Lorsque Ladybug se glissa silencieusement sur le balcon de la chambre d'Adrien Agreste, elle eut l'impression que rien n'avait changé, et que ces trois dernières semaines avaient été un rêve. C'était idiot, bien sûr, et ce n'était pas parce que les rideaux sombres ou les meubles design restaient les mêmes que ce devait aussi être le cas de la relation qu'elle avait avec Adrien.
Elle avait attendu midi passé pour rentrer chez elle, peu après Adrien et Nino, et avait immédiatement envoyé un message au garçon, qui lui avait répondu au bout de quelques minutes. Il semblait vouloir discuter autant qu'elle, et elle le prit déjà comme un bon signe, même si elle savait que les choses ne seraient pas si simples, et qu'elle ne pouvait pas effacer la peine et la trahison avec de simples mots.
Le coeur lourd, elle tendit son poing pour toquer quelques petits coups contre la vitre froide, espérant qu'Adrien l'attendait dans sa chambre. Elle ne savait pas comment il allait réagir en la voyant, mais elle se promit de ne pas fuir une nouvelle fois, elle n'y avait pas le droit. Parler à Adrien en tant que Marinette, supposée ignorante de son histoire avec Ladybug, était une chose. Le revoir après l'avoir soigneusement évité pendant des jours, alors qu'il était parfaitement conscient de sa culpabilité en était une autre. De plus, maintenant qu'il avait deviné les raisons de sa colère, elle supposait qu'il restait seul juge de ce qu'il adviendrait d'eux.
La fenêtre s'ouvrit, dévoilant la peau claire et les mèches dorées, puis le regard attentif d'Adrien Agreste. Elle essaya de deviner à quoi il pensait, mais n'y arriva pas. Peut-être était-il soulagé qu'elle vienne, mais elle ne retrouva pas l'adoration à laquelle elle était habituée, et cela l'inquiéta.
— Ladybug, dit-il doucement, entre.
Elle hocha la tête, passant ses jambes, suivies du reste de son corps à travers la fenêtre. Adrien se dirigea vers sa chaise de son bureau, et lui fit signe de s'assoir sur son lit.
— Personne ne t'as vu ? Demanda-t-il. C'est le milieu de l'après-midi…
— Personne, répondit-elle.
Il fit tourner sa chaise, restant silencieux quelques instants.
— Mon père reviendra en fin de soirée, précisa-t-il.
Marinette hocha lentement la tête, ne sachant pas trop quoi répondre. Elle savait qu'elle devait parler, mais elle ne savait pas par quoi commencer. « Pardon » semblait un bon début, mais comment s'expliquer clairement et lui faire comprendre qu'elle tenait à lui et souhaitait le soutenir ? Il y avait aussi le problème de sa double identité, mais elle avait déjà pris sa décision sur ce point. Elle souhaitait attendre qu'Adrien améliore les choses de son côté — autrement dit, qu'il parle à son père et reprenne du poids —, puis ils pourraient en discuter. Elle savait que c'était égoïste, elle savait qu'elle devait être honnête avec lui, mais elle estimait qu'elle devait attendre que les choses se calment avant. Adrien avait visiblement besoin d'elle, et sa petite crise de confiance pouvait attendre. Elle devait aussi compter sur son soutient pour cela, et elle avait peur de le perdre si elle lui disait tout maintenant.
— Ladybug ?
Elle sursauta, et leva la tête vers le jeune homme, observant avec inquiétude ses traits fatigués. Leur sortie de la vieille y était clairement pour quelque chose, mais elle ne put empêcher son coeur de se serrer.
— O-oui ?
Il prit une grande inspiration, posant un regard qu'elle n'arriva pas à déchiffrer sur elle.
— Je sais pourquoi tu es en colère, commença-t-il.
Bien sûr que tu sais, pensa-t-elle.
— Vraiment ? Répondit-elle en essayant de ne pas se trahir.
— Je dois t'avouer quelque chose, par contre, continua-t-il en soupirant. Je ne l'ai pas trouvé tout seul, on m'a fait la remarque, et…
Elle hocha la tête, bougeant ses pieds l'un contre l'autre avec nervosité.
— Tu aurais dû m'en parler.
Elle savait, elle savait, elle savait. Elle n'avait pas réfléchi. Elle avait eu peur et avait essayé de se protéger, ça n'avait pas marché. Elle s'en voulait terriblement, et le regard accusateur d'Adrien lui fit presque du bien, car elle estimait qu'elle avait ce qu'elle méritait.
— Je sais, dit-elle d'une voix basse.
— C'est Chloé, n'est-ce pas ? Continua Adrien en se levant soudainement. Tu sais, je peux m'expliquer là-dessus. Il n'y a rien entre Chloé et moi, je ne suis jamais sorti avec elle, c'était un malentendu.
Il se leva et commença à faire les cent pas dans la pièce. Sa voix était dure, mais Marinette n'y décela pas de colère, et elle le laissa parler sans l'interrompre.
— Je pense que je comprends pourquoi tu étais en colère, et pourquoi tu voulais je me rende compte de mes « erreurs », mais comment aurais-je pu savoir ? Je… Je me rends bien compte que Chloé poste des photos de nous et que beaucoup de gens nous considèrent comme un couple, maintenant. Je ne l'avais jamais vu comme ça, c'est mon amie d'enfance, mais nous ne sommes pas si proches. Si tu avais été dérangé par le fait que je sois proche d'une autre fille, tu aurais pu me le dire !
— Adrien…
— Je sais que je suis aussi fautif, je sais que j'aurais pu me dire, « ah oui, tu as une copine, rend les choses claires », mais personne ne m'a jamais parlé de ces rumeurs, et je ne sais même pas comment m'y prendre avec les autres correctement. Mon père, Chloé, même toi ! Je n'arrive pas à comprendre pourquoi est-ce que rien ne se passe jamais de la bonne façon !
— Ce n'est pas ça ! S'exclama-t-elle.
— Alors pourquoi est-ce que tu ne m'en as pas parlé ?
Marinette frissonna en entendant sa voix presque suppliante.
— Pourquoi est-ce que tu ne m'en as pas parlé ? Répéta-t-il. Je pensais que l'on pouvait tout se dire.
Elle se leva et se rapprocha légèrement, laissant tout de même une distance entre eux. Adrien n'avait pas l'air trop en colère, mais son expression triste était quelque chose qu'elle voulait voir partir. Immédiatement.
— Adrien, dit-elle d'une voix douce, je veux que l'on soit capable de tout se dire, j'ai juste… Quand j'ai… Entendu des rumeurs à propos de Chloé et toi, j'ai essayé de t'en parler, mais ça n'aboutissait à rien, et je me suis dit comme toi. Je me suis dit que tu ne voulais pas m'en parler parce que tu ne te sentais pas assez proche de moi, ou bien…
Son regard fuyant trahit sa pensée.
— Parce que tu pensais que je te trompais ? Demanda Adrien.
— J'étais terrorisée, avoua-t-elle d'une voix plus forte qu'elle ne le voulait. Je me suis demandé si tu ne te laissais pas de moi, et j'ai réagi de la pire façon possible ! Oh, Adrien, je suis tellement désolée ! Je ne voulais pas te remettre en question, je ne voulais pas te laisser seul ! J'ai agi d'une façon tellement stupide, et je m'en veux horriblement !
