Adrien observa le visage de Ladybug pâlir lentement. C'était quelque chose d'assez amusant à voir, parce que quelques minutes plus tôt, elle respirait bruyamment, les joues colorées ; alors qu'elle se tenait à présent immobile et le regardait comme si elle venait de commettre la plus grosse erreur de sa vie.

— L-Ladybug ? Appela-t-il encore.

Pas de réponse. Adrien pressa ses lèvres l'une contre l'autre, déglutissant avec lenteur. Il voulait avoir la confirmation de ce qu'elle venait de révéler — accidentellement, d'accord — avant de se faire des faux espoirs. Sauf que cela prenait trop de temps, et il ne savait pas comment faire pour se sortir de cette situation embarrassante.

C'est un moment important, donne-lui du temps, se força-t-il à penser.

— Ma Lady ? Répéta-t-il.

Je- ! S'exclama la jeune fille, comme si elle se réveillait brusquement.

'Je'. C'était déjà un bon début, probablement. Il hocha la tête pour l'encourager à continuer, tout en essayant de contrôler sa main qui se mettait à trembler légèrement sous l'excitation.

Idiot, attend sa réponse. Peut-être qu'elle ne te connaît pas vraiment

— Je, hum, c'est juste… Après avoir découvert ton identité, j'ai essayé de m'approcher de toi sans le costume… Articula-t-elle avec difficulté.

Adrien la regarda longuement, fronçant les sourcils. Ladybug avait… Essayé de le voir sous sa véritable apparence ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Qu'elle était venue au défilé auquel il avait participé cet hiver ? Il essaya de se souvenir d'une fille de son âge, qu'il aurait uniquement vu ces derniers mois, mais ne trouva pas.

Il allait lui poser la question lorsqu'il remarqua qu'elle fuyait son regard, les yeux baissés, comme accrochés aux draps.

… Elle mentait, hein ?

— Ladybug… Dit-il. Tu n'es pas très honnête, là…

Elle eut un léger sursaut, comme si ses mots étaient en train de l'attaquer. Mais Adrien ne fit aucune remarque, il se contenta de la regarder fermer les yeux, puis les rouvrir, et prendre une grande inspiration.

— Je… J'ai menti, avoua-t-elle d'une petite voix. C'est vrai, je te connais sans le costume. Cela fait déjà un petit bout de temps.

Adrien resta un moment silencieux, sentant peu à peu son sang bouillonner dans son corps entier. D'une certaine façon, il cherchait une réaction du côté de Ladybug, rien qu'un petit signe, pour lui dire que ça allait ; sauf qu'elle ne répondait plus. Sa tête était baissée et elle n'osait même plus le toiser directement. Adrien avait envie de… Il ne savait pas exactement, mais il avait envie de faire quelque chose, pas juste rester ici à ne rien dire et à attendre qu'elle dise quelque chose, ce qui semblait perdu d'avance.

Ladybug le connaissait. Elle l'avait déjà vu, lui, Adrien Agreste, et avait probablement interagi avec lui, sans lui dire qui elle était.

Qu'est-ce. Que. C'est. Que. Ce. Bordel.

— Je… Tu… Commença Adrien d'un ton indécis.

Il avait conscience de son manque d'éloquence, mais que pouvait-il dire, au juste ? Elle ne semblait pas vouloir lâcher son prénom, et Adrien ne s'attendait pas à cela. Il en était venu à penser avec certitude qu'il ne pouvait pas l'avoir déjà vue récemment ; parce qu'il lui avait semblé évident qu'elle le lui aurait dit. Mais d'une certaine façon, ça avait plus de sens comme ça : si Ladybug n'osait pas lui révéler son identité, c'était parce qu'elle avait peur que leur relation en tant que gens normaux ait une influence sur celle qu'ils avaient actuellement, non ? Peut-être que c'était cela.

Il décida de demander quand même, parce qu'il voulait vraiment comprendre. Si lui avait été à sa place, il aurait immédiatement cherché à lui dire la vérité.

— Pourquoi est-ce que tu ne me l'as jamais dit ?

Les petits poings serrés de Ladybug se mirent à trembler légèrement. Ils s'étaient tous deux relevés, et elle était assise face à lui, ses yeux lagon empli d'une lueur sombre.

— Je suis désolée, dit-elle, je suis désolée, Adrien… Je sais que j'aurai dû, c'est juste…

Adrien attendit patiemment. Qu'elle mette les bons mots sur ses émotions, qu'elle réussisse même à comprendre ce qui n'allait pas.

— Je… J'étais effrayée, d'accord ? C'est toujours le cas.

Il ouvrit la bouche et se retrouva à court de mots. La pensée que Ladybug puisse réellement être Marinette le frappa soudainement, et il dû prendre une grande inspiration pour ne pas se mettre à paniquer, lui aussi. L'étrange atmosphère de sa chambre — ou peut-être l'odeur fruitée de Ladybug encore présente partout sur sa peau —, faisait tourner sa tête. Du calme, du calme, du caaaalme. Marinette pourrait être Ladybug, c'est une possibilité.

Mais Adrien n'avait pas envie d'essayer de, vous savez, transposer ses fantasmes à la réalité, et d'un autre côté, Ladybug pourrait très bien être quelqu'un d'autre que Marinette. Il était à peu près sûr de connaître plus de monde que cela, et il devait encore y réfléchir.

— Ladybug, finit-il par murmurer, tu n'as pas à… Avoir peur de quoi que ce soit, tu sais ? Je t'aime quoi qu'il arrive.

La jeune fille tourna brusquement la tête, pressant ses paumes ensemble. Elle marmonna quelque chose qu'il ne réussit pas à entendre.

— Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il doucement.

— J'ai dit, reprit-elle avec une voix tremblante, qu'est-ce que tu en sais ?

— Ce que j'en sais ?

Adrien fronça les sourcils, parce que, huh, c'était absurde. Il était encore assez sensé pour savoir reconnaître le sentiment qu'il éprouvait pour elle, et il savait qu'ils se connaissaient depuis suffisamment de temps pour connaître la personne qu'elle était.

— Oui, répétât-elle plus fort, qu'est-ce que tu en sais, Adrien ?

Lorsqu'il remarqua enfin que ses yeux étaient au bord des larmes, le jeune homme se redressa et s'approcha doucement, cherchant à caresser son visage du bout des doigts. Elle le repoussa en s'écartant encore, et il sentit son coeur bondir dans sa poitrine.

— Ma Lady, supplia-t-il, les choses n'ont pas à être si compliquéés. Je te connais, d'accord, et je ne sais pas si j'ai fais quoique ce soit, sans le costume, qui te fasse penser que je ne t'aime pas, mais je… Tu sais que c'est le cas, non ?

— Mais si tu n'aimais pas ce que tu voyais sans ça ? Contra-t-elle en désignant son masque, et si tu étais déçu ?

— Je ne vais pas être déçu, Ladyb-

— Tu ne peux pas savoir ça !

Adrien voulut répondre qu'elle n'avait qu'à retirer son costume, et qu'il pourrait lui faire comprendre que ce n'était pas un problème, mais il n'avait pas envie de pousser les choses trop loin. Ladybug était paniquée, elle était même effrayée. Il l'avait rarement vu ainsi, et voulait qu'elle lui fasse plus confiance que ça, mais c'était à elle de lui donner la permission pour… Pour découvrir qui elle était.

