Marinette renifla, à la fois contrariée et désemparée. Pourquoi devait-elle tomber sur Chloé à cet instant ? Certes, leur lycée n'était pas loin, mais c'était bien la dernière personne qu'elle voulait voir, et elle ne pouvait même pas lui demander de laisser Adrien seul parce qu'il ne lui en avait pas parlé, et parce qu'elle était Marinette, pas Ladybug. Quelle situation irritante.

— Oh, Marinette ? Qu'est-ce que tu fous là ? Demanda Chloé lorsqu'elle remarqua enfin qui était devant elle. Tu t'amuses à admirer tes pieds ?

— Tais-toi, Chloé, répondit-elle, sur la défensive.

Elle soupira lourdement, cherchant un moyen de se débarrasser rapidement d'elle.

— Alors, continua Chloé avec une expression hautaine, comment ça se passe dans ton minable petit lycée public ? Adrien ne te manque pas trop ?

Ce n'était que la deuxième fois qu'elle ouvrait la bouche ; pourtant Marinette avait déjà envie de la frapper. Elle regarda les yeux glacés avec une moue irritée, sur le point de partir. Non, Adrien ne lui manquait pas trop, elle l'avait vu deux jours auparavant, et elle pouvait encore sentir ses doigts brûlants contre son cou, et ses dents mordiller affectueusement sa peau. Elle avait envie de le crier à Chloé, de lui ordonner de rester loin de lui.

Marinette se rendit compte, en réalisant à quel point elle était en colère, que l'histoire entre Adrien et Chloé la tracassait bien plus qu'elle ne voulait se l'avouer. Elle n'arrêtait pas de se répéter que tout irait bien, mais bon sang, tout n'allait pas bien, et elle était inquiète.

— Si je me souviens bien, tu étais amoureuse de lui, non ? Peut-être que tu l'es toujours, reprit Chloé avec un air satisfait.

— Je ne suis pas—

— Eh bien tu sais quoi ? Demanda Chloé avec un sourire cruel. Tu n'as aucune chance. Adrien n'a jamais regardé quelqu'un d'autre que moi, de toute façon.

Elle en doutait. Oh, peut-être l'avait-elle imaginé, mais si elle se souvenait bien, c'était elle qu'il avait embrassé en lui répétant qu'il l'aimait, deux semaines plus tôt. Elle n'avait pas envie d'écouter Chloé plus longtemps.

— Personne d'autre que toi ? Se moqua Marinette. Ça n'explique pas vraiment pourquoi vous avez rompu. Maintenant pousse-toi, tu me fais perdre mon temps.

Elle vit Chloé lui lancer un regard venimeux et presque triste, alors qu'elle attrapait son poignet pour la retenir.

— Je ne sais pas qui t'a informé, chérie, dit Chloé, mais il n'y a certainement pas eu de rupture.

Marinette sentit son coeur rater un battement, et se retrouva incapable de répondre pendant quelques instants. Elle retira son poignet d'un coup sec, se libérant de l'emprise de Chloé, et tenta de se calmer. C'était certainement un mensonge. Chloé n'allait pas juste avouer qu'elle n'était pas restée avec Adrien, et elle faisait toujours de son mieux pour blesser les gens, alors ce ne serait pas étonnant.

Oui, c'était cela. Chloé mentait effrontément, mais elle mentait. D'accord, Adrien ne l'avait pas mentionné, d'accord, Alya et Nino avaient dit les avoir vus ensemble, mais ça ne voulait pas dire… Ça ne voulait pas dire qu'ils étaient toujours en couple, pas vrai ?

— Bon, Chloé, tu fous quoi, là ?

Marinette sursauta en entendant la voix étrangère. Un garçon de leur âge s'avança vers elles, portant plusieurs larges sacs. Il regarda Marinette avec étonnement, puis Chloé.

— Une amie à toi ? Demanda-t-il.

— Certainement pas, dit Marinette en serrant les dents. Je m'en vais.

— Oh, bien ! S'exclama Chloé en croisant ses bras sur sa poitrine. Ce n'est pas comme si je te retenais.

Elle tourna les talons, sortant son portable de sa poche pour se mettre à taper rapidement sur les touches du clavier avec un air agacé. Marinette s'apprêtait à partir à son tour lorsque le garçon lui sourit faiblement.

— Cette fille est insupportable, pas vrai ? Demanda-t-il en soupirant. Tu étais dans son collège ?

Marinette hocha la tête avec un air dubitatif.

— Pourquoi est-ce que tu traînes avec elle si tu ne l'aime pas ? Demanda-t-elle simplement.

Il leva un des sacs vers elle, en soupirant à nouveau.

— Courses. Fête de Noël, marmonna-t-il.

Elle haussa les épaules, essayant de sourire.

— Bonne chance pour ça.

— Merci. Hey, si tu étais dans sa classe, tu dois aussi connaître, euh, Adrien aussi, pas vrai ?

Marinette leva les yeux vers lui, fronçant les sourcils. Elle hocha timidement la tête, n'osant pas écouter ce qu'il allait dire.

— Il à l'air d'un chouette type. Dommage qu'il sorte avec Chloé.

