleur humide le réchauffer.
— Woah, dit-il, ça va être difficile de sécher dans ces conditions !
— Au moins, on ne va pas mourir de froid. Et il n'y a plus de pluie.
Ladybug prit le devant, s'enfonçant dans l'allée qui devenait sombre, à cause des plantes hautes qui formaient un arc au-dessus de leurs têtes.
— Je ne suis jamais rentrée ici, avoua la jeune fille, mais je suis à peu près sûre qu'il y a une école d'Art pas loin. Il doit y avoir un coin où les étudiants peuvent…
Elle s'interrompit, lorsqu'au bout du chemin, ils tombèrent sur des fauteuils et petits canapés disposés en cercle.
— Bien deviné, sourit le garçon avec un clin d'oeil.
Il passa devant pour s'installer confortablement sur l'un des fauteuils. Ladybug s'assit en face de lui, d'abord avec retenue, ses jambes croisées ; mais elle ne tarda pas à s'étirer et à s'enfoncer dans son fauteuil avec un petit soupir de contentement. Chat Noir, qui s'était lui-même replié sur lui-même dans une position très féline, la regarda avec amusement, ses oreilles en silicone se dressant affectueusement sur sa tête.
— Mmh ? Quoi ? Finit par réagir sa partenaire.
— Rien…
— Si, il y a quelque chose, chaton, répondit-elle. Tu me fixes.
Il haussa les épaules, essayant de prendre un air détaché.
— Comment ne pas fixer une lady aussi sublime ?
Elle fit la moue, croisant ses bras sur sa poitrine.
— Tu te moques de moi parce que je me mets à l'aise ? Tu n'es pas très bien placé pour faire ça, si je peux me permettre.
— Hey ! Je ne me moque pas, et, ce genre de poses est plutôt naturel pour moi, si je peux me permettre.
Le petit rire qui s'échappa des lèvres de Ladybug lui donna envie de danser. Il pensa à son père, à la pression qu'il lui mettait avec son job de mannequin ; à Chloé, qui n'aidait pas vraiment avec ses caprices. À Nino, qu'il voyait très rarement. Personne n'arrivait à le rendre aussi heureux que Ladybug, personne ne semblait tenir à lui à part elle (et, d'accord, peut-être Nino aussi, mais il le voyait de moins en moins et même s'il n'était pas en tord, Adrien était un peu fâché à ce propos). Personne ne le regardait avec amusement comme elle.
Il soupira. Au final, la personne la plus proche de lui était quelqu'un dont il ne connaissait même pas l'identité. Et qui ne connaissait pas la sienne. Quelle ironie.
— Tout va bien ? Demanda Ladybug, qui lui lançait un regard inquiet.
Il hocha la tête.
— Tu veux en parler ?
Ladybug se leva, toujours sur son fauteuil, et sauta sur le canapé d'à côté, puis celui d'encore à côté. Elle répéta ce manège jusqu'à arriver au fauteuil d'Adrien, qu'elle commença à escalader.
— Ladybug ? Demanda-t-il.
— Pousse-toi, ordonna-t-elle.
— Mais—
— Tu es à mes ordres pour la journée, rappela-t-elle. Il y a bien assez de place pour deux.
Il se poussa contre l'accoudoir droit, lui laissant assez de place pour s'installer à côté de lui. Il retint sa respiration le temps qu'elle s'assoie, car elle était vraiment proche, et que malgré le fait de la connaitre depuis presque deux ans, il n'était pas habitué à une telle proximité (à part de rares occasions, d'accord, comme après la fête de fin d'année au collège, mais ce n'était pas habituel).
Il essaya de se détendre. Ladybug était presque collée à lui, elle portait un parfum sucré et doux, et avait calé son épaule contre la sienne. Son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien. Elle secoua légèrement la tête, et entreprit de retirer les rubans dans ses cheveux encore trempés, donnant un coup de coude au visage de Chat Noir.
— Hey !
— Désolé, mais c'est insupportable de démêler ça après. Qu'est-ce qui ne va pas ?
Les deux phrases avaient été prononcées sur le même ton et sans aucune coupure, et il mit un certain temps avant de comprendre qu'elle lui posait une question. Il se sentit embarrassé, mais aussi heureux qu'elle ait remarqué qu'il n'était pas dans son humeur habituelle. Peut-être était-ce le manque de blagues.