— Dis-moi juste ce que tu veux, soupira Adrien. Je n'ai pas envie que tu te sentes mal à cause de tout ça, et… Je comprends que tu veuilles attendre, mais si tu me dis juste que je te connais, alors je ne vais pas pouvoir m'empêcher de chercher qui tu es, même inconsciemment. C'est… Compliqué pour moi aussi, tu comprends ?

Il ne mentait pas. Il avait déjà un nom en tête, mais il ne pouvait pas non plus avoir confirmation jusqu'à ce qu'il voie son visage, de ses propres yeux.

La question qui suivit sa réponse, il ne la vit pas venir.

— Qui… Qui tu penses que je suis ? Demanda timidement Ladybug après quelques secondes de silence.

Adrien ne réagit pas tout de suite. Il y eut un instant de silence, pendant lequel il ne put entendre que la respiration presque saccadée de Ladybug, et ses propres battements de coeur qui s'accélérèrent soudainement. Avait-il mal entendu ? Il espérait qu'il avait mal entendu, parce que attendez une minute.

C'était, genre, la pire situation dans laquelle elle pouvait le mettre. Et elle l'avait fait. Comme si c'était normal de lui demander ça maintenant, alors qu'il venait à peine de comprendre qu'elle était quelqu'un de (peut-être) déjà proche de lui. Il sentit sa mâchoire se décrocher, et regarda la jeune fille avec des yeux ronds comme des billes (elle aurait pu se transformer en dragon, sa réaction n'aurait pas été tellement différente. Enfin, peut-être un petit peu différente).

— Je- euuh… Balbutia-t-il.

Le visage de Ladybug se décomposa peu à peu, et elle plaqua ses mains contre sa bouche, comme si elle ne se rendait compte de son erreur que maintenant.

— Ce n'est pas très juste de ta part, finit-il par dire en baissant la tête.

Il vit sa main trembler et comprit qu'elle s'en voulait aussi — probablement. Peut-être n'avait-elle pas fait exprès de demander ça.

— Je suis désolée, répondit-elle, c'est juste- c'est juste que tu as l'air si sûr de toi, alors…

Sûr de moi ?

— Que tu ne seras pas déçu ! C'est que tu dois bien avoir une petite idée, non ? Continua-t-elle. Je ne sais pas ! Je pensais, je…

Sa voix se brisa et elle pressa sa paume contre son front, dans un vain effort pour se calmer. Adrien comprenait qu'elle se sente peut-être en danger (il n'était pas d'accord, mais il comprenait) ; mais d'où venait cette frustration ? Voulait-elle lui révéler son identité, ou ne pas le faire ? Il commençait à avoir du mal à suivre.

— … Ladybug, je ne comprend pas-

— Je te connais, coupa-t-elle, et tu me connais. J'en suis absolument sûre.

— Oui, répondit-il rapidement, j'avais compris ça mais-

— Et- et tu ne peux pas dire qui je suis ? Demanda-t-elle en l'interrompant à nouveau.

Il déglutit et mordit sa lèvre avant de parler, réprimant l'envie soudaine de demander à Plagg de le transformer et de s'enfuir par la fenêtre. Il se demanda s'il pouvait lui dire qu'il avait une petite idée, mais si jamais il avait tort, il ne trouverait plus jamais le courage de lui faire face. Et il la blesserait. Okay, Marinette collait plutôt bien au profil ; aussi bien sur le niveau du physique que sur le reste. Était-ce une raison suffisante ? Absolument pas. Adrien Agreste connaissait des gens. Il avait rencontré beaucoup de filles de son âge, pour sa 'profession', ou tout simplement lorsqu'il avait rencontré des amis/clients/rivaux/collaborateurs de son père. Il ne pouvait pas donner son nom sans avoir vraiment réfléchi avant.

La scène lui semblait tellement irréaliste qu'il se demanda s'il n'était pas en train de rêver. Mais la sensation de sa peau douce contre ses lèvres persévérait, et son odeur sucrée lui collait trop à la peau pour que cela puisse ne pas être réel.

Ce fut à peu près à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il avait mis trop de temps avant de répondre.

— A-Adrien ? Répéta Ladybug. Tu as une idée, n'est-ce pas ?

Et, une nouvelle fois, il se retrouva à court de mots.

Réponds que non.

Non.

— Peut-être, dit-il d'une petite voix.

Okay

Adrien commença à se demander s'il pouvait foirer encore plus que cela, lorsqu'il osa enfin lever les yeux vers Ladybug. Elle était totalement immobile, et Adrien eut presque envie de se pencher et écouter son coeur pour voir s'il battait encore. Ses lèvres entrouvertes furent animées d'un léger sursaut, et elle leva une main tremblante vers lui.

— Vas-y, dit-elle en fermant les yeux.

NOPE NOPE NOPE NOPE.

— Euh, ma Lady ? Je ne sais pas si-

— Tu penses savoir qui je suis, non ? S'exclama-t-elle. Dis-le juste, qu'on en finisse !

Ses paupières étaient closes, et elle semblait presque à l'agonie. Adrien se demandait ce qu'il y avait de si effrayant à l'idée de retirer son masque, surtout s'il s'agissait bien de Marinette. Mais il ne voulait pas que les choses se passent ainsi. Il voulait qu'elle ait confiance en lui et surtout en elle. Parce que Ladybug était fantastique, pas parce qu'elle était invincible, ou parce qu'elle avait le pouvoir de la chance ; mais parce qu'elle toujours prête à se mettre en danger pour les autres.

Adrien soupira avec douceur, et amena ses deux mains aux épaules de la jeune fille.

— Hey, Bug, appela-t-il. Ouvre les yeux.

Elle s'exécuta et il la sentit se détendre lorsqu'elle croisa son regard. Adrien fit de son mieux pour garder une expression encourageante, en contradiction avec l'agitation qu'il ressentait. Il laissa sa main glisser le long du bras de la jeune fille, et l'amena gentiment à lui. Il s'adossa lentement contre le mur de sa chambre, et sentit sa poitrine se gonfler lorsque le joli visage de Ladybug se reposa contre son torse. Avec un léger sourire, le garçon passa son bras autour de ses épaules, et commença à passer sa main dans les mèches sombres, les caressant avec l'impression de toucher de la soie.

Il regarda son expression se métamorphoser. Son nez était encore rouge, et ses joues encore humides, mais elle semblait plus sereine. Ils respiraient avec lenteur, comme si briser le silence maintenant risquait de leur faire quitter cet étrange moment quiétude.

Ce fut elle qui osa parler la première.

— Adrien ?

— Oui ?

— Tu as vraiment une petite idée sur qui je suis ?

Elle semblait surprise. Ou peut-être soulagée. Il ne savait pas exactement, mais l'éclat qui oscillait dans le bleu feutré de ses yeux lui donnait des frissons, et encore une fois, il n'arriva pas à réfléchir correctement.

— J'ai l'impression de- enfin, peut-être que…

Il s'interrompit brusquement, jetant un regard bien trop insistant à son visage. Elle… Pouvait être Marinette, n'est pas ?

Ne t'emballe pas trop.

Il n'était pas obligé de répondre tout de suite. Il pouvait prendre quelques secondes pour y penser réellement. Elle ne lui envoyait aucun signal alarmant, et son regard n'avait rien de pressant. Il leva des yeux hésitants vers son visage, l'observant de la façon la plus insistante dont il était capable.

