Deux jours plus tard, résidence Lacroix

Tracer était concentrée sur ses armes, comme tout ceux qui avaient subi le Changement avant elle. Elle nettoyait efficacement les deux petits pistolets quand elle sentit une main lui agripper fermement l'épaule et se débattit violemment, tentant de faire passer l'assaillant par dessus son épaule. Celui-ci tint bon et la fit pivoter vers lui. Fatale apparut dans le champ de vision de la jeune femme.

Dis moi que je t'ai énervée, supplia Fatale.

Tu m'as énervée.

C'est vrai ?

Non, chérie, je ne ressens toujours rien, la peur est partie, murmura Tracer.

Fatale baissa la tête. Angela fit irruption dans la pièce.

J'ai cru entendre des bruits de combat, s'exclama-t-elle.

J'ai essayé d'énerver Tracer, sans résultat, expliqua calmement la veuve.

Je t'ai demandé de faire revenir ses émotions POSITIVES, pas négatives, s'écria Angela.

Mais pour ça il faut commencer avec le négatif. L'une des rares choses sur lesquelles j'étais d'accord avec Mondatta c'est que le bien n'existe pas sans le mal et donc le positif n'existe pas sur le négatif, contra Fatale.

Depuis quand tu es philosophe ?

Je ne sais pas.

Tracer regarda sa meilleure ennemie, se demandant ce qui lui prenait.

Tracer ? Pourquoi tu n'as pas utilisé ta capacité de retour en arrière, demanda Angela.

Je... Mon chrono accélérateur ne fonctionnait pas...

Tracer !

C'est vrai je t'assure, se défendit-elle.

Angela soupira. Elle retourna dans la cuisine, décidant de préparer le repas. Fatale regarda Tracer dans les yeux.

Bon, je sais ce qui pourrait fortement t'énerver, tu auras sûrement envie de me tuer d'accord ?

Tracer hocha la tête. Fatale la pris par le bras et la rapprocha d'elle. Leurs regards s'ancrèrent l'un dans l'autre. Fatale eut l'impression de voir un éclat disparu depuis trop longtemps dans les yeux de la britannique.

Fatale ?

Chuuut, tais toi ma jolie, répondit-elle.

Elle se pencha vers Tracer et l'embrassa doucement. Celle-ci écarquilla les yeux, surprise. Fatale dut le remarquer car elle s'éloigna un peu.

Fatale... J'ai senti quelque chose !

La veuve soupira de soulagement.

Qu'est-ce que c'était ? Rage ? Appréciation ? Surprise ?

Vu son regard sur le moment, surprise, répondit Winston, que ni Fatale, ni Tracer n'avaient entendu entrer dans la pièce.

Tracer hocha la tête en regardant la sniper.

Je ne pensais pas que ça arriverait, continua le singe. Fatale, tes techniques sont étranges.

A la base j'espérais l'énerver, ria nerveusement la veuve.

C'est tout le contraire, lança Tracer.

Winston la regarda avec étonnement.

Love is stronger than everything, isn't it, lança-t-il.

Yes, I guess, répondit Tracer.

Si Fatale comprenait bien, ils disaient que l'amour était plus fort que tout. La française se maudit de ne pas parler si bien anglais.

Je vous laisse je voulais juste vérifier que ça se passait bien.

Sur ces mots, il partit. Fatale regarda Tracer qui avait la tête baissée.

Bon, c'est la seule technique qui a fonctionné jusqu'à présent...

Tu ne m'en veux vraiment pas ?

Tracer rougit.

Disons que... Quand j'avais vraiment mes émotions tu n'étais pas rien à mes yeux. Ton baiser à du réveiller ça...

Tracer, je crois qu'il a tout réveillé en fait, tu es redevenue un vrai livre ouvert, plaisanta Fatale.

L'anglaise fit une moue légèrement râleuse.

Merci de ce que tu as fait, Fatale.

C'est normal, ma jolie. Au final, tu es chiante mais ça te rend très attachante, sourit-elle.

Elles se regardèrent dans les yeux, sûres de ce que l'autre ressentait. Fatale comprenait enfin ce que la Griffe voulait. La briser, elle, pour qu'elle retourne auprès d'eux. En effet, la jeune femme avait quitté l'organisation le lendemain des événements de King's Row.

Tracer... Je suis affreusement désolée de ce qu'ils t'ont, commença-t-elle, coupée par un doigt posé sur ses lèvres.

Non chérie, ne brise pas ce moment, murmura la jeune pilote.

La veuve se tut, le regard plongé dans celui de son vis à vis. Elles s'embrassèrent tendrement, chacune voulant raviver la sensation du premier baiser qu'elles avait échangé. À l'autre bout de la pièce, Angela esquissa un petit sourire avant de sortir son téléphone et d'envoyer un message à sa petite amie, dont Amélie ne connaissait pas le nom. Elle se racla la gorge.

Le repas est prêt, murmura-t-elle, regardant furtivement le message de Fariha.

Note d'auteur : Désolée si j'ai pris du temps à publier ce chapitre qui, j'espère, vous à plu.