Huhhh, parce qu'il faut quand même se rappeler que la fic n'est pas classée T pour rien o/
Quand Adrien apprend à aimer les cerises, et Marinette apprend que les chats aiment laisser leur trace sur ce qui leur 'appartient'.
PS : pour ceux qui se demande ce à quoi correspond 'ctrl + z', c'est la commande qui permet de revenir en arrière ;)
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L'agitation des deux derniers jours lui avait presque fait oublier à quel point sa maison était calme en ce moment. Ne vous méprenez pas ; sa maison était toujours calme. Même lorsque son père, Nathalie et le Gorille étaient là, un silence déconcertant régnait entre les murs de la maison Agreste, et Adrien ne se souvenait pas avoir jamais entendu rires et cris ici. Si Plagg n'avait pas été là, il aurait difficilement pu supporter l'ambiance morte de sa propre chambre.
Adrien décida de bouger lorsqu'il se rendit compte qu'il ne tenait plus en place, laissant ses pieds balancer dans le vide.
— Tu n'attends pas Ladybug ? Demanda Plagg.
— Si, mais j'ai soif. Je reviens.
Sa gorge était étrangement sèche, et il devait trouver quelque chose à faire le temps qu'elle arrive de toute façon. Il descendit avec lenteur les marches glacées — presque comme s'il faisait attention à ce qu'on ne l'entende pas, comme s'il devait sortir en tant que Chat Noir. Et il aurait pu le faire. Il pourrait très bien se transformer, maintenant. Il était seul, et honnêtement, qui allait l'en empêcher ? (Plagg aurait rechigné, mais il rechignait tout le temps).
Il hésita presque, mais se rappela qu'il était fort probable que son père ait installé des caméras de surveillance dans la maison (bien qu'il soit à peu près sûr que sa chambre en était dépourvue — ou bien il aurait eu de sérieux ennuis).
— Heureusement qu'il y a Ladybug, dit-il à voix haute.
Plagg était resté en haut, et personne ne lui répondit. Sa voix sembla rebondir contre les murs de l'immense pièce, avant de revenir à lui sous forme d'écho.
Idiot, pensa-t-il, et s'il y avait des micros ? Mais ce qu'il avait dit pouvait être interprété de différentes façons, pas vrai ?
Le jeune garçon attrapa une tasse qu'il remplit d'eau, et la glissa dans le micro-onde. Il regarda l'objet tourner un moment (une minute et trente secondes, pour être exact), suivant son mouvement des yeux. Il pensa au nez arrondi de Marinette ; à ses longs et souples cils — comme découpés dans une toile couleur nuit. Il pensa au sourire qu'elle avait affiché la veille, et à la panique qui avait vibré dans ses yeux, quelques heures auparavant.
Adrien trouvait son comportement étrange. Depuis le nouvel an, elle ne ressemblait plus à la fille maladroite qu'il connaissait. Elle ressemblait à Marinette, parce qu'elle était déjà sûre d'elle et autoritaire avec les autres ; mais pas à celle qui l'avait timidement abordé à la soirée de troisième, ou pendant tout le temps où il l'avait connu au collège. Après les révélations de Nino, il avait naturellement pensé que si elle agissait à nouveau normalement devant lui, c'était parce qu'elle n'avait plus de sentiments amoureux envers lui, mais… C'était toujours le cas ?
C'était absurde, elle ne l'avait même pas beaucoup revu depuis le collège. De façon générale, Adrien n'avait pas revu grand monde depuis, à part Nino et Chloé. Et il se rendait aussi compte de l'horrible influence que Chloé avait sur sa relation avec les autres élèves de sa classe. Pourquoi est-ce que Marinette continuerait à s'accrocher à lui ? Bien sûr, cela lui faisait plaisir, il ne pouvait pas dire le contraire. Marinette était une de ses premières amies, et savoir qu'elle puisse ressentir autant de tendresse pour lui le touchait énormément ; au point qu'il ressentait encore cette douce chaleur au fond de son ventre. Mais c'était toujours bizarre, non ? Tout le monde aimait Marinette, elle faisait partie des filles les plus populaires de sa classe, elle n'aurait aucun mal à trouver quelqu'un de bien mieux que lui…
Il fut interrompu par le 'biiiiip' du micro-onde.
Avec un soupir, Adrien retira la tasse, et attrapa un sachet pour se faire une tisane ('élimination et bien-être', s'il en croyait l'étiquette). Il retourna jusqu'à sa chambre, tournant machinalement sa cuillère dans la tasse. Lorsqu'il commença à boire, le goût citronné l'apaisa, d'une certaine façon. Ladybug allait arriver, et tout allait bien. Il devait juste arrêter de penser au reste, si c'était possible. Adrien avait déjà rejeté plusieurs filles, mais c'était Marinette, et c'était différent. Et puis, il se sentait coupable parce qu'il avait peut-être envoyé des signes qui lui auraient fait comprendre qu'il aurait pu retourner ses sentiments.
(Et puis, surtout, il avait imaginé que Marinette était Ladybug. Il se demanda s'il pourrait encore regarder sa partenaire dans les yeux sans se sentir coupable).
On toqua à ses carreaux. Adrien sentit tous les muscles de son corps se contracter sous l'excitation, sa Lady était là, elle était juste derrière sa fenêtre, il aurait juste à l'ouvrir et elle serait là.
Et ce fut ce qu'il fit — presque en courant —, il tira les rideaux pour tomber sur le costume familier, et l'expression amusée de Ladybug.
— H-hey, dit-il timidement lorsqu'il ouvrit la fenêtre.
Quelques courants d'air glacés s'engouffrèrent dans la large pièce, mais il n'y prêta pas attention — le breuvage tiède l'avait suffisamment réchauffé.
— Hey, chaton, répondit-elle avec douceur.
Il se sentit déglutir difficilement. Il avait l'impression de s'être retenu depuis des semaines, mais maintenant, sa peau douce et ses lèvres souples étaient trop tentantes. Adrien oublia un instant tous ces soucis, remplaçant les images de son père, ou de Chloé, par celles de Ladybug.
— Tu m'as manqué, avoua-t-il.