Marinette voulu ouvrir la bouche pour lui dire que ce n'était pas vrai, et qu'ils n'étaient pas en couple, mais quelque chose la retint. Elle sentit son coeur s'emballer douloureusement en se rendant compte qu'elle n'en savait rien. Elle n'en savait rien, parce qu'il n'avait pas voulu lui en parler, et elle avait besoin de rentrer maintenant.

— — —

— — —

Lorsqu'elle arriva dans sa chambre, Marinette était en larmes et elle se débarrassa de son manteau et de ses affaires avec tellement de précipitation qu'elle se prit les pieds dedans, trébuchant lamentablement contre le mur. Elle resta quelques secondes contre la paroi froide, tentant d'empêcher ses lèvres de trembler.

Elle se sentait incroyablement idiote. Tout le monde semblait lui crier qu'il y avait toujours quelque chose entre Adrien et Chloé, et elle l'ignorait comme si ce n'était qu'un détail, alors que c'était tout sauf un détail, c'était un sujet important. Marinette ne pouvait plus l'ignorer. Elle avait donné à Adrien des tas de chances d'en parler, et il ne l'avait pas fait. Alya et Nino avaient eux-même avoué que Chloé était toujours collée à lui ; et même ce garçon qui semblait haïr Chloé disait qu'ils formaient un couple.

Elle était fatiguée de trouver des excuses. C'était lui qui devait en trouver, et il ne prenait même pas cette peine.

Il ne voulait pas en parler ? Bien. Elle ne lui en parlerait pas non plus. Elle ne lui parlerait pas jusqu'à ce qu'il se décide à clarifier les choses, et s'ils étaient toujours ensemble… Elle ne voulait pas y penser plus longtemps. Elle ne pensait pas qu'Adrien soit le genre de personne capable de sortir avec deux personnes en même temps, et elle ne pensait pas que son fidèle partenaire soit capable de lui faire une telle chose.

Marinette essuya ses joues mouillées, tentant de maîtriser sa respiration saccadée. Elle ne pensait pas pouvoir prendre de décision efficace et logique maintenant. Elle n'était qu'en seconde, ce n'était pas le genre d'émotions auxquelles elle pensait pouvoir être confrontés si tôt. L'idée même qu'Adrien puisse la tromper — pire encore, qu'il puisse tromper Chloé avec elle ! — lui donnait la nausée et elle n'arrivait pas à se calmer.

Elle s'installa péniblement sur son lit, et enfouit son visage dans les draps propres et parfumés. À la minute où elle ferma les yeux, elle revit les yeux verts éclatants, le sourire amusé de Chat Noir, et elle essaya de les chasser avec difficulté. Elle serra ses poings et les ramena contre sa poitrine, repliant ses jambes contre elle. Elle sentit une légère pression contre son épaule, et devina la présence rassurante de Tikki.

Mais Marinette n'avait pas envie de parler. Elle prit refuge dans la chaleur de son lit, et laissa les larmes couler jusqu'à ce que son corps ne puisse plus en fournir d'autres. Elle en avait honte — Ladybug, la gardienne de Paris, pleurait à gros sanglots à cause d'une stupide histoire d'amour —, mais elle avait besoin de pleurer, alors elle arrêta de penser à qui elle était et à ce qu'elle devait faire ; elle arrêta de penser qu'elle devait toujours être courageuse.

Lorsqu'elle sentit son corps se calmer, son coeur battait fort dans sa poitrine, ses dents tremblaient, et sa tête lui faisait mal. Elle respira lentement, et ouvrit délicatement les yeux, sentant ses cils coller à ses paupières à cause de larmes asséchées. La nuit avait commencé à tomber, et elle n'avait aucune idée de combien de temps exactement elle était restée ainsi ; mais la faible lumière qui éclairait la pièce silencieuse l'apaisa.

Elle se détendit complètement, laissant ses bras reposer sur chaque côté de son corps, et fixa le plafond pendant quelques longues minutes. Elle allait un petit peu mieux — elle se sentait toujours trahie, en colère et jalouse, mais un peu mieux. La semaine précédente l'avait laissée stressée (à force d'essayer d'obtenir un signe d'Adrien) et elle avait trop refoulé ses sentiments. Les larmes avaient aidé, mais elle avait besoin de repos.

Au-dessus d'elle, Tikki lui sourit.

— Ça va mieux ?

Toujours allongée, Marinette haussa les épaules, tendant sa main en l'air pour que son kwami puisse s'y poser. Elle caressa le dos de sa petite tête rouge avec son index, et cligna des yeux pour chasser les quelques larmes qui s'y formaient.

— Repose-toi, Mari, fit Tikki. Je vais écrire une petite note pour tes parents de ta part, en disant que tu ne te sentais pas bien et que tu t'es couchée tôt. Ils ne sont pas encore rentrés.

Malgré la situation, elle laissa échapper un petit rire.

— Tu ne peux pas écrire, Tikki !

Le kwami eut presque l'air indigné.

— Bien sûr que si ! À mon âge, je ne pense pas que ce soit si étrange !

— Mais tes bras sont si petits, contra Marinette en reniflant.