C'était comme jouer au Qui Est-ce ? Il se rappelait de ses longues après-midi passées avec Chloé, à poser ses questions idiotes en abaissant chaque visage, sachant pertinemment que Chloé choisissait tout le temps le garçon blond aux yeux verts, parce que c'était son préféré. Sauf qu'il jouait au jeu tout seul, son adversaire étant sa propre mémoire.

Il décida de commencer généralement. Il connaissait du monde, d'accord. Dans sa famille, il y avait plusieurs cousines éloignées de son âge, mais il préférait penser qu'elle ne faisait pas partie de sa famille, merci. Il y avait, bien entendu, les personnes qu'il avait rencontrées pour sa profession. Pendant les dîners, ou même les shooting photos, Adrien avait fait la connaissance de plusieurs mannequins de son âge, même s'il avait rarement noué des liens avec eux. Mais ça ne collait pas. Il n'avait pas eu de séances depuis plusieurs semaines, et aucune fille de son âge qui semblait correspondre au personnage de Ladybug n'avait eu de shooting avec lui depuis qu'elle avait appris qu'il était Chat Noir. Il abaissa mentalement chacun des visages étiqueté « famille » et « travail ».

Que restait-il ? Le collège et le lycée.

Il essaya de se remémorer chaque fille de sa classe, mais les images étaient floues, car il parlait à peu de personnes à part Chloé. Aucune ne pouvait être Ladybug, elles ne correspondaient pas à sa stature. Ladybug était petite, elle avait une taille fine mais des épaules plutôt athlétiques ; un petit nez rond et des yeux bleus qu'il ne pensait pas retrouver chez les filles auxquelles il pensa.

Peu importait la façon dont il s'y prenait, tout revenait à Marinette. Plus il se répétait comment était Ladybug, plus il avait juste l'impression de décrire son ancienne camarade. Il n'y avait personne d'autre qui collait, et toutes les autres personnes de sa classe, l'année dernière, s'étaient retrouvées akumatisées. Sans compter qu'il avait revu Marinette à plusieurs reprises, qu'elle avait agi plutôt naturellement avec lui ses derniers temps, et qu'elle lui avait dit qu'elle l'aimait. Elle avait été présente à la soirée de troisième, lorsque Chloé l'avait embrassé.

Adrien sentit sa respiration se couper. Il avait envie de lui poser la question, de donner son nom. C'était comme s'il était à la fin du jeu, lorsqu'il ne restait plus qu'un visage de levé, et qu'il ne lui restait plus qu'à confirmer le nom de la personne en question. Sauf qu'il ne jouait pas au Qui Est-ce ? Les paroles qu'il s'apprêtait à prononcer auraient probablement un impact important sur la relation qu'il avait avec Ladybug.

Son ventre commença à se nouer sous la pression, et il resserra un peu son étreinte autour d'elle. Sentir les douces fibres de son costume, accrochées à sa peau brûlante, lui donnait presque le vertige. En abaissant son visage, il posa distraitement ses lèvres contre l'arrière de son épaule, et la sentit trembler au contact.

— T-tu ne vas pas le dire ? Demanda-t-elle d'une petite voix.

Il prit une grande inspiration, uniquement pour se rendre compte que le nom ne voulait pas quitter le fond de sa gorge. Est-ce que Ladybug pouvait être Marinette ? Cette idée laissait un sentiment chaleureux dans sa poitrine. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais ça semblait être une bonne chose. C'était étrange, mais dans le bon sens du terme.

Mais, en même temps, ça lui faisait peur.

De dire son nom. Juste de prononcer 'Marinette'. Il ne pouvait pas se permettre de se tromper, il en était plus conscient que jamais. Ladybug était peut-être la personne la plus proche de lui, une de celles à qui il tenait le plus. Il ne pouvait pas donner une quelconque valeur à ses sentiments, ils existaient juste. Leur présence était presque douloureuse. S'il lui arrivait quoi que ce soit, ou si elle décidait de le laisser, il pouvait dire qu'il ne s'en remettrait pas. Il se sentait idiot, parce qu'il était encore jeune, et trop immature pour pouvoir réellement affirmer qu'il avait trouvé l'amour de sa vie, ou quelque chose du genre, mais il aimait tellement Ladybug qu'il pourrait le répéter tous les jours, toutes les heures, sans jamais s'en lasser. Et si Ladybug était Marinette, il ne voyait pas comment il pourrait être plus heureux.

Et si elle n'était, justement, pas Marinette ? Il aurait tout gâché. Il la perdrait sûrement. Il ne pourrait jamais rattraper ça.

— Je… Commença-t-il d'une voix sèche.

Il remarqua qu'elle retenait son souffle, et il se rendit alors compte qu'il faisait la même chose.

— O-oui ?

Ses mains, toujours en train d'enlacer Ladybug, tremblaient légèrement. Ce n'était pas grand-chose, mais il était presque sûr qu'elle pouvait le sentir.

— J'ai peur de le dire, avoua-t-il d'un ton bas.

Il sentit une légère réaction de sa partenaire, son dos qui se détendait, et un long soupir, presque soulagé. Ladybug aussi a peur, pensa-t-il soudainement. Et ses mains ne s'arrêtaient pas de trembler, c'était assez gênant.

Marinette. Marinette ? Sûrement Marinette. Je dois dire « Marinette ».

Ça ne semblait pas si compliqué, pourtant.

— N-ne dis rien, alors, répondit Ladybug. Tu n'as pas à-

— Mais je dois dire quelque chose ! S'exclama-t-il. Je ne peux pas juste… Laisser la situation comme ça, c'est… C'est…

— C'est effrayant, reprit la jeune fille, tu vois ? Ces histoires d'identités sont trop compliquées.

Il sourit presque.

— C'est compliqué. C'est effrayant. On n'y peut rien, c'est juste un passage obligé.

Elle hocha la tête.

— Au final, la façon dont j'ai découvert ton identité n'était pas si mal.

— Mmh… Pas de discussions tourmentées. Pas de décisions impossibles à prendre. Pas de peurs inutiles.

— Quoi, tu n'as pas eu… Un tout petit peu peur ? Demanda-t-elle.

Un rire nerveux secoua sa poitrine.

— Bien sûr que j'ai eu peur. Mais je ne pensais pas que ça puisse changer les choses, pas vraiment. Là, c'est… Complètement différent.

Elle ne répondit rien. Adrien comprit qu'il s'y prenait mal.

— Ladybug, je ne veux pas dire que ça aura un impact négatif sur notre relation. Je t'ai déjà dit… Tu n'as pas à avoir peur, tu sais ?

— Tu vas être déçu, répéta-t-elle d'une voix triste.

— Je déteste quand tu dis ça… Soupira Adrien.

Et elle ne répondit pas.

— Tu sais, on n'est pas obligé d'en parler ce soir, reprit Adrien. Si tu n'es pas prête, je veux dire. Moi, ça me fais peur, mais je pense que je suis prêt ; en fait, je pensais que j'étais prêt depuis longtemps, mais ce n'était peut-être pas le cas. Mais maintenant, si tu n'as pas-

— Je sais, Adrien, dit-elle gentiment.

Elle leva la tête vers lui, lui offrant un sourire doux, quoiqu'un peu crispé.

— Tu veux que je te dise ? J'ai toujours pensé qu'il fallait que j'attende, et que, un jour, pouf ! Je serais prête.