Et il trouva sa réaction un peu étrange, parce que soudainement, elle baissa légèrement les yeux et elle sembla presque triste.
— Ton week-end n'était pas amusant ? Demanda-t-elle en retrouvant un sourire.
— S-si, mais… Certaines choses ne se sont pas exactement passées comme prévu, soupira-t-il.
Il s'assit sur son lit et elle le rejoignit, laissant sa fine épaule reposer contre la sienne.
— 'Chloé-problèmes' ? Demanda-t-elle.
Le garçon hocha la tête, faisant attention à ne pas bouger trop pour ne pas la déranger. Il sentait ses mèches soyeuses frôler le creux de son coup, comme des petits nuages de coton. C'était une sensation agréable, il ne voulait pas qu'ils bougent.
— Elle est un peu… Froide, en ce moment. Je sais que c'est parce qu'elle essaye de changer, vraiment, mais… C'est compliqué à gérer, surtout lorsque d'autres personnes sont exaspérées par son comportement. Je sais que Chloé peut être une vraie peste, mais je pense qu'elle essaye vraiment. Je la connais suffisamment pour pouvoir remarquer ça.
Ladybug soupira, et il sentit chaque mouvement contre lui ; la façon dont son épaule s'abaissa, dont sa mâchoire se décontracta, dont son souffle chaud vint toucher sa peau.
— D'accord, dit-elle. Alors je te fais confiance.
— Merci, sourit-il.
Il sentit la petite main rouge se glisser dans la sienne, et serra rapidement ses doigts autour des siens.
— Il y a eu autre chose ? Demanda-t-elle. Qui s'est mal passé, je veux dire ?
Il réfléchit quelques instants, hésitant à dévoiler certaines choses. Puis il décida qu'il devait bien ça à Ladybug, et il n'était pas sûr de vouloir lui cacher cela, de toute façon. Si elle l'apprenait d'une autre façon, elle serait peut-être contrariée, alors autant qu'il s'explique maintenant.
— J'ai, euh, dormi avec Chloé et- et Marinette. Dans leur tente, je veux dire. Enfin, dans la tente de Marinette. Il ne s'est rien passé, je te jure, c'est juste- je n'avais pas d'autres tentes où aller et-
— C'est bon, Adrien, je te crois, le coupa-t-elle avec un rire.
Adrien sentit ses muscles se détendre, alors qu'une sensation agréable se déployait dans sa poitrine. Il serra un peu plus fort la main de Ladybug, heureux de l'entendre prononcer ces mots.
— Merci, répondit-il.
Elle ne répondit rien, comme si elle attendait qu'il continue de parler. Mais qu'avait-il à rajouter ? Adrien hésita, il hésita vraiment. Il ne savait pas s'il devait parler de son embrouille avec Marinette, et surtout, de sa déclaration. Il voulait être sincère envers Ladybug, mais parler de la dispute le mènerait forcément à la déclaration, ou il aurait à lui mentir directement (ce qui était hors de question). Et évoquer ce dernier sujet semblait… Délicat. Déjà, parce que c'était quelque chose que Marinette lui avait confié, et elle ne s'attendait probablement pas à ce qu'il le crie sous tous les toits (techniquement, il s'agissait seulement de son toit, mais l'idée était la même) — et ce n'était qu'une partie du problème.
Marinette et Ladybug étaient amies. Actuellement. Amies. Ladybug elle-même le lui avait dit. Adrien n'avait pas envie de risquer de les mettre en conflit à cause d'une histoire aussi absurde — Ladybug était une fille jalouse, il avait appris à le reconnaître. Si elle apprenait pour Marinette, elle serait méfiante, et il ne voulait pas ça. Et puis, ce n'était pas comme s'il avait fait quelque chose de mal. Justement, il avait rejeté Marinette, en précisant que c'était parce qu'il aimait quelqu'un d'autre.
La tête de la jeune fille bougea légèrement contre son épaule, lui rappelant immédiatement sa présence rassurante. Adrien se réprimanda intérieurement, parce que uhhh, à quoi pensait-il ? Il n'avait pas tant d'occasions que ça de la voir, et il restait bloqué sur cette histoire avec Marinette. Bien sûr, Marinette était son amie, il tenait à elle, était c'était normal qu'il- enfin-
Et puis, juste comme ça, il se rendit compte que Marinette était quelqu'un de dangereux. Une fois qu'elle rentrait dans votre tête, impossible de la faire partir, et Adrien se trouvait presque insolent, à penser à elle alors qu'il tenait la main de la fille qu'il aimait. Alors qu'il avait osé fantasmer sur…
— Ladybug ?
Il n'y avait qu'un moyen d'effacer cela, pas vrai ? Adrien crut presque qu'elle n'allait pas répondre, car sa réponse mit quelques secondes avant de parvenir à ses oreilles.
— Mmmhh ?
Sa gorge était à nouveau sèche, et il prit une petite inspiration.
— Je peux t'embrasser ?
Je peux t'embrasser encore ? Je peux te serrer dans mes bras encore ? Je peux t'avoir encore ? Il voulait demander tout cela, mais les mots semblaient impliquer tout le reste. Et puis, le regard lagon, pétillant et perçant de Ladybug était sur lui, et c'était comme si elle lisait en lui, déchiffrait la moindre de ses pensées. Adrien sentit le rythme de son coeur s'accélérer ; la fébrilité de partager encore un moment aussi intense avec elle prenant le dessus sur tout le reste. Il n'avait apparemment aucune volonté. C'était lui qui avait voulu attendre de résoudre le conflit avec son père avant de se permettre de retourner à ce qu'ils étaient avant (il était conscient que ça n'avait aucun rapport, mais il avait envie que tout soit parfait lorsqu'il l'embrasserait à nouveau. Mais les choses étaient telles qu'elles étaient, et il avait vraiment, vraiment envie de l'embrasser maintenant).
— Est-ce que ça veut dire que tu me pardonnes ? Demanda-t-elle d'une petite voix. Est-ce que ça veut dire que tu m'aimes comme avant ?
Adrien ouvrit de grands yeux, restant sans voix devant son visage rassuré. Est-ce que ses actions l'avaient… Fait douter ? Il avait pourtant été clair sur ses sentiments. Mais cela l'inquiéta immédiatement, parce que bon sang, il ne voulait pas troubler Ladybug !