— Et je suis toujours capable de tenir un stylo ! Ne t'en fais pas pour ça…

Marinette hocha lentement la tête, et amena la créature rouge jusqu'à sa bouche, embrassant le haut de la tête de Tikki avec affection. Elle ne savait pas ce qu'elle ferait sans elle, et sans elle, elle n'aurait personne à qui parler de ses problèmes. Tikki était sa plus proche alliée, et elle était toujours de grand conseil.

— Je t'aime, Tikki, glissa Marinette en retenant une autre larme. Merci d'être là pour moi, t'es vraiment la meilleure.

— C'est moi qui suis chanceuse de t'avoir, Marinette. Tu es courageuse, gentille et juste !

Elle sentit une douce chaleur se répandre dans sa poitrine, chassant très légèrement sa peine.

Marinette regarda la petite créature lui adresser un signe du bras, se dirigeant vers son bureau pour y trouver de quoi écrire. Elle n'avait pas envie d'embêter ses parents avec cette histoire, et prétexter une maladie était plus simple, de toute façon. Elle se retourna, resserrant la couverture autour de son corps, et ferma lentement les yeux, essayant de ne surtout pas penser à Adrien. Marinette finit par s'endormir en pensant à la robe qu'elle devait finir pour sa mère, et aux gants qu'elle avait commencés.

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— — —

Adrien s'ennuyait. C'était quelque chose de relativement habituel dans sa vie quotidienne, mais la situation était différente : il portait actuellement son costume noir brillant, et se tenait au-dessus de Paris, caché dans la nuit sombre. Il était censé se sentir libre et heureux, mais ce n'était pas le cas. Il était dehors depuis plus d'une heure, et commençait à sentir son corps glacé protester.

Il était supposé patrouiller avec Ladybug ce soir, mais elle ne l'avait pas retrouvé et il avait gâché une partie de sa soirée à l'attendre en vain. Il ne lui en voulait pas, Adrien était sûr qu'elle était occupée et n'avait pas eu l'occasion de se transformer pour lui envoyer un message, mais il était tout de même frustré.

Il n'avait pas exactement passé une bonne journée — préparer les événements pour la fête de Noël organisée par son lycée, accompagné de ses camarades qui ne semblaient pas vraiment l'apprécier —, et seule l'idée de retrouver Ladybug plus tard dans la journée l'avait maintenu de bonne humeur. Certes, les choses ne s'arrangeaient pas dans sa classe : Chloé semblait plus remontée que jamais (et il la connaissait assez bien pour pouvoir dire qu'elle déprimait), et le reste des élèves l'évitaient comme la peste. Pour ne rien arranger, elle restait tout le temps collée à lui et faisait fuir les quelques personnes qui tentaient de l'approcher, lui.

Adrien ne lui en voulait pas vraiment — pour tout dire, il la prenait en pitié —, Chloé était habituée à aspirer de la haine, mais aussi de la crainte et un certain respect. S'il y avait une personne contre qui il était remonté, c'était plus M. Bourgeois, qui n'avait pas aidé Chloé en cédant à tous ses caprices. Mais il se rendait aussi compte qu'il était aussi en tord ; qu'il ne s'était jamais confronté à elle et acceptait presque tout venant d'elle. Il ne lui rendait pas vraiment service.

Mais Ladybug restait là, et c'était tout ce qui importait. Il ne souhaitait pas vraiment lui parler de sa vie inintéressante lorsqu'il était Adrien. Il voulait qu'elle ne le voie que comme celui qu'elle avait toujours connu : Chat Noir — bien plus captivant et attrayant que le simple, naïf, superficiel Adrien.

Ladybug lui donnait envie d'être une meilleure personne, elle lui donnait envie de pousser ses limites encore et encore jusqu'à ce qu'il puisse se hisser près d'elle comme son égal. Il avait l'impression d'être la personne la plus chanceuse du monde (était-ce un rêve ? Il n'était pas habitué à tant de réussite), et il ne voulait surtout pas ennuyer la fille qu'il aimait tant. Il ne la décevrait pas.

Il se sentait nu face à elle, comme si elle avait le pouvoir de contrôler son corps entier et de lui faire ressentir toutes sortes d'émotions ; elle savait où appuyer pour le faire rire, pleurer ou tomber plus amoureux qu'il ne l'était déjà (même si elle ne s'en rendait pas compte) et il ne savait pas qu'il était possible de ressentir autant de tendresse pour quelqu'un. Ils n'étaient pas ensemble depuis un mois, et il l'aimait déjà de façon si irrationnelle tout, tout, tout le ramenait à elle. Son père était froid et distant, mais Ladybug était tendre et curieuse ; Chloé était pressante et irritable, mais Ladybug était patiente et aimante. Le ciel de Paris était triste et sombre, mais les yeux de Ladybug étaient heureux et pleins d'étoiles.

Mais Adrien dû se résigner et accepter qu'elle ne viendrait pas ce soir. En rentrant, il garda l'espoir qu'elle le rejoigne dans sa chambre plus tard, même si ce n'était que pour quelques minutes, il chérissait chaque seconde passée avec elle et il ne souhaitait qu'entendre sa voix apaisante et sentir ses chaudes lèvres contre les siennes.

Trois heures plus tard, il finit par s'endormir, laissant sa lampe de chevet allumée.

Ladybug ne vint pas.

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[17:03] Chat Noir : Hey, LB, ça fait déjà deux jours que je n'ai plus de nouvelles, tout va bien ?