— Chat va.
Bon, d'accord. C'était horriblement mauvais, même lui pouvait le voir. Il pensa qu'il avait rarement fait un jeu de mots — si l'on pouvait encore appeler ça comme ça — d'aussi mauvais gout, et cela eut l'air de confirmer les soupçons de Ladybug, plutôt que de les dissiper.
Elle leva les yeux au ciel d'un air trop sérieux, puis lui donna un autre coup de coude, cette fois-ci dans les côtes.
— D'accord, d'accord, grimaça-t-il. C'était une erreur, ma Lady.
— Quoi donc, ta blague ? Ou bien le fait de ne pas me répondre ?
— Les deux, admit-il. La blague plus encore.
— Je peux adhérer à ça.
Elle lui offrit un autre sourire, qu'il comprit comme sincère et encourageant. Et, encore une fois, quel joli, charmant, et plaisant sourire. Adrien sentit son coeur battre plus vite que d'habitude, et il espérait que le bruit des gouttes d'eau contre les tôles transparentes de la serre suffisait à masquer le bruit de son pouls.
Il soupira.
— Tout change, dit-il. Ou pas assez. Il y a des personnes que je ne vois plus, d'autres que je vois trop. Il y en a que j'aurais toujours aimé voir plus, mais qui ne pensent apparemment pas comme moi. Et il y en a qui ne changent pas, et qui n'essayent pas de changer, qui devraient être là quand j'ai besoin d'elles, pas pour me mettre plus de pression sur le dos.
Ladybug hocha doucement la tête, faisant retomber ses cheveux détachés devant ses épaules. Quelques mèches vinrent trouver une place devant ses yeux lumineux, et elle secoua un peu la tête en arrière pour les chasser. Chat Noir essaya de se concentrer sur les larges feuilles vertes, ou les guirlandes de lavande qui les entouraient.
— C'est de ma faute, pourtant, continua-t-il. Je ne dis rien et je me laisse déborder par tout ça.
— Affronte-les, dit-elle avec fermeté. Tu es Chat Noir, non ? Si tu peux dire ce que tu veux à un super-vilain en train de terroriser la ville, tu dois bien pouvoir discuter avec ton entourage.
Il avait envie de croire ses paroles ; et sorties de sa bouche, elles paraissaient bien plus naturelles que dans ses pensées.
— Mais combattre des vilains semble si naturel. Tu dois trouver ça idiot, rit-il.
— Pas du tout.
Il se retourna surpris vers elle, s'attendant à un regard moquer au moins. Ce ne fût pas ce qu'il trouva.
— Je comprends ce que tu veux dire, clarifia-t-elle. C'est facile d'avoir l'air plus sûr de soi quand on porte un masque, et qu'on ne peut pas juger la personne que nous sommes vraiment.
Il hocha la tête à son tour. Les discussions qu'il avait avec Ladybug étaient toujours ainsi ; très floues, mais ils se comprenaient toujours.
— Je suis pareille, continua-t-elle. J'ai été amoureuse du même garçon pendant des mois, et je n'ai jamais osé le lui dire. Au final, je suis sûre qu'il ne m'a jamais vraiment remarqué, et je ne le reverrais probablement plus jamais. Il m'a filé entre les doigts, et c'est de ma faute, parce que je n'ai jamais rien fait, au final, même si j'essayais de me convaincre que si.
Chat Noir cligna plusieurs fois des yeux, ahuri par les mots qu'il venait d'entendre. Ladybug aimait quelqu'un ? Il sentit un gout amer se propager dans sa bouche, en pensant qu'il existait un type assez stupide pour ne pas la remarquer.
Mais il se rendit rapidement compte qu'en fait, les choses étaient plutôt à son avantage. S'il reformulait ses mots, il obtenait ceci : Ladybug était amoureuse d'un gars apparemment stupide, mais qu'il n'avait jamais fait attention à elle et que du coup, rien n'était arrivé entre eux ; et qu'ils avaient été séparés pour une raison ou une autre, qu'elle ne le reverrait plus. S'il comprenait bien, Ladybug était en train de le laisser tomber.