Adrien ne put s'empêcher de rire, rien que pour l'expression naïve de sa partenaire. Il n'avait jamais vu les choses sous cet angle.

— Comme si, reprit-elle, comme si le fait « d'être prête » ne venait pas directement de moi, mais de… Je ne sais pas, de quelque chose d'autre.

Elle cala sa tête plus confortablement contre son épaule, avec un petit soupir, comme si son propre comportement la sidérait. Adrien ne souhaitait surtout pas l'interrompre, car il savait que c'était la façon dont Ladybug fonctionnait. Elle avait une certaine fierté, et comme tout le monde, n'aimait pas particulièrement avouer ses erreurs. Et là, elle était arrivé à ce moment où elle avait besoin de dire tout ce qu'elle avait sur le coeur. C'était ce genre de moments qu'Adrien aimait, parce qu'il savait qu'il était quelqu'un de privilégié, s'il pouvait la voir se confier ainsi à lui. Ladybug avait finit par construire cette espèce de carapace autour d'elle, comme si elle souhaitait à tout prix séparer l'héroïne de la fille sous le masque. Adrien pouvait la comprendre, parce qu'il faisait plus ou moins la même chose — en fonctionnant plutôt dans le sens inverse. Mais elle n'avait pas besoin de ça quand elle était avec lui.

— C'était idiot, continua-t-elle. Je suis celle qui dois décider de ce que je veux ! Et cette situation n'est pas ce dont j'ai envie. Enfin, si, mais pas comme ça. Je n'aime pas avoir à me cacher, c'est juste… Toi, tu es Chat Noir, et aussi Adrien Agreste. Comment suis-je censé rivaliser avec ça ? Tu dois penser que je suis une fille extraordinaire, mais comparé à-

— Ladybug ! S'exclama-t-il, indigné. R-rivaliser ?

Une lueur alarmée passa dans son regard.

— Non ! Pas dans ce sens, rectifia-t-elle. Je veux dire dans le sens ou je ne serais pas… Assez bien pour toi, je suppose ?

— Pas assez- attend, quoi ?

— J-je- ne suis pas issue d'une famille aisée, je ne suis pas non plus douée en musique, dans plusieurs sports, ou en langues, ou-

— Tu as conscience que je n'en ai absolument rien à faire ? Continua Adrien. Ça n'a aucune importance ! Je t'aime pour qui tu es, ne- s'il te plaît, ne dis pas, ne pense pas ce genre de chose. Je n'ai rien de spécial. Oui, je pense que tu es une fille extraordinaire, mais pas parce que tu es plus douée dans un domaine, ou parce que tu as de l'argent !

Elle ne répondit pas pendant un petit moment, laissant un regard énigmatique traîner sur le visage du garçon.

— Je savais que tu allais dire ça, sourit-elle.

— Alors pourquoi penser quelque chose d'aussi absurde ?

— Parce que je n'arrête pas de me trouver des excuses. Parce que j'ai quand même peur de te décevoir, famille aisée ou pas. Tu aurais pu être le fils de n'importe qui, j'aurai ressenti la même chose.

Adrien resserra son étreinte, jusqu'à ce qu'il puisse sentir chaque respiration qui s'échappait de son petit corps. Un léger tremblement sembla faire vibrer sa peau un instant, et il se demanda si elle ne paniquait pas à nouveau. Il bougea sa tête avec empressement, cherchant son regard pour essayer de la calmer, lorsqu'il comprit qu'il se trompait.

Ladybug tremblait parce qu'elle riait. Sa main était plaquée contre sa bouche, et ses yeux presque fermés. Elle semblait essayer de se retenir, mais ça ne marchait pas vraiment. Un son étouffé finit par trouver son chemin entre ses doigts, et Adrien ne put s'empêcher de répondre au signal avec un rire similaire. Il ne savait même pas pourquoi il riait, mais il avait envie de rire. En fait, il s'en fichait, parce que Ladybug riait, et ça ne pouvait qu'être positif, non ?

Elle finit par trouver ses mots.

— C'est tellement ridicule, dit-elle (et Adrien pouvait presque voir son sourire dans ses paroles), je vais juste arrêter de trouver des excuses. Parce que je n'ai aucune raison d'avoir peur, pas vrai ?

— Aucune, confirma-t-il.

— A-alors je suis prête.

— P-pour de vrai ? Demanda Adrien.

— Oui.

Il n'eut besoin que d'un contact visuel pour comprendre qu'elle pensait ces mots. Son regard était toujours un peu angoissé, un peu effrayé, mais il était aussi empreint d'une excitation nouvelle et de quelque chose qu'il avait du mal à déchiffrer, qui semblait lisse et paisible. Et Ladybug faisait partie de ce genre de personne dont vous ne pouviez pas détacher votre regard, une fois la liaison établie. Adrien laissa lentement la vague sereine qui s'échappait de ses yeux l'entourer, laissant presque la sensation d'un filet d'eau contre sa peau. Il ne savait pas s'il pouvait rester là indéfiniment, si Ladybug n'allait pas détourner elle-même le regard, faisant partir l'effet mousseux de l'écume.

Mais, Adrien apprendra à le reconnaître, Ladybug faisait aussi partie de ce genre de personne qui aimait avoir un certain contrôle. Elle avait capturé son regard, elle dégageait cette aura particulière. Et elle ne comptait certainement pas se défaire de cette situation.

Au moindre mouvement, Adrien se disait que quelque chose allait forcément changer, et c'était sûrement parce qu'elle « était prête », même s'il ne savait pas si cela voulait dire grand-chose. Est-ce que cela signifiait qu'elle allait se dévoiler à lui ? Est-ce que cela signifiait qu'elle le ferait maintenant ?

Sans rompre le contact, la jeune fille passa distraitement sa main le long de son col, remontant jusqu'à sa clavicule et enfin à son menton. Adrien dû faire un sacré effort pour ne pas baisser les yeux et voir ce qu'elle comptait faire, et il sentit une lueur amusée de dessiner quelque part dans un coin de ses yeux. Les doigts continuèrent leur chemin le long de ses traits, abordant sans hésitation ses pommettes et le contour de ses yeux, laissant quelques frissons parcourir le corps d'Adrien. Étrangement, l'impression d'être dans une fausse réalité s'empara de lui, et il se dit que ça pourrait le faire. Son cerveau avait décidé que le mot « conséquence » ne faisait plus partie de son vocabulaire, et ses lèvres bougèrent presque sans sa permission.

— Marinette.

Pendant peut-être dix secondes, il ne se passa rien. Absolument rien. Les deux adolescents de toisèrent comme si tout était normal, en ignorant presque le prénom qu'il venait de prononcer. Adrien ne se rendit compte de ce qu'il venait de faire qu'à la seconde précise où Ladybug changea d'expression, lui rappelant que non, il n'était pas dans un rêve, et que oui, son vocabulaire comprenait toujours le mot « conséquence ». Si son ventre ne s'était pas noué à l'idée d'avoir fait une immense connerie, il aurait trouvé la situation comique.

Parce que la scène était comique. Elle était même, de son point de vue — et de la façon dont il y pensera, plus tard — hilarante.

Parce que personne ne savait comment réagir. Ils venaient de dire qu'ils étaient prêts, mais au lieu d'attendre qu'elle dise elle-même qui elle était, il avait décidé, sans aucune raison, de le dire. Il devait probablement — lorsqu'il le demandera à Marinette, elle lui dira que c'était effectivement le cas — avoir l'air d'un parfait idiot, la bouche encore ouverte et les yeux écarquillés, comme s'il était une sorte de poisson. Mais ce n'était rien face à la tête que faisait Ladybug.

