MALIK
Plus de cris, plus de râles, de gémissements, ni de frottements de la peau contre la pierre. Le couloir est redevenu silencieux. L'air immobile plein de jugement scrute la scène du haut de son immatérialité.
Altaïr finit par se retirer et s'effondrer à côté de moi pour reprendre son souffle. Je l'entends qui remet lentement ses frusques en place. Vautré face contre terre, je n'arrive plus à bouger d'un pouce. Toutes mes forces m'ont abandonné avec la dignité qu'il me restait.
La pierre contre ma poitrine et mon front est aussi froide que la neige qui couronne les sommets de Masyaf à l'hiver... Des poussières volettent sur le sol dans mon champ de vision.
J'ai l'impression d'être mort. Se pourrait-il qu'il existe d'autres façons d'assassiner un homme que l'on ignore encore?
- Altaïr.
J'entends le murmure de son nom avant de réaliser qu'il vient de moi. Les bruits hors de ma vue s'estompent. Il s'est immobilisé.
- Je suis quoi pour toi?
Je tourne enfin la tête, toujours vautré au sol. Altaïr est déjà rhabillé et debout. Il s'apprêtait à partir... Il me fixe -ou du moins est-ce sans doute le cas. Je ne distingue presque rien de son expression impavide dissimulée sous sa capuche.
Si. Un sourire. Cruel et morbide.
- Là, maintenant, à vue de nez... je dirais une belle serpillière.
Le bruit de ses pas s'éloignant dans le couloir bientôt déserté de sa présence, n'en finit plus de résonner.
Quand, ce soir-là, Al Mualim m'a convoqué dans ses appartements, je ne me doutais pas que le pire restait encore à venir.
- Vous partez dès demain en mission, toi et Altaïr. Kadar vous accompagnera. Je vais vous expliquer les détails... Il faudra vous rendre sous Jérusalem, au Temple de Salomon.