J'ai été amoureuse. C'était du passé, pas du présent. Elle ne l'aimait plus.
Enfin, peut-être qu'elle ne l'aimait plus. Elle avait dit l'aimer pendant des mois, il ne savait pas trop. Mais ça ne lui semblait pas si mauvais que ça. Peut-être même que c'était là l'explication à ses refus répétés, peut-être qu'il avait maintenant une chance.
— Ce n'est pas de ta faute, dit-il malgré lui. Il devait être aveugle et—
— Oh, Chat, rit-elle, tu ne sais même pas de qui il s'agit, ni ce qui s'est passé.
— Si, je sais, grimaça-t-il.
Bien sûr qu'il ne savait pas.
— Je veux dire, se reprit-il, que je sais qu'il est complètement impossible de pouvoir ignorer une personne aussi… Éclatante.
— Ne dis pas de choses stupides, le réprimanda-t-elle gentiment.
— Je suis très sérieux.
Ladybug ouvrit la bouche, les lèvres frémissantes et humides, et il n'arrivait pas à détacher ses yeux des détails, des reflets rosés, de la peau lisse et des courbes ravissantes qu'elles formaient. Des lèvres qui semblaient à court de mots.
Ladybug dû se pousser un peu pour lever son bras gauche sans trop le pousser, ce qui rappela à Chat Noir que la chaleur qu'il sentait contre son corps émanait d'elle, et qu'ils étaient trop proches.
Trop proches. Bien trop proches. Beaucoup, beaucoup, beaucoup trop proches.
Elle approcha sa main du visage d'Adrien, finissant par frôler ses joues chaudes de ses doigts, malheureusement recouvert du tissu de son costume.
— N'en fais pas trop, Chat, rappela-t-elle.
Il n'en faisait pas trop. Il en faisait juste assez, et même trop peu, et c'était stupide, comme s'il pouvait en faire trop pour Ladybug ! Elle ne pouvait pas dire — trop —, elle ne pouvait pas le penser sérieusement.
— Pourquoi ? Demanda-t-il d'un ton plus bas qu'à son habitude.
Le bout des doigts, touchant le bord inférieur de son masque. Puis, une ligne imaginaire, jusqu'au creux de sa bouche ; et au niveau de sa mâchoire.
— Je ne sais pas, avoua-t-elle simplement.
Chat Noir redressa très lentement son dos, remontant sa tête de quelques centimètres, au niveau du visage de la jeune fille. Leurs fronts se touchaient presque, et il eut du mal à savoir quoi faire de ce presque. Ils ne pouvaient pas juste rester comme ça, c'était ridicule, et la chose la plus frustrante qu'Adrien ait jamais vécue.
Ladybug avait laissé sa main contre son visage, et il avait positionné ses bras autour de ses propres jambes repliées contre son torse ; il devait faire quelque chose, plutôt que de rester là, à bêtement espérer qu'elle ferait le premier pas.
Il finit par bouger son épaule gauche, pour se positionner bien face à elle, et posa très délicatement sa main sur le haut du dos de Ladybug, devinant la matière lisse du costume, et les cheveux engourdis par la pluie. S'il n'avait pas eu ses gants, il aurait pu ressentir tout cela avec beaucoup plus de précision, mais il ne pouvait maintenant que penser aux sensations. La jeune héroïne vint poser cette fois-ci la paume entière de sa main sur sa mâchoire, comme pour l'immobiliser, et ramena son visage hypnotisant plus près du sien.
Pas assez près, pensa Adrien. (Ce qui était assez drôle, parce que s'il se souvenait bien, quelques minutes plus tôt, il se prenait la tête parce qu'elle était trop proche, beaucoup, beaucoup trop proches).
Lorsqu'il en eut assez d'attendre, il bougea lui-même son visage, ramenant simplement son menton en avant, pour venir embrasser délicatement les lèvres de la fille face à lui, suffisamment lentement pour qu'elle puisse se dégager si elle le voulait. Il essaya de se concentrer, il essaya vraiment. Le parfum sucré, la sensation humide et satinée, le bruit incessant d'une tempête et de battements de coeurs — il ne savait même plus s'il s'agissait des siens ou pas —, tout le poussait hors de son esprit.