S'il avait essayé de passer sa main devant son visage, elle n'aurait probablement pas réagi. L'horrible impression que son cerveau était en pleine mise à jour demanda à Adrien un effort considérable pour ne pas lui demander s'il s'était trompé. Le mot seul le laissait glacé, lui laissant un vague goût métallique dans a bouche. Pourtant, le prénom de Marinette était si agréable à prononcer, et il n'avait pas envie de gâcher la sensation légère qu'il laissait sur sa langue.

Il détacha ses yeux de son visage, cherchant hâtivement quelques mots à prononcer pour essayer de réparer ce qu'il venait de provoquer. Et avec ce manque de réaction de la part de Ladybug, il regrettait vraiment d'avoir fait ce qu'il venait de faire.

'Uuugh, pourquoi est-ce que tu ne pouvais pas juste attendre qu'elle te dise qui elle est, comme n'importe qui l'aurait fait ?'

Il ne savait même pas s'il s'était trompé ! Avait-il seulement prononcé le bon nom ? C'était ce qui lui avait paru, sur le moment, la meilleure chose à faire, mais- mais s'il avait trop négligé sa recherche ? Si Marinette ne s'était imposée comme étant Ladybug que parce qu'il l'avait vu récemment, et qu'il l'avait trouvée affreusement jolie ?

'Yep. La pire façon de se faire plaquer…'

Était-elle en train de chercher des mots pour lui dire qu'après tout, ils ne pourraient plus être ensemble ? Cette réalité lourde tomba sur Adrien, et l'impression qu'un poignard se frayait un chemin entre ses entrailles le saisit soudainement. Ses yeux restèrent collés au tapis sombre de sa chambre, comme si les fibres lointaines allaient lui apporter un quelconque support. Un frison le parcourut de la tête aux pieds, malgré la présence du corps de Ladybug contre son torse. Le visage de Ladybug sembla bouger faiblement, mais il se refusa de la regarder dans les yeux, craignant de craquer. Alors que les larmes lui montaient aux yeux, Adrien essaya de bloquer sa respiration pour ne pas se trahir.

Des excuses, pensa-t-il avec peine, des excuses, maintenant.

Il ferma les yeux un court instant, sentant l'intérieur de son crâne vibrer sous l'inquiétude. Sa faible emprise sur sa respiration n'était pas très convaincante, mais il décida de l'ignorer. Tant pis s'il avait l'air paniqué. Le jeune homme ouvrit la bouche, essayant de s'exprimer correctement.

(Il n'en eut pas vraiment l'occasion).

— Je- mmphh ! Tenta-t-il.

Quelque chose de chaud et d'humide se plaqua contre sa bouche, l'empêchant de continuer ; et Adrien mit quelques secondes — le temps d'ouvrir les yeux au moins — pour comprendre qu'il s'agissait des lèvres de Ladybug.

Ses petites mains remontèrent le long de son torse pour l'agripper au col, alors que sa bouche se mouvait avec envie et presque férocité, effaçant subitement toutes les mauvaises pensées du garçon. Sans même s'en donner l'autorisation, son corps se mit à répondre par lui-même, sans qu'il ne puisse pour autant prendre le contrôle du baiser. Ses paumes retrouvèrent le petit creux dans le dos de Ladybug, et sa jolie nuque avec aisance, alors qu'Adrien fermait les yeux pour se laisser enivrer par la délicieuse présence de la jeune fille. Ses veines étaient en feu, encore, et, bon sang, ça ne pouvait que dire que quelque chose de bien venait d'arriver, pas vrai ?

Mais Adrien Agreste, à ce moment même, n'était pas exactement capable de penser clairement — et oui, peut-être que l'odeur sucrée, et la bouche réclamante contre la sienne y étaient pour quelque chose. En un mouvement plus ample avec sa mâchoire, il réussit à approfondir le baiser, glissant sa langue jusqu'à celle de la jeune fille sans perdre plus de temps. Une sensation vertigineuse s'empara de lui, en partie parce que la panique qu'il venait d'éprouver l'avait empêché de s'approvisionner correctement en oxygène et que ses poumons réclamaient déjà plus d'air. Pourtant, dire que ce n'était pas en même temps incroyablement plaisant serait un immense mensonge, et Adrien se laissa couler un peu plus dans l'étreinte, reculant au maximum le moment où il aurait à se séparer d'elle. La sensation de son corps vibrant plaqué contre le sien, et les mains qui s'accrochaient désespérément à son t-shirt réussirent presque à lui faire oublier la situation dans laquelle il se trouvait. Un gémissement étouffé se fit entendre, et Adrien ne put s'empêcher de frissonner en l'entendant, se raccrochant à l'idée qu'il venait de provoquer ça. Et, d'accord, ce n'était pas la première fois que ça arrivait, mais c'était différent.

Parce qu'il n'y avait qu'une seule raison pour laquelle Ladybug venait de se jeter à son cou, finit-il par penser (quand son bon sens refit surface d'une façon ou d'une autre). Et, soyons honnête, elle n'aurait certainement pas eu cette réaction si elle n'était pas Marinette Dupain-Cheng.

Après un court moment d'hésitation, Adrien se força finalement à reprendre sa respiration, uniquement pour retrouver ses lèvres avec plus d'envie. Était-il vraiment en train d'embrasser Marinette ? C'était une idée qui avait du mal à entrer dans sa vision de la réalité, mais il pensait qu'il pourrait s'y habituer. Peut-être. Il était celui qui avait demandé à connaître son identité, et il était celui qui avait prétendu être prêt à ça. Et Marinette était tout ce dont il rêvait, vraiment.

Adrien pressa son corps contre le sien, se retrouvant soudainement à combattre ses tremblements, et les larmes qui menaçaient de couler de ses yeux. Il était tellement soulagé, et tellement heureux que les choses se soient passées ainsi, qu'il n'arrivait même plus à suivre correctement le mouvement des lèvres de sa partenaire. Leurs baisers prirent une nouvelle tournure, devenant lent et presque paresseux. Il savait qu'ils ne pouvaient pas continuer comme ça infiniment, et qu'à un moment, ils auraient à se séparer pour en parler. Cela ne le gênait pas, en soi, mais il ne voulait pour rien au monde s'éloigner d'elle maintenant. Il voulait l'embrasser jusqu'à ce qu'il ne puisse plus sentir ses propres lèvres. Il voulait dévorer son corps entier, sentir ses doigts contre sa peau, son dos s'archer sous ses touches. Il avait beau se sentir honteux pour se laisser envahir par ce genre de pensées, il se savait bien incapable de les ignorer.

Il prit cependant l'initiative de rompre leur baiser, lorsqu'il sentit que les mains de Ladybug tremblaient, et qu'elle semblait dans un état similaire au sien. En reculant légèrement son visage, il parvint à capter son regard humide malgré l'obscurité. Il avait du mal à déchiffrer les émotions dessinées sur son visage — ses lèvres tremblaient et ses joues étaient empourprées, mais quelque chose lui disait que ce n'était pas dû au baiser lui-même.

— H-hey, dit-il, hey, tout va bien, d'accord ?

Il laissa sa main glisser jusqu'à son visage, caressant affectueusement les contours de son masque.