— Ma Lady, dit-il doucement, tu sais bien que mes sentiments pour toi n'ont pas changés… Je n'ai pas envie d'être distant, c'est juste…
— Juste que tu préfères te concentrer sur des choses plus importantes, je sais, soupira-t-elle.
Son ton n'avait rien d'amer, et Adrien était bien conscient qu'elle ne lui faisait pas de reproche. Elle considérait sa relation avec son père très importante, elle souhaitait que les choses se passent bien ; il savait. Mais il ne put s'empêcher de grincer en entendant sa réponse.
— Ce n'est pas ça, répondit-il vivement.
Un rire nerveux échappa ses lèvres, alors que son regard épousait calmement les courbes des lèvres rosées de Ladybug, avec l'appétit d'un enfant devant une immense pâtisserie.
— Le problème, continua-t-il, c'est qu'il faut que je fasse quelque chose. Je me connais, et j'ai tendance à… Laisser traîner les choses. Et honnêtement, je pensais que si notre relation reprenait son cours normal, je me dirais qu'en fait, tout va bien, je suis heureux comme ça, alors… Pas la peine de continuer à essayer d'arranger les choses avec quelqu'un qui refuse d'écouter ce que je dis, pas vrai ? J'ai Ladybug, ça ne suffit pas ? Quelque chose du genre.
— Adrien…
— Mais ça ira, parce que je sais que je ne vais plus me défiler maintenant. J'en ai déjà parlé à mon père, je pense qu'il est prêt à me donner plus de liberté et je-
Il s'interrompit, croisant le regard interrogateur de la jeune fille. Un sourire en coin se dessina lentement sur ses lèvres.
— Et tu… ? Demanda Ladybug.
— Et je trouve que tu es bien trop irrésistible pour que je puisse me passer de toi plus longtemps, Buginette, dit-il.
Adrien avança son visage vers elle, essayant de garder une expression calme — ce qui était remarquablement compliqué ; il avait l'impression que Ladybug était encore plus attirante que d'habitude. Le tissu rouge intimement pressé contre sa peau ressemblait à du sirop, sucré et collant — il ne pouvait plus en détacher les yeux —, sa peau claire rayonnait, ses cils se découpaient tendrement dans la pièce qui s'assombrissait. Adrien pensa que s'il y avait quelqu'un encore plus dangereux que Marinette, c'était Ladybug. S'il n'y avait pas eu son masque, tout aurait été parfait. Le masque laissait toujours une certaine distance entre eux, laissant à Adrien une impression de vulnérabilité qui se manifestait de temps à autre.
— Tu n'as pas à te passer de moi, tu sais ? Dit-elle.
Que pouvait-il répondre à ça ? Son ton malicieux lui donnait l'impression qu'il était inutile d'en dire plus. Et puis, cela répondait à sa question, cela lui donnait la permission qu'il attendait.
Il tenait toujours fermement sa main, et elle le toisait toujours. L'atmosphère électrique envoyait des pulsations dans son corps entier, et lorsqu'il se décida enfin à franchir la distance qui restait jusqu'à ses lèvres, Adrien fit abstraction de tout le reste.
C'était une sensation familière, et pourtant, il se sentait presque nerveux. Une fébrilité qu'il n'avait ressenti que lors de leur premier baiser envahissait ses muscles, alors que sa poitrine se gonflait sous l'envie d'en demander plus. Lorsqu'il pressa ses lèvres contre celles de Ladybug, il eut l'impression que c'était une bombe qu'elle venait d'activer dans son corps. Les lèvres de Ladybug étaient telles qu'il les avait toujours connues ; douces et lisses, pourtant elles avaient quelque chose de plus toxique ce soir-là. Peut-être était-ce le parfum de cerise qui se dégageait d'elles, peut-être juste parce que c'était leur premier baiser depuis une longue période. Peut-être même qu'elles étaient toujours comme ça, et qu'il se faisait la remarque à chaque fois qu'il l'embrassait. Il y avait plein de possibilités, et pour être honnête, Adrien n'essaya pas de comprendre pourquoi est-ce que Ladybug lui faisait cet effet-là. C'était une question qu'il savait absurde, de toute façon.
Ladybug éloigna son visage, et lui lança un regard éclatant, alors que ces jolies lèvres s'étaient retroussées en un sourire presque timide. Jolies lèvres roses, qui ne touchaient plus les siennes. Inadmissible, pensa Adrien.
Sans qu'il ne sache comment cela arriva, les petites mains de Ladybug étaient accrochées à son cou, et elle l'attirait encore à elle. Adrien s'accrocha comme il le pouvait, passant ses deux bras autour de sa fine taille pour effacer le moindre espace qui pourrait encore les séparer. Une seconde plus tard, sa bouche s'écrasait contre celle de la jeune fille, et ses paupières étaient closes. Leurs lèvres écartées étaient déjà en mouvement, leur peau cherchant sans cesse le contact de l'autre ; Adrien ne savait pas comment est-ce que quelque chose pouvait être aussi brûlant et liquide et plaisant à la fois. Un goût de salive fruitée emplit sa bouche alors que Ladybug prenait rapidement le contrôle du baiser. Il réprimanda un grognement, et sentit ses mains expertes se balader dans ses cheveux, agrippant ses boucles avec force. Peut-être qu'elle tirait un peu fort, mais du moment qu'elle n'arrêtait pas cette chose qu'elle faisait avec sa langue, Adrien ne trouvait pas l'énergie de s'en plaindre. Ses propres paumes cherchaient un espace du dos de Ladybug qu'il n'avait pas encore touché — en traçant des lignes le long de sa colonne vertébrale, il réussit à la faire frissonner.
La pièce était pourtant calme, à l'origine. Dehors, il faisait froid, mais il n'y avait pas de vent, pas de tempête, rien de spécial. Quelque chose qui ressemblait à un état figé, sans aucun mouvement brusque, un calme froid mais apaisant. Alors pourquoi est-ce qu'il avait l'impression qu'un ouragan se déployait à l'intérieur de sa cage thoracique ? Le jeune homme pouvait presque entendre l'orage brusque — tambourinant au rythme de ses pulsations — frapper contre les carreaux. Il pouvait presque sentir la pluie dégouliner sur son visage, aux endroits où Ladybug laissait des traces humides avec sa bouche. Pouvait-elle sentir qu'il n'arrivait plus à mettre des mots sur les sensations qui l'envahissaient ? Était-il même en train de l'embrasser correctement ?