[17:40] Chat Noir : Tu sais que tu peux tout me dire, pas vrai ?

[19:24] Chat Noir : J'ai emprunté un livre sur l'Art des blagues, je suis sûr que tu vas adorer :P

[19:26] Chat Noir : D'accord, peut-être pas. MAIS il y en a des très bonnes, je te jure !

[19:40] Chat Noir : Préviens-moi si tu es libre pour patrouiller ce soir ;) !

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Lorsque Marinette se leva, elle avait la tête qui tournait. Elle attrapa son portable d'une main fatiguée, pour éteindre l'alarme, et resta emmitouflée dans ses couvertures quelques minutes, ordonnant à son corps de bouger sans succès.

Elle grogna, appuyant sa tête contre son oreiller pour masquer le bruit. Son crâne lui faisait horriblement mal et sa gorge était brûlante.

— Tout va bien, Marinette ? Demanda Tikki d'une voix inquiète.

— Je ne sais pas, répondit-elle d'une voix enrouée, je crois que je suis un peu malade.

Elle sentit un frisson parcourir son dos, et se couvrit encore plus de ses couvertures.

— Peut-être que tu devrais rester au lit, alors, conseilla Tikki.

Dans son cocon, Marinette hocha la tête. Le froid devait avoir eut raison d'elle, ce n'était pas si surprenant. Elle décida de fermer les yeux et se s'endormir à nouveau. Sa mère ne tarderait pas à passer la voir si elle ne la voyait pas descendre, et elle lui expliquerait.

— Tu as raison, Tikki.

Elle ne tarda pas à plonger à nouveau dans un sommeil sans rêves, pour se réveiller face au visage inquiet de son kwami. Marinette lui sourit, montrant qu'elle n'allait pas si mal, que tomber malade à cette période de l'année était normal.

— Tu sais Marinette, dit Tikki, peut-être que tu devrais parler à Chat Noir.

Marinette étouffa un grognement, et voulut se relever trop rapidement, sautant sur ses genoux de sa position allongée. Sauf qu'avec son mal de tête, elle sentit la pièce tourner autour d'elle et tomba de son lit, emportant sa couette avec elle.

Elle lança un regard agacé à Tikki.

— Non, répondit-elle. Pas envie.

— Allons, Marinette ! Vous n'en avez même pas parlé ! Et s'il y avait une raison à—

— Justement ! S'exclama Marinette en levant ses bras au ciel. Je ne demandais qu'à en parler, mais il ne faisait qu'éviter le sujet et il pense que je vais laisser passer ça ! Si tout le monde sauf lui semble penser qu'il est en couple avec Chloé, c'est qu'il y a un problème ! Ça fait trois jours que je ne lui ai pas parlé, mais il n'a pas l'air de vouloir clarifier les choses ! Il ne doit pas tenir à moi tant que ça !

Marinette se releva et s'assit contre son lit, toujours à même le sol. Elle ne réagissait peut-être pas de façon parfaite, mais au moins, ses actions à elle étaient justifiées.

— Peut-être qu'il ne sait justement pas ce qu'i justifier ! Répondit Tikki d'une voix inquiète.

— Tikki, s'énerva la jeune fille, bien sûr qu'il sait. Il m'a menti. Il m'a dit qu'il n'était jamais sorti avec quelqu'un d'autre, alors que je l'ai vu embrasser Chloé. Il ne sait peut-être pas que je suis au courant, mais bon sang, il sait qu'il m'a menti ! Peut-être qu'il y avait une raison à cela, mais s'il pense que je vais accepter de- de…

Elle sentit sa lèvre trembler et chassa d'un geste brusque les quelques larmes qui se formaient dans ses yeux. Elle avait fait de son mieux pour éviter de penser à lui, mais plus elle prenait du recul, plus elle était en colère. Contre lui, pour avoir osé faire comme si de rien n'était. Contre elle, pour avoir essayé de lui trouver des excuses pendant tout ce temps.

Peut-être qu'il la trompait. Elle aurait dû se méfier de lui quand elle avait découvert que Chat Noir et Adrien étaient la même personne. S'il pouvait être aussi sûr de lui et flirter de façon évidente dans son costume, alors qu'il se comportait avec douceur et modération sans ; cela faisait de lui un bon acteur.

Marinette sentit son coeur se serrer et enfouis son visage dans ses mains, se réprimandant intérieurement. Elle n'avait pas envie de penser qu'Adrien était un acteur, et la simple appellation lui semblait affreusement grotesque. Elle l'avait vu souffrir et se blâmer de ne pas réussir à confronter les autres. Elle était bien placée pour savoir que Chat Noir, ou Adrien, n'était pas juste un masque, mais que ces deux identités étaient réelles.

— Chat Noir t'a laissé des messages, informa simplement Tikki au bout d'un moment.

Marinette haussa un sourcil et cligna plusieurs fois des yeux. Elle retint sa respiration.

— Il parle de Chloé ? Demanda-t-elle.

Tikki secoua tristement la tête.

— Non, mais il a l'air de s'inquiéter. Peut-être que tu devrais—

Non.

Tikki soupira, se posa doucement sur le haut de la tête de la jeune fille.