— Je sais, dit-elle d'une voix presque inaudible. Je suis désolée.

— D-désolée ?

— Je me sens tellement bête, dit-elle avec un pauvre sourire. D-depuis combien de temps est-ce que tu… ?

Adrien se sentit rougir jusqu'aux oreilles, se demandant s'il pouvait vraiment dire qu'il l'avait trouvée un peu trop jolie la veille, et si à la base, tout ça n'était parti que d'un… Fantasme…

— Je- je crois que je n'ai commencé à y penser qu'à partir d'aujourd'hui.

Elle hocha la tête.

— J'ai donné trop d'indices, hm ?

— Marinette, soupira-t-il, tu n'avais pas à être aussi effrayée.

Elle ouvrit la bouche avec un air embarrassé, peut-être parce qu'il venait de l'appeler par son prénom, mais ne répondit rien. Elle tendit les bras pour se rapprocher du garçon, laissant son visage reposer contre son torse, et il l'enlaça en retour.

— Je sais. Je sais ! Je ne voulais pas te faire croire que je ne te fais pas confiance, parce que c'est faux, c'est juste… Adrien n'a jamais été intéressé par Marinette.

Adrien cligna des yeux à plusieurs reprises, heureux qu'elle ne puisse pas voir son visage. Pas intéressé ? Bien sûr qu'il était intéressé par Marinette. Marinette était géniale. Et elle était Ladybug ! Ladybug ! Vous savez ce que ça voulait dire ? Ça voulait dire qu'elle était géniale tout le temps.

— J'étais juste… Tu crois que je ne me suis jamais intéressé à toi ? Demanda-t-il finalement.

— Eh bien, c'est un fait, grommela-t-elle.

— Non ! C'est vrai que j'étais peut-être un peu aveuglé par une certaine héroïne, mais il y avait cette fille dans ma classe, qui était absolument adorable et gentille et-

— Tu dis juste ça parce que tu veux me faire plaisir ! Insista-t-elle.

— Est-ce que tu te rends compte que c'est presque compliqué de ne pas être attiré par toi ? Finit-il par lâcher.

Elle releva son visage de quelques centimètres, le regardant attentivement avec un air interrogateur.

— Littéralement la moitié de la classe a été, à un moment ou un autre, amoureux de toi. Et je ne parle pas de Ladybug.

— Pardon ?

— Nino, commença Adrien, Kim, sûrement Max, Nath'. Je suis presque sûr que même Alix ou-

Adrien !

— … Moi-

— C'est embarrassant, tu sais ? Et puis je suis sûr que c'est faux !

Il commença à rire.

— Je crois que je suis le type le plus aveugle au monde, pour ne pas avoir fait la connexion. Mais je te jure que jamais je ne pourrais être déçu par toi. Sauf quand tu refuses de m'écouter et que tu m'ignores pendant des jours, ajouta-t-il avec une grimace. Mais Marinette, tu es la personne la plus…

Il s'interrompit, cherchant le mot pour la décrire.

— Chaton, rit-elle, tu ne me trouves pas de qualité, au final-

— Gentille, coupa-t-il, intelligente, magnifique, compatissante, positiv-

Elle le coupa en plaçant une main contre sa bouche.

— Adrien, protesta-t-elle faiblement, tu n'as pas à dire ça juste pour que je me sente mieux.

— Je ne dis pas ça pour ça, répondit-il. Je dis ça parce que je le pense.

Il la laissa se dégager doucement de son étreinte pour le toiser à nouveau.

— Je t'aime, Marinette, sourit-il.

Il pencha sa tête avec lenteur, venant chercher un léger contact avec sa peau. Ses lèvres trouvèrent aisément la douce courbe de sa joue, et il y déposa un tendre baiser, juste parce qu'il pouvait faire ça, et parce que sa seule proximité faisait bondir son coeur dans sa poitrine.

Lorsqu'il se redressa, il observa une étrange lumière rose se dégager de son corps. Il lui fallut quelques instants pour comprendre qu'il s'agissait de sa transformation qui s'évaporait, laissant à la place du costume rouge sa peau légère et lumineuse et ses vêtements en coton souple. C'était bien Marinette qui se tenait devant lui, telle qu'il l'avait vu le matin même. Adrien resta à la fixer quelques instants, sans savoir comment réagir. Quelque chose lui disait d'immédiatement retrouver son contact brûlant, mais peut-être qu'elle voulait juste rester contre lui quelques minutes.

— Bonjour ! S'exclama soudainement une petite boule animée, sortant de nulle part.

Adrien sursauta et cru qu'il devenait fou, jusqu'à ce que l'idée que oui, Ladybug avait elle aussi un kwami pour l'assister l'effleura.

— B-bonjour, répondit-il.

— Mon nom est Tikki ! Continua la créature. Ravie de faire ta connaissance, Adrien.

Il hocha la tête. Cette Tikki semblait incroyablement joviale et il émanait d'elle une telle douceur qu'il se demandait comment est-ce que quelqu'un comme Plagg pouvait être de la même espèce.

— Moi aussi, commença-t-il sous le regard attentif de Marinette, je-

Tikki ! S'exclama une autre voix familière. Laisse-les. Je crois qu'ils veulent faire leurs trucs d'humains en paix.

Adrien grogna. Plagg avait un certain don pour être toujours là au mauvais moment, mais il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Les deux kwamis devaient se connaître, alors peut-être qu'il voulait juste passer du temps avec Tikki ?

— Alors c'est toi, Plagg ? Demanda Marinette en se penchant vers le kwami, accroché au bord du lit. Je ne crois pas t'avoir déjà rencontré.

La petite créature noire renifla.

— Je t'ai vu, quand tu étais aveuglée par le Séparateur… Mais tu ne pouvais pas me voir, alors… Je suppose que ça ne compte pas. Et puis, il y a eu les fois où tu as rencontré Adrien ici, mais je ne tenais pas à vous déranger.

La jeune fille mordilla sa lèvre, un air embarrassé peint sur son visage. Adrien songea que finalement, Plagg était plus discret qu'il ne l'aurait pensé. Il aurait eu l'occasion de les déranger, comme il disait, à plusieurs reprises, et il ne l'avait pas fait.

— C'était très courtois de ta part, Plagg, répondit Marinette avec un demi-sourire. Tu m'as l'air d'être un kwami très généreux.

Adrien leva un sourcil.

Bien sûr que je suis un kwami très généreux, répondit le concerné. Je suis surpris qu'une humaine comme toi puisse le voir ! Adrien ne semble même pas s'en rendre compte !

— Vraiment ? Répondit-elle avec un sourire qui semblait réellement étonné. C'est pourtant tellement évident !

Plagg laissa un « hum » satisfait quitter ses lèvres, et lança un regard appuyé à Adrien, comme s'il cherchait à se moquer de lui.

Tu vois, lui dit le kwami, j'étais sûr que les gens intelligents pouvaient le voir.

— Bien sûr, grimaça le garçon en levant les yeux au ciel. Tu es un ange, Plagg.

— Je t'aime bien, gamine, reprit Plagg en voletant vers le visage de Marinette. Tu es bien plus observatrice que ce gosse.

— Je- je suis honoré, Plagg, répondit-elle.