Essaye de te concentrer, essaye de te concentrer, essaye de te-
— A-Adrien…
Le ton réclamateur le poussa à réprimander un tremblement. Il glissa son visage jusqu'à son cou, goûtant à la peau brûlante de sa partenaire, ouvrant doucement ses lèvres pour saisir une fine parcelle de chair entre ses dents. Le col de Ladybug montait un peu trop haut à son goût, mais le creux sous son menton était toujours bien accessible, et il se perdit un moment dans ses odeurs d'herbe haute et de rosée. Sans qu'il ne parvienne à comprendre pourquoi, cela lui rappelait la scène qui avait eut lieu le matin même, au bord du lac. Avec un grognement, il se força à glisser les souvenirs dans un coin de sa tête, prenant plus d'assurance dans ses gestes pour venir successivement mordiller, sucer et embrasser la peau de Ladybug. Adrien sentit rapidement que la prise de la jeune fille s'affaiblissait peu à peu, et elle se laissa tomber en arrière, restant allongé sur son lit. Il se laissa aller dans son geste, restant confortablement au-dessus d'elle tout en continuant d'attaquer son cou — il savait qu'une trace resterait là, et il ne comptait pas se retenir.
Il laissa sa main remonter jusqu'à sa nuque, et finalement l'arrière de sa tête. Ses doigts restèrent emprisonnés dans ses mèches tendues, formant ses deux habituelles couettes basses, et Adrien entreprit de tirer sur les rubans rouges, défaisant sa coiffure, afin d'avoir une prise plus agréable. Il laissa le bout de ses doigts masser le haut de sa nuque, alors qu'il relevait son visage pour l'observer un moment. Du coin de l'oeil, la première chose qu'il vit fut la trace rougeâtre qu'il venait de laisser dans le creux de son cou — plus tard, elle le réprimanderait sûrement, mais il pouvait supporter ça —, puis il remonta le long de sa mâchoire, souriant tendrement lorsqu'il rencontra son regard pétillant. Le garçon se pencha, posant un rapide baiser sur ses lèvres, en retrouvant les éclats de cerise pendant un court instant, avant de gentiment presser son front contre le sien.
— Ladybug, dit-il, juste parce qu'il avait envie de prononcer son nom.
Ses joues étaient rouges, et sa poitrine se soulevait en entraînant ses épaules, alors qu'elle reprenait sa respiration.
— Adrien ? Chat ? Répondit-elle.
Avec un rire, Adrien laissa ses coudes reposer de chaque côté du visage de sa partenaire, le gardant positionné au-dessus d'elle.
— M'Lady, continua-t-il avec un sourire idiot.
— Arrête ça, chaton, grogna-t-elle. Tu as l'air trop satisfait. Je ne sais même pas pourquoi.
Adrien essaya sérieusement de prendre une expression concernée. Cela ne sembla pas marcher, parce que Ladybug le toisait toujours avec amusement.
— Mmmh, tu as raison. Je ne vois pas pourquoi est-ce que je pourrais être satisfait, là maintenant… Ça ne pourrait pas avoir un lien avec ma merveilleuse copine, que j'étais encore en train d'embrasser il y a quelques secondes, si ?
Elle leva son bras, l'amenant vers le visage d'Adrien. Le garçon sentit ses doigts parcourir son visage ; tracer une ligne le long de sa joue, avant de venir éparpiller ses boucles blondes. Il se dit que seule Ladybug avait le pouvoir de montrer autant d'affection dans un geste aussi simple.
— Oh, ce serait inconcevable, sourit-elle. D'ailleurs, pourquoi est-ce que tu as arrêté de l'embrasser, déjà ?
Adrien sentit un frisson d'excitation lui parcourir l'échine. Il était suffisamment proche d'elle pour sentir son souffle chaud contre son visage, et ses lèvres semblaient faites de velours.
— Aucune idée, chuchota-t-il. Mais je pensais justement que recommencer serait une bonne idée.
Sa main effleura calmement sa tempe, provoquant une sorte de courant électrique dans le système nerveux d'Adrien ; il se souvint qu'il était vraiment là, que Ladybug était réelle, et qu'il avait le droit d'être heureux.
— Une très bonne idée, en effet, parvint à répondre Ladybug avant qu'il ne presse à nouveau ses lèvres contre les siennes.
Elle ramena ses mains aux cheveux d'Adrien, et poussa un gémissement lorsqu'il glissa avidement sa langue dans sa bouche. Ses yeux à lui étaient fermés, tellement fort qu'il pouvait vaguement apercevoir des espèces de lumières diffuses interrompre l'obscurité. Bientôt, elles prirent des teintes plus agréables, roses, rouges. Il pouvait sentir avec plus de précision les lèvres capricieuses de sa partenaire, la façon dont elles emprisonnaient les siennes pour sucer la chair, la façon dont elles laissaient échapper quelques soupirs dès qu'il bougeait un peu trop brusquement.
Lorsqu'il se retrouva à court d'oxygène, Adrien dégagea doucement son visage, respirant bruyamment. Il laissa reposer son front contre la mâchoire de Ladybug, profitant de son cou confortable pour se reposer quelques secondes.
C'était une mauvaise idée. Adrien avait pourtant fait attention. Jusque là, il avait réussi à repousser ses pensées absurdes, mais l'odeur de son cou le ramena quelques heures en arrière, devant le visage paniqué de Marinette. Il embrassa tendrement la peau de son cou, cherchant sa chaleur réconfortante, mais les images ne voulaient pas partir. Avec un grognement, le garçon se releva encore un peu, cherchant son visage des yeux pour oublier sa camarade de classe, quand-
Merde.
(Il jurait rarement, pourtant, mais cette fois-ci, il dut lutter pour empêcher les mots de quitter sa bouche).