Elle commença à passer ses mains sur son front, avant de les ramener sur chaque côté de sa tête, ramenant ses cheveux noirs en arrière. Elle recula et se rassit sur le lit, n'osant plus lever les yeux vers Adrien.
— Jamais je n'aurais fais ça si j'avais su à propos de ce stupide défilé, continua-t-elle.
La tête toujours baissée, elle entendit Adrien bouger face à elle. Osant jeter un regard vers lui, elle remarqua qu'il s'était assis en tailleur devant le lit. En lisant son air frustré, elle se demanda si elle n'était pas allé trop loin en parlant du défilé. Elle n'en avait pas parlé avec lui en tant que Ladybug, mais encore une fois, c'était le genre d'information que l'on trouvait facilement sur internet.
— Pourquoi est-ce que je me lasserai de toi ? Demanda-t-il, incrédule. S'il y a bien quelqu'un qui devrait se lasser de l'autre, ce serait toi.
— P-pardon ?
— Ladybug, dit-il, je ne vois pas pourquoi est-ce que tu irais penser un truc pareil. J'ai déjà clairement exposé les sentiments que j'ai pour toi, et à plusieurs reprises…
Voyant le sujet changer de trajectoire, elle paniqua légèrement. Elle essaya de garder la situation en main, mais c'était compliqué.
— Peut-être que tu t'es rendu compte que Ladybug n'est pas aussi géniale que tu le pensais, dit-elle d'une voix évasive.
Il secoua la tête.
— Tu sais, je te connais assez bien. On se côtoie depuis quelque temps déjà, et nous avons beaucoup parlé au cours des quelques derniers mois. S'il y a une chose que j'ai réalisée, c'est… Enfin, ce n'est pas ça.
Danger, Marinette, pensa-t-elle. Elle voulait garder le contrôle de la discussion, et se concentrer à nouveau sur Adrien. Mais la curiosité prit rapidement le dessus, et elle n'arriva pas à ignorer un « c'est… Enfin, ce n'est pas ça ».
— Q-qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle d'une voix hésitante.
Il sembla légèrement troublé, et passa sa main dans sa nuque. Elle savait qu'il ne la pardonnerait probablement pas si facilement, et commença à sentir de la peur au creux de son ventre. Qu'avait-il réalisé ? Et s'il ne voulait plus d'elle ? Plus du tout ? Elle ne voulait pas ça. Elle avait tout pris de travers et l'avait laissé seul lorsqu'il avait besoin de support, mais si elle l'avait su, elle aurait tenté de lui parler plus tôt ! Pleins de couples se disputaient, alors pourquoi devaient-ils en arriver là à cette période en particulier ?
Et, bon sang, qu'avait-il réalisé ?
— J'ai l'impression, dit-il, que tu ne penses pas à moi de la même façon que je pense à toi.
Le coeur de Marinette rata un battement. Elle ouvrit la bouche sans que le moindre son n'en sorte, et se laissa lentement glisser le long du lit, jusqu'à arriver assise sur le sol, à la hauteur d'Adrien. Elle n'était pas entièrement sûre de comprendre ce dont il voulait parler, mais si c'était bien ce à quoi elle pensait, elle devait immédiatement clarifier les choses.
— Que veux-tu dire ?
Il évita son regard, et Marinette avait peut-être du mal à décrypter les gens la plupart du temps ; même elle pouvait dire que c'était un mauvais signe.
— Je veux dire, clarifia-t-il avec une expression sombre, que je ne sais pas si tu tiens vraiment à moi.
Elle devait avoir mal entendu.
— Tu… Quoi ?
Il haussa les épaules, gardant les yeux fixés sur le sol. Marinette resta quelques instants silencieuse, réfléchissant à la façon dont elle pouvait lui faire comprendre qu'il se trompait. Elle aurait aimé chercher un contact physique avec lui, mais avait peur qu'il la rejette. Pressant ses lèvres l'une contre l'autre, elle tendit doucement son bras vers le visage du jeune homme, effleurant son menton avec ses doigts, pour l'inciter à relever la tête et à la regarder. Il ne sembla pas opposer la moindre résistance ; et leurs yeux se croisèrent avec un choc électrique.
— Tu penses que je ne tiens pas à toi ? Demanda-t-elle doucement.
Elle garda sa main à quelques centimètres de son visage angélique, sentant encore les tremblements de sa peau du bout de ses doigts, même à travers le tissu rouge.
— Tu m'as laissé tout seul, répondit-il sans rompre leur contact visuel.
— Je suis désolée, Adrien, je- j'ai paniqué, d'accord ? Je regrette. Tu ne peux pas savoir à quel point je regrette !
Il ne bougea pas, et elle regarda la lumière triste dans ses yeux, comme deux petites flammes de bougies sur le point de s'éteindre.
— J'avais besoin de toi, continua-t-il d'un ton accusateur.
Le noeud dans son ventre se resserra. Elle se demanda comment il avait passé sa dernière semaine. Avait-il même parlé à quelqu'un, en dehors de ses séances photo ?
— Je sais, dit-elle, pardon… Je ne le referai plus jamais, jamais, jamais.
Il soupira, et hocha la tête, restant silencieux. Marinette savait qu'elle n'était pas douée avec les excuses, et qu'elle aurait besoin de faire plus que ça pour qu'ils, elle et Adrien, soient mieux.
— Adrien ?
— Oui ?
— Je tiens vraiment à toi, tu sais. Je n'ai pas envie de tout gâcher entre nous.
Il haussa les épaules, mais Marinette comprit qu'il accordait plus d'attention à sa réponse qu'il ne le laissait paraître. Ils n'étaient pas en bons termes à présent, mais elle savait qu'il ne pouvait pas juste laisser tomber, même si elle avait merdé. Elle savait que ce qu'il y avait entre elle et Adrien, entre Chat Noir et Ladybug, était quelque chose de bien plus solide que ça.
— Moi non plus, répondit Adrien d'une voix basse.
Elle laissa un léger sourire apparaître sur son visage, et détourna le regard un instant, fixant l'intérieur de la chambre d'Adrien. Elle ne se souvenait pas y être jamais allée pendant la journée, et elle se rendait à présent compte de l'immense taille de la pièce. Elle se demanda quel genre de sensation c'était, de passer son temps dans un endroit aussi… Vide.
Marinette se rendit compte que des larmes lui picotaient les yeux.
— Pardon, Adrien, répéta-t-elle. Je t'aime.
Il leva rapidement les yeux vers elle, la regardant intensément.
— Tu ne m'as jamais dis ça, dit-il au bout d'un moment.
— Vraiment ?
— Oui.
Elle fronça les sourcils, et mordilla sa lèvre inférieure. Était-ce à cause de cela qu'il doutait de son affection pour lui ? Elle espérait que non.
— Ce ne sont que des mots, dit-elle doucement. Bien sûr que je t'aime, cela va de soi. Je n'aurai pas passé autant de temps à t'embrasser, sinon.
Il resta silencieux quelques instants.
— Ce sont de jolis mots, répondit-il. Peut-être que j'y accorde trop d'importance, mais… Mais je pense qu'ils sont importants.
Marinette ouvrit sa bouche en un « oh » silencieux. Elle ne pouvait pas le contredire : elle adorait quand il lui disait qu'il l'aimait. Elle se rendit compte qu'elle devait lui montrer plus d'affection, de la même façon qu'il le faisait.
Elle remarqua qu'il semblait moins tendu que quelques minutes plus tôt.