Cela ne dura pas bien longtemps, et ça n'était pas grand chose ; un simple effleurement. Mais Adrien se retrouva à vouloir renouveler l'expérience, et c'était la première fois que Ladybug le laissait dépasser cette limite. Elle n'avait pas refusé, il lui avait laissé le temps et la distance pour se dégager, et elle ne l'avait pas fait. Et, lorsqu'il jeta un rapide coup d'oeil à son visage, il remarqua que ses yeux étaient brillants, et qu'ils n'abritaient aucune place pour la déception, ou le regret. Les joues roses, ce fut cette fois-ci Ladybug qui s'avança vers lui, joignant leurs lèvres ensemble.
Adrien, Chat Noir, sentit les douces lèvres chercher une ouverture, une faille dans son baiser. Il écarta légèrement ses propres lèvres, frémissant en sentant le sourire satisfait de Ladybug contre sa bouche, qui obtenait apparemment ce qu'elle voulait. Elle pinça la lèvre inférieure du garçon des siennes, avant de le mordiller doucement, et de continuer à explorer sa bouche. Une langue tremblante vint toucher la sienne, et Adrien sentit qu'il ne tenait plus. Il se mit à accélérer le mouvement, prenant à son tour la liberté de faire ressentir quelque chose d'autre à Ladybug. Il devait être maladroit, ils devaient l'être, mais peu importait, vraiment.
Le baiser avait un gout fruité, aux éclats de vanille, comme si elle avait mangé une pâtisserie avant, et il se retrouva à lui-même vouloir dévorer cette pâtisserie. Peut-être que s'il l'embrassait encore plus, il pourrait deviner de quoi il s'agissait. Et comme Ladybug ne se retenait visiblement pas, passant son autre main dans ses cheveux blonds, et agrippant ses mèches avec force dès qu'il bougeait contre elle ; il décida qu'il n'avait pas non plus à se retenir. Une main dans le bas de sa nuque, l'autre traçant des cercles sur la colonne vertébrale de la jeune fille, il l'attira contre lui encore et encore et encore, pour ne pas avoir à arrêter de l'embrasser.
Évidemment, il dû bien s'arrêter au bout d'un moment, ne serait-ce que pour respirer. Mais Adrien tenta de retarder ce moment au maximum, alla même jusqu'à penser que, après tout, tout allait bien, rien ne lui disait qu'il avait réellement besoin de respirer, peut-être qu'il pouvait rester comme ça pendant des heures sans mourir. C'était faux, et il manqua d'air avant Ladybug, s'éloignant avec regret. Elle respirait lentement et avec force.
— Je—
Elle s'arrêta. Chat Noir haussa un sourcil.
— Je ne sais pas, dit-elle, si c'est une bonne idée.
Et voilà pourquoi il ne voulait pas s'arrêter pour respirer. Ladybug recula, le regard chargé d'hésitation, mais les joues toujours rouges et les lèvres encore humides.
— C'est moi, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle au bout de quelques secondes pendant lesquelles Adrien se trouva incapable d'ouvrir la bouche pour dire autre chose que « reviens » (et donc quelques secondes pendant lesquelles il s'empêcha de parler). C'est moi qui ai initié tout ça. Oh, Chat, qu'est-ce que je suis en train de faire ?
Elle avait posé une main contre sa bouche, fronçant ses jolis sourcils. Elle semblait totalement perdue, et le fait qu'elle ne parte pas — comme il s'y serait attendu —, mais qu'elle dise à voix haute tout ce qui lui passait par la tête était, du point de vue du garçon, absolument adorable.
— Je ne comptais pas t'embrasser, je crois, rajouta-t-elle. À la base, je veux dire. Je crois que je voulais t'embrasser quand je suis venue m'assoir à côté de toi.
Malgré sa déception, il ne put empêcher un sourire de se former sur ses lèvres.
— Ce matin, continua-t-elle. Je me suis levée en me disant, oh, ça fait deux ans déjà, et ce fichu Chat, quelques mois en moins—
— Ça fait depuis un an, dix mois, et trois jours, interrompit-il, amusé.