Ses cheveux détachés et emmêlés, ses yeux lagons, ses lèvres brillantes, rien ne l'aidait. Il arrivait presque à deviner le crépitement des flammes de la veille, ou le pyjama rose qu'elle portait ce matin. Son regard interrogateur se fit plus insistant, et Adrien sentit ses muscles se crisper.
Tu n'as pas le droit…
C'était ce foutu masque. C'était sa faute, aussi. Il aurait dû se retenir, et reprendre les choses plus doucement avec elle, parce qu'il était à présent dans un état qu'il ne parvenait pas à contrôler totalement.
… De penser à elle maintenant…
Il ferma les yeux, chassant encore l'image, mais c'était trop tard. Il n'arrivait plus à effacer le fantasme de son esprit, et dans tous les souvenirs qu'il possédait d'elle, Ladybug se transforma en Marinette portant un masque. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait foiré à ce point. Il ne savait pas comment se rattraper, et honnêtement, il était trop proche de Ladybug pour se permettre de faire ça.
— Chaton ? Appela-t-elle. Tout va bien ?
Ne compare pas leurs voix, ne compare pas leurs voix.
Trop. Tard. Il y avait bien une phrase qu'il se remémora trop facilement.
'Je fais ça parce que je t'aime !'
Leurs intonations ne se ressemblaient pas tant que ça, si ? Non ?
Si, elles se ressemblaient. Adrien prit une grande inspiration, ouvrant à nouveau les yeux — parce que le ton de Ladybug était inquiet, et ils étaient en train de passer un bon moment jusque là. Il était juste en train de tout gâcher et il s'en voulait.
— Désolé, Princesse, mais je crois que tu es à blâmer pour ça. (Il se força à afficher un sourire en coin), Il n'y a que toi pour me mettre dans un tel état.
Il se sentait coupable pour deux raisons : il lui mentait (il pensait à Marinette), et il l'avait appelé 'Princesse', surnom qu'il n'avait jusque là utilisé que pour cette dernière. Mais elle ne sembla pas s'en rendre compte, Dieu merci.
— Mmh, vraiment ? Tu sais, Chat, je crois que j'aime bien quand tu m'embrasses comme ça.
Il avala difficilement sa salive. Oh, ce n'était pas comme s'il n'appréciait pas, c'était plutôt l'inverse. Il ne s'était pas senti aussi comblé depuis longtemps, et si ce n'était pas pour le gros bordel qu'il y avait dans sa tête à ce moment-là, il aurait été le plus heureux des hommes. Il chercha quelque chose à répondre, mais la bouche de Ladybug reprit place sur la sienne, et il n'eut pas le temps de réfléchir à autre chose. Au moins, cela lui permit d'échapper un peu au conflit intérieur auquel il était livré, et si Ladybug était satisfaite, il n'avait pas envie de lui gâcher ça. Il la connaissait depuis trop longtemps, et il l'aimait trop. C'était stupide, parce que ce n'était pas comme s'il se désintéressait d'elle pour penser à Marinette, c'était plus comme si son cerveau avait soudainement réalisé que, oh, et si Ladybug était en fait Marinette ? Ce serait vraiment super cool, pas vrai ?
Adrien aimait Ladybug, et il n'avait aucune idée de ce qu'il ressentait pour Marinette ; mais si Marinette n'était pas Ladybug, alors ça n'avait aucun sens, parce que ce qui lui plaisait, là maintenant, c'était Ladybug, qui pourrait éventuellement être Marinette.
Wow, il devait absolument arrêter de faire ça. Un grognement de la jeune fille lui rappela qu'il devait plus se concentrer sur leur baiser, et il interrompit encore ses pensées, sentant à nouveau la chaleur étouffante envahir chaque membre de son corps. Lèvres, dents, langues, il ne savait plus quoi était à qui — Lui ? Ladybug ? Marinette ? Non, attendez, pas Marinette.
— Ahh- Adrien, u-une seconde, demanda Mari- Ladybug au bout d'un moment.
Il se rendit compte qu'il était lui-même complètement essoufflé, et incapable de l'embrasser plus longtemps. Il se demanda s'il était même capable de continuer, alors qu'une vague de culpabilité le parcourait. Avait-il même le droit d'embrasser Ladybug (qui était littéralement sa copine) en imaginant qu'elle était quelqu'un d'autre (Marinette, son amie, qui ne méritait absolument pas ça) ? Quelque chose au fond de lui répondit immédiatement que non, et il ne sut quoi faire. Tout compte fait, continuer à déposer des baisers sur ses lèvres n'allait pas arranger les choses, et il avait juste l'impression d'être le pire des hypocrites. Machinalement, il lécha ses lèvres, et le goût cerise y était encore présent. Sans qu'il ne réussisse à l'éviter, Adrien imagine immédiatement le spectacle sensuel ; Marinette avec son pyjama rose (sauf qu'il laissait ses épaules nues, et qu'une partie de son ventre restait visible sous le tissu), assise sur son lit, les jambes croisées alors que son short remontait, révélant la délicieuse peau de ses cuisses. Dans son fantasme, elle posait une main derrière elle — sur les draps colorés —, tenant son petit corps redressé. Elle tenant le petit fruit rouge sombre de son autre main, et le faisait pendre juste au-dessus de sa bouche grande ouverte. Elle amenait tranquillement la cerise jusqu'à son visage, passant sa langue sur la peau sucrée du fruit, et en même temps, tourna ses yeux vers Adrien. Puis elle commença à…
… STOOOOP.
Adrien se laissa tomber sur le côté, roulant à côté de Ladybug. Cette dernière se retourna pour le toiser directement, un sourire sincère dessiné sur ses fines lèvres. Adrien avait envie de se confesser, de lui dire qu'il ne méritait pas ce sourire alors qu'il venait juste de penser à quelqu'un d'autre qu'elle faire quelque chose de plus ou moins érotique (et ok, il l'avait juste imaginé manger une cerise, mais la scène n'était pas vraiment anodine). Il avait presque l'impression d'être en train de la tromper, et c'était comme si le poids dans son ventre s'alourdissait.