— Tu sais, dit-elle, je suis un peu surprise.
— Pourquoi ?
Elle haussa les épaules, laissant son regard se balader sur le visage d'Adrien. Il l'écoutait. Il l'écoutait ! Elle était venue dans le but de l'écouter, lui ! Elle voulait qu'il lui dise ce qu'elle méritait qu'on lui dise. Elle était fautive, elle devait en prendre les responsabilités. Mais il l'écoutait calmement, et elle ne savait pas si c'était exactement une bonne chose.
— Je pensais que tu serais en colère, répondit-elle.
Il haussa les épaules, rangeant quelques mèches blondes derrière ses oreilles.
— Tu pensais que je te crierais dessus ?
Ladybug hocha la tête. Le garçon soupira, et croisa ses bras sur sa poitrine.
— J'étais en colère, c'est vrai, commença-t-il. Mais je me suis rendu compte que j'étais autant énervé contre moi que contre toi, et si j'avais déversé ma frustration sur toi… Ça n'aurait pas été juste.
Elle resta silencieuse.
— On m'a toujours appris à ne pas élever la voix. Je pense que c'est important de passer par le dialogue, continua-t-il. S'énerver… Ça ne nous mènera pas à grand-chose, pas vrai ?
Marinette essaya de ne pas trop faire attention au ton accusateur qu'il avait.
— Même si la personne qui m'a dit ça n'arrive même pas à suivre ses propres mots, marmonna Adrien plus pour lui-même. Et puis…
— Et puis ? Répéta Marinette.
Lorsqu'il la regarda, Marinette retint un hoquet surpris. Il souriait.
— Et puis, dit-il, je suis fatigué. J'ai passé une mauvaise semaine. Avant hier soir, je n'ai vu personne à part mon père, Nathalie, et ceux qui m'ont préparé pour le défilé. J'ai décidé d'arranger les choses avec mon père, et je… J'ai besoin de toi.
Elle retint sa respiration.
— Moi aussi j'ai besoin de toi, dit-elle avec douceur.
Il hocha la tête, puis soupira, et elle sentit ses épaules se relaxer légèrement. Elle n'osa pas prononcer le moindre mot, mais elle sentit le noeud dans son ventre se desserrer un peu. Il n'allait pas s'énerver ; il avait avoué avoir besoin d'elle, cela signifiait donc qu'il la laisserait le soutenir comme elle le devait. Marinette savait bien qu'elle n'était pas vraiment responsable de sa perte de poids, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de se blâmer. L'idée qu'il refuse toute aide de sa part lui aurait été insoutenable.
— Alors, finit-elle par dire. Tu vas… Parler avec ton père ?
— J'aurai dû le faire depuis longtemps, grommela Adrien. Je n'aurai pas dû avoir à en arriver là pour me rendre compte que je devais faire quelque chose.
Marinette observa son torse mince, et mordilla machinalement sa lèvre inférieure.
— C'est de ma faute, murmura-t-elle en baissant la tête. Si j'avais été là, tu n'aurais pas…
— Ladybug, coupa-t-il. Ne te blâme pour ça. J'étais fâché parce que tu n'as pas su me faire confiance et que tu as refusé de me parler. Tu n'as rien à voir avec ça, rajouta Adrien en tournant ses mains vers son propre corps. Et puis, ça a dû être difficile pour toi aussi, n'est-ce pas ?
La jeune fille retint une expression triste, pressant ses paumes l'une contre l'autre. Elle hocha la tête avec hésitation.
— Tu m'as manqué, dit-elle. Après la fois où nous nous sommes revu, après l'attaque de la Téléporteuse, j'ai regretté. Je t'ai envoyé un message mais tu ne m'as pas répondu. J'étais effrayée, j'ai cru que tu t'étais lassé de tout ça…
— J'étais un peu… Sous le choc, répondit le garçon. En colère parce que tu avais crié, et… Avec les séances photos, j'avais besoin de me concentrer un peu, je suppose.
Son expression amère à la mention des shooting laissa un goût tout aussi amer dans la bouche de Marinette.
— Tu détestes ça, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle.
— Oui.
— C'est une bonne chose que tu sois prêt à y mettre un terme, lui sourit-elle. Tu veux que je parle à ton père ? Peut-être qu'il m'écoutera.
Adrien s'empressa de lever la main, secouant vivement la tête.
— Je dois le faire moi-même, dit-il. Je dois aussi parler avec Chloé. Si je laisse les autres le faire à ma place, alors où est l'intérêt ?
L'intérêt, c'est que tout cela s'arrête ! Eut envie de crier la jeune fille. Mais elle se contenta d'acquiescer silencieusement. Il savait qu'il pouvait compter sur elle, et c'était le plus important.
Adrien s'apprêta à dire autre chose, mais ils furent interrompus par le bruit du portail qui s'ouvrait, et d'une voiture qui se garait. Adrien prit une expression agacée en regardant par la fenêtre, avant de se retourner vers Ladybug.
— Sûrement Nathalie, dit-il.
La jeune fille hocha silencieusement la tête, se relevant lentement.
— Attend qu'elle soit rentrée pour partir, souffla Adrien.
— Bien sûr, répondit-elle.
Marinette grogna intérieurement. Elle aurait voulu avoir plus de temps pour lui parler, mais la première chose que Nathalie ferait en arrivant serait sûrement de voir Adrien. Elle devait partir rapidement, avant que cela n'arrive.
Elle jeta un dernier regard au garçon, sentant une atroce déception engourdir ses muscles. Elle ne voulait pas partir. Elle avait envie de se blottir contre lui et de rire avec lui, qu'ils s'échangent des stupides blagues en regardant un film. Évidemment, cela ne risquait pas d'arriver, surtout après leur dispute — elle supposait qu'il leur faudrait un peu de temps avant d'être complètement à l'aise ensemble.
Lorsqu'elle se décida enfin à tourner les talons, elle sentit une main attraper son poignet, et la ramener en arrière. Elle croisa immédiatement le regard angoissé d'Adrien.
— Ladybug, dit-il d'une voix basse. Tu ne vas pas… Disparaître encore, hein ?
Elle voulait l'emmener avec elle, pour qu'ils parlent tranquillement. Elle hésita à vraiment le faire.
— Oh, Adrien, bien sûr que non, dit-elle doucement.
Il sembla se détendre, réprimant un rire nerveux.
— Désolé, répondit-il. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça…
Il lâcha son poignet, mais lorsque Marinette sentit que ses doigts s'éloignaient des siens, elle les rattrapa. Elle colla leurs paumes ensemble, entrelaçant leurs doigts pendant quelques secondes. La respiration calme d'Adrien et les pas lointains de Nathalie étaient les seuls bruits qui venaient interrompre ses battements de coeur, et elle sentit sa tête tourner lorsqu'il resserra ses doigts à son tour. Le soulagement d'être toujours présente avec lui l'emportant sur l'empressement de la situation, elle ne réfléchit pas.
Elle mena doucement leurs mains jointes jusqu'à son visage, et vint tendrement poser ses lèvres sur le dos de la main du jeune homme. Sentir sa peau tiède et son parfum d'amande l'emplit d'une énergie qu'elle n'avait pas ressentit depuis longtemps. Mais le bruit de talons qui montaient les escaliers la fit rapidement retourner à la réalité. Avec regret, elle laissa sa main glisser loin de la sienne, et lança un dernier regard à Adrien. Ses joues s'étaient légèrement colorées, et il affichait un sourire discret.