— D'accord. Mais il faudra bien que tu le confronte un jour ou un autre, tu le sais, hein Marinette ?

— Peut-être, dit-elle, mais j'aimerai qu'il m'en parle. J'aimerais tellement qu'il me dise tout, Tikki !

Elle pressa ses lèvres ensemble, réprimant un léger sanglot. Comment pouvait-elle attendre de lui ce qu'elle refusait de faire elle-même ? Elle n'osait même pas lui donner son prénom.

Peut-être qu'elle le lui aurait dit, si elle n'était pas tombée sur Chloé. Elle ne savait pas si elle en aurait eu le courage, mais c'était une possibilité qu'elle ne pouvait ignorer, et qui lui retirait une part de culpabilité. Après tout, s'il avait été honnête avec elle, elle l'aurait aussi été, et puis elle ne lui avait jamais menti. Leurs deux situations étaient différentes, et elle était en droit d'être en colère !

Et s'il la trompait ?

Peu importaient les raisonnements auxquels elle parvenait, elle revenait toujours à cette idée. Marinette sentit son coeur bondir dans sa poitrine, paniqué à l'idée qu'à ce moment même, Adrien et Chloé pourraient être ensemble. Elle avala difficilement sa salive, et pressa ses paumes contre ses yeux humides, tentant de se calmer. Elle n'arrivait pas à s'empêcher de l'imaginer. Chloé dans les bras d'Adrien, à l'embrasser comme elle le faisait, à passer ses doigts squelettiques dans ses boucles dorées. Adrien qui la pousserait contre lui, plus près, embrasserait son cou en murmurant son nom et—

Marinette se sentit délirer. Clairement, c'était la fatigue, peut-être la fièvre, qui lui donnait ce genre de pensées. Elle avait besoin de repos, de s'emmitoufler dans ses couvertures et de faire le vide dans son esprit.

Elle se releva péniblement, ramassant ses couvertures, et s'allongea sur son lit, essayant de trouver le sommeil à nouveau. Cela ne faisait que trois jours, et Adrien lui manquait déjà terriblement. Elle voulait désespérément se blottir contre lui et sentir sa peau brûlante sous ses doigts. Elle voulait sentir son souffle rassurant contre ses lèvres, et ses baisers humides sur sa mâchoire. Pendant un instant, elle hésita, se demandant si elle ne devrait pas tout simplement revêtir son costume, et aller le retrouver quelque part, faire comme si de rien n'était.

Sauf qu'elle se rappela pourquoi elle était tant en colère, et que ça ne résoudrait absolument rien à leur relation. Elle ne pouvait pas se permettre d'agir aussi futilement, surtout, elle ne voulait pas lui montrer qu'elle acceptait cette relation ambiguë.

D'accord, Marinette ne pouvait pas être entièrement sûre de ce qu'Adrien avait avec Chloé. Mais elle ne pouvait pas accepter qu'Adrien puisse lui mentir.

— Tikki ? Demanda-t-elle d'une voix faible.

— Oui ?

— Je crois que je vais quand même regarder ses messages.

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[06:54] Chat Noir : Outch, toujours pas ne nouvelles, ma Lady ? :(

[06:58] Chat Noir : Répond dès que tu peux stp, je commence à m'inquiéter.

[07:02] Chat Noir : N'oublie pas que tu peux me parler si quelque chose te tracasse.

[10:14] Ladybug : Je vais bien.

[12:43] Chat Noir : Enfin une réponse :D ! Ça me rassure !

[12:44] Chat Noir : Y'a moyen de se voir, ce soir ? :)

[12:50] Chat Noir : Haha, je te laisse ! Les cours vont reprendre et je dois retrouver mon apparence normale ! À bientôt j'espère ! :3

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Adrien rentra chez lui épuisé, et jeta son sac sur le sol avec frustration. Il se laissa tomber sur son lit avec un grognement et se retourna, fixant le plafond pendant quelques longues secondes.

— Plagg, appela-t-il, toujours pas de nouveaux messages ?

Le kwami soupira, et voleta au-dessus de son visage avec un air agacé.

— Tu m'as posé la question i peine cinq minutes. Et je ne suis pas un téléphone portable !

Adrien passa ses deux mains sous sa tête, dans une position pensive.

— Ce n'est pas de ma faute si tu peux fonctionner comme tel. Et si tu préfères, je peux t'appeler, me transformer en Chat Noir, vérifier si j'ai des nouvelles, et me dé-transformer pour-

— Arrête ça ! S'exclama le kwami. Rien que t'entendre le dire m'épuise.

Le garçon fronça les sourcils, irrité par le manque d'implication de la petite créature sombre. N'était-il pas censé être son allié, ou quelque chose comme cela ?

— Laisse tomber, grommela Adrien.

Il n'avait pas vu sa bien-aimée, tendre Ladybug depuis presque cinq jours. Elle lui avait envoyé un unique message, « je vais bien », mais n'ayant pas pris la peine de clarifier les choses davantage, il laissait à Adrien un gout amer dans la bouche. Pourquoi ne lui parlait-elle pas ?