Ahh, elle reprenait toujours sa respiration. Dans la pénombre, le visage essoufflé de Ladybug était la chose la plus magique qu'il n'avait jamais vu. Adrien porta sa main à son visage, laissa sa paume au contact de la joue colorée de Ladybug. Elle lui sourit, et il sentit les muscles de sa mâchoire bouger sous sa peau. Son pouce effleura le bord de son masque rouge, alors que l'envie de lui demander de retirer son costume (genre, pour qu'il voit qui elle était ; pas pour la voir nue) restait sur le bout de sa langue.
Il fallait bien qu'ils aient cette conversation un jour ou l'autre, non ?
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Marinette, allongée sur le lit d'Adrien, les mains recroquevillées contre sa poitrine et le visage enfoui dans la paume chaude du garçon, pensa que le paradis devait probablement ressembler à cela. Bien sûr, il lui suffisait de se mettre à réfléchir un petit peu pour se rappeler que, tout compte fait, la situation n'était pas si parfaite que cela : elle avait quelques problèmes au niveau de sa double identité, inutile de le dénier.
Mais… Il y avait quelque chose, dans les traits calmes du visage d'Adrien, dans ses reflets émeraude de son regard, qui lui disait qu'elle n'avait pas à s'inquiéter. Ou peut-être était-ce juste son imagination, et la vision distordue qu'elle avait après avoir partagé un moment aussi intense avec lui — bon sang, Marinette, arrête de perdre tous tes moyens dès qu'il s'agit de lui. Elle n'y pouvait rien si ce garçon arrivait à la troubler ou la rendre heureuse avec un simple regard. Et sa gaffe, au bord du lac ? Entièrement sa faute. Si Adrien Agreste n'avait pas autant insisté, jamais elle n'aurait laissé les mots franchir ses lèvres…
— Hey, LB, commença-t-il d'un ton affectueux.
Elle replia légèrement ses jambes, et se rapprocha de quelques centimètres de lui. Elle avait presque l'impression d'être à une sorte de soirée pyjama, ou quelque chose, sauf que cette fois-ci, elle partageait le lit avec son copain, et il ne s'apprêtait probablement pas à lui raconter les dernières rumeurs entendues à l'école.
— Mhh ?
Il bougea un peu la main qui était en contact avec sa joue ; la relevant pour venir pianoter sa peau des doigts, finissant sa course au niveau de sa tempe, avant de venir remplacer quelques-unes de ses mèches derrière son oreille. Marinette devina qu'il était en train de chercher les bons mots, et se prépara à une discussion importante. Son air hésitant la mis en garde, et elle prit une grande inspiration, se préparant au pire.
— Je suis vraiment amoureux de toi, tu sais.
Oh ?
Ohhhh…
Marinette s'autorisa enfin à souffler, sentant le soulagement remonter jusqu'à son cerveau. Elle se sentait vraiment chanceuse, parce qu'Adrien était le garçon le plus adorable qu'elle n'ait jamais rencontré, et qui passait son temps à lui rappeler ce genre de chose. Elle ne pensait pas qu'elle pourrait un jour se lasser de ses mots, et elle ressentit le besoin immédiat de bouger un peu ses épaules pour contenir sa joie.
— Moi aussi, répondit-elle gentiment. Je n'aurais jamais pensé pouvoir être aussi amoureuse.
Les mots lui semblaient naïfs, lorsqu'ils sortaient de sa bouche à elle. Mais elle le pensait vraiment, et Adrien ne put empêcher ses joues de prendre une teinte rosée.
— Ce n'est pas juste, continua-t-il, une relation comme ça, pas vrai ?
Elle resta immobile quelques instants.
— 'Comme ça' ? Bien sûr que non, chaton, tu sais bien à quel point tu comptes pour moi.
— D'accord. Je pensais la même chose.
Un rire nerveux lui échappa. Elle se rapprocha encore de lui pour déposer un bref baiser contre ses lèvres. Ils étaient bien, probablement. Cette conversation n'était pas vraiment nécessaire, si ?
— Pourquoi est-ce que tu demandes ? Reprit-elle.
Son visage oscillait entre incertitude et détermination. Marinette se demanda ce qu'il voulait dire, si c'était si compliqué à exprimer.
— Je- ne panique pas, d'accord ? Demanda-t-il. Tu sais que je t'aime et que je t'aimerai quoi qu'il arrive, mais il y a certaines choses qui doivent changer (il passa ses deux bras dans le dos de Marinette, la ramenant contre son torse). J-je pense que cette situation est compliquée. Et je suis bien parti pour complètement perdre la tête (là, Marinette fronça les sourcils ; elle ne le suivait plus très bien). Et il reste quelque chose dont nous devons parler. Je veux juste que les choses soient complètement honnêtes entre nous, tu comprends ? Je n'ai pas envie que notre relation repose sur des secrets, ou…
Oh, non. Non, non, non.
Marinette comprit enfin où exactement il voulait en venir. Son dos se tendit immédiatement, alors qu'elle retenait un tremblement. Elle bloqua sa respiration, retenant l'envie de se dégager de son étreinte et de partir en courant. Ça ne pouvait pas être en train d'arriver. Nope. Définitivement. Il n'allait pas poser la question.
— Ladybug, s'il te plaît, écoute-moi jusqu'au bout. Je sais que c'est injuste, et si tu n'es pas prête, je suis prêt à attendre encore, mais… Je ne peux pas m'empêcher de, euuh… (Son visage prit une teinte tomate) De-de me faire des films, ou.. Enfin…
OhmonDieu. Il allait vraiment lui poser la question, pas vrai ? Elle ferma ses yeux, sentant le tissu de son t-shirt contre ses paupières closes.