— Oui, fit-elle, bref. Je veux dire, je me suis réveillée et je me suis dit que ce serait bien de passer un peu de temps ensemble, mais je ne comptais pas… Je veux dire, je n'avais pas l'intention de t'embrasser !
— Mais… Intervint le jeune héros, rallongeant la syllabe avec amusement.
Elle lui lança un regard contrarié, comme pour lui dire qu'elle en avait assez qu'elle l'interrompe, et qu'elle était en train de remettre de l'ordre dans ses idées, et qu'il ne faisait que l'embrouiller davantage. Croisant ses bras sur sa poitrine, Chat Noir la trouvait magnifique malgré l'air agacé, et résista à l'envie de l'embrasser encore.
— Mais, dit-elle, c'est pourtant ce qui est arrivé.
Elle soupira.
— J'ai besoin d'y réfléchir, dit-elle d'un ton plus sérieux.
Il ouvrit la bouche pour essayer de la rassurer, mais elle ne le laissa pas faire.
— Je dois y aller, soupira-t-elle encore, et mettre un peu d'ordre dans ma tête.
Il n'osa pas la rattraper. Si Ladybug voulait du temps, il pouvait lui en laisser, mais il voulait qu'elle soit sûre de ses sentiments. Il savait qu'elle ressentait au moins un petit quelque chose pour lui, et elle savait qu'il l'aimait, d'une certaine façon. Mais il avait toujours besoin de le dire proprement, de lui faire savoir qu'il n'était pas comme ça avec n'importe quelle fille.
Il réfléchit à un moyen de le dire en montrant sa sincérité, et que cela soit trop embarrassant.
Ladybug commençait à partir. Il devait se dépêcher de lui parler, cela lui paraissait essentiel. Elle glissa hors du fauteuil, et il sentit la température chuter lorsque leurs corps n'étaient plus serrés contre les autres. Elle leva ses yeux vers lui, et lui offrit un sourire léger, mais affectueux.
— Ne fais pas cette tête, Chat. J'ai agi trop vite, d'accord ? Je n'aurais pas dû… Ça ne veux pas dire que je considère ça comme une erreur.
Lentement, Chat Noir hocha la tête, et regarda Ladybug tourner les talons et partir. Il resta quelques minutes seul, dans la chaleur de la serre, et passa ses doigts sur ses lèvres fraichement embrassées, où la déclaration d'amour brulait encore. Il se promit de lui parler le plus rapidement possible.
— — —
— — —
Il y a un an, dix mois, et trois jours, Marinette s'était promise de ne jamais, jamais tomber amoureuse de ce garçon prétentieux, fier et agaçant qu'était Chat Noir. La première fois qu'elle l'avait rencontré, il avait fait le malin, agit en véritable flirt, et elle l'avait trouvé insupportable.
Elle se souvenait bien ce que qu'elle avait pensé. Je vais vraiment devoir travailler avec ce type ? Vraiment, Tikki ?
Mais elle était là, des mois plus tard, à remettre en question sa bonne parole, et revenir sur ses fondamentaux. Chat Noir était son partenaire, il était fidèle et courageux, et avait un grand sens de la justice. Certes, elle ne pouvait pas retirer le fait d'être aussi agaçant, car bon sang, il était affreusement agaçant. Mais c'était un côté de sa personnalité qu'elle venait à apprécier (peut-être pas non plus, d'accord, disons qu'elle pouvait le supporter), et elle avait aussi compris qu'il agissait ainsi pour certaines raisons. Parce qu'il pouvait enfin dire ce qu'il avait sur le coeur, grâce au masque qu'il portait, et que du coup, il ne s'en privait plus et disait tout ce qu'il lui passait par la tête. Parce qu'il cachait peut-être certaines angoisses.
Elle ne savait pas exactement, mais elle s'y était habitué, et voilà où cela l'avait mené. Un baiser — hum — plusieurs baisers.
D'accord, il avait été, au cours de ces deux derniers mois, la seule personne de qui elle avait vraiment été proche ; sans compter Alya, qu'elle voyait très rarement. Rose, Nino, et Nathanael, qui étaient dans sa classe, étaient des personnes avec qui elle s'entendait à peu près bien, mais leurs relations restaient limitées. Nino n'était pas tout à fait le genre de personne qui mettait Marinette à l'aise, bien qu'elle appréciait son honnêteté ; Rose était, disons, dans un monde un peu à part ; et Nathanael était au moins aussi timide qu'elle, ce qui rendait leurs conversations un peu… Gênantes.
Elle ne voyait plus Adrien. Elle ne l'avait pas vu depuis un mois entier, plus quelques semaines, elle ne l'avait même pas croisé depuis. Elle était sortie avec Nino et Alya, mais il n'était pas là. Elle n'avait pas osé lui envoyer de messages, et elle s'était trouvée complètement idiote de s'être même permise de penser qu'ils resteraient en contact. Pour tout avouer, Marinette avait même peur de demander comment les choses se passaient avec Chloé, et lorsque Alya l'avait fait à sa place, Nino avait répondu qu'ils, pour le citer, « étaient collés ensemble, pour la plupart du temps ».
(Bien sûr, si Marinette était allée jusqu'au bout de la question, elle aurait pu apprendre que ça ne voulait pas pour autant dire qu'ils étaient en couple, et qu'en fait, si Nino savait cela, c'était parce qu'Adrien passait son temps à se plaindre de Chloé, mais elle ne le fit pas. Elle changea rapidement de sujet pour effacer au plus vite l'image de ses deux anciens camarades ensemble).
Marinette avait beaucoup pleuré. C'était son premier véritable chagrin d'amour, et si elle avait pu se raccrocher à l'espoir que peut-être, éventuellement, avec beaucoup de chance, Adrien l'appellerait, elle avait abandonné ce rêve idiot. Elle avait pleuré tout contre son oreiller, jusqu'à ce qu'il ressemble à une éponge, et qu'elle ne trouve plus aucun côté sec pour sécher ses larmes.
Et après ça, elle avait chassé Adrien de son esprit. Elle n'avait plus le droit d'espérer quoi que ce soit, elle ne le connaissait même pas si bien que ça. Alors elle avait décidé de l'oublier, de ne plus être amoureuse de lui, jamais.
Sauf que, le jour suivant, qui était arrivé tout sourire, embrassant le dos de sa main et murmurant des mots gentils et des stupides jeux de mots à son oreille ? Chat Noir. Et qui, des semaines durant, s'était confié à elle et lui avait répété et répété qu'elle pouvait tout lui dire, qu'il serait toujours là pour la réconforter et l'aider s'il en était capable ? Chat Noir. Pour Marinette, difficile de d'ignorer plus longtemps le garçon qui illuminait sa journée dès qu'elle le voyait, parce qu'elle se sentait alors aimée et confortable.
Marinette secoua ses cheveux mouillés après sa douche, et les enroula dans une serviette, refermant les derniers boutons de son pyjama rose. Elle pensa au regard plein d'espoir de Chat Noir quand elle l'avait embrassé, et se sentit coupable. Ne cherchait-elle pas juste un peu d'attention ? Ne se servait-elle pas de lui ? Juste parce qu'il n'était plus là, elle se mettait soudainement à voir Chat Noir différemment ? Cela lui semblait trop facile, et injuste envers son coéquipier.
Mais elle avait aimé ce baiser. Elle avait aimé le gout des lèvres de Chat Noir, la douceur de son regard, et, bon sang, elle avait aimé ce baiser. Peut-être qu'elle n'était pas si injuste que cela ; Chat Noir la rendait radieuse, et n'était-ce pas le plus important ? Peut-être que les choses avançaient juste trop rapidement pour elle.
Elle était prête à se coucher, mais Marinette trouva soudainement le besoin de vérifier quelque chose. Elle appela Tikki et prit une grande respiration.
— Tikki, transforme-moi !
Lorsque son costume fut bien en place, elle attrapa son yoyo pour regarder son GPS. Comme elle le pensait, une patte verte était visible, pas si loin d'ici. Chat Noir était transformé, et il était dehors, dans le même parc que celui dans lequel ils s'étaient réfugiés. Elle se rendit rapidement compte que si, à ce moment précis, il regardait aussi son GPS, il pourrait repérer sa localisation, et retrouver son identité. Elle sortit rapidement par le balcon, paniquée à l'idée que cela puisse arriver.
— — —
— — —
— Chat Noir !
Elle le repéra rapidement. Oh, ça n'était pas bien compliqué ; les garçons déguisés en chat ne courent pas les rues, et elle l'avait repéré sur son GPS.
Il était assis au bord du chemin qui traversait le centre du parc, sur l'herbe probablement encore mouillée, le visage enfouis dans ses bras croisés sur ses genoux. Il n'avait pas l'air d'avoir remarqué sa présence, alors Ladybug avança calmement, réfléchissant à quelque chose de gentil à dire. Elle se sentait stupide. Elle n'avait pas le droit de rendre des gens tristes à cause de son égoïsme, et certainement pas Chat-je-ferais-tout-pour-toi-Noir.
Elle savait qu'il accepterait de l'embrasser. Alors elle l'avait fait. C'était aussi simple que ça, et en même temps, affreusement compliqué, parce qu'elle ne savait pas la véritable nature des sentiments du garçon pour elle (elle se doutait bien qu'il tenait à elle, mais elle ne savait pas exactement, et ils n'avaient jamais eu La discussion).
— Chat Noir, répéta la jeune fille plus doucement, lorsqu'elle ne fut qu'à quelques mètres de lui.
Un sursaut sembla l'animer, et il commença à lever sa tête, avant de la baisser à nouveau, refusant de la regarder dans les yeux.
— Chat Noir, ça ne va pas ?
Bien sûr que ça ne va pas, imbécile, et tu es la principale raison à ça !
— Non, c'est… C'est juste, répondit-il d'une voix un peu étouffée, que je ne m'attendais pas à te voir.
Ladybug porta une main à son visage, essayant de cacher son angoisse et sa culpabilité.
— Oh, Chat, je suis désolée, je… Je ne pensais pas que ça te mettrait dans un tel état ! Je n'aurais jamais dû… Pardon…
À ces mots, il releva brusquement la tête, et elle aperçut une lueur de panique dans ses yeux, ainsi que des traces rouges juste en-dessous de son masque — avait-il pleuré ? Il se leva et s'approcha d'elle si rapidement qu'elle n'eut pas le temps de réagir lorsqu'il saisit ses mains dans les siennes.
— Je— Non ! Ce n'est pas ça Ladybug, je te jure, expliqua-t-il d'un ton pressé. Ne t'en fais pas, ça ne vient pas de toi, et je ne dis pas ça pour te rassurer.
Cela ne la soulageait pas vraiment. Elle se dit que quelque chose de plus personnel le blessait, et détestait cette idée. Elle savait, depuis leur rencontre après la soirée de fin de troisième, qu'il avait des difficultés avec son entourage proche.
— Alors qu'y a-t-il ? Demanda-t-elle. Que fais-tu là ?
Il baissa les yeux.
— Je me suis disputé avec mon père, dit-il d'une voix lasse. J'ai eu envie de sortir, et va savoir comment, je me suis retrouvé ici. Sauf que la serre est fermée.
— Avec ton père ? C'est de lui que tu parlais quand tu disais qu'on te mettait trop de pression ? Demanda-t-elle. Tu n'es pas obligé de me répondre, ajouta-t-elle rapidement.
— Oui, répondit Chat Noir en hochant la tête. Je n'ai pas vraiment envie de rentrer maintenant.
— Il est tard, contra-t-elle.
Elle n'avait pas envie que son partenaire reste dans le froid, dehors, et seul. Il était tard et elle devait elle-même rentrer. Elle n'avait pas souhaité bonne nuit à ses parents et ils finiraient par rentrer dans sa chambre.
Elle sentit une goutte de pluie s'écraser sur son nez, la ramenant au problème de Chat Noir.
— Chat Noir, répéta-t-elle, tu dois rentrer chez toi et te mettre à l'abri.
Il haussa les épaules en soupirant, et hocha la tête avec hésitation. Marinette tourna les talons en lui faisant signe de la suivre, ne souhaitant pas rester totalement exposé au vent et à la pluie.
Dès qu'elle se retourna, elle sentit Chat Noir agripper sa main et s'approcher d'elle en la faisant tourner sur elle-même pour qu'ils soient face à face. Ses lèvres étaient tremblantes (elle ne pouvait pas dire si c'était à cause du froid ou d'autre chose), et il semblait chercher ses mots.
— Attends, demanda-t-il. Attends, Ladybug.
— O-oui ?
Elle ne savait pas vraiment comment faire face à cette situation. Même en connaissant plus Chat Noir, et en sachant qu'il n'était pas toujours le garçon de bonne humeur et fier qu'elle avait connu d'abord, elle n'était pas habitué à ce genre d'expression chez lui. Dans la serre, elle avait remarqué qu'il semblait penser à autre chose, mais il avait gardé sa bonne humeur. C'était différent.
— Je…
Il se mordit la lèvre inférieure, avec ce qui ressemblait à de l'irritation. Quel que soit le conflit interne auquel il semblait livré, la jeune héroïne espérait qu'il réussirait à lui dire ce qu'il avait sur le coeur. Elle voulait l'aider, même si elle voulait aussi rentrer rapidement. Elle pencha sa tête sur le côté, un regard interrogateur dirigé vers Chat Noir, attendant d'entendre ces mots.
— Je t'aime.
Marinette redressa la tête avec surprise.
— Que- quoi ?
— Je t'aime, reprit Chat Noir avec sérieux.
Elle pensait qu'il allait parler de son père, ou lui confier un de ses problèmes ! Elle n'avait pas- enfin, elle ne pensait pas… Complètement prise au dépourvu, elle ne répondit pas, observant le visage du jeune homme. Les éclats de lumière provenant des lampadaires éclairaient sa peau maintenant légèrement rosée, montrant son embarras. Ses yeux verts anis étaient deux pierres brillantes et reflétaient toute l'affection et la sincérité du monde.
— Chat Noir… Murmura-t-elle, Est-ce vraiment le bon moment pour ça ? Je veux dire, ça me fais vraiment plaisir de t'entendre le dire, mais…
— Tu avais l'air inquiète, tout à l'heure, dit-il. Je voulais être sûr que tu le saches.
Elle se rappela qu'il tenait toujours sa main lorsqu'il l'agrippa un peu plus fort.
— Ne t'inquiètes pas, reprit-il, je ne te demande pas de répondre maintenant.
Elle hocha la tête, sentant son coeur se soulever. Le vent amena violemment ses cheveux contre son visage maintenant trempé. Elle songea qu'elle aurait certainement à prendre une autre douche en rentrant.
— Merci, dit-elle en souriant timidement.
Chat Noir approcha sa main de ses lèvres, et y déposa un baiser doux et honnête, caressant furtivement ses phalanges mouillées.
— Chat, dit-elle, il faut rentrer, maintenant. Nous parlerons plus tard. De ça et de ton père, si tu veux.
— D'accord, dit-il d'un ton absent.
Il n'avait pas l'air vraiment prêt à retourner chez lui, alors Ladybug tenta de lui lancer un regard encourageant, souriant doucement et ouvrant ses yeux, pour qu'il comprenne qu'elle le soutenait. Elle serra sa main contre sa paume, essayant de lui transmettre un peu de chaleur. Puis, dans un geste non calculé et précipité, elle se rapprocha et, sur la pointe des pieds, vint frôler sa joue de ses lèvres, avant de reculer et de se partir.
Il se faisait vraiment tard.
Elle n'eut pas le courage de se retourner pour voir l'état dans lequel il était, et lança son yoyo en l'air pour se hisser de toits en toits.
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EHH OUI.
Leur relation avance plutôt rapidement, mais je tiens vraiment à venir à bout de cette fic et je n'avais pas envie d'écrire un chapitre supplémentaire où Chat Noir et Ladybug se rapprochent, désolé ! J'ai planifié la plupart des chapitres (je n'ai pas le détail des derniers, mais la trame principale), en fait, je pense que l'histoire fera une quinzaine de chapitres (si mes plans ne changent pas, je suis à 9 chapitres détaillés pour l'instant, et il me reste toute une partie de l'histoire ^^).
Sinon, la vie personnelle d'Adrien sera plus détaillée au prochain chapitre, vu qu'ici nous n'avons que le point de vue de Marinette. Pauvre petit chou C:
J'espère que ce chapitre vous aura plu, il a été le plus amusant à écrire en tout cas !