Même avant qu'ils soient devenu un couple, ils avaient l'habitude de parler plus régulièrement ! Le fait qu'aucun akuma ne soit apparu pendant cette période n'arrangeait pas les choses ; car il n'avait pas pu la revoir. Il était triste de constater leur relation fonctionnait ainsi : ils se voyaient quand et uniquement quand Ladybug le voulait. Elle pouvait passer chez lui à l'improviste, lui ne pouvait pas. Oh, il ne lui en voulait pas pour cela, il comprenait sa décision de vouloir garder son identité secrète un peu plus longtemps, et il savait qu'elle avait besoin de temps et finirait éventuellement par lui dire qui elle était.

De toute façon, cela ne changeait pas grand-chose. Il ne connaissait Ladybug qu'avec son costume, donc lorsqu'elle le retirerait, rien ne changerait pour lui. Il savait qu'elle le percevait différemment, et bon sang, il respectait cela. Mais il avait besoin de la voir. Cinq jours, c'était bien trop long, surtout après avoir passé presque trois semaines à se voir quasiment tous les jours. C'était une courte période, certes, mais Adrien avait l'étrange impression qu'ils avaient toujours, toujours été ensemble, qu'il ne pouvait pas en être autrement.

Il essaya de chasser les pensées négatives de son esprit. Et si elle s'était lassée de lui ? Et si elle s'était rendu compte que le timide, inintéressant Adrien était loin de coller avec l'image malicieuse de Chat Noir ? Il avait pourtant eu l'impression que leur relation fonctionnait bien, alors il ne comprenait pas vraiment. Peut-être qu'elle avait juste des problèmes personnels à résoudre, qu'elle ne pouvait pas se transformer pour lui répondre.

Il essaya de se concentrer sur quelque chose d'autre, et jeta un rapide coup d'oeil au large calendrier qui restait accroché au mur. Le mois de décembre entamé, il pouvait voir d'ici un « JOYEUX NOËL » écrit en rouge dans la case du vingt-cinq. Peut-être devait-il commencer à penser à ses cadeaux. Il avait déjà tout prévu pour son père, Nathalie et le Gorille, mais il restait toujours des achats à faire pour Nino, Chloé, peut-être Alya qu'il avait revue deux ou trois fois. Marinette ? Il ne pensait pas la revoir d'ici peu, alors il abandonna rapidement l'idée. Bien sûr, il y avait aussi Ladybug. Il devait lui trouver le plus magnifique cadeau qui soit, mais quoi ? Peut-être pourrait-il organiser une soirée romantique dans un grand restaurant ? Ça n'irait certainement pas, surtout si les autres clients devaient voir arriver la fameuse Ladybug et son partenaire Chat Noir.

Un bijou pourrait être une bonne idée. Il s'y connaissait assez pour lui trouver quelque chose qui ait du goût, et il pensait qu'elle aimait ce qui touchait de près ou de loin à la mode. Il commença à noter toutes ses idées sur des post-it, vêtements, parfums, accessoires, tout ce qui lui passait par la tête.

Plagg leva les yeux au ciel, et s'éloigna un peu.

— Pourquoi est-ce que tu cherches un cadeau pour elle si elle ne te répond pas ?

Adrien releva la tête vers son kwami, laissant un sourire se dessiner sur ses lèvres.

— Elle me répondra, Plagg.

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[18:21] Chat Noir : Ma Lady ?

[18:23] Chat Noir : Tu me manques.

[18:25] Chat Noir : Reviens-moi vite :)

[18:26] Chat Noir : Je t'aime.

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— — —

— Bon, on dirait que tu vas mieux.

Marinette hocha la tête, palpant son front de sa paume sous les yeux inquiets de sa mère.

— Tu n'as plus de fièvre, continua Sabine en s'asseyant près de sa fille. Mais je préfère que tu loupes l'école aujourd'hui pour te reposer encore un peu.

— Maman, protesta faiblement Marinette, ça fait déjà trois jours ! Si ça continue comme ça je vais être complètement larguée et…

Elle sentit des bras chauds entourer sa taille, et se retrouva poussée contre le corps chaud de sa mère. Marinette laissa reposer sa tête contre l'épaule réconfortante, trouvait une grande complaisance dans le geste. Sa mère avait toujours cet étrange pouvoir de faire s'envoler ses soucis pour quelques secondes, de les remplacer par de la compassion et de la tendresse.

— Ne t'en fais pas pour ça, lui dit-elle d'une voix apaisante. Tes amis te prendront les cours, et trois jours, ce n'est pas si long.

Marinette hocha la tête, soupirant en se dégageant de l'étreinte pour se laisser tomber sur son lit. Le visage de sa mère au-dessus du sien était souriant mais aussi soucieux.

— Tu sais Marinette, dit-elle, si jamais tu as le moindre souci, ton père et moi sommes là pour t'aider.

Marinette s'arrêta de respirer. Elle se demanda instinctivement ce que sa mère savait, parce que son regard grisé semblait révéler qu'elle n'était pas dupe. Au mieux, elle pouvait penser que Marinette avait un problème avec sa classe. Au pire… Elle pouvait avoir trouvé son identité secrète. Elle espérait que ce n'était pas le cas.

— Que veux-tu dire ? Demanda-t-elle d'une petite voix.