— À bientôt, chaton, chuchota-t-elle. Fais attention à toi.
Et plus tard, lorsqu'elle rentrerait chez elle, Marinette passera des heures à méditer sur ces derniers mots. Était-elle allée trop loin ? Peut-être qu'il était toujours fâché, alors utiliser son surnom affectif aussi simplement ne l'énerverait-il pas ? Que dire du baisement ? Toujours est-il qu'Adrien ne fit, et ne fera jamais la moindre remarque à ce sujet.
— — —
— — —
Les toits lui avaient manqué. Courir et sauter dans la nuit, rire et faire de blagues, cela lui avait manqué aussi. Adrien ne le réalisa que lorsqu'il eut enfin l'occasion de porter à nouveau son costume de super-héros.
Bien sûr, les akumas ne lui avaient pas vraiment manqué, mais c'était le job, et Chat Noir existait uniquement parce qu'il devait protéger la ville des vilains. Plus précisément, c'était la raison pour laquelle on lui avait confié ses pouvoirs, et il ne pouvait pas profiter des privilèges de héros sans avoir à donner un peu en retour.
Ce n'était pas si horrible. C'était sa façon d'avoir un peu plus de liberté, et c'était sa façon de trouver le courage de parler à son père, de se dire que s'il pouvait protéger Paris d'un dinosaure géant, alors demander à arrêter les shooting photo ne devrait pas être un problème. Pour l'instant, son père avait été plutôt clément avec lui, et il lui en était reconnaissant. Il lui avait dit qu'il avait besoin de repos, et qu'il avait le droit à quelques jours de libre ; mais cette situation durait depuis un peu plus d'une semaine, et Adrien savait qu'il devait se dépêcher de le convaincre de le laisser décider seul de ce qui était bon pour lui. Il savait que bientôt, son emploi du temps serait probablement à nouveau chargé de rendez-vous et de séances photos.
Il sentit une main venir toucher son épaule, puis glisser le long de sa colonne vertébrale avec douceur.
— Tout va bien, Chat ? Demanda une voix féminine.
Il hocha la tête, se retournant vers Ladybug avec un sourire.
— Absolument, ma Lady, répondit-il d'une voix distraite. Je me disais que ce costume est celui qui me va le mieux. Peut-être que je pourrais défiler comme ça.
Elle leva les yeux au ciel.
— Et le monde entier saura qui tu es, rétorqua-t-elle. Et puis, si tout se passe bien, tu n'auras bientôt plus à défiler.
Il haussa les épaules.
— Tu sais, je crois que défiler en tant que Chat Noir serait assez cool. Les gens me regarderaient pour autre chose que mon simple physique, et je pourrais recevoir des compliments sur quelque chose que j'ai vraiment fait, pour une fois.
Une nouvelle touche sur son bras, et le poignet habille de Ladybug qui pivotait pour se retrouver face à lui. Elle laissa sa main sur son bras, affichant un air semi-amusé.
— Et je pourrais aussi te faire une liste de toutes les qualités que tu as et qui ne sont pas liées à ton physique, Adrien, taquina-t-elle.
Il s'autorisa à rire.
— C'est plus difficile que ça en a l'air, dit-il.
L'expression amusée de la jeune fille se transforma rapidement en un masque contrarié. Elle secoua vivement la tête.
— C'est plus facile que ça en a l'air, le contredit-elle. Ne dis pas ça.
Il haussa les épaules, refusant de se lancer dans un début inutile.
— Si tu le dis, soupira-t-il.
Elle sembla réfléchir quelques secondes, grattant l'arrière de sa tête en fronçant les sourcils. Puis, un sourire se forma doucement sur ses lèvres, et elle posa son index sur le bout du nez d'Adrien.
— Alors je propose quelque chose, commença-t-elle. Nous devrions faire une liste de règles dans notre relation. Première règle ; tu es la personne la plus merveilleuse que je connaisse et tu n'as pas à te dévaluer de la sorte.
Chat Noir resta perplexe pendant quelques secondes. Il trouvait ce jeu stupide, ce n'était pas une espèce de règle qui allait changer quoi que ce soit dans… Puis il comprit où Ladybug devait en venir. Il se détendit enfin. Au final, cela leur ferait certainement beaucoup de bien.
— Deuxième règle, sourit-il, tu n'as pas le droit de me laisser tout seul sans raison que je puisse comprendre.
Tournant sur elle-même, elle hocha la tête.
— Troisième règle, continua-t-elle, je ne veux plus voir de photos de toi et Chloé sur Facebook, ou je te jure que j'irais l'étrangler moi-même !
Cette réplique arracha un rire au garçon. Honnêtement, il avait tout récemment découvert ses photos, et cela le mettait affreusement mal à l'aise. Est-ce que des gens qu'il ne connaissait même pas l'imaginaient en couple avec Chloé ? Ça ne semblait pas juste.
— Quatre, reprit-il, nous devrions tous deux connaître nos identités.
Ladybug arrêta de bouger, et mordit sa lèvre, mais elle ne semblait pas aussi paniquée qu'il le penserait. Peut-être parce qu'ils étaient en train de sortir tout ce qu'ils devaient résoudre entre eux, et qu'elle s'attendait à ce point-là. Mais Adrien, savait que cet argument était spécial. Ce n'était pas uniquement une question de confiance en l'autre ; c'était une question de confiance en soi.
— Je… Je ne suis pas prête, soupira-t-elle. Pas maintenant, d'accord ?
Il savait. Il savait qu'elle avait peur de se révéler, et que ça n'était pas parce qu'elle ne lui faisait pas confiance. Mais il savait aussi qu'elle finirait par lui dire qui elle était.
— Alors… Cinq, la première règle s'applique également à toi, dit-il.
Ladybug grimaça, et joignit ses mains dans son dos. Elle souriait tristement.
— Tu ne sais pas ça, Chat, répondit-elle.
— Tu vois ? Demanda-t-il. Si tu continues à dire ça, les choses resteront les mêmes. Et tu comprends mon point de vue, non ?
Elle secoua la tête.
— C'est différent ! Tu es si… Et moi je suis… !
Elle agita ses bras devant lui, avec un air nerveux.
— Ça n'a aucun sens, Ladybug, grommela le garçon. Mais tu sais qu'on ne peut pas rester comme ça pour toujours, pas vrai ?
Elle se posa à sa hauteur, laissant reposer sa tête brune sur son épaule.
— Je sais, dit-elle. C'est pour ça que j'ai commencé ce jeu. Pour qu'on puisse en parler. Ça à l'air idiot d'énoncer des règles comme si tout était si simple, mais…
— Ne t'inquiète pas, sourit-il. J'avais compris le principe.
Elle lui offrit un sourire moqueur, se détachant sa sa précédente expression hésitante.
— Oh, mais tu es plus malin que je ne le pensais, plaisanta-t-elle en effleurant sa joue de ses doigts.
— Ne me sous-estime pas. Peut-être qu'à force d'essayer de décrypter la moindre de tes actions, je suis devenu un expert avec ça, ma Lady.
Elle leva les yeux au ciel, et posa ses mains sur ses hanches.
— Peut-être. Règle six, je veux dîner avec ton père.