— … Je sais que je m'enfonce, soupira le jeune homme, mais je, euh…
Marinette glissa ses bras jusque dans son dos, s'agrippant désespérément à lui. Elle décida que s'il lui posait la question ; elle lui dirait la vérité. Elle lui devait bien ça, non ? C'était une révélation importante, mais elle était aussi fatiguée de lui cacher ça, et… Et s'il apprenait la vérité, elle ne savait pas comment il réagirait. Peut-être qu'il la larguerait, peut-être qu'il aurait pitié d'elle. Peut-être qu'elle faisait la plus grosse erreur de sa vie, parce qu'il n'y avait probablement que comme ça qu'elle pouvait avec Adrien, ou Chat. Il aimait Ladybug, pas Marinette, et le fait qu'il connaisse les deux rendait les choses tellement plus compliquées ! Elle avait eu la chance de tomber amoureuse de lui des deux côtés du masque, mais même si elle était considérée comme l'une des personnes les plus chanceuses de Paris, elle ne pouvait pas être chanceuse à ce point. Au point qu'il tombe aussi amoureux de Marinette et… Et…
Marinette sentit ses yeux s'humidifier. Elle essaya de retenir ses larmes, mais c'était plus fort qu'elle. Adrien était peut-être gentil avec Marinette, mais cela s'arrêtait là, il ne pourrait jamais la voir autrement.
Ne laisse pas les larmes couler, s'ordonna-t-elle, tu es plus forte que ça !
… Elle laissa les larmes couler. Son visage était toujours enfoui dans le torse d'Adrien, alors il ne pouvait pas la voir, mais il se rendrait forcément compte de la trace humide qui s'étalait sur son t-shirt. Ou bien de ses épaules qui commençaient à trembler un peu trop violemment.
— Je- Oh, Ladybug, dit-il soudainement, ne pleure pas, s'il te plaît, je suis désolé, je…
Marinette ne bougea pas, même lorsqu'elle sentit ses bras se resserrer autour d'elle. Elle planta un peu plus ses ongles dans le dos du garçon, attendant l'heure de sa mort avec angoisse.
— Je retire ce que j'ai dit, murmura-t-il. Je retire tout, d'accord ? Tu me diras qui tu es quand tu seras prête, je te fais confiance.
…
…
Y avait-il une limite à la gentillesse de ce garçon ? Probablement pas. Le sanglot affolé de Marinette se transforma en un éclat de rire, mais étrangement, cela n'arrêta pas ses pleurs.
— Shhh, la réconforta Adrien, tout va bien, ce n'est pas grave, LB.
Il lui sembla qu'un bruit sortit de sa gorge (qui ressemblait plus à un vague 'egheeh' qu'à autre chose), mais elle n'osa pas se dégager. Elle n'était pas sûre de se sentir si bien que cela. C'était normal qu'Adrien s'attende à ce qu'elle révèle son identité, et elle avait dit qu'elle le ferait. Elle avait eu peur, mais plus elle y pensait, plus elle se sentait idiote de vouloir le cacher. Ce n'était pas comme s'il était idiot, et il ne resterait pas là indéfiniment, pas si elle continuait à lui cacher des choses.
D'accord, pensa Marinette. Deux options ; 1) Révéler qui je suis et me faire largueur parce qu'Adrien n'a probablement pas les mêmes sentiments pour la pauvre Marinette, sans compter le fait que je l'ai presque manipulé avec cette histoire avec Chloé, ou… 2) Ne rien lui dire du tout, et me faire largueur.
Cool.
(Elle se rendit tout de même compte que la première option lui laissait bien plus de chance. Adrien semblait réellement l'aimer, peut-être qu'il apprendrait à aimer Marinette. Elle ne pouvait pas savoir sans avoir essayé).
— On ne peut vraiment pas rester comme ça ? Finit-elle par demander d'une voix rauque.
Le bras d'Adrien bougea de son dos, glissant doucement jusqu'à son visage. Elle sentit son index passer sous son menton, et il s'éloigna légèrement d'elle, levant son visage vers le sien avec son doigt.
— Ce n'est pas… Ça ne ressemble pas à une relation saine, avoua-t-il. Tu sais ce que j'ai envie de faire ?
Elle secoua la tête.
— J'ai envie de pouvoir te téléphoner quand je veux, de te voir quand je veux, commença-t-il. De te présenter à mes amis, je suis sûr qu'ils t'adorons. De pouvoir t'inviter chez moi sans que l'on se cache. D'aller au cinéma, au restaurant, n'importe où.
Marinette pensa qu'il était absolument adorable, et l'idée lui semblait aussi très attirante. Sauf qu'elle connaissait déjà la plupart de ses amis.
Adrien se pencha pour poser ses lèvres contre son front.
— Et j'ai aussi envie de rencontrer tes amis à toi, ta famille. De pouvoir… Agir comme un couple normal, je suppose ? Rit-il. Et puis, ma Lady, ce costume a beau te mettre très en valeur, il reste gênant, parfois.
Marinette retint sa respiration, les joues en feu.
— Je… Moi aussi, j'aimerais faire tout ça, avoua-t-elle. J'aimerais vraiment.
L'étreinte du jeune homme était plus confortable que n'importe quelle pile de coussins. Marinette ferma les yeux, pressant son visage contre la chaleur de sa peau. Tellement agréable, trop agréable, probablement.
— Et puis, ne put-elle s'empêcher d'ajouter, qu'est-ce qu'il y a avec mon costume ?
Elle sentit quelques vibrations remonter le long du torse d'Adrien, traduisant son rire.
— Mmmh, il remonte trop haut. Pas assez de place pour laisser des marques, ajouta-t-il avec un ton soudainement plus sérieux.
— Eh bien tant mieux, marmonna-t-elle. Ce genre de chose est embarrassant, et dur à cacher.
Lorsqu'elle releva la tête pour rencontrer le regard amusé et joueur du garçon, elle comprit qu'elle faisait une erreur quelque part. Pas de marque, avait-elle dit. Et il y avait eu ce moment, plus tôt, où…
— Oh, non, gémit-elle.
Elle sentit ses doigts remonter jusqu'à son cou, caressant sa peau jusqu'à s'arrêter sur un point bien précis.
— Ouuups, répondit-il. Désolé pour ça, Ladybug. Les chats peuvent être possessifs.
Son regard et son ton traduisaient tout sauf le regret, et elle lui lança un regard noir. Ohhh, il voulait jouer à ça, huh ?
— Tu sais, je ne sais pas comment est-ce que certaines personnes de ton entourage réagiraient si je te faisais un suçon au même endroit, dit-elle d'un ton qu'elle espérait menaçant.
— Mais je serais honoré, ma Lady. Je m'en fiche de ce qu'ils me diraient. Mon cou est à toi, si tu veux.