Adrien décida que la scène était trop irréaliste pour qu'il puisse continuer à garder son sérieux, parce que quand même. C'était Marinette, Marinette Dupain-Cheng, qui tenait Plagg dans ses petites mains, lui souriant gentiment, et le délaissant complètement au passage. Ah, avait-il mentionné que Marinette était Ladybug ? Parce que Marinette était Ladybug.

Aussi absurde que cela puisse paraître, Marinette était Ladybug. Depuis le début ! Il ne savait même pas s'il devait se sentir trahit ou heureux, mais ce n'était pas comme si elle lui avait menti pour le blesser. Et il savait qu'elle avait été effrayé, qu'elle avait eu peur de le perdre. Bien sûr qu'il aurait voulu qu'elle lui dise, à la seconde où elle avait découvert qui il était, qu'elle avait toujours été là. Mais il n'arrivait pas à lui en vouloir. Qu'aurait-il fait, à sa place ? Quand il ne savait pas encore que Marinette avait toujours agi de façon étrange avec parce qu'elle l'aimait ? Il aurait certainement eu peur qu'elle s'éloigne de lui ; et puis une fois que le secret était gardé, rétablir la vérité était encore plus compliqué. Plus les jours passaient, plus se dire qu'il fallait parler était dur. Il pensait qu'il pouvait comprendre ça. N'avait-il pas le même problème avec son père ? Ce n'était pas exactement la même chose, d'accord, mais c'était similaire. Il avait eu peur de lui dire comment il se sentait, de peur d'effacer une part de leur fragile relation. Et quand il s'était décidé à lui dire ce qu'il avait sur le coeur, ça ne s'était pas bien passé.

Il fut interrompu par la petite Tikki, qui se posa délicatement sur son épaule.

— N'en veux pas à Marinette, dit-elle. Elle t'aime beaucoup, tu sais.

Adrien secoua la tête.

— Je sais, je- je ne lui en veux pas. J'aurais aimé qu'elle me le dise, mais je ne suis pas en colère.

— C'est ce que je lui avais dit, soupira la petite créature. Mais Marinette est toujours trop tracassée par tout. Elle a peur de parler franchement, et elle veut tout faire parfaitement. Quand elle a commencé à se poser des questions au sujet de Chloé, elle était vraiment perdue, et elle voulait réellement croire en toi, mais- tu sais comment les choses se sont passées.

Il rougit, honteux.

— J'avais presque oublié cette histoire de baiser, marmonna-t-il. Je ne voulais pas lui cacher ce qui s'était passé. Et puis, j'avais peur de l'embêter.

Le regard de Tikki était empli d'affection, et Adrien amena son index jusqu'à sa petite tête, se disant que ce devait être quelqu'un de très attentif. Marinette avait de la chance de l'avoir. Et il avait de la chance d'avoir Plagg, même si Plagg était souvent maladroit pour ce genre de choses.

— Quoi que tu ressentes, il faut que tu lui dises, dit Tikki. Elle n'en a peut-être pas l'air comme ça, mais Marinette est morte d'inquiétude. Quand elle a vu ton état après le défilé du nouvel An, elle a complètement paniqué.

— Ce n'était pas de sa faute-

— Je sais, mais, tu comprends, elle n'avait pas tous les éléments en main, et après ça… Elle s'est mise en tête que si tu apprenais qui elle était, tu la détesterais.

Il secoua la tête.

— Ce n'est pas le cas.

— Bien, répondit Tikki. Merci, Adrien. Tu es honnête et plein de bonnes intentions, je peux voir ça. Je suis contente que tu sois là pour Marinette. Prend soins d'elle, d'accord ?

Le garçon sentit son coeur s'emplir d'un sentiment léger, déposant doucement son regard sur la jeune fille à côté de lui, qui discutait vivement avec Plagg. La tension quitta brusquement ses muscles, et ce ne fut qu'à ce moment précis qu'il se rendit compte qu'il avait été angoissé depuis trop longtemps. Fini les secrets.

— Je promets, dit-il.

— — —

— — —

Lorsque Tikki entraîna Plagg dans la pièce d'à côté, Marinette était presque déçue. Le kwami était tellement différent du sien, mais elle le trouvait adorable quand même. Peut-être que vivre avec lui ne devait pas être chose facile tous les jours, mais c'était une agréable rencontre.

Sans s'en rendre compte, elle passa sa main sur son visage, frottant ses yeux encore humides. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle essayait de retenir ses larmes, et elle ne savait même plus s'il s'agissait de peur, de soulagement ou de bonheur. La main d'Adrien vint effleurer son avant-bras nu, et elle tourna timidement la tête vers lui. Il y avait quelque chose de complètement différent dans cette situation ; elle était Marinette, et pourtant, elle recevait toujours ce même regard d'adoration, comme si elle était le centre de son monde ou quelque chose.

— Plagg est amusant, dit-elle avec un sourire.

— Oh, il peut être vraiment énervant, tu n'as pas idée, grogna le garçon. Mais il a l'air de bien t'aimer. Et tu as l'air de bien l'aimer, accusa-t-il.

— Jaloux, chaton ? Rit-elle.

— Et si je l'étais ?

— Je te dirai que c'est idiot, et que tu as la mémoire courte, dit-elle en laissant traîner ses doigts contre son cou, où elle avait laissé une marque peu auparavant.

Son geste eut son petit effet, puisqu'il rougit légèrement, et commença à se pencher vers elle. Marinette commença à fermer les yeux, envahie par l'envie et l'excitation à nouveau. Embrasser Adrien lui faisait vraiment cet effet, celui où sa poitrine était en feu, où elle n'arrivait plus à contenir les frissons plaisants qui prenaient place au creux de son ventre. Leurs lèvres se touchèrent avec la douceur d'un flocon qui se dépose sur le sol, et Marinette ramena ses bras autour de son cou pour l'inciter à continuer. Ce n'était plus le genre de baisers fiévreux qu'ils avaient échangés au cours de la soirée, elle s'en rendait bien compte, mais il émanait de la peau tiède d'Adrien une tendresse qui la faisait fondre. Chaque fois que leurs bouches se retrouvaient, Marinette se disait qu'il allait bien finir par se redresser subitement, et décider qu'elle n'en valait pas la peine. Mais plus les minutes passèrent, plus la scène s'enracinait dans la réalité ; et elle finit par accepter que c'était comme ça, que ça n'allait pas changer.

Elle était soulagée, mais aussi frustrée. Elle aurait pu avoir ça plus tôt, elle aurait pu éviter d'autres malentendus, certainement. Mais, chaque fois que les lèvres d'Adrien reprenaient place contre les siennes, une nouvelle parcelle de son esprit embrumé s'éclaircissait, et elle se disait que ce n'était pas grave.

Pas grave. Pas de ta faute. Il comprend.

Est-ce que s'inquiéter allait la mener à quelque chose ? Certainement pas. Se perdre dans l'étreinte citronnée d'Adrien, en revanche, semblait beaucoup plus enviable. Et si les légères caresses contre sa peau dénudée, les petites pressions contre ses lèvres étaient chastes et de courte durée, elle ne trouvait pas la force de les intensifier. Elle avait envie de ce contact simple, et elle en avait besoin.

Les baisers enflammés migrèrent vers sa mâchoire, puis vers son cou. Marinette laissa un 'hum' plaisant quitter ses lèvres, et inspira lentement, se forçant à rester calme.

— Tu sais, dit Adrien contre sa peau, je ne suis pas en colère.

— Je sais.

— Je ne vais pas partir.