Il savait qu'elle ne demandait pas cela tout de suite, mais cela lui arracha tout de même une grimace. Il était bien placé pour savoir que son père n'apprécierait pas forcément qu'il invite une fille à la maison, surtout s'il ne savait pas comment il l'avait rencontré. Il passait son temps à lui répéter de se méfier, que des gens pourraient tenter de se servir de lui pour acquérir un peu plus de popularité. Il acceptait qu'il soit ami avec des gens de sa classe, mais Ladybug n'était pas dans sa classe, et lorsqu'il verrait la jeune fille sous le masque, son père n'aurait pas non plus la moindre idée de qui elle est vraiment. Bien sûr, Adrien pourrait toujours trouver une excuse ; dire qu'il l'avait rencontré par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre, mais il doutait que son père soit content avec cela.
— Outch, ça m'a tout l'air d'une affreuse idée. Il t'inonderait de questions et ferait des recherches sur toi, essayerait de te tester… Je doute que tu apprécies.
— Hey, je m'y suis préparée. Mais tu as raison, pour le moment, ce n'est pas la priorité.
Il hocha la tête. Il commença à chercher une nouvelle règle, puis se rendit compte qu'il pouvait juste répéter la sienne.
— Sept, je veux aussi rencontrer tes parents. Tu n'as pas de frères ou de soeurs, si ?
— Non ! Mais mes parents seraient absolument ravis. Huit, rajouta-t-elle. Je veux une partie de Laser Game.
Adrien supposa que cela clôturait leur liste de problèmes. Comparé au reste, une partie de Laser Game semblait bien trop simple. Mais il trouvait aussi que c'était une jolie façon de terminer ce jeu.
— Je dois rentrer, finit par soupirer la jeune fille. J'ai promis à mon amie que je la rejoindrais dans quelques minutes, désolé…
Elle porta à nouveau sa main au visage d'Adrien, touchant doucement son masque noir, puis ses boucles dorées. Elle avait sincèrement l'air désolée, alors il lui sourit.
— Bien sûr, dit-il. À demain, alors.
— À demain ! S'écria-t-elle en saisissant son yoyo.
Il la regarda s'élancer dans les airs avec aise.
Chat Noir décida de marcher un peu, pour se donner du courage avant de rentrer chez lui et d'avoir à affronter le regard glacial de son père.
Est-ce que les choses commençaient à s'arranger ? Oui. Enfin, c'était le cas avec Ladybug. Il était toujours un peu irrité, mais il ne voulait pas le lui montrer. Il avait essayé de se mettre à sa place, et il pensait qu'il comprenait ce qui l'avait poussé à agir de la sorte. S'il avait été à sa place, il n'aurait probablement pas évité Ladybug, mais il aurait sûrement été frustré et en colère. Il serait peut-être même allé faire un peu peur à la personne qui passait du temps avec elle.
Alors oui, il comprenait, et il savait qu'elle n'était pas parfaite, mais il était plein de défaut aussi, et c'était pour cela qu'ils devaient apprendre à se soutenir correctement. Depuis une semaine, elle ne faisait que lui montrer son affection et son soutient ; elle lui envoyait des messages régulièrement dans la journée, le voyait le soir et lui posait les questions justes, faisait preuve de tact et pas de pitié. Elle lui disait qu'il irait bien, parce qu'il était capable d'arranger les choses par lui-même. Il voulait oublier leur dispute et lui répéter les mêmes mots, il voulait la serrer dans ses bras et dévorer ses lèvres parfaites, mais trop de choses n'allaient pas bien pour qu'il puisse se détendre complètement.
Ils ne s'étaient pas encore embrassés depuis leur discussion. Ladybug n'arrêtait pas de le toucher, d'effleurer sa peau, comme s'il allait disparaitre d'un moment à l'autre, mais elle ne poussait pas les choses plus loin. Il savait qu'elle en avait envie, et il en avait aussi envie, mais il n'arrêtait pas de se répéter, « pas maintenant, pas maintenant ». Parce qu'il savait que s'ils retournaient à la relation qu'ils avaient, ils auraient l'impression que tout était bien ainsi, et rien ne changerait. Ladybug ne révélerait pas son identité, il évitera les discussions avec son père ou Chloé. Ils devaient arranger tout ça, et tout irait mieux.
Suffisamment près de chez lui, il laissa partir son costume, pour se retrouver dans ses vêtements normaux. Il arriva devant la porte de sa maison et soupira lourdement, se demandant s'il pourrait convaincre son père aujourd'hui. Lorsqu'il rentra, il tomba sur Nathalie, qui semblait occupée au téléphone. Adrien alla s'asseoir dans le salon, attendant patiemment qu'elle termine pour lui demander l'emploi du temps de son père — il savait que s'il voulait avoir une chance qu'il l'écoute, il devait faire en sorte que ce soit à une heure où il n'a rien d'autre de prévu.
— Non, monsieur Agreste ne veut pas voyager en seconde classe. Êtes-vous sûrs que c'est tout ce qui reste ?
Adrien tendit l'oreille, saisissant quelques bribes de paroles de la jeune femme. Un voyage ? Il n'en avait pas encore entendu parler.
— Bien. Nous reverrons cela plus tard. Et j'aimerai être mis en contact avec votre supérieur, continua Nathalie. Oui. Merci.
La porte s'ouvrit après quelques secondes, et Adrien se leva pour saluer Nathalie.
— Euh… Est-ce que mon père va quelque part ? Demanda-t-il d'une voix hésitante.
Elle soupira, prenant un air désolé.
— À Londres, pendant deux semaines, répondit-elle. C'est un voyage organisé à la dernière minute.
— Quoi ? Quand part-il ? S'exclama-t-il.
— Demain matin. Je suis désolée, Adrien, il faut que j'aille le voir pour lui parler de quelque chose.
Elle commença à tourner les talons, mais il la rappela.
— Est-ce que je peux… Lui parler, juste deux minutes ?
Elle sembla hésiter, mais baissa les épaules et hocha la tête.
— Si ce n'est pas long. Avec les préparatifs, il n'est pas de bonne humeur.
— Merci.
Il la suivit jusqu'au bureau de son père, un noeud dans le ventre. Il ne voudra probablement pas lui parler, mais… Adrien n'avait pas envie d'attendre deux semaines ! S'il avait su, il aurait cherché à le voir plus tôt, mais il ne se sentait pas assez bien avec cette histoire de défilé. Maintenant, il avait repris du poids, et il savait qu'il avait le soutien de Ladybug, Nino, Alya et Marinette.
— Père ? Appela-t-il. Pouvons-nous parler ?
Gabriel Agreste se retourna vers lui avec une expression contrariée.
— Adrien, je ne pense pas que ce soit le bon moment, répondit-il.
— Quand, alors ? Soupira le garçon.
— À mon retour. Nathalie t'a déjà parlé de mon voyage, n'est-ce pas ?
Il hocha la tête.
— J'aimerais vraiment… Discuter de quelque chose avant.
L'homme le regarda sévèrement, puis se retourna vers son assistante. Adrien eut l'impression qu'ils communiquaient silencieusement, et il ne sut déchiffrer leurs expressions, mais lorsqu'il s'adressa à nouveau à lui, il sembla plus doux.
— D'accord, mais j'ai très peu de temps.
— Merci, père, grommela Adrien.
Lorsqu'ils furent seuls, Adrien prit une grande inspiration, réfléchissant à toute vitesse. Comment garder la conversation courte et efficace ? Il connaissait bien son père, et savait qu'il y mettrait fin s'il voyait que les choses n'allaient pas dans son sens. Surtout s'il avait peu de temps à lui accorder. Adrien devait faire vite, et-
— C'est encore cette histoire de défilé, n'est-ce pas ? Demanda son père avant qu'il n'eut le temps d'ouvrir la bouche. Tu es distant, dernièrement.