Il pencha la tête, lui donnant un meilleur accès, et Marinette claqua sa langue en signe d'agacement. Pas moyen de le contrarier là-dessus, apparemment. Mais cela ne la dérangeait au final pas vraiment, et puis l'idée qu'Adrien Agreste s'offre ainsi à elle était plutôt séduisante, elle ne pouvait pas dire le contraire.
La jeune fille sourit, et enfonça son petit visage dans le cou parfumé du garçon, y déposant plusieurs baisers chastes avant de venir l'attaquer plus ardemment. Lorsqu'elle humidifia la peau avec sa langue, la faisant glisser avec précision dans le petit creux qu'elle avait choisi, elle sentit les bras d'Adrien resserrer un peu plus sa taille. Elle sourit intérieurement, laissant sa bouche et ses dents entamer le travail.
À moi.
Ses lèvres embrasèrent la chair, et elle commença à sucer, comme si elle était une sorte de vampire.
À moi.
Un gémissement étouffé quitta la gorge d'Adrien, et il bougea son pied contre le sien, ne tenant plus exactement en place. Marinette ne s'arrêta pas avant un bout de temps, parce qu'elle voulait être sûre de laisser une marque digne de ce nom, et aussi parce qu'elle se délectait des réactions de son partenaire.
Lorsqu'elle se décida enfin à éloigner son visage, elle fixa un instant la marque rouge avec un sourire satisfait. Il ne fallut alors qu'une seconde à Adrien pour réagir et attraper ses poignets, les planquant sur le lit, avant de continuer à l'embrasser vivement. Marinette s'abandonna encore à lui, contrôlant à peine ses mouvements. Sa tête commença à tourner, le goût citronné d'Adrien restant collé à son palais. Elle ne savait pas exactement combien de temps ils pouvaient tenir comme ça, et le ciel sombre indiquait qu'ils étaient à leur activité depuis un bon bout de temps déjà. Est-ce que cela la dérangeait ? Absolument pas. Si elle décidait un jour de faire une liste de ses activités préférées, l'option 'embrasser Adrien' figurerait très certainement tout en haut. Ses mains étaient bloquées, tout comme celles d'Adrien, et rester en place devenait relativement compliqué. Elle ne pouvait plus l'amener contre elle, ou remonter ses doigts le long de sa nuque lorsqu'elle sentait une vague d'excitation parcourir son corps ; cela ne voulait pas dire qu'elle était impuissante pour autant. Marinette enroula lentement ses jambes autour de la taille du jeune homme, sentant un gémissement naître au fond de sa gorge lorsque leurs hanches se rencontrèrent.
Et puis, comme ça, tout devint flou et brûlant. Ils arrivaient à peine à reprendre leur respiration dès qu'ils s'éloignaient un peu — et ça ne durait jamais longtemps, comme si une espèce de lien les empêchait de s'éloigner trop l'un de l'autre. Marinette finit même par penser que, effectivement, le costume était frustrant. Elle ne souhaitait pas… Enfin, elle n'était pas exactement prête pour laisser leur relation aller plus loin que cela (physiquement parlant), mais rien que le fait d'avoir ses mains couvertes par le tissu indestructible était agaçant.
— U-uhh, tu as r-raison, réussit-elle à glisser entre deux baisers, ce costume d-devient… Un peu e-embarrassant.
Avec un rire essoufflé, Adrien glissa son visage dans son cou, et ses mèches décoiffées la chatouillèrent.
— Mmmh ? Je pourrais toujours… Faire c-comme s'il n'était pas là, répondit-il.
Avant qu'elle n'eut le temps de se demander de quoi il pouvait bien parler, Marinette sentit les dents de son partenaire s'enfoncer légèrement dans la matière rouge, au niveau du creux de son épaule. Pour certaines raisons, sentir ce genre de chose à un autre endroit que ceux auxquels elle avait l'habitude envoya une vague de plaisir dans ses nerfs. Ses mains à présent libres retrouvèrent leur place dans ses cheveux, alors qu'elle laissa quelques sons étouffés échapper ses lèvres.
— Tu sais, dit-elle au bout d'un moment, je crois que ce qui me frustre le plus, c'est de ne pas pouvoir toucher tes cheveux. Je veux dire, les sentir…
Il exerça une pression contre sa clavicule, et elle soupira.
— Ça me donne presque envie de te les ébouriffer dès que je te vois sans le costume, rit-elle.
Et puis d'un coup, plusieurs choses se passèrent. Adrien arrêta ce qu'il était en train de faire, et elle laissa un glapissement affolé quitter sa bouche alors qu'elle se rendait compte de ce qu'elle venait de dire. D'un coup, Marinette n'avait plus du tout envie de rire.
Elle ne pouvait pas avoir juste dit ça.
Avec un gémissement, elle ferma fort ses yeux, espérant les rouvrir et 'ohh, ça ne vient pas d'arriver, hein ?'
Ctrl + z
Ctrl + z
Ctrl + z…
(Étonnement, la commande clavier n'effaça pas un seul mot).
— Je- Je te connais sans le costume ? Demanda Adrien, incrédule.
— — —
— — —
Okay, alors plusieurs choses.
Déjà, oui, je suis faible. Je vais encore vous dire que la fic se rallonge d'un chapitre. En gros, j'ai dû séparer ce chapitre en deux parce qu'il était monstrueusement long (par rapport à la taille standard de mes chapitres habituels). Du coup, je vous laisse avec cette fin (lol oui, je suis une horrible personne), et la seconde partie sera au prochain chapitre ; celui d'après sera la conclusion.
Sinon, je suis très heureuse de voir que j'ai fait quelque chose d'à peu près satisfaisant avec Chloé ! C'est un personnage qui m'intéresse beaucoup et j'avais peur de vous ennuyer un peu avec les derniers chapitres, mais les quelques retours que j'ai eut sur elle son plutôt positifs ! Merci ! (Moi aussi je fais partie des personnes qui — attention — aiment Chloé. Elle s'en fout tellement, je trouve ça hilarant). Mais bon. Trêve de Chloé ; retour aux personnages principaux. J'espère que ce chapitre vous aura plu :)
Bref, merci pour tous vos encouragements ! À la prochaine fois !