— Je sais…

— Je suis content. Que tu sois Marinette.

Elle sourit, et se pencha pour embrasser son front. Cherchant le regard émeraude du garçon, et s'allongea lentement sur le côté, le laissant l'accompagner dans son mouvement. Adrien passa un coude sous sa tête blonde, la regardant avec un sourire léger. Il amena ses doigts à sa clavicule, continuant de toucher sa peau (et elle le comprenait ; parce que chaque fois qu'elle pouvait être avec lui sans son costume, elle avait aussi envie de le toucher. Elle ne pouvait pas s'en empêcher).

Marinette finit par bouger, et se caler plus confortablement contre son torse, passant ses bras autour de sa taille. Elle sentit le menton d'Adrien frôler le haut de sa tête, et ferma les yeux.

L'air était calme, et elle aussi. Elle sentit ses muscles se détendre entièrement, et sa respiration s'alourdir lentement. Elle aurait bien été incapable de dire exactement combien de temps s'était écoulé depuis qu'elle était dans cette position, ou depuis qu'elle était arrivée ici. La pièce était sombre, et le bruit ambiant de la ville semblait s'éteindre, alors il devait être tard. Pourtant, elle ne s'en souciait nullement, et si ses parents s'en rendaient compte, elle leur dirait qu'elle était avec Alya.

Au bout d'un moment, elle entendit quelque chose vibrer près d'elle. Elle releva péniblement la tête, pour se rendre compte qu'Adrien était endormi. Le bruit continua, et elle en chercha la source, avant de finalement trouver le portable du jeune homme, juste sous son lit.

[21:11] Nino : Message.

Elle voulut voir de quoi il s'agissait, mais se retrouva face à l'écran verrouillé du portable, et fronça les sourcils. Elle avait déjà fait face à une situation similaire. Dommage, pensa-t-elle, il y avait moyen de jouer un peu.

— Pfff, chuchota-t-elle. Fichue technologie.

— Fait une forme de « L », grogna quelque chose de proche. C'est le symbole. L comme Ladybug, bien sûr.

— Plagg ? Demanda Marinette. C'est toi ?

Le kwami se découpait à peine dans l'obscurité, mais elle réussit à le voir. Il traversa hâtivement la pièce, et ouvrit un tiroir du bureau d'Adrien, pour en sortir un bout de fromage.

— Tikki n'a vraiment pas de goût, se plaignit-il. Je veux dire, les cookies ne sont pas mauvais, mais… Comparés au fromage !

La jeune fille le regard et laissa échapper un petit rire.

— Tu as des goûts bizarres, dit-elle.

— Non, tu as des goûts bizarres, rectifia-t-il en désignant Adrien. Ce garçon est une cause perdue.

— Peut-être. Mais je suis pareille.

— Les humains sont tous bizarres, décida Plagg. Mais ne sois pas trop dure avec lui, ok ?

Elle leva les yeux vers lui avec une moue amusée.

— Tu vois, que tu tiens aussi à lui. Nous avons les mêmes goûts.

— … Tu sais, je crois que je t'aime bien.

— Je crois que je t'aime bien aussi. Mais Adrien risque d'être jaloux s'il le découvre.

La créature sombre eut un geste étrange, comme si elle cherchait à hausser ses épaules.

— Nous ne sommes pas obligés de lui dire. Un L, miss. Amuse-toi.

Marinette le remercia, et suivit ses conseils.

[21:11] Nino : mec, il faut q ue je te parle.

[21:12] Nino : genre, mtn?

[21:12] Nino : fias pas comme si tu avais autre chose a faire, je s ais tres bien que tu es just e en train de pleurer sur tes posters de ladybug

Marinette pensa à deux choses. D'une, Nino écrivait très mal. De deux, la discussion promettait déjà beaucoup.

[21:13] Adrien : qu'est-ce qu'il y a ?

[21:13] Adrien : depuis quand est-ce que je pleure sur mes posters de Ladybug ?

[21:14] Nino : jsais pas… depuis qu'elle existe?

[21:14] Adrien : … C'est pour quoi ?

[21:15] Nino : AA ouais ! j'ai besoin de conseil ac Alya ! genre, si tu pouvais demander à mari deux trois trucs

[21:15] Adrien : pourquoi est-ce que tu ne lui demandes pas directement ?

[21:15] Nino : lol mec je te donne une opportunité de parler avec mARINETTE genre la meuf q ue tu a relooké tte la soirée ? :))

[21:16] Adrien : Oh… C'était si évidant que ça ?

[21:16] Nino : bro tu crois que je vai pas remarquer ça. tu avais parle d'une meuf que tu avais embrassé ms jai plus de nouvelles depuis et mari est hyper cool alors…

[21:16] Nino :tu devrai foncer ! ;)

Marinette sourit, pensant qu'elle devait absolument donner plus de crédit à Nino, parce qu'il était absolument adorable. Et puis, le fait qu'elle soit également la personne qu'Adrien avait embrassé auparavant aidait.

[21:17] Adrien : ok… Atta, je lui demande

[21:17] Nino : t a son num ?

[21:17] Adrien : oui mais pas la peine :) elle est en train de dormir à côté de moi.

Marinette envoya le message avec un sourire satisfait, et ne fut pas étonnée lorsque la réponse tarda à venir. Lorsque le portable vibra à nouveau, elle s'apprêta à le déverrouiller, mais elle se rendit rapidement compte que Nino était en train de l'appeler. Elle hésita à décrocher, mais rapidement, elle commença à rire et décida qu'elle riait trop pour parler.

— Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda un Adrien encore à moitié endormi.

La jeune fille lui tendit son portable, pour qu'il puisse lire la conversation. Il resta un moment silencieux, puis releva la tête vers Marinette, une expression pleinement éveillée et presque scandalisée peinte sur son joli visage.

— Tu as conscience, articula-t-il lentement, que je vais me faire tuer par Alya ?

La jeune fille hocha joyeusement la tête, et éclata à nouveau de rire.

— Je ne pense pas qu'elle irait jusque-là, mais… C'est une possibilité.

Dans sa poche, elle sentit son propre portable vibrer.

[21:23] Alya :MARINETTE IL FAUT QU'ON PARLE !

— — —

— — —

Après réflexion, je pense que je vais inclure un court chapitre (le prochain, donc), du point de vue d'Alya et Nino, qui cherchent à tirer les vers du nez de Marinette et Adrien. Je sais, je passe mon temps à repousser la fin de cette fic, mais je me suis dit que ça pourrais être amusant, vu que ce n'est pas inclut dans l'épilogue de base.

Je sais que ce chapitre arrive tard, mais j'ai été pas mal occupée par d'autres choses (en écriture et surtout dans mes études. Fin d'année = plein de notes ; en IUT en tout cas). Merci de votre patience !

Je tenais juste à rappeler quelque chose, puisque je l'ai vu dans un commentaire récemment. Cette fic a été commencée AVANT la fin de la saison 1. Genre, quand seulement la moitié des épisodes étaient sorti. Donc non, tous les éléments ne sont pas cohérents. Non, les épisodes d'origines ne sont pas pris en compte. Parce qu'ils n'étaient pas sorti quand j'ai écrit certains chapitres.

Bref, j'espère que ce chapitre vous a plu, vu que j'ai cru comprendre qu'il était plutôt attendu… Eh oui, c'est vrai que le gros suspense à la fin du précédant, c'était pas sympa ;) ! Bisous !