Adrien eut presque envie de rire. Distant ? Lui ? C'était une blague, non ? Il n'était pas celui qui refusait tout dialogue, il ne demandait qu'à avoir une discussion correcte. Son père ne pouvait pas juste lui refuser toute liberté et faire comme si il était en tord.
— Oui, répondit-il. Tu ne l'as peut-être pas remarqué, mais c'était difficile pour moi.
Son père sembla le juger quelques instants, puis fronça les sourcils. Adrien n'arriva même pas à regretter ses mots. Il était venu dans l'optique d'avoir une conversation descente avec son père, mais la façon dont il l'observait comme s'il ne faisait que l'agacer lui donnait envie de crier.
— Perdre dix kilos ? Ce n'est pas la mort, la plupart des mannequins-
— Je ne veux pas être mannequin ! Le coupa Adrien. Je veux faire quelque chose d'utile ! Quelque chose qui me plaise !
— Je vais essayer d'ignorer le fait que tu viens de qualifier ma profession d'inutile, mais nous avons déjà parlé de cela, et j'aimerai que tu cesses d'agir aussi futilement.
Adrien baissa la tête. Ils n'avaient prononcé que quelques mots, et tout allait déjà mal.
— Parlé ? Tu m'as dit que c'était ce qu'il y a de mieux pour mon futur, sans me demander ce que je voudrais faire, moi. Je n'appelle pas ça parler.
— Parce que c'est ce qu'il y a de mieux ! N'oublie pas que tu es mon fils. Tu es doué et déjà reconnu, une carrière brillante t'attend !
— Je n'en veux pas ! Cria le garçon. « Ce qu'il y a de mieux » ? Pour moi ? Me rendre malade à cause de l'angoisse et de la perte de poids ? Ce n'est pas la définition que je me fais d'un futur parfait !
Et dire qu'une semaine plus tôt, il disait à Ladybug que « se disputer ne résolvait rien » et qu'on « lui avait appris à ne pas hausser le ton ».
— Adrien…
— Non ! Dis-moi honnêtement, qu'est-ce que je suis pour toi, au juste ? Un moyen de te dire que ta famille est une réussite ? Eh bien, surprise, ce n'est pas le cas ! Ta femme a disparu, et ton fils est un incapable qui ne peut pas suivre le chemin parfait que tu lui as tracé. Heureusement que ta carrière se déroule bien, mais hey, c'est le plus important, pas vrai ? Le reste ne compte pas, en fait, si ?
Lorsqu'il s'arrêta enfin de parler, Adrien eut immédiatement envie de reprendre ses mots. Il avait osé évoquer sa mère, et se sentait horrible pour faire ça. Il referma son poing, enfonçant ses ongles dans sa paume avec nervosité. Il avait osé évoquer sa mère, il avait osé évoquer sa mère, il avait osé…
Il leva lentement les yeux vers son père, qui affichait une expression neutre.
— C'est l'impression que je te donne ? Demanda-t-il.
Adrien sursauta.
— Je suis désolé, père, dit-il, je… Je ne voulais pas… Je voudrais juste que les choses soient comme avant.
Il en demandait trop, et il savait que rien ne serait jamais comme avant, mais elles pouvaient au moins s'améliorer.
— Écoute, reprit son père. Je dois y aller, mais nous allons en reparler dans deux semaines, quand j'aurai plus de temps. Pour l'instant, je veux bien te laisse faire une pause avec les séances photo, au moins le temps que tu te calmes.
Adrien hocha lentement la tête. Il avait besoin de se calmer, c'était vrai, mais… Son père l'avait poussé à en arriver là. Il ne pouvait pas espérer la moindre réaction de sa part s'il n'évoquait pas quelques points, mais utiliser la disparition de sa mère le révulsait, et il ressentit l'envie brutale de se faire mal pour avoir osé le faire.
— Merci, dit Adrien. Mais j'ai besoin que tu m'écoutes. Penses-y. C'est mon futur, et je suis celui qui doit prendre les décisions.
— Pour le moment, tu es mineur, et c'est moi qui prends les décisions, répliqua son père, et tu sembles te méprendre sur mes attentions.
Adrien leva sa main en sa direction, paume vers le ciel, avant de faire lourdement tomber son bras.
— Tu n'as qu'à me les expliquer, père ! Si tu ne me dis pas ce que tu as sur le coeur, comment suis-je supposé le deviner ? J'aimerais pouvoir te parler plus, mais tu restes renfermé sur toi-même, et… C'est compliqué.
— Je tiens à toi, Adrien. Mes décisions sont basées sur la logique et de telle sorte à t'offrir les meilleures perspectives possibles. Je fais ça parce que je veux que tu sois heureux. Grandir, c'est effrayant, et je t'offre les repères nécessaires pour te faciliter la tâche. Avec ça, ce devrait être facile pour toi.
Le garçon secoua la tête, grimaçant.
— Je comprends ton point de vue, dit Adrien, mais tu dois comprendre que je ne suivrais pas cette voie. Tu peux me forcer jusqu'à mes dix-huit ans, bien. C'est peut-être le meilleur moyen de détruire ce qui reste de notre relation, mais vas-y, je t'en prie. Et quand je serais adulte, je ferais autre chose. À quoi bon ?
Gabriel Agreste le regarda avec un calme déconcertant, et finit par jeter un coup d'oeil à sa montre.
— Je dois vraiment y aller, ajouta-t-il. Mais je veux que tu penses à ce que je viens de te dire, et je penserais à ce que tu m'as dit. Nous aurons une discussion correcte à ce moment-là. De plus, si tu remets en cause ce que j'ai fait pour toi, je veux que tu viennes avec un projet professionnel bien construit.
Adrien ouvrit la bouche, puis pressa ses lèvres ensemble avec irritation. Un projet professionnel ? Il était en seconde, bon sang, n'avait-il pas deux années supplémentaires au moins pour ça ? Pourquoi est-ce que ce genre de chose devait toujours être si important pour son père ? Pourquoi devait-il être si parfait ? Il pensa à Nino, à ses parents fiers de lui parce qu'il prenait des initiatives ; à Alya, qui aurait probablement un avenir brillant dans le journalisme — déjà connue pour être l'auteure du Ladyblog. Il pensa à Marinette et à sa famille aimante. Ce n'était pas juste. Si seulement sa mère avait encore été là, elle l'aurait supporté, il en était sûr.
— Au revoir, père, répondit-il tristement. Je… Penserais à ça.
En passant, son père posa sa main sur son épaule et la serra quelques instants. Il supposa que c'était tout ce qu'il pouvait espérer pour le moment.
— Au revoir, Adrien.
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Adrien se retrouva seul dans son immense chambre, avec Plagg pour seule compagnie.
— Eh bien, si je me fis à ton horrible expression, la discussion ne s'est pas bien passée, s'exclama le kwami.
Adrien leva les yeux au ciel.
— Merci de ton soutient, Plagg, ironisa-t-il.
Il voulait se rouler en boule dans un coin et ne plus bouger. La maison était vide, alors peut-être qu'il pourrait se transformer et envoyer des messages à Ladybug ? Dernièrement, elle lui répondait particulièrement rapidement. Cette perspective lui parut attirante, mais Plagg semblait penser autrement.