— Oh, ma chérie, je vois bien que tu ne vas pas très bien depuis quelques jours… As-tu des problèmes à l'école ? Peut-être qu'Alya te manque ? Et ce garçon, Adrien…

Marinette secoua la tête, néanmoins soulagée que sa mère ne sache pas le plus important. Elle n'osait pas penser ce qu'elle ferait si ses parents découvraient un jour qu'elle était Ladybug, et une part d'elle s'angoissait dès qu'ils demandaient à lui parler. Mais elle ne savait pas.

— Tout va bien, dit-elle, tu as raison, Alya me manque, mais elle reste ma meilleure amie, alors…

Sa mère lui sourit avec gentillesse.

— Bien sûr, confirma-t-elle. Toi et Alya êtes tellement proches que je ne pense pas que quoique ce soit puisse vous séparer.

Elle se releva en déposant furtivement un baiser sur le front de Marinette.

— Je dois retourner travailler, chérie, mais si tu as besoin de nous, nous sommes juste en bas. Repose-toi bien.

Marinette regarda sa mère s'éloigner avec tristesse. Elle pensa à leur relation et à celle qu'elle avait avec Alya et avec tout le monde sauf Chat et se sentit soudainement affreusement seule. Personne ne connaissait la fille qui se cachait derrière Ladybug, mais la seule personne qui pouvait la soutenir alors qu'elle se surpassait pour endosser cette responsabilité n'était pas là et elle ne savait pas à qui en parler. Si Tikki n'avait pas été là, elle aurait dû tout garder pour elle, et elle ne savait pas si elle l'aurait supporté. Mais Tikki n'était pas humaine, et elle voyait parfois les choses avec trop de recul pour que Marinette puisse comprendre tous ces conseils.

La jeune fille passa toute sa matinée à essayer de s'occuper, à coudre et à dessiner, jusqu'au moment où elle se rendit compte qu'elle dessinait Adrien et une veste qu'elle aurait aimé lui faire, et qu'elle arracha impulsivement la page de son carnet, la chiffonnant pour la jeter. Elle soupira lourdement, et Tikki lui répéta encore d'aller le voir pour lui en parler, mais elle ne changea pas d'avis et refusa de l'écouter. Comment pouvait-elle le croire alors qu'il lui avait déjà menti ?

Marinette finit par allumer la radio, écoutant les informations pour penser à autre chose. Et elle supposa que sa chance la quittait déjà, car à peine eut-elle allumé le vieil objet qu'une voix tremblante d'excitation retentissait dans sa chambre.

« Nous nous retrouvons avec nos nombreux témoins aux Halles, près de la dernière attaque de super-villain. Il semblerait que ni Ladybug, ni Chat Noir ne soient arrivés pour le moment ! Nous espérons avoir rapidement de leurs nouvelles »

Elle grognant en se relevant, toujours appuyée contre son bureau.

Elle n'avait pas envie de combattre un akuma, pas maintenant, alors qu'elle était en colère contre Chat Noir. C'était pour cela qu'elle n'avait jamais voulu avoir une relation qui dépassait l'amitié avec lui ; ils ne pouvaient pas se permettre de laisser leurs émotions les gêner dans leur travail, et une telle erreur pourrait leur coûter la vie. Elle devait avoir besoin de lui faire confiance, mais elle se sentait uniquement trahie, et elle n'avait pas envie de faire équipe avec lui, pas maintenant.

Elle n'était pas prête. Le revoir maintenant lui semblait absurde, et elle ne savait même pas comment il allait réagir à sa disparition d'une semaine ; elle n'avait même pas lu tous ses messages !

Mais Marinette se résigna. Paris était en danger, et elle n'allait pas laisser l'akuma faire des dégâts dans la ville juste à cause d'une histoire de coeur de lycéens qui sera probablement oubliée d'ici peu.

— Tikki, appela-t-elle, transforme-moi !

La sensation familière du tissu contre sa peau sembla lui redonner un peu confiance. Elle pouvait le faire, c'était important. Elle pouvait le faire, sans Chat.

Elle sentit son yoyo vibrer et le saisit, regardant le petit écran pour y trouver le visage de Chat Noir, légèrement caché par le petit téléphone vert qui indiquait qu'il l'appelait. Elle glissa son doigt pour raccrocher, et vit une petite icône s'afficher.

« Vous avez 63 messages non lus »

Marinette retint un grognement indigné, et parcouru très rapidement ce que Chat Noir lui avait envoyé, n'y trouvant que des questions, des mauvaises blagues et des déclarations passionnées. Elle les ignora et replaça le yoyo à sa taille, plaçant fermement ses mains sur les rebords de la petite trappe qui ouvrait sur son balcon. Elle avait un super-vilain à battre.

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Lorsque Adrien arriva aux Halles, il ne trouva que quelques policiers, et une équipe de télévision. Ca n'était pas exactement ce à quoi il s'attendait, mais en voyant les journalistes s'enflammer devant les caméras, il pensa qu'il pourrait au moins leur soutirer quelques informations — et si possible retrouver le villain ou Ladybug, si elle était déjà sur les lieux. En fait, il ne savait pas si elle serait là, il n'avait eu aucunes nouvelles d'elle depuis une semaine et rien ne lui disait qu'elle puisse se libérer maintenant.