— Si tu ne peux pas arranger les choses avec ton père, pourquoi ne pas au moins se débarrasser du problème numéro deux ?
Le garçon roula sur le ventre, les sourcils froncés.
— Problème numéro deux ? Demanda-t-il.
— Allias Chloé je-poste-des-photos-compromettantes-sur-facebook-qui-m'ont-mené-à-une-dispute-avec-la-fille-de-mes-rêves Bourgeois.
Le garçon sourit, retenant un rire. C'était une façon un peu longue de dire les choses. « Problème numéro deux » ne lui semblait pas si mal, finalement.
— Tu as raison. Je vais résoudre ça. Je me suis déjà expliqué avec Ladybug, mais c'est à propos de Chloé et moi. Merci, Plagg.
— Merci ? Pourquoi ?
Adrien sourit légèrement, se relevant en attrapant son portable.
— D'être là. Tu ne fais que râler, et à cause de toi, je pue le vieux camembert. Mais je suis content que tu sois là.
— — —
— — —
Vous pourriez penser que la maison, si on pouvait encore employer ce terme, de la famille Agreste était excessivement grande. Et, d'accord, ce n'était pas déplacé, parce qu'elle était énorme, et Adrien pourrait lui-même aisément loger une dizaine de personnes rien que dans sa chambre.
Mais à côté de là où vivait Chloé, la demeure ne paraissait pas si impressionnante. C'était différent, bien sûr ; elle vivait à l'hôtel de Ville, il ne s'agissait pas uniquement de son chez-elle, ils accueillaient toutes sortes d'invités et organisaient des réceptions. Mais Adrien ne pensait pas s'il pourrait un jour s'habituer à la réceptionniste qui le saluait respectueusement, et aux domestiques qui l'accompagnaient jusqu'à l'ascenseur dès qu'il lui rendait visite.
Elle se jeta presque sur lui.
— Adrichou ! Ça fait tellement longtemps que tu n'es pas venu !
Lui faisant la bise avec un air déterminé et presque possessif, elle éclata d'un petit rire satisfait.
— Enfin, je ne sais pas pourquoi est-ce que je suis si surprise. Tu ne peux pas te passer de moi, pas v-
— Chloé, l'interrompit-il, tu n'es pas obligée de te lancer des fleurs quand personne n'est autour, tu sais.
La dispute avec son père (même si la fin lui donnait l'impression qu'il avait une chance de le convaincre) l'avait fatigué. Il n'avait pas envie d'avoir à supporter les remarques égocentriques de Chloé maintenant. Elle pouvait parler de mode, de musique, ou de tout ce qu'elle voulait, cela ne le dérangeait pas. Il ne voulait juste pas entendre ses plaintes, ni ses habituelles critiques.
Elle rougit à ses mots, détournant le regard avec irritation.
— Ce n'est pas la peine d'être aussi froid, déclara-t-elle.
Il la regarda avec surprise.
— Je ne suis pas froid, c'est juste-
— Oh, je sais, le coupa-t-elle. Tu me trouves chiante, c'est ça ?
Il fronça les sourcils. Chiante ? L'idée que Chloé parle si bas d'elle-même le surprenait. Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas vue se rabaisser, et son ton sarcastique le dérangeait. Il savait qu'elle était du genre à s'emporter aisément, et décida de parler avec plus de précaution.
— Je ne vois pas de quoi tu parles, Chloé, dit-il doucement. Je n'ai jamais dit ça… Quelque chose ne va pas ?
Elle croisa ses bras sur sa poitrine, marchant jusqu'à son énorme lit, et s'assit en soupirant.
— Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, marmonna-t-elle. Tu ne peux pas te lasser de moi, bien évidemment. C'était idiot de ma part.
Adrien la regarda, essayant de déchiffrer l'expression qu'elle affichait. Se lasser d'elle ? Où diable était-elle allée chercher ça ? D'accord, il ne serait pas capable de passer trop de temps auprès d'elle, et il lui arrivait d'être agacé par son comportement, mais… Le fait qu'elle en parle d'elle-même lui semblait étrange. Chloé avait toujours été élevée comme une princesse — fille unique du maire, privée de la présence d'une mère, personne n'osait lui refuser quoi que ce soit —, et elle avait grandi en apprenant que tout le monde l'aimait et qu'elle était la plus importante.
Bien sûr, ce n'était pas le genre de chose à dire à une gamine. Tu es la plus jolie, la plus intelligente, la plus importante ; répétez-le trop de fois, et la fillette ne pourra plus détacher la flatterie du mensonge. Chloé n'était pas le mal incarné, elle ne se rendait même pas compte de ce qui était mal, parce qu'elle se croyait réellement supérieure aux autres enfants de son âge, parce que c'était ce qu'on lui avait dit depuis toujours.
Sauf qu'elle grandissait. Et elle ne pouvait pas rester dans sa prison dorée toute sa vie, elle avait besoin de communiquer avec des gens de son âge, elle devait apprendre à côtoyer le monde réel. Et elle n'y avait pas été préparée correctement. Adrien avait peut-être également des problèmes relationnels avec son père, il avait été élevé sévèrement, et on lui avait appris la politesse et le respect des autres.
— Chloé, dit-il, je ne suis pas sûr de te suivre, là…
Elle cala son visage entre ses mains.
— Non, rien.
— Chloé…
Elle détourna les yeux devant son regard persistant.
— D'accord, souffla-t-elle. C'est juste… Tu sais, les autres créti- élèves de notre classe. Ils ne m'apprécient pas.
Adrien leva un sourcil.
— Désolé de te dire ça Chloé, mais ce n'est pas exactement nouveau… Tu ne fais pas beaucoup d'efforts pour t'intégrer, et ce n'est pas en rabaissant les autres que ça va changer.
Peut-être était-il allé un peu loin. Il n'avait pas envie d'avoir l'air impoli, mais il fallait bien qu'elle change son comportement si elle voulait se faire accepter des autres. Encore faudrait-il qu'elle le veuille.
— Je sais bien ! S'exclama-t-elle. Mais je les ai aussi entendu dire que je t'empêchais de traîner avec eux. Ça m'a énervé.
Oh. Adrien mit un certain temps à comprendre où elle voulait en venir. Il sentait que la jeune fille évoquait un point sensible, et qu'il devait se montrer plus compréhensif.
— Ce n'est pas le cas, la rassura-t-il. Si cela t'inquiète, je te considère toujours comme mon amie.
Elle leva les yeux vers lui, gardant une expression concentrée.
— Mais… ? Demanda-t-elle d'un ton méfiant.
— Mais, reprit-il, j'ai besoin que tu arrêtes d'être aussi possessive avec moi. Tu sais que je ne vais pas te lâcher comme ça, Chloé, on se connaît depuis suffisamment longtemps pour ça. Il faut juste que… Tu vois, ce qui s'est passé à la fête du collège, ou bien les photos de nous que tu postes… C'est trop, enfin, je trouve que c'est un peu trop. Tu devrais m'écouter, et demander mon avis pour ce genre de chose, pas juste… Sauter aux conclusions et assumer que je serais ok avec ça.
Elle renifla.
— C'est idiot. Tu savais que j'avais ses photos de nous, parce qu'on les a prises ensemble !
— Je sais, mais… La façon dont c'est posté avec les commentaires que tu as ajouté, ça… Porte à confusion.
— Et puis, continua-t-elle, je n'aime pas voir tous ces gens te regarder comme ça ! Tu étais mon ami avant de les connaître, pas vrai ?
— Mais… Tenta-t-il encore.
— Et la fête de fin d'année, au collège ? Tu te moques de moi ?
Il resta muet durant quelques secondes. Chloé n'avait jamais évoqué ce moment d'elle-même, et ils n'en parlaient pas. Parce que c'était arrivé d'une façon étrange et brusque, qu'aucun des deux n'avait été sur la même longueur d'onde, et qu'elle semblait vouloir effacer ce moment de sa mémoire autant que lui.
— Désolé, mais je pense que…
— C'est facile, pour toi ! S'écria-t-elle. C'est toi qui m'as rejeté ! Pourquoi est-ce que je devrais te plaindre ? Oh, quel affreux malentendu, suis-je horrible au point de-
— Chloé, tu sais bien que ce n'est pas ça ! Et puis, je ne t'ai pas vraiment rejeté, ce n'est pas comme si tu m'avais demandé quoi que ce soit dès le départ.
Il observa ses yeux s'humidifier et retint un soupir, mais elle sembla combattre les larmes et en vint à bout, dirigeant à nouveau son regard vers lui. Il sentit qu'elle le jugeait de haut en bas, fixant son visage pendant quelques longues secondes. Son silence lui fit comprendre qu'elle ne souhaitait pas s'étendre sur le sujet, et il décida de respecter cela. Il se sentit mal à l'aise à l'idée de la blesser, et le fait d'être énervé ne l'autorisait pas à passer sa frustration sur Chloé, même si elle avait un sale caractère.
— J'ai l'habitude de ne pas m'intégrer au groupe, je sais, dit-elle. Je n'en ai pas besoin de la compagnie de gens comme ça.
Adrien soupira. Il détestait cet aspect de sa personnalité. Toujours à faire des jugements de valeur, à comparer les autres. Ça n'avait aucun intérêt.
— Mais avant, continua-t-elle, il y avait Sabrina.
— Tu ne la vois plus ? Demanda-t-il, surpris.
Elle secoua la tête avec irritation.
— Non. Mademoiselle s'est fait de nouveaux amis !
Elle sortit son portable et ouvrit l'application Facebook, faisant défiler plusieurs photos sous les yeux interrogateurs du garçon. Il reconnut aisément Sabrina, même si elle avait plus ou moins perdu son côté de première de la classe, ainsi que d'autres jeunes de leur âge. Pour être totalement honnête, il trouvait qu'elle avait l'air plus heureuse comme ça. Peut-être que s'éloigner de Chloé avait une bonne influence sur son quotidien, et il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça.
— Et moi, je n'ai personne ! Personne à part toi, Adrien ! Tu sais, ça ne me dérangerait même pas, mais regarde-la, je suis sûre qu'elle poste ces photos juste pour se foutre de moi ! Je ne peux pas… Je devais répondre d'une manière ou d'une autre, pas vrai ?
Il grinça des dents, secouant la tête.
— Je sais que c'est compliqué pour toi, mais je… La prochaine fois, je veux que tu me demandes mon avis clairement. On pourra prendre des photos, mais je ne veux pas que ce soit ambigüe.
— Pourquoi ? Es-tu si connu que se soit gênant ? Demanda-t-elle avec ironie.
— Non, je… Je sors avec quelqu'un, avoua-t-il en pressant ses lèvres ensemble.
Chloé s'immobilisa immédiatement. Il sentit une soudaine tension l'envahir, et se demanda s'il devait parler plus. Lorsqu'il voulut lui lancer un regard interrogateur, elle évita ses yeux.
— Tu comprends ? Demanda-t-il doucement. À cause de ça, nous nous sommes disputés, et… Je sais que tu ne pensais pas à mal, mais j'aimerai bien que tu retires les photos. Tu sais bien que je n'utilise jamais Facebook, alors demande-moi la prochaine fois, s'il te plait. Si Marinette ne m'en avait pas parlé, je n'aurai jamais su pourquoi elle était tant en colère.
La jeune fille hocha lentement la tête, sursautant légèrement lorsqu'il évoqua Marinette. Il sentit la colère envahir ses yeux bleus électriques, et devina qu'elle se retenait de sortir quelque chose du style « mais de quoi se mêle-t-elle, celle-la ? ».
Il voulut continuer à parler pour lui rappeler qu'elle pouvait lui parler si elle avait besoin de conseils avec Sabrina, mais elle ne semblait pas dans son assiette. Il sentit qu'il ferait mieux de la laisser seule un moment, se rappelant de lui envoyer un message plus tard pour savoir comment elle allait. Peut-être que le fait de le savoir en couple l'affectait plus qu'il ne le pensait initialement, et il n'aimait pas ça.
Lorsqu'il rentra chez lui, il s'affala sur le lit, fatigué, et revêtit son costume de super-héros pour envoyer quelques messages à Ladybug. Ce soir-là, la maison lui paraissait bien vide.
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Et voilà, je suis enfin venue à bout de celui-ci xD ! Désolé du retard, mais le chapitre le plus long que j'ai écrit jusqu'à présent, et il fait tout juste 9k mots ; v ; j'ai par contre quelques petites précisions à faire :
(1) Pour répondre au commentaire de louve noirargent, je suis désolée d'annoncer qu'il n'y aura plus de scènes de combats dans cette fic. Je vais à présent me concentrer sur les relations entre les personnages (et pas uniquement Marinette et Adrien), ainsi que la révélation de LB, et l'action ne m'apportera rien. En gros, chaque scène d'action précédemment écrite avait une fonction qui avait du sens dans l'histoire : le Juge pour montrer la dynamique CN/LB, et montrer que LB commençais à douter de ses sentiments (peur de dire la vérité) ; Le Séparateur pour des raisons évidentes ; et le dernier qui a été très court pour montrer la colère de LB. Cette fois-ci, je vais privilégier l'évolution par le dialogues et des actions qui n'impliquent pas de combat, ce n'est pas pour autant qu'il ne se passera rien.
(2) J'espère que vous n'avez pas été déçu par cette scène LB/Adrien. Je sais que la plupart d'entre vous s'attendaient à une confrontation directe et à la révélation de l'identité de LB, mais honnêtement, je trouvais que ça faisais trop d'un coup et j'ai une idée plus intéressante pour cette révélation. Le but de ce chapitre était surtout de se concentrer sur le soutient que LB commençait à apporter à Adrien, et la façon dont il allait enfin se confronter à ses autres problèmes :)
(3) J'AI FAIS UNE GROSSE ERREUR. Je l'ai remarqué depuis quelques temps déjà, mais il était déjà trop tard pour la corriger ;_; ! Adrien vouvoie son père, et Nathalie. Nathalie vouvoie également Adrien ; et je n'ai pas respecté cela. Bien sûr, étant donné que les personnages sont un peu plus âgé dans cette fic, on peut tout à fait masquer ça en disant que cela a pu changer entre temps xD Donc voilà, ça c'est fait lmao.
Ah oui, d'ailleurs, j'ai décidé de modifier quelques petites choses dans mon script et du coup, il reste bien 4 chapitres entiers avant la fin. Je voulais aussi dire que je suis vraiment touchée de recevoir des retours aussi positifs, et cela me motive énormément ! N'hésitez pas à laisser une review si vous avez aimé ou si quelque chose vous parraîs mauvais.
Bisous bisous !