Il pouvait y avoir un tas de raisons à son absence récente. Peut-être qu'elle était en voyage, qu'elle était malade, qu'elle avait des problèmes familiaux, qu'elle avait perdu son kwami. Il en était même venu à envisager les hypothèses les plus farfelues : qu'elle ne pouvait pas se transformer parce qu'elle était en prison, qu'elle avait perdu la mémoire, etc. Tout cela était absurde, bien sûr, mais hey, il ne pouvait pas contrôler ses pensées.

Il s'approcha d'un jeune reporter qui semblait montrer des photos à quelqu'un d'autre, affichant son excitation.

— Hm, excusez-moi, demanda le garçon d'une voix qu'il espérait confiante. Ça vous dit d'aider un super-héros ?

Cela sembla marcher, car l'homme se mit à lui parler précipitamment, expliquant qu'un super-vilain ayant le pouvoir de se téléporter avait entraîné Ladybug avec lui, et qu'ils ne les avaient pas revu depuis. Chat Noir hocha la tête, et s'éloigna en cherchant le GPS sur son bâton, trouvant rapidement le point qui indiquait la position de sa partenaire, quelques pâtés de maisons plus loin.

Il se précipita à sa rencontre, sentant son coeur battre à l'hypothèse de la revoir. Oh, comme il voulait la revoir ! Il espérait qu'elle allait bien, qu'elle le laisserait rester un peu avec elle lorsqu'ils auraient battu l'akuma. Il espérait pouvoir l'embrasser à nouveau et lui demander ce qu'elle voulait faire pour les fêtes, s'il pouvait la voir pendant les vacances, s'il pouvait la voir tous les jours.

Lorsqu'il l'aperçut enfin, il arrêta de respirer. Ladybug était aux prises avec une jeune fille qui — comme le lui avait dit le journaliste — se téléportait sans cesse, apparaissant dans son dos lorsque la super-héroine donnant un coup en avant, et sur le son côté lorsqu'elle se retournait. Elle semblait avoir abandonné l'idée d'utiliser son yoyo, préférant se servir de ses bras et de ses jambes pour tenter de toucher le super-vilain. Médusé, Chat Noir regarda les deux adolescentes se battre avec violence et grâce, comme si elles répétaient un spectacle de danse particulièrement complexe ; la façon dont les coups de Ladybug ne faisaient qu'effleurer son adversaire dégageant une certaine beauté et il était fasciné.

Comment est-ce que Ladybug réussit à éviter chaque coup porté par la jeune fille, il l'ignorait. Comment est-ce qu'elle fit pour, dans un geste incroyablement précis et rapide, s'emparer de l'item akumatisé et le briser sur le sol, il ne chercha pas à comprendre.

Mais lorsque son yoyo retomba dans sa main après avoir libéré le papillon, il la vit enfin, et il se retrouva incapable de bouger le moindre muscle pour aller la rejoindre. Le regard glacial qui transperçait son corps était bien trop lourd pour qu'il puisse réagir ; et la colère froide qu'il lut sur son visage lui donna envie de courir le plus loin possible. Son instinct de survie lui criait « DANGER » et il n'arriva pas à retenir les frissons qui parcoururent son corps.

— M-ma Lady ?

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BIM ! La fin ! Haha, je suis horrible, non ? :)

J'ai mis un peu de temps à terminer celui-ci, et j'en suis désolée. J'espère qu'il vous aura plu ! Voici quelques remarques sur le chapitre si vous vous posiez certaines questions :

(1) Pour ce qui est de l'histoire Chloé/Adrien, j'avais déjà brièvement évoqué le fait que les élèves de leur classe les prennent pour un couple dans un autre chapitre. Je n'ai jamais vraiment insisté dessus vu que ça ne me semblait pas trop important, et surtout, c'était du point de vue d'Adrien qui n'a probablement entendu toutes les rumeurs autour d'eux, donc non, ça ne sort pas de nulle part :) !

(2) Concernant la réaction de Marinette, c'est assez compliqué. Il s'en dégage surtout une grande confusion et elle semble revenir sur ses décisions sans arrêt, blâmer Adrien puis se reprendre, penser que c'est un malentendu puis qu'il la trompe, etc. J'espère que les émotions auxquelles elle est confrontée sont claires, et si vous la trouvez incohérente (bien que ce soit en partie volontaire), n'hésitez pas à m'envoyer un message pour que je puisse expliquer la façon dont j'envisage les choses d'un point de vue psychologique (lmao je vais pas vous faire une dissert' là maintenant, mais c'est important pour moi de bien retranscrire les émotions des personnages, alors si quelque chose ne va pas, je veux pouvoir le corriger ou l'expliquer !).

(3) Le truc marrant dans ce chapitre, c'est d'avoir d'un côté une Marinette toute déprimée et furieuse contre Adrien d'un côté, et de l'autre, un Adrien qui ne fait que penser « quand est-ce que je la revois ». Pauvre chou, il doit être en état de choc x)

Sinon, je tenais à tous vous remercier pour vos gentils commentaires, ah la la, je sais pas ce que je ferais sans vous ! N'hésitez pas à laisser vos impressions sur cette histoire, que je puisse m'améliorer si certains points restent sous-développés (bien sûr, je ne peux pas non plus traiter de tout xD) ou si quelque chose vous déplaît. Vos retours sont très importants pour moi :)

Bisous